Nicolas Dupont-Aignan invité de l'Heure H sur BFM Business
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteRéponse directe
Ce n'est pas un livre programme, je m'attendais à voir un livre programme, mais je me rends compte que c'est un bouquin dans lequel, pardon je l'ai ressenti comme ça, vous parlez beaucoup de vous.
- 1:26RelanceRéponse partielle
Je l'ai ressenti comme ça, comme s'il y avait une pointe de frustration vis-à-vis de tous ceux qui se sont compromis pour vous, qui ont lâché du lest face à Bruxelles, alors que vous, par angon de vertu, finalement, vous avez... Et finalement, vous n'avez pas été remercié de tout ça.
- 3:02OuverteRéponse directe
Tous les politiques qui sont encore dans l'actualité aujourd'hui, dans le cadre de cette campagne, évidemment, vous les égratignez. François Hollande, évidemment. Nicolas Sarkozy. Mais Malin Juppé, vous dites, Jacques Chirac a été élu sur la facture sociale en 1995, avant de se jeter dès le lendemain sur son programme basé sur une soumission totale à Bruxelles.
- 4:12FerméeRéponse directe
Des politiques passées, mais vous, vous n'avez quitté l'UMP qu'en 2007 ?
- 5:30OuverteRéponse directe
Vous vous rendez comme un gaulliste en 2016. C'est quoi être un gaulliste en 2016 ? Est-ce que c'est résister à l'Europe ?
- 8:03OuverteRéponse directe
Et l'Europe, qu'est-ce qu'elle fait pour le chômage, d'une manière générale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:14Invité politiqueFait
« Ils ont ruiné le pays, quand même. La dette, l'explosion migratoire, nos entreprises vendues les unes après les autres à l'étranger. »
- 2:40Invité politiqueChiffre
« Au dernier départemental, il y a eu 8% de vote blanc et nul. »
- 3:21Invité politiqueFait
« Si on ne comprend pas qu'avec une Europe totalement ouverte au monde sur le plan migratoire et en même temps les charges les plus élevées, une concurrence déloyale économique, on va devenir un continent de seconde zone au XXIe siècle. »
- 8:24Invité politiquePromesse
« Il faut qu'on relocalise un million d'emplois en France. »
- 10:44Invité politiqueChiffre
« Car vous avez 500 000 travailleurs détachés aujourd'hui en France qui ne payent pas les charges sociales en France. »
- 14:08Invité politiqueFait
« Les visas vont être supprimés au 1er juin. 80 millions de Turcs vont rentrer dans l'espace Schengen au 1er juin. »
- 14:54Invité politiqueFait
« Est-ce que la France qui a perdu 1 million d'emplois industriels en 10 ans peut accueillir 2 millions d'étrangers supplémentaires en 10 ans ? »
- 15:53Invité politiquePromesse
« Tout étranger qui arrive en France n'aura les prestations sociales qu'après 5 ans de travail. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan80 %
- Présentateur15 %
- ?4 %
≈ 27,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Et c
'est
donc Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout pour la France, candidat à
l
'élection présidentielle qui est avec nous. Bonjour Nicolas Dupont
-Aignan, c'est le
touffrage qui vient de paraître France, lève-toi et marche. Ce n
'est
pas un livre programme, je m'attendais à voir un livre programme, mais je me rends compte que
c
'est un bouquin dans lequel, pardon je l'ai ressenti comme ça, vous parlez beaucoup de vous. Comme si vous étiez lancé dans une opération de reconquête de l'opinion vu l'élection de 2017, c'est ça ? C'est le premier tome d'une série d'opus où il y aura un programme d'édition. Non,
il y a une partie projet en dernière partie, mais j'ai voulu surtout expliquer
pourquoi
j'avais ce chemin un peu particulier politique,
pourquoi
j'avais quitté l'UMP, qu'est-ce que j'avais ressenti depuis ces dernières années par rapport à la trahison des dirigeants politiques vis-à
-vis
du peuple français, et pourquoi aussi je croyais à mon pays. Je pense que la France a des atouts incroyables, et que les Français ne le savent pas, et qu'on pourrait redevenir une très grande puissance si on en avait la volonté, si on rassemblait nos compatriotes, si on leur faisait comprendre comment on peut agir. Bref, c'est un livre un peu différent des autres livres politiques, je vous remercie de le noter.
Non,
non,
mais on va parler bien sûr de la France, évidemment, de vos idées pour la France, mais j'ai noté, pardon d'insister là-dessus, je l'ai ressenti comme ça, comme s'il y
avait
une pointe de frustration vis-à-vis de tous ceux qui se sont compromis pour vous, qui ont lâché du lest face à Bruxelles, alors que vous, par angon de vertu, finalement, vous avez... Et finalement, vous n'avez pas été remercié de tout ça.
J'ai senti un peu de frustration dans la partie de
votre ouvrage.
Ah non,
pas du tout,
non. Ce que j'ai expliqué, c'est pourquoi, au contraire, j'aurais préféré avoir tort.
C
'est-à-dire que, quand il y
a
eu le traité d'Amsterdam et que j'ai quitté mes fonctions au
PRR,
j'ai annoncé, on n'était pas nombreux exactement ce qui allait se produire, quand Philippe Séguin a annoncé le désastre économique de Maastricht, on le vit, j'aurais préféré avoir tort. Ce que je dis simplement, c'est que j'ai envie d'ouvrir les yeux des Français, à travers ce livre, et leur dire, ne confiez pas les rênes du pouvoir
à
des gens qui vous ont trompés et qui se sont trompés, et qui ont mis le pays dans cet état-là. Ils ont ruiné le pays, quand même. La dette, l'explosion migratoire, nos entreprises vendues les unes après les autres à l'étranger, et ils reviennent comme si de rien n'était pour tenter de convaincre. Et ça, ça me révolte. Et d'ailleurs, il y a beaucoup de Français qui n'en peuvent plus, puisqu'il y en a 25 millions qui ne votent plus.
Vous
savez qu'on ne le dit jamais, mais il y a 5 millions de Français qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales, parce qu'ils n
'y
croient plus. Il y en a 20 millions qui s'abstiennent à chaque scrutin, à 50%.
Et, pour
ceux qui votent encore, au dernier départemental, il y a eu 8% de vote blanc et nul. Et on continue à nous enfermer dans la même vie politique, soit on continue avec le PS et les Républicains, soit on part aux extrêmes. Je dis, il y
a
une autre voie possible. Et c'est ça que j'essaye de faire comprendre à travers ce bouquin.
Tous les politiques qui sont encore dans l'actualité aujourd'hui, dans le cadre de cette campagne, évidemment, vous les égratignez. François Hollande, évidemment. Nicolas Sarkozy. Mais Malin Juppé, vous dites, Jacques Chirac a été élu sur la facture sociale en 1995, avant de se jeter dès le lendemain sur son programme basé sur une soumission totale à Bruxelles. Mais Malin Juppé ne trouverait pas grâce aujourd'hui à vos yeux. Mais
ce n
'est
pas la question. On peut respecter les hommes à titre personnel et être en désaccord avec les décisions qu'ils ont prises. Si on ne comprend pas qu'avec une Europe totalement ouverte au monde sur le plan migratoire et en même temps les charges les plus élevées, une concurrence déloyale économique, on va devenir un continent de seconde zone au XXIe siècle. On n'a rien compris. Le défi majeur, quel est-il ? Il est à la fois de fermer nos frontières sur le plan migratoire et de développer l'Afrique, parce qu
'il
ne s'agit pas de rejeter les gens pour les rejeter, il s'agit de leur donner un avenir où ils habitent. Et l'autre défi, il est d'attirer des richesses sur le continent européen, de gagner la bataille scientifique. Or, tous ces hommes politiques dont vous parlez, Juppé, comme les autres, qu'est-ce qu'ils ont fait pour, par exemple, développer la science en Europe ? Qu'est-ce qu'ils ont fait pour de grands programmes scientifiques, alors que la Chine, les États-Unis investissent des dizaines de milliards pour gagner
la bataille mondialité ? Les inactions
des politiques passées, mais vous, vous n'avez quitté l'UMP qu'en 2007 ? Eh bien,
c
'est déjà pas mal, j'ai
eu le sol.
Eh
bien,
écoutez, jusqu'en 2007, vous avez passé les années et les années Juppé ? Écoutez, j'ai suffisamment... Pourquoi avoir attendu 2007 pour quitter l'UMP si vous étiez en
contradiction totale avec vous ? Parce que d'abord, j'ai cru,
j'ai essayé de tout faire pour présenter à mon parti une voix différente.
J
'étais même candidat, alors que j'étais un jeune député, inconnu de tous, face à Sarkozy et à Juppé. Face à Juppé et à Sarkozy dans l'ordre.
Alors,
j'ai eu du courage, simplement j'ai vu que le système n'était pas transformable de l'intérieur, et j'ai créé un parti. Je remarquerai d'ailleurs que de plus en plus de Français nous suivent. Au dernier Régional, c'est un début, nous avons fait autant de voix que le Front de Gauche ou les
Verts,
et personne ne le note. Simplement, ce que je veux dire aux Français qui m'écoutent, c'est qu'on a tout pour réussir, mais il faut changer de politique, il faut changer de dirigeant. Einstein avait une très belle phrase. Il disait, ce ne
sont
pas ceux qui ont créé les problèmes qui vont les résoudre.
J
'ai une autre référence. Et, pardonnez-moi, dans l'entreprise, on est à BFM Business. Quand un chef d'entreprise a échoué, quand la valeur de l'entreprise s'effondre, on en change. Pourquoi la politique en France est le seul endroit où des incompétents
ou
certains qui ont commis des erreurs seraient indéfiniment remis en selle ? D'ailleurs, je vous signale qu'on est le seul pays au monde comme ça.
Vous
vous
rendez
comme un gaulliste en 2016. C'est quoi être un gaulliste en 2016 ? Est-ce que c'est résister à l'Europe ? Pas
résister à l'Europe. On a besoin de l'Europe. Je voudrais qu'on torde le coup à une caricature qui est faite de moi. Parce qu'on critique la manière dont on construit l'Europe, on serait contre l'Europe. Non. Et c'est ma différence avec le Front National. Je crois à l'Europe. Je crois à l'Europe des nations, de la coopération. Ce qu'on a fait avec Airbus. Qui imaginait, il y a 40 ans, qu'on puisse être à égalité avec Boeing ? Personne. On l'a fait.
Mais
on l'a fait à 3 ou 4 pays sur un projet concret. Pourquoi la lutte contre le cancer ? La voiture propre ? Les nanotechnologies ? Le panneau solaire de demain, on n
'est
pas capable de le faire à 4 ou 5 pays. Donc vous croyez à l'Europe, mais vous ne croyez pas à l'euro. Je ne crois pas à l'euro tel qu'il fonctionne aujourd'hui. J'ai proposé une monnaie commune. C'est-à
-dire
qu
'on
garde les avantages de l'euro, mais on évite les inconvénients parce que c'est du bon sens. On ne peut pas avoir la même monnaie éternellement entre la Grèce et l'Allemagne. Ce n
'est
pas possible. Ça ne marche pas. On étouffe les peuples et on crée des drames. Donc je pense que l'Europe, on a le droit d'aborder la question européenne avec du bon sens. Et j'aimerais, tant que dans notre pays, on sorte de l'idéologie, soit on est soumis à Bruxelles, soit on est un méchant anti-européen. On a peut-être le droit de concevoir l'Europe qui nous sert. Et comment vous la concevez, vous, cette Europe ?
C
'est
très
simple. On revient à un marché. On revient à des coopérations à la carte par pays. Quatre pays sur un sujet, cinq sur un autre. On crée une vingtaine d'agences, comme on a fait avec l'agence spatiale, dans tous les domaines d'avenir. Parce qu'on a besoin de l'Europe sur quoi
? Sur
la compétition scientifique. Je lisais encore un article ce matin sur ce que fait la Chine, sur les start-up. Mais est-ce qu'on se rend compte
que
le capitalisme mondial n'est pas un capitalisme pur et parfait ? Les États investissent des dizaines de milliards. Et nous, on a une commission de Bruxelles qui nous dit surtout interdiction d'aider. Est-ce que vous savez par exemple que Safran fabrique des cockpits d'Airbus à Singapour ? Et vous savez pourquoi ? J'ai été les voir.
Parce
que Singapour a payé l'usine.
Mais
Bruxelles interdit la France d'aider à construire une usine pour une entreprise française. Donc, on est dans un monde de fous. Et je demande simplement qu
'il
y
ait
du bon sens. Et ça, dans notre pays très idéologue,
on
ne
l
'accepte pas. Et on me traite de tous les noms, ringards et compagnie.
Je suis
pour le progrès.
Je
pense que l'Europe peut jouer un rôle. Mais d'abord,
il
y
a
la liberté individuelle de chaque nation. Et on voyait l'Angleterre ? Oui. L'Angleterre, M. Cameron, a fait baisser la livre pour relancer son économie.
Et l'Europe, qu'est-ce qu'elle fait
pour le chômage, d'une manière générale ? Mais l'Europe, elle fera pour le chômage, elle ne fera rien pour le chômage. C'est chaque nation qui devra faire pour le chômage,
c
'est-à-dire lutter pour la compétitivité. L'Europe peut nous aider à bâtir les projets d'avenir qui feront qu
'on
ne sera pas largué au XXIe siècle.
Et en France, qu
'est
-ce qu'on fait pour le chômage ? Voilà, je vous pose la question. Comment est
-ce
que vous
jugez l'accès ? Oui. Il faut qu'on relocalise un million d'emplois en France. Il faut relocaliser. On a accepté la délocalisation. Relocaliser, ça veut dire quoi ? Que ce soit plus intéressant pour un chef d'entreprise d'investir en France qu'à l'étranger. Et j'ai une mesure que j'ai déjà proposée, c'est la baisse de moitié de
l
'impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis sur le sol français. L'autre mesure, c'est l'étiquetage obligatoire des produits. Chaque consommateur doit savoir
où
sont fabriqués le produit qu'il achète. Vous avez créé un million d'emplois comme ça ? Je peux vous dire que si on savait exactement où sont fabriqués les produits, les consommateurs sont civiques car ils ont compris que leurs achats sont les emplois de demain. Autre mesure, le Buy American Act, c'est quoi ? C'est que les PME sont favorisés par les achats publics.
En
France, on favorise systématiquement les achats à
l
'étranger. Aux Etats-Unis, on se protège. Tous les pays du monde. Autre mesure, le contrôle des produits qui rentrent sur notre sol. Concurrence loyale. Pourquoi la Chine contrôle les containers qui arrivent en Chine et nous, jamais ? 20% des containers qui arrivent en Chine en France sont composés de produits qui ne respectent pas
les normes européennes. Est-ce que de créer des distorsions de concurrence au sein
même de
l'Europe dans ces conditions ? Non. Il y a des normes européennes. Elles doivent être respectées. Je veux une concurrence loyale. Ça veut dire quoi ? Baisser les charges sur nos entreprises qui investissent en France. C'est ce que fait M. Cameron. Il baisse l'impôt sur les sociétés.
Vous
allez vous dire que c'est ce que fait M. Hollande aussi. Enfin, preuve, vous allez me dire ce que vous en pensez.
Non,
non. M. Hollande a baissé les charges sur toutes les entreprises. La Poste a une baisse de charges. La grande distribution. Que je sache,
on ne va pas délocaliser les grands magasins.
Oui, non mais d'accord.
Bien
sûr.
Ben
oui. Et moi, je voudrais qu'on fasse comme certains États américains.
Mais il aurait fallu dire que certaines entreprises ne sont pas légibles au CICE. Ça, vous êtes en train de nous dire en creux, quoi, finalement.
Je
dis qu'il aurait fallu cibler le CICE sur les entreprises exportatrices, sur les entreprises confrontées à la concurrence déloyale. Nous sommes dans un capitalisme déloyale.
Il
faut de la concurrence. Mais il faut favoriser les entreprises qui produisent en France. C'est telle évidence. Ce qui n
'est
pas le cas aujourd'hui. Et je peux vous dire que si on faisait ça, ça irait mieux. Regardez ce que fait l'Allemagne avec les banques régionales qui a d'énormément l'industrie. On ne le fait pas chez nous. Donc, il faut tout faire pour que toutes les mesures et qu'un objectif, un entrepreneur aura intérêt à fabriquer en France. Sinon, vous continuerez à voir les usines partir et vous n'y arriverez pas. Par ailleurs,
il
faut bien sûr annuler la directive Travailleurs détachés. Car vous avez 500 000 travailleurs détachés aujourd'hui en France qui ne payent pas les charges sociales en France. C'est une aberration.
Cette politique que vous voulez incarner, vous dites qu'il faut avoir davantage recours au référendum. Ça,
ça
revient sur un moment dans votre ouvrage.
Oui, parce
qu
'on ne
peut
pas gouverner contre les Français et pour vaincre l'inertie de l'oligarchie...
Et
on ne
peut
pas faire
marcher contre la rue pour vous, gouverner contre la rue aujourd'hui. Vous considérez qu'on a trop écouté la rue finalement sur ce qui s
'est
joué récemment
sur la loi
travail ?
Non, la loi travail, elle ne sert à rien.
Non, non, mais
c'est pas ma question.
La loi travail, elle va compliquer la vie des PME alors que les PME attendent de la simplissé. Est-ce qu'on écoute trop la rue dans le cadre de ces discussions sur la loi travail ?
On
ne gouverne pas contre la rue, contre le peuple. Donc, pour gouverner et changer la France, je propose de s'appuyer sur le référendum. Je prends un exemple très précis. La politique pénale. Oui. On n'a jamais réussi à mettre les voyous en prison depuis 20 ans. Parce qu
'on
a une intelligentsia qui croit que laisser les délinquants en liberté, c'est bien. Eh bien, quand il y
aura
un référendum et 85% des Français auront approuvé une politique pénale beaucoup plus rigoureuse, personne ne fera grève-cran. D'accord,
j
'ai bien compris. Il en est la même chose sur l'éducation nationale. C'est la même chose sur le rétablissement des frontières.
Et sur les enjeux économiques, on va revenir après à ces dossiers, mais sur les enjeux économiques, est-ce qu'il aurait fallu soumettre le CICE au référendum ?
Est
-ce qu'il aurait fallu soumettre la loi El Khomri ? Mais je vous demande, est-ce qu'il aurait fallu soumettre ces lois au référendum ?
Sur
le CICE, il n
'y a
pas besoin. Sur la loi El Khomri, on connaît le résultat. 80% des Français seraient contre.
Donc,
ils peuvent le faire, chiche. Mais l'enjeu, c'est quoi
?
Mais vous l'auriez fait
? Mais moi, je m'aurais pas fait la loi El Khomri. C'est une loi d'assouplissement
du marché du travail. Elle n'a aucun sens. Ce n
'est
pas de l'assouplissement. C'est de la complexité. Ce dont ont besoin les entreprises. J'ai été voir des entreprises dans l'aube qui produisent français. Tous m'ont dit la même chose. Formation. On a un manque de personnes formées. Simplification. La loi El Khomri, elle va mettre le virus partout. Des référendums d'entreprise, des choses compliquées. Les entrepreneurs ont besoin de simplicité, pas de complexité. Je ne connais pas un entrepreneur qui a une volonté de précariser ses salariés. Que le gouvernement supprime la directive sur les travailleurs détachés. Que le gouvernement baisse les charges encore sur les PME exportatrices. Que le gouvernement
change
le RSI qui est un drame pour nos artisans et nos commerçants. Il n
'y a
pas besoin de complexifier les choses. Voilà. Arrêtons avec des lois qui font peur et qui ne servent à rien.
Il
y
a
aussi moyen d'améliorer la compétitivité du bord de la France. C'est aussi l'autre panacée. Qu'est
-ce
que vous faites pour ça aujourd
'hui ? Je vous l'ai dit. Compétitivité du bord de la France. L
'investissement européen. On
est
d'accord.
Pas l'investissement européen. Favoriser l'investissement sur le sol français. Une entreprise qui délocalise n'a pas à avoir des avantages. Une entreprise qui relocalise peut avoir des avantages. Quand je propose de baisser de moitié l'impôt sur les sociétés, ça représente 5 milliards d'euros pour les PME. Je peux vous dire que ça, c'est une mesure qui aura de l'effet. Elle a été mise en place dans certains États américains. Quand je propose d'acheter français pour les collectivités publiques, c'est une mesure qui va aider nos entreprises. Voilà.
C
'est déjà beaucoup.
Vous vous adressez à qui aujourd'hui ? Aux électeurs déçus des Républicains ? Aux électeurs déçus du Front National ? Ou aux deux finalement ? Je m'adresse
à tous les Français car la situation de la France est tellement grave que je pense qu'on n
'a
pas besoin de faire des catégories. Contrôler nos frontières. Arrêter ces flux migratoires. Refuser par exemple l'accord avec la Turquie qui va faire rentrer la Turquie dans l'Europe et supprimer les visas.
Les
visas vont être supprimés au 1er juin. 80 millions de Turcs vont rentrer dans l'espace Schengen au 1er juin.
C
'est une pure folie. Je m'adresse à tous les Français. Restaurer la compétitivité
de nos PME. En
faisant des clins d'œil très prononcés aux électeurs du Front National. Mais pourquoi du Front
National ? Mais pourquoi ? Vous qui avez parlé de la Turquie, vous savez bien. Et alors
?
Vous croyez que quand on est socialiste, centriste, on a envie de voir 80 millions de Turcs sans visa dans notre pays
?
Mais attendez, ce n
'est
pas la question du Front National ou du reste. L'intérêt général du pays.
Est
-ce qu'on veut que notre pays soit un pays de forte immigration et de forte expatriation de nos jeunes
? Parce
que c'est ça la réalité. Est-ce que la France qui a perdu 1 million d'emplois industriels en 10 ans peut accueillir 2 millions d'étrangers supplémentaires en 10 ans ? Ce
n
'est
pas une grosse ficelle de dire ça aujourd'hui. C'est la
réalité
du
pays. C
'était Jean-Marie Le Pen
il y a 20
ans, 3 millions d'étrangers,
3
millions
de
Turcs.
Eh bien écoutez,
venez vivre dans nos banlieues. J'étais en Seine-Saint-Denis il
y
a quelques jours, en Seine-Saint-Denis, des représentants d'associations d'intégration des étrangers. Tous d'origine étrangère, français, m'ont dit merci monsieur d'offrir un patriotisme de bon sens, serein, car nous ne pourrons pas régler les problèmes de la Seine-Saint-Denis si tous les jours arrivent des milliers d'étrangers irréguliers. C'est eux qui me l'ont dit. Ce n
'est
pas moi qui l
'ai
inventé. Il faut sortir, je suis élu de banlieue.
Vous
ne pouvez pas continuer à avoir un pays qui perd de l'emploi et qui accueille des flux migratoires massifs. Vous ne pouvez pas continuer à donner des prestations sociales ainsi. Et je propose notamment une mesure très importante de faire ce que Cameron propose,
c
'est-à-dire tout étranger qui arrive en France n'aura les prestations sociales qu'après 5 ans de travail. Je propose de lutter contre la fraude aux prestations. Et je propose de revaloriser les salaires nets des salariés. 10%. Par une économie... C'est l'État qui augmente les salaires des... On réduit les charges salariales qui font qu'aujourd'hui un salarié gagne mal sa vie. Et beaucoup de chefs d'entreprise aimeraient les augmenter et ils ne peuvent pas le faire. Si vous voulez relancer la consommation, si vous voulez relancer la demande, il faut bien augmenter les salaires de nos concitoyens. Il ne
faut
pas le faire en pesant sur les entreprises. Il faut le faire en faisant des économies.
On
peut faire des économies considérables sur l'assistanat qui s'est développé dans notre pays, sur la fraude aux prestations sociales. C'est considérable. Et je sais de quoi je parle, je suis maire de banlieue.
Il
y a bien un moment, il va falloir prendre des problèmes à bras le corps. Ça veut dire qu'il
y a
de l'argent dans notre pays. Arrêtons la fraude aux prestations. Et je peux vous dire, redéployons cet argent vers les salariés, que leur feuille de paie augmente. Et vous verrez que la relance reviendra, que les entreprises auront des consommateurs. Car aujourd'hui, vous le voyez bien, c'est que vous pouvez faire toutes les politiques de l'ordre s'il n
'y a
pas de demande. Ça ne marche pas.
Dernière question. Non, on n
'a
plus le temps, malheureusement aussi. Dernière question, 10 secondes, avec le Front National, les choses sont nettes. Pas d'accord, pas de... Ah,
vous n'avez pas... Ça n'a pas toujours été aussi clair que ça. Non, mais ça n'a pas toujours été aussi clair que ça. C'est pour ça que je vous pose la question.
Je suis contre ce piège. Ou on vote pour ceux qui ont échoué, ou on va au Front National. C'est pour ça que les Français sont écoeurés. Je propose un patriotisme de rassemblement gaulliste, républicain.
C
'est comme ça. Et qui va doux
à
doux
?
Mais de tous les Français qui
le volent. Merci beaucoup, Nicolas Dupont-Aignan. Merci
à vous. Merci
de nous voir cet ouvrage. France, lève-toi et marche, audition Fayard. Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et candidat à l'élection présidentielle pour 2017. Merci d'avoir été avec nous ce midi.
Nicolas Dupont-Aignan