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interviewLCI (sur YouTube)· 31 juillet 2025 15 min

Guerre en Ukraine : l'alerte du général Petraeus |LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

qu'aujourd'hui on a l'impression alors je sais que les munitions et les armes continuent d'être envoyées en Ukraine he c'est pas c'est pas c'est pas un secret et fort heureusement parce que l'armée ukrainienne ne pourrait probablement pas se défendre san mais qu'on a l'impression finalement qu'une habitude s'est installée qu'on laisse les Ukrainiens se défendre et qu'on attend un peu les bras croisés l'issue de cette guerre en se demandant un peu où jusqu'où Vladimir Poutine va pouvoir aller. Certains ne se résignent pas. C'est le cas de David Petreus.

C'est l'ancien patron de la CIA notamment, général américain. Voici ce qu'il dit. Il dit Poutine est prêt à payer le prix de millions de pertes.

Il faudrait donc prendre des mesures radicales, les arrêter netes sur le champ de bataille. David Petrus aujourd'hui, il travaille pour un fond d'investissement qui est notamment présent en Ukraine. Il connaît bien le pays, il y va régulièrement.

Il a évidemment euh de par son CV euh des contacts intéressants et importants là-bas. Est-ce qu'on a renoncer renoncé à l'idée que l'Ukraine puisse gagner cette guerre ? Bah malheureusement pour le moment on en est là depuis le début et c'était la limite de Joe Biden.

On a donné à l'Ukraine les moyens de se défendre. C'était effectivement indispensable mais jamais on lui a donné les moyens la quantité d'armes dans les délais. nécessaire qui lui permettent de type de rétablir le rapport de force sur le champ de bataille, voire de gagner pour arriver en position de force à des négociations.

Le momentum raté, ça a été l'automne 2022 après la les grandes avancées de l'armée ukrainienne qui a reconquis Carson, qui a brisé l'encerclement de Perquive et l'hiver suivant. À ce moment-là, on aurait pu imaginer de donner suffisamment d'armes à l'Ukraine pour que l'été suivant, il puisse obtenir des avantages notables sur le terrain. L'été 2023, la grande offensive ukrainienne a raté.

On continue à à s'accuser mutuellement. Les Américains disent que les Ukrainiens ont pas su faire bien. Les Ukrainiens disent, on leur a pas les donné les moyens de de de mener la contreoffensive.

Mais on est rentré dans cette réalité et le drame et je terminerai là-dessus qu'aujourd'hui l'armée russe après 3 ans de guerre et malgré les pertes en homme plus de 200000 hommes, malgré les pertes en matériel bah l'armée russe est plus forte, plus moderne, plus réactive, mieux organisée qu'elle ne l'était au début au moment où elle a lancé sa grande offensive qui a été quand même un échec patant sur l'Ukraine et donc aujourd'hui permettre à l'Ukraine de gagner enfin de rétablir le rapport de force pour des négociations et beaucoup plus compliqué. Général, admettons que la volonté politique soit là qu'on estime aujourd'hui qu'on peut qu'on doit donner les moyens militaires à l'Ukraine pour pouvoir non seulement continuer à se défendre mais renverser ce front et aller créer des brèches je ne sais pas dans les les positions russes. On est loin de de ce moment-là.

Mais qu'est-ce qu'il faudrait en terme d'armement en terme de puissance de feu pour renverser cette situation ? Il faut d'abord il faut une volonté, vous l'avez dit, mais après il faut des stocks et puis il faut il faut une chaîne industrielle qui se mette en action parce que c'est là que je suis pas tout à fait d'accord. Je veux dire, on n'a pas donné à suffisamment de d'armes, ça c'est la vérité mais pour quelle raison ?

C'est que on a des armées qui sont croupions depuis depuis 30 ans et que on n pas de stock. Une des priorités du SEMA aujourd'hui, c'est de refaire des stocks, d'avoir une armée qui refait des stocks. Il a quand même dit que le Charles de Gaulle est parti en opération avec ses soutes en munition qui n'étaient pas pleines.

On vient de relancer euh nos nos missiles scalpes euh qui avait été arrêté depuis 10 ans je crois. Une quinzaine voilà. Donc je rappelle qu'avant la guerre, on fabriquait 25000 au but de 155 par 25000 par an.

Donc c'est de jours de consommation sur sur le sur sur la ligne de front. Alors maintenant c'est un petit peu monté mais on doit être à 100000 quelque chose comme ça mais ça ça renverse pas la table. On est pas en économie de guerre, ça veut dire que il est il faut des chaînes industrielles qui produisent.

Donc il faut aussi que les banques prêtent. C'est c'est tout un tout un cercle vertueux. Puis après, il faut des clients parce que les industriels, ils font pas ça aussi pour pour vous faire plaisir.

Et donc ça, on ne l'a pas fait aujourd'hui. Malheureusement, même si on a la volonté politique, ça va patiner pendant des mois et peut-être 2 3 ans avant de d'avoir la la solution qu'il nous faut et puis avoir de de monter en puissance et et quand je dis si la volonté politique parce que pour le moment, on n' pas non plus engagé la post-combustion sur ce sur ce sur ce thème, il faut quand même le dire. Voilà.

On est quand même toujours au milieu du gay parce que euh parce que on s'estime dans les dans les puissances occidentales, on nestime pas qu'on est en guerre. On aide un pays en guerre mais on se s'estime pas en guerre. Aujourd'hui, on est même pas capable d'avoir des propres stocks dans l'armée française.

Qu'est-ce que vous voulez qu'on donne au aux Ukrainiens de plus ? C'est c'est un problème c'est un problème global qui qui va demander des qui peut demander des mois et des années avant d'être résolu. Et ça c'est pas le temps de la guerre.

Le temps de la guerre, ils ont besoin maintenant. Alors, c'est vrai que les Américains ont un peu plus mais ils ont ils ont ils ont quand même un souci, hein. Par exemple, les intercepteurs des certaines munitions après l'Iran, enfin après la guerre la guerre de 12 jours, ils se sont rendus compte que eux aussi ils ont pas mis le le paquet enfin les dividendes de la paix, c'était aussi ralentir la production. et ralentir de la production veut dire qu'on n pas euh peut-être assez à ce moment-là à à fournir.

On on sait que le dome de fer par exemple enfin le le système antiaérien était quasiment à cours de munition à la fin de la guerre avec l'Iran parce que parce que même les les Israéliens qui achètent ça aux Américains n'arrivaient pas pour les systèmes à Ro 2 et 3 c'est fabriqué c'est produire en masse he c'est produit en masse et ça et ça personne ne le fait aujourd'hui même pas les Américains. Je pense qu'effectivement il y a une forme de dissonance cognitive. C'estàd qu'effectivement d'un côté on dit nous sommes en guerre et nous sommes en guerre avec la Russie de manière claire parce que la Russie nous fait la guerre directement et indirectement mais de l'autre côté nous ne sommes pas effectivement je dirais nous ne voyons pas parce qu'il y a une sorte de vide devant nous.

Nous ne sommes pas aujourd'hui je dirais quand je dis nous c'est européens je parle pas uniquement français. Nous ne sommes pas aujourd'hui en étant de faire de répondre à ce à quoi je dirais les les services de renseignement ce sur quoi nous les services de renseignement nous alertent, c'est-à-dire la possibilité en 2030 d'après les Allemands, d'après les Danois, aujourd'hui d'ailleurs depuis les Français, regardez la dernière déclaration aussi du général Burcart avant qu'il quitte ses fonctions de chef d'étatmajor des armées. Je veux dire, on est on est quand même dans une perspective de guerre.

Et rappelez-vous Emmanuel Macron, c'était en juin 2022 qui disait "Nous devons nous économie européenne passer en économie de guerre. L'économie de guerre ce n'est pas ce que nous faisons, même si nous nous sommes améliorés hein." Je veux dire quand vous voyez par exemple Dexter au début effectivement de la guerre, il produisaient trois canons César par mois.

Aujourd'hui, ils en ils en produisent je crois 20 ou par mois. Donc il y a sexuplement en fait de la production. Oui.

Et c'est la même chose pour les obus. économi tous les moyens de la nation au service de la défense. Et le front aujourd'hui, je termine là-dessus, le front aujourd'hui de notre guerre, de la guerre effectivement qui nous est menée par la Russie, il se situe en Ukraine.

Si nous gagnons la guerre en Ukraine, l'Europe sera plus saine, plus sauf dans les années qui viennent. Bonsoir général Paloméros, merci d'être avec nous, ancien commandeur suprême de l'OTAN, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air française. Comment changer aujourd'hui la dynamique de cette guerre ?

Ce que suggère David Petreus, le général, ancien ancien patron de la CIA, il dit "Il faut faire un effort." Alors, évidemment tous les alliés de l'Ukraine sont d'accord sur sur l'idée hein. Il faut faire un effort, sauf qu'il y a une réalité militaire, il y a une réalité industrielle et il y a Donald Trump à la Maison Blanche.

Oui. D'abord, ça a été dit clairement cet effort, on ne peut pas attendre les attermements de Donald Trump qui repousse des ultimatumes qui qui les bousculent comme ça. Et ça fait quand même quelques mois, presque année qu'on dit que le salut des Ukrainiens devra venir en grande partie en tout cas de deux choses, de leur aptitude à continuer à à maintenir à soutenir cet effort de guerre. ce qui n'est pas simple en particulier en terme de ressources humaines.

Il y a il y a une tension très particulière en ce moment sur les ressources humaines sur le front. Il faut le savoir. Les Russes certes n'ont pas renversé, n'ont pas bousculé le front, mais ils sont en train de faire ce qu'on appelle des saillants et ils essayent de contourner en fait les obstacles plutôt que de les affronter lorsquils ils ont des points durs.

Ça c'est un premier point. Et deuxièmement, évidemment euh dépendra de de la volonté américaine de oui ou non de continuer cet effort. Euh ce que dit le général Petreus aussi, c'est que certes, la guerre en Ukraine n'est pas forcément la guerre du futur, mais c'est quand même une guerre qui nous interpelle par les forces mises en présence et les modes d'action.

Et je crois qu'il a parfaitement raison. Il sait de quoi il parle. il a été en Irak, il a été en Afghanistan et euh il sait aussi que effectivement si nous ne sommes pas capables d'aider les Ukraines, les Ukrainiens à faire face à ces à ces nouveaux modes d'action et je pense au au drones en essin par exemple qui qui représente une menace permanente pour les Ukrainiens et qui leur interdit d'utiliser les tactiques qu'ils utilisaient jusqu'à présent pour essayer de contraindre de remplacer en quelque sorte de de palier la la la quantité par la qualité en utilisant en particulier des drones dans la ligne à la ligne de front.

Si on n'est pas capable si les Ukrainiens sont pas capables avec notre aide de contrer cette menace permanente que constituent ces essins de drones, je crois que ça sera extrêmement difficile. Alors justement euh des centaines de milliers de drones intercepteurs, kamikaz vont être luvrés à l'Ukraine d'ici la fin de l'année. On l'a on l'a appris aujourd'hui.

Ils seront développés par Swift Beat. C'est une une entreprise qui a été fondée par l'ancien patron d'Eric Schmidth, l'ancien patron de Google, pardon, Eric Schmid. Voilà.

Il devrait selon lui permettre à ces drones de créer un bouclier antidrone efficace, notamment contre les fameux drones Chaed dont on parle beaucoup évidemment ces ces dernières semaines, largement déployé par la Russie, des drones dont Vladimir Poutine vrait voudrait utilisé en masse un millier par tir, si j'ose dire, pour aller détruire et attaquer l'Ukraine. Qu'est-ce qu'on sait de ces de ces drones intercepteurs kamikaz antirrone ? Oui.

Alors là, ça fait beaucoup de qualificatifs. C'est simplement des drones antiaériens si vous voulez. On peut les appeler comme ça.

Ça va simplifier le débat. Mais c'est sûr qu'il ne manquera pas de sociétés qui vont présenter des solutions. Moi, je regarde le cœur du problème.

Vous avez devant vous 400 500 drones. Vous pouvez pas C'est pas la bataille d'Angleterre si vous voulez. vous pouvez pas lutter à un contre un euh contre contre ces drones.

Il faut trouver des protections. Peut-être que ça peut marcher en partie. En tout cas, euh c'est un bon créneau pour les sociétés en particulier américaines.

On on doit s'y intéresser après tout euh tous les moyens sont bons pour essayer de au moins de ralentir, d'affaiblir en quelque sorte cette puissance de feu que représent russes. Et je crois qu'il faudra d'autres armes à énergie dirigée pour brouiller ces dessins parce que je je vois très très mal comment un par un les les intercepteurs pourraient vraiment je dirais affaiblir ces ces menaces. Maintenant euh cette guerre est une guerre d'imagination, une guerre d'innovation euh et et c'est pas fini.

Euh mais euh elle ne pourra être gagnée par les Ukrainiens que si vraiment nous les soutenons et sur le fond euh pas seulement en terme de quantité mais en terme de qualité essayer de les aider parce que ce sont des problèmes qui de toute façon ça a été dit si nous nous le les n'arrivons pas à les résoudre au profit des Ukrainiens, nous elles se présenteront à nous-même sur les théâtres d'opération peut-être même en Europe, qui sait. Donc euh il n'est il n'est que temps de réfléchir à cette guerre très innovante qui nous est imposée par par la Russie, qui nous est imposé par par ce conflit qui paraît très spécifique mais qui en fait est à mon sens est révélateur de ce qui peut nous attendre demain. Et on a beaucoup de sociétés, on a peut-être pas les moyens américains, mais en mettant l'intelligence, l'innovation au cœur de nos réflexions, je crois qu'il y a moyen de de changer, de faire une véritable révolution capacitaire en fait. et et les Ukrainiens se sont eux-mêmes saisis du problème.

On a assisté nous là-bas sur place en Ukraine à des des unités des brigades qui fabriquaient ou qui équipaient elles-mêmes leurs propres drones de manière d'abord être plus discrète quant à leur à leur utilisation. Mais aussi elle s'était spécialisée, il y avait des unités dans ces brigades qui s'occupaient exclusivement de préparer les les drones pour les combattants. Une dernière petite question général Palomero sur évidemment les annonces de de Donald Trump ce soir.

On vous a pas entendu réagir là-dessus. Euh Donald Trump qui euh euh dans son avion dit euh "Les Russes ont 10 jours pour s'asseoir à la table des négociations, sinon ce sera des sanctions." Je suis pas sûr que ces sanctions fonctionnent, mais enfin on verra bien.

Euh qu'est-ce que vous faites de ces de ces déclarations ? Dernière déclaration du du président américain. Je je me suis exprimé là-dessus.

On ne peut pas laisser le sort de l'Ukraine dépendre des atterimements du président américain. C'est facile de faire cette déclaration là. quand on sait la dépendance aujourd'hui des Ukrainiens au soutien des Américains.

Mais ce n'est pas insurmontable. Il faut il faut faut qu'on se mette bien en tête que ce n'est pas insurmontable pour les Européens. On le voit ces défis c'est des défis conceptuels.

C'est des défis que que notre que notre industrie c'est c'est auquel notre industrie peut répondre. Mais il faut passer à l'échelle supérieure et il faut le faire d'une manière la plus cohérente possible. Ce qui ce qui ce qui ce qui m'inquiète beaucoup, c'est ce qu'on a vu au travers des dernières négociations.

Euh cette industrie américaine qui va venir s'implanter en Europe. Bon, ça peut évidemment ça pourra répondre à la question euh de l'Ukraine et beaucoup de pays s'en satisfairont. Ça donnera pas à l'Europe l'élan nécessaire pour gagner un peu d'autonomie vis-à-vis des États-Unis et ça les laissera justement à la mercie des attermoements de monsieur comme de monsieur Trump.

Et si on le comprend pas maintenant, je pense qu'on le comprendra jamais.

Guerre en Ukraine : l'alerte du général Petraeus |LCI — Jean-Pierre Bataille · Pourquijevote