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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 8 juin 2022 25 min

Inflation, refus d'obtempérer à Paris et élections législatives... Le "8h30 franceinfo" de David Lisnard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour David Lysnard. Bonjour. Contrairement aux particuliers, les villes ne sont pas protégées par le bouclier tarifaire sur le gaz et l'électricité. Est-ce qu'elles sont capables aujourd'hui de faire face seules à l'envolée des prix et des tarifs ?

0:12
David Lisnard

Les villes font toujours face, quelles que soient les circonstances, parce que les maires et les équipes municipales sont pragmatiques, sont dévouées, mais c'est très difficile. Vous avez des évolutions de charges énergétiques qui vont entre plus 30 et plus 400%. La MF avec la FNCCR, qui est une fédération de collectivité, a fait des études en la matière et pour la première fois, moi je n'avais jamais vu ça, vous avez des services qui ferment pour des raisons d'envolée de factures. Par exemple, il y a aujourd'hui 4 ou 5 piscines municipales qui sont fermées en France.

0:39
Présentateur

Il faut s'attendre à ce que ça se généralise dans les mois qui viennent, c'est-à-dire qu'on ferme des piscines, qu'on les chauffe moins, qu'on chauffe un peu moins des bâtiments publics ?

0:45
David Lisnard

On baisse la température, alors ça c'est pas plus mal forcément d'ailleurs, mais on baisse la température des piscines publiques.

0:50
Présentateur

Vous dites ça parce que vous êtes à Cannes, c'est facile, mais il y a des endroits où il ne fait plus froid que ça.

0:54
David Lisnard

La question se pose pour la climatisation, par exemple, moi à Cannes, on a eu une période très chaude, on est toujours en période très chaude, j'ai repoussé la mise en œuvre de la climatisation dans les bâtiments et ça pose des difficultés au conservatoire, par exemple, des choses comme ça. Dans les EHPAD ? Mais bon, dans les EHPAD c'est un vrai problème aussi, parce qu'il y a un lien entre la température et aussi le bien-être et la santé.

Mais ce qu'il faut avoir à l'esprit, c'est que la situation sera très difficile l'hiver prochain, on s'attend à des restrictions énergétiques, même si on nous dit le contraire, en tout cas, il faut anticiper cette hypothèse-là, et ce qui posera des difficultés, bien sûr, dans les collectivités financières et tout simplement de services, mais ce qui posera aussi des difficultés économiques, parce qu'on risque d'avoir une amplification de la crise de l'offre, donc un phénomène inflationniste de plus. Mais c'est ainsi, il faut l'affronter.

1:38
Invité

Mais du coup, vous dites quoi ? Vous dites à l'État, il faut nous aider, on ne peut pas affronter ça tout seul ?

1:43
David Lisnard

Non, parce que d'abord, nous, on a toujours tendance à vouloir être autonome. On dit à l'État, ne nous infligez pas de nouvelles charges, comme cela a été annoncé par le Président de la République, qui parle de...

1:54
Invité

On vous demande de faire des économies ?

1:55
David Lisnard

Non, mais des économies, on les fait déjà.

1:57
Présentateur

10 milliards d'euros d'économies, c'est ce que l'on appelle Emmanuel Macron en collectivité.

1:59
David Lisnard

Si vous voulez qu'on a directement là-dessus, c'est très intéressant, parce que c'est un contresens. Les budgets des communes sont toujours excédentaires en fonctionnement. On n'applique la règle d'or, comme dans une entreprise. Donc, on contribue, nous, à un excédent de fonctionnement. L'État, lui, est en déficit de fonctionnement. Donc, demander aux collectivités de faire des économies, ce n'est pas ça. C'est des prélèvements de l'État sur l'argent qu'il doit aux collectivités. Ça a toujours été comme ça depuis 2014, depuis l'été 2014. Et en fait, c'est une incitation au laxisme d'État.

Donc, que l'État se réorganise, fasse des efforts de fonctionnement, et participe à l'effort de la nation, nous, collectivités territoriales, quelles que soient les différences de gestion, nous y participons et nous continuerons de le faire.

2:36
Invité

Donc, du coup, vous vous dites, nous, on gère bien notre argent. L'État, non, pour le coup, parce qu'il est déficitaire.

2:40
David Lisnard

C'est parce que c'est factuel.

2:42
Invité

Et donc, pas besoin de l'État pour faire face à l'inflation.

2:45
David Lisnard

Il y a toujours un besoin de l'État. L'État, d'abord, c'est nous tous. Et il y a des phénomènes conjoncturels qui nécessitent des dispositions de l'État. Mais, si vous voulez, les collectivités, les maires, on n'est pas en train de mendier une aide d'un argent qui nous appartient, d'ailleurs, qui est celui de l'État. On dit, laissez-nous travailler. Et en revanche, qu'il y ait de l'équité. Et là, aujourd'hui, il n'y a pas d'équité, puisqu'il y a un bouclier tarifaire, on en pense que l'on veut, mais il ne s'applique pas aux collectivités. Donc, ce qui nous transfère, nous, l'impopularité des décisions localement. Et ça, je trouve que ce n'est pas très normal.

Et le deuxième élément, c'est que l'équité, c'est aussi pour les... Il y a des collectivités qui n'ont pas les moyens de faire face. Donc là, il faut de la solidarité nationale. Évidemment, comme ça a toujours été le cas dans l'histoire de notre pays. David Lissnard, il faut s'attendre à des hausses d'impôts locaux à la fin de l'année ? C'est un des paramètres. Je lis ça depuis 2-3 jours. De quels impôts parle-t-on, puisqu'il ne nous en reste plus ? Quelles vont être les marges de manœuvre des collectivités ?

3:39
Présentateur

Il reste un peu de taxe d'habitation pour les 20% de Français qui vont encore la payer.

3:43
David Lisnard

Il reste un peu de taxe d'habitation, mais c'est marginal dans nos budgets désormais. Et il reste le foncier. Donc, dire, augmenter vos impôts, c'est en fait ajouter de l'injustice fiscale. Et c'est ajouter de la surcharge sur les classes moyennes, sur ceux qui payent toujours pour les autres. Donc, il y aura certainement des hausses d'impôts dans certaines collectivités qui ne pourront pas faire autrement. Mais d'une part, c'est un levier beaucoup trop faible par rapport aux exigences de l'époque, parce qu'on parle de l'énergie. Mais il faut parler de tous les marchés publics qui s'envolent. Il faut également évoquer l'alimentation, donc les cantines scolaires.

4:14
Présentateur

Quand on parle de l'énergie, il n'y aura pas de flambée de la taxe foncière pour compenser la suppression de la taxe d'habitation.

4:21
David Lisnard

Il y aura des cas d'augmentation certainement de taxe foncière. Mais ce que je veux vous dire, c'est que même une flambée hypothétique ne réglerait absolument pas les problématiques financières, puisque cet impôt est devenu marginal dans nos recettes.

4:32
Invité

Plusieurs villes ont déjà aussi annoncé qu'elles allaient augmenter le prix des cantines scolaires à la rentrée. Qu'est-ce que vous dites aux parents qui s'inquiètent ?

4:39
David Lisnard

Je dis que de toute façon, l'inflation, elle nous touche tous. Et qu'à la fin, il y a toujours quelqu'un qui paye. Alors, ce que je dis, pour moi, est une évidence, mais on a tellement été habitués depuis quelques années à être dans l'assistanat budgétaire, dans l'envolée de la dépense publique, et donc de faire peser sur les générations futures nos facilités immédiates, que ça surprend. Mais lorsque les produits alimentaires augmentent, soit on fait payer les contribuables, soit on fait payer les usagers. Et donc, dans ce cas-là, ce sera les usagers ? Et donc, il y aura un mixte.

C'est-à-dire qu'il y aura une partie qui sera digérée dans les budgets des collectivités, sans faire de mauvais jeu de mots d'ailleurs, mais avec les difficultés qu'on vient d'évoquer, et une partie certainement dans certaines cantines. Moi, je n'ai pas encore de vision claire sur la fin de l'année, par exemple, dans ma commune. Les repas ont les factures hors quotient familial, 3,10 euros aux familles, et ils nous coûtent le double, à peu près. Donc, il y a la moitié qui est prise en charge par la solidarité communale, donc par les contribuables, et une moitié par les usagers. Évidemment, il y a des principes de réalité qui vont s'appliquer.

5:35
Invité

Mais ça veut dire que, par exemple, la cantine gratuite, la cantine à 1 euro pour certaines familles très modestes, pourrait être remise en cause ?

5:42
David Lisnard

Non, parce que notre finalité, c'est la dignité humaine, je le dis toujours, et c'est justement grâce aux politiques locales que l'on arrive à faire du coups humain social. Et en l'occurrence, je ne vois pas une collectivité responsable et une mairie responsable remettre en cause le soutien aux familles les plus défavorisées.

5:59
Présentateur

Le gouvernement, David Lissner, prépare un chèque alimentation, alors qu'il ne portera pas forcément ce nom-là pour la rentrée prochaine. Qu'est-ce que vous en attendez ? À qui doit-il être destiné ? Et pour quel usage ? C'est-à-dire que moi, je remets en cause

6:11
David Lisnard

toute cette façon d'envisager la politique. C'est-à-dire le fait d'aider ceux qui n'y arrivent pas aujourd'hui ? Non, non, mais c'est-à-dire que je crois, si vous voulez, que ces dispositions-là, alors c'est contre-intuitif de dire ça, mais alimentent l'inflation. L'inflation s'attaque toujours aux plus modestes. Pourquoi ? Parce que les premiers postes, je me souviens, quand j'étais jeune, je n'avais pas un rond. Mes premières dépenses, c'était pour me loger, pour me nourrir, éventuellement pour me déplacer. Et donc aujourd'hui, c'est ça qui est frappé. Donc il faut évidemment des dispositifs particuliers en collant à la réalité du terrain.

C'est pourquoi l'État a intérêt à s'appuyer notamment sur les centres communaux d'action sociale et sur les départements qui jouent un rôle fondamental. Il avait été question que ce soit les CCAS, justement les centres d'action sociale, qui distribuent le chèque. En l'occurrence, ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'à quelques jours des législatives, il faut bien avoir conscience de la dimension politicienne de ce genre d'annonce. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on fait un peu du clientélisme électoral. Ça fait des mois que ça dure.

Quoi qu'il en coûte, qui était nécessaire au premier confinement et au début de la crise, est devenu une martingale pour distribuer un argent que l'État n'a pas, faire du clientélisme... Mais là, vous dites quoi ?

7:13
Invité

Il ne faut pas arrêter de distribuer les chèques ?

7:15
David Lisnard

Mais on fait comment, alors ? Je pense qu'il faut sortir de... L'inflation est due à plusieurs facteurs. Il y a eu la reprise économique post-Covid. Maintenant, ça, c'est terminé. Il y a eu des goulots d'étranglement en Asie sur les produits importés. Et il y a désormais le facteur de la guerre en Ukraine. Mais il y a un facteur essentiel dont personne ne parle, c'est la politique monétaire. Il y a, depuis la fin de la crise des subprimes, donc depuis le milieu des années 2000, une surinjection monétaire. Et quand la surinjection monétaire n'est pas connectée à des phénomènes de production de biens et de services, mécaniquement, ça crée de l'inflation.

Donc notre inflation, elle est structurelle. Je l'ai écrit depuis... Mais une fois qu'on a dit ça, on fait quoi, sachant que les banques centrales, elles sont indépendantes ? Évidemment, il faut aider ceux qui sont le plus en difficulté, notamment les personnes qui utilisent beaucoup leur automobile, les personnes dans la ruralité, les personnes dans un quartier difficile. Évidemment. Et on doit, et c'est la dignité d'une civilisation qu'aider ces personnes-là. Mais distribuer de l'argent public qui n'existe pas, sans beaucoup de contrôle, en multipliant les annonces avant les élections, d'abord, je pense que c'est tromper les gens à terme parce que l'inflation va encore plus augmenter.

Et c'est alimenter le mal que l'on est censé combattre. Et c'est ça. Il est temps aussi qu'on retrouve, je pense, un débat politique sur les grandes tendances du pays et la façon de retrouver de la compétitivité dans le pays, de la productivité. Les rustines sociales, je vais juste terminer là-dessus, pardonnez-moi. Mais on ne peut pas se contenter et continuer à faire de la rustine sociale en plombant les générations futures. Ce qu'il faut, c'est maintenant, c'est revaloriser le salaire net, le travail. Donc ça passe par la remise en cause de notre système, malheureusement, le système étatiste, de Mélenchon à Macron.

On est dans la même logique d'un étatisme qui serait censé régler tous les problèmes. Ça ne fonctionne pas, ça n'a jamais fonctionné, ni dans l'histoire, ni sous toutes les latitudes.

8:52
Présentateur

8h41, David Lysnard, le maire des Républicains de Cannes, président de l'Association des maires de France et notre invité. Le fil info, Solène Cressan et on poursuit juste après.

9:01
Invité

Ce n'est pas conforme aux vidéos de surveillance, aux éléments objectifs du dossier. L'avocat des trois policiers qui ont tiré au moment d'un refus d'obtempérer à Paris le week-end dernier conteste le témoignage de l'une des passagères de la voiture, témoignage France Info. Elle reconnaît que le conducteur ne s'est pas arrêté, mais elle assure ne pas avoir entendu de sommation. Plus de 2 euros le litre pour l'essence record battu à la pompe pour les sans-plomb malgré la baisse de 18 centimes du gouvernement. Le gazole a aussi fortement augmenté 1,96 euros le litre en moyenne.

Et face à l'inflation, les foyers les plus modestes doivent recevoir une aide financière à la rentrée et les retraites seront bien revalorisées de 4% dès le mois prochain en juillet plutôt qu'en janvier, date habituelle des revalorisations. Il va manquer 7 à 8 000 conducteurs de cars scolaires à la rentrée prochaine, ce qui inquiète la Fédération des transports de voyageurs. Des milliers d'enfants seront privés de transport chaque jour l'an prochain. Le secteur peine à recruter. France Info Le 8.30 France Info

10:05
Présentateur

Salia Brakia, Marc Fauvel. Toujours avec le président de l'association des maires de France, David Lissnard, les taux d'intérêt remontent en ce moment. Est-ce que les villes les plus endettées ne réussiront pas à rembourser leurs prêts ?

10:16
David Lisnard

Alors, les taux d'intérêt remontent. On était quelques-uns à l'annoncer depuis un an ou deux. C'est la phase suivante de l'inflation, c'est l'augmentation du coût de l'argent. Et à l'époque, on nous disait, mais non, pas du tout, parce qu'il fallait surtout cacher la vérité jusqu'à la présidentielle et un peu jusqu'aux législatives. Et la hausse de ces taux d'intérêt va créer des difficultés d'abord pour l'État. Donc, pour nous tous, à terme. Pour les générations futures. Et évidemment, aussi pour certaines collectivités. Alors, je n'ai pas de collectivités à désigner, d'ailleurs, ce n'est pas ma fonction.

10:42
Présentateur

Vous avez alerté, par exemple,

10:44
David Lisnard

les maires de France, en leur disant, attention. Mais les maires de France, eux-mêmes, m'alertent aussi. C'est-à-dire qu'ils me font remonter. Aujourd'hui, on a une grosse difficulté, par exemple, pour emprunter à taux fixes. Donc là, je suis en train d'intervenir auprès de certains organismes bancaires et de prêts pour soutenir les collectivités. C'est le rôle de l'AMF que de le faire. Alors, il faut bien comprendre que les collectivités en France participent à 19% de la dépense publique. La moyenne européenne, c'est 32%. Mais qu'on participe à 70% de l'investissement public. Donc, le phénomène d'augmentation des taux va se traduire par une baisse de l'investissement public.

Donc, va alimenter une future crise économique. Et c'est en cela qu'il faut que les collectivités aient des marges de manœuvre financière parce qu'elles consomment moins d'argent public, mais elles investissent plus. Et avec une différence, c'est que la dette des collectivités territoriales, c'est sur de l'investissement. Uniquement, c'est sur de l'actif. Là où l'État emprunte pour son fonctionnement.

11:29
Invité

David Lissnard, dans l'affaire qui concerne le refus d'obtempérer le week-end dernier à Paris, le conducteur du véhicule a été placé en garde à vue hier. Les trois policiers, eux, en sont sortis, sans poursuite. Une enquête a été confiée à un juge d'instruction. Ça, ce sont les faits. À côté, il y a la polémique autour des propos de Jean-Luc Mélenchon. La police tue quatre morts en quatre mois, relève le leader de la France insoumise. Est-ce qu'il va trop loin en disant cela ?

11:52
David Lisnard

Je pense que vous avez la réponse à votre question parce que dire la police tue l'armée aussi lorsqu'elle fait la guerre. Enfin, la police a le monopole de la violence légitime, comme disait Max Weber. Et donc, est-ce qu'il ne donne pas un droit à tout faire ? Mais les propos de Jean-Luc Mélenchon, tout le monde l'a dit, enfin, tous les gens censés, sont absolument irresponsables, sont insultants pour les policiers et sont extrêmement graves pour notre démocratie et notre République parce qu'ils donnent finalement une sorte de droit au voyou de s'attaquer à la police qui serait illégitime dans son action.

12:23
Invité

Alors, lui, il dit qu'il n'est pas anti-police, mais qu'il faut...

12:25
David Lisnard

Si, il est anti-police, il est anti-policier.

12:26
Invité

Qu'il faut réformer la police dans l'usage de la force.

12:28
David Lisnard

Il est dans une outrance pour faire du racolage électoral absolument détestable. C'est de l'extrême gauche, c'est dangereux, il faut le combattre et la police doit être contrôlée. Et ce qui se passe actuellement me paraît assez normal, c'est-à-dire qu'il y a une vérification judiciaire. Les policiers étaient face à un individu qui a eu 80 ou 82 condamnations. Ça, il ne le sait pas. Alors, on ne va pas instruire à la place de la justice, mais la police est armée. Quel est le pays au monde où on accepte tous ces refus d'obtempérer ?

Et certains refus d'obtempérer, on dit 1 toutes les 20 minutes en moyenne en France, se traduit parfois par des véhicules utilisés comme marmes par destination pour s'attaquer à des policiers. Il faut vous dire qu'en 2021, j'ai eu deux cas de figure à canne où la police municipale a été obligée de répliquer avec ses armes l'État. L'heureusement, il n'y a pas eu de mort. Mais ils ont fait leur job et donc, voilà, il ne s'agit pas d'encourager la police à sortir son arme, mais il faut soutenir notre police, sauf lorsqu'il y a des bavures et ce qui est vérifié par l'IGPN.

13:28
Invité

Il faudrait une police municipale armée dans toutes les villes, selon vous ?

13:31
David Lisnard

Moi, je ne dis pas ça. C'est ce que disait votre candidate à la présidentielle. Moi, ça n'a jamais été ma position. Elle est armée dans ma commune, en l'occurrence, mais je pense que c'est à chaque maire, en lien aussi avec les représentants de l'État, de prendre ses décisions et d'assumer ce qui doit être bon pour sa commune. Donc, ça doit être une possibilité. Je pense qu'on va aller de plus en plus vers cela parce que les policiers ont besoin de se faire respecter et répliquent. Il y a malheureusement une montée de la violence dans le pays, contrairement à ce qu'on nous raconte aussi ces derniers mois.

Il y a eu une augmentation de 32% des violences sur les personnes depuis 5 ans, sur ce quinquennat. Il y a une augmentation des homicides, une augmentation des violences contre les élus, contre les policiers. Donc, il faut être capable de répliquer, mais c'est à chaque maire de décider.

14:12
Présentateur

En 2016, vous aviez pris un arrêté pour interdire le Burkini sur les plages et dans les piscines de Cannes. Il a été cassé, s'est arrêté par contre. Il n'a pas été cassé sur les piscines. Il a été cassé sur les plages. Après avoir gagné au tribunal administratif. Oui. Quand vous voyez aujourd'hui votre collègue maire de Grenoble, qui n'est pas du même parti que vous, qui est écologiste, Éric Piolle, qui lui veut l'autoriser, même si là aussi, ça a été cassé par la justice, vous dites quoi ?

14:36
David Lisnard

Moi, ma conviction, j'avais été le premier à prendre ces dispositions parce qu'il y avait des troubles en ordre public sur les plages après l'attentat du 14 juillet 2016. C'est pour ça que j'avais gagné au tribunal administratif. Ensuite, j'avais fait partie des arrêtés cassés dans le lot du Conseil d'État. Mais deux mois après, j'avais réglé mes problèmes sur les plages. Et l'arrêté fonctionnait. Est-ce qu'il est normal que certains maires l'autorisent, d'autres l'interdisent ? Après, le règlement des piscines, c'est autre chose. C'est du ressort des maires. Chacun doit assumer ses responsabilités.

Ce qui est absolument scandaleux, c'est d'autoriser dans un règlement une tenue différenciée pour des personnes pour une confession. C'est-à-dire que ceux ou celles, en l'occurrence, qui mettent un burkini ne sont que des femmes d'une certaine religion. Or, on n'accepte pas des tenues différenciées pour d'autres personnes d'autres religions. Donc, cette inéquité, cette absurdité...

15:21
Invité

Ce que disait Éric Piolle,

15:22
David Lisnard

c'est de permettre à toutes les femmes

15:24
Invité

d'avoir accès à ces piscines, les seins nus comme le burkini.

15:26
David Lisnard

C'est précisément parce qu'il faut permettre à toutes les femmes d'accéder aux piscines qu'il n'est hors de question de reconnaître un caractère quoi qu'on en dise qui est lié à une confession. C'est totalement contraire à l'esprit de la République qui est universaliste. Toutes les femmes ont accès aux piscines. Chacun a accès à l'espace public mais en respectant les règles de cet espace public. Et c'est ainsi qu'on évite de tomber dans le communautarisme et que chaque femme, qu'elle soit athée, catholique, musulmane, juive, se sent républicaine lorsqu'elle va dans un bâtiment

15:50
Présentateur

qui est un bâtiment commune. Vous souhaitez un cadre national pour régler une fois pour toutes cette affaire ? Comme il y a pu avoir une loi sur le voile à l'école par exemple ?

15:57
David Lisnard

Ce que nous avons dit avec l'AMF c'est que selon la jurisprudence il faudrait un cadre national pour sécuriser les décisions municipales. Ce qui veut dire une loi ? Pas forcément. On va voir ce que dit le Conseil d'État. Mais si le Conseil d'État par exemple venait à remettre en cause la décision du tribunal administratif on aurait besoin d'un cadre national pour sécuriser les décisions des maires. Et donc si le Conseil d'État

16:20
Présentateur

autorise les burkinis vous les autoriserez vous aussi dans les piscines de Cannes ? Non, moi je combattrais ça. Ah, alors attendez vous nous dites

16:26
David Lisnard

le Conseil d'État autorise une commune à l'autoriser. Ce n'est pas la même chose. Et chacun fait comme il veut. Mais en l'occurrence et je combattrais cela si un jour on nous obligeait à les autoriser je combattrais ça ardemment parce que c'est une régression c'est de l'antiféminisme et c'est contre la République.

16:43
Invité

David Listard vous représentez ce matin tous les maires de France dans une enquête publiée il y a quelques jours le journal L'Opinion parle d'une épidémie de tenue islamique surtout dans les lycées de tout le pays. Est-ce que vous avez eu des remontées en sens par les maires ?

16:55
David Lisnard

Alors j'ai eu je n'ai pas eu spécialement de remontées en sens je ne vais pas vous dire le contraire. Déjà parce que les lycées ne sont pas du ressort communal mais régional. Non mais les maires peuvent regarder ce qu'il se passe. En revanche on voit qu'il y a des effets cycliques qui sont peut-être liés aussi aux polémiques du moment. Donc ça peut inciter certains à avoir un repli identitaire ou à manifester une provocation.

17:13
Présentateur

C'est-à-dire que plus on parle du voile plus il est porté.

17:15
David Lisnard

Mais évidemment aujourd'hui on sent bien couste le tissu social et on a besoin de retrouver un sens commun de retrouver un bien commun et de sortir de toutes ces régressions qui sont des bondioseries sur les passes publiques et qui sont contraires à ce qu'est la République.

17:34
Présentateur

Le fil info 9h moins 10 Solène Cressan et la suite de cet entretien avec vous David Lissnard président de l'association des maires de France.

17:41
Invité

L'avocat du groupe de maison de retraite Corian surpris par les 30 plaintes déposées contre le groupe numéro 1 en France. Première action collective pour maltraitance homicide involontaire Emmanuel Daoud lui assure sur France Info que Corian oriente les familles qui ont des difficultés. Le Conseil d'Etat donne raison à la NUP à 4 jours du premier tour des élections législatives il faudra donner un seul résultat pour la coalition de gauche et non distinguer les scores de chaque parti. La crise de la grippe aviaire derrière nous dit le ministre de l'agriculture fin de l'épidémie des plus meurtrières cette année 16 millions de volailles abattues.

Des discussions pour tenter de résoudre la crise du blé ukrainien le ministre russe des affaires étrangères Sergei Lavrov est en Turquie les exportations de blé sont empêchées depuis le début de la guerre Ankara est prêt à escorter des convois maritimes depuis les ports ukrainiens. Michel Platini jugé à partir d'aujourd'hui en Suisse l'ancien président de l'UEFA est soupçonné avec l'ancien patron de la FIFA cette blatteur d'escroquerie de corruption il risque jusqu'à 50 prisons France Info le 830 France Info Salia Brakia

18:52
Présentateur

Marc Flauvel toujours avec David Lissnard le maire les républicains de Cannes président de l'AMF l'association des maires de France à l'élection présidentielle votre candidate Valérie Pécresse a échoué sous les 5% est-ce que vous allez aux législatives avec des semelles de plomb ?

19:05
David Lisnard

non parce que quand on a des convictions on va au combat ça ne suffit pas toujours la question vous savez la question elle est très simple c'est est-ce qu'on est utile au pays et c'est une vraie question et la réponse je la pose moi je crois qu'on n'a jamais été aussi utile au pays parce que dans l'offre c'est pas ce qu'on dit les électeurs il y a deux mois oui bien sûr mais parce qu'on a une responsabilité et moi j'appartiens à une génération qui n'a pas exercé le pouvoir au plan national et on a envie de reconstruire quelque chose de faire une refondation vous voyez une vraie refondation et pourquoi je pense qu'on est utile parce qu'aujourd'hui dans ces dialectiques qui sont très mortifères entre un coup monsieur Macron et madame Le Pen un coup monsieur Macron et monsieur Mélenchon on oublie de parler des débats essentiels et je pense que notre offre elle se distingue par des principes très simples nous nous croyons à la liberté créatrice donc à la responsabilité nous croyons à l'autorité régalienne dans les faits pas dans les grands discours grandiloquents et en même temps qui est en fait une impuissance comme on l'a vu au stade de France comme on le voit trop dans nos rues on croit à l'unité de la nation par un effort sur l'instruction publique par une ambition culturelle et surtout on veut sortir de ce social étatisme qui depuis 40 ans plombe le pays est une facilité immédiate

20:11
Présentateur

mais du coup il manque quoi aujourd'hui à la droite il manque une idée forte comme avait pu en imprimer Nicolas Sarkozy à l'époque il manque un visage une incarnation en tout cas

20:20
David Lisnard

il ne nous manque pas de bons candidats aux législatives et je fais beaucoup de déplacements il y a à la fois des députés confirmés qui sont vraiment des gens qui connaissent d'abord qui sont ancrés localement qui connaissent le travail législatif et qui font du bien au parlement parce que ce n'est ni des godillots ni des opposants systématiques et manichains et puis aussi une nouvelle génération comme le contexte est très difficile ça a laissé la place et je vois une multitude de candidats de grands talents et les candidats aujourd'hui portés par LR et par tous ceux qui nous soutiennent ont cet avantage d'être des gens courageux on ne peut pas leur reprocher soit d'aller à la soupe du pouvoir soit de tomber dans la facilité de la démagogie des extrêmes donc je pense vous voulez dire

21:00
Présentateur

ceux qui restent sont des vrais

21:01
David Lisnard

je pense qu'ils ont une grande utilité pour notre démocratie et qu'on a besoin de retrouver des alternatives crédibles fortes raisonnables

21:08
Invité

vous comprenez que les français aient du mal à faire la différence entre la droite version macroniste et la vôtre puisque justement il y a eu beaucoup de passages parce que d'abord

21:16
David Lisnard

il n'y a pas eu tant de passages que ça et vous savez que les mercenaires aillent ou ils pensent jouer leur intérêt nous on reste filet dans nos convictions et je pense que la fidélité aux convictions la volonté d'apporter ce que nous on pense bien dans la vie vous savez c'est jamais aussi simple et bien est plutôt un gage de qualité et je pense qu'il faut donner une prime et soutenir ceux qui sont réglo ceux qui sont loyaux et pas ceux qui vont à tous les râteliers

21:41
Invité

Reste une question se pose si au soir du premier tour votre candidat dans l'une des circonscriptions ou même dans plusieurs n'est pas qualifié et qu'il s'agit d'avoir un candidat RN ou un candidat LREM un duel LREM du moins pardon RN LREM pardon vous choisissez qui

22:00
David Lisnard

mais évidemment

22:01
Invité

quelle est la consigne entre RN et LREM

22:04
David Lisnard

évidemment je ne répondrai absolument pas à cette question avant le premier tour parce qu'on est dans un moment politique où je soutiens des candidats investis par LREM c'est vrai que la question elle va se poser dans des dizaines de circonscriptions elle se posera le soir du premier tour et vous nous la poserez légitimement vous y répondrez à ce moment là mais aujourd'hui évidemment comme on l'a toujours fait mais aujourd'hui la question pour nous c'est de soutenir des candidats et de faire élire un maximum de candidats LREM qui seront utiles au pays et qui seront utiles localement à soutenir les projets locaux à défendre les projets non mais d'accord mais il y a une époque

22:30
Invité

la réponse était facile

22:31
David Lisnard

non mais écoutez de me poser la question aux autres et puis lorsqu'ils diront qu'ils soutiennent les candidats LREM face aux autres cas de figure je vous répondrai mais aujourd'hui évidemment l'enjeu pour moi à trois jours d'une élection du premier tour d'une élection législative les marcheurs en le courant appellent à voter LREM quand il y a un duel et c'est de ramener tout le monde à eux sauf qu'on ne se reconnait pas dans leur politique donc nous ce que l'on veut c'est construire une alternative crédible tout de suite et dans la durée et sur cinq ans construire une autre offre que celle des extrêmes et de cet hypercentrisme qui fait du racolage Christian Jacob

23:03
Présentateur

doit quitter la tête des républicains dans quelques semaines serez-vous candidat à sa succession pareil je pense que

23:07
David Lisnard

je l'assume complètement votre décision est prise déjà on a trois jours d'une législative ce qu'il compte pour nous c'est de soutenir nos candidats aux législatives qui sont des gens compétents qui sont des gens loyaux honnêtes et courageux et qui apportent au pays donc je le répéterai tant que vous me poserez la question

23:23
Invité

vous dites ça mais il y en a qui ont des fourmis dans les pieds exemple Laurent Wauquiez vous voyez bien qu'il se prépare à prendre la succession de Christian Jacob vous pourriez soutenir par exemple Laurent Wauquiez à la tête du parti

23:32
David Lisnard

ça fait partie des personnes de qualité Bruno Retailleau François-Xavier Bellamy d'autres on ne nous identifie pas aujourd'hui Eric Ciotti on a un vivier de personnes de qualité qui sont des gens intelligents qui sont des gens qui aiment leur pays voilà aujourd'hui vraiment je pense que dans l'intérêt du pays y compris pour ceux qui ne partagent pas nos convictions et de comprendre qu'on doit construire une offre alternative qui porte sur la liberté entrepreneuriale qui porte sur une prospérité écologique qui porte sur un sursaut éducatif qui nous permettent de remettre de l'ordre dans le pays et de permettre aux individus de se libérer il n'y a que nous qui portons ce projet la droite c'est pas Emmanuel Macron comme le dit toute la gauche mais non parce que c'est du social étatisme c'est pour moi l'énième expression d'un conformisme qui a fait des choses vous dites ça Jean-Luc Mélenchon il va bondir je suis heureux de faire bondir Jean-Luc Mélenchon ça équilibrera un peu les choses mais finalement toutes ces personnes n'ont de réponse que dans le chéquier des contribuables or notre pays est sur-endetté sur-fiscalisé et c'est cette spirale là dont il faut sortir à la fois spirale économique mais aussi spirale budgétaire et spirale politique

24:35
Invité

David Lysnard est-ce que tous les milliardaires russes ont quitté Cannes ?

24:38
David Lisnard

alors oui certainement mais l'enjeu aujourd'hui il est bien plus important ça c'est Epsilon et l'enjeu c'est de se préserver la paix en Europe et de soutenir un pays qui est agressé qui est l'Ukraine

24:51
Invité

parce que le gouvernement communique sur les sanctions infligées à la Russie notamment sur les oligarques russes on sait que pas mal de milliardaires russes sont sur la côte d'Azur avec leur yacht notamment si je veux être dans le cliché est-ce qu'ils sont encore chez vous ? vous êtes bien dans le cliché je vous le confie ils sont tous partis

25:05
David Lisnard

il y a en effet un certain nombre d'oligarques russes en région parisienne à Paris sur la côte d'Azur et chez vous ils sont plus là ? écoutez on les voyait pas spécialement quand ils étaient là donc on les voit plus aujourd'hui et je pense qu'ils ne sont plus là j'espère qu'ils ne sont plus là puisqu'ils sont censés être sanctionnés voilà

25:17
Présentateur

merci à vous David Lysnard invité ce matin de France Info merci à vous