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interviewFrance Inter — Questions politiques· 20 février 2022 54 min

Marine Le Pen : "Nous n'avons pas les parrainages, c'est une situation démocratiquement terrifiante"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

Bonjour, bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique du dimanche de France Inter à la radio, de France Info à la télé, en partenariat avec le journal Le Monde. Celle qui a accepté notre invitation et qui sera donc avec nous et en direct jusqu'à 13h et candidate à l'élection présidentielle pour la troisième fois. Mais depuis qu'elle a atteint le second tour il y a cinq ans, beaucoup de choses ont changé pour notre invité.

Le nom de son parti, d'abord, le Front National a cédé la place au Rassemblement National, signe d'une stratégie de normalisation que notre invité a entamée il y a déjà deux décennies, au point que Gérald Darmanin l'a considéré comme trop molle il y a quelques mois lors d'un débat autour de la loi sur le séparatisme. Mais surtout, c'est l'émergence d'Éric Zemmour, concurrent idéologique majeur, qui change la donne pour elle. Des cadres quittent notre invité avec fracas, une invitée dont la présence au second tour n'est plus acquise alors que les sondeurs la lui promettaient depuis des mois et des mois. Doit-elle changer de stratégie face à la donne Zemmour ?

Ukraine, inflation, Covid, elle, présidente, qu'aurait-elle fait de mieux qu'Emmanuel Macron ? Comment compte-t-elle dépasser son socle électoral, un solide bloc populaire pour remporter la présidentielle ? On évoquera également, bien sûr, les grandes lignes de son programme. Marine Le Pen, c'est elle, candidate du Rassemblement National à l'élection présidentielle, et jusqu'à 13h, est en direct l'invité de Questions Politiques. Questions Politiques

1:24
Invité

Thomas Mégaroff sur France Inter

1:28
Présentateur

Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Pour vous poser des questions, je serai comme chaque semaine en compagnie de la bande de Questions Politiques. Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.

1:38
Invité

Bonjour Thomas, bonjour Madame. Bonjour.

1:39
Présentateur

Françoise Fré-Sauce du Monde. Bonjour Françoise.

1:41
Invité

Bonjour à tous.

1:42
Présentateur

Et Karine Bécard de France Inter. Salut Karine.

1:45
Invité

Salut tout le monde.

1:45
Présentateur

Tout va bien ? Ça va. Et tout à l'heure, Alexandra Ben Saïd viendra vous poser quelques questions d'économie. On parlera notamment retraite, mais aussi dette. Le hashtag Question Paul, question au pluriel, Paul au singulier, bien sûr, pour vos questions et vos commentaires, à vous qui nous écoutez ou nous regardez. Marine Le Pen, première question internationale. Les violations du cessez-le-feu se multiplient dans l'est de l'Ukraine. Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Soltenberg, considère que, je le cite, tous les signes indiquent que la Russie prévoit une attaque complète de l'Ukraine. Emmanuel Macron vient d'achever son coup de fil à Vladimir Poutine.

L'Elysée évoque des risques réels d'attaques russes. Que dirait Marine Le Pen, présidente de la République, dans la même situation, au téléphone à Vladimir Poutine ?

2:30
Marine Le Pen

D'abord, la diplomatie, ça ne se fait pas au dernier moment. Permettez-moi quand même de vous le dire. C'est-à-dire que le succès d'une diplomatie nécessite d'avoir des relations, qu'ils soient des relations en même temps anciennes et travaillées depuis des années avec un chef d'État. C'est la raison pour laquelle j'ai regretté qu'Emmanuel Macron ait virevolté, échangé d'avis sur les relations qu'il disait vouloir avoir dès le début de son quinquennat. Il a cherché quand même à les avoir. Il les a eus. Et puis, il est arrivé un moment où Emmanuel Macron a pensé qu'il était plus utile de se mettre dans le sillage de l'Union européenne, qui a une vision très brutale à l'égard de la Russie.

Souvenez-vous, c'est là où les sanctions ont été mises en œuvre. Sanctions dont nous avons d'ailleurs, nous, la France, été les premières victimes. ou dans le sillage de l'OTAN. Donc, je le redis, c'est la vision que je développe de la diplomatie. Je pense que la France ne peut avoir véritablement une voix qui porte que si elle apparaît comme la France et comme personne d'autre. pas comme le porte-voix de l'OTAN, pas comme le porte-voix de l'Union européenne. Parce que c'est le fait qu'elle soit la France, une puissance d'équilibre, qui fait qu'elle peut être entendue par des grandes puissances dont elle resterait à équidistance, comme les États-Unis, évidemment, et la Russie.

3:58
Invité

Mais là, la diplomatie, elle peut permettre d'éviter le conflit ou pas ?

4:01
Marine Le Pen

Bien sûr, bien sûr. Vous savez, quand on est dans une situation telle que celle-là, ça peut effectivement très mal tourner. Et ça peut même très mal tourner, sans même que peut-être chacun et chacune des partis le souhaitent.

4:15
Invité

Comment vous décryptez la situation ? Est-ce que c'est Poutine qui est à l'offensive et qui veut attaquer ? Est-ce que vous pensez qu'il y a un vrai risque de guerre ou que c'est uniquement un théâtre ?

4:23
Marine Le Pen

Encore une fois, je pense que quand on est dans une situation de tension comme celle-là, on peut tomber dans la guerre, encore une fois, comme je viens de le dire, sans même qu'obligatoirement les partis le souhaitent. Voilà. Parce que c'est très tendu et qu'il peut y avoir un événement qui fasse basculer la situation. Maintenant, je pense qu'il y a quand même une volonté de la part des États-Unis au travers de l'OTAN depuis des années de rompre avec un accord qui avait été passé avec la Russie, qui était un accord qui consistait, pour résumer, à laisser l'Ukraine être un pays tampon. Voilà. On ne faisait pas entrer l'Ukraine dans l'OTAN.

On ne militarisait pas l'Ukraine, d'autant que l'OTAN a beaucoup militarisé l'Europe, ce qui est considéré comme, avec inquiétude, par la Russie.

5:10
Présentateur

Pardonnez-moi, ce n'est pas l'OTAN ni l'Europe qui a envahi une partie de l'Ukraine.

5:14
Marine Le Pen

Non, mais vous parlez de la Crimée ?

5:16
Présentateur

Bien sûr. Alors voilà.

5:17
Marine Le Pen

Donc ça, c'est ça qui peut-être peut faire démarrer la guerre, ce qui serait, à mon avis, une énorme erreur. Donc, qu'est-ce que je pense là, aujourd'hui ? Je pense qu'on pourrait trouver un accord. Alors évidemment, je ne veux pas faire preuve d'immodestie, parce que je ne suis pas dans les discussions. Mais je pense qu'il serait raisonnable pour que les tensions s'arrêtent, qu'on admette que l'Ukraine ne rentrera pas dans l'OTAN. D'ailleurs, je pense qu'Emmanuel Macron a d'ores et déjà indiqué qu'il s'opposerait à l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN. Je pense que c'est raisonnable. Je pense qu'il faut réclamer, évidemment, à la Russie de sortir définitivement du Donbass.

Je pense qu'il faut faire appliquer les accords de Minsk, c'est-à-dire accorder aux deux républiques de Lugansk et de Donetsk, l'autonomie qui était prévue dans les accords de Minsk. Il faut reconnaître l'intégration de la Crimée à la Russie, car la Crimée ne repartira pas à l'Ukraine. Nous le savons, tout le monde le sait, en réalité. Et il faut que, par un accord, encore une fois, entre la Russie et l'OTAN, l'Ukraine reste un État tampon, c'est-à-dire un État neutre sur le plan international. Je pense qu'avec ces éléments-là, on peut réussir à ce que chacun rentre chez soi et qu'on ne se retrouve pas avec une guerre.

Mais ça fait beaucoup de concessions pour l'Ukraine, de la part de l'Ukraine, et beaucoup moins de la part... Non, pas vraiment. Pas vraiment, parce qu'en réalité, je pense que ce sont les États-Unis qui cherchent véritablement à ce que l'Ukraine entre dans l'OTAN, beaucoup plus qu'une partie des Ukrainiens qui sont d'ailleurs tournés vers la Russie. Car vous savez, c'est ça le principe de l'Ukraine, c'est toute sa spécificité. C'est qu'en réalité, il y a une partie qui regarde vers la Russie et une partie qui regarde vers l'Europe.

Mais ce qui me pose un problème quand même dans l'OTAN, c'est que l'OTAN, au fur et à mesure, qui était un outil de défense, est devenu de plus en plus, en réalité, d'abord une gigantesque machine à vendre de l'armement américain. Et on le voit bien, Kamala Harris, d'ailleurs, vient de faire une déclaration, je l'ai lue, nous ferons jouer pleinement l'article 5, mais l'Ukraine n'est pas membre de l'OTAN. Donc ce n'est pas l'OTAN qui parle, c'est Kamala Harris qui parle, c'est Kamala Harris qui dit ce que l'OTAN va faire. Donc il faut aussi arrêter de nous faire croire que l'OTAN n'est pas sous direction américaine.

7:52
Présentateur

On rappelle juste que l'article 5, c'est que si l'un des membres de l'OTAN est attaqué, les autres membres de l'OTAN viennent l'aider.

7:57
Invité

Vous avez parlé de la brutalité des sanctions européennes. Est-ce que finalement ce que vous voyez actuellement ne rééquilibre pas votre point de vue vis-à-vis de Vladimir Poutine ? C'est-à-dire qu'on vous a connu, on vous a su plutôt, non pas proche, mais assez indulgente. Avec lui, est-ce que là, finalement, vous qui êtes souverainiste, vous ne considérez pas que c'est un agresseur pour un pays comme l'Ukraine qui a le droit à son autonomie ou indépendance ?

8:21
Marine Le Pen

Non mais je ne suis pas du tout complaisante. Moi, je pense qu'à l'intérêt de la France. Je suis désolée. Je ne cherche pas à être présidente du monde, ni même présidente de l'Union européenne. Je souhaite être présidente de la République française et défendre les intérêts de la France. Donc j'ai toujours dit, je souhaite rester à équidistance entre les États-Unis et la Russie. Ces deux grandes puissances sont en même temps, selon les endroits et selon les domaines, encore une fois, soit des alliés, soit des concurrents, soit des adversaires. Et c'est vrai pour les États-Unis et c'est vrai, évidemment, pour la Russie. Donc il faut juste...

8:59
Invité

Il y a quand même des réactions très étranges, je l'ai dit, mais Poutine, on ne sait même pas.

9:02
Marine Le Pen

Vous voyez ce que je veux dire ? Ce n'est pas la même chose que de discuter. Mais il a... Bon, moi, je pense que ce qu'il a exprimé est assez transparent. Il a fait une conférence de presse de manière assez transparente. Il dit que l'OTAN avait promis en 1997 de ne pas militariser, de faire entrer et militariser des pays qui sont à la frontière de la Russie. Voilà. En conservant ces États-tampons. Donc il vient dire, aujourd'hui, l'OTAN rompt cette promesse et par conséquent, ça risque de créer un conflit.

9:35
Présentateur

Il dit ça, l'OTAN rompt cette promesse.

9:37
Marine Le Pen

Parce que l'OTAN souhaite que l'Ukraine entre dans l'OTAN. Mais l'Ukraine est un pays indépendant qui a le droit de choisir ses traités. Elle peut très bien décider, finalement, de se rallier à l'OTAN. Bien sûr. L'OTAN... Mais encore une fois, ce sont les membres de l'OTAN qui ont aussi le droit de ne pas participer à allumer l'étincelle qui risque de générer une guerre au cœur même de l'Europe. Je veux dire, si hier, le Mexique était entré dans le pacte de Varsovie, si vous voulez, je ne suis pas sûr que les Américains auraient dit « mais c'est parfaitement normal, le Mexique a parfaitement la possibilité d'entrer dans le pacte de Varsovie, il n'y a aucun souci ».

Je veux dire, vous voyez, il y a bien entendu les règles, mais il y a aussi les grands équilibres du monde. Or, notre monde est multipolaire et si l'on ne veut pas créer des tensions qui sont inutiles, eh bien, il faut essayer de comprendre le point de vue de chacun. Moi, c'est ce que je cherche à faire. Parce qu'encore une fois, je pense que l'intérêt de la France, c'est qu'il n'y ait pas de guerre à sa proximité.

10:36
Présentateur

Mais à vous écouter, alors, pourquoi ne défendez-vous pas le fait que la France quitte totalement l'OTAN ? Et pourquoi vous contentez-vous uniquement de quitter le commandement intégré, comme c'était le cas entre 1966 et 2008 ?

10:47
Marine Le Pen

Parce que je pense qu'on peut très bien rester, encore une fois, dans cette alliance transatlantique qui fait que quand un allié, on a des alliés, et quand un allié est attaqué, on vient le défendre. Mais être dans le commandement intégré de l'OTAN, ça nous engage plus que d'être exclusivement dans l'OTAN. Notamment, vous savez, il y a des tours de garde des pays qui sont dans le commandement intégré. Et si ça tombe, si un conflit se déclenche au moment où c'est votre tour de garde, eh bien, c'est vous qui partez en premier. Est-ce qu'on ne touche pas à une de vos contradictions ?

11:19
Invité

Au fond, vous voudriez dire la France toute seule peut y arriver, et en fait, elle n'y arrive pas toute seule.

11:25
Marine Le Pen

C'est quand même drôle que vous soyez toujours dans une vision qui est excessive. Ce n'est pas la France soumise aux Etats-Unis ou la France toute seule. Enfin, je veux dire, je rappelle que lorsque nous n'étions pas dans le commandement intégré de l'OTAN, nous avons des alliances. Nous avons des alliances avec des pays nombreux. Nous pouvons même avoir des alliances avec des pays qui ne sont pas dans l'OTAN. Nous pouvons même avoir énormément de réserves avec des pays qui sont dans l'OTAN. Je pense évidemment à la Turquie, qui aujourd'hui joue un rôle particulièrement, je le pense, nuisible dans un certain nombre de pays d'Afrique. Donc, c'est ça la diplomatie.

C'est encore une fois réfléchir à ses propres intérêts, être capable de déterminer quels sont ses propres intérêts. La question, c'est est-ce que générer une guerre en Ukraine est dans l'intérêt de la France ? La réponse est non.

12:13
Invité

Et si la guerre a lieu, il faut sanctionner la Russie ? Est-ce que les sanctions qui ont été annoncées, économiques et financières, sont les bonnes ? Mais les sanctions n'ont jamais fonctionné.

12:21
Marine Le Pen

Jamais. Les sanctions, le seul intérêt des sanctions a été de jeter la Russie entre les bras de la Chine, en créant un potentiel gigantesque, une potentiel gigantesque puissance, et nous n'aurons que nos yeux pour pleurer si véritablement elle s'inscrit dans le temps.

12:37
Invité

Si il n'y a pas de sanction, de menace de sanction ou d'application de sanctions, on va regarder les choses se passer, comme en 1956, comme en 1968, je ne compare pas avec la Hongrie ou avec la Tchécoslova, mais...

12:49
Marine Le Pen

Je crois que... Oui, là, c'est un peu... C'est un peu excessif, il n'est pas question d'aller jusqu'à Kiev, enfin. C'est un peu excessif. Donc, est-ce qu'on peut se dire... Bon, ben, puisque c'est le fait que l'Ukraine rentre dans l'OTAN qui pose un problème, est-ce qu'on peut juste faire en sorte que l'Ukraine ne rentre pas ? C'est un peu de discussion, il y a même une éventuelle ferventisation qui est... Non, mais vous voyez, le pire n'est jamais sûr, enfin, j'ose l'espérer.

13:11
Invité

Vous dites, l'Ukraine ne doit pas rentrer dans l'OTAN,

13:13
Marine Le Pen

et en plus, vous dites, on va lui retirer la Crimée. Non, on ne va pas lui retirer, je veux dire, la Crimée a été ukrainienne 27 ans, je veux dire, à un moment donné, elle a toujours été russe, et elle a été ukrainienne 27 ans. Bon, combien de réfugiés de Crimée ? Zéro. C'est-à-dire qu'en réalité, la population de Crimée était bien... Plusophone ? Volontaire, bien sûr, pour... Elle était même plus que russophone, elle était russe, en réalité. Et donc, ils ont souhaité rejoindre la Russie, et il n'y a pas eu de mouvement de population de gens qui... Donc, la contrepartie, c'est aussi que la Russie sorte totalement, y compris en termes d'influence, du Donbass.

Donc, c'est ça aussi, si on arrive à trouver un accord sur ce sujet-là, je pense qu'on retrouvera les voies de la paix.

14:00
Présentateur

Alors, vous avez évoqué la Chine, vous avez évoqué l'Afrique, ça nous conduit à la situation au Mali. Quel est votre regard sur la fin de l'opération Barkhane, qui ne se traduit pas par la fin de la présence française au Sahel, mais par, tout de même, une reconfiguration de cette présence ?

14:16
Marine Le Pen

Bon, d'abord, je nourris, comme beaucoup de gens dans le domaine de la défense, évidemment, une inquiétude sur la manière dont nous allons partir du Mali. Donc, je pense qu'il faut mettre toutes les forces possibles pour que nous puissions sortir du Mali sans aucune perte. Il faut partir vite ou pas ? Il faut partir le plus rapidement possible, mais pas n'importe comment. Enfin, je veux dire, de manière quand même qui soit organisée. Le problème, c'est qu'on est aussi face à un certain nombre de manques. Vous voyez, nous n'avons pas, par exemple, d'avions de transport de troupes.

C'est quand même dommage qu'on ne puisse pas, on n'est pas, ou on ne puisse pas demain, ou il faudrait peut-être le faire, d'ailleurs, acheter des belugas, par exemple, pour pouvoir transporter notre matériel ou transporter nos troupes. Pour l'instant, nous n'avons pas ça. Vous voyez, la force européenne loue des Antonovs à une société qui est, en fait, une société possédée par des Tchétchènes et des Albanais. Bon, je ne suis pas sûre que tout ça soit très cohérent.

Donc, il faut mettre tous les moyens possibles pour qu'on puisse sortir dans des bonnes conditions, sachant que partir d'un pays qui, de surcroît, est devenu hostile et dont la population est devenue hostile et dont le gouvernement est devenu hostile est un procédé à haut risque. Mais on laisse les marcennaires russes au Mali ou pas ? Est-ce que vous voulez, en plus, aller faire la guerre aux marcennaires russes ? Moi, je pense que c'est peut-être à... On m'a dit de décider ? Non, non, pas du tout. Bon, d'abord, c'est eux. Le Maliomalien ? En tout cas, c'est eux. Non, parce qu'il y a quand même des règles en matière de droit international.

Je crois qu'il me semble, d'ailleurs, qu'il y a une règle dans l'Union africaine qui interdit, justement, de faire appel à des sociétés privées militaires. Donc, ça, je pense que c'est vraiment le travail des instances internationales que peut-être d'avancer sur le plan juridique pour essayer d'empêcher au maximum la venue de ces sociétés militaires privées qui sont des éléments de déstabilisation.

16:29
Invité

Si Vladimir Poutine ne connaît pas, il n'en a jamais entendu parler. Oui, oui, vous savez, la confiance qu'on peut porter à l'avenir.

16:35
Marine Le Pen

Vous voulez qu'on parle de la France sur ces sujets-là ? Je veux dire, bon, un certain nombre de pays ont toujours utilisé un certain nombre de forces comme ça pour ne pas apparaître directement. Nous ne sommes pas dupes de ces dénégations. On est bien d'accord. Mais il ne faut pas non plus être naïf.

16:52
Présentateur

Dernière question sur l'international. Est-ce que, finalement, cette crise malienne, est-ce que certains considèrent comme un échec, même s'il y a eu 2500 à 3000 djihadistes mis hors combat depuis quelques années dans la région par la présence française, ce n'est pas aussi le signe que la France seule ne peut pas gérer une crise de cette nature-là ? Est-ce que ça ne remet pas un peu en cause ce que vous nous disiez au début sur l'indépendance française ?

17:15
Marine Le Pen

Non, non, mais... Ça, c'est quand même un peu fort de café. C'est-à-dire que, sous le plan de ce que l'Union européenne ne nous a rien apporté et ne nous a pas aidés et n'a pas, d'ailleurs, contribué au financement de cette lutte contre les groupes armés terroristes, ce qu'elle aurait dû évidemment faire aujourd'hui. Non seulement nous avons perdu nos jeunes garçons sur les théâtres d'opération, nos jeunes militaires, nos fils de France, et en plus, nous avons financé l'intégralité. Et en plus, aujourd'hui, il faudrait qu'on assume l'échec. Donc ça, vous ne m'emmènerez pas sur ce sujet. En revanche, ce qui est sûr, c'est qu'il y a des leçons à tirer.

Il ne faut plus refaire ce qui a été fait. C'est-à-dire qu'il ne faut plus arriver, s'installer, il faut faire autrement. Il faut probablement aller dans des... s'installer avec des contingents, avec leur accord, bien sûr, dans des pays qui ont des vraies armées, ce qui n'était pas le cas de l'armée malienne. Et ce serait vous, par exemple,

18:13
Invité

puisque le Niger et le Burkina Faso, c'est le cas ou pas ?

18:15
Marine Le Pen

Par exemple, au Tchad, par exemple... Oui, par exemple, le Burkina Faso est en train de se mettre entre les mains de la Turquie. Là, c'est encore un autre problème. Mais le Tchad, ça peut être la Côte d'Ivoire. Voilà, ce sont des armées qui sont sérieuses, qui sont solides, et puis qui, encore une fois, vont faire des opérations, mais qui ne soient pas fondées sur une emprise territoriale dans le pays, qui est un pays, en fait, qui ne maîtrise pas tellement... Mais est-ce que ça ne veut pas dire

18:48
Invité

que vous baissez les bras face au terrorisme islamiste parce que, finalement, on n'y arrive pas ?

18:52
Marine Le Pen

Non, parce qu'on pourrait très bien envisager que des frappes contre des groupes armées terroristes se fassent, y compris de bâtiments maritimes. France Inter.

19:02
Invité

Question politique. Thomas Négaroff. Qu'il soit d'accord.

19:10
Présentateur

Marine Le Pen qui continue à parler sur le jingle, ce qui montre votre implication sur cette question du terrorisme, évidemment, et vous voulez répondre à Françoise Fressoz. Mais ce jingle nous permet de tourner la page, d'accueillir Alexandra Bensaïde. Bonjour, Alexandra.

19:22
Invité

Bonjour, Thomas. Bonjour, Marine Le Pen. Alors, dans votre programme économique 2022, il y a deux grandes ruptures par rapport au précédent. Un, la sortie de l'euro. Non, c'est acté. Pas de sortie de l'euro. Et puis, deux, dans ce programme, la retraite à 60 ans. Ça n'est plus pour tout le monde. Alors, il faut que vous nous expliquiez, Marine Le Pen, la retraite à 60 ans, avec vous maintenant, c'est pour qui ?

19:44
Marine Le Pen

Alors, d'abord, permettez-moi, mais l'euro, ça fait déjà 5 ans. Bon, donc, c'est pas non plus la nouveauté de la session 2021-2021. Là, c'est acté.

19:55
Invité

Il y a eu quand même un cheminement, on va dire, intellectuel.

19:57
Marine Le Pen

Non, non, il n'y a pas eu de cheminement. Non, non, il n'y a pas eu de cheminement. Il y a eu un accord du Bureau national qui a été voté en juillet 2017. Donc, vous voyez que c'était juste après l'élection présidentielle.

20:08
Invité

Vous disiez que c'était encore un boulet, l'euro, la monnaie unique.

20:11
Marine Le Pen

Vous l'avez dit en 2017. Oui, ça reste une monnaie qui a des inconvénients. Enfin, ne pas le dire relève, pour le coup, de la religion. Vous voyez, chacun sait la contribution qu'a eu l'euro à l'aggravation de la baisse du pouvoir d'achat. Chacun sait la contribution qu'a eu l'euro à la désindustrialisation de notre pays. Donc, ça, c'est quand même quelque chose que l'on peut admettre. Il n'en demeure pas moins que d'abord, les Français nous ont dit « Nous souhaitons que vous fassiez en sorte de régler ces problèmes en restant dans l'euro ». Et le message m'est apparu extrêmement clair que ça fait maintenant 20 ans et que c'est exactement la même chose que quand ça fait 10 ans, etc.

20:47
Invité

Alors, les retraites, c'est ça la nouveauté.

20:49
Marine Le Pen

Oui, la nouveauté, c'est en fait surtout la philosophie que je souhaite mettre en œuvre. La philosophie qui est la mienne dans cette campagne présidentielle pour l'économie, c'est tout miser sur le travail des jeunes. Je veux absolument faire monter le taux d'activité des jeunes dans notre pays. Donc, j'ai plusieurs mesures qui vont dans ce sens, qui passent de la prime pour les apprentis et pour les contrats de professionnalisation, qui passent par l'exonération de l'impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans, qui passent pour l'exonération pour les jeunes entrepreneurs de moins de 30 ans de l'impôt sur les sociétés et qui passent aussi par la retraite.

La proposition que je fais pour la retraite est une proposition de justice sociale. Mais pour qui ? Est-ce qu'on peut faire la photo ? Je vais vous le dire. Oui, allez-y. C'est une proposition, oui. Enfin, je ne l'ai pas cachée, j'ai fait une conférence de presse très longue et très complète. C'était jeudi. Sur le sujet, j'aimerais bien d'ailleurs que d'autres candidats le fassent aussi. Mais qui va partir à 60 ans avec vous ? C'est une mesure de justice sociale. C'est une mesure qui dit la chose suivante. Plus on travaille jeune, plus on travaille dur, plus on part tôt.

Ça veut dire que tous les jeunes qui sont entrés, enfin tous les jeunes, tous les gens qui sont entrés sur le marché du travail entre 17 et 20 ans partiront dès 2022 à 60 ans s'ils ont 40 annuités. Car la retraite, je le rappelle pour ceux qui nous écoutent, c'est jamais un âge ou des annuités, c'est des annuités et un âge.

22:24
Invité

Alors aujourd'hui Marine Le Pen, il y a environ 600 000 personnes qui partent à la retraite chaque année et puis il y en a environ une sur quatre qui partent avant l'âge légal de 62 ans. C'est le dispositif que vous connaissez des carrières longues. 150 000 personnes sont concernées. Avec vous, il y a combien de personnes en plus ? On aimerait comprendre ce que ça change.

22:42
Marine Le Pen

Madame, vous aurez énormément de mal à le savoir car en réalité c'est très difficile de savoir si les gens vont partir avec une décote ou ne vont pas partir avec une décote. Je répète, aujourd'hui tous les candidats au-dessus de 10% proposent au moins 43 annuités. Au moins. Et au moins 64 à 65 ans pour pouvoir partir à la retraite. Moi je dis la chose suivante, tous les Français partiront avec 40 à 42 annuités, pas plus, pas plus. Même si je suis rentrée à 25 ans ?

23:12
Invité

Si je suis rentrée à 26 ans sur le marché du travail, j'ai fait une thèse.

23:15
Marine Le Pen

Madame, si vous êtes rentrée à 26 ans et que vous avez fait une thèse, il vous faudra 42 annuités pour arriver à la retraite. Voilà. Donc tout le monde partira après 40 à 42 annuités. 40, plus on sera rentré jeune sur le marché du travail, 42, plus on sera rentré tard sur le marché du travail. Et pourquoi ? Tout simplement parce que plus on rentre tôt en réalité, plus les travaux sont difficiles. Il faut le dire, plus ils sont pénibles, plus c'est compliqué de les mener à un âge qui est un âge avancé. Porter des pierres, être maçon, être couvreur, évidemment à 64 ans ou 65 ans, il n'est pas raisonnable de demander cela.

Donc je pense que plus on rentre tôt, plus ce sont des travaux manuels, et plus il est normal qu'on parte tôt à la retraite.

23:59
Invité

En quoi améliorez-vous ? Il y a un sujet qu'on a découvert ces dernières années, dont on a pris conscience, tous ce sont les femmes avec leur carrière hachée, ces femmes qui font des pauses, ont des temps partiels, et souvent elles n'arrivent pas à avoir leurs 42 annuités, elles sont obligées d'attendre les 67 ans pour avoir le taux plein aujourd'hui. Est-ce que votre réforme, si elles ne sont pas rentrées avant 20 ans sur le marché du travail, ça améliore la situation de ces femmes ?

24:19
Marine Le Pen

Alors d'abord, bien souvent les femmes qui ont des carrières hachées, comme vice, sont des mères. C'est parce qu'elles ont des enfants. Et je vais donc évidemment sacraliser le système que souhaitait faire disparaître Emmanuel Macron, qui était le système qui accordait des trimestres supplémentaires en fonction, enfin par enfant. Il y avait 8 trimestres par enfant qui étaient accordés, qui avaient vocation justement à compenser ces carrières qui étaient des carrières hachées. Et puis au passage, parce que la vision que j'ai de la retraite n'est pas seulement la réforme de retraite que je propose, qui a au moins un mérite, c'est qu'elle est extrêmement simple.

Tout le monde peut savoir précisément, le lendemain de mon élection, quand est-ce qu'il peut partir et à quelles conditions il peut partir. Et quelle est la mieux disante de tous les candidats qui sont actuellement sur la ligne de départ et qui ont éventuellement la possibilité d'arriver au second tour. Mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi ma volonté, qui n'est pas une seule retraite en dessous de 1 000 euros.

25:12
Invité

Mais là, c'est partagé par d'autres candidats. En effet...

25:17
Marine Le Pen

Oui, c'est bien. Mais je n'ai pas entendu beaucoup d'autres candidats qui veulent réindexer les retraites sur l'inflation. C'est prévu par la loi. Et c'est vraiment très important. Oui, parce qu'au moment où l'inflation commence à devenir un peu compliquée, eh bien, en réalité, les personnes âgées se voient rogner.

25:32
Invité

Marine Le Pen, c'est prévu par la loi aujourd'hui. En effet, ça a été désindexé. Mais maintenant, la loi prévoit que ça va être réindexé sur l'inflation.

25:38
Marine Le Pen

Eh bien, écoutez, j'en suis ravie. À chaque fois qu'on approche près de l'élection, à chaque fois, Emmanuel Macron sort le chéquier et on s'aperçoit qu'il est beaucoup plus généreux dans les six derniers mois de campagne qu'il ne l'a été pendant les quatre ans et demi où il a été au pouvoir.

25:50
Invité

C'est une décision qui a été prise après les Gilets jaunes. C'est parfait. Ça ne date pas de ces derniers mois. Je vous emmène sur les jeunes parce que vous avez raison, c'est aussi une de vos spécificités. Avant la retraite, il y a le travail. Et vous voulez, dites-vous, inciter fortement les jeunes à entrer plus tôt dans la vie active. Est-ce que ça veut dire que vous pensez qu'ils sont trop nombreux à faire des études après le bac ?

26:10
Marine Le Pen

Ça veut dire qu'en réalité, ils n'ont pas beaucoup le choix. On est dans un système qui, depuis 40 ans, a dévalué totalement, dévalorisé totalement les filières professionnelles à la différence, par exemple, de l'Allemagne. Et on a expliqué aux jeunes qu'il fallait à tout prix que tout le monde ait un bac plus 4 ou un bac plus 5. Et on les retrouve d'ailleurs bien souvent en train de travailler chez McDo avec un bac plus 4, ce qui, évidemment, est un élément de terrifiante frustration pour eux, ce que l'on comprend, car on leur a menti, en fait.

Donc, ce que je souhaite, c'est développer précisément la possibilité pour les jeunes de pouvoir, par l'apprentissage ou par l'alternance, que je vais beaucoup mieux rémunérer, puisque j'augmente de 230 euros l'indemnisation mensuelle des alternants et des apprentis, je veux leur donner la possibilité d'entrer dans la vie professionnelle effectivement plus tôt. Et je viens leur dire par la retraite aussi, vous aurez un avantage à entrer plus tôt sur le marché du travail.

Donc, si vous voulez, ces générations entières d'étudiants qui vivent d'ailleurs dans une forme de précarité et qui sont très frustrés, très déçus parce qu'on leur a vendu une amélioration de leur capacité à entrer dans le marché du travail à l'issue d'un bac plus 3 ou d'un bac plus 4.

27:23
Invité

Mais c'est vrai, Marine Le Pen, toutes les études économiques disent le diplôme protège. Plus vous êtes diplômé, moins vous avez de chômage, moins de précarité, plus tard vous aurez des meilleurs salaires. Là, si vous dites aux jeunes

27:35
Marine Le Pen

ne faites pas tant d'études,

27:38
Invité

c'est l'ascenseur social que vous allez bloquer.

27:40
Marine Le Pen

C'est ce que vous leur avez vendu, vous les experts et les économistes, depuis 30 ans aux jeunes. D'accord ? Moi, ce que je vois, c'est qu'il y a un taux d'activité des jeunes 10 points inférieurs à la moyenne de l'OCDE. 10 points inférieurs. Et il y a quand même un problème parce qu'encore une fois, en Allemagne aussi, il y a des étudiants, il y a des jeunes qui font des études supérieures. On est d'accord avec ça. Et pourtant, nous nous sommes en France avec un problème majeur d'activité des jeunes. Et ça, ça se paye tout au long, en fait, de la vie. Cette perte de... Et y compris pour la retraite, Madame, pardon, mais ne parlons que du système actuel.

28:20
Invité

Il faudrait beaucoup mieux rentrer, avoir plus de jeunes qui travaillent et plus de seniors qui travaillent. Vous avez parfaitement raison. Je m'interrogeais simplement sur votre perception du diplôme.

28:29
Marine Le Pen

Oui, je pense que... Je pense qu'Emmanuel Macron souhaite en réalité... souhaite que les personnes âgées travaillent le plus longtemps possible. Moi, je souhaite que les jeunes travaillent le plus tôt possible.

28:39
Invité

Allez, une question. On fait les comptes. Une question, évidemment... Alors, on n'a pas encore votre chiffrage. Vous avez dit que vous allez bientôt le fournir. Mais quand même, quand on regarde tout votre programme, le compte de vos dépenses, je vais essayer de le chiffrer quand même. Les retraites, vous dites, ça va faire presque 10 milliards par an. Ça, c'est votre chiffrage. 9,6 milliards. Exactement. 10 milliards, donc. La baisse de la TVA, on l'évalue à 10 milliards. Vous avez aussi les exonérations d'impôts pour les moins de 30 ans, pas loin de 4 milliards. Les exonérations de cotisations pour les entreprises qui augmentent les salaires, 10 milliards par an.

On peut citer aussi ce que vous allez faire. Supprimer des impôts de production. Vous allez faire augmenter les budgets de la défense, de la justice. Vous allez augmenter les salaires des enseignants. Vous dites, je vais rendre leur argent aux Français, mais en regardant tout ça, on se demande combien vous laissez d'argent à la France pour fonctionner, pour faire fonctionner le modèle social.

29:23
Marine Le Pen

Non, mais vous inquiétez pas. Je vous donnerai l'intégralité de mes chiffrages. Mais vous voyez, on va prendre un exemple puisque vous avez utilisé cet exemple-là. Par exemple, je souhaite augmenter les salaires de 10%. C'est fondamental. Les salaires sont beaucoup trop bas. Et je souhaite les augmenter jusqu'à 3 fois le SMIC. Pas seulement le SMIC. Pas seulement une fois et demie le SMIC. Mais aussi en incluant le salaire des classes moyennes, c'est-à-dire jusqu'à 3 fois le SMIC. Je n'impose rien aux entreprises. Je les incite à le faire. Et pour cela, je leur dis, si vous augmentez de 10% tous les salaires de l'entreprise, eh bien, je gèlerai l'augmentation des cotisations patronales.

Mais ça, c'est pas une dépense, madame. C'est en réalité un manque à gagner. C'est un manque à gagner que je vais rattraper. Parce que moi, je voudrais que vous arrêtiez d'avoir une vision comptable. On n'est pas à l'épicerie. On est dans une économie. L'économie, c'est un organisme vivant. Si vous augmentez de 10% les salaires jusqu'à 3 fois le SMIC, vous allez avoir beaucoup plus de dépenses. C'est-à-dire que vous allez avoir beaucoup plus de richesses qui vont entrer aussi dans l'économie et qui vont faire fonctionner la consommation. Vous voyez, c'est en ayant une vision comptable d'austérité, on l'a fait ça. Ce que vous voulez faire, on l'a fait. Et ça n'a pas fonctionné.

Donc moi, je prends une autre technique que celle-là. Et je vous dis, je vais rendre leur argent aux Français et je n'augmenterai pas les impôts. Je vais même les baisser. Et ça fonctionnera. Voilà, ça fonctionnera parce qu'on va réinvestir dans des secteurs qui sont essentiels. On va réindustrialiser le pays. On va réinvestir dans des secteurs qui sont des secteurs stratégiques, des secteurs de technologie, les infrastructures, l'aménagement du territoire, les hôpitaux. Et par quoi je le fais ? Eh bien, je le fais, ces investissements-là, par le fameux fonds souverain que je veux mettre en œuvre. Donc, je ne vais pas l'épuiser dans l'argent de l'État pour le faire.

Je vais demander aux Français de devenir actionnaires de la Maison France. Je leur offrirai 2% d'intérêt, de rémunération. Donc, pour l'instant, deux fois plus que le livret A. et je viendrai leur dire, vous avez 2 500 milliards d'économies, eh bien, venez en partie, en mettre une partie dans ce fonds souverain, devenez actionnaires de la Maison France et contribuez à l'augmentation de notre richesse, de notre activité, de notre indépendance et de notre souveraineté aussi.

31:48
Présentateur

Et qu'est-ce que vous leur dites aux Français qui majoritairement sont très très inquiets par le dérèglement climatique ?

31:53
Marine Le Pen

Eh bien, je leur dis que c'est le modèle économique, en réalité, qui est en train de dérégler le climat et que le meilleur moyen de revenir à un fonctionnement qui est un fonctionnement respectueux de la planète, c'est ce que je propose, c'est-à-dire le localisme, c'est-à-dire le fait de, à chaque fois que nous le pouvons, de consommer au plus près et de retraiter sur place. Ça veut dire qu'il faut arrêter d'acheter des masques en Chine et qu'il fallait qu'on ait des filières, par exemple, de masques.

Ça veut dire qu'à chaque fois qu'on le peut, dans des secteurs qui sont des secteurs qui sont importants pour notre indépendance et notre souveraineté, il faut qu'on puisse avoir les filières en France plutôt qu'à l'étranger. Regardez notre déficit de la balance commerciale. M. le maire est très très content de lui tout le temps, mais celui-là, honnêtement, c'est quand même un record 85 milliards de déficit. Je ne l'ai pas entendu dire quoi que ce soit. Et en réalité, quand on regarde le détail, on s'aperçoit qu'on exporte de la matière première comme les pays en voie de développement. C'est la structuration d'un pays en voie de développement et qu'on importe des produits fabriqués.

Alors, est-ce qu'on ne peut pas s'interroger pour savoir est-ce qu'on ne pourrait pas recréer des filières de transformation dans notre pays plutôt que d'envoyer le bois en Chine et de les voir revenir sous forme de meubles en kit ou je ne sais quoi. Et ça, c'est l'État stratège qui peut le faire. Je veux dire, c'est cette vision d'État stratège que nous devons retrouver, cette vision d'État aménageur du territoire pour pouvoir mettre en place le rééquilibrage des territoires entre les grandes métropoles et les petites villes ou les villes moyennes qui sont aujourd'hui en situation de désertification.

33:30
Invité

Quand on vous entend dérouler votre projet, les mesures sont très sociales, les mesures se veulent très rassembleuses. La première décision que vous prenez en arrivant, c'est un référendum sur l'immigration et sur la préférence nationale. Est-ce que ce n'est pas à l'encontre, au fond, de tout le rassemblement que vous prenez pendant cette campagne ? Comment vous assumez le bras de fer avec l'Union Européenne et comment vous assumez le bras de fer avec les personnes à qui vous allez dire vous n'aurez plus droit au logement social, vous n'aurez plus droit à tel ou tel emploi parce que vous ne respectez pas les règles que j'édicte ?

34:02
Présentateur

Je précise que ça fait 35 minutes que l'émission a commencé et que Marine Le Pen n'a pas encore parlé d'immigration.

34:06
Marine Le Pen

Ce n'est pas les règles que j'édicte, c'est les règles que les Français auront décidées. Mme Friseau, moi, ce que je souhaite, il y a beaucoup de mesures sociales, vous avez raison, il y a aussi beaucoup de mesures à destination quand même des entreprises, à destination de la transmission, notamment de la transmission des outils, de l'outil de travail. C'est très important pour nos agriculteurs et évidemment pour nos entrepreneurs. Mais pour financer, et on y arrive, cela, il faut faire des économies. Donc moi, je fais des choix. La politique, ce sont des choix.

Et ce choix-là, de changer radicalement la politique d'immigration en France, je ne le fais pas seul, je vais le faire valider par les Français, par l'intermédiaire d'un référendum qui sera une réparation, une réparation de celui qui a été violé en 2005 où les Français ont dit non à la Constitution européenne et où on leur a dit vous avez dit non, et bien vous l'aurez quand même.

34:52
Présentateur

Ce n'était pas un référendum sur l'immigration.

34:53
Marine Le Pen

Non, c'était un référendum, c'était un référendum. Donc je dis, je veux soumettre à nouveau un référendum aux Français parce qu'il faut réparer cette relation entre la volonté du peuple et son respect. Ça, c'est la première chose. Deuxièmement, c'est sur l'immigration parce que ça fait 40 ans qu'on n'a pas posé la question française sur l'immigration. Or, vous le savez très bien, toutes les études le disent, ils n'en peuvent plus de l'immigration massive et dérégulée. Ils n'en veulent plus. Voilà. Ils considèrent, à juste titre d'ailleurs, qu'il y a saturation. On ne peut plus. On ne peut plus. Et même si on voulait, on ne pourrait plus.

On ne peut plus dans l'hôpital, on ne peut plus dans l'enseignement, on ne peut plus sur les services sociaux. On ne peut plus faire face à cette immigration. Dans l'hôpital, les chefs d'entreprise

35:34
Invité

vous disent aussi qu'ils ont besoin de main-d'oeuvre étrangère. Ce n'est pas exactement le bruit général.

35:38
Marine Le Pen

Oui, oui. Ils ont besoin de main-d'oeuvre étrangère.

35:40
Invité

30 000 médecins étrangers.

35:42
Marine Le Pen

Oui, mais ça, c'est à cause de l'erreur totale de nos dirigeants qui auraient dû arrêter le numerus clausus il y a 25 ans. D'accord ? Et qui ont continué à le mettre en oeuvre. Donc, on va quand même rendre à César ce qui est à César pour le coup. Très concrètement. et au logement social

35:57
Invité

et au logement étudiant en français. Comment vous faites avec ceux qui sont installés aujourd'hui dans les logements sociaux ? Vous expulsez ? Comment vous faites ? Non, non, ce sont des...

36:06
Marine Le Pen

Non, mais je veux dire clairement, ce sont des lois. Vous savez qu'elles ne sont pas normalement rétroactives sauf exception. Donc, c'est un projet de loi dans lequel il y a tout. Voilà. Il est clé en main. Je vous règle le problème de l'immigration, moi, avec un projet clé en main que les Français voteront comme ça. Personne ne pourra le contester. Dedans, il y a la suppression du droit du sol. Il y a la repénalisation de l'entrée ou du maintien illégal sur le territoire national. Il y a l'arrêt du regroupement familial. Il y a l'arrêt de l'acquisition automatique de la nationalité. Vous la mériterez, mais vous ne l'aurez pas de manière automatique. Si vous la méritez, vous l'aurez.

Mais rien ne vous permettra d'acquérir automatiquement la nationalité française. Il y a l'expulsion des délinquants et des criminels étrangers. Je pense que là, tout le monde est d'accord quand même. On ne va pas en plus assumer financièrement des gens qui sont venus accessoirement viol, assassinent, etc. Il faut quand même

36:59
Invité

que les pays les récupèrent.

37:00
Marine Le Pen

Il y a l'ensemble de... Il faut quand même

37:01
Invité

que les pays étrangers acceptent les récupérer. Oui, vous avez raison. Et puis voler et violer, c'est pas grave. Ce n'est pas parce qu'il y a un référendum qui aura lieu que les Français disent qu'il faut, que ça va fonctionner, que ça va réussir. Mais ça va réussir, moi je vous le dis,

37:11
Marine Le Pen

parce que moi j'ai l'autorité pour rappeler à ces pays tout ce qu'ils auraient à perdre s'ils ne respectaient pas le droit international qui consiste à reprendre leurs propres compatriotes. Donc, je vais effectivement dans ce référendum faire voter la priorité nationale. La priorité nationale, ça consiste en quoi ? Par exemple, pour le logement social. Ça consiste à dire qu'il y a un appartement dans un immeuble social qui est libre. Eh bien, s'il y a des demandes qui sont effectuées par des Français, elles passeront en priorité sur les demandes qui sont effectuées par les étrangers.

37:45
Invité

Vous les expulsez pas ?

37:46
Marine Le Pen

Non, je ne veux pas créer de perturbations qui soient inutiles. Et je vais même vous dire mieux, Mme François, c'est que, comme je ne veux pas que ces mesures, ce changement qui est radical, je le conçois bien, de la politique d'immigration soit inutilement mal vécue ou crée des difficultés à des familles, je dirais, voilà, il y a des nouvelles règles. Par exemple, vous ne pourrez plus toucher le RSA, vous ne pourrez plus toucher les APL si vous n'êtes pas présent depuis 5 ans, à travailler depuis 5 ans en France. si vous ne pouvez pas démontrer 5 ans d'équivalent temps plein en France.

Mais ça se mettra en place dans quelques mois, dans un an probablement, pour que chacun puisse s'adapter à la nouvelle situation. Je ne veux pas prendre les gens en traître. Comprenez ce que je veux dire ? Je veux qu'ils puissent s'organiser en sachant qu'ils ne toucheront plus les allocations familiales parce qu'elles seront réservées aux Français, qu'ils ne pourront plus toucher un certain nombre de prestations de solidarité parce que je vais les réserver également aux Français et je leur dirai la France n'est plus une terre d'immigration. La France n'est plus une terre d'immigration et ceux qui veulent venir en France doivent subvenir à leurs besoins.

Nous n'avons plus les moyens avec 10 millions de pauvres, 5,8 millions de chômeurs, nous n'avons plus les moyens de prendre en charge des gens qui viendraient en France et qui s'attendraient à ce que la population française les prenne en charge. Ça, c'est plus possible.

39:14
Invité

France Inter Question politique

39:19
Présentateur

Marine Le Pen, un peu de politique française. On est à 49 jours du premier tour de la présidentielle. La prochaine question vous est posée par quelqu'un que vous connaissez bien qui a été l'un de vos alliés et qui est aujourd'hui aux côtés d'Éric Zemmour, Paul-Marie Couteau.

39:30
Marine Le Pen

Marine Le Pen, nous nous connaissons bien. J'ai apprécié votre sincérité quand nous étions ensemble au Parlement européen. Je vous ai ensuite tendu la main vous présentant des personnalités de droite en créant un parti conservateur le sien pour faire la passerelle. Mais de l'union des droits, vous n'avez jamais voulu. Vous avez même répété souvent que vous n'étiez ni de droite ni de gauche.

Or, je crois qu'aujourd'hui, justement, le rassemblement des droits, peut-être que le prône Éric Zemmour, est non seulement plus nécessaire mais plus aisé à réaliser que jamais car nous convergeons sur plusieurs points de fond, notamment le grand remplacement, alors que la gauche paraît plus dispersée que jamais de Macron à Mélenchon en passant par Jadot et qu'on sort. Donc, ma question est simple maintenant. Est-ce que vous souhaitez l'union des droites ? Est-il venu le temps d'écrire ce programme commun des nationaux, de dresser à tout le moins une liste de 10 urgences pour redresser la France, comme je m'en pourrais le faire en ce moment, d'ailleurs, avec certains de vos soutiens ?

N'est-il pas temps de sortir du piège de Mitterrand qui a assuré en divisant les droites l'hégémonie perpétuelle de la gauche ? N'est-il pas temps en un mot de faire le nom des droites, Marine Le Pen ?

40:43
Présentateur

Alors, Marine Le Pen,

40:44
Marine Le Pen

vous pouvez répondre à Paul-Marie Couteau. D'abord, je tiens à dire que je n'ai pas de mépris d'aucune sorte pour le travail que cherche à faire Paul-Marie Couteau et d'autres qui consistent à essayer de trouver une forme de plateforme des nationaux. Bon, là, déjà, on n'est plus à droite, là. Moi, je ne crois pas à l'union des droites, je n'y ai jamais cru. Pourquoi ? Ça fait 25 ans

41:03
Invité

que j'entends parler de l'union des droites. Est-ce que ce n'est pas une erreur, notamment aussi pour l'avenir, c'est-à-dire dans l'hypothèse où vous ne seriez pas élu, ni vous, ni Éric Zemmour, d'essayer de constituer un gros pôle de droite qui soit assez large pour qu'il y ait une forme de bipartisme en France ? Mais non, mais moi,

41:18
Marine Le Pen

ça n'est pas ma mission, pardon, mais ma mission n'est pas d'unir les droites. Je me moque totalement de ce que deviendra la droite. Je me moque d'ailleurs totalement de ce que deviendra la gauche. Moi, ce qui m'importe, c'est ce que deviendra la France. C'est ça ma mission. Ma mission, c'est de rassembler tous ceux qui croient en la France. Et l'idée de commencer par exclure des gens qui viendraient de la gauche m'apparaît totalement ahurissante.

Parce qu'il y a des patriotes à gauche, il y a des gens qui croient en la France, il y a des gens qui défendent la souveraineté, il y a aussi des gens qui ont cette vision que j'ai, que j'ai toujours eu, cette sensibilité sociale, pardon, que je ne retrouve pas du tout chez quelqu'un comme Éric Zemmour. Je suis désolée de le dire, moi, le programme économique et social d'Éric Zemmour, le mépris qu'il exprime à l'égard des gens qui sont dans la difficulté ou qui sont plus vulnérables que d'autres, me fait terriblement penser à Emmanuel Macron. Terriblement penser à cette vision qui est une vision qui consiste à s'intéresser exclusivement à ceux qui en réalité n'ont pas besoin qu'on les aide.

Et comment vous expliquez ?

42:21
Invité

Juste, je voudrais comprendre, après je arrêterai, il y a 20% des électeurs de François Fillon qui se portent sur Éric Zemmour. Il y en a une grosse quarantaine, entre 40 et 50 sur Valérie Pécresse. Il y en a très très peu chez vous. Pourquoi ? Est-ce qu'il y a un truc de classe ? Est-ce qu'il y a plus des CSP+, chez Éric Zemmour et que vous avez

42:37
Marine Le Pen

la frange plus populaire ? Peut-être. Peut-être qu'il y a un phénomène comme le dirait un certain nombre de politologues, bloc élitaire, bloc populaire.

42:45
Présentateur

Jérôme Saint-Marie,

42:46
Marine Le Pen

pour ne pas le citer. Il a analysé ça et je pense que c'est une analyse qui mérite d'être regardée. Moi je suis l'avocat du peuple. Je défends le peuple parce que personne d'autre ne le défend. Les élites, pardon, mais il y a beaucoup de candidats qui défendent les élites. Valérie Pécresse, Emmanuel Macron, Éric Zemmour. Je veux dire, il y a pléthore de candidats pour défendre des gens qui en réalité n'ont pas tellement besoin d'être défendus parce qu'ils ne vont pas trop mal, merci bien.

mais il y a l'ensemble du peuple français qui lui rame, voit son pouvoir d'achat s'effondrer et confronté au chômage de masse et confronté à l'insécurité quotidienne parce qu'il y a des quartiers quand même où l'insécurité est plus lourde, plus importante que dans d'autres. Et c'est lui aussi que je considère complètement ahurissant de laisser de côté. C'est pour ça que je vous dis que moi, ce que je souhaite c'est faire le rassemblement du peuple français. Mais il y aura aussi des CSP+, il y a aussi des chefs d'entreprise dans le peuple français mais il faut qu'ils se conçoivent à appartenir au peuple français.

Il faut qu'ils n'aient pas le sentiment que leur seul intérêt les importe et qu'on peut comme je le dis souvent être heureux tout seul.

44:01
Invité

Mais elles votent encore les classes populaires ou pas ? Parce qu'effectivement c'est une grosse partie de votre socle électoral elles votent ou pas ? Encore ou pas ?

44:05
Marine Le Pen

C'est ça que je veux faire je veux les convaincre. Allez voter ! Allez voter ! Ne attendez pas l'élection faites l'élection vous peuple de France vous devez faire l'élection parce que sinon sera élu quelqu'un qui comme pendant 5 ans que nous venons de vivre là n'aura aucune considération ni pour vous en tant que français ni pour vos parcours professionnels ni pour votre patrimoine ni pour l'avenir de vos enfants.

44:34
Invité

Mais ils ne croient plus dans les politiques donc ça ne va pas suffire en fait de leur demander d'aller voter.

44:38
Marine Le Pen

Mais si, si je crois que ça ne suffira pas non bien sûr c'est la raison pour laquelle d'ailleurs j'ai décidé d'envoyer des bus partout je veux aller au plus près je veux aller les voir pour les convaincre de la nécessité absolue s'ils votent je gagne. Voilà. C'est ça que le peuple français doit comprendre et les catégories populaires mais moyennes aussi doivent comprendre que s'ils vont voter je vais gagner. S'ils ne vont pas voter c'est Emmanuel Macron qui gagnera. Vous considérez

45:03
Présentateur

qu'Emmanuel Macron n'est pas le président du peuple français ?

45:05
Marine Le Pen

Non, je crois qu'Emmanuel Macron a en réalité vous voyez au bout de 5 ans de mandat je pense qu'Emmanuel Macron a été le président des élites. Il n'a pas été le président du peuple. D'ailleurs il n'en avait pas le goût il n'en avait pas l'envie il avait pour le peuple un très grand mépris qu'il a exprimé maintes fois en maintes reprises et à chaque fois qu'il a pris des décisions qu'il considérait comme courageuses ces décisions ont consisté en réalité à avantager financièrement les gens qui n'avaient vraiment pas besoin qu'on les aide financièrement notamment en supprimant l'ISF et autres mesures.

45:40
Présentateur

On a l'impression

45:41
Invité

depuis le début de la campagne que vous êtes déjà dans une campagne de deuxième tour une campagne de rassemblement et vous êtes challengé au premier tour par quelqu'un qui risque de faire que vous n'êtes pas qualifié alors est-ce que vous allez rectifier votre stratégie ou est-ce que vous restez

45:56
Marine Le Pen

comme ça ? Ma stratégie ça consiste à défendre ce en quoi je crois donc je ne vais pas rectifier ce en quoi je crois et donc je n'ai pas de rectification de stratégie à faire ce serait quoi ?

Aller faire de la brutalité gratuite aller faire de la provocation gratuite aller pointer du doigt tel ou tel ce n'est pas ce que je souhaite faire moi je veux unir les français ils sont divisés comme jamais la société est fracturée comme jamais la France il faut la recoudre c'est ça mon objectif recoudre la France autour d'un projet qui est un projet national où chacun trouvera de quoi développer son bonheur personnel son épanouissement professionnel c'est mon rôle c'est mon rôle et je suis la seule à pouvoir avoir ce rôle là

46:41
Présentateur

prolonger la question de Françoise Fresseuse sur LCI je vous ai regardé cette semaine vous avez passé 3 heures sur LCI à répondre aux questions et vous avez dit à un moment donné évidemment quand arrivera le second tour vous êtes persuadé d'être au second tour je discuterai avec la droite nationale je discuterai avec Eric Zemmour parce qu'il y a un rassemblement possible est-ce que c'est pas un peu les magouilles politiques artes que votre camp dénonce depuis des décennies des décennies que d'imaginer vous rabibocher avec des gens qui aujourd'hui vous ont quitté

47:08
Marine Le Pen

non mais d'abord je vais pas me rabibocher avec des gens qui m'ont quitté le sujet n'est pas là à la présidentielle au premier tour on choisit au deuxième tour on écarte c'est pas moi qui ai décidé ça c'est le général de Gaulle pardon c'est lui qui a conçu le système comme ça au premier tour on choisit au deuxième tour on écarte et bien moi j'appellerais tout le monde à écarter Emmanuel Macron parce que je pense qu'encore une fois son mandat était un mandat toxique c'est un mandat qui a été fait au bénéfice d'intérêts privés d'ailleurs on le voit aujourd'hui avec l'ensemble des contrats de consultants à hauteur de 3 milliards dépensés on le voit avec la manière dont il déconstruit l'état or l'état c'est le protecteur du peuple français s'il est déconstruit demain alors on déconstruira le système de protection sociale alors on déconstruira comme souhaitait le faire François Fillon la sécurité sociale et tout ce qui fait qu'aujourd'hui le peuple français est quand même préservé de la dureté du monde de la dureté des crises par des amortisseurs donc vous comprenez que là le choix se fera Marine Le Pen ou Emmanuel Macron la nation ou le mondialisme le localisme ou le globalisme Eric Zemmour il n'existe pas en fait dans votre équation mais moi je pense qu'Eric Zemmour ne sera pas au second tour et surtout mais parce qu'il est celui qui a le moins de chances de gagner face à Emmanuel Macron le moins de chances il est aujourd'hui donné dans l'intégralité des sondages de second tour 10 points derrière moi face à Emmanuel Macron or c'était la promesse qu'il avait faite en arrivant il avait dit je suis celui qui peut le plus gagner il est celui qui peut le moins gagner moins très largement moins que moi et même moins que Valérie Pécresse qui elle-même fait moins que moi donc je viens dire aux français réfléchissez bien à qui vous allez voter au premier tour parce que du premier tour ce premier tour va déterminer évidemment le deuxième et la capacité précisément à battre Emmanuel Macron

49:04
Invité

justement le premier tour pour notre premier tour il faut avoir des parrainages je voulais savoir à combien vous en étiez et qu'est-ce que vous allez faire dans les quelques jours qui vous restent est-ce que vous allez vous-même vous déplacer comment on fait pour atteindre les 500 alors nous n'avons pas

49:17
Marine Le Pen

les parrainages c'est une situation qui démocratiquement est terrifiante est terrifiante je n'ai jamais été aussi inquiète et pourtant

49:26
Invité

vous l'êtes à chaque fois alors

49:28
Marine Le Pen

oui oui je l'ai je suis à chaque fois parce qu'à chaque fois on a des raisons de l'être mais là précisément je suis extrêmement inquiète parce que je m'aperçois que beaucoup de candidats sont dans la même situation que moi c'est-à-dire que le réservoir s'est totalement asséché pourquoi ?

parce que les maires depuis des décennies disent ce système ne fonctionne pas et que personne au pouvoir n'a voulu le changer il n'en demeure pas moins qu'aujourd'hui il me manque une cinquantaine de parrainages j'appelle tous les maires tous les maires parce qu'il y a urgence il y a 8 jours ouvrables encore pour réunir les parrainages j'appelle tous les maires qui trouveraient inouï scandaleux gravissimes que quelqu'un qui a été au second tour de l'élection présidentielle et qui peut gagner cette élection en 2022 ne puisse pas pour des raisons administratives être présente dans cette compétition électorale

50:16
Invité

mais vous avez commencé à aller les chercher trop tard mais vous n'avez pas suffisamment travaillé pour les obtenir

50:20
Marine Le Pen

comment est-ce que vous faites matériellement dites-vous alors que vous n'avez jamais cherché un parrainage de votre vie mais vous croyez quoi mais vous croyez quoi vous croyez qu'on est des amateurs

50:29
Invité

non je me dis juste que Nathalie Arthaud elle a réussi à les avoir elle les cherche depuis l'été dernier mais vous ne savez pas

50:34
Marine Le Pen

comment ça fonctionne chère madame Nathalie Arthaud expliquez-nous plus les candidats font des petits scores dans les sondages plus il est facile pour eux d'avoir des parrainages la réalité c'est que personne ne va reprocher ni LR ni le PS ni le conseil départemental ni le conseil régional ne va reprocher à un maire d'avoir donné son parrainage à Nathalie Arthaud mais évidemment mais nous aussi madame nous aussi nous les cherchons depuis septembre nous sommes sur le terrain nous n'avons cessé d'aller les chercher et c'est extrêmement compliqué aujourd'hui je crois que nous sommes un certain nombre de candidats à risquer de ne pas être présents et ça c'est un véritable scandale permettez-moi d'ailleurs de comment dire féliciter François Bayrou pour son initiative de banque des parrainages vous allez piocher dedans mais si je qui a besoin bah écoutez si je dois le faire oui je le ferai mais vous l'avez déjà sollicité je trouve que ce serait quand même un peu enfin encore une fois aberrant qu'on en soit à être obligé de sauver la démocratie mais heureusement qu'il le fait de la même manière qu'heureusement qu'il avait proposé la banque de la démocratie qui a été jetée à la poubelle par Emmanuel Macron ce problème des parrainages ça fait encore une fois des années et des années qu'on le met sur la table personne n'a voulu le changer on en vient aujourd'hui à mettre en place une banque des parrainages et c'est François Bayrou parce qu'il est attaché à la démocratie il faut lui accorder ça qui est à l'initiative de ce dispositif qui est très bien

52:06
Invité

en dehors de l'appel que vous venez de lancer et de François Bayrou matériellement vous faites quoi cet après-midi

52:12
Marine Le Pen

à partir de demain ? Là je pars pour faire une vidéo précisément pour les maires et à partir de demain matin l'ensemble du mouvement qui est déjà sur le terrain mais l'ensemble des dirigeants du mouvement seront dans les locaux pour appeler individuellement les maires dont nous pensons qu'on peut réussir à les convaincre en leur expliquant que vraiment il y a aujourd'hui un danger qui est un danger majeur

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Présentateur

Marine Le Pen il reste une minute il y a eu cette nuit encore un fait de verre terrible de chasse un accident de chasse une jeune femme de 25 ans tuée par une chasseuse involontairement bien sûr de 17 ans c'est un nouveau drame vous avez montré votre hostilité à la chasse à cour là il ne s'agit pas de la chasse à cour est-ce que vous avez évolué sur votre rapport à la chasse ?

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Marine Le Pen

Non moi ce n'est pas parce qu'il existe un accident il y en a hélas et il faut être très rigoureux sur les règles et je pense que c'est le cas d'ailleurs mais moi je considère que la chasse est une tradition ancestrale et qu'elle doit être maintenue elle doit être protégée

53:11
Présentateur

pendant les vacances scolaires pendant les week-ends

53:13
Marine Le Pen

alors il y a une vraie question c'est comment est-ce qu'on partage en fait le domaine les forêts domaniales et ça effectivement ça méritera peut-être qu'on se mette autour d'une table mais enfin si vous empêchez les chasseurs de chasser le week-end ils ne pourront pas chasser parce qu'ils travaillent quand même les chasseurs donc il faut réussir à trouver le moyen pour que les promeneurs et les chasseurs puissent en toute sécurité bénéficier profiter de notre notre domaine extraordinaire tout en encore une fois pouvant tout en pouvant aussi contribuer à la maîtrise du nombre d'animaux dans les forêts parce que si ce ne sont pas les chasseurs qui les réduisent ce nombre et bien ce sont des fonctionnaires avec des fusils bon bah je préfère que ce soit des chasseurs que des fonctionnaires avec des fusils

54:03
Présentateur

des chasseurs qui régulent donc merci beaucoup Marine Le Pen d'avoir été notre invité depuis midi en direct sur France Inter pour questions politiques merci Françoise merci Nathalie merci Karine merci Alexandra merci aussi beaucoup de merci à Jean-Philippe Ballas et Alexandre Gillardi pour la préparation de l'émission Gilles Gaillard Alexandre Chénet et Damien Sangali pour la réalisation on se retrouve dimanche prochain pour un nouveau numéro de questions politiques merci

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Locuteur

merci merci

Marine Le Pen : "Nous n'avons pas les parrainages, c'est une situation démocratiquement terrifiante" — Marine Le Pen · Pourquijevote