Macron perd les élections et dissout l'Assemblée : que faire maintenant ? | Paul Elek
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Propositif 19 %Attaque 61 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:25OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que tu vois dans ton Mar de Café ?
- 2:36OuverteRéponse directe
Dissoudre à l'été, pour quelles raisons ?
- 3:56ComplaisanteRéponse directe
Ça fait quoi de vivre dans la peau d'un oracle ?
- 6:54OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il nous apprend sur la France, sur les droites, sur les gauches, sur la Macronie ?
- 8:51RelanceRéponse directe
La victoire de la social-démocratie, c'est-à-dire de Raphaël Glucksmann, se doit d'être pondérée ?
- 12:18OuverteRéponse partielle
Où sont partis les électeurs de 2019, de Renaissance ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29PrésentateurFait
« Après avoir perdu les élections européennes, Emmanuel Macron, à la manière d'un enfant capricieux, a décidé de casser ses jouets et de dissoudre l'Assemblée nationale. »
- 0:41PrésentateurFait
« Nous retournerons donc aux urnes pour des élections législatives le 30 juin et le 7 juillet prochain. »
- 1:23PrésentateurFait
« Emmanuel Macron a décidé de dissoudre au moment où l'extrême droite est dans la meilleure position possible et alors que la gauche sort divisée des européennes. »
- 2:48InvitéFait
« Ils ont fait la démonstration qu'ils n'ont que faire, effectivement, des institutions du Parlement. »
- 4:04InvitéFait
« Et l'idée, c'était juste prendre au sérieux l'idée que c'était la gauche qui avait empêché Emmanuel Macron d'avoir une coalition. »
- 4:46InvitéChiffre
« Puisque c'est la gauche qui a fait 150 élus quand il en faut 289 pour la majorité. »
- 5:39InvitéFait
« Le Président de la République a parlé de cette gauche du désordre au Parlement. »
- 7:04InvitéChiffre
« C'est une défaite cinglante quand même du camp présidentiel qui va perdre un peu plus de 1,5 million de voix quand même. »
- 7:17InvitéChiffre
« Et une explosion du vote d'extrême droite puisqu'il gagne environ 2,5 millions de voix. »
- 8:19InvitéChiffre
« La gauche passe de 6,4 millions à 7,8 millions. »
- 8:32InvitéChiffre
« La France insoumise, passe de 1,4 à 2,4 millions de voix. »
- 9:24InvitéChiffre
« Le PS plus les Verts en 2019, c'est 4,4 millions de voix. Le total PS Europe Écologie-Les Verts en 2024, c'est 4,7. »
- 12:32InvitéChiffre
« La Macronie perd 1,5 million, un peu plus de voix. »
- 17:19InvitéChiffre
« On passe de 6,5 millions de voix à 8 millions. »
- 17:36InvitéChiffre
« On est au-dessus de 50%. Pour avoir une idée, à titre de comparaison, là, on est à 51, 52% de participation, alors qu'aux dernières législatives, on était à 47. »
- 36:01PrésentateurChiffre
« Un groupe macroniste situé entre 120 et 150 sièges. »
- 36:32PrésentateurFait
« L'union des gauches permet très fortement de contrer l'hypothèse RN majorité absolue. »
- 39:07InvitéFait
« Les Verts refusent systématiquement de comprendre qu'ils n'ont absolument aucune implantation au sein des catégories populaires qui votent à gauche. »
- 39:48InvitéFait
« Un socialiste, depuis le début du siècle, c'est quelqu'un qui baratine à gauche et qui gouverne à droite. »
- 40:40InvitéFait
« La seule organisation à gauche qui a un rapport avec les classes populaires de gauche, c'est la France insoumise. »
- 42:10InvitéFait
« Quel est le lien entre un macroniste, quelqu'un du Rassemblement National ou quelqu'un de Reconquête ? C'est qu'ils pensent tous d'une manière ou d'une autre qu'il faut organiser une pénurie dans les ressources et les droits disponibles des individus. »
- 45:10PrésentateurFait
« Le Rassemblement National progresse très fortement dans l'essentiel des circonscriptions. »
- 47:39PrésentateurFait
« 1% de plus au niveau national, ça peut signifier le basculement d'une trentaine de sièges. »
- 47:49PrésentateurChiffre
« Une gauche à 25% peut faire 150 sièges, une gauche à 30% peut faire 300 sièges. »
Temps de parole
- Invité44 %
- Présentateur27 %
- Présentateur 222 %
≈ 0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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20 jours, il reste 20 jours à la France qui assume d'être littéralement anti-fasciste pour éloigner le spectre de l'extrême droite à Matignon, donc à la tête du pays. 20 jours pour contrarier les scénarios démons du pyroman de l'Elysée qui joue au poker avec la France, mais en joue la gauche. Les frais avec l'épouvantail du Rassemblement national pour sinon la soumettre, du moins la domestiquer. Après avoir perdu les élections européennes, Emmanuel Macron, à la manière d'un enfant capricieux, a décidé de casser ses jouets et de dissoudre l'Assemblée nationale. Nous retournerons donc aux urnes pour des élections législatives le 30 juin et le 7 juillet prochain. Le média.
Votre média devra couvrir ce scrutin déterminant avec ses petits moyens pour faire face à ces dépenses imprévues. Affirmer notre différence et montrer que notre paysage audiovisuel a plus que jamais besoin d'une chaîne de télévision d'infos différentes. Nous avons besoin de vous. Nous avons besoin de vous avant notre audition par l'ARCOM avec en ligne de mire la bataille pour un canal sur la TNT alors que nous sommes face aux résultats politiques de la droitisation, voire de l'extrême droitisation des chaînes d'infos. Emmanuel Macron a décidé de dissoudre au moment où l'extrême droite est dans la meilleure position possible et alors que la gauche sort divisée des européennes.
Que faire maintenant ? Avant notre grand rendez-vous du soir, en ce lundi 10 juin 2024, nous avons voulu faire une édition spéciale avec Paul Ellec, une édition de 13h donc. Paul Ellec, notre analyste politique maison sur le plateau et Alessio Mota, consultant et chercheur spécialiste des mobilisations sociales. Également data analyst via la visio. Alessio Mota s'est joué avec les données, sorti des urnes et avec les sondages pour prévoir et anticiper ce qui ne nous fera pas de mal en cette période de grandes incertitudes. Salut à toi. Salut Alessio. Salut. Salut Paul. Salut.
Alors Paul, je commence par te féliciter parce que voilà, en décembre dernier, tu as lu dans le Mar de Café et tu as prédit l'avenir. On rigole un peu, mais on regarde. Qu'est-ce que tu vois dans ton Mar de Café ?
Moi, je ne vois pas dans le Mar de Café, mais je pense qu'il n'a pas intérêt à le faire tout de suite. Par contre, il pourrait avoir un intérêt à le faire après les européennes.
Dissoudre à l'été, pour quelles raisons ?
Oui, il y a les jeux, c'est vrai, ça pose une question, mais en fait, pareil, je veux dire, là, il a passé la séquence budgétaire, 22ème, 49-3. Ils ont fait la démonstration qu'ils n'ont que faire, effectivement, des institutions du Parlement. Premier quinquennat, chante d'enregistrement. Deuxième quinquennat, on met des claques pour que ça passe ou on utilise la police quand c'est dans la rue.
Et du coup, après les européennes, on aura sans doute, du fait des candidatures qui s'annoncent divisées à gauche, une élection qui aura ancré la division à l'intérieur, les tentatives des écologistes et des socialistes de se refaire, de corneriser la France insoumise, comme on en avait discuté la semaine dernière. Et donc, du coup, dans ce contexte-là, c'est plus intéressant pour être sûr qu'on ait une tentative d'obtenir une majorité en faisant dissoudre l'Assemblée. D'autant plus que d'ici là, il va pouvoir se sortir de cette situation où les LR font monter les enchères et le force à mendier sa majorité technique.
Alors Paul, ça fait quoi de vivre dans la peau d'un oracle, d'une pitié ? Paul le poulpe !
En vérité, c'était moins une prédiction que je pense une analyse froide des intérêts directs de la Macronie. Et l'idée, c'était juste prendre au sérieux l'idée que c'était la gauche qui avait empêché Emmanuel Macron d'avoir une coalition. C'est-à-dire qu'encore une fois, en 2017 comme en 2022, le commentariat politique s'était accordé sur l'idée qu'il y avait trois blocs. Un bloc social progressiste ou éco-socialiste, vous voyez comment vous l'appelez. Un bloc bourgeois, un bloc central et puis un bloc national réactionnaire avec l'extrême droite en dynamique. Et que l'idée, c'était qu'il fallait un départage. En 2017, c'était le résultat de l'élection.
En 2022, il y avait un peu un côté bis repetita plaquen. Et donc la question, c'était encore une fois de comment ça allait se réaligner, se réorganiser. Et là, c'était l'idée de dire qu'en fait, c'est la gauche qui a empêché Emmanuel Macron d'avoir une majorité à l'Assemblée. Puisque c'est la gauche qui a fait 150 élus quand il en faut 289 pour la majorité. Et que les macronistes n'en ont eu que 240. Et ce n'était pas tant les différentes factions de droite. Le Rassemblement National qui avait fait un super score avec 88 élus et la droite avec 61. Mais ce n'était pas eux qui avaient véritablement empêché.
Avec notamment un certain nombre de circonscriptions dans lesquelles ça s'est joué à peu entre la République en marche et la NUPES. Donc c'était l'idée de dire que si la Macronie veut prendre au sérieux l'idée d'abattre le bloc social progressiste. Qui est une véritable alternative et sociale et idéologique à son gouvernement. Et bien il fallait qu'il le fasse au moment où cet adversaire là était le plus faible. Et je remarque d'ailleurs un truc, c'est que dans la soirée et le Président de la République...
Dans la soirée d'hier.
Oui voilà, dans la soirée d'hier et le Président de la République et ses portes paroles, enfin les différents ministres etc. Ont insisté là-dessus. Le Président de la République a parlé de cette gauche du désordre au Parlement. En gros une version sauf de ce qu'il veut dire par la chienlit quoi. Et pareil, ils ont parlé de cette gauche du désordre, de cette gauche non républicaine. Et en fait on a bien vu que leur attention s'est focalisée sur leur adversaire de gauche. Et pas le score de l'extrême droite. Donc je pense que ça en dit long et c'était pas une prédiction mais prendre au sérieux le fait que l'adversaire réel du bloc bourgeois c'est la gauche. Le bloc de gauche.
Et que d'ailleurs, on va le voir, mais la question de la cohabitation, de la coopération ou des jeux d'échange qui existent entre le bloc bourgeois et le bloc national réactionnaire ou l'extrême droite s'est développé. Là on était en décembre pendant la loi immigration mais on a continué dans ce chemin. Et que c'est un enjeu d'avenir mais avec une question. Qui aura le leadership d'un nouveau bloc qui fusionnerait bloc bourgeois et bloc national réactionnaire ?
Alors on va entrer dans le dur de l'analyse maintenant après ce préambule. Alors je ne voudrais pas qu'on cède à la tentation d'aller directement commenter le séisme de la dissolution. Parce que bon, c'est peut-être aussi l'objectif de faire oublier cette défaite pour aller au combat, la défaite donc du camp Macron pour aller au combat juste après. Attardons-nous d'abord sur les leçons que nous donne le scrutin d'hier. Qu'est-ce qu'il nous apprend sur la France, sur les droites, sur les gauches, sur la Macronie ? Je te donne la parole à toi Paul et puis je vais donner la parole à Alessio tout de suite après.
Et bien écoute, comme tout le monde l'a dit, c'est une défaite cinglante quand même du camp présidentiel qui va perdre un peu plus de 1,5 million de voix quand même. En comparant aux élections européennes de 2019. Donc voilà, et une explosion du vote d'extrême droite puisqu'il gagne environ 2,5 millions de voix. Et même plus si on regarde au-delà du Rassemblement National, toute l'extrême droite coalisée. Parce que je vais regarder un peu en total de nombre de voix, mais le total d'extrême droite en 2019 c'est 6,5 millions de voix. Là on est à 9,5.
Donc en tout 3 millions de voix, en comptant les Dupont-Aignan, la liste Les Patriotes et toutes les petites listes plus reconquêtes bien sûr qui est la nouveauté de l'extrême droite présentée aux européennes. Donc ça c'est le constat le plus criant quoi. En tout cas oui, ils ont clairement gagné leur pari de faire un référendum contre Macron et en se dressant comme l'alternative. Chose qui quand même était plutôt facile dans un contexte où la Macronie s'est choisie leur Rassemblement National comme faux adversaire. Plutôt comme duo dans lesquels... Oui voilà, c'est ça. Bon, deuxième chose, il y a quand même quelque chose sur lequel je voulais insister sans vouloir être trop long.
C'est la question du total gauche. C'est-à-dire qu'on a quand même une augmentation. Alors il y a une augmentation générale du nombre de gens qui vont voter. Il y a 2 millions d'électeurs en plus en gros en moyenne. Mais il y a surtout une augmentation du total gauche. La gauche passe de 6,4 millions à 7,8 millions. Et à l'intérieur de ça, on voit que l'AFI, la France insoumise, passe de 1,4 à 2,4 millions de voix. Donc elle apporte 1 million de voix supplémentaires. Quand le bloc social-démocrate, je dirais, entre les Verts et le PS, reste assez stable, gagne un petit peu, environ 300 000 et 400 000 voix, mais reste sur un même équilibre. Il n'est pas en dynamique.
C'est-à-dire que si on prend en compte le jeu des vases communiquants entre Jadot et Glucksmann, il n'y a pas une énorme dynamique.
Disons que sans doute, il faudra regarder les études de transfert électoraux, ils ont dû récupérer sans doute peut-être une partie de ce qu'on avait appelé le vote captif sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon. C'est-à-dire une partie des gens qui avaient voté utile et qui sont très vite retournés vers le PS et Europe Écologie-Les Verts. Une partie, quoi, pour augmenter. Mais effectivement, c'est un jeu de vases communiquants qui semble s'annoncer avec une stabilité de ce total. Pour donner un exemple concret, le PS plus les Verts en 2019, c'est 4,4 millions de voix. Le total PS Europe Écologie-Les Verts en 2024, c'est 4,7. Donc vous voyez, c'est quand même une relative stabilité.
Par contre, du coup, le fait que l'apport de la France Insoumise en termes de voix à gauche augmente, fait que le rapport entre cette gauche radicale, j'ai calculé là des totaux entre FI plus Parti Communiste Français d'un côté et Parti Socialiste Europe Écologie-Les Verts de l'autre, on voit que le rapport de la gauche radicale augmente. C'est-à-dire que la part de la gauche radicale à la contribution générale à gauche augmente. Et ça, c'est peut-être le chiffre qui est un peu invisibilisé par la situation et l'inquiétude qui règne aujourd'hui, ce qui est normal.
Et qui a aussi été invisibilisé par les sondages, d'une certaine manière.
Absolument. Mais ça veut dire quelque chose quand même. C'est-à-dire qu'il ne faut pas négliger le fait que la France Insoumise apporte au sein de la gauche une capacité à discuter avec certaines catégories de la population, certains groupes sociaux. On peut penser en termes, par exemple, une partie de la jeunesse, mais également certains quartiers populaires où ils se font vraiment des scores malgré la faible participation extrêmement importante. Donc voilà, c'est une contribution qui va peser à gauche et qui doit être interrogée. Et il va falloir faire attention, puisqu'on va discuter de la suite plus tard.
Mais en termes de conséquences, il faut quand même avoir ces équilibres-là en tête avant de se lancer vers... Il faut tout changer et la social-démocratie est de retour.
Donc à ton avis, la victoire de la social-démocratie, c'est-à-dire de Raphaël Glucksmann, se doit d'être pondérée ? Il ne prend pas le leadership de la gauche ?
Parlementalement, déjà, Raphaël Glucksmann, je pense que le fait qu'il y ait la dissolution et qu'on a zappé les élections européennes fait qu'il est déjà hors-jeu. La question, c'est qu'on l'avait vu même à la présidentielle, quand Hidalgo avait fait un score ridicule, c'est le parti fort qui avait repris la main. Pareil, chez les Verts. Et là, je pense que Raphaël Glucksmann, peut-être qu'il aura des ambitions plus tard, mais je crois qu'il ne peut pas incarner la coalition de gauche qui est appelée par le camp social tout entier. C'est-à-dire que le désir d'unité avec quelqu'un qui a promu un discours anti-Nupes, etc. Oui, je pense qu'il faut la modérer.
Et puis, je rappelle encore une fois, c'est un même total du bloc social-démocrate écolo, entre 2019 et 2024. Et pour autant, malgré le score intéressant des Verts aux Européennes en 2019, malgré le score assez faible du PS, mais ce même total au présidentiel d'après, ça a fondu comme neige au soleil. Parce qu'encore une fois, c'est une question d'implantation. Et il y a des catégories sur lesquelles ils sont inexistants. Pour le dire très clairement, une partie des catégories populaires ne vote plus pour ces formations politiques qui parlent à un public, on va dire, plus socialement... Inséré.
Oui, voilà. Alors, je vais me tourner vers Alessio, mais avant ça, j'ai l'impression que je ne nous ai pas assez parlé de la Macronie et de la droite traditionnelle. Dans quelle situation elles sont aujourd'hui sur la carte électorale ?
Moi, mon avis, mais j'attends encore de regarder, c'est que la Macronie perd 1,5 million, un peu plus de voix. C'est beaucoup. C'est beaucoup. Mais c'est le fait qu'encore une fois, ce n'est plus un vote de conviction. Ça n'est plus la Macronie de 2017 qui brille par son projet de progressisme, néolibéral, son côté renouveau, la start-up nation et les étoiles dans les yeux. Ça a été un vote par défaut à la présidentielle contre le Rassemblement National. Ça a aussi également été un vote, je pense, d'intérêt de classe.
C'est-à-dire qu'on a bien vu que la stratégie de la Macronie pendant le premier quinquennat d'aller phagocyter l'électorat de droite l'a amené à aussi changer d'appui dans sa base électorale avec une augmentation de la part des personnes âgées. Et encore une fois, ce n'est pas parce que c'est une question d'âge, mais des personnes âgées insérées avec de la propriété, avec du patrimoine, avec des plus grandes propriétés sociales et qu'il y a une possibilité de voter pour ses intérêts de classe, mais pas plus. Les gens n'ont pas voté Macron avec des étoiles dans les yeux et que là, ils prennent une claque parce qu'ils ont aussi déçu...
Où sont partis les électeurs de 2019, de Renaissance ?
Il faudrait regarder. Je pense qu'une part est partie dans l'abstention, très probablement. Je n'ai pas encore eu accès à des...
Pardon ? Le 2019, en général, il y a une augmentation de la participation entre 2019 et 2024. Oui, mais je pense qu'une partie...
C'est-à-dire, il faut voir qui a participé. Encore une fois, je n'ai pas eu des études de transphère, mais il faut regarder s'il n'y a pas une partie d'abstention. Il y a peut-être une partie... Il faudrait regarder autour de Glucksmann, mais il faudrait voir peut-être le mythe de l'aile gauche macroniste, peut-être qu'il existe à ce niveau-là.
Et surtout, ça, c'est mon hypothèse, mais encore une fois, je n'ai rien pour le vérifier, c'est le fait qu'une partie des électeurs de la Macronie en 2019 sont des électeurs des Républicains, c'est-à-dire qui sont passés à un moment par l'UMP, par les Républicains, par cette droite-là, et que, potentiellement, une partie pourrait partir sur le Rassemblement National, dans le sens où, encore une fois, les transferts électoraux se font généralement de proche en proche, rarement entre des options qui sont très éloignées, mais plutôt de proche en proche, ce qui est logique, on va vers des options qui nous sont idéologiquement proches, et que le fait d'avoir transité à droite entre différents votes en fonction de ce qui était le plus utile pour maintenir ce cap et néolibéral et conservateur fait que, potentiellement, une partie d'entre eux a été attirée vers le Rassemblement National.
Encore une fois, on ne peut pas le prouver, mais j'avais vu des phénomènes similaires avec des gens qui avaient d'abord voté Dupont-Aignan en se disant, on passe de l'UMP à Dupont-Aignan parce qu'on ne peut pas voter RN, il y avait encore ce stigma, et puis, la fois d'après, qu'ils vont voter RN. Donc, il faudrait regarder si, par ces jeux de transferts et de louvoiements, il y a une possibilité d'avoir une base, quand on dit réactionnaire de droite, qui a soutenu Macron, qui a voté, mais prudence, encore une fois, il faudra regarder avec les transferts électoraux. Et la droite, un dernier mot, la droite, encore une fois, ils ne sortent pas de leur dilemme.
Ils ont passé le premier quinquennat phagocité par Emmanuel Macron qui a mené une politique de droite et qui est venu prendre son électorat. Ils ont tenté de faire un peu de la surenchère au premier quinquennat. Ça n'a pas marché. Au deuxième quinquennat, ils se sont retrouvés dépourvus. Ils sont surtout écartelés entre une partie d'entre eux qui crie, qui font des appels de pied au Rassemblement National ou, en tout cas, miment son programme et une partie de ceux qui veulent aller avec la Macronie, mais une grande partie d'entre eux sont déjà partis. C'est-à-dire ceux qui ont été aspirés, des Dati, des Eric Wirt, des Darmanis, etc.
Et je ne suis pas sûr qu'il y ait une marge encore très très forte. Donc, il faudra voir, mais peut-être qu'il pourrait y avoir une division aussi du groupe Les Républicains et chacun de son côté pour des stratégies
d'alliances différentes. Alors, Alessio, je voudrais qu'on revienne sur ces élections. Je rappelle que tu es chercheur spécialiste des mobilisations sociales. Tu es également data-analyste, donc tu as une capacité à faire parler les chiffres. Qu'est-ce qui te marque dans les résultats de ces élections européennes ? On n'a pas encore le détail des dynamiques électorales, mais on peut les anticiper, on peut les voir apparaître, notamment quand on a la science des chiffres comme toi. Alors, qu'est-ce que tu retiens de ce scrutin ?
Alors, Paul m'a un petit peu coupé l'herbe sous le pied pour certains aspects, puisqu'il a signalé effectivement que le bloc de gauche ou les blocs de gauche n'était pas spécialement affaibli. Alors, très concrètement, effectivement, la gauche, sur le plan des chiffres, sort plutôt renforcée par rapport notamment aux législatives 2022. C'est-à-dire, comme le disait Paul tout à l'heure, on passe de 6,5 millions de voix à 8 millions. Alors, avec bien sûr des éléments à prendre en compte du fait que déjà, on a quelque chose d'assez étonnant, c'est qu'on a plutôt une participation en hausse.
On se retrouve avec des européennes où la participation est plutôt élevée par rapport à ce qu'on pouvait attendre. On est au-dessus de 50%. Pour avoir une idée, à titre de comparaison, là, on est à 51, 52% de participation, alors qu'aux dernières législatives, on était à 47. Donc, tout porte à croire qu'on va avoir plus de participation aux législatives à venir pour différentes raisons, notamment des électeurs RN, mais pas seulement. On va avoir plus de participation là qu'aux législatives 2022. Donc, globalement, en tout cas, le bloc de gauche sort plutôt renforcé. Et puis, je vais expliquer pourquoi.
Il sera sans doute aussi concrètement renforcé à l'Assemblée en termes de nombre de sièges. On va parler des initiatives après. Parlons d'abord des européennes. Allez-y. Alors, sur les européennes à proprement parler, on a bien évidemment une immense progression du Front National, du Rassemblement National. Ça a déjà été dit, je ne vais pas vous l'apprendre. Avec cet effet trompe-l'œil lié à la division de la gauche. C'est-à-dire que ce matin, on a pu voir des cartes des résultats par commune où sur les sites de certains médias, c'est affiché en marron, le RN, des cartes entièrement marron parce que le RN était arrivé en tête dans la quasi-totalité des communes.
Alors, c'est bien entendu une carte en trompe-l'œil et au fait que le RN obtient un score supérieur à 30% et au fait que la gauche, finalement, est dans les mêmes ordres de grandeur mais par divisé et donc, on a un mouvement à 14%, un autre à 10%, etc. Si on faisait la même carte mais en imaginant, ça ne veut pas dire qu'électoralement ça se passe comme ça, mais si on faisait la même carte en imaginant une addition des voies de gauche, on n'aurait pas du tout cette carte entièrement marron.
On aurait beaucoup de zones rouges ou roses sur l'ensemble du territoire français et ça retranscrirait certainement mieux ce qu'est la réalité du résultat de ce scrutin, c'est-à-dire un rassemblement national en forte hausse et une gauche qui se maintient plus tôt voire augmente plus tôt. En fait, ce qu'on voit, c'est tout simplement les conséquences un peu mathématiques de l'effondrement du bloc qui soutient Emmanuel Macron. Mais en fait, on voit que le rassemblement national est en dynamique, mais elle est beaucoup plus rapide. Ils prennent 2,5 millions de voies, alors que la gauche prend 1,5 millions, 1,4 millions.
Donc, à la course vers Matignon, est-ce que justement la dynamique puissante du rassemblement national n'augure pas d'un avenir problématique ? Alors, il est évident qu'on est dans une situation où le rassemblement national part avec un avantage. Du coup, je pars sur les législatives ? Non, on reste sur les européennes. Mais en tout cas, plusieurs possibilités se profilent et c'est vraiment une illusion d'optique que de croire que la gauche vient de s'effondrer. Il y a un bloc qui s'est effondré, c'est le bloc central ou de centre-droit constitué autour d'Emmanuel Macron. C'est ça le résultat central de ces européennes.
Pour le reste, on a plutôt des résultats attendus avec une France insoumise qui est légèrement au-dessus de ce qui avait été imaginé par les sondeurs. Pas de surprise majeure et d'ailleurs, il n'y a pas de surprise majeure dans la chute du bloc macronisme mais c'est vraiment ça le fait majeur qui à la fois va donner beaucoup de voix à l'extrême droite et qui fait qu'on arrive à ces résultats à plus de 30%, près de 40% si on additionne les différents candidats, les différentes listes. Mais du coup, finalement, on va plutôt, même si ça ne se voit pas médiatiquement, renforcer un nombre de voix les gauches.
Alors, on va aller directement à l'avenir au législatif parce que toute la discussion, toute autre discussion tend vers ça. Donc, on va parler du coup de tonnerre de la dissolution annoncée hier aux alentours de 20 heures par Emmanuel Macron. J'ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote. Je dissous donc ce soir l'Assemblée nationale. Je signerai dans quelques instants le décret de convocation des élections législatives qui se tiendront le 30 juin pour le premier tour et le 7 juillet pour le second. Alors, la question que je vais vous poser à tous les deux en commençant par toi, Paul, qu'est-ce qui se passe dans la tête de notre bien-aimé président ? Moi,
je persiste et signe avec ce que j'ai dit en décembre. Je pense que son adversaire, c'est le bloc populaire de gauche, que c'est le seul bloc qui est en capacité de lui empêcher une véritable majorité à l'Assemblée dans la situation actuelle et que, deuxièmement, c'est une question aussi de choix pour conserver, enfin, de choix pour la bourgeoisie pour se conserver au pouvoir. Dans le sens où quoi ?
Si on passe d'une situation ou de trois blocs, on passe à deux blocs, ce qui est sûr, c'est que le bloc national réactionnaire, pour l'instant, qui protégera les intérêts de la bourgeoisie dans le sens où il y a un consensus entre toutes les formes de droite sur une vision très néolibérale de l'économie, etc. Par contre, la bourgeoisie n'est pas sûre d'avoir son leadership, c'est-à-dire d'avoir sa direction.
Et il est plus intéressant pour Emmanuel Macron de se positionner comme le rempart face au Rassemblement national en cornerisant la gauche, c'est-à-dire, un, en la divisant ou en tentant de faire en sorte qu'elle soit divisée s'il n'y a pas d'accord pour ses législatives et, deuxièmement, avec cette idée de redécouper ce qu'il appelle l'arc républicain mais de venir essayer de diviser, d'essayer d'aller trouver des socialistes ou des dissidents des types de Delga, des cases neuves, etc., pour essayer d'avoir, encore une fois, une position dans laquelle, en gros, il peut faire semblant d'être progressiste tout en mêlant une politique réactionnaire.
Ce que je veux dire, c'est qu'on l'avait bien vu, rappelez-vous de tous ces Clément Bonn et autres gens qui, pendant la loi immigration, protestaient mais finalement avec peu d'effet. il y en a un qui a démissionné, c'était Orinel Rousseau et les autres n'ont rien fait. En fait, il faut comprendre que cet électorat et surtout ces représentants d'intérêts de la bourgeoisie cultivée qui sont des néolibéraux convaincus, ils sont piégés.
C'est les gens qui ne sont pas assez de gauche pour pouvoir rejoindre l'aventure du black social progressiste qui est une alliance avec les Français insoumise et avec une partie de la gauche traditionnelle et ils sont frileux pour la plupart d'entre eux pour aller avec l'extrême droite et donc du coup, essayez de rejouer cette carte-là. Mais c'est la carte
de la grosse coalition en Allemagne, c'est-à-dire le parti social-démocrate qui a gouverné avec le parti chrétien-démocrate mais ça voudrait dire qu'en réalité, en parlant d'arc républicain, il y aurait finalement un seul camp, ce bloc, cette grosse coalition qui serait la seule susceptible de gouverner et le reste, ce serait anti-républicain mais ça veut dire que quelque part, on se prépare en réalité à soit une sorte de glaciation antidémocratique, une sorte de bloc central autoritaire qui estime que le bon sens fait qu'il n'y faut pas qu'il y ait la moindre alternance dans ce système ou alors une alternance et une banalisation de l'extrême droite mise sur le même plan que...
Je sais pas, hier tu tweetais
avec humour c'est soit RN soit en gros l'UMPS que veut nous proposer Macron. L'UMPS, c'est la fameuse expression de Jean-Marie Le Pen. Oui, oui, absolument, mais enfin, de nouveau, encore une fois, on essaye de maintenir ce bloc central sur la base d'un appui dans le social-libéralisme, c'est-à-dire des gens qui en fait revendiquent leur progressisme mais ne sont pas véritablement de gauche et de l'autre côté de phagociter la droite, d'abord la droite libérale, on avait vu dès le premier quinquennat la disparition de l'UDI et d'un certain nombre de factions centristes et puis en plus au fur et à mesure de manger la droite.
Le problème, c'est que c'est risqué en fait, c'est ça le truc, c'est que un, c'est risqué pour lui parce que rien n'est sûr quant à ça et je pense que c'est encore une fois l'option qui est privilégiée pour le moment avec des gens qui appellent à des coalitions avec l'LR, avec les constructifs, etc. parce qu'ils ont peur d'être dans une situation où une union des droites réactionnaire l'emporterait et deuxièmement, il ne faut pas encore enterrer la gauche avant l'élection c'est-à-dire que selon qu'il y a un accord ou non, la possibilité avec une augmentation de la participation législative, une bonne campagne et une union d'avoir un maintien ou en tout cas du nombre d'élus, etc.
Je ne sais pas, je pense qu'Alessio en parlera beaucoup mieux que moi mais c'est une possibilité
aussi. Alessio, on parlera, on en parlera après avoir écouté un certain nombre de réactions mais disons rapidement, Emmanuel Macron, il a des tablettes politiques comme toi Alessio, il a des spécialistes des sondages et des datas, qu'est-ce qui s'est passé dans sa tête pour qu'il fasse cette dissolution au moment où il est très affaibli et où la gauche est divisée ? Je ne suis pas dans sa tête donc je ne peux pas vraiment répondre.
La seule certitude c'est qu'Emmanuel Macron ne voit pas comme quelque chose de terrifiant le fait que l'extrême droite arrive au pouvoir parce que à moins qu'il y ait quelque chose de totalement imprévisible, je ne dis pas du tout que cette arrivée au pouvoir est écrite mais c'est quand même l'option, le risque le plus présent, l'option la plus probable en faisant cette dissolution à ce moment-là et en regardant les données de près, sans certitude, ça reste l'option la plus probable.
Donc la seule chose qu'on peut dire que ce soit une espèce de façon de marquer son pouvoir, son originalité ou de se débarrasser de l'hypothèse extrême droite pour 2027, quelle que soit l'hypothèse, la seule chose qu'on peut dire c'est que Macron le fait en sachant très bien qu'il y a un risque très important que l'extrême droite devienne majoritaire et donc ça veut dire a priori que pour lui ce n'est pas quelque chose qui est pas grave. Dans son logiciel, ce n'est pas infamant que d'être le président par lequel en gros le Jean-Baptiste de l'extrême droite, celui qui annonce l'extrême droite, celui par qui l'extrême droite arrive, ça ne le dérange pas.
Peut-être qu'il se verra ou qu'il se présentera en résistant, en refusant de signer certains décrets ou on peut imaginer tout et n'importe quoi. Mais oui, en tout cas, ce n'est pas quelque chose qui a l'air de poser problème puisque, comme le disait Paul tout à l'heure, c'est un moment où la gauche est extrêmement faible, c'est un moment où son propre camp est arrivé à un niveau de faiblesse assez étonnant aussi. Donc, forcément, il envisage cette possibilité. Ou alors, il aime bien jouer avec les allumettes. Alors, je voudrais qu'on fasse...
Personne ne fait jamais le bilan de l'augmentée de l'extrême droite. Je rappelle qu'après le quinquennat socialiste, on a déjà une augmentation importante de la part de l'extrême droite au deuxième tour de la présidentielle, etc. Et en fait, c'est ça le problème, c'est qu'il va falloir aussi qu'on pose la question politique de quelles sont les options et les stratégies avancées par le camp social progressiste pour pouvoir lutter efficacement contre l'extrême droite. Et pour moi, c'est aussi ça un des enjeux de la suite.
C'est-à-dire qu'entre le débat qui divise à gauche avec ceux qui ont la tentation de parler aux fâchés mais pas fâchaux, j'ai vu les annonces un peu dans ce que peut des fois dire Ruffin, mais ce qu'a dit très clairement Léon Defontaine, le candidat du Parti communiste assez malheureux d'hier, qui a dit je vais continuer à leur parler et de l'autre côté une stratégie qui dit ah non, en fait, il faut aussi prendre au sérieux une stratégie efficace et une proposition efficace et que la xénophobie n'est pas c'est-à-dire c'est quelque chose d'ancré, c'est pas simplement un vote de protestation.
Bref, ça, ça va être un des enjeux et donc du coup entre la question de l'unité plus la question de ce débat, il va falloir poser la question de quelle est la stratégie qui permet de faire reculer politiquement en dehors de la question des chiffres et je pense que c'est ça qui est pour l'instant en suspens et dans les enjeux qui arrivent, d'autant plus que c'est ce qu'on disait, c'est que si Emmanuel Macron veut se la jouer résistant, plus l'extrême droite sera forte en face, plus il va pouvoir se donner
de belles couleurs. Alors, je voudrais qu'on fasse un peu le point sur les réactions à cette dissolution. D'abord à gauche, on commence avec le François Ruffin d'hier et son « On a un taré à la tête de l'État ».
Écoutez, on a un taré à la tête de l'État, là. C'est un pyroman de la République et moi, ça ne me fait pas peur de remettre mon mandat en jeu. Il n'y a pas de soucis, on va y retourner. Mais là, ce qui va se passer, c'est que qu'est-ce qui reste face au Rassemblement National ? Les macronistes vont se prendre une deuxième raclée. C'est tout. Donc, il ne nous reste que la gauche. Il ne reste que la gauche pour pouvoir faire front au Rassemblement National. Et je le dis dans ce moment, je le dis avec gravité, avec responsabilité, il nous faut une gauche unie. Il faut arrêter les conneries.
Jean-Luc Mélenchon a fait hier à la fois de la sociologie et de la politique et évoqué la nouvelle France qui doit se mobiliser, une nouvelle France créolisée. Le magnéto de Jean-Luc Mélenchon n'est pas... Je ne sais pas s'il est disponible, en tout cas, on pourra le retrouver du côté des socialistes. Raphaël Glucksmann ne s'est pas montré très enthousiaste à l'idée d'une upesse nouvelle formule.
Est-ce que vous appelez ce soir officiellement et solennellement toute la gauche, et j'ai bien dit toute la gauche, à faire front commun et à faire barrage au Rassemblement National ? Vous savez, on a fait dans cette campagne quelque chose qui s'appelle placer la clarté et la sincérité au-dessus de tout. Et donc, c'est le fond qui décide. C'est aussi la méthode, le rapport à la brutalité en politique. C'est aussi le rapport à la sincérité et à l'apaisement de la société qui décide.
Et donc, nous, ce que nous faisons, c'est que nous appelons les électrices et les électeurs, les citoyennes et les citoyens, les politiques aussi, qui se reconnaissent dans le cap qu'on a tracé, à se rassembler pour pouvoir proposer une alternative sociale, écologique, démocratique et pro-européenne à l'extrême droite et au recul nationalisme. Ce qui est très clair, Raphaël Glucksmann, quand on vous écoute, on comprend bien dans la description que vous faites de la liste des valeurs auxquelles vous appelez les uns et les autres à se rallier que la France insoumise n'en fait pas partie. Écoutez, moi, j'ai toujours été extrêmement clair.
Je me suis engagé en politique pour servir des idées, pour servir des principes qui sont constitutifs de nos démocraties, de nos sociétés ouvertes. Et donc, ce que je dis me semble cristallin, clair. Ce que je dis, c'est simple. On a fixé un cap. On a fixé aussi une méthode.
Alors, pendant ce temps, à l'extrême droite, on se montre confiant, presque victorieux à l'avance.
La majorité, pour que Jordan Bardella devienne le Premier ministre de la France ? Absolue. Avec le plus de députés possible, oui, bien sûr. Parce que nous avons compris le signal que nous avaient envoyé les Français. Ils ont dit qu'ils voulaient changer de politique, que clairement, ils voulaient qu'on règle la question migratoire, la question de l'insécurité, que l'on redonne du pouvoir d'achat aux Français, que les zones rurales ne soient plus isolées, que nos agriculteurs soient enfin entendus. Et puis, ils nous ont clairement mis en tête avec Jordan Bardella. Et puis, il y a eu cette dissolution que nous demandions depuis le début.
Combien de colibés nous avons reçus sur certains plateaux en disant « Oh, mais c'est impossible, vous ne l'aurez jamais ». On l'a eu. Et donc, cette marche, cette progression, elle est logique. Et comme nous avons la confiance des Français, comme ils ne veulent plus de la politique d'Emmanuel Macron, la suite logique, c'est que nous exercions le pouvoir. Mais votre absolu ou relatif, vous ne répondez pas ? Nous visons absolu, bien sûr. Vous visez la majorité absolue. Mais on part aux élections pour gagner. Vous visez, votre objectif, c'est de pouvoir gouverner seul. On part aux élections pour gagner. Ça ne veut pas dire qu'on gouvernera seul, d'ailleurs.
Et Marine Le Pen l'a toujours dit, notre mouvement a vocation à travailler avec tous ceux qui aiment sincèrement la France.
Alors, une fois toutes ces déclarations entendues, la question qui se pose est « Et maintenant ». Alessio Mota, tu n'as pas de marque de café, contrairement à Paul Elec, mais plein de data et d'algorithmes. Et tu fais des projections électorales sur la base d'hypothèses. Que te disent les hypothèses que tu moulines dans tes robots depuis hier soir ? Alors, d'abord, je n'ai pas pu faire quelque chose à la hauteur des ambitions que j'avais, puisque je travaillais sur le fait de proposer un modèle encore beaucoup plus transparent et libre d'utilisation pour chacun que ce que j'avais fait en 2022. sauf que je préparais ça pendant trois ans, tranquillement.
Et la surprise fait que, voilà, donc j'ai en gros utilisé les matrices que j'avais commencé à remettre à jour pour projeter ce que ça donnerait si on répartissait les votes dans les différentes circonscriptions à la façon dont ça s'est fait en 2022 aux législatives, mais en redressant ça sur la base de ce qu'ont été les résultats des européennes. Et on a des résultats, bien entendu, qui vont varier énormément selon les hypothèses et les deux principales hypothèses que j'ai testées, peut-être que vous avez l'illustration en plateau, je ne sais pas. Je pense qu'on a l'illustration. Une union des gauches ou gauches séparées. Voilà.
Et en cas d'union de gauches séparées, on part vers un risque très fort que le RN obtienne effectivement une majorité absolue ou un score pas très loin de la majorité absolue en nombre de sièges. En gros, quelque chose qui serait situé entre 250 et 300 sièges. Un groupe macroniste situé entre 120 et 150 sièges. Et un ensemble de gauches dont on pourra voir la répartition peut-être sur l'écran, mais qui, en gros, est de l'ordre de la centaine de sièges. Par contre, dans le scénario d'une gauche qui part unie, là, on a un RN qui serait plutôt un peu au-dessus de 200 ou 240 sièges.
Et puis, une gauche qui serait autour des 200 sièges aussi avec un bloc ensemble Renaissance qui serait vraiment réduit et qui tomberait sous la centaine de sièges. Donc, c'est des différences très importantes. Bien entendu, ce n'est pas des prédictions et tout ça ne dit pas comment se déroulera la campagne et quel sera l'effet de la campagne. J'y reviendrai après, c'est très important. Mais déjà, ça montre un point extrêmement important, c'est que la stratégie qui sera choisie et prise en charge par la gauche déterminera si on laisse ou non la possibilité au RN d'obtenir la majorité absolue. En gros, l'union des gauches permet très fortement de contrer l'hypothèse RN majorité absolue.
Donc, si on ne veut pas que le RN gouverne et a fortiori gouverne seul, les représentants de gauche ont globalement les cartes en main. Alors, c'est une énorme responsabilité si on se fie à tes projections qui sont assez bonnes, c'est-à-dire que, par exemple, on se rappelle que lors des législatifs de 2022, tu étais une des premières personnes à dire que la gauche avait une carte à jouer, là où on pensait qu'elle allait un peu répéter les scénarios de 2017. Donc, ayant entendu ces analyses-là à l'essure, je me tourne vers Paul. Paul, tu as écrit un article dans la revue Position en janvier dernier dont le titre est « L'arc créationnaire.
Quelques thèses à propos de la crise politique en 2024. Un article qui n'est plus que jamais d'actualité. »
Oui, je pense que l'idée de cet article c'était d'essayer de comprendre encore une fois que derrière les blocs électoraux, ce qui est intéressant dans les blocs électoraux, c'est que c'est une illustration imparfaite des blocs politiques et idéologiques qui sont dans la société et qu'on arrive à comprendre les grands mouvements de fond de la politique intérieure, des politiques qui sont mises en place, typiquement, ce que je disais sur la réorganisation électorale de la base macroniste.
Encore une fois, Emmanuel Macron, il a fatigué tout le monde, il a un bilan catastrophique, mais en termes de réorganisation d'un électorat, c'est quand même, enfin, je ne sais pas ce qu'en pense à l'essure, mais c'est quand même assez efficace, son travail, quoi. Il a été en capacité de grossir, d'attraper la droite. Et bref, l'idée, c'est de dire là, effectivement, probablement, ce que d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon disait en 2012, à la fin, ça sera nous contre eux, c'est-à-dire potentiellement le bloc de gauche contre le bloc, comment dire, national et actionnaire, avec encore une fois cette idée de où va aller le bloc central. Est-ce qu'il va complètement exploser ?
Est-ce qu'il va céder à une alliance tactique avec la droite pour se sauver ? Est-ce qu'il va accepter pour certains d'entre eux une alliance avec la extraite droite ? Et pour moi, la question, c'est plutôt du coup, la question centrale, ça va être, OK, si le bloc de gauche est la seule alternative, une union est nécessaire, a priori, dans ces projections-là, on le voit bien, pour pouvoir empêcher le Rassemblement National d'avoir une majorité, mais c'est sur quelle base ? Et moi, ce qui m'inquiète, c'est dans les réactions qu'on a vues hier, c'est qu'encore une fois, aucune leçon n'a été tirée par un certain nombre d'acteurs.
Je rappelle que si on arrive aux élections européennes divisées, c'est pourquoi ? C'est que les Verts refusent systématiquement de comprendre qu'ils n'ont absolument aucune implantation au sein des catégories populaires qui votent à gauche. OK ? Ils sont arrivés, ils ont fait 13 et quelques la dernière fois, 13,48, et à la présidentielle, l'EPS plus les Verts en 2017, c'était 6%. Aux européennes, ils se voient pousser les ailes, la fois d'après, qu'est-ce qui se passe ? Le même bloc. Yannick Jadot qui fait moins de 5%, à Hidalgo, on n'en parle même pas parce qu'il n'y a rien à dire. Donc, si on est sur cette optique, si on regarde ce que dit Raphaël Glucksmann, c'est dangereux.
Encore une fois, les gens comme Raphaël Glucksmann n'ont jamais été une solution à gauche. Ils ont toujours été le problème. Des gens qui ne fixent pas leur bilan, qui, je rappelle, quand on était au pouvoir, ont mené une politique de droite, parce qu'un socialiste, depuis le début du siècle, c'est quelqu'un qui baratine à gauche et qui gouverne à droite. Tous les gouvernements socialistes l'ont montré à l'expression peut-être de 2-3 parenthèses de 2-3 ans, entre 80-83, peut-être un peu au Front Populaire et c'était une autre période. Bref, et donc du coup, le problème pour moi, ça veut dire mais quelle va être la stratégie ?
Bien sûr que tout le monde, Olivier Faure disait hier le rapport de force a un peu changé, il va falloir le prendre en compte. Tout le monde va devoir mettre de l'eau dans ce vin.
Mais ce que tu as analysé, en fait, le rapport de force n'a pas énormément changé. C'est-à-dire qu'il faut juste s'amuser à comparer la présidentielle et les européennes pour conclure que le rapport de force a changé.
Mais non, mais ce que je veux dire, c'est qu'en gros, moi ce que je dis dans cet article, c'est qu'il ne faudra pas recommencer à faire semblant de découvrir que la seule organisation à gauche qui a un rapport avec les classes populaires de gauche, c'est la France insoumise. Encore une fois, moi je ne dis pas que c'est une relation extrêmement forte. Je dis qu'elle est principalement discursive et électorale. Mais qu'entre pas de rapport, pas de relation avec ces classes-là qui quand même représentent numériquement et potentiellement en termes de vote une part importante et rien, il va falloir faire attention. Et encore une fois, c'est un doux équilibre.
Le problème du bloc de gauche, c'est son instabilité. Son instabilité de cette alliance entre une partie des classes populaires et une partie des classes intermédiaires plutôt que moyennes et que dans cette instabilité-là, moi je vois le duel à gauche très clairement entre les paroles de ces classes intermédiaires qui sont réduits à peau de chagrin mais du coup qui n'ont rien à perdre à être opportunistes, à vouloir tenter les européennes et finir à 5,5% pour Marie Toussaint parce que c'est Glucksmann qui a été le réceptacle de ces gens-là. Le Jadot de cette année. Voilà.
Et je pense que l'équilibre entre les forces de gauche si elle est dans une mise en danger à la fois de l'appel à ces classes populaires qui, encore une fois, ce n'est pas un fétichisme en soi des classes populaires, c'est juste que ces personnes-là, elles ont le plus grand intérêt au changement. Elles sont dans des conditions sociales dans lesquelles elles n'ont pas le temps d'attendre.
Elles n'ont pas les moyens d'avoir l'extrême droite au pouvoir parce qu'en plus, une grande partie d'entre elles, ce sont aussi les gens qui sont victimes des discriminations racistes que le Rassemblement National leur fera subir et également des politiques antisociales qui, encore une fois, font l'unité idéologique. Quel est le lien entre un macroniste, quelqu'un du Rassemblement National ou quelqu'un de reconquête ? C'est qu'ils pensent tous d'une manière ou d'une autre qu'il faut organiser une pénurie dans les ressources et les droits disponibles des individus et que la Macronie a cédé à l'extrême droite sur ça.
S'il faut sacrifier quelqu'un, tant qu'à faire, commençons par sacrifier les étrangers. Et cet accord-là entre toutes les nuances de droite fait qu'ils ont une possibilité de réorganisation. C'est ça que j'appelle l'arc réactionnaire. C'est l'alignement idéologique et politique de l'ensemble des nuances de droite à l'intérieur du bloc bourgeois et du bloc national réactionnaire. Et je dis que la dynamique de convergence est engagée. Et donc, c'est pour ça que la possibilité d'une dynamique de convergence à gauche est nécessaire, mais ça ne peut pas être... Il va falloir... Ça ne peut pas être...
Peut-être à court terme, ça peut être une répétition du périmètre de l'accord NUPES, mais que si on chamboule tout à l'intérieur en si peu de temps, ça va être un danger. Et encore une fois, attention. Attention à ces parties de gauche qui caracolent aujourd'hui, mais n'ont jamais fait le bilan et de leur pratique du pouvoir et des résultats qu'ils ont amenés dans le rapport
de la gauche à ces électeurs. Alors, tu as beaucoup parlé de l'électorat populaire, des quartiers populaires. Avant de donner la parole à Aléjou Mouta, je voudrais qu'on regarde les propos d'un jeune issu des quartiers populaires qui ont été filmés par Romain Moriconi hier, lors des manifestations de colère et de résistance suite à ce qu'on a connu.
Franchement, en tant que Français d'origine maghrébine, franchement, je sens que... je me sens vraiment concerné par ce qui se passe parce que, voilà, je suis Français et j'incarne les valeurs de la France au quotidien. Donc, il faut que je me mobilise, il faut que je me donne à fond. Donc, voilà, c'est vraiment dans ce sens-là comment je me sens. Après, voilà, comme un tout jeune Français, l'avenir n'est pas sûr. Il n'y a pas la sérénité et la paix dans le monde. Notre avenir, en plus, nous, on n'est pas certain avec la réforme des retraites, avec pas mal d'événements qui se sont passés.
Donc, là, justement, il faut qu'on se mobilise, nous, les jeunes, il faut qu'on démontre notre voix qu'on n'est pas contents du mécontentement de Macron, tout simplement, et de montrer, justement, les valeurs qu'on incarne et de se mobiliser pour faire changer les choses.
Alors, je reviens vers toi, Alessio, tu évoquais les hypothèses, donc, victorieuses ou des hypothèses calamiteuses et donc, en ayant les yeux sur les chiffres, tu as des, disons, pas des préconisations, mais en tout cas, comme un consultant, tu peux dire quelles sont les bonnes et les mauvaises idées que la gauche pourrait y avoir dans les jours et les heures, les jours et les semaines qui viennent. Est-ce que tu peux nous en dire ? essayer de remplir cette mission-là, en tout cas ici, pour résumer un peu les choses en approfondissant.
Donc, la situation, si on envisage ce que peuvent être les législatives à venir, c'est que le Rassemblement National progresse très fortement dans l'essentiel des circonscriptions, que la gauche maintient son niveau des législatives 2022, on disait, avec environ 8 millions de voix, et surtout, maintient des très bons scores dans les circonscriptions sur lesquelles elle a des élus. Et l'essentiel, en fait, je parlais tout à l'heure de ce trompe-l'œil qui est lié au fait que le RN est très fort et que la gauche est partie séparée en plusieurs unités.
derrière ça, la réalité, c'est que l'essentiel des sièges de députés de gauche à l'Assemblée Nationale ne sont pas spécialement menacés aujourd'hui. Le plus probable est que la grande majorité des sièges de gauche, s'il y a une union, s'il y a quelque chose qui se passe, a organisé correctement. Mais il faut qu'il y ait une union, parce qu'il faut arriver au deuxième tour. C'est ça l'enjeu. Seront maintenus. On a toutes les chances d'avoir une gauche qui aura à peu près les mêmes sièges, plus davantage de sièges.
Ce qui va se jouer dans trois semaines, dans trois et quatre semaines, s'il y a une union des gauches, c'est en réalité le partage des sièges actuellement détenus par le camp d'Emmanuel Macron. C'est ce partage qui est l'essentiel de la carte électorale. Il y a des chances que si on repose les sièges, les circonscriptions RN et les circonscriptions de gauche dessus, on va les retrouver à peu près. ce qui est en jeu, c'est ce grand partage des 250 sièges de la découille du macronisme. Un peu. Alors, pas un partage complet parce qu'elle ne va pas s'effondrer totalement. Il y aura sans doute une centaine de sièges au moins qui vont rester.
Mais effectivement, on parle d'un partage peut-être de la moitié du patrimoine en siège dont dispose actuellement Macron. c'est un partage qui va se jouer serré. Il y a un gros avantage apparemment pour le moment pour le Rassemblement National, à la fois parce qu'ils sont forts, parce que médiatiquement, ils sont très présents, ils ont une place de plus en plus acceptée médiatiquement, parce qu'ils ont des réserves de voix pour qu'ils s'incarnent au niveau des européennes dans les personnes qui ont voté pour Reconquête, pour les autres listes d'extrême droite dont parlait Paul tout à l'heure.
mais il n'y a aucune certitude et il ne faut pas perdre de vue quelque chose, c'est qu'une législative avec le système majoritaire qu'on a en France, c'est très imprévisible. 1% de plus au niveau national, ça peut signifier le basculement d'une trentaine de sièges. Une gauche à 25% peut faire 150 sièges, une gauche à 30% peut faire 300 sièges. Enfin, 300, ça va être limite, ça va être 30%. Mais pour vous donner un ordre d'idée, on a des basculements de 1 point qui peuvent conduire à des plus-moins 30 sièges. C'est assez important. Donc, c'est quelque chose qui est assez limite, difficile à prévoir.
Donc, même si j'essaye de donner des évaluations sur certaines hypothèses, d'autant qu'il y a des inconnus. Est-ce qu'Emmanuel Macron a d'autres tours dans son chapeau ? Est-ce qu'il va y avoir une alliance effectivement visible avec une partie DLR ? Est-ce qu'il va y avoir au contraire des signaux ? Ça ne veut pas dire une alliance, mais des signaux de sympathie entre une partie DLR et le RN. Vous voyez l'idée ? Le RN qui annonce qu'il ne mettra pas de bâton dans les roues à tel, tel, tel et tel candidat LR.
Ça, option tout à fait vraisemblable qui permettrait au LR de maintenir des sièges et donc d'accepter plus facilement de gouverner avec un RN qui peut-être n'aurait pas la majorité absolue. Pour ce qui est des stratégies à gauche, d'abord, tout à l'heure, on parlait des différentes hypothèses de personnes qui peuvent être mises, on va dire, un peu en figure de proue. On parlait de Glucksmann tout à l'heure. J'ai du mal à croire que Glucksmann puisse partir là-dessus, déjà parce que, quoi qu'on pense de lui, c'est quelqu'un de très ancré dans son engagement européen.
Et puis, il serait bien, et je pense que c'est quelque chose qui sera un peu pris en compte, déjà que le tête de liste du RN qui est arrivé premier ne va pas souvent au Parlement européen, n'a manifestement aucune intention d'y retourner. Ce serait bien qu'il y ait une partie des députés européens qu'on a élus en France qui se rendent au Parlement, ne serait-ce que par respect pour l'institution.
Et enfin, là, on va se poser maintenant, et on peut en parler dans les minutes qui suivent, la question de est-ce que la gauche unie doit mettre en avant une figure de proue, une tête de gondole qui va permettre de rassembler, d'identifier un peu mieux pour les électeurs et les électrices qui pourraient être premiers ministres. Et là, il y a un enjeu énorme parce que, bien entendu, tous les partis essayent un peu de ramener la couverture vers eux. Et plusieurs personnalités sont envisageables. Et c'est un débat important parce que, selon la personne qu'on met en tête, on aura des variations de plusieurs points. Telle personne, tel candidat apportera quelques points de plus ou de moins.
Et c'est un enjeu, actuellement, qui doit être au cœur des discussions parce que le programme, c'est important, les valeurs partagées, c'est important. Mais le fait de faire basculer le RN majoritaire ou non, le fait éventuellement d'avoir une gauche qui puisse prétendre à s'approcher de la majorité, ça va se jouer sur quelques points. Et ces quelques points, ils vont dépendre principalement de comment se présente l'Union et comment elle se présente. C'est aussi derrière quel visage elle se présente. Justement, a priori, ce sera l'enjeu des heures et des jours à venir.
On va revenir dessus dans les heures et les jours à venir pour ne pas influencer d'une manière ou d'une autre les discussions. Mais en gros, il y a l'hypothèse François Ruffin, l'hypothèse Jean-Luc Mélenchon, l'hypothèse PS, Jean-Olivier Faure, etc. Ou alors l'hypothèse pas de tête de gondole du tout. C'est-à-dire, la mobilisation avait eu lieu en 2022 sur l'hypothèse Mélenchon, Premier ministre. Et aujourd'hui, je ne sais pas si elle est tout aussi fonctionnelle qu'en 2022 avec la guerre en Ukraine, avec le conflit israélo-palestinien, avec les querelles et puis aussi la diabolisation de Jean-Luc Mélenchon. On ne va pas s'éterniser là-dessus parce que bientôt on devra rendre l'antenne.
Mais je me tourne vers toi Paul.
Un petit mot quand même. Encore une fois, je pense qu'il faut prendre au sérieux le fait que le bloc social-démocrate-écolos d'une part et le bloc autour de la France insoumise du Parti communiste d'autre part représentent des stratégies différentes. Et en tout cas, ce qui est très clair, c'est qu'il y a une part l'EPS et les Verts qui représentent une stratégie de conciliation de la crise politique, c'est-à-dire qui cherche l'affaissement, qui à chaque fois qu'il y a une confrontation avec l'agenda du pouvoir, une polémique, un procès médiatique, a fait en sorte de ne pas être là ou d'esquiver la frappe alors que la France insoumise a assumé le conflit et pense qu'il faut une rupture.
C'est la façon dont ils ont mis en avant la chose. Et je rappelle que sans doute dans l'élection européenne, une partie des gens qui ont voté pour la France insoumise, c'est des gens qui ont vécu la période récente comme très difficile, comme une tempête. Et ils ont utilisé la France insoumise comme un paratonnerre dans le sens où dans une période où pendant six mois vous avez des procès médiatiques, la répression politique, des procès pour des militants, pour des propos, des manifestations interdites, etc. Et une diabolisation comme tu disais. Je pense que ça a été pour des gens qui voulaient conserver cette vision d'une gauche de rupture un point d'appui.
Et je ne sais pas encore une fois si ça sera M. Mélenchon, M. Ruffin ou quelqu'un d'autre. Je dis juste que ça va être difficile parce qu'entre ces deux stratégies qui sont vraiment en tension, qui se sont divisées sur les européennes, j'ai l'impression que ça va être l'enjeu des adversaires de l'union de la gauche de jouer sur les divisions. Je rappelle que déjà là, une partie des commentateurs et de la droite dit à la gauche quoi ?
Mais vous allez continuer vous alliez avec la France insoumise, avec ses antisémites, avec ses propoutines et ils vont mettre la pression à fond et le problème d'une union de la gauche c'est qu'elle est aussi la gauche unie, elle n'est aussi forte que son plus faible maillon comme une chaîne et je crois que la capacité d'une partie de cette gauche réformiste, social-démocrate à assumer le conflit est faible et moi c'est ça qui me fait très peur. Maintenant, peut-être que face au danger, la responsabilité du camp social et la responsabilité de tous va exister et qu'il va y avoir une option unificatrice.
de synthèse Inch'Allah. Alessio, je vais te donner le mot de la fin, les mots de la fin parce que tu as évoqué la possibilité d'une plus forte participation qu'en 2022 sachant que la participation en fait favorise les camps politiques qui ont les plus grosses réserves dans l'abstention globalement la gauche en général et puis les jeunes au-delà de la gauche c'est-à-dire les jeunes aujourd'hui ce n'est plus seulement la gauche mais c'est aussi malheureusement l'extrême droite.
Mais on a une période de congé de grande transhumance des étudiants des élèves est-ce que justement la période à laquelle nous allons verser les législatives n'est pas une période qui a été construite pour créer de l'abstention ?
Ça c'est tout à fait possible alors d'un côté je disais tout à l'heure ce qui s'est passé aux européennes sur le plan de la participation laisse penser qu'il risque d'y avoir beaucoup de participation mais effectivement on a ce problème de la période des gens qui seront partis loin de chez eux après cela dit des étudiants la question des étudiants des étudiants ça peut aussi être des étudiants qui restent qui reviennent dans leur région d'origine là où parfois ils sont toujours inscrits électoralement mais effectivement on va avoir plein de gens qui vont commencer à se trouver loin de chez eux et ça peut avoir un effet assez important sur le vote après sur la question qui était traitée précédemment juste un mot parce que même si j'ai bien compris qu'il n'y a plus beaucoup de temps je trouve ça dommage un peu de penser qu'il faille repousser à plus tard la question de la figure de Proulx parce que c'est une question essentielle et vous parliez tout à l'heure de l'hypothèse Ruffin qui est une hypothèse qui est déjà en fait en train de se constituer en hypothèse centrale parce que c'est une figure qui est bien acceptée finalement dans l'ensemble de la gauche et il n'y en a pas beaucoup et là actuellement ce qui est très probable qui se passe actuellement dans les heures qui viennent et dans les jours qui viennent c'est que tous les acteurs majeurs de la gauche que ce soit du centre-gauche du côté de la droite du PS ou de LFM savent que la figure la plus évidente certains ne le souhaitent certains ne le souhaitent pas mais tous savent que la figure un peu la plus évidente qui se présente actuellement c'est celle de François Ruffin et plus ça va aller plus dans les heures qui viennent l'enjeu pas tout de suite de façon visible d'abord dans des plus petits comités etc mais on va voir ce qui se passe dans les jours qui viennent l'enjeu pour ces différentes personnes qui forment les blocs de gauche ça va être de se positionner vis-à-vis de l'hypothèse Ruffin d'assumer une position ensuite publique vis-à-vis de l'hypothèse Ruffin et de voir s'ils sont en capacité de se coordonner là-dessus mais en tout cas ils savent que c'est une des hypothèses les plus évidentes si ce n'est la plus évidente et c'est quelque part à ce positionnement qu'ils prendront vis-à-vis de cette hypothèse qui est un peu apaisante pour tout le monde à gauche qu'on verra ce n'est pas pour tout le monde tout le monde à quel point ils tiennent à faire l'union ou à quel point ils sont prêts à prendre le risque de se confronter au Rassemblement National au gouvernement On verra donc on enverra nos journalistes sur le terrain justement il est important pour nous de vous dire à vous qui avez regardé cette édition spéciale que le défi est également un défi médiatique nous ne sommes pas BFM nous ne sommes pas CNews nous n'avons pas les moyens d'enchaîner campagne sur campagne et nous avons l'intention d'envoyer nos journalistes auprès des équipes de campagne de les faire voyager en France ce sont des gros coups pour nous et donc nous nous faisons appel à vous notamment plus que nous sommes dans une période spéciale nous avons déposé notre candidature notre dossier auprès de l'ARCOM dans l'espoir d'obtenir un canal TNT c'est l'un des plus grands défis de l'histoire du média et nous voulions donc que vous nous souteniez pour pouvoir bien relever le défi ARCOM et également le défi des semaines qui viennent pour nous permettre de révolutionner le petit écran de montrer que nous pouvons dépossier le paysage audiovisuel français et que si on est arrivé là c'est aussi parce que il y a des problèmes dans ce paysage audiovisuel français nous voulons incarner l'alternative la chaîne d'info antifasciste nous avons besoin de vous on se retrouve en direct ce soir à 18h30 pour notre émission spéciale enfin une autre émission spéciale européenne et dissolution mais avec d'autres accus également pas tout à fait spéciale comme celle-ci l'a été nous donnerons la parole à tous et à toutes notamment à des personnes qui seront sur notre plateau pour débattre de l'avenir restez connectés aux médias nos programmes se poursuivent en continu sur notre antenne bonne journée merci
merci merci merci merci