Mort de Nahel : "l'état d'urgence serait un aveu d'échec", affirme Olivier Klein
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 15 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:45OuverteRéponse directe
Quel bilan faites-vous de cette nuit ? A-t-elle été pire que la précédente ?
- 1:06RelanceRéponse directe
Pire que la précédente ?
- 2:19OuverteRéponse partielle
Qu'en est-il des bâtiments publics ? Y en a-t-il eu aussi et combien ?
- 2:31FerméeRéponse directe
Oui, alors, on est encore en train d'évaluer.
- 4:07OuverteRéponse directe
Quelles ont été les consignes passées dans la nuit ?
- 4:30OuverteRéponse partielle
En 2005, le gouvernement Villepin avait attendu 12 nuits de violences urbaines pour déclencher l'état d'urgence. Que leur répondez-vous sur ce point ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Invité politiqueFait
« D'abord, je veux rappeler la tristesse et l'émotion du gouvernement après la mort d'un jeune homme de 17 ans. »
- 1:02Invité politiqueFait
« Oui, la nuit a été très difficile, il faut le reconnaître. »
- 1:21Invité politiqueChiffre
« En nombre d'interpellés aussi, on en compte 666. »
- 1:40Invité politiqueFait
« les mots qu'ont été ceux du président de la République, de la première ministre, de moi-même, en direction de la famille de Naël, sont des mots justes »
- 1:51Invité politiqueFait
« le gardien de l'appel policier a été mis en examen et placé en détention provisoire. »
- 3:37Invité politiqueChiffre
« Il y a eu 28 blessés cette nuit. »
- 5:19Invité politiqueFait
« Pourquoi ce n'est pas le bon moyen d'y revenir au calme, en état d'urgence ? Parce que c'est d'abord un aveu d'échec. »
- 8:56Invité politiqueFait
« la politique de la ville, ça ne marche pas. »
- 10:40Invité politiqueChiffre
« Quand j'ai pris la présidence de l'ANRU en 2017, le gouvernement Hollande avait mis 5 milliards. Quand j'ai terminé mon mandat de président de l'ANRU, il y avait 12 milliards. »
- 10:46Invité politiqueChiffre
« On a multiplié par plus de 2. »
- 10:54Invité politiqueFait
« Les classes de CP, les grandes sections maternelles dédoublées, ça produit un effet fantastique sur l'apprentissage des enfants dans nos quartiers. »
- 11:21Invité politiqueChiffre
« On en avait 200, on en aura 600 parce qu'on sait ce qui marche, il faut aller plus vite, il faut aller plus loin et la politique de la ville, elle produit ses fruits. »
- 16:50Invité politiqueChiffre
« 47 000 logements vont être construits grâce au CNR, à l'action d'Action Logement, à l'action de la Caisse des dépôts. »
- 17:06Invité politiqueFait
« retenons ce que c'est que dédoubler les classes préparatoires de nos enfants dans les écoles des quartiers populaires. »
- 17:14Invité politiqueChiffre
« passer de 5 à 12 milliards pour l'Agence Nationale de la Rénovation Urbaine. »
Temps de parole
- Olivier Klein66 %
- Présentateur16 %
- Invité8 %
- Auditeur6 %
- Présentateur 24 %
≈ 2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, Nicolas Demorand, le 7-9-30. Et avec Yael Gauze, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9-30, le ministre délégué à la ville et au logement. Question réaction au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Olivier Klein, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Malgré un déploiement de force spectaculaire, 40 000 policiers et gendarmes mobilisés. La nuit a été marquée par une nouvelle vague de violences en région parisienne, mais aussi à Toulouse, Nantes, Lyon, Vénitieux, Pau, Orléans, Marseille. 12 bus brûlés dans un dépôt à Aubervilliers, à Roubaix, un incendie, à ravager un bâtiment industriel de la Redoute. Je m'arrête là.
Question simple, quel bilan faites-vous de cette nuit ? A-t-elle été pire que la précédente ?
D'abord, je veux rappeler la tristesse et l'émotion du gouvernement après la mort d'un jeune homme de 17 ans. qui est les raisons de cette colère qui s'exprime. Oui, la nuit a été très difficile, il faut le reconnaître.
Pire que la précédente ?
Probablement, probablement. En nombre de bâtiments attaqués, de mobilisation. Et en même temps, il y avait une très forte mobilisation des forces de l'ordre, que je salue, qui ont fait un travail difficile. Des fonctionnaires, des élus locaux qui ont été présents sur le terrain. En nombre d'interpellés aussi, on en compte 666. Oui, il y a un nombre d'interpellations extrêmement important, parce que la méthodologie de la police cette nuit était différente. Il y avait cette volonté maintenant de rompre avec cette spirale de la violence, parce que la violence, elle est injustifiable.
Oui, il y a de la colère, il faut l'entendre, il faut la comprendre, mais les mots qu'ont été ceux du président de la République, de la première ministre, de moi-même, en direction de la famille de Naël, sont des mots justes, la justice est en route, le gardien de l'appel policier a été mis en examen et placé en détention provisoire. Donc, moi vraiment, j'appelle au calme, parce que la République a besoin de calme, les quartiers populaires ont besoin de ce calme, n'allons pas prendre des risques d'avoir un nouvel accident. On ne peut pas casser son propre quartier, les bibliothèques, les écoles, c'est ce qui fait la force de ces quartiers, l'éducation, l'accès à la culture.
Alors, on va venir à ces différents points, mais factuellement, d'abord, sur la nuit, des magasins, des supermarchés ont été attaqués et pillés. Qu'en est-il des bâtiments publics ? Y en a-t-il eu aussi et combien ?
Oui, alors, on est encore en train d'évaluer. Il y a eu un nombre de bâtiments publics attaqués assez importants, notamment des mairies, des commissariats, des polices municipales, et puis, à un moment dans la nuit, des attaques en direction de magasins, des pillages, donc des scènes inqualifiables. Je veux le redire, ce sont des scènes inqualifiables, injustifiables à ce titre. Y compris sur votre ancienne mairie, vous étiez maire de Clichy-sous-Bois,
y compris à Clichy-sous-Bois.
Oui, y compris à Clichy-sous-Bois. Beaucoup d'événements ont eu lieu en Seine-Saint-Denis. La bibliothèque de Clichy a été abîmée cette nuit. Il y a eu des attaques en direction de la mairie, fort heureusement, sans dégradation importante. Mais ce n'est pas le plus important que ça se passe avec Clichy-sous-Bois, ça se passe partout. Et notre mobilisation, la mobilisation du gouvernement, pour que ça cesse, mais qu'en même temps, on reste attentif à pourquoi ça a démarré, et respecter le deuil. Moi, c'est ça qui me paraît le plus important aujourd'hui.
Respectons le deuil de cette famille, et le deuil de cette famille passe par un retour au calme, la mobilisation de tous les adultes dans nos quartiers, pour rappeler à ce retour au calme. On poursuit sur le bilan de la nuit, bilan factuel. Y a-t-il eu des blessés ? Il y a eu 28 blessés cette nuit. Vous savez, on est encore tôt le matin, il y a une cellule qui se réunit. L'ensemble des chiffres seront donnés par le ministre de l'Intérieur dans quelques minutes. Mais oui, il y a eu des blessés, des blessés légers, fort heureusement, parce que c'est aussi la crainte. Un accident sur l'accident, on sait que ça pourrait avoir des conséquences encore extrêmement désastreuses.
Il y a eu des consignes passées justement pour éviter le surincident et ne pas aller au contact de manière trop brutale de la part des forces de l'ordre. Quelles ont été les consignes passées dans la nuit ?
Non mais, la consigne, c'est toujours d'éviter d'avoir des jeunes qui sont blessés ou des policiers qui sont blessés. Les policiers ont fait un travail remarquable et difficile tout au long de la nuit. Donc oui, évidemment, la consigne de base, c'est d'éviter qu'un jeune soit blessé. Et il y a des risques. C'est pour ça que moi, je suis extrêmement mobilisé sur ce retour au calme.
En 2005, le gouvernement Villepin, lors des précédentes grandes émeutes de banlieue, le gouvernement Villepin avait attendu 12 nuits de violences urbaines pour déclencher l'état d'urgence dans 25 départements, dont toute la région Île-de-France. C'était une première depuis la guerre d'Algérie. Hier, des appels à déclencher l'état d'urgence sans délai ont été émis à droite par Éric Ciotti, à l'extrême droite par Éric Zemmour. Que leur répondez-vous sur ce point ?
Ce n'est pas le temps de la polémique. Ce qu'il faut, c'est regarder quel est le plus utile pour le retour au calme. Moi, je crois à la responsabilité des adultes dans ce moment, des parents, des élus locaux, des associations. Et puis, ensuite, on verra quels sont les meilleurs moyens pour atteindre ce retour au calme. Pourquoi ce n'est pas le bon moyen d'y revenir au calme, en état d'urgence ? Parce que c'est d'abord un aveu d'échec. Enfin, c'est mon sentiment. Et donc, on a aujourd'hui, je crois, encore d'autres pistes. Lesquelles ? Parler, convaincre que l'action du gouvernement permet ce retour au calme. La colère, elle est entendue et elle est entendable.
Mais cette colère ne doit pas se retourner contre son propre quartier. Qu'est-ce qu'on gagne ? Qu'est-ce que les enfants de Lichy-sous-Bois qui ont utilisé cette bibliothèque depuis des jours pour préparer leur baccalauréat, leur brevet des collèges, ont gagné à ne pas pouvoir y retourner dès cet après-midi pour continuer à travailler ? Donc, moi, je le dis et ça sera évidemment le sens. Et cet après-midi, les élus locaux vont continuer à travailler partout en France, j'en suis certain, pour parler.
Mais l'état d'urgence n'est pas sur la table
pour le moment ? Écoutez, c'est de la responsabilité du Président de la République et de la Première Ministre et de nous tous, avec le ministre de l'Intérieur, de réfléchir aux meilleurs outils. On verra comment les choses évoluent dans les jours qui viennent.
Toute la journée d'hier, Olivier Klein, vous, les ministres, les membres du gouvernement, vous avez défilé devant des bâtiments publics pris pour cible pendant les émeutes. Par exemple, Éric Dupond-Moriti qui était à la prison de Fresnes, Elisabeth Borne devant la mairie incendiée de Garges-Légonès. Le message, c'était de ne pas vous tromper de cible. Le message n'a pas été entendu. Donc, vous dites, nous, on fait l'effort de l'apaisement, mais derrière, ça ne suit pas.
Mais oui, on ne peut pas dire que cette nuit a été calme. Mais pourquoi ? On ne peut pas renoncer à cet objectif normal de retour au calme. Et j'appelle à la responsabilité de tout un chacun. Aujourd'hui, on ne peut pas avoir un discours qui est autre que celui-là. Même après deux nuits d'émeutes et autant de dégâts ? Mais parce qu'on ne va pas renoncer et on va continuer. On va travailler à avoir ce retour au calme. On va continuer à mobiliser les forces de police qui font un travail remarquable. On va continuer à mobiliser les médiateurs dans nos quartiers, les associations. Moi, j'en appelle aux parents à Clichy et ailleurs.
On a vu des jeunes, très jeunes dans nos quartiers, en train de s'attaquer aux équipements publics. D'abord, se mettre en danger eux-mêmes, mettre en danger la police. Et donc, moi, j'en appelle à la responsabilité de tout un chacun. Et les parents, aucun enfant ce soir, aucun jeune ce soir dans la rue. Oui, mais cet état d'urgence, c'est le nôtre. C'est à nous de s'attaquer.
Mais donc, il faut un couvre-feu partout si on vous suit.
Mais un couvre-feu, c'est d'abord, est-ce qu'on est capable de le faire appliquer, de le faire respecter ? Et est-ce que ça ne donne pas envie d'avoir une espèce de surenchère ? Donc, trouvons les bons moyens, les moyens de l'apaisement. Et moi, j'y contribue avec l'ensemble des élus locaux. On va rencontrer, dans le cadre du conseil interministériel de la ville, en fin de matinée, des élus, des militants associatifs. Ce conseil interministériel de la ville était prévu. Et ça sera encore un temps d'échange et de réflexion sur ce qui est le meilleur moyen pour aller vers ce retour.
Là encore, factuellement, l'hypothèse de couvre-feu, au pluriel, est sur la table ?
Olivier Klein ? J'ai vu que, dès hier, des maires l'ont proposé. On va échanger... À un niveau supérieur. On va échanger avec les préfets pour voir qu'est-ce qu'il leur est utile pour maintenir le calme. Aujourd'hui. Et des décisions seront prises aujourd'hui en fonction des quartiers et des moyens souhaités par les préfets, les élus locaux, pour accompagner ce nécessaire retour au calme.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, on l'a beaucoup dit, les violences et les dégradations ont visé des lieux symboliques, des services publics. À Garges-les-Gonesse, il y a elle en parlé. C'est la mairie qui a été incendiée. Des écoles ont été visées, des postes de police sur tout le territoire. École, commissariat, mairie. Pour vous, Olivier Klein, qu'est-ce que cela dit ? C'est une rupture avec l'État ?
Moi, je crois d'abord qu'on ne peut pas laisser penser qu'on n'a rien fait dans ces quartiers. J'entends trop depuis quelques jours la politique de la ville. Ça ne marche pas. Dans ces quartiers, on a beaucoup investi. Le gouvernement précédent, la politique de la ville, elle a 40 ans. Mais néanmoins, je crois qu'on n'a pas investi assez vite. On a aussi des populations qui changent. On le sait, dans ces quartiers, les populations, quand elles vont mieux, elles quittent ces quartiers. Et donc, on a cette nécessité à donner envie aux habitants des quartiers populaires d'y rester.
Parce que ceux qu'on accompagne qui vont mieux et qui quittent ces quartiers, sont toujours remplacés par des populations plus difficiles, plus fragiles et qui sont impatients à juste titre de voir les choses changer pour eux. La bibliothèque de Clich-sous-Bois qui a été abîmée cette nuit, c'est une bibliothèque qui a été refaite grâce à l'argent de l'Agence nationale du renouvellement urbain, grâce à l'argent de la région. Donc, on investit en permanence. On a inauguré un conservatoire à Garges. On a inauguré le Cube qui a un magnifique équipement culturel. Donc, on fait des choses.
Mais il reste une rancune parce que les choses ne vont pas assez vite parce qu'on a le sentiment quand on habite dans ces quartiers d'être discriminé. Et ça aussi, ça fait partie des enjeux que le président de la République a commencé à détailler à Marseille. Cette lutte contre les discriminations, le testing pour qu'on se sente complètement au cœur de la République quand on habite un quartier populaire.
Et pourtant, Olivier Klein, la politique de la ville est souvent considérée comme l'angle mort de la politique d'Emmanuel Macron par de nombreux élus, par de nombreux acteurs du secteur. On se souvient du grand coup de gueule de Jean-Louis Borloo en 2018 quand le président avait enterré son plan pour les banlieues. En 2017, sa promesse c'était un projet d'émancipation pour les quartiers populaires. Son ennemi, c'était, c'est toujours, l'assignation à résidence. Est-ce que vous avez le sentiment que l'assignation à résidence a reculé depuis 6 ans ?
D'abord, j'ai le sentiment qu'on a beaucoup fait pour les quartiers depuis 6 ans et franchement, je ne serais pas là si je n'avais pas ce sentiment-là. Quand j'ai pris la présidence de l'ANRU en 2017, le gouvernement Hollande avait mis 5 milliards. Quand j'ai terminé mon mandat de président de l'ANRU, il y avait 12 milliards. On a multiplié par plus de 2. Les CPA 12, les CVE1, l'action... Les classes de CP, les grandes sections maternelles dédoublées, ça produit un effet fantastique sur l'apprentissage des enfants dans nos quartiers.
Les cités éducatives qui étaient au cœur du travail de Jean-Louis Borloo, ce moyen de faire travailler ensemble l'école, les associations, les clubs sportifs, l'État. Comme dit Jean-Louis, il faut toute une ville pour élever un enfant, c'est ça les cités éducatives et ça marche. Et par exemple, dans les annonces du président de la République à Marseille, c'est la multiplication des cités éducatives dans toutes les villes où il y a un quartier en politique de la ville. On en avait 200, on en aura 600 parce qu'on sait ce qui marche, il faut aller plus vite, il faut aller plus loin et la politique de la ville, elle produit ses fruits.
On ne peut pas penser que ça ne marche pas parce qu'on le voit quand on est comme moi un acteur de ce quartier, quand on y vit, on voit la différence. Mais oui, il y a encore tellement à faire et surtout, il faut que ça aille plus vite.
Mais ce sentiment d'assignation à résidence, est-ce que vous pensez qu'il a reculé en 6 ans ?
D'abord, les quartiers populaires sont différents. C'est aussi le sens de ce que je porte dans Quartier 2030. Chaque quartier populaire doit avoir son action en phase avec la réalité de ce quartier. Faire de la politique de la ville à Pisevin à Nîmes, ce n'est pas la même chose qu'au Bosquet à Montfermeil ou à Mamoudzou à Mayotte. Et donc, ce qu'on veut, c'est construire du sur-mesure. Donc, il y a des endroits où l'assignation à résidence a reculé, bien évidemment, et d'autres moins. Notamment, les grandes copropriétés restent des lieux d'assignation à résidence parce que c'est les lieux où on accueille les plus pauvres.
Et je crois qu'un des enjeux du temps qui vient, c'est d'aller plus vite, plus loin, dans le règlement des grandes copropriétés dégradées qui accueillent les plus pauvres. On stigmatise trop souvent le logement social. Le vrai lieu du problème aujourd'hui, c'est la copropriété dégradée qui accueille les plus fragiles.
Et dans moins d'une heure, vous serez à Matignon et non pas à Chanteloup-les-Vignes comme c'était prévu initialement. Matignon qui accueille le comité interministériel sur la politique de la ville avec un plan Quartier 2030. Dites-nous ce qu'il y a dedans dans ce plan. Qu'est-ce que vous allez en faire de cette réunion dans ce contexte très particulier
des meutes urbaines ? D'abord, dans ce contexte très particulier, cette réunion va être le moment pour continuer à échanger avec les élus, les associations actrices de la politique de la ville, de cette situation extrêmement difficile que l'on vit au fond du cœur, je dirais, pour les acteurs de la politique de la ville. Donc d'abord, il va y avoir ce temps d'échange pour réfléchir ensemble à ce qu'on peut faire là pour le retour au calme. Et puis, il y a ce grand plan Quartier 2030 qui permet d'aller plus loin de ce que l'on a déjà fait. Je parlais des cités éducatives. Le président de la République l'a dit, la scolarisation précoce.
Je suis désolé de parler souvent d'école, mais tout commence par l'école. Les collèges, les enfants, qu'on voit le collège ouvert de 8h à 18h pour qu'il n'y ait pas des enfants en déshérence le soir après l'école, pour qu'on accompagne le devoir, qu'on soit en rupture avec les difficultés d'apprentissage des enfants de ces quartiers. Et puis, un grand plan autour de l'emploi, de l'entreprenariat, parce qu'on croit à l'émancipation, à la lutte contre l'exclamation, on croit à l'énergie de ces quartiers. Et non seulement on y croit, mais on aime ces quartiers.
Le président, nous étions à Marseille il y a quelques jours, regardez les images, la manière dont le président de la République est accueilli dans ces quartiers, la manière dont on peut échanger, la manière dont il y a une énergie dans ces quartiers. Et donc, il faut accompagner cette énergie, donner les moyens aux jeunes des quartiers d'avoir la meilleure école possible, le meilleur collège possible, et les moyens de l'émancipation, et puis de trouver un emploi. Et il y a cet appel aux entreprises, 5 000 entreprises qui vont accompagner les jeunes à trouver un emploi, 100 000 entrepreneurs dans les quartiers que l'on souhaite avoir.
C'est un plan qui poursuit l'action de la politique de la ville. Moi, je suis un ouvrier de la politique de la ville, je veux continuer cette action, l'amplifier, mais aussi dire que beaucoup a déjà été fait, mais ça reste difficile, on ne peut pas le nier, on voit ce qui se passe en ce moment dans nos quartiers, et on doit continuer à travailler ensemble.
On va aller au standard d'Inter où Didier nous attend et nous appelle de Bron. Bonjour Didier, bienvenue.
Bonjour à notre France Inter qui est un peu notre lien social.
C'est gentil, merci. C'est le vôtre.
Oui, merci. Ce qui est notre bien commun, ce que je voulais déjà indiquer, c'est peut-être demander au ministre qu'est-ce qu'ils ont loupé, qu'est-ce que le quinquennat précédent et ce quinquennat est en train de louper. J'ai deux faits, deux faits. La réponse très désinvolte du président de la République au rapport Bourlou. Là, le président le cite, mais il n'a pas été repris la fois dernière ou le dernier quinquennat. Il aurait pu être un élément très moteur où effectivement il réunissait tous les acteurs.
Et le deuxième fait, et là encore, les personnes sont venues sur France Inter, ça a été le CNR, le CNR Logement Social où tous les acteurs, et c'est quand même rare, les promoteurs comme les acteurs du public associatif étaient d'accord pour des vrais engagements et il n'y en a pas eu. Et là encore, on s'aperçoit que le président de la République qui aime bien se mettre en scène sur plein de sujets ne s'est jamais mis en scène, alors on parle de Marseille, mais c'est Marseille avant les quartiers Nord, en scène sur le Logement Social.
Et ça, effectivement, j'aimerais que le ministre nous en parle et un dernier fait, moi ma vision quand même, c'est que le président de la République est un vieux jeune et qui croit simplement à la main invisible du marché. Merci de votre réponse.
Voilà pour les trois points, Didier, merci, Olivier Klein vous répond rapidement s'il vous plaît.
Alors le Conseil National de Refondation du Logement, ça a d'abord été de tout le logement, pas seulement du logement social et ça a été un moment de grande réflexion sur ce qu'on peut faire et il y a eu beaucoup d'annonces, notamment dans le...
Et de déception.
Et de déception, mais surtout, vous savez, moi je retiens le travail qui a été mené en commun et surtout que ce n'est pas un point final, on continue à travailler avec Emmanuel Cos, avec l'Union Sociale de l'Habitat, à construire, à relancer le logement. 47 000 logements vont être construits grâce au CNR, à l'action d'Action Logement, à l'action de la Caisse des dépôts. Et puis, la politique de la ville, elle n'est pas loupée. Heureusement qu'il y a cette politique de la ville. Où en serait-on si elle n'avait pas existé depuis 40 ans ?
Et depuis le quinquennat précédent, je le redis, mais retenons ce que c'est que dédoubler les classes préparatoires de nos enfants dans les écoles des quartiers populaires. Retenons ce que c'est de passer de 5 à 12 milliards pour l'Agence Nationale de la Rénovation Urbaine. La problématique des quartiers populaires, c'est le temps. Là où on doit réussir, c'est diviser le temps, faire qu'on aille plus vite, que les habitants de ces quartiers sentent que ça change vraiment chaque jour, qu'on vit mieux que la veille.
On est en ligne maintenant avec Fatiha Abdouni que je salue. Bonjour. Vous êtes cofondatrice de l'association Les Mamans des Pablo à Nanterre, association que vous avez créée il y a 7 ans, qui regroupe une centaine de maires du quartier Pablo Picasso. C'est le quartier de Naël. Cette association accompagne les maires au quotidien dans les démarches administratives, notamment. Quelle question voulez-vous poser au ministre ce matin ? Pour y aller, parce que je sais que je n'ai pas beaucoup de temps. Bonjour. Monsieur le ministre, voilà comme il a dit le monsieur, du coup ça fait des années que je m'implique. Donc, habitant dans le quartier, il faut y aller droit au but.
Ça fait deux ans que l'aide de l'air allait supprimer à la mairie de Nanterre. Monsieur Jarry, le maire de Nanterre, il est dévoué à sa ville, mais il ne peut pas tout faire. Ce que je souhaite. Monsieur le ministre, il fait des calculs par rapport à l'envoi de le contrat de ville qu'elle a été donnée à Nanterre. On arrive à que ça, elle donne à l'habitant 14 euros. Est-ce que vous pensez qu'avec 14 euros, on peut régler les problèmes de pauvreté, préclité, discolarisation, désocialisation, de l'inégalité à l'emploi, l'inégalité à la fonction ? On vous entend mal. Rapprochez-vous des secteurs de terrain. Rapprochez-vous. On a besoin des moyens pour qu'on fera efficace dans nos actions.
On vous entend très mal, Fatia. La ligne est mauvaise, Fatia, malheureusement, mais on a compris qu'il y avait dans le contrat de ville 14 euros par habitant. Est-ce vraiment suffisant, demandez-vous, à Olivier Klein, pour régler la masse des problèmes auxquels vous êtes confrontés ?
Olivier Klein vous répond. D'abord, je voudrais, à travers cette question, souligner le rôle déterminant des associations dans nos quartiers. Et mon objectif, l'objectif de Quartier 2030, c'est d'aider plus les associations et mieux les associations leur simplifier la vie, avoir des conventions pluriannuelles pour que les associations arrêtent de passer leur temps à demander une subvention tous les ans, à faire des bilans tous les ans et que les associations soient mobilisées pour avoir du temps.
Et puis, je voudrais dire, parce que c'est une association autour de la parentalité, si j'ai compris, le rôle déterminant des mamans, des papas dans cette période de retour au calme, on a besoin de tous et en particulier des parents pour dire aux enfants stop, maintenant, c'est votre quartier que vous abimez, votre colère, elle est légitime, mais ne vous en prenez pas à la voiture de vos voisins, ne vous en prenez pas à votre école et on a vraiment besoin des parents dans ce moment si particulier. La nation regarde les quartiers populaires.
Si on ne veut pas faire le jeu du Rassemblement National, de l'extrême droite, en donnant encore cette image, il ne s'est rien passé dans ces quartiers, ça ne sert à rien de mettre de l'argent dans ces quartiers, il faut que ça cesse et c'est notre responsabilité collective, en particulier la responsabilité des adultes.
Et puis Olivier Klein, il y a la question aussi du maintien de l'ordre qui reste posé, la relation entre la police et la population. La loi de 2017 sur le refus d'obtempérer est pointée du doigt depuis le début de la semaine. Yael Brown-Pivet, la présidente de l'Assemblée, envisage d'en faire l'évaluation. Les élus de gauche qui étaient présents hier à Nanterre dans la marche blanche disent qu'abroger cette loi, ce serait le premier geste à faire. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Écoutez, il y a un cadre aujourd'hui, ce cadre il existe. On voit que dans ce cadre-là, la justice qui a été saisie sur la mort de Naël a démontré que ce cadre n'est pas, semble-t-il, respecté. Il y a une mise en examen, on va laisser la justice faire son travail et un policier qui se retrouve en détention provisoire. Donc aujourd'hui, il y a ce cadre.
C'était une loi socialiste portée par Bernard Cazeneuve. Vous étiez socialiste aussi à l'époque. Absolument. Parce que
il y avait un moment où il fallait trouver où on était après les attentats et il y avait eu des voitures béliers, etc. Et il y a eu cette loi, si elle doit être évaluée, modifiée, elle le sera.
Vous souhaitez son évaluation ?
Mais ce n'est pas ma responsabilité. Aujourd'hui, on est dans le temps du travail, le temps du deuil et le temps de la justice. Et aujourd'hui, on le voit, dans ce cadre de cette loi, la justice passe et agit, comme le souhaite le président de la République, la première ministre, avec célérité. Donc, il y a un cadre, il existe. De toute façon, vous savez comme moi que les lois sont modifiées mais pas de manière rétroactive. Donc, soyons dans le temps qui est celui du présent, celui du retour au calme, du respect du décès de ce jeune homme.
Et vous n'êtes pas fermé à sa modification ?
Mais je ne suis pas fermé à tout ce qui permet qu'à ce pays aille mieux et qu'on vive dans la tranquillité et la sérénité et qui permettent à la police de bien faire leur travail. Parce que les relations police-population sont essentielles. on est dans un état de droit, dans une démocratie. La police doit se sentir comme un poisson dans l'eau dans les quartiers, tous les quartiers et en particulier les quartiers populaires.
Une question de Gilles sur l'application de France Inter, une question cash que je vous pose telle que je la lis. Faudra-t-il créer des milices pour nous protéger comme aux Etats-Unis puisque vous perdez votre temps à ne pas savoir
comment faire ? Bien sûr que non. Bien sûr que non. Ce pays a la chance d'être une...
Vous entendez cette question ?
Mais j'entends parce que les images sont choquantes. Elles nous choquent tous. Mais ce pays a la chance d'être une démocratie, a la chance d'être un état de droit. Je n'ai pas le sentiment qu'aux Etats-Unis, comme le souligne monsieur, on n'ait pas des drames réguliers dans des écoles, des choses insupportables. Donc oui, ce pays est un état de droit, la police doit travailler, les associations doivent travailler, on doit tous se mobiliser pour le retour au calme, on doit tous se mobiliser. Vous savez, la police est présente sur par exemple la ville de Montfermeil, un centre de loisirs jeunes qui est mené par des policiers qui marchent depuis des années dans la ville voisine.
Une opération comme Raid Aventure qui permet à des policiers de rencontrer des jeunes dans nos quartiers, mener des associations. Et là, l'été commence. Moi, ma responsabilité maintenant, c'est de travailler pour que les enfants des quartiers populaires continuent à avoir des vacances. On parlait de ce qu'a fait le gouvernement et le plan Borloo. Les vacances apprenantes, les colos apprenantes, c'est remarquable. Moi, j'ai multiplié par deux le nombre d'enfants qui partent en vacances depuis le Covid grâce aux vacances apprenantes. Et oui, le droit aux vacances est fondamental. L'été approche et on travaillera là-dessus.
Vous étiez, on le rappelle, maire adjointe Clichy-Sous-Bois lors des grandes émeutes de 2005. Redoutez-vous, en 2023, c'est ma dernière question de voir l'histoire en train de se réécrire.
On est dans une situation dramatique. Elle est très différente. Les mots du gouvernement, les mots du président de la République, les mots de la première ministre sont des mots justes de solidarité envers cette famille, de justice qui passe et qui passe vite. Donc, l'histoire ne ne bredouille pas. Je suis fier des mots employés par le président de la République.
Et on entend votre émotion. Merci, monsieur le ministre, délégué à la ville et au logement. Merci, merci Olivier Klein d'avoir été à ce micro ce matin. Sous-titrage Société Radio
Olivier Klein