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interviewLe Média· 28 juin 2026 24 min

CNEWS, PRAUD, LE PEN : LA VAR DÉVOILE LEUR STRATÉGIE FACE À LA CANICULE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mais où sont passés les climatosceptiques ? Je suis absolument pas climatoceptique. Ces personnalités qui contestent le réchauffement climatique se font plus discret car en période de canicule à répétition ni l'évidence.

Quand il fait 40°gr à l'ombre, ça devient compliqué. Ces sceptiques n'ont pas disparu. Il ont simplement changé de méthode comme l'ont montré Marine Le Pen et Pascal Pro qui ont un point commun assez frappant.

Non pas seulement leur obsession pour l'immigration, l'insécurité ou l'islam. Sur le climat aussi, Le Pen et Pro ont pratiqué la même pirouette. Dire aujourd'hui le contraire de ce qu'il suggérait hier.

On l'a dit 10000 fois, il ne s'agit pas de nier le réchauffement climatique. Tout comme Marine Le Pen qui elle aussi ne serait pas climatosceptique. Je suis absolument pas climatoceptique.

En aucun cas. En aucun cas vraiment, car dans les archives, celles qui reviennent au mauvais moment, l'Avare a trouvé une Marine Le Pen candidate à sa première présidentielle doutée de la réalité du réchauffement climatique. Voilà, nous avons vécu ici des étés particulièrement ensoleillés.

C'est pour ça que je suis je finis par me poser la question de savoir si je suis totalement convaincue par l'échauffement climatique parce que j'ai des souvenirs d'été ici extrêmement chaud et ensoleillé et depuis quelques années, c'est c'est moins le cas. La méthode est la même chez Pascal pro. surtout ne pas nier officiellement mais glisser le doute en douce avec une petite ironie d'apparence inoffensive comme si le climat se résumait à la température du matin dans les Yvelines.

Il est là le réchauffement climatique - 3° ce matin dans les Yvelines. Aucune valeur négative n'avait été observée en plus de 75 ans. 1 degr hier à 3.

Attention sujet sensible. Même mécanique, un clin d'œil, une insinuation, une plaisanterie qui n'en est pas tout à fait une. Et ce couvert d'humour, on suggère que le réchauffement serait discutable, qu'il faudrait rester prudent, qu'on nous ment peut-être un peu.

Sauf qu'en matière climatique, cette fausse prudence porte un nom, la désinformation. Dans cet épisode, on va donc s'intéresser à ces marchands de doute climatiques, à ces bonenteurs du thermomètre, à ces gens qui brouillent le débat climatique, qui le tortent, qui le maquillent, bref à ce qu'on pourrait appeler les arnaqueurs du climat. Mais d'abord, ce message important du média pour vous rappeler que pendant que des milliardaires contrôlent toujours plus le pouvoir médiatique, les médias indépendants, eux luttent pour continuer d'exister.

C'est le cas du média. qui doit absolument atteindre 10000 donateurs mensuels d'ici fin juillet. Sa survie en dépend.

Alors pour sauver le média, abonnez-vous si vous le pouvez à l'adresse affichée à l'écran. Grâce à vous, le combat pourra continuer. De qui se moque l'extrême droite ?

Est-ce un effet secondaire des fortes chaleurs ? Une sorte d'amnésie thermique ? Parce qu'à écouter certains cadres du Rassemblement national, on découvre soudain un parti politique très préoccupé par le réchauffement climatique, très attentif aux alertes scientifiques, presque impatient de nous expliquer qu'il fallait agir depuis longtemps.

Ce qui m'interpelle beaucoup euh parce que ça fait longtemps qu'on nous parle euh à juste raison euh du réchauffement climatique, c'est l'incapacité euh de l'État, des gouvernements à prévoir en tous les cas à organiser euh les choses en fonction de ces canicules répétées. Il fallait avoir la capacité de se projeter puisque ça fait longtemps qu'on a des rapports notamment ceux du J qui nous parlent de réchauffement. C'est tout de même étonnant.

Le RN cite donc désormais le J comme un argument d'autorité. Le J, rappelons-le une bonne fois pour toutes, n'est pas un organisme militant. C'est le groupe d'experts intergouvernemental dédié à l'évolution du climat.

Autrement dit, l'instance qui synthétise l'état des connaissances scientifiques disponibles. Mais si Sébastien Chenu s'appuie sur ces rapports, il semble avoir oublié que son camp a longtemps regardé le JC avec beaucoup de distance. En 2022, Marine Le Penlait pas du GCK avec autant d'enthousiasme.

La candidate à la présidentielle prenait au contraire ses distances avec ce qu'elle appelait de prétendus enjeux globaux. Voilà une archive encore cruelle pour le RN. Emuel Macron a annoncé qu'il doublerait la contribution française au fond vert sous l'égue.

C'est très précisément le type de pratique auquel je renoncerai. La question environnementale internationale par nature ne constituera pas l'alpha et l'oméga de ma politique étrangère un travers à asffiction pour l'outil diplomatique français et de concentrer sur de prétendus grands enjeux globaux définis par telle ou telle agence de l'ONU ou par exemple par le G. Or, la diplomatie française doit être orientée non en direction de prétendus grands enjeux globaux, féministes ou environnementaux, mais vers la protection et la promotion des intérêts de la France quel qu'il soit dans le monde.

Le mot à retenir ici, c'est prétendu. Marine Le Pen ne le dit pas une fois mais plusieurs fois. prétendu grands enjeux globaux de prétendus grands enjeux globaux définis par le GC prétendus grands enjeux environnementaux c'est une manière de délégitimer le GC de le rabaisser et voilà qu'aujourd'hui quand les canicules s'installent le même parti politique se met à invoquer le JC pour reprocher au gouvernant de ne pas avoir suffisamment anticipé.

Disons que l'hommage est un peu tardif. Et puis il y a Marion Maréchal la niè qui propose comme sa tente un grand plan de climatisation avec au passage un argument technique censé discréditer les énergies renouvelables. Selon ell, solaire et éolien serait incompatible avec le nucléaire.

Vous le voyez bien à travers la climatisation, c'est la question de l'approvisionnement énergétique. Et là, c'est vrai qu'il y a un grand choix de société à faire. C'est dire est-ce qu'on continue à aller d'ailleurs sous la pression de de l'Union européenne et on on travaille pour inverser cela vers de plus en plus de renouvelable avec des taux de productivité euh insatisfaisant, un coût qui est euh euh là encore très important et une forme d'incompatibilité même technique avec le nucléaire hein parce qu'on sait qu'aujourd'hui bon on va pas revenir dans le détail mais on est obligé de de comment dire d'arrêter ponctuellement les centrales pour permettre au flux du renouvelable de passer.

Le gestionnaire du réseau électrique français dit l'inverse RTE explique au contraire que l'énergie nucléaire et les énergies renouvelables ne se concurrencent pas que le système est fondé sur leur complémentarité et qu'il n'existe pas de scénario où l'on arrêterait les réacteurs pour faire passer le solaire. Arrêter ponctuellement les centrales pour permettre au flux du renouvelable de passer. Il y a pas de risque que on arrête tous les réacteurs nucléaires à un moment pour faire passer le solaire.

C'est beaucoup plus compliqué que ça, l'exploitation d'un système électrique et on est à même d'envoyer désordre aux différentes centrales de production qu'ell soient nucléaire, thermique ou renouvelable pour leur demander de moduler et de rester dans le gabarit d'un bon fonctionnement du système. La contradiction est presque mot pour mot. Marion Maréchal parle d'incompatibilité.

RTE parle de complémentarité. Marion Maréchal dramatise une opposition entre les filières. RTE explique qu'un mix d'électricité nucléaire plus d'électricité renouvelable reste pour la France la solution la plus facile techniquement.

Mais si l'extrême droite s'acharne autant contre le solaire et l'éolien, ce n'est pas une question technique. Leur argument ne vaut rien. C'est en fait une question idéologique.

Le nucléaire leur plaît parce qu'il évoque la puissance, l'État, la centralisation, la grandeur industrielle française. L'éolien et le solaire leur déplaisent parce qu'ils évoquent Bruxelles, la régulation écologique, les subventions et une transformation visible des paysages que ce camp politique aime présenter comme une prétendue agression culturelle. En clair, derrière le débat énergétique, il y a un récit politique très simple.

La nation virile d'un côté et le dogme vert de l'autre. Et ce récit ne date pas d'hier. Dans son programme présidentiel de 2022, Marine Le Pen proposait un moratoire sur l'éolien et le solaire, la suspension des subventions associées et le démantellement progressif de l'éolien.

Le texte parlait d'économie décarbonée tout en s'en prenant à deux des principales filières d'énergie décarboné. Une décarbonation mais à condition qu'elle reste nationaliste, nucléaire et surtout qu'elle ne ressemble jamais à une véritable transition écologique fiable. Sur le climat, l'extrême droite essaie aujourd'hui de paraître lucide sur les conséquences, mais elle continue de s'aborder sur le fond. une partie des vraies réponses.

Et puis il y a ces news. Il faut le reconnaître. Cette chaîne a un talent particulier.

Dire qu'elle ne nie pas le réchauffement climatique tout en donnant régulièrement l'antenne à ceux qui le relativisent, le contestent ou le vide de sa substance. C'est un grand classique. On commence par appeler le consensus scientifique puis on ouvre le plateau à ceux qui le fragilise et on appelle ça du débat.

Le dérèglement climatique est une réalité. À quel point est-il la responsabilité de l'homme ? Un sujet pourtant largement documenté par le J.

Mais le JC à ces news, on n'aime pas trop, surtout les invités. Michel Onfray conteste régulièrement la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique. Christian Gerondo est auteur de plusieurs ouvrages contestant les [musique] travaux du JC ou encore Catherine Brchignac estime elle que le réchauffement climatique ce n'est pas de la science.

Il faut se souvenir de cette séquence hallucinante en 2019 où l'heure des pros lançait un débat sur un prétendu refroidissement climatique. Le procédé consistait à prendre un épisode local de froid sur un temps très court et s'en servir pour ridiculiser le réchauffement global qui se mesure sur le long terme et à échelle planétaire. C'est le bé àabas du confusionnisme climatique.

Mais les climatosceptiques, ils ont pas le droit de parler quand on veut faire une émission parce qu'il y a des gens qui effectivement encore il y a plus de climatceptique. En a beaucoup madame. Ah non, il y a un consensus effectivement sur la réalité du changement sur ses causes et sur son évolution.

Non. Et vous vous aimez vous aimez comme un certain nombre de gens les prévisions millénaristes. Je n'ai pas fini.

Mais c'est rétrograde. On peut pas laisser dire ça. Et vous cultivez scientifiquement ça va pas là.

Je voudrais d'abord que vous vous calmiez ce qui nous ferait plaisir. Mais la manière dont vous réagissez à mes yeux est très suspect. Ça fait 25 ans que je travaille avec vous.

Oui mais vous pouviez vous tromper depuis 25 ans madame si on m'avait dit que cette émission était en effet réactionnaire et climatoceptique en fait peut-être je serais pas venu. La chaîne a ainsi offert une grande exposition médiatique à des intervenants contestant la gravité du dérèglement climatique ou son origine humaine. Exemple avec François Gerçu fin 2023 sur le plateau de Pascal Pro expliquant qu'il y a toujours eu des catastrophes climatique et qu'il n'est pas convaincu que leur fréquence augmente.

Il y a pas d'urgence climatique, le climat change, il a toujours changé. Donc pour vous, [raclement de gorge] il y a pas de danger climatique. Ah ben non, au plus ancien thermomètre du monde.

Il montre des fluctuations qui ont toujours exister avec la même amplitude que les fluctuations. Maintenant, quand on parle de dérèglement, quand on voit par exemple ce qui se ouragan parfois et des tempêtes des Oui, mais si il y en a toujours eu mais aujourd'hui ils sont plus rapprochés tout le monde. L'histoire des canicules, tout le monde, il y a toujours eu des canicules mais elles sont plus rapprochées.

C'est qu'il y a plus d'événements climatiques de ce type. Elles sont plus rapprochées. Les incidents sont plus rapprochés.

J'en suis pas convaincu. Sur ce sujet, il existe des données bien plus solide que des impressions de plateau. Et quand on cherche un peu de rigueur, il suffit parfois d'écouter les journalistes spécialisés plutôt que les polémistes ayant un avis sur tout. de 1947 à 2001, c'est-à-dire un peu plus de 50 ans, il n'y a eu que, si j'ose dire, 17 vagues de chaleur.

Alors que ces 25 dernières années, on a eu 35 vagues de chaleur. Ça veut dire plus du double en la moitié de temps. C'est cela la différence entre une expertise et une humeur. d'un côté des séries longues, des relevés, des comparaisons, des tendances et de l'autre des opinion déguisé en libre pensée.

Ces news adorent ça sur tous les sujets et parfois la chaîne n'a même pas besoin d'invités pour produire de la confusion. ses propres journalistes s'en charge même. Climatiser partout, ça veut dire augmenter les dégâts.

Il y a deux choses à pas faire. Laisser les choses dans l'état et deuxièmement aggraver le mal en croyant soulager. Mais c'est faux ce qu'il dit hein parce que il il se réfère encore à l'idée reçue qui consiste à dire que la climatisation aurait un impact sur le réchauffement.

D'abord en France une électricité relativement propre et beaucoup d'études ont montré que la clime ne rejette pas dans l'air suffisamment pour réchauffer une ville. En réalité, ce que montrent les études, c'est que les rejets de chaleur des climatiseurs peuvent effectivement augmenter la température extérieure dans des contextes urbains denses. Ça rejette de l'air chaud, donc ça crée des zot de chaleur.

C'est vrai dans des contextes extrêmement précis, toutes les études internationales le montrent. On observe un effet euh sur l'augmentation de la température extérieure à partir de de de 10000 habitants au kilomèr encore c'est très localement. En fait, on voit que la température augmente à l'extérieur à Tokyo, à Manhattan où dans les très grandes villes où on a et encore pas partout où on a des très fortes concentrations de 25000 habitants au kilomè car.

En 2024, l'ARCOM a infligé à C News une sanction de 20000 € pour avoir laissé diffuser sans contradiction des propos contestant le rôle des activités humaines dans le réchauffement climatique. C News est sanctionné parce que cette confusion est devenue une méthode, une ligne éditoriale, une ambiance permanente. Et dans cette mécanique là, Pascal Pro joue un rôle central.

Non, c'est pas une chaleur exceptionnelle. et a des coups de chaud à 30°gr comme il y en a régulièrement fin mai ou début juin. Le journaliste vedette de la galaxie Boloré ne parle pas du climat comme il le devrait, c'est-à-dire en partant d'un fait établi à partir duquel on discute de solutions.

Non, il ne se sert de la question climatique que pour lancer des contreverses, animer des clashes et surfer sur le buzz pour booster ses audiences. Le problème c'est qu'en matière de climat ce petit jeu délétaire ne produit pas la liberté intellectuelle dont pro se revendique. Non, il produit surtout du retard politique à agir contre le dérèglement climatique.

Et puis il y a un cas différent, plus délicat parce qu'il ne s'agit ni d'une chaîne militante ni d'un parti politique inflammable. Il s'agit d'un expert reconnu, François Gémen dont la parole compte dans le débat public parce qu'elle s'est construite sur une crédibilité scientifique réelle. Ces derniers jours, François Gémen a pris position pour faire évoluer le débat sur la climatisation.

Son raisonnement est le suivant. En France, l'électricité est relativement décarbonée. Les gaz réfrigérants les plus nocifs ont été interdits au niveau européen et les bénéfices sanitaires de la climatisation peuvent dans certains cas l'emporter sur les inconvénients.

En France, la climatisation a un impact relativement limité sur le climat, en particulier parce que l'électricité est évidemment décarbonée. Donc même s'il y a évidemment certains inconvénients, notamment les rejets locaux de chaleur associés à la climatisation, il me semble que les avantages en terme de santé publique dépassent très clairement les inconvénients liés à la climatisation. Donc je pense qu'il faut vraiment faire évoluer ce débat, être pragmatique et assumer le fait qu'on change de paradigme.

Mais le problème n'est pas ce qu'il dit aujourd'hui. Le problème c'est ce qu'il disait il y a encore pas si longtemps en soulignant que la climatisation peut nourrir un cercle vicieux. Plus de clim, plus d'empreinte carbone, donc plus de chaleur, donc encore plus de clim.

On est aujourd'hui à à peu près 1liard 500 millions de climatisurs dans le monde. On estime que ce nombre pourra atteindre jusqu'à 5 milliards d'ici 2050. Ça veut dire qu'il va y avoir un énorme enjeu si on ne veut pas aggraver le problème à essayer soit de décarboner les systèmes de climatisation eux-mêmes, soit à trouver d'autres moyens de ventilation.

Et on pense notamment une évolution des normes en matière d'architecture dans les bâtiments. Parce que la climatisation, c'est le serpent qui se mort la queue. Exactement.

C'est un cercle vicieux. On est on sait que les les climatiseurs ont une lourde empreinte carbone qui vont aggraver le problème et donc réchauffer encore davantage les températures. Il faut expliquer cette évolution, il faut la contextualiser et surtout il faut dire d'où l'on parle car entre-temps François Gémen a aussi vendu son image pour une vidéo promotionnelle pour l'entreprise Saint-Gobin.

Un publ reportage tourné aux Émirats arabes unis où il vendent les mérites des solutions de climatisation plus vertueuse. On n plus dans le domaine de l'expertise, on est dans ce qu'on appelle dans le green washing. quand une entreprise paye pour se donner une image plus écologique, plus flatteuse que la réalité de son activité polluante, il s'agit plus précisément d'une forme de science washing.

Une forme de science washing, c'est-à-dire d'une caution scientifique apportée à un produit ou à un procédé industriel. Moi ce que j'ai fait, c'est pas de la science, c'est de la publicité. [musique] C'est très précisément cette forme de publicité faite à un industriel jusqu'ici classé parmi les plus polluants qui lui est reproché.

L'un des anciens présidents du GC considère qu'associer l'image de l'institution environnementale à celle d'un grand émetteur de carbone est une erreur de jugement qu'il déplore. [musique] Si j'accepte en quelque sorte de prêter mon image à la promotion de certaines solutions, c'est parce que je pense que je suis un des rares chercheurs qui travaille sur le climat et qui accepte de travailler avec les entreprises. Et donc je pense qu'il faut pouvoir aujourd'hui si on veut vraiment trouver des solutions au problème dépasser cette approche manikenne qui est en fait une approche très très puérile.

Le décor compte ici autant que le discours. Les Émirats arabes unis restent un état pétrolier et l'électricité qu'on y consomme repose encore largement à près de 70 % sur des centrales à gaz. D'autant que François Gemmen lui-même dénonçait en 2022 les incohérences des gouvernements qui signent des accords énergétique avec les Émirats tout en demandant ensuite aux citoyens des efforts quotidiens.

Quand le gouvernement signe un accord stratégique en matière d'énergie avec les Émirats Unis un jour et le lendemain va dire au magasin "Ne laissez plus la porte ouverte si vous avez la clime." Ça donne l'impression qu'on rame dans des sens différents et c'est ça qui crispe le débat et qui fait que des mesures de petites restriction aux libertés individuelles sont de moins en moins bien accepté par les gens parce qu'ils se disent "Mais attendez, il y a l'éléphant dans la pièce, pourquoi est-ce qu'on va faire ces deal avec les Imérats arabes unis ? Pourquoi est-ce qu'on ne dit rien aux sociétés pétrolières, gazière et charbonnière ?

Et pourquoi est-ce que le poids de l'effort se reporte sur nous ? C'est très important aussi si l'État veut que ces mesures soient acceptées par les gens, qu'il donne l'impression de ramer dans le même sens queeux. Pourquoi reprocher hier au responsable public de ramer à contesens puis accepter aujourd'hui d'apporter sa crédibilité à une communication d'entreprise dans un pays symbole de cette contradiction énergétique ?

Là, ce n'est plus seulement une évolution intellectuelle, c'est un changement de position dans l'espace public et donc dans le débat public. Quand François Gemmen est invité pour trancher un débat très politisé sur les climatisations, les téléspectateurs devrait savoir qu'il ne parle plus seulement comme un ancien auteur de rapport du J ou comme universitaire, mais il est désormais quelqu'un qui accepte de vendre son image à des entreprises dont les activités peuvent être néfastes pour le climat. Cela n'invalide pas pour autant sa parole, mais cela doit changer notre manière de l'écouter.

Pourquoi est-ce qu'on va faire ces deal avec les Imérats Arabes unis ? Welcome to the United Arab Emirates. Les médias qui lui donnent la parole devraient faire preuve de transparence en disant clairement d'où leur invité parlent.

Les climatiseurs ont une lourde empreinte carbone qui vont aggraver le problème. Alors, pendant qu'on crève de chaud, où sont passer les climatosceptiques ? La réponse, c'est qu'ils ne sont pas partis.

Ils se sont tout simplement adaptés. Certains ont troqué leur négationnisme contre l'insinuation. D'autres ont rangé leurs doutes au placard le temps de citer le GC parce que sur le moment cela les arrange.

Dans cette histoire, il y a aussi ceux dont la parole reste précieuse mais qui s'expose désormais à des conflits d'intérêt que le public devrait connaître. Pas pour tout rejeter, juste pour savoir, pour comprendre. Parce qu'au fond, le problème n'est pas seulement le mensonge climatique, c'est tout ce qui contribue à retarder ce qu'on doit absolument toutes et tous regarder bien en face.

Car pendant ce temps-là, la chaleur, elle ne débat pas, elle s'installe. Voilà, c'est terminé. Merci d'avoir suivi ce nouvel épisode de la Var politique.

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