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interviewLCP - Assemblée nationale· 11 avril 2026 34 min

35e édition de la Journée du Livre Politique - remises des prix LCP | Évènements

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Bienvenue à vous si vous nous rejoignez sur LCP, la chaîne parlementaire. Alors nous sommes dans la galerie des fêtes de l'Assemblée nationale. Vous voyez, il y a un peu de mouvement en ce moment dans cette galerie des fêtes. La dernière table ronde vient de se finir. On va en venir aux remises des prix. Je vais vous inviter à quitter et à continuer vos discussions si ça ne vous embête pas puisqu'on va remettre les prix. Le prix étudiant catégorie Essai, trois étudiants vont nous proposer l'éloge des trois finalistes. Moi je vous invite juste à quitter la scène. Allez, je vais essayer de me rejoindre pour le parisianisme écrase la France.

1:15
Yaël Braun-Pivet

Mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le président directeur général de la chaîne LCP Assemblée nationale, madame la présidente de l'Ire la société, monsieur le secrétaire général de l'Ire la société, mesdames et messieurs en vos grades et qualités. Quand le parisianisme écrase la France, on gomme son accent lorsque l'on monte à la capitale pour ne pas trahir son origine provinciale. La culture bat à deux vitesses. On construit de nouveaux opéras à Paris en se disant que grâce au TGV, toute la France pourra en profiter. On s'informe d'une actualité qui, bien que nationale, s'écrit majoritairement depuis Paris.

Et de pair, les forces économiques ainsi que les écoles et universités les plus prestigieuses du pays se concentrent autour de sa capitale. C'est le portrait de cette macrocéphalie parisienne que vous peignez, monsieur Brochet, dans cet ouvrage « Quand le parisianisme écrase la France ». Au fil d'exemples choisis, de petits mots, de discours, mais aussi de portraits et de chiffres qui sont autant de manifestations de cet écrasant parisianisme, vous nous donnez à voir le tableau incarné d'une France déséquilibrée, scindée, une France fracturée entre Paris et la province, terme que vous réhabilitez au détriment de celui de territoire.

Ce phénomène, comme vous le montrez au travers de comparaisons internationales, n'est pas inhérent à la fonction de capital, mais bien une exception, qui dès lors ne saurait être une fatalité. 78 ans après Paris et le désert français de Jean-François Gravier, vous nous montrez que cette fracture n'est pas qu'un encombrant héritage historique, héritage dont vous pourrez penser qu'il serait progressivement corrigé, mais bien au contraire, le parisianisme apparaît dans votre ouvrage comme un mouvement qui non seulement persiste, mais ne cesse de s'amplifier.

Vous portez sur cette inégalité structurante un regard lucide, doublé d'un appel pour ouvrir la voie vers une France rééquilibrée, réconciliée. Ce double effet que produit votre livre, de prise de conscience de l'ampleur de cette inégalité et d'appel à la résorber, est ce qui nous a toutes et tous, membres du jury, séduit. La finesse du témoignage que vous livrez nous a interloqués, d'ailleurs aussi bien les parisiens que les provinciaux qui composent ce jury, et vous nous prouvez que cette France difforme, écrasée par sa capitale, n'est pas une fatalité.

En tant qu'étudiant, que jeune, nous sommes les héritiers de ce système, mais la lecture de votre livre nous invite non seulement à ne pas le perpétuer, mais aussi et surtout à tout faire pour le corriger. Ainsi, pour l'exigence de son regard et la nécessité du combat qu'il poursuit, nous avons eu le plaisir de sélectionner quand le parisianisme écrase la France comme finaliste de ce prix.

3:44
Présentateur

Merci beaucoup. On va passer à un autre des finalistes, Amine Kessassi. Votre livre « Marseille, essuie tes larmes », l'éloge est fait par Baptiste de Sesco.

3:53
Invité

Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Monsieur le Président Directeur Général de la chaîne LCP Assemblée Nationale, Madame la Présidente de Lire la Société, Monsieur le Secrétaire Général de Lire la Société, Mesdames et Messieurs, Marseille, essuie tes larmes. Nous pensions qu'il serait question d'une injonction, presque d'un ordre. À la place surgit un cri méthodique, digne d'un long discours, qui se ferait un chemin ligne après ligne. Les courts chapitres s'enchaînent comme des rapides.

La colline, la rue, les parents, les frères et sœurs, le débat, la police, les tyrans, la narcocratie, la dignité, le mensonge, la vérité, la nuit, la mort, la barbarie. Chaque page pulse, chaque mot frappe. Et même une fois le livre refermé, l'écume persiste. À la place, nous ressentons la douceur de ces mains intimes et familières, qui viennent vous prendre les joues et vous balayer les larmes du bout des doigts. Du bout des doigts, nous tournons les pages d'une vie déjà façonnée par l'engagement. Il y a la beauté de la lutte associative, ses embûches et ses victoires. Amine, qui portait en lui le visage du chagrin, avait fini par faire de conscience, un synonyme de ne lâcher rien.

Un combat qui se fait comme l'homme révolté au contact du soleil de Méditerranée, de la misère et de sa mère. Il y a aussi la lutte silencieuse et quotidienne, de ceux qui refusent de baisser les bras, des mères qui roulent la nuit, des pères qui se cachent pour pleurer, pour essuyer les larmes du narcotrafic. Je ne pense pas m'avancer si je vous dis que nous en avons beaucoup appris. Étrange méthode d'enseignement. Merci Amine. Enfin, il y a le politique, lui dégager un périmètre, lui dire ses quatre vérités, le rendre responsable et se jeter dedans tout entier, y prendre toute sa part. La part qui est la nôtre ne dépend pas que de nous.

En vous lisant, il nous a été impossible de ne pas nous imaginer dans ces rues, dans ces voitures, entourés de ces vies, traversés par ces douleurs. Qu'aurions-nous fait ? Nous avons le même âge. En écrivant, pour ceux qui ne se sentent pas dignes d'être sauvés, vous nous avez bouleversés. C'est pour cela que nous vous avons choisi parmi les trois finalistes, pour honorer la jeunesse qui écrit, qui reste et qui résiste. Merci.

6:43
Présentateur

Et pour faire l'éloge à présent du livre de Marc Lazare, « Pour l'amour du peuple », Salomé Nunez.

7:08
Invité

Mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le président et directeur général de la chaîne LCP Assemblée Nationale, madame la présidente de Lire la Société et monsieur le secrétaire général de Lire la Société, chers tous et chères toutes, le populisme est-il un terme galvaudé ? Certainement. En est-il vidé de sa substance ? Peut-être parfois aussi. Est-ce qu'il reste néanmoins une notion incontournable pour comprendre la vie politique française ?

C'est en tout cas ce que je suis portée à croire après la lecture de l'ouvrage « Pour l'amour du peuple » de Marc Lazare, qui retrace avec beaucoup de finesse et d'analyse les contours du populisme contemporain en Europe et en France plus particulièrement. J'ai donc eu le plaisir, et par la même occasion je dois le dire, la lourde tâche, de devoir écrire quelques mots, quelques lignes pour évoquer « Pour l'amour du peuple » qui figurent donc parmi les trois finalistes que nous avons retenus aujourd'hui. Quelques lignes uniquement, ce n'est pas la chose la plus aisée à faire, vous en conviendrez, tant cet ouvrage paraît riche et dense. Alors, que pouvons-nous en retenir ?

Peut-être tout d'abord, et parce que « Pour l'amour du peuple » est avant tout un essai d'histoire, et que c'est là un atout essentiel pour revenir sur un phénomène aussi complexe, que le populisme est loin d'être nouveau. Si on en parle beaucoup aujourd'hui, au point qu'on pourrait presque croire qu'il est né au XXIe siècle, ou à l'heure des réseaux sociaux, l'essai montre bien que notre histoire politique est en fait jalonnée par le populisme, et même que la France pourrait bien en être le berceau.

L'essai passe notamment en revue l'éclosion populiste des années 1930, par exemple, au lendemain de la Première Guerre mondiale, et puis bien sûr la révolte poujadiste durant la Quatrième République. Mais on s'intéresse également, et peut-être moins classiquement d'ailleurs, à la potentialité populiste du gaullisme, par exemple, en passant par le mouvement maoïste des années 1960, ou encore par le soutien d'intellectuels comme Bourdieu, Deleuze et Gattari à la candidature de Coluche aux élections présidentielles dans les années 1980.

Jusqu'à finalement affleurer vers la fin au rive de l'actualité la plus récente, à l'instar du lepénisme par exemple, pour nous montrer que le populisme reste bien présent aujourd'hui, et évolue au fil du temps et des crises que nous traversons. Et puis finalement, on voit aussi apparaître en filigrane l'ambévalence fondamentale des populismes. Tour à tour menace pour la démocratie, mais aussi symptômes, voire opportunités, même de réponses à certaines défaillances de notre système. Le populisme n'est pas extérieur à la démocratie, mais bien inhérent à celle-ci. C'est une manière, d'une certaine façon, un produit interne, presque une ombre, pour paraphraser Marcel Gaucher.

L'exaltation du peuple uni, par exemple, ne date pas d'hier. L'antagonisme entre la minorité des élites et le peuple non plus. Alors, si le populisme peut sembler être une boîte de pandore, un mot valise, qui ne signifie plus grand-chose, au point que certains spécialistes se refusent même à l'employer, pour l'amour du peuple, nous aide à replacer, en fait, cette notion au cœur d'une culture politique et d'une chronologie bien précise, en éclairant les raisons de sa persistance, et surtout, la manière dont son charme opère, encore aujourd'hui, et peut-être plus que jamais.

10:01
Présentateur

Merci, bravo aux trois étudiants pour leur très belle critique des différents ouvrages. Je vais proposer à la députée Géraldine Bagné de venir annoncer le lauréat du prix étudiant catégorie Essai.

10:27
Invité

Bonjour à tous et à toutes. Comme toujours, vous l'avez entendu, nos étudiants ont été excellents cette année, pertinents, enthousiastes, très éloquents. Je les remercie tous, chacun d'entre eux. Rarement le prix étudiant du livre politique n'aura pris plus de sens que cette année. Loin des parcours d'excellence, loin des ors de la République, loin des vertes prairies aussi, il est des vies qui cheminent d'emblée dans le dur, des voies marquées par une innommable brutalité. L'auteur que les étudiants ont choisi de récompenser n'a pas choisi d'écrire, je crois. Ça s'est imposé à lui. Une écriture nerveuse, de la douleur, de la rage contre l'injustice vécue.

Une écriture de l'engagement par excellence. Des mots qui éclairent, donnent à voir une réalité crue qu'on a certainement le tort de ne pas toujours suffisamment vouloir voir. Des mots pour une prise de conscience au point de non-retour. Il est temps de cesser de détourner les yeux quand un jeune tombe, nous dit l'auteur. Un passage du livre a tout particulièrement bouleversé l'enseignante que je suis et que je reste. Je cite. « Il faudrait dresser des statues aux enseignants, avec une plaque. Ici, la prof inconnue, écrasée de fatigue, montée au front, sans rien d'autre que l'amour des gosses et ses illusions républicaines.

Mon frère, les enseignants tiennent par miracle, débordés, souvent seuls, mal formés, sous-payés, priés de sauver ce que l'État n'ose plus protéger. Ils accueillent des gamins battus par la vie, giflés par le mépris, programmés pour l'échec. Et on leur demande de faire mentir les statistiques. Puissent ce message et les autres du livre être entendus ? » Et parce que sa parole, elle est beaucoup plus précieuse que la mienne, je ne suis pas de ceux qui prétendent comprendre, et encore moins le narcotrafic. Je vais bien évidemment laisser la parole à Amine Kessassi, car tout le monde a déjà compris que vous êtes le récipiendaire si méritant de ce prix. Et je salue les autres finalistes.

Mesdames et messieurs, merci, merci des mots, merci Bastien, des mots que tu as... Baptiste, pardon, c'est l'émotion. Merci des mots que tu as prononcés, tenus. Merci à vous, merci de vos écrits, merci de ce que vous faites de faire vivre la démocratie, de faire vivre la parole à travers vos écrits et ce que nous avons fait aujourd'hui. Merci à vous, Madame la Présidente, de ce que vous avez fait, de ce que vous me faites aujourd'hui. C'est honneur d'être là, d'être ici, dans l'enceinte de la démocratie de notre pays, pour dire que jamais la République ne tremblera. Jamais les narcotrafiquants n'auront le dessus sur nos vies, et ça, c'est important de le rappeler.

Dire aussi un mot à mes éditeurs qui, au bruit du monde, m'ont à la fois supporté, accompagné, qui m'ont conseillé, qui m'ont guidé dans cette épreuve qui prendre la plume n'est pas facile, n'est pas facile d'où qu'on vient, mais surtout n'est pas facile pour s'exprimer ainsi, pour parler de sa vie, pour écrire à son frère, son frère qui ne répondra pas à cette lettre, à cette lettre d'amour que je lui ai adressée, mais en quelque sorte, aujourd'hui, ce prix est une réponse, et donc merci pour ça.

14:34
Présentateur

Merci, bravo à tous les trois. On va à présent remettre le prix étudiant de la catégorie BD. J'appelle les finalistes à prendre la place des finalistes de la catégorie Essai. Si vous voulez nous rejoindre sur cette scène, Erelana, Fred Cham, Mansour et Kamari, Etitu Lecoq et Marie Dubois. Excusez-moi, je suis navrée. Et nous allons reconduire le même exercice. Vos bandes dessinées ont été lues, appréciées, je crois, et trois étudiants vont venir faire leur éloge. On va commencer par Mathilde Roubineau pour la BD d'Erelana et Fred Cham, derrière une étonnante histoire de fesses.

15:49
Invité

Mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le président directeur général de la chaîne LCP Assemblée Nationale, madame la présidente de Lire la Société et monsieur le secrétaire général de Lire la Société, chères lectrices et chers lecteurs. Pour ce premier finaliste dans la catégorie bandes dessinées, nous avons décidé de vous parler de fesses. Oui, de fesses. Des miennes, des vôtres, mais surtout de leur histoire. Avec derrière une étonnante histoire de fesses, Erelana et Fred Cham s'attaquent à un sujet qu'on pourrait trouver trivial, presque anecdotique, mais qui se révèle page après page, profondément politique.

Car derrière nos fesses se cache une histoire de normes, de regards, d'injonctions. Une histoire qui nous raconte finalement comment les sociétés façonnent nos corps et nos complexes. Tout part d'une question simple, pourquoi le regard que nous portons sur nos fesses change-t-il, alors qu'elle, au fond, ne change pas tant ? A partir de là, les auteurs nous embarquent dans un voyage aussi inattendu que passionnant, de l'antiquité à Instagram, de la fermière Fessu à Beyoncé, ils esquissent une grande fresque des époques où les fesses, tour à tour, se rêvent discrètes ou assumées, fermes ou voluptueuses.

On y découvre notamment que certaines de nos obsessions sont en réalité très récentes, car l'une des premières surprises de cet essai, c'est d'apprendre qu'avant le XIXe siècle, l'humanité ne s'est tout simplement jamais vue en entier. On découvre aussi que la science emprunte parfois des chemins inattendus, avec ces deux médecins allemands qui ont pincé plus de mille fesses pour la recherche, contribuant ainsi à démontrer que la cellulite n'est pas une maladie, mais une construction sociale savamment entretenue. Et que sans surprise, bien souvent derrière les complexes, il y a des marchés. Mais ce qui rend cette bande dessinée si singulière, c'est son ton.

Car jamais le propos ne se fait lourd. Le dessin de Fred Scham, drôle et décalé, rend accessible un contenu dense et rigoureusement documenté, qui s'appuie sur de nombreuses études de biologistes, de philosophes, d'historiens, de sociologues, le tout ponctué de références issues de la pop culture. Alors oui, on rit, beaucoup, mais on réfléchit aussi. On se surprend à questionner notre propre regard, à prendre du recul, à se sentir, peut-être, et je l'espère, un peu plus libre. En refermant cet essai graphique, une chose est sûre, vous ne regarderez plus jamais vos fesses de la même manière.

Et c'est peut-être là, finalement, toute la réussite de cette œuvre et ce pourquoi nous l'avons retenue parmi les finalistes. Nous faire passer du rire à la lucidité pour s'affranchir enfin des normes, dictates et autres injonctions esthétiques auxquelles sont soumises depuis des siècles les corps et plus particulièrement les corps féminins. Je vous remercie.

18:18
Présentateur

Notre finaliste, la bande dessinée de Mansour et Kamari, c'est Ligne, qui trace mon corps, éloge de Charlotte Martin.

18:43
Invité

Mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le directeur général de la chaîne LCP Assemblée Nationale, madame la présidente et monsieur le secrétaire général de l'association Lire la société, madame Kamari, chères toutes et tous, on ne peut sortir indemne de la lecture de ces lignes qui tracent mon corps. Cette BD personnelle et poignante a été une véritable révélation pour moi qui ne suis pourtant traditionnellement pas une grande lectrice de bande dessinée. La vôtre, madame Kamari, est tout simplement un pur bijou d'esthétisme.

Chaque planche invite à s'attarder, à contempler longuement la grâce du tracé et la poésie des courbes, tout en révélant, au fil des pages, un récit d'une profondeur et d'une intensité remarquable. Armé de votre crayon, vous y apprivoisez la peur permanente, l'insécurité insidieuse qui poursuit au-delà des frontières de l'Iran comme des vestiges du passé et y tracer les notes d'un hymne à la liberté. Sans tabou sont abordés dans cette œuvre autobiographique mais également thérapeutique, des sujets aussi sombres que le suicide et la violence intrafamiliale dont la brutalité crue vient se heurter à la délicatesse esthétique de votre dessin.

À chaque page sont esquissées vos pensées les plus intimes, vos vulnérabilités et vos failles dont vous faites au lecteur le plus précieux des cadeaux. Permettez-moi de vous remercier pour cette confiance. Vous dites ne pas vous sentir plus courageuse qu'une autre mais laissez-moi vous l'exprimer. En tant que jeune femme de 23 ans, vous incarnez tout ce à quoi j'aspire et votre courage du quotidien m'oblige. Car c'est bien de courage dont il s'agit pour mettre, comme vous le faites, son âme dans une création si brute, pour dénoncer une société iranienne dans laquelle le patriarcat et le sexisme sont non seulement rois mais aussi soutenus par la loi.

Pour vous affirmer en tant qu'artiste et vous mettre à nu devant nous. Dans un monde où le père de famille peut être propriétaire du sang de ses enfants ou devenir adulte pour une femme signifie l'interdiction et où le corps féminin y est prison, vous nous rappelez que ce même corps est également source de création et acte de résistance. Au-delà de l'acceptation douloureuse d'un passé sombre en noir et blanc, vous choisissez les couleurs du présent et proclamez avec force que ces lignes qui tracent nos corps ne sont pas uniquement des carcans, elles sont le prolongement de la vie. Mais quelques mots ne sauraient rendre pleinement justice à l'épaisseur de votre œuvre.

Alors simplement, cher auditoire, il ne me reste qu'à vous inviter à vous plonger à votre tour dans ces lignes qui tracent nos corps. Je vous remercie.

21:32
Présentateur

Et donc, le dernier ouvrage en lice est celui de Titu Lecoq et Marie Dubois qui ne sont pas présentes mais qui auront à cœur, je suis sûre, d'écouter l'éloge de leur livre Les Grandes Oubliées Pourquoi l'histoire a effacé les femmes par Gabrielle Béatrix.

21:54
Invité

Mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le président directeur général de la chaîne LCP Assemblée Nationale, madame la présidente de Lire la Société et monsieur le secrétaire général de Lire la Société, chères toutes et chères toutes en vos grades et qualités. Dans une époque menacée par le mensonge, la réécriture et la falsification, dans une époque marquée par la post-vérité où l'histoire ne se réécrit pas à postériori mais bien en direct, en live, votre ouvrage Titu Lecoq et Marie Dubois apparaît comme un rempart.

Un rempart contre les récits alternatifs qui foisonnent aujourd'hui, de celui du mal alpha à celui de la hiérarchie des sexes en passant par l'essentialisation de la femme. L'absence des femmes dans l'histoire est un mensonge, un mensonge construit, façonné, manipulé, qui trouve sa force dans la ténacité des croyances au rebours de toute objectivité scientifique. En faisant vôtre une rigueur historique, ce n'est pas aux femmes que vous rendez hommage, c'est à l'histoire et à l'humanité entière. Nos futures générations vous en savent gré. Car votre ouvrage n'est pas une leçon d'histoire, c'est une résurrection.

Vous décapitez le mensonge comme Judith Oloferne, vous vous emparez de l'histoire comme Catherine Bernard de sa plume, comme Catherine du chemin de son passeau, comme Catherine Pocheta de la Bastille ou encore comme Terouane de Méricourt de son sabre. À vos côtés, ce sont toutes ces femmes qui marchent, non pas sur Versailles cette fois, mais bien sur l'erreur historique. Vous cassez l'illusion comme Hubertine Auclair et Madeleine Pelletier, les carreaux des bureaux de vote. Vous entrez en résistance comme Simone Michel Lévy, Yvan Audon, Marcel Henry et Daniel Casanova.

Vous vous faites le porte-voix de leur combat, vous montrez que non, l'histoire n'est pas uniforme, elle a deux faces, comme l'IVG à ses deux Simones, Yves et Veil. Derrière une grande femme s'en cache une autre. Ces héroïnes ont façonné notre monde, leurs souvenirs habitent Notre-Dame, ses fondations qu'elles ont creusées, son mortier qu'elles ont fabriqué et ses pierres qu'elles ont portées. Les rues de Paris résonnent encore des cris de ralliement de Pauline Roland lors de la révolution de 1848 et le tribunal de Bobigny de la voix de Gisèle Halimi.

Vous convoquez non seulement des personnages mais aussi des philosophes, des historiennes et des sociologues, toutes celles qui se sont battues pour que la vérité triomphe. Vous avez manqué d'un récit, c'est par là que vous commencez, d'un récit féminin, un récit dans lequel vous identifiez. Ce récit, vous l'avez créé à travers votre ouvrage. Pour elle, très certainement, mais pour nous aussi. Vous nous avez touchés, nous, jury, car vous êtes une des rares bandes dessinées qu'on finit de lire en pensant pitié pourvu qu'il n'y ait pas un deuxième tome.

Pourvu que dans 50 ans, les manuels scolaires parlent aussi des femmes iraniennes, des femmes libanaises, des femmes ukrainiennes, bref, des femmes tout court. Je vous remercie.

24:52
Présentateur

Merci beaucoup à tous les étudiants qui ont travaillé justement pour attribuer ces prix. Pour remettre le prix étudiant de la catégorie bandes dessinées, j'appelle le président directeur général d'une très bonne chaîne, la chaîne parlementaire. On est diffusé en direct en ce moment, donc je ne peux dire que de bonnes choses sur mon président et sa chaîne.

25:11
Invité

C'est parfait, Elsa. Moi, je ne peux dire que de bonnes choses sur Elsa. que j'en profite pour la remercier d'avoir animé toute cette journée avec brio et respect du timing que nous allons essayer encore une fois de respecter parce que nous sommes en direct effectivement sur le canal 8 de la TNT sur LCP, Assemblée nationale. Je voudrais, mais on le redira tout à l'heure avec Géraldine, souligner la qualité du travail et le plaisir que nous avons eu, la députée Géraldine Bagné et moi, à travailler avec ces étudiants qui sont remarquables. On les fera monter tout à l'heure mais on peut quand même les applaudir et on les réapplaudira. Ils le méritent. Ils s'expriment remarquablement.

Ils ont remarquablement débattu. Ils ont eu une sélection extrêmement pertinente et des choix extrêmement pertinents. Alors, je ne vais pas reparler du livre dont a si bien parlé il y a un instant l'un ou l'une d'entre vous et je vais simplement vous indiquer que ce prix étudiant pour la bande dessinée dont j'ai une fois de plus découvert que c'est un genre qui est aujourd'hui exceptionnellement varié en résonance avec les problèmes de notre temps et aussi une façon d'amener des nouveaux publics vers des problématiques de livres.

Ils ne seraient pas forcément venus vers le livre traditionnel et à travers la bande dessinée et bien, ils trouvent une autre voie d'accès à ces sujets qui concernent tous les aspects du monde d'aujourd'hui et effectivement le livre qui est récompensé aujourd'hui la bande dessinée qui est à la fois texte et dessin avec une même autrice a été remarqué par notre jury et bien, résonne tout particulièrement avec une actualité souvent tragique mais dont elle nous montre aussi qu'elle peut nous donner espoir. C'est Mansouré Kamari qui reçoit le prix des étudiants pour la bande dessinée. Je veux juste vous remercier pour tous les étudiantes et j'étais très touchée par ce critique que vous avez lu.

j'ai rien à dire par rapport à l'actualité comme vous avez dit c'est trop tragique merci merci je suis tellement aimé merci beaucoup en fait ce mot c'est d'abord pour remercier tout le public d'être venu pour remercier les étudiants et tous les membres du jury mais les étudiants en particulier puisque j'ai participé aussi à ces échanges et à la richesse de leurs réflexions et pour remercier beaucoup Elsa parce que je crois que c'est une des premières fois dans l'histoire du livre politique qu'on tient les délais donc bravo c'est pas facile c'est très difficile d'être journaliste comme Elsa de regarder le timing et en même temps de faire l'animation sachant qu'il y en a à laquelle on donne trois minutes et qui en font dix ce n'était pas le cas des jeunes je tiens à les en féliciter enfin je voudrais remercier Luce Perrault la présidente de lire la société puisque et toute son équipe son équipe qui est immense je ne peux pas tous les citer mais il y a au moins une dizaine de personnes ils sont là il y a Capucine je vois etc et c'est eux qui ont aussi travaillé pour la réalisation de cette journée et croyez-moi c'est un gros travail y compris de composer des tables j'ai vu à quel point c'était difficile donc voilà je voulais simplement dire un grand merci alors le membre du jury la plupart ne sont plus là mais je les remercie quand même et merci beaucoup à toi Emmanuel de nous permettre d'être présent sur cette belle chaîne qui est LCP merci

29:20
Présentateur

merci beaucoup merci également à Arthur qui a aidé à tenir les délais pour finir pour conclure cette journée très riche du livre politique ici à l'Assemblée nationale Géraldine Bagné donc va revenir et Emmanuel Kessler pour le mot de la fin

29:37
Invité

donc je reviens et encore une fois félicitations aux étudiants ils sont vraiment formidables je vais simplement lire la petite bafouille que j'ai préparée toute la journée à l'heure de l'hyperconnexion des crises géopolitiques et politiques actuelles de la disparition du collectif évoqué ce matin par Philippe Mechet d'un monde qui se fissure c'était Boilem sans salle tout à l'heure l'engagement on l'a entendu est interrogé le désengagement parfois choisi et même revendiqué le thème choisi cette année relève une nouvelle fois de l'hyper pertinence merci Luce pour citer à nouveau un auteur bien logiquement convoqué aujourd'hui les mots d'Albert Camus nous rappellent pourtant la nécessité absolue de porter avec tous ceux qui vivent la même histoire le malheur et l'espoir que nous partageons c'est l'angle d'une journée comme celle-ci à rebours de l'individualisme fête de rencontres d'échanges de réflexions communes la valeur humaine qu'a rappelé tout à l'heure Amine Kessassi tous nous sommes là avec nos parcours si diversifiés aujourd'hui nous allons remercier et applaudir l'ensemble des acteurs de cette journée Luce Perrault Cédric Lewandowski tous les autres et évidemment nos auteurs vive la République vive la France et vive la lecture alors on va faire quelque chose qui n'était pas prévu c'est de demander au jury des étudiants de venir ici parce que franchement ils le méritent et de conclure avec nous cette journée avec Géraldine Bagné et moi parce qu'encore une fois ça a été vraiment des moments exceptionnels que nous avons partagés avec vous je voudrais ajouter outre voilà venez avec nous soyez à l'image surtout soyez remerciés et ça donne espoir confiance dans notre jeunesse que de voir avec quel point vous vous êtes engagés puisque ce thème était l'engagement dans la lecture l'analyse la critique de ces livres et le débat un débat constructif avec des échanges d'idées des contradictions mais qui aboutit au magnifique résultat que nous avons aujourd'hui sur ce prix des jeunes je voudrais juste ajouter aux multiples remerciements qui ont été formulés bien sûr et au delà d'Elsa remercier l'ensemble des équipes de LCP Assemblée Nationale qui ont été mobilisées pour vous faire vivre cette journée les équipes techniques les équipes de communication la production ceux qui étaient en régie en bas que vous ne voyez pas mais qui permettent à ce que notre cérémonie soit actuellement retransmise en direct et je dirais simplement une chose pour terminer extrêmement brièvement parce que nous célébrons le livre et que c'est plus que jamais important le livre politique j'ai l'impression et je suis même persuadé convaincu que partout où il y a des mots M-A-U-X et bien pour y résister pour y faire face il y a des livres et partout où il y a des mots des dessins mais des mots M-O-T-S il y a de l'espoir il y a de l'avenir merci à toutes et à tous à l'année prochaine Luce à l'année prochaine bonsoir

33:07
Présentateur

merci à tous merci à tous les jurys merci à toutes les personnes qui sont venues écouter ces tables rondes merci aux équipes de lire la société aux équipes d'LCP aux équipes de l'Assemblée d'avoir accueilli cette 35ème journée du livre politique à très vite sur LCP canal 8 évidemment de l'Assemblée

33:32
Locuteur

de l'Assemblée