GLUCKSMANN, ATTAL : LE GRAND COPIER-COLLER POLITIQUE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Gluxman contre Mélenchon, Atal contre Philippe. À 1 an de la présidentielle, le tempo s'accélère. Dans chaque camp, la bataille a déjà commencé et pour l'instant, c'est d'abord une bataille d'étiquette.
Chez les macronistes, chacun cherche à prendre ses distances avec le macronisme. À gauche, chacun veut apparaître comme le vrai candidat de gauche. À ce jeu-là, Raphaël Gluxman commence à hausser le ton.
Qu'est-ce que c'est que la gauche ? Nous sommes la gauche. Nous sommes la gauche qui peut gagner.
Nous sommes la gauche républicaine. Nous sommes la gauche pas la gauche. Ce n'est pas notre histoire.
Ce n'est pas notre famille. Ils ont quitté les rives de cela. Ils ont quitté les rives de cela.
Il faut le dire une fois pour toutes. Vous n'êtes pas à la gauche. Ce n'est pas notre famille.
Ce n'est pas notre histoire. Ce n'est pas notre tradition. Raphaël Gluxman serait donc la gauche purjue, authentique, unique.
Celle qui ne triche pas, celle qui ne dérive pas, celle qui ne transige pas. Sauf que en détaillant ses priorités, Gluxman a surtout semé le doute. Vous dites de la France et des Français qu'ils ont envie d'avoir envie.
C'est du Johnny Lidé dans le texte. Cher Johnny, l'envie d'avoir envie. Et vous avez envie de quoi ?
J'ai envie qu'on arrête de baisser les yeux face au dealer du coin de la rue. Baisser les yeux devant un regard menaçant. Baisser les yeux devant les racailles.
Chaque fois que la République baisse les yeux, chaque fois que la volonté politique recule, l'ensauvagement de la société gagne du terrain. Je ne veux plus qu'aucun français, aucune française ne baisse les yeux, ne rase les murs. Reprendre à la droite certains thèmes qu'elle a confisqué, après tout, pourquoi pas ?
Mais quand on finit par parler exactement comme elle et parfois même comme Zemour ou Le Pen, on ne clarifie pas sa ligne, on entretient la confusion. Emprunter des marqueurs sécuritaires, surfer sur les peurs, reprendre des formules qui raisonnent très à droite, ce n'est pas forcément la meilleure manière d'incarner la gauche, la vraie, la 100 % purje. Et quand Raphaël Gluxman dégaine sa proposition de service civique obligatoire, la ressemblance devient encore plus troublante pour ne pas dire dérangeante.
Je propose notamment un service civic universel et obligatoire pour que chaque jeune français puisse donner de son temps, de son énergie à sa patrie. J'ai proposé de créer un service civique obligatoire par lequel chaque jeune français donnera à la société et donc aux autres 6 mois de son temps pour une inquité d'intérêt général au service de la nation. Je propose un service obligatoire que chaque jeune français puisse donner de son temps à sa patrie.
J'ai envie de me battre pour que la France redevienne la France. Choisissez le candidat qui vous dit "Je veux que la France redevienne la France". Que la France redevienne la France.
Même formule que SarkoZ. Quasiment mot pour mot. Que la France redevienne la France, c'était le slogan de Zemour en 2022.
Mais Raphaël Gluxman, lui serait la vraie gauche. À ce stade, on a surtout du mal à y voir un cap clair. On a un message complètement illisible.
Là, le moment maintenant, c'est de se rassembler autour d'un cap clair. Un cap clair. Au mieux, Raphaël Gluxman sème la confusion et au pire, il finit par donner raison à ceux qu'il prétend combattre.
Et sur le plan stratégique, c'est très risqué car à chaque fois qu'une candidature de gauche a cru bon de récupérer les symboles, les discours nationalistes ou souverainistes de la droite dure comme l'ont fait Jean-Pierre Chevinement en 2002 ou Ségolen Royal en 2007, cette gauche là n'a fait que déplacer le débat sur le terrain de l'adversaire. Cela dit, les éléments de langage empruntés volontairement ou non à la droite, cela ne concerne pas que la gauche sociale libéral. Gabriel Atal a choisi de lancer sa campagne avec une bande son, une bande son à base de refrain très connu.
C'est ce qu'on va voir dans la suite de ce nouvel épisode de la VAR politique. Car vous le savez au football, la VAR VAR, c'est l'assistance vidéo à l'arbitrage et au médias, l'avar c'est la vérification de la parole des politiques. On va donc regarder comment Gabriel Atal s'est lancé dans la course à l'Élysée en recyclant des éléments de langage déjà bien connus de la macronie.
Et puisqu'on parle de communication, on va aussi s'intéresser à une sortie de Cbet Dia. Une sortie qui tombe mal, très mal pour Emmanuel Macron. Mais avant ça, ce message du média pour vous rappeler que pendant que des milliardaires contrôlent toujours plus le pouvoir médiatique, les médias indépendants eux luttent pour continuer d'exister.
C'est le cas du média qui doit absolument atteindre 10000 donateurs mensuels avant la fin juillet. Sa survie en dépend. Alors pour sauver le média, abonnez-vous si vous le pouvez en allant à l'adresse qui s'affiche en bas de l'écran.
Grâce à vous, le combat pourra continuer. Dans le camp présidentiel, c'est la fébrilité qui domine. Et si tout le monde est à cran, c'est parce qu'après 9 ans de pouvoir, il va bien falloir vendre aux électeurs autre chose que du macronisme purju.
Même Gérald Darmanin le dit désormais à haute voix. Le garde des saut reconnaît une usure du pouvoir. Il s'inquiète de la division de son camp et pronostique déjà un second tour Mélenchon contre le Rassemblement national.
Ce qui m'inquiète, c'est notre incapacité pour l'instant à avoir un discours d'unité mais surtout d'avoir des idées. H euh il y a beaucoup de candidats et il y a peu d'idées aujourd'hui. Aujourd'hui, je pense que le second tour c'est monsieur Mélenchon contre madame Le Pen ou monsieur Bardella.
Et je pense qu'il faut, comme on dit dans le nord et à Tourcoin être bouché à l'émerie pour pas le voir euh parce qu'il y a l'usion du pouvoir des gens que nous représentons parce queil y a un partie de la colère qui est extrêmement important parce qu'il y a beaucoup de français qui ont énormément de difficultés et nous ne les entendons pas assez. Le diagnostic est brutal certes, mais il a au moins le mérite de la franchise. Dans le bloc central, on se projette déjà dans l'aprèsMacron.
Édouard Philippe tente d'apparaître comme la solution sérieuse. Gabriel Atal, lui essaie carrément d'incarner la rupture au point de déclarer qu'il ne comprend plus certaines décisions d'Emmanuel Macron. Et maintenant, Gabriel Atal est obligé d'expliquer qu'il n'est pas un mini Macron.
Certains vous coller l'image d'un mini Macron. En quoi ce serait faux ? On est évidemment des personnes différentes.
Après, on est évidemment des personnes différentes et c'est d'ailleurs normal. Je veux dire, je pense que sur le fond, on a des différences. Programme que je présenterai sera un programme de changement parce qu'il faut un changement pas d'ailleurs programme de changement de rupture bien sûr, mais pas seulement avec ce qui a été fait ces dernières années, mais parce qu'on a changé de monde.
Le programme de 2017 et ce qui a été fait depuis 2017 en France, il a été basé sur le monde de 2017 mais le monde de 2027, il a rien à voir avec le monde de 2017. On est si différent vraiment parce que quand on regarde de près ce que Gabriel Atal vend comme une rupture ressemble plutôt à une prolongation, une interminable 3è mi-temps. Même ton, même récit, même promesse de nouveauté.
Bonsoir Emmanuel Macron. Bonsoir. Merci d'être avec nous.
Bonsoir Gabriel Atal. Merci d'être avec nous. Je suis un homme libre.
C'est en homme libre que je me présente dans cette élection. Ce ne sont pas des sujets personnels. Moi, mon sujet c'est pas les personnes.
J'ai été pendant un peu moins de 4 ans banquier. J'ai été ministre pendant 6 ans. J'ai appris des choses utiles pour être ministre ensuite de l'économie et aujourd'hui pour prétendre présider.
C'est utile d'avoir de l'expérience quand on aspire à être président de la République. Même présentation, même argument d'autorité par l'expérience, même façon de se positionner au-dessus des querelles de personnes. Mais le problème c'est qu'à force de vouloir se différencier d'Emmanuel Macron, Gabriel Atal finit surtout par lui ressembler.
Et ce n'est d'ailleurs pas qu'une impression, même quand il évoque le monde nouveau, le besoin de rupture, là encore, c'est du vu. Le monde est en train de changer. Le monde a changé.
La révolution numérique, en 2017, il y avait pas l'intelligence artificielle. La révolution numérique qui est en train de changer très profondément notre façon de vivre. Donc tout doit changer aujourd'hui et c'est possible de tout changer à condition de prendre des décisions radicales.
Ce qu'il manque aujourd'hui, c'est proposer des solutions radicales. Je proposerai de changer assez assez radicalement notre système, des choix plus radicaux, des décisions radicales, des solutions beaucoup plus radicales. Et donc, je veux débloquer l'avenir de notre pays pour adopter des méthodes qui permettent justement de débloquer la France.
Merci Emmanuel Macron. Merci beaucoup Gabriel Atel. Le monde en pleine mutation, les solutions radicales, la promesse de débloquer le pays.
Là, ce n'est plus une ressemblance, c'est du copier parler. Gabriel Atal a beau expliqué qu'il n'est pas un mini Macron, quand il parle, on entend un Macron junior, un clone qui recycle de vieux éléments de langage en espérant apparaître comme une nouveauté. Mais c'est raté.
Autant dire que le changement c'est pas pour maintenant. Et au moment même où les héritiers du macronisme tentent de nous vendre du neuf avec du déjà vu, d'anciennes voix du premier cercle d'Emmanuel Macron refont surface et parlent un peu trop franchement. C'est par exemple le cas de CBet NDI.
Emmanuel Macron, il a tenté des choses he en même temps problème RH. En même temps, chacun veut avoir à côté de sa porte la maternité de niveau 3. Maternité, la cancéro et cetera.
C'est [raclement de gorge] après les retraites le deuxième truc qui nous coûte le plus cher. Et non, elle n'est pas d'aide la meuf. La revoilà la communiquante historique de Macron a ressurgi sur les plateaux télé livre notamment ses analyses de communication politique.
Récemment, elle a comparé la stratégie d'Edouard Philippe à celle d'Emmanuel Macron. Quand vous observez ce que fait Édouard Philippe, pour l'instant, il a une campagne qui consiste à se déplacer en province. à chaque fois qu'il se déplace, il va faire une interview dans la presse quotidienne régionale, éventuellement une matinale de ici, ce qui est un peu le diptique de base que vous devez faire.
Moi, je me souviens qu'Emmanuel Macron, ministre de l'économie, faisait exactement la même chose. C'est-à-dire qu'il était assez peu présent dans la presse nationale, mais très présent dans la presse, on va dire locale. Celle qui fait qu'au moment où vous êtes dans la révélation, dans l'émergence, dans l'accélération, vous avez en fait engrangé un capital.
Ça c'est la technique en tout cas que j'observe chez Édouard Philippe et qui peut être une une technique de campagne assez gagnante. Sur ces plateaux télé, on est dans l'entreois, un entre sooiooi propice aux confidences. Si Di baisse sa garde, elle se lâche et là bim la boulette parce que dans son analyse, elle dit clairement, très clairement que Macron était ministre.
Emmanuel Macron, ministre de l'économie, faisait exactement la même chose. Or, quand il était à Pery, Macron n'était pas censé être en campagne électorale. Donc, il faut se demander qui finançait ces déplacements nombreux selon Sibet Dia pour faire campagne en région.
En analysant la stratégie politique de Macron et Philippe, Sibet Diyare leur méthode et elle rappelle presque malgré elle un début de polémique qu'Emmanuel Macron préférait sans doute oublier. Emmanuel Macron menace de porter plainte. Le [musique] candidat d'Enmarche est soupçonné d'avoir financé une partie de sa campagne et son mouvement avec de l'argent de Bercy des accusations qui s'appuient sur un livre consacré aux coulisses du ministère de l'économie.
Ce qu'on a découvert en fait c'est que il y avait une sorte de mélange des genres. Emmanuel Macron avait dépensé en 8 mois 80 % de son enveloppe de frais euh du ministère alors qu'elle est censée servir au secrétaire d'État par exemple et elle est censée servir pour toute l'année. Environ 120000 € de frais de représentation auraient donc été utilisé par Emmanuel Macron seul.
Mais pourquoi exactement ? Emmanuel Macron a reçu des gens euh influents. Il a reçu euh des gens qui n'avaient pas forcément un rapport avec euh le ministère de l'économie, des sondeurs, des artistes, des philosophes.
Euh au même moment où il était ministre, Emmanuel Macron euh et ben il était aussi sans doute déjà un peu candidat dans sa tête. Emmanuel Macron a consommé 80 % des crédits de l'année en 8 mois, soit 120000 € sur les frais de représentation. Quand Emmanuel Macron démissionne le 31 août 2016, l'excrétaire d'État au budget découvre le coût de cette si discrète stratégie.
L'ensemble des crédits de l'année était consommé. En fait, quand il est parti en août, il y a plus d'argent. Il y a plus d'argent pour le fonctionnement du ministère, en tout cas de sa partie du ministère.
Quand on demande au journaliste qui a enquêté sur les coulisses de Percy si c'est un lien direct avec l'activité du ministre, il répond que c'est une zone grise. Chaque ministre invite qui il veut et personne ne contrôle si les invités sont en lien direct avec les attributions du ministre. Or, quand vous avez un ministre de l'économie qui reçoit des acteurs, des chanteurs, des autrices et cetera, est-ce que c'est un lien direct avec l'activité de ministre de l'économie ?
C'est en tout cas une zone grise. Interrogé à l'époque, Emmanuel Macron assume ses dépenses totalement légales. J'assume totalement cela.
J'étais un ministre actif. Christian Eker, ancien secrétaire d'État au budget, dit que ce n'était pas vraiment illégal mais éthiquement très condamnable. sont des crédits qui vous permettent de recevoir vos homologues, des entrepreneurs, des femmes et des hommes de la vie française.
C pas toujours des gens euh lié à la politique économique du pays qui était reçu à Berva couple Macron la préparation d'une opération commando ou pas. En tout cas, elle a été révélée par la suite. C'est pas illégal.
C'est peut-être moralement condamnable mais c'est pas illégal. On n'est pas dans des proportions qui qui mériteraient autre chose qu'un commentaire sur l'éthique. C'est l'éthique qui est mise en cause.
C'est pas forcément la légalité de cette démarche. La question n'est pas forcément pénale, elle est politique. À quel moment dans cette stratégie la campagne commence-t-elle ?
Et avec quel moyen ? Quel relais ? Avec quel budget ?
Bref, ce n'était peut-être pas une campagne, mais ce n'était déjà plus seulement la communication du ministre déjà candidat. C'est tout le paradoxe de ce fameux nouveau monde. La macronie s'est construite sur les plus vieilles méthodes de l'ancien.
En voulant défendre son camp, Sibi a rouvert une cicatrice que l'Élysée pensait avoir définitivement fermé. Cette zone grise de 120000 € de frais de représentation siphoné en 8 mois, certains peuvent y voir non pas un détournement de fonds public, non, mais un détournement de l'esprit public. Voilà, c'est terminé.
Merci d'avoir suivi ce nouvel épisode de la Var politique. Dites-nous ce que vous en avez pensé en laissant un commentaire. Likez aimé et restez connectés au médias. [sifflotement] Ah.
Emmanuel Macron