180 États et l’ONU tentent de s’attaquer à l’invasion de la pollution plastique à Genève
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Le plus de l'info avec donc cette une rencontre au sommet. Oui, vraiment hein à à Genève puisque ça concerne l'avenir de la planète. 180 États et l'ONU tente de s'attaquer à l'invasion de la pollution plastique.
C'est Félix Mathieu qui nous en parle. Félix Oui, ils ont 10 jours, c'est 176 états pour tenter d'écrire ensemble le premier traité mondial qui viserait à réduire ce fléo. En réalité, les négociations sont engagées depuis 3 ans, depuis l'assemblée générale de l'ONU de Nairobi.
La pollution en plastique est partout, on le sait désormais comme l'a rappelé le président de la session en ouverture, le diplomate équatorien Louis Veras Valdivo. Nous sommes confrontés à une crise mondiale, dit-il. La pollution plastique endommage les écosystèmes, polluent nos océans, nos rivières menacent la biodiversité, nuit à la santé humaine, impacte la de façon injuste les plus vulnérables.
L'urgence est réelle, les preuves sont claires et la responsabilité nous incombe. 176 États avec d'un côté certains dont les Européens qui espèrent un traité contraignant avec des mesures pour réduire la production, la consommation de plastique et de l'autre côté des pays pétroliers qui font de la résistance he qui freinent, qui répondent grosso modo bah qu'il suffirait de mieux recycler. Il faut dire qu'avec la montée en puissance de la voiture électrique, il craignent de perdre un deuxième débouché si on réduit trop cette fois le plastique.
Pour en parler, nous sommes en ligne avec la déléguée générale de l'association No plastique mai, une ONG qui lutte justement contre la pollution plastique dans la mer. Elle se trouve en direct justement de Genève. Bonsoir Muriel Papin.
Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir.
C'est il y a beaucoup de monde, vous nous le confirmez à Genève. C'est un gros événement hein. Ah bah bien sûr, c'est un gros événement international.
C'est euh la 6e rencontre 5.2 euh puisque c'est la suite de de celle de Corée en décembre dernier et il y a bah comme vous l'avez dit près de 200 états et puis de nombreux scientifiques, de nombreuses associations et aussi de nombreux lobby malheureusement. Oui.
Oui. Oui. Et justement, vous avez espoir que ce sommet débouche sur du concret ou ça va être compliqué d'après ce que vous avez pu voir et entendre sur place à Genève pour le moment ?
Écoutez, là c'est le tout début donc c'est difficile de voir mais ce qu'on avait vu à la fin des dernières négociations, c'est que il y avait un élan d'une centaine de pays qu'on a revu d'ailleurs à Nice pendant la conférence sur l'océan. euh sans pays euh qui sont ambitieux, qui veulent un traité euh qui euh adresse tout le cycle de vie du plastique, c'est-à-dire depuis l'extraction de pétrole jusqu'au déchet qui traite aussi des microplastiques, des risques pour la santé, des additifs chimiques euh et euh ces pays-là, ils sont très déterminés. Donc euh voilà, on peut avoir espoir que ils résistent face aux pays qui ne souhaitent pas un traité ambitieux.
Et malheureusement là, on a vu que les États-Unis semblent avoir rejoint euh les pays pétroliers euh dans cette voie-là. Euh grosso modo, le clivage, c'est que ces pays nous disent que il suffirait de de mieux recycler et que tout ira bien finalement. Là là où vous par exemple, vous militez pour réduire la consommation, la production de plastique.
Bah ces pays défendent leurs intérêts. Donc ils regardent pas la science, ils regardent pas les évidences. En fait, on sait tous, on le voit tous, hein.
On narrive pas à faire face au plastique qui est déjà illistant. On n'y arrive pas. On sait tous que les plages sont polluées, que notre corps est pollué par les microplastiques, les nanoplastiques.
Maintenant, c'est connu ces informations là. On sait qu'il y a des risques sanitaires. On sait même que les bébés naissent préplués au microplastique, au nanoplastique.
Donc en fait, l'évidence scientifique, elle est là. Donc la résistance, c'est uniquement une résistance économique. On a eu l'occasion d'en parler alors il y a de semaines sur Sud Radio où un de nos spécialistes nous disait qu'on avait tous une cuillère à café de plastique dans le cerveau.
Vous confirmez Muriel Papin ? Oui, on a une cuillère à café de plastique dans le cerveau et euh pour moi, le pire du pire c'est vraiment ça, c'est de se dire qu'il y a des micro nanoplastiques dans les placenta du côté du fétus et qu'on sait que les fétus naissent déjà prépollués aux plastiques et aux additifs chimiques. Euh voilà, donc c'est vraiment ça le l'enjeu.
Enfin, il y a énormément d'enjeux, mais je trouve que ça nous interroge beaucoup sur notre responsabilité par rapport aux générations futures. Ouais. Alors, restez bien avec nous.
Justement, c'est le principe de l'émission. On va interroger nos vraies voix. Conscient de cette problématique Rost ?
Oui, ça fait très longtemps qu'on que que c'est un vrai sujet. Moi qui qui est mon ONG pour la scolarisation des filles en Afrique. Donc je fais beaucoup d'aller-retour là-bas depuis quelques années, depuis une dizaine d'années et je me rends compte de on on le voit partout où on va.
Les sacs en plus les sacs noirs là c'est les encore les c'est les pires et il y en a partout partout en Afrique partout. tout ce qu'on on on te vend à manger, ils le mettent là-dedans. Donc c'est déjà enfin, il y a des gens qui essayent de lutter contre ça et on le voit même ici au quotidien de toute façon.
Je enfin ça comme on dit, c'est comme lorsqu'on on reautorise des produits euh où qu'on sait qu'ils sont cancérighènes pour les gens tout simplement parce que on dit que c'est ça c'est ce qui permet de produire plus. On on moi je dis qu'on devrait mettre en place une nouvelle loi pour que tous les politiques à un moment donné qui prennent des décisions à un moment donné même si c'est dans 10 ans, dans 20 ans et qu'il y a des conséquences sur les populations qui répondent de ça même si en place que ça les engage. Thierry Blandinière, on parlait des lobbyes, vous êtes un chef d'entreprise, vous avez conscience que il y a des enjeux énormes sur le plastique.
Bah tout part du pétrole en fait donc sans le pétrole, il y a pas d'économie. Donc euh, j'entends hein, bien évidemment euh tout le monde est concerné, on a tous des enfants, on pense tous au futur. Mais euh quelles sont les solutions ?
C'est ça la question, c'est comment travailler sur les solutions sur les grandes transitions, transition énergétique. Comment comment travailler sur autre chose que le tout pétrole demain ? Ce qui n'est pas évident, c'est le prix parce que derrière tout ça, finalement, c'est très compétitif et c'est très pratique.
Et donc, substituer des sacs plastiques par d'autres sacs, c'est plus coûteux. Et c'est vrai qu'en Afrique, j'étais il y a pas longtemps à Dakar, on a observé effectivement plein de plastique partout et c'est dans les pays en voie développement qui a le plus de problèmes. Je pense que en Europe, dans les pays matures, on a pris conscience de ça, même si on a beaucoup d'efforts à réaliser sur tout ce qui est recyclable.
On commence à travailler là-dessus sur le fait de travailler sur le vert, mais si on travaille avec le vert, c'est pareil, c'est du pétrole. Donc comment comment travailler les nouveaux emballages ? C'est quand même la question.
Donc les solutions sont pas évidentes. Justement Thierry, je reviendrai pour conclure avec vous Nathalie Lebas, mais posons la question à Muriel Papin. Muriel Papin, vous avez euh à l'occasion de cette conférence à Genève des propositions concrètes à faire hein dans ce sens-là ?
Bah bien sûr. Oui. Oui.
On a énormément de propositions et nous on travaille énormément sur les solutions et je voudrais dire qu'il y a plein d'entrepreneurs en France et dans le monde qui travaillent sur les solutions alternatives. Donc en fait, il y a beaucoup d'acteurs économiques qui pourraient aussi profiter de de d'interdiction sur les plastiques. Une des solutions alors elle est basique, c'est de remplacer l'eau embouteillée à l'échelle mondiale par des réseaux d'eau.
Nous, on milite beaucoup là-dessus et en plus on a des champions de du traitement de l'eau en France. Donc typiquement, je veux dire, c'est un sujet sur lequel économiquement on aurait intérêt euh à aller. Et puis après, c'est tout simple, c'est que on peut avoir des emballages qui ne sont plus des emballages à usage unique, mais qui sont des emballages à usage multiples qu'on va réutiliser et notamment en verre.
Et là, le verre devient très compétitif et il y a tout un programme qui a été mis en place en France qui a débuté sur le réemploi dans les régions nord et à l'ouest. Donc vos auditeurs de ces régions peuvent commencer à l'utiliser et ça permet bah de retrouver sa compote, ses petits poids et cetera dans des emballages en ver réutilisable. Alors ça tombe bien, nous avons une des conseillères régionales de des Haut de France, Nathalie Lebas.
Pour conclure, on s'aperçoit que finalement bon pour le coup on fait mais c'est à échelle de la planète aussi hein. Alors moi j'ai envie de dire deux mots : éducation et recherche. Alors l'éducation parce qu'il faut aussi que les gens apprennent à pas jeter n'importe où.
Oui ceux qui sont à la plage s'il vous plaît arrêtez de jeter. C'est insupportable. Mais aussi la recherche aussi la recherche parce qu'on a des industriels qui font des choses vraiment très très bien.
Moi j'ai visité euh des entreprises qui ont vraiment investi pour l'écologie aussi pour le recyclage. Aujourd'hui, les bouteilles en plastique, on peut les recycler. Donc c'est aussi investir pour recycler et moins polluer et que ça on ait plus ces 12 millions de tonnes dans l'océan qui s'écoulent.
Que ça fasse un cercle vertueux. Et oui, pour conclure et on a des choses par exemple même chose bah on a des filets de pêche qui sont euh possiblement biodégradable. Donc on peut avancer ça mais il faut investir dans la recherche et il faut investir dans l'éducation et le civisme.
Bon merci beaucoup de nous avoir amené sur cette question Félix Mathieu. On suivra évidemment vous nous tiendrez au courant Muriel Papin délégué général de l'association No plastique in my de ce qui s'est dit à Genève hein. C'est promis.
Mais oui, avec plaisir. Mais surtout je veux dire une chose et c'est il faut pas miser uniquement sur le recyclage. C'est un leur on ne s'en sortira pas en pensant que recyclage.
Il faut penser réduction et réemploi prioritairement. vraiment le message central et c'est le message central qu'on délivre au négociateurs ici. Bon allez et ainsi va la réflexion sur un monde meilleur.
Serge Papin