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interviewC à vous· 7 février 2026 12 min

François Sureau, sa rencontre avec Marine Le Pen au sujet de son procès

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Dans le 1er film, P.Niney faisait ses débuts, à 19 ans. - M.Bouhafsi: "LOL 2.0" est au cinéma alors que "Gourou" cartonne au cinéma avec P.Niney dans un premier rôle.

F.Sureau, "Loin de Salonique", c'est la suite des "Aventures de Thomas More". C'est à la frontière entre le roman historique et le roman policier.

Votre héros est en mission secrète pour le gouvernement français. Parmi les mille et une vies que vous avez eues, vous n'avez jamais envisagé celle d'agent secret? - F.Sureau: Je ne pourrais pas le dire maintenant, sauf à vous exécuter là, immédiatement.

Je n'aurais jamais pu faire ça. J'ai été un grand consommateur de romans d'agents secrets, J.le Carré...

J'ai suffisamment connu ce monde par accroc pour me rendre compte que c'était un monde chiant et bureaucratique. Vous n'avez pas tellement l'occasion de sortir votre Glock et de défourailler en permanence. J'ai quand même eu quelques aventures amusantes.

Il y a quelques années, je suis allé en Afghanistan. Le général qui commandait là-bas était un type que je connaissais bien. Il m'invite à dîner dans un endroit pourave au milieu de Kaboul.

On est dans une espèce d'allée sombre. J'ai de l'armement...

Quand on est dans ces trucs-là, on a de l'armement. On va dans une grande allée sombre. Au milieu de l'allée, je suis avec mon général, qui commandait le corps franco-allemand.

Je vois 2 mecs avec une gueule épouvantable, avec des barbes magnifiques...

Au moment où on arrive, ils se lèvent. "Tu as fait le con à vouloir faire le militaire amateur, tu as un Glock dont tu es incapable de te servir. Ces terroristes vont flinguer le général sous tes yeux et tu ne pourras plus faire autre chose que d'aller te cacher à Vesoul." Je me suis dit qu'il fallait faire quelque chose.

Je tire et j'essaye d'armer le Glock. Je vois les 2 types qui se lèvent. Avec une voix rurale et grasseyante, ils disent: "Mes respects, mon général." - M.Bouhafsi: Vous avez failli tirer sur des agents de la DGSE. - F.Sureau: Je me suis dit que c'était ça, le rêve, être un agent de la DGSE né à Montauban, avec les yeux bien maquillés et sortant son Glock pour impressionner un jeune qui n'y connaît rien.

J'ai écrit ce que je n'ai pas pu vivre. - M.Bouhafsi: On adore T.More.

On le retrouvera dans un prochain épisode. - F.Sureau: J'adore faire ça...

Je les fais les uns après les autres. - G.Durand: Je crois que François s'est inspiré d'un acteur célèbre qui jouait...

Leslie Howard dans "Autant en emporte le vent". C'était un agent secret ou un collaborateur. Ce qui est fascinant chez certains personnages hollywoodiens, c'est que c'est la double, la triple, la vie multiple.

Hedy Lamarr, qui est devenue l'actrice la mieux payée dans les années 50, a inventé le GPS. Elle était totalement ruinée à la fin de sa vie...

En dehors de ses films, en dehors du fait qu'elle couchait avec beaucoup de gens, elle a inventé les trucs qui permettaient de diriger les missiles contre les sous-marins allemands. Dans ce monde hollywoodien de glamour, il y a quelques personnages inouïs. - F.Sureau: L.Howard est mort tragiquement à cause de ça.

Il a été envoyé...

Franco adorait "Autant en emporte le vent". - M.Bouhafsi: Vous vous connaissez très bien.

J'ai une oreillette. La rédactrice en chef de l'émission me dit: "Je crois que tu vas pouvoir placer un mot." - G.Durand: On va quand même continuer... - F.Sureau: Il a été envoyé voir Franco.

La Luftwaffe a flingué L.Howard. Il allait voir Franco en mission secrète. - M.Bouhafsi: F.Sureau, vous êtes membre de l'Académie française depuis octobre 2020.

Vous dites que l'Académie française ne sert à rien, mais qu'elle le fait très bien. - F.Sureau: J'en suis assez convaincu.

On est arrivés à un âge où on peut employer des futurs antérieurs compliqués. J'aurai passé ma vie à côtoyer des institutions qui se présentaient elles-mêmes de manière grandiose. La Cour de justice, le Parlement, la Cour de cassation font en général assez mal le travail qui vous est confié. - M.Bouhafsi: C'est vrai que vous avez cassé votre épée d'académicien? - F.Sureau: Un confrère m'a traité de nouille.

J'ai sorti mon épée et on a commencé à se battre. Mon épée s'est brisée. Maintenant, je n'ai qu'un tronçon d'épée.

J'ai ramassé le tronçon du glaive, mais ça ne me sert plus à grand-chose. - M.Bouhafsi: Une de vos missions à l'Académie française est de rédiger le dictionnaire. "Rocambolesque", "tartempion", notamment, ont fait leur entrée dans le dictionnaire. - G.Durand: Je n'y suis pas. - M.Bouhafsi: La dernière édition remontait à 1935. "Rocambolesque", "rembobiner" et "tartempion"...

On a un peu de retard, à l'Académie française. - F.Sureau: Il y a des gens très compétents qui font le dictionnaire, des agrégés...

J'essaie quand même de mettre mon grain de sel. J'ai essayé de faire mettre le "tigron", le mélange du tigre et du lion. J'ai essayé de faire mettre le "reloup", croisement du renard et du loup.

J'ai failli réussir. Ils se sont rendu compte que je déconnais quand j'ai voulu mettre le "chelou", le croisement de la chèvre et du loup. - M.Bouhafsi: On a décidé de vous faire découvrir des nouveaux mots.

Vous êtes prêt? C'est des mots très difficiles. J'en ai même découvert certains.

Vous connaissez le glamping? - G.Durand: Pas du tout. - F.Sureau: J'imagine des trucs assez indicibles. - M.Bouhafsi: C'est un camping haut de gamme alliant confort, originalité et respect de l'environnement.

C'est du camping glamour. - F.Sureau: Haut de gamme et respect de l'environnement, c'est conventionnel. - M.Bouhafsi: Un pain.

C'est le mot des jeunes pour désigner une jolie fille ou un joli garçon. - F.Sureau: C'est l'inverse du thon. - M.Bouhafsi: Je sais que vous êtes proche de votre fils, qui est très jeune.

Un prompt...

C'est facile. - F.Sureau: C'est ce qu'on fait quand on fait de l'IA. - M.Bouhafsi: Les requêtes qu'on donne à l'IA.

J'ai lu que vous détestiez le mot "dépression". Les jeunes parlent de "goumin". Ca veut dire qu'on a un chagrin d'amour.

J'ai appris que F.Sagan vous a aidé à sortir d'un chagrin d'amour, G.Durand. - G.Durand: Je fais l'abruti... - M.Bouhafsi: F.Sagan vous a sorti d'un goumin.

Qu'est-ce qui s'est passé? - G.Durand: Ah là là là...

D'abord, j'adorais. A un moment, je bêlais comme un âne avant de rencontrer mon épouse parce qu'une fille charmante m'avais quitté pour un type beaucoup plus jeune au Venezuela. J'arrêtais pas de téléphoner.

J'allais au bois de Boulogne en chialant comme un abruti. Voyant mon état, elle m'a emmené dans une brasserie du 15e arrondissement avec son petit tailleur. Elle était adorable...

Elle m'a dit: "Guillaume, arrêtez. Vous êtes ridicule. Il est hors de question de continuer à téléphoner à cette jeune fille." Elle m'a fait une leçon de la gestion du désespoir amoureux.

Je me suis rendu compte que ça n'avait aucun rapport avec le désespoir ou l'amour. J'étais juste ridicule. - M.Bouhafsi: Vous vous êtes très bien relevé.

F.Sureau, vous avez conseillé beaucoup de politiques. - G.Durand: Il est plein de mystères. - M.Bouhafsi: On dit que vous murmurez à l'oreille des puissants.

Le parquet général a requis cette semaine 5 ans d'inéligibilité à l'encontre de M.Le Pen dans le cadre du procès des assistants parlementaires, ce qui rend sa candidature en 2027 de plus en plus hypothétique. Vous auriez rencontré discrètement M.Le Pen en juillet dernier pour la conseiller en vue de ce procès.

Vous lui avez dit quoi? - F.Sureau: Elle m'a demandé mon avis.

Mon métier est d'être avocat. Je lui ai donné mon avis. Comme je lui ai donné et que ça n'avait pas vocation à être public, elle peut raconter ce que je lui ai dit, mais je ne vais pas le dire. - M.Bouhafsi: Vous êtes porte-drapeau de la gauche social-démocrate... - F.Sureau: Elle n'avait guère de doute sur le fait que nos opinions n'étaient pas les mêmes. - M.Bouhafsi: Vous comprenez que votre rencontre ait pu étonner? - F.Sureau: On vit une époque très étrange.

Quand vous défendez quelqu'un, que vous partagez ses opinions politiques...

De plus en plus, quand vous défendez des gens accusés de choses malsaines, malpropres, vous êtes accusé d'en être en quelque sorte le complice. L'esprit de la défense a diminué avec l'esprit du droit. Les idées de M.Le Pen sont très éloignées des miennes.

En revanche, il y avait des choses à dire sur la manière dont son procès a été conduit. Ce sont des sujets qui m'intéressent, non pas parce qu'ils intéressent M.Le Pen, ses accusateurs ou les gens qui sont opposés à ses idées, mais parce qu'ils intéressent tout le monde.

La séparation des pouvoirs est faite dans l'intérêt des citoyens, pas des politiques. Ce sont des questions fondamentales qui ont tendance à disparaître dans ces affrontements binaires. - P.Larrouturou: Quelle est votre analyse ce soir?

Vous pensez qu'elle pourra être candidate à la présidentielle? - F.Sureau: J'en sais rien.

Les réquisitions peuvent être suivies ou pas, le parquet dit ce qu'il veut...

J'en sais absolument rien. par la Cour de cassation, qui a pris une décision qui n'est pas comparable à celle que j'aurais prise si j'avais été à la place de la Cour de cassation. Le détournement de fonds publics a été écrit dans le Code pénal pour éviter que les percepteurs foutent la main dans la caisse.

L'idée d'assimiler un parlementaire européen à une personne chargée de l'exécution de missions de service public est contestable en droit constitutionnel. Un parlementaire est titulaire d'un mandat national. Ce n'est pas un garde champêtre, un percepteur.

Il y a toutes sortes de choses très discutables en droit fondamental. Le vacarme actuel autour de ces questions rend très difficile le fait de s'exprimer là-dessus.