Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLCP (sur YouTube)· 1 mars 2025 14 min

Alexandra Martin, députée " Droite Républicaine" des Alpes-Maritimes | La politique et moi

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On peut faire de la politique sans forcément briguer de mandat. C'est ce qu'a fait mon invité pendant 35 ans avant de devenir député sous la double étiquette de la Droite républicaine et de Nouvelle énergie, le parti de David Lisnard. Générique ...

Bonjour Alexandra Martin. -Bonjour. -Parmi les combats que vous menez à l'Assemblée, il y en a un qui vous tient particulièrement à coeur : la lutte contre le harcèlement scolaire.

On va revoir l'extrait d'une question que vous avez posée au gouvernement en juin 2023. -En dépit de l'adoption de la loi visant à combattre le harcèlement et le cyberharcèlement, la tendance ne faiblit pas. Dans chaque classe, ce sont trois élèves qui y sont confrontés.

Les répercussions sont colossales : échecs scolaires, désocialisation et pour 61 % d'entre eux, pensée suicidaire. Vous avez annoncé que les mesures d'éloignement du harceleur est une solution de dernier recours. La victime subit alors la double peine.

Responsabiliser, c'est faire prendre conscience au harceleur de son délit. C'est à lui qu'il revient de quitter l'établissement, pas à la victime. -Alors si vous vous êtes emparée de ce sujet, c'est parce que vous le connaissez personnellement, vous avez vous-même été victime de harcèlement à l'école ? -Oui, j'ai été victime de harcèlement sans le savoir, parce qu'à l'époque où j'étais au collège, ce n'était pas un phénomène qui était connu.

Et c'est plusieurs années après, en m'intéressant au sujet, que j'ai pris conscience que j'avais subi du harcèlement au collège. Et c'est un fléau qui est grandissant, on le voit avec des chiffres qui sont absolument incroyables. Et j'ai travaillé effectivement sur ce sujet avec Nora Tirane Fraisse. -Vous dites que vous en avez pris conscience, mais comment ne pas en avoir pris conscience sur le coup ?

Qu'est-ce qui s'est passé quand vous l'avez vécu ? -On le subit. On subit les moqueries des camarades qui, à chaque instant, vous disent que vous êtes moche, que vous êtes nulle, qui ne veulent pas vous embrasser parce que ce n'est pas de bon ton pour vous dire bonjour.

Donc ce sont des choses qui, sur le moment, effectivement, affectent énormément, traumatisent... -Mais jusqu'à quel point pour vous ?

Parce que vous évoquiez les pensées suicidaires qui peuvent...

Plus de 60 % de victimes de harcèlement à l'école peuvent avoir des pensées suicidaires. Vous-même, c'est allé jusque-là ? -Non, je n'ai pas eu de pensée suicidaire, mais ça a affecté mon estime de moi, c'est certain, sur le long terme.

Après, il faut se reconstruire, avoir confiance en soi, avoir des parents qui vous donnent confiance en vous et puis avoir des réussites sociales, scolaires pour vous reconstruire. -C'est ça qui vous a aidé à sortir de ce moment-là ? -Oui, absolument.

Une résilience personnelle aussi, une résilience personnelle. Mais tout le monde n'a pas cette faculté d'avoir cette résilience personnelle, surtout dans des cas plus graves de harcèlement qui peuvent être physiques, bien sûr psychologiques et où ça peut amener très loin effectivement et le traumatisme peut rester longtemps. -En parallèle de votre engagement politique, vous avez longtemps présidé une association pour aider dans leur démarche les couples qui cherchent à adopter un enfant.

Là aussi, c'est votre histoire personnelle qui a guidé votre engagement sur ce sujet ? -Totalement, absolument. J'ai adopté mes deux enfants après un parcours très long pour tenter de tomber enceinte.

Et j'ai été dans cette aventure incroyable de l'adoption. -Et vous avez voulu aider ? -Et j'ai voulu rendre, oui, aider des couples... -Ceux qui passaient après vous sur ce chemin compliqué. -Absolument, oui, oui.

J'ai adopté mes deux enfants en Russie à l'époque. Et donc, effectivement, je me suis inscrite dans l'action d'une association qui s'appelait Adoption Russie. Et j'ai aidé effectivement de très nombreux couples ou célibataires à cheminer sur ce chemin qui amène à nos enfants.

Et c'était vraiment un moment merveilleux. Mais à un moment, il a fallu arrêter car je ne voulais pas que mes enfants vivent uniquement dans cette atmosphère d'adoption. Parce que mes enfants sont absolument dans mon coeur et dans ma chair aussi.

Et c'est vraiment quelque chose de fantastique. -A l'Assemblée, vous n'avez pas encore pris d'initiative sur ce sujet ? -Non.

C'est trop compliqué aujourd'hui. A mon époque, il était plus "facile" d'adopter à l'étranger. Et en France, aujourd'hui, c'est devenu très compliqué.

Donc, il n'y a pas beaucoup de voies pour améliorer la prise en charge et l'accompagnement de l'adoption. -Vous ne vous occupez pas que de sujets qui vous concernent personnellement, heureusement. Au moment de la dissolution, vous avez dressé un bilan chiffré qui est assez impressionnant de votre activité comme député. 26 propositions de loi, 1 486 amendements, 34 questions écrites, 42 interventions orales, tout ça en à peine deux ans de mandat.

Ces chiffres, ce sont un bon critère pour vous, pour évaluer l'activité d'un député ? -J'ai envie de vous dire, je n'ai pas fait exprès, le but là ce n'est pas du quantitatif. Le but c'était de pouvoir poser dans des propositions de loi ou des questions écrites ou des questions orales ou des questions en commission les sujets qui me tiennent à coeur et que j'avais envie de porter au sein de l'Assemblée nationale, des sujets qui tiennent à coeur à mes électeurs.

Et c'est ça qui m'a guidée. Ce n'est pas le quantitatif, c'est vraiment... -Pour les électeurs, c'est quelque chose qui compte, de donner ces chiffres comme ça ? -Je pense que ce qui compte auprès des électeurs, c'est de pouvoir leur dire que je me bats sur le régalien pour la délinquance des mineurs dès 2022.

Que je me bats effectivement contre le harcèlement scolaire ou pour les enfants en situation de handicap dans les écoles. C'est ça qui est important. -Vous expliquez : "J'ai compris assez tôt que tout était politique." Qu'est-ce qui vous a fait prendre conscience de ça et à quel âge ça s'est passé ? -C'est ce que je dis aux jeunes quand j'évoque la politique avec eux.

Je me suis engagée très tôt en fait dans la politique. J'ai compris très tôt que la politique dominait l'ensemble de la vie sociale et personnelle...

Au collège, j'ai commencé à m'intéresser aux partis politiques, aux projets, aux idées. Et puis, dès que j'ai eu l'âge de 18 ans, je n'avais qu'une seule idée en tête, c'était rentrer dans une permanence et prendre une carte dans un parti politique. En l'occurrence, celui qui était présidé par François Léotard, le Parti républicain. -Pourquoi lui ?

Et pourquoi ce parti ? -J'ai été...

J'avais la conviction que les idées de François Léotard, des idées libérales, humanistes et régaliennes, étaient la bonne combinaison pour la France. Je me suis engagée et ensuite j'ai été très constante et cohérente dans mon engagement militant, qui est pour moi très important. -Et dans les années 90, ensuite, vous avez travaillé au cabinet de Michel Mouillot, puis plus tard de Bernard Brochand, tous deux à la mairie de Cannes.

Vous avez ensuite dirigé le cabinet de David Lisnard à l'agglomération cannoise. Et c'est qu'après 35 ans de militantisme et 25 ans au service de ces hommes politiques que vous avez brigué un mandat. -Oui. -Pourquoi tout ce temps ? -Alors, en toute honnêteté, je n'ai jamais souffert d'être une femme en politique. -Vous dites : "Je ne suis pas une suffragette." -Non, je n'en suis pas une.

Alors oui, peut-être que la loi sur la parité m'a aidée. Mais je n'ai jamais cru que parce que j'étais une femme, je ne réussirais pas. Mon militantisme, ma carrière militante était très intense.

Mon métier aussi. Donc, ça suffisait en soi pour rendre service aux autres et pour avoir le sentiment d'être utile. Et puis ensuite, effectivement, j'ai eu la chance d'intégrer l'équipe de campagne de Bernard Brochand, de connaître David Lisnard à ce moment-là, en 2000-2001.

Et là, d'avoir une longue carrière auprès de ces deux hommes, qui a été exceptionnelle pour moi en termes d'expérience professionnelle et politique. -Alors, on a cité ces trois hommes politiques cnanois avec qui vous avez travaillé. Il y en a un qui compte quand même plus parmi les trois.

C'est David Lisnard, maire de Cannes aujourd'hui, mais également président de l'Association des Maires de France. Qu'est-ce qui vous a rapproché politiquement de lui ? -Je l'ai connu en 2000-2001, et j'ai tout de suite vu en lui des capacités extraordinaires.

J'ai cheminé politiquement à ses côtés et j'ai pu être le témoin actif du développement de sa personnalité politique. Et depuis 25 ans, effectivement, nous sommes côte à côte. Nous sommes liés par un ancrage politique local et aussi par une convergence de convictions très forte. -On a vu en photo les affiches de votre campagne.

Il est votre suppléant. Vous êtes la secrétaire générale de son parti. Comment vous fonctionnez ensemble ?

J'ai vu qu'en tant que député, il vous est arrivé de co-rédiger une proposition de loi avec lui. -Oui, plusieurs. Notamment sur la délinquance des mineurs en 2022.

En tant que président de l'AMF, il m'a dit : "Il se passe quelque chose. Il y a un phénomène qui est en train de croître et qui pourrit la vie des gens au quotidien." Il faut faire quelque chose. -Ethiquement, ça ne peut pas poser un problème, co-rédiger un texte ?

C'est vous qui êtes députée, ce n'est pas lui. Vous voyez ce que je veux dire ? -Co-rédiger, ça veut dire prendre de l'inspiration, prendre aussi le pouls du terrain, mais je le fais tout le temps.

Quand je rédige une proposition de loi, c'est avec mes électeurs que je le fais, avec l'opinion. C'était très important qu'on puisse ensemble poser le constat de ce problème de la délinquance des mineurs et puis commencer à apporter des solutions. -Quand il vous a soutenu en 2022, David Lisnard lui-même a expliqué : "J'ai besoin d'une députée qui soit loyale".

Ca donne l'impression que vous n'êtes pas totalement libre, que vous êtes un peu au service de David Lisnard. Qu'est-ce que vous répondez ? -David Lisnard est un libéral, donc il n'est pas question pour lui de m'enchaîner à quoi que ce soit.

Nous fonctionnons en équipe. Vous l'avez dit, j'ai travaillé comme directrice de cabinet au sein de l'agglomération Cannes Lérins, donc j'ai une proximité avec les maires. Le fait qu'il ait accepté d'être mon suppléant à la députation, ça voulait dire qu'on voulait marquer cette cohésion entre le député et le maire, et tous les maires de ma circonscription qui, en quelque sorte, sont députés maires.

Vous avez aussi été très proche politiquement d'une autre personnalité de votre région, Eric Ciotti, sur les questions de sécurité, de répression de la délinquance des mineurs notamment. Et je crois que vous n'avez pas réagi tout de suite quand il a décidé de rallier Marine Le Pen en 2024. Pourquoi ?

Est-ce que vous avez hésité à suivre ce mouvement ? -Non, je n'ai pas hésité, mais il faut se remettre dans le contexte. On apprend le soir des européennes par Emmanuel Macron, qu'il va y avoir dissolution.

Le lendemain ou le surlendemain, j'apprends en regardant en direct le 13H de TF1 qu'Eric Ciotti décide de rallier le RN et donc de quitter les Républicains. Donc c'est assez énorme. Et sur la forme, pour moi, c'était impossible de le suivre parce que c'était une décision stratégique très importante qu'il aurait dû partager avec les cadres du parti, avec les députés.

C'était la moindre des choses. -On va conclure l'émission avec notre quiz habituel. Le principe, c'est que je vais vous proposer des phrases et que vous allez devoir les compléter.

Quand il y avait deux Alexandra Martin députées ? -C'était compliqué. Ca a posé des problèmes logistiques, notamment, et de communication à l'Assemblée nationale. -C'était la suppléance de Thomas Cazenave. -Absolument.

C'était ou changer de nom ou ajouter notre département, c'est ce que nous avons fait. J'étais Alexandra Martin, Alpes-Maritimes. Ca faisait beaucoup rire dans l'hémicycle. -Etre députée, c'est renoncer à ? -C'est devoir concilier. -C'est pas renoncer, c'est concilier. -Oui, c'est concilier.

Non, on ne renonce à rien. Je suis maman. Voilà, on en a parlé.

Pour moi, impossible, évidemment. Et je n'en ai absolument pas envie de renoncer à ma vie de maman, à ma vie d'épouse et à mes loisirs aussi et à ce qui me fait plaisir, mais on doit beaucoup concilier, on doit avoir un conjoint qui comprend beaucoup, qui est très aidant, et des enfants qui comprennent, mais c'est un jonglage, mais on le fait avec, je le fais avec mon coeur, et dans les moments où je peux, je m'occupe beaucoup de mes enfants. -En 2027, David Lisnard... -Il sera président de la République. -Vous y croyez, vous êtes convaincue ? -Oui, personnellement, j'y crois énormément.

Je le pousse à ça, parce que je crois qu'il a toutes les capacités et les compétences pour être un bon président de la République. Une vision du pragmatisme, c'est une bonne alchimie pour être un homme d'Etat. -Merci beaucoup, Alexandra Martin, d'être venue dans La Politique et moi. -Merci.

Générique