DECENTRALISONS ! | Entretien avec Carole DELGA
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'attente du peuple français, c'est d'avoir des réponses à leurs problèmes. Et c'est pourquoi la décentralisation est la bonne solution. Parce que quand la décision est rapprochée du terrain, il y a une plus grande efficacité et également une plus grande réactivité. Il faut donc que l'État se concentre sur ses missions régaliennes, que ce soit la justice, la sécurité, l'international. Et il faut permettre aux collectivités locales d'être dans le quotidien, dans l'action. C'est-à-dire plus de doublons avec les services de l'État, l'économie, que ce soit les régions qui l'assument clairement.
Et puis également une répartition des compétences, une répartition des missions entre les départements, les régions, les communes et les intercommunalités. Il faut avoir une simplicité, une proximité, une efficacité dans l'action publique. C'est ce que nous demandent nos concitoyens. La décentralisation a quand même de nombreux succès. On part de loin en France parce que c'est un pays qui était très centralisé. Cela a été nécessaire pour créer vraiment la nation. Il fallait avoir un État très fort. Un État qui était en fait le contraire de Jacobin, qui était vraiment très girondin. Et aujourd'hui, il y a une maturité politique dans nos territoires.
Il faut que cette république des territoires, elle existe pour renforcer la république une et indivisible. On doit avoir plus de possibilités aux initiatives locales. Les Françaises et les Françaises qui nous disent qu'il y en a ras-le-bol, il y a trop de normes, il y a trop de complexités, il y a trop de règlements. Donc il faut libérer les énergies. On libère les énergies en faisant en sorte que la décision soit le plus proche possible du terrain. Et sur les grandes questions nationales, comme bien entendu l'éducation, comme la santé, comme la sécurité, c'est l'État qui est présent.
Mais ensuite sur la réactivité, sur l'économie, sur la formation professionnelle pour lutter contre le chômage, sur les aides aux entreprises, sur la question des mobilités. C'est cela qui a déclenché la crise des Gilets jaunes. Il faut trouver à chacun une possibilité de se déplacer de façon respectueuse de l'environnement et en préservant le pouvoir d'achat. Donc c'est cela, notre enjeu, c'est avoir une nouvelle étape de décentralisation pour mettre en place un nouveau modèle de développement. Moins consommateurs d'énergie, moins consommateurs de fonciers agricoles, mais aussi un nouveau modèle de développement qui va réduire les inégalités sociales.
Le sentiment d'injustice est très fort dans ce pays. Et donc il faut rassembler les gens et permettre à chacun de pouvoir être acteur de son avenir et de ne pas se sentir assigné à résidence.
Carole Delga