La grande interview : Eric Coquerel
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Et notre invité ce matin dans la grande interview CNews et Européens, c'est Éric Coquerel. Bonjour à vous. Bonjour.
Député de la France Insoumise, président de la Commission des Finances. La bataille du second tour des municipales est engagée dans les grandes villes de France. On va l'évoquer dans un instant, notamment avec les alliances entre le PS et votre parti, la France Insoumise.
Mais d'abord un mot de Paris. Sophia Chikirou a maintenu sa candidature après le refus d'Emmanuel Grégoire de nouer une alliance avec elle. Est-ce que vous ne prenez pas le risque de faire perdre la gauche finalement dans la capitale ?
En tout cas, M. Grégoire a pris ce risque de faire gagner Mme Dati éventuellement. C'est lui qui le prend.
C'est une responsabilité très forte. Alors heureusement, en réalité, il répond aux consignes du Parti Socialiste, pas d'alliance avec France Insoumise, qui est à mon avis suicidaire et qui, transposé dans des futures élections, est la meilleure manière d'ouvrir la voie à l'extrême droite. Vous l'avez vu, il y a plein de villes dans lesquelles les militants socialistes, les électeurs, qui ne sont pas du tout d'accord avec ça, puisque vous avez vu qu'il y a un sondage qui dit que deux tiers des électeurs du NFP sont pour des alliances entre la gauche, France Insoumise et le PS.
Au deuxième tour des élections, donc c'est décalé. Et lui, malheureusement, il a maintenu cette stratégie qui rend une stratégie suicidaire. Parce que je vous rappelle qu'au deuxième tour, traditionnellement, dans les municipales, on se rassemble.
Il n'y a pas de désistement, ça n'existe pas, ça c'est législatif. Non mais ça c'est Marseille par exemple. Je veux vous poser le cas de Marseille, M.
Delogus se retire. Oui, on l'a fait parce qu'à Marseille, c'est le Rassemblement National et vous savez que nous faisons une différence, nous encore, entre l'extrême droite et le reste des partis. Du moins, ça dépend comment ils sont représentés.
On fait une différence par exemple entre M. Alizio et Mme Dati. Donc à partir du moment où on fait ces différends, on ne peut pas nous demander, nous partout, d'accepter Lucas du PS qui serait de dire, écoutez, vos électeurs, on en veut bien, mais vous, du vent, ça ne marche pas.
Alors est-ce que vous faites allusion à M. Grégoire qui, là, n'a pas l'alliance avec la France insoumise, mais qui a pris vos voix, évidemment, en 2024 lors des législatives, lorsqu'il a été élu sur l'étiquette NFP ? Là, il n'est pas cohérent pour vous ?
Là, vous venez de pointer tout le problème, aujourd'hui, du Parti Socialiste. Mais vous savez, il n'y a pas que le Parti Socialiste. J'ai entendu M.
Macron parler qu'il ne voulait pas d'alliance avec les extrêmes. Enfin, les macronistes ont été très heureux en juillet 2024. Quand on s'est retiré dans beaucoup de circonscriptions, ils ont maintenu 50 députés de plus du fait d'avoir ça, parce que 72% de nos électeurs ont suivi la consigne.
Maintenant, tout d'un coup, ils font le nini. Mais c'est pour eux, c'est suicidaire. La preuve, d'ailleurs, parce que vous aurez remarqué qu'au fur et à mesure des élections, le macronisme disparaît du paysage politique.
D'accord, effectivement. Est-ce que sur Paris, vous avez refusé, il a refusé Emmanuel Grégoire à l'alliance avec LFI ? Mais est-ce qu'il n'est pas, pour lui, dans une impasse ?
Est-ce que c'est lui le véritable adversaire et pas Rachida Dati, au fond, pour Mme Chikirou ? Non, pour nous, c'est Rachida Dati. Sophia Chikirou l'a répété hier soir.
On ne souhaite pas que Mme Dati, notamment pour la politique qu'elle propose, par exemple sur le logement social, qui est absolument une catastrophe, la politique qu'elle propose sur la baisse des services publics, vous savez qu'on est opposé. Mais nous, on est logique. Parce que, figurez-vous, si le parti socialiste, et M.
Grégoire, qui a été un de ceux qui, vraiment, n'a pas voulu voter la censure, avaient censuré les macronistes, et Mme Dati, dont elle faisait partie du gouvernement, aujourd'hui, on aurait eu des législatives anticipées avant les municipales. On aurait eu l'occasion de donner un coup au but encore plus important. Malheureusement, ils ne l'ont pas voulu, et on se retrouve dans cette situation.
Mais Mme Dati est notre adversaire. D'absolument, ce que nous disons aux Parisiens, c'est qu'après tout, pourquoi les filles ne seraient pas le meilleur moyen d'éviter Mme Dati ? Sophia Chikirou a beaucoup insisté avec Rachida Dati hier sur le scandale du périscolaire, ces agressions sexuelles dans des crèches, ou pour des sueurs de très jeunes enfants à Paris, il y a 52 animateurs qui sont devant la justice.
Est-ce que vous considérez qu'Emmanuel Grégoire est le responsable du plus grand scandale pédocriminel à Paris ? C'est un sujet délicat, je le vois bien, qui touche à des faits qui sont, pour certains, monstrueux. Des viols sur des enfants de 3 ans ?
Oui, donc c'est monstrueux. Il n'y a pas qu'à Paris, il y a d'autres endroits en France. En Seine-Saint-Denis aussi ?
À Saint-Ouen, ça a eu lieu. Il y a eu des choses qui se sont passées, les parents se sont montés il y a quelques temps. Mais la question, moi je ne dirais pas qu'Emmanuel Grégoire est responsable direct de ces scandales.
Mme Dati dit qu'il était responsable du recrutement de ces agents. Mais dans pas mal d'endroits, c'est des choses qu'on a découvert après. Par contre, une fois que ça existe, il faut avoir des solutions.
Et ce que je constate, c'est que les solutions, c'est Mme Chiquirou qui les propose. Parce qu'effectivement, Sophia Chiquirou dit, maintenant il faut donner les moyens. Si on veut former les gens, si on veut les sélectionner, si on veut faire en sorte qu'il y ait toujours deux éducateurs, à chaque fois avec un jeune enfant, il faut les moyens.
Donc c'est plus de budget, c'est plus de budget, évidemment. C'est plus de budget, c'est plus de formation, c'est plus de considération aussi vis-à-vis des éducateurs qui vaut mieux payer, etc. Et pour éviter ce genre de problème, on se retrouve en réalité avec des prédateurs qui se retrouvent en face de jeunes enfants.
Et ce que je constate, c'est que pour l'avenir, je n'ai pas entendu M. Grégoire, mais pas plus Mme Dati qui veut baisser les budgets. Je ne sais pas très bien comment elle pourra faire.
Donner des solutions, la seule qu'il a fait effectivement, c'est Mme Chiquirou. Mais en tant que président de la Commission des Finances, j'imagine que vous avez compté 10 milliards d'euros de dettes à Paris. Vous allez creuser cette dette-là ?
Non, pas forcément. On peut peut-être à un moment donné aussi estimer que...
Alors d'abord, moi, je ne suis pas forcément contre le fait d'augmenter les impôts de manière ciblée par rapport aux plus riches, etc. Deuxièmement, il y a une bataille à mener. Mais nous, on l'a menée nationalement.
M. Grégoire ne l'a pas menée. Parce que figurez-vous, dans le budget que M.
Grégoire n'a pas censuré, il y a 2 milliards de moins de dotations pour les communes. Donc il y a une répercussion. Nous, on est pour mener la bataille nationalement.
Faire en sorte qu'en 2027, on ait une autre politique qui permette à nouveau que les collectivités respirent, que des villes, effectivement, aient plus de moyens. Voilà, c'est un tout dans l'ensemble, une bataille à mener localement, une bataille à mener nationalement. Le problème, c'est que nos deux adversaires, l'une est pour l'austérité et l'autre est pour laisser passer l'austérité.
Donc c'est eux qui sont en contradiction. On a parlé de Paris, on va parler du national. Il y a beaucoup d'alliances entre le PS et les filles.
Vous êtes réjouis que le PS renonce à une ligne suicidaire à gauche. M. Mélenchon, lui, dit carrément, plus aucune ville à gauche ne pourra être emportée sans nous.
Notre capitale d'amnistie est épuisée. Vous voulez la peau du PS, Eric Coquerel ? Non, on ne veut pas la peau du PS, on veut la peau de cette stratégie suicidaire qui ouvre la voie à l'extrême droite.
Je pèse mes mots. Parce que ce qui se passe depuis un an et demi, le Front républicain a été explosé par la responsabilité d'avoir des républicains, qui préfèrent maintenant, on le voit bien en réalité, alors ça passe pour l'instant par reconquête, mais un jour vous verrez, ça sera le RN des alliances avec l'extrême droite, plutôt qu'avec les autres formations, on va dire, de l'art républicain. Il n'y en a pas, alors je parle, il n'y a pas d'accord.
Avec reconquête, excusez-moi, M. Retailleau l'ouvre, et moi je considère que reconquête est à l'extrême droite. Donc, et pour l'instant, vous verrez, vous verrez, en cas de deuxième tour...
Vous parlez de Nice, là ? Vous parlez de Nice, pour M. Retailleau ?
Je parle de Nice, mais je parle des déclarations de M. Retailleau, je l'ai bien entendu. M.
Retailleau est reconquête ? Dans les manières, bon, il tend la main jusqu'à Benoît-Affaut, etc., je l'ai bien entendu.
Donc je vous dis que, et on le voit bien aussi à l'Assemblée, où vous avez la droite républicaine maintenant qui reprend, enfin ex-républicaine, qui reprend, j'allais dire, du contenu du programme du RN, parfois pire, parfois pire. Il n'y a pas d'alliance entre LR et le RN, mais bon, voilà. Alors qu'il y en a entre le PS et la LFI, beaucoup.
Je vous dis que vous aurez des alliances entre l'extrême droite et la droite dans les années à venir, et je le regrette parce que la droite républicaine a beaucoup fait un tabarrage. Donc ça, c'est le premier constat. Après, vous avez les macronistes qui sont passés de juillet 2024 de désissement au Nini.
C'est suicidaire, ça explose le Front républicain. Donc il faut au moins que la gauche soit capable, elle, de se rassembler contre l'extrême droite. Et la ligne qui veut que M.
Glucksmann est le plus caricatural, M. Hollande, qui veut qu'il n'y ait plus ça, mais mathématiquement, ça va les faire perdre. Mais il considère que la France insoumise est un danger et que la France insoumise est antisémite.
Je dis, on ne peut pas aller au combat contre l'extrême droite avec un boulet aux pieds comme les filles, disent-ils. Qui dit ça ? Alors ça, c'est M.
Glucksmann. Voilà, M. Glucksmann.
Que représente M. Glucksmann en termes...
Il est gentil, M. Glucksmann. C'est intéressant.
Bon, il prend les calomnies vis-à-vis de nous qui sont véhiculées par le système pour nous affaiblir. Parce que l'idée, c'est d'affaiblir. Ces gens-là n'ont jamais accepté que la gauche de rupture que nous portons devienne majoritaire à gauche.
Donc pour eux, l'objectif principal, ce n'est pas de battre l'extrême droite et la droite, c'est de nous attaquer. C'est pour ça que vous voulez les détruire ? Non, c'est eux qui veulent nous détruire.
Parce que quand vous agitez l'antisémitisme ou la violence ou je ne sais quoi, ce sont des choses calomieuses vis-à-vis de nous...
Ce n'était pas une saillie antisémite d'écorcher ces noms-là ? Laissez-moi finir, laissez-moi finir le...
M. Gluckman, M. Epstein...
Non, Jean-Luc Mélenchon s'est largement exprimé là-dessus. C'est une chose de prononcer des noms comme M. Epstein ou M.
Epstein, c'est ça ? Je ne sais pas, je vous laisse...
Parce que je sais que ça a été fait bien avant Jean-Luc Mélenchon, notamment pour indiquer peut-être des filiations russes, c'est là-dessus qu'il répondait. Et M. Gluckman, le jour où il l'a fait, et il a regretté après d'utiliser la prononciation des noms, parce qu'on voit bien l'instrumentalisation qui peut être faite, il l'avait fait envers plein d'autres personnes ce soir-là là-dessus.
Donc il n'y a aucune, évidemment, inclinaison antisémite de Jean-Luc Mélenchon. Et c'est une calomnie de nous le dire. Par contre, ce que je constate, c'est que ce n'est pas nouveau de le faire.
En réalité, ces gens-là le font, notamment depuis nos prises d'opposition par rapport au conflit israélo-palestinien, où on considère qu'Israël mène une guerre génocidaire vis-à-vis des palestiniens. Ça, le fait d'avoir dit ça, nous classe du côté pour eux des antisémites. Donc c'est des calomnies.
Et ces calomnies visent à nous détruire. Le problème, c'est qu'au nom de ça, M. Gluckman préfère qu'il y ait des villes gérées par la droite, voire l'extrême droite.
C'est ça qu'il veut, avant même peut-être le pays, parce que s'il continue comme ça l'année prochaine, vous voyez où ça peut amener. Et ça, les gens ne l'acceptent pas. Les électeurs de gauche, les militants de gauche sont beaucoup plus intelligents que certaines personnes qui les dirigent aujourd'hui et qui ne représentent plus grand-chose dans le pays.
Mais alors, j'ai du mal à comprendre si à gauche, ce sont vos alliés ou des gros combinards, pas difficiles à acheter, comme l'a dit Jean-Luc Mélenchon. C'est difficile de se faire des alliés en leur crachant dessus. J'ai pas de problème.
Non, non, non. Mais eux, ils nous crachent beaucoup dessus. Regardez bien un peu sur tous les réseaux sociaux.
Mais qui importe la preuve avec ces accusations d'antisémitisme, le moins qu'on peut dire, c'est que c'est la pire façon de cracher sur des gens que de dénoncer des gens qui sont profondément antiracistes et qui combattent l'antisémitisme depuis des décennies, comme Jean-Luc Mélenchon le fait ou comme je le fais, de ce point de vue-là. C'est la pire des insultes, si vous voulez. Donc de ce point de vue-là, il n'y a pas un concours d'élégance qu'ils ont perdu.
Mais si ces gens-là le font, nous considérons malgré tout qu'au deuxième tour des élections, entre la droite, l'extrême droite et des alliances à gauche, nous préférons des alliances à gauche. Voilà, c'est ça qui nous conduit parce qu'on ne veut pas le plus...
On a compris le message. Un mot, Éric Coquerel, de cette prise de parole hier de Jean-Luc Mélenchon. Vous allez m'éclarer.
Il a dit, il a bien fallu qu'un jour, pour qu'un ou une se mette debout sur ses pattes à l'autre bout du continent africain, pour qu'à la fin ici, vous soyez en train de faire les malins tout blanc, tout moche que vous êtes. Est-ce qu'il y a une obsession...
Il parlait aux fascistes et aux réactifs. En tout cas, il parlait devant une salle où il y avait des militants de la France insoumise. Est-ce qu'il y a une obsession pour la couleur de la peau à la France insoumise ?
Non, non, il n'y a pas une obsession pour la couleur de la peau. Il y a une obsession des racistes qui ont lancé une polémique parce que Jean-Luc Mélenchon...
Non, mais je vous demande d'expliquer ces propos. Tout blanc, tout moche que vous êtes. Je redonne le contexte.
Il y a eu...
Jean-Luc Mélenchon a osé dire à un moment donné que l'apport du monde musulman, notamment par exemple dans les vitraux des cathédrales, et notamment Saint-Denis, que nous avons gagné, deuxième ville de France, où les arcs brisés venaient de la science arabe et de la science musulmane. Il a osé le faire. Là, on lui est tombé dessus en disant...
Ce n'est pas exactement ce qu'il a dit hier soir. Si, si, si. Écoutez, vous allez voir, ça part de ça.
Et il parle justement des gens qui ont contesté ça au nom d'un racisme qui monte tout de suite. Et il a dit que par rapport à ces gens, ces réacs, ces fachos qui sont souvent, effectivement, blancs de peau, parce qu'eux-mêmes, je veux dire, quelque part, leur revendiquent...
Comme vous et lui. Mais oui, mais là, je ne parle pas des blancs-gères. Je vous parle des gens qui, la plupart du temps, ils sont blancs.
Et c'est bien d'à partir de ça qu'ils établissent un racisme par rapport aux personnes qui ne sont pas blanches. Donc c'est eux qui, de ce point de vue-là, se prononcent ainsi. Et ils leur répondaient sur ce contexte-là.
Vous, vous avez dit que vous vouliez des mères racisées. Il faut que les prochains mères du 9-3, du 93, aient la couleur de peau des habitants du 93. Ça veut dire qu'un maire blanc ne pourrait pas bien représenter des gens de couleur ?
Et qu'un maire de couleur ne pourrait pas représenter des blancs ? Si je vais au bout de votre logique...
Non, non, pas du tout. Ce n'est pas une sélection de couleurs. C'est le fait de se donner la garantie que la gauche renoue avec les classes populaires.
Parce que pendant des années, notamment sous l'effet du PS, il y a une séparation. Les classes populaires, ça veut dire ceux qui habitent dans les quartiers et qui sont socialement très souvent les plus défavorisés. Et il se trouve qu'en Seine-Saint-Denis, si vous voulez en faire en sorte que les classes populaires soient représentées, à un moment donné, ça se voit, pour la bonne raison, c'est que la plupart des classes populaires en Seine-Saint-Denis sont issues de l'immigration, et notamment l'immigration liée à nos anciennes colonies.
Donc ce que nous avons voulu dire, c'est qu'on ne peut pas continuer à faire en sorte, la gauche ne peut pas continuer à faire en sorte, que quelque part, elle-même en réalité, sélectionne ses mères, en dehors justement des habitants de ces quartiers. C'est-à-dire qu'il y a une espèce de tri social. Et s'il y a tri social, inévitablement, il y a tri racial pour ceux qui le pratiquent.
Nous, on ne veut plus le pratiquer, et la meilleure manière de le démontrer...
Mais un art de couleur blanche peut représenter tous ses concitoyens, quelle que soit leur couleur de peau. Oui, mais quand vous avez une très large majorité de concitoyens dans les quartiers populaires qui ne sont pas blancs, comme vous dites, si à chaque fois, dans chaque élection, vous avez des maires, et notamment la gauche présente des maires qui sont blancs et qui viennent très souvent d'ailleurs d'autres endroits, vous avez un problème. Donc nous, nous sommes très fiers, vous savez, c'est un peu la même chose.
Le Parti communiste en 1936, il était très fier d'avoir amené les premiers ouvriers à l'Assemblée nationale. Eh bien nous, nous sommes très fiers de faire en sorte que les majorités, les maires, soient, j'allais dire, représentent davantage les habitants, les quartiers, et dans ces cas-là, il faut que ça se voit. Vous n'êtes pas le seul parti, il y a de nombreux partis qui le font.
Ah non, non, non, c'est pas vrai ce que vous dites. Regardez bien, par exemple, qui a permis de faire en sorte à l'Assemblée nationale qu'on ait une députée qui soit femme de ménage de l'hôtel Ibis. Il n'y en a pas beaucoup, c'est nous qui l'avons permis.
Ou quelqu'un comme Caroline Fiat, qui est blanche, vous voyez que ce n'est pas la question de la couleur de peau, qui travaillait dans les EHPAD en étant assistante dans les EHPAD. C'est nous. Nous, nous souhaitons que les élus de ce pays ressemblent aux classes populaires de ce pays.
Ils sont très largement majoritaires. Et à un moment donné, ça se voit, y compris sur la couleur de peau, du fait de l'immigration. Un mot sur le voile, parce qu'à Châlons-sur-Saône, des élus de la France Insoumise ont milité pour permettre aux conseillères municipales de porter le voile.
Ils ont saisi le tribunal administratif de Dijon pour modifier le règlement intérieur du conseil municipal. Le tribunal administratif a tranché. C'est un refus.
Les conseillers municipaux devront conserver une tenue vestimentaire stricte, strictement neutre. Ce dont c'est félicité, Gilles Platteret, le maire de Châlons-sur-Saône. C'est du prosélytisme ce que vous voulez faire ?
Non, non, pas du tout. Moi, je crois qu'il y a deux questions là-dedans. Il y a deux questions.
Moi, je suis pour respecter les règlements. À l'Assemblée nationale, il y a des règlements. Donc, pas de voile à l'Assemblée.
Non, justement. C'est intéressant ce que vous dites, parce que vous traduisez tout sur la question du voile. Je vous pose la question.
À l'Assemblée nationale, ce n'est pas pas de voile, c'est par exemple, vous ne pouvez pas avoir un couvre-chef sur la tête. Point. Et il y a eu un épisode à l'Assemblée nationale, alors là, pour le coup, totalement scandaleux, parce que ce n'était pas dans les élus, c'était dans le public, où Mme Brounepivet a dit, les jeunes femmes, reprenant un élément venant d'un média totalement d'ultra-droite, des jeunes femmes sont voilées, ce n'est pas normal qu'elles soient voilées.
Là, elle est partie sur quelque chose qui n'est pas l'application du règlement, qui est discriminatoire. Parce qu'en réalité, si des jeunes femmes ne peuvent pas être voilées dans le public à l'Assemblée nationale...
Je parlais de petites filles. Oui, je parlais de petites filles, mais qu'importe...
Non, elle était adolescente, mais enfin bon. Ça compte. Elle était adolescente, elle n'est pas petite fille.
Je vois bien la chose qui est derrière. Donc, elle aurait dû le dire, elle aurait dû dire, ils doivent respecter...
Donc, pas de voile dans les conseillers municipaux, on est d'accord ? Donc, je vous répète, je suis pour respecter les règlements des conseillers municipaux. Et si après, il y a maintenant une question qui se pose par rapport à telle ou telle religion qui n'a pas été statuée dans la loi, ça doit être discuté dans la loi.
Puis chacun donnera sa position là-dessus. Mais le tribunal administratifaire a tranché, ça pourrait faire jurisprudence. Il a donné sur le règlement.
Mais le maire a tort, parce qu'il a modifié son règlement, non pas en fonction, dans les faits, en fonction de tenue vestimentale. Il le transforme en outil discriminatoire par rapport à une seule religion. Je pense que de ce point de vue-là, il a tort de le faire comme ça.
Parce que là, du coup, on voit bien que c'est tourné vers une seule religion. Moi, je pense qu'il y a besoin d'un débat sur ces questions parce que le fait religieux remonte partout en France. On marquerait.
Et les signes distinctifs, c'est pas seulement le voile. Donc, je trouve que ça serait intéressant parce qu'il n'a pas été statué par la loi encore. Ça, justement, ça serait intéressant d'avoir un débat suivra ce dossier.
Vous êtes le président de la commission des finances, Éric Coquerel. En fin de semaine dernière, le gouvernement et les distributeurs avaient promis des baisses de prix à la pompe, d'au moins 20 centimes par litre, notamment pour le guiseuil. Or, chacun le constate, les prix explosent.
Qu'est-ce que vous proposez ? Qu'est-ce que vous demandez ? Là, par exemple, l'Italie vient de baisser les taxes sur le carburant.
Quelle est la proposition de la France insombre ? C'est ce que propose aussi l'extrême droite. Le problème du taxe sur le carburant, c'est que c'est nous qui payons.
Il y a moins d'impôts, il y a moins de recettes, etc. Donc, il ne peut pas y avoir de solution sans blocage des prix. Parce que si vous baissez les taxes et vous ne bloquez pas les prix en plus, on l'a vu par le passé, les prix peuvent continuer à augmenter.
Nous, nous sommes pour l'application...
Avec le risque d'endurre des pénuries. Nous sommes tout de suite pour l'application du code du commerce. C'est le L412, vous voyez précisément, qui permet, qui a déjà été utilisé en Guadeloupe, qui a été utilisé en 90 sur la gare du Golfe, qui a été utilisé sur les gels hydrauliques, les masques et les gels pendant le Covid.
C'est-à-dire qu'ils permettent à la fois de bloquer les prix à la consommation et en plus de bloquer les marges. On peut choisir, par exemple, de bloquer les marges des raffineurs. Total a beaucoup gagné depuis plusieurs années en termes de dividendes, de profits.
Donc, je préfère, en gros, que ce soit Total qui paye, surtout que c'est une guerre beaucoup déclenchée au nom du pétrole, que ce soit l'État ou les citoyens français. Voilà notre position. Et je vais auditionner le ministre Lescure, la semaine prochaine, dans ma commission, sur toutes les conséquences économiques et financières de la guerre du Golfe, déclenche la guerre au Proche et au Moyen-Orient, déclenchée de manière légitime par M.
Trump et Netanyahou. C'est aussi une chose qu'on doit dire. Et on va parler notamment de cette question.
Je pense qu'il faut agir très vite. Mais sur cette baisse des prix à la pompe, encore une fois, pourquoi ne pas baisser les taxes ? Le carburant est taxé à plus de 60%.
Ce n'est pas une des solutions à votre disposition ? Si vous baissez les taxes, c'est nous qui payons. Parce que, d'une manière ou d'une autre, les impôts qui servent à payer les services publics, qui servent à payer tout ça, c'est nous qui...
S'il y a 20 milliards de moins, en gros, on pense qu'un TVA 5,5, c'est 20 milliards de moins, eh bien, on va tous en pâtir. Donc, je préfère qu'on ne préserve pas les raffineurs, tous ceux qui ont de larges bénéfices. Total, vous demandez à l'État de compenser comme ça ?
Non, mais ce n'est même pas nécessaire. Ce n'est pas ce que prévoit le Code de commerce. Une dernière question concernant les municipales.
Combien de villes comptez-vous espérer l'emporter ? Est-ce qu'en dessous de 10 villes, vous considérez que c'est un échec ? Vous avez remporté Saint-Denis.
Est-ce que vous en souhaitez d'autres ? Vous savez bien que c'est déjà une grande victoire. Personne ne nous attendait là où on est.
Du fait des attaques qui avaient été sur nous, j'espère vraiment qu'on va évidemment gagner Houbaix. Ça sera déjà un très bon bilan. On va avoir des centaines de concierges municipaux qui vont rentrer partout.
Et un groupe au Sénat ? On va permettre, excusez-moi, que des villes restent à gauche ou passent à gauche dans des alliances que nous avons réussi à faire avec des socialistes intelligents et qui ont le problème de l'intérêt général en tête. Et si en plus de ça, évidemment, là, ça sera la cerise sur le gâteau.
Si en plus de ça, on peut évidemment gagner Toulouse ou des villes comme la Courneuve que je pense qu'on va gagner aussi en 1993 ou Bondy, ça sera évidemment des réussites très importantes par Limoges. Donc vous voyez bien que le fait simplement de dire qu'il peut y avoir des maires et les filles dans ces très grandes villes, je vous cite, c'est déjà une victoire. Et c'est vraiment une préfiguration de la campagne de 2027.
Jean-Luc Mélenchon veut, dit-il, l'emporter démocratiquement pour imposer un programme de rupture ? C'est ça ? Vous mettez en place le scénario de 2027.
Bien sûr. Qui vous mettrait face au RN. Vous avez raison de le préciser, c'est toujours par les urnes.
Je le dis par rapport à...
Comment ? C'est ce qu'on dit, c'est ce qu'on fait. Ce ne serait pas la stratégie du chaos.
Comment ? Ce ne serait pas la stratégie du chaos ni de la guerre civile. Mais non, évidemment.
La guerre civile, c'est ceux qui ne permettent pas justement que par les urnes se règlent des problèmes, notamment ceux qui imposent des 49-3 successifs parce qu'ils sont minoritaires sur le budget ou qui refusent de faire voter une réforme sur les retraites parce qu'ils sont minoritaires. Cela risque la guerre civile. Nous, c'est toujours par les urnes.
Le peuple a toujours raison. Éric Coquerel était notre invité ce matin. Merci à vous.
Bonne journée sur CNews Europe.
Éric Coquerel