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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 11 août 2023 17 min

Chômage, inflation, prix de l'électricité... Le "8h30 franceinfo" de Guillaume Kasbarian

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Guillaume Casbarian, vous êtes donc député de la majorité de Réloir, président de la commission des affaires économiques et sociales. 20 000 chômeurs de plus au deuxième trimestre, le taux de chômage en France en très légère hausse à 7,2% d'après l'INSEE ce matin, contre 7,1% au premier trimestre. Est-ce que vous croyez toujours possible cet objectif de plein emploi en France comme la première Emmanuel Macron ?

0:29
Guillaume Kasbarian

Écoutez bien sûr, moi ce que je note là c'est surtout une stabilité en réalité du taux de chômage, on était à 7,1, là on est à 7,2, grosso modo on est autour de 7,1, 7,2. Et je rappelle qu'on a eu une baisse spectaculaire du taux de chômage depuis 2017, on était à 9,5 quand on était en 2017, aujourd'hui on est plutôt sur le coût des 7. Donc il y a déjà eu une baisse spectaculaire du taux de chômage.

0:51
Présentateur

Mais cette baisse s'interrompt aujourd'hui.

0:52
Guillaume Kasbarian

Et elle se stabilise dans un contexte international qui n'est pas évident, qui n'est pas simple, mais nous croyons toujours possible de pouvoir atteindre le plein emploi. Et c'est tout le sens d'ailleurs des réformes que l'on mène, à commencer par la réforme de l'industrie verte que nous avons étudiée à l'Assemblée Nationale il y a quelques semaines, et que nous allons continuer à travailler. De même la baisse de la fiscalité, le caractère attractif, compétitif de notre fiscalité, ce sont des choses que nous mettons en place pour continuer cette logique de création d'emplois et de baisse du taux de chômage.

Et donc oui, l'objectif d'avoir un plein emploi est toujours sur la table, et donc on note une stabilité là ce trimestre.

1:26
Présentateur

Mais est-ce que ça n'est pas un genre de plateau ? Est-ce que 7% finalement, ce n'est pas un petit peu le mieux qu'on puisse faire ?

1:31
Guillaume Kasbarian

Non, je ne pense pas. Je ne suis pas dans un esprit de défaite où on ne pourrait pas baisser encore plus le taux de chômage. On peut toujours créer des emplois. D'ailleurs, si vous regardez l'enquête de conjoncture de la Banque de France, elle est assez optimiste. Les chefs d'entreprise recrutent beaucoup. 52% d'ailleurs d'entre eux éprouvent des difficultés à recruter. Donc il y a toujours des emplois qui sont non pourvus dans notre économie, et des chefs d'entreprise qui recrutent et qui cherchent à faire encore plus, et à recruter encore plus.

Donc on a des perspectives qui sont plutôt positives, du point de vue de la Banque de France, avec des perspectives de recrutement pour les mois à venir qui sont encore importantes. Donc non, je pense qu'il ne faut pas être fataliste, il ne faut pas être défaitiste. Au contraire, on a réussi à baisser de plus de 2 points le taux de chômage ces dernières années. On peut aller encore plus loin et atteindre un niveau de taux de chômage qui est encore plus bas, comme d'autres économies européennes libérales qui arrivent et qui arrivent à avoir des recrutements à la hauteur.

2:20
Invité

Guillaume Casbarian, avec le futur projet de loi Immigration, le gouvernement prévoit de faciliter l'obtention d'un titre de séjour pour les travailleurs étrangers, employés dans les secteurs en tension, qui manquent donc de main-d'oeuvre. Le Rassemblement National estime qu'on a suffisamment de chômeurs en France pour se passer justement de ces titres de séjour supplémentaires.

2:36
Guillaume Kasbarian

Je ne crois pas, il suffit d'interroger des commerçants, des artisans, il suffit de regarder dans les territoires ruraux qui fait fonctionner l'hôpital, qui fait fonctionner le restaurant, qui fait fonctionner le bâtiment, pour se rendre compte qu'il y a toujours des besoins d'emploi qui sont non pourvus et que oui, on a aujourd'hui appel, on fait appel à de la main-d'oeuvre immigrée dans certains secteurs et que si on ne le faisait pas et si on disait on fait zéro immigration, on coupe les vannes et on a zéro immigration dans notre pays, on se retrouverait dans des secteurs économiques qui seraient dans une situation catastrophique.

Je le disais tout à l'heure, 52% des chefs d'entreprise éprouvent des difficultés à recruter. Si on va aujourd'hui leur dire on coupe totalement les vannes de l'immigration, on ne fait venir personne et on ne recrute plus de main-d'oeuvre étrangère, on va se retrouver dans une situation très difficile, y compris dans des territoires ruraux où je le répète, un certain nombre d'emplois sont aujourd'hui assurés par des immigrés. Donc moi je pense qu'il faut totalement, on n'est pas du tout sur la position bien évidemment du Rassemblement National qui lui veut une fermeture intégrale, totale de l'immigration qui est complètement irréaliste et qui ne fonctionnerait absolument pas.

3:32
Invité

Alors vous dites qu'il y a des difficultés à recruter, mais il y a aussi un débat dans la majorité justement sur la sorte de subvention aux emplois, sur les exonérations de charges sur les bas salaires pour les entreprises. Ça coûte très cher comme obligé d'État, près de 90 milliards. Certains disent qu'il faudrait quand même les supprimer ou les réduire considérablement vu le niveau du chômage justement. Est-ce que ce n'est pas de l'argent qu'on pourrait économiser ?

3:51
Guillaume Kasbarian

Malgré les 50 milliards de baisse d'impôt ces dernières années, on est toujours un des pays les plus redistributifs d'Europe et on est le deuxième champion de l'OCDE en termes de prélèvement obligatoire. Donc moi je fais partie de ceux qui considèrent qu'on a déjà un niveau de fiscalité, de taxes, de cotisations qui est très élevé dans notre pays. Et donc je ne pense pas qu'il faille les augmenter. Les économies ? Les économies, ce n'est pas des augmentations d'impôts. C'est une manière d'en faire. Non, c'est une façon déguisée de ne pas faire d'économies justement. C'est de se dire qu'on a la flemme de faire des économies et donc on va se rattraper en augmentant la fiscalité.

Ça, je vous le dis avec toute la transparence, je ne suis pas favorable à une augmentation de la fiscalité dans un pays qui, je le répète, est déjà le champion, le deuxième champion de l'OCDE en termes de prélèvement obligatoire. Après qu'on puisse revoir le dispositif quand c'est inefficace sur certaines catégories d'emplois, je ne suis pas du tout dogmatique et fermé. On peut très bien imaginer qu'on module les exonérations de cotisations sociales si elles se révèlent inefficaces dans certains cas.

Mais globalement, la philosophie de la majorité est bien celle de la baisse des impôts, de la baisse de la fiscalité pour retrouver un cadre compétitif parce qu'on n'est pas tout seul dans le monde, on n'est pas dans un igloo et qu'autour de nous, il y a des pays qui sont très attractifs d'un point de vue de la fiscalité.

4:58
Présentateur

Guillaume Casbarian, les prix des carburants repartent à la hausse cet été alors que beaucoup de Français sont sur la route des vacances en ce moment entre 11 et 14 centimes en plus à la pompe. Comment fait-on pour aider les plus défavorisés face à cette hausse ?

5:11
Guillaume Kasbarian

C'est vrai que les prix à la pompe augmentent. Hier, j'ai fait mon plan à Nogent-le-Roi. À l'intermarché, on était à 1,86 sur le sans-plomb et il y a eu une petite augmentation avec quelques centimes de plus par rapport à la semaine dernière et aux semaines précédentes. Ça vient principalement du marché pétrolier avec le prix du baril qui a augmenté qui est un petit peu au-dessus de 82-83 aujourd'hui alors qu'il était plutôt sur le coût des 72-73 il y a deux mois. Donc on a un marché du pétrole qui est assez tendu avec l'OPEP qui a décidé de réduire la production journalière de barils.

On a une réduction de 900 000 barils jour qui a été prononcée par l'OPEP et une demande de pétrole dans le monde qui est en augmentation. Et des taxes importantes de l'État.

5:50
Invité

Les Français vont même en Espagne pour faire leur plein.

5:52
Guillaume Kasbarian

Vous avez vu ces images-là ? Je répète, les Français savent bien qu'aujourd'hui ce qui fonde le prix du carburant, c'est principalement les marchés du pétrole. Vous savez qu'on importe notre pétrole, on ne le produit pas en France donc on l'importe et on est tributaire de pays qui le produisent. Je parle de l'OPEP. Donc quand l'OPEP décide de dire on supprime 900 000 barils par jour, ça a un impact sur le marché et sur les prix du baril.

6:13
Invité

Pourquoi vous ne pèsez pas la TVA ? Par exemple, le Rassemblement National le propose. de 20% à 5,5%. Pourquoi dans des cas comme ceux-là où il y a une augmentation soudaine ? Il y a eu des expérimentations de fiscalité ces dernières années

6:22
Guillaume Kasbarian

avec une TICPE flottante qui permettait de stabiliser les prix ou d'afficher facialement une stabilité qui ne fonctionnait pas très très bien. Mais moi je considère que la solution sur ce sujet-là, ce n'est pas de faire varier la fiscalité tous les jours en fonction du prix du baril. Le vrai sujet, c'est de sortir des énergies fossiles pour des questions environnementales, mais aussi pour des questions de souveraineté, mais aussi pour des questions de balance commerciale. Nous avons aujourd'hui intérêt à réaliser notre transition pour ne pas dépendre du pétrole que nous ne produisons pas et que nous importons massivement.

6:50
Présentateur

Et en attendant un nouveau chèque carburant, c'est possible ?

6:52
Guillaume Kasbarian

Non, alors moi je pense qu'il faut arrêter avec les chèques. Ce n'est pas aujourd'hui... Parce que les chèques qui les payent, c'est le contribuable. Quand on dit qu'il faudrait que l'État prenne à sa charge des chèques, des bonus, des primes, etc. En réalité, c'est l'argent des Français à travers les impôts. Et si l'État fait ça par facilité, en disant comme ça augmente, on va distribuer un chèque nouveau, la mécanique de tout ça, et les Français le savent bien, c'est qu'un jour ou l'autre, ça vient alimenter le déficit et ça vient alimenter les hausses d'impôts. Moi je ne veux pas de hausses de déficit et je ne veux pas de hausses d'impôts.

Et donc je ne pense pas qu'il faille distribuer des chèques parce que ça se paye toujours. Rien n'est gratuit. En réalité, quand vous distribuez des chèques, ce n'est pas avec votre argent, c'est avec l'argent du contribuable. Donc je pense qu'il faut éviter ce type de mécanisme qui est délétère et qui se paye à un moment ou à un autre. Et les Français, à mon avis, l'ont très bien compris.

7:34
Présentateur

La question se pose quand même aussi avec une autre difficulté en ce moment, c'est la hausse des prix de l'électricité, des factures de régularisation d'ailleurs sont en train d'arriver chez les Français qui ont un fournisseur alternatif à Engie avec parfois des milliers d'euros à régler. Le bouclier tarifaire sur l'énergie, lui, se réduit peu à peu. Comment font les Français dès cet été qui sont là aussi en difficulté financière ?

7:54
Guillaume Kasbarian

Écoutez, là encore, moi je comprends tout à fait la difficulté de voir cette augmentation du prix de l'électricité et de l'énergie en général. Mais il faut savoir et il faut le rappeler, l'État prend en charge une grosse partie de la facture. Aujourd'hui, plus de 30% de la facture est déjà prise par le bouclier tarifaire. Il n'est pas totalement supprimé, ce bouclier. Il a été réduit. Et c'est cette réduction du bouclier tarifaire qui a mené à une hausse de la facture. Mais il y a déjà une part significative, plus de 30% de votre facture est payée par l'État.

Et donc, attention, parce que si on dit il faut que l'État prenne en charge la facture de façon à 40, 50, 60%, on est dans le même mécanisme que je décrivais tout à l'heure, c'est-à-dire le chèque gratuit qui en réalité ne l'est pas puisque les Français paieront en réalité ce chèque à un moment ou à un autre à travers les hausses d'impôts. Donc, regardons aussi ce qui se fait chez nos voisins européens. Nous sommes le seul pays d'Europe à avoir mis en place un tel bouclier avec un tel niveau de protection et ça ne peut pas durer éternellement.

Il y a un moment où, oui, l'État doit se retirer progressivement de ce mécanisme de protection parce qu'on ne peut pas se substituer au marché, on ne peut pas se substituer à l'économie libre parce qu'encore une fois, sinon, ça veut dire que c'est le contribuable qu'il paye et qu'il le paye très chèrement.

9:03
Présentateur

Guillaume Casbarian, élu Renaissance de Réloir. Vous restez avec nous, on poursuit cet échange après le Filinfo. A 8h40, Elia Bergel.

9:11
Invité

Le taux de chômage quasiment stable au deuxième trimestre en France, 7,2% selon les chiffres de l'INSEE publié ce matin. Cela représente 2,2 millions de personnes. Plus des deux tiers des nappes phréatiques du pays sont en dessous des normales de saison, selon Christophe Béchut, le ministre de la Transition écologique. La doctrine du maintien de l'ordre en France doit être complètement revue, estime sur France Info le président d'Amnesty International, trois policiers du RAID, mis en examen pour violences avec armes ayant entraîné la mort sans intention de la donner à Marseille.

Dans le cadre de l'enquête sur le décès de Mohamed, 27 ans pendant les émeutes, les fonctionnaires sont placés sous contrôle judiciaire. La Russie repart dans la course à l'espace Moscou. A lancé hier une fusée Soyouz avec une sonde à destination de la Lune, c'est sa première mission vers le satellite naturel de la Terre depuis près de 50 ans. La Ligue 1 reprend ce soir. Lille va à Nice à 21h pour le démarrage de cette nouvelle saison. Un match à vivre avec nous sur France Info. On est avec Guillaume Casbarian, député de la majorité de Réloir et président de la commission des affaires économiques.

L'interdiction désormais de parler au JDD, c'est une consigne qui vient d'être émise par Sylvain Maillard, le nouveau président de votre groupe Renaissance à l'Assemblée. Donc pour tous les députés Renaissance, vous allez vous y plier, vous êtes d'accord avec cette consigne ?

10:41
Guillaume Kasbarian

Je suis totalement d'accord avec ce qu'a dit Sylvain Maillard dans nos échanges. Je crois qu'il est prudent d'attendre, c'est ce que dit Sylvain. Il dit, avant de se précipiter pour répondre au JDD, on attend de voir quelle est la ligne éditoriale, on attend de voir à quoi ressemble cette nouvelle version du JDD et on ne se précipite pas le week-end prochain et les week-ends qui suivent à répondre au JDD. C'est une consigne de prudence et c'est aussi une consigne, je crois, de respect vis-à-vis de journalistes qui ont été grévistes pendant des semaines que pour certains on connaît, ou que parfois on connaît bien.

Et par décence et par respect, on se dit que ça n'est pas le moment de répondre. Bien sûr, je m'y plierai. Vous ne me verrez pas dans le JDD de dimanche et je soutiens totalement la décision de Sylvain qui est une consigne de prudence que je comprends totalement.

11:19
Invité

La secrétaire d'Etat Sabrina Grestiroubache a été mal inspirée quand elle a donné cette interview pour la première interview.

11:24
Guillaume Kasbarian

Le gouvernement est libre de sa communication comme renaissance. Après, voilà, c'est son choix à elle et c'est à elle qu'il faut poser la question.

11:30
Présentateur

Guillaume Casbarian, le rappeur Médine qui est invité aux universités d'été d'Evers et de la France Insoumise, qu'est-ce que cela vous inspire vu le profil de cet artiste ?

11:40
Guillaume Kasbarian

Du dégoût. Je vais être honnête, du dégoût parce que c'est une figure qui est éminemment polémique avec des propos qui ont été toujours très très limites sur le plan de l'islamisme, sur le plan de l'homophobie et moi, c'est un personnage que je n'apprécie pas du tout et je me dis, est-ce que les Verts et les LFistes n'avaient que ça à faire ? C'est-à-dire que parmi la masse d'intellectuels, de penseurs, d'économistes, de chercheurs, il fallait aller chercher Médine pour faire le buzz et faire parler de... Mais invité, est-ce que c'est cautionné ? Moi, je trouve que c'est à la fois... Est-ce que c'est cautionné ? Ça m'inspire du dégoût et ça m'inspire...

Mais est-ce qu'invité, c'est cautionné ? Ils sont libres de faire ce qu'ils veulent. Moi, je veux dire, je ne vais pas me mêler de l'organisation interne, des écolos et de LFI, mais c'est quand même assez lamentable de faire venir un rappeur Médine qui avait produit un album d'Yad avec des propos sur les laïcars qu'il faudrait crucifier comme à Golgotha. Enfin, je veux dire, on est avec un personnage qui n'est pas anodin. C'est normal que ça fasse réagir. Ça devrait d'ailleurs faire réagir tout le monde.

Ça devrait même faire réagir en réalité la gauche parce que la gauche, elle a une histoire laïque et que quand on a défendu la laïcité comme certaines grandes figures de gauche, on ne peut pas se résigner à se dire que le modèle, c'est d'inviter Médine pour avoir une discussion autour d'un thé avec des propos qui sont sulfureux. Le seul intérêt pour eux, c'est de faire du buzz, mais je pense que ça ne les sert pas parce qu'en réalité, ça ne marche pas. Et les Français ne sont pas naïfs sur ces histoires-là.

Donc moi, ça m'inspire du dégoût et vraiment, je me dis que c'est très médiocre et on attend autre chose de la gauche que de se vautrer dans la fosse à Purin sur des invitations qui, encore une fois, sont libres d'inviter qui veulent. Mais c'est vraiment lamentable.

13:13
Présentateur

Vous qui êtes président de la commission des affaires économiques, donc l'Italie qui va surtaxer ses banques annonce surprise du gouvernement de la très à droite, Giorgia Meloni, avec une taxe exceptionnelle de 40%. On pourrait s'en inspirer ici, en France ?

13:27
Guillaume Kasbarian

Je ne sais pas si vous avez vu, mais le lendemain, elle a dû rétropédaler parce qu'elle a été rattrapée à l'ordre par les marchés qui lui ont fait comprendre qu'instaurer une taxe exceptionnelle sur les banques allait mettre l'Italie en grande difficulté. Et donc, il y a eu rétropédalage. Elle n'a pas dit son dernier mot visiblement. Oui, bien sûr. Mais sauf que, vous savez, la martingale magique de dire un problème, une taxe, un problème, une nouvelle interdiction, un problème, un nouveau dispositif fiscal qui vient raboter, c'est séduisant d'un point de vue électoral, peut-être, pour certains. Mais ça n'est pas très sérieux. Et au final, encore une fois, on n'est pas dans un igloo.

On est sur une logique de marché. Quand vous dites aux banques qu'on va vous surtaxer par rapport à tous nos voisins européens, la réaction, c'est d'ailleurs, il y a un mouvement de défiance qui s'installe. Il faut faire attention à ce genre de discours. Ça devrait inspirer une certaine prudence de la part de certaines oppositions en France qui, à chaque fois qu'il y a un problème, ont l'idée lumineuse de se dire on va créer une nouvelle taxe. C'est, encore une fois, le pays qui est un des plus taxés au monde. On est le deuxième champion de l'OCDE en termes de prélèvement obligatoire.

14:19
Invité

Guillaume Casbarian revient en France. Les chiffres de l'inflation viennent de tomber. L'inflation a bien ralenti en France en juillet grâce à des prix de l'énergie, justement, qui poursuivent leur repli. Ça y est, le pic est derrière nous. Vous craignez que ce soit qu'une parenthèse ?

14:33
Guillaume Kasbarian

Moi, je m'abstiens de faire des projections. Je ne suis pas madame Nierma, donc je m'abstiens de faire des projections qui peuvent se révéler fausses par la suite. Ce que je note factuellement, c'est qu'on est à 4,3% d'inflation, que c'est un taux qui est inférieur au taux que nous avions l'année dernière. Donc, on a un ralentissement du taux d'inflation. Et je note également que ce taux est plus faible que la moyenne européenne. Donc, on fait une performance en termes d'inflation qui est meilleure que celle de nos voisins européens.

Probablement que, aussi, les mécanismes de bouclier, les mécanismes que nous avons mis en place ont contribué à limiter la casse, si je peux dire, sur le plan de l'inflation. Il faut regarder aussi ce qui se passe dans le détail. Il y a des prix de l'alimentaire qui continuent à augmenter. L'alimentaire a augmenté de 18% ces 18 derniers mois. Et vous avez un mécanisme, d'ailleurs, les Français qui ont changé leur habitude de consommation et d'achat. Certains ont réduit leur consommation alimentaire, ont consommé différemment. Parce que, oui, c'est dur d'avoir 18% d'augmentation dans l'alimentaire.

Néanmoins, le motif d'espoir, c'est que là, on a un ralentissement, y compris sur l'alimentaire, avec aussi des industriels qui répercutent moins les hausses de prix de l'énergie auprès de leurs clients. Et donc, un tassement de ce qui était une inflation très, très forte l'année dernière. Donc, on a à la fois, bien sûr, c'est une inflation qui reste élevée, mais des motifs d'espoir pour l'avenir et un motif de satisfaction par rapport à nos voisins européens qui subissent une inflation, encore une fois, plus importante que chez nous.

15:50
Présentateur

Et face à cela, on recevait cette semaine, sur France Info, l'un de vos collègues, un député de la majorité, Richard Ramos, qui proposait, face à ce que l'on vient de dire, donc, et cette inflation, qui proposait d'augmenter les salaires, commencer par augmenter le SMIC. Êtes-vous d'accord avec lui ?

16:05
Guillaume Kasbarian

Non, mais les salaires, vous savez, ce n'est pas moi qui décide de les augmenter, ni vous-même, ni le président. En réalité, c'est les entreprises qui l'augmentent. Donc, moi, je suis favorable à ce que, quand les entreprises le peuvent, et quand les négociations le permettent, qu'il y ait des augmentations de salaires dans les secteurs économiques. C'est important pour le pouvoir de le chat, mais c'est même important. Vous avez aussi, dans les mécanismes de hausse du SMIC, un effet de tassement vers le bas, qui arrive aussi souvent, c'est-à-dire que le fait d'augmenter trop le SMIC, peut mener à un nivellement par le bas, sur le SMIC, d'un certain nombre d'embauches et de salaires.

Donc, moi, je suis plutôt favorable à ce qu'on favorise la concertation, la négociation salariale au sein des entreprises, pour permettre, effectivement, des hausses de salaires secteur par secteur. Certains, d'ailleurs, ont bien augmenté leur salaire, parce qu'ils faisaient face aussi à des difficultés de recrutement. Je pense à la restauration.

Et donc, oui, c'est dans l'intérêt de tout le monde d'augmenter les salaires, des entreprises qui cherchent à recruter quand elles sont en tension, des salariés pour avoir une hausse du pouvoir d'achat, mais ça se négocie entre les parties prenantes sur le terrain, secteur par secteur, et ce n'est pas en votant une augmentation de salaire à l'Assemblée nationale ou en le décrétant que, par magie, tous les salaires vont augmenter. Je le rappelle, dans une économie de marché, dans une économie libre, ce sont les entreprises qui payent les salaires.

Et donc, c'est la négociation et la concertation au sein des entreprises qui permet d'augmenter les salaires, ce que nous souhaitons tous, bien évidemment.

17:20
Présentateur

Merci d'avoir accepté l'invitation de France Info.

17:23
Guillaume Kasbarian

Merci à vous.

17:24
Présentateur

Guillaume Casbarian, député Renaissance d'Eure-et-Loire et président de la Commission des Affaires Économiques.