Vaccination des soignants, retour à la vie normale, réforme de l'assurance-chômage... Le "8h30 franceinfo" de Gabriel Attal
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Bonjour Gabriel Attal. Bonjour. Vous êtes gentil, mais tant qu'il y aura des vaccins dans les frigos, moi je ne reconfinerai pas les gens. C'est pas moi qui vous le dit évidemment. Ce sont les propos d'Emmanuel Macron adressés à ses ministres avant-hier lors du dernier conseil sanitaire. Propos dont France Info a eu la confirmation. Vous êtes fermanté les bretelles ?
Il y a la nécessité d'accélérer sur la vaccination. Et tout le monde en est convaincu au sein du gouvernement. Le président de la République, évidemment, est très attaché à ce qu'on puisse être efficace et rapide sur la vaccination. C'est le cas depuis maintenant un certain nombre de semaines, même de mois, puisqu'on vaccine, on vaccine de plus en plus, on vaccine beaucoup. Et il y a un enjeu d'accélération sur le vaccin AstraZeneca notamment. Et ce week-end va être un grand week-end de mobilisation pour la vaccination. Et évidemment, ça appelle la mobilisation de tout le monde.
Si je vous pose cette question, c'est que ce n'est pas la première fois que l'Elysée laisse fuiter l'agacement du chef de l'État. On a l'impression parfois que ce n'est pas lui qui décide, qu'il est spectateur de cette campagne de vaccination.
Ça, je peux vous dire que c'est le président, le Premier ministre, qui décide et c'est le gouvernement qui...
Combien de fois on nous a annoncé des accélérations de la campagne de vaccination ?
Vous pourriez nous le dire ? Vous savez, c'est une campagne de vaccination qui se fait par étapes. Et c'est vrai qu'il y a pu y avoir des moments difficiles. Ça a été et ça reste un chemin qui est parfois semé d'embûches. Il y a eu des retards de livraison de la part de laboratoires. Il y a sans doute eu des enjeux d'organisation en France, il faut le dire. Je pense que tout ça a été levé méthodiquement et par étapes.
Et qu'il faut toujours, à chaque fois, quand on regarde une situation donnée, en fonction des livraisons qu'on reçoit, des stocks qu'on a, se poser la question comment est-ce qu'on peut être le plus efficace possible pour qu'il y ait le plus de Français vaccinés le plus rapidement possible. Parce que le Premier ministre l'a dit hier, on est dans une course de vitesse entre la vaccination et le virus. Plus on vaccine de Français, et d'abord de Français vulnérables aux formes graves de la maladie, plus on se donne une chance de pouvoir évidemment les protéger et de pouvoir faire baisser la pression sur les hôpitaux rapidement.
Alors les vaccins dont le Président parle, les vaccins dans le frigo, ce sont les 300-400 000 doses du vaccin AstraZeneca prêts à être utilisés, mais dont personne ne veut. Votre collègue de la Santé, Olivier Véran, va écrire ce matin à tous les soignants pour qu'ils se fassent vacciner. Seulement 30% du personnel soignant l'est en France. Pourquoi les appels à se faire vacciner chez les soignants ne sont pas entendus ?
D'abord, c'est important de dire les choses clairement. Je ne dirais pas que personne ne veut, heureusement, du vaccin. Il y a eu au départ des doutes, des questions sur son efficacité à partir d'un certain âge. Non pas de dire qu'on considérait qu'il était inefficace, mais qu'on ne disposait pas de suffisamment de validation scientifique pour dire qu'il était efficace à partir d'un certain âge, c'est-à-dire au-dessus de 65 ans. Et quand je dis « on », ce n'est pas uniquement la France, c'est l'essentiel des pays européens, l'Allemagne, etc. On a ces garanties qui sont arrivées.
Ensuite, il y a eu des inquiétudes sur des petits légers effets secondaires, syndrome grippot pendant un ou deux jours avec un peu de fièvre. Là aussi, je crois que les inquiétudes ont été levées. Le professeur Alain Fischer s'est exprimé. Il a dit que ça pouvait arriver notamment sur des personnes assez jeunes. Et quand on prend du paracétamol au moment de la vaccination,
en général, ça se passe très bien. Ces doses restent dans le frigo parce que les soignants eux-mêmes n'en veulent pas, ils ne veulent pas se faire vacciner.
Ce qui est certain, c'est que le rythme de vaccination chez les soignants n'a pas été celui qu'on attendait.
Alors, comment on fait ? On la rend obligatoire, cette vaccination chez les soignants ?
Olivier Véran a été assez clair sur ce point hier. Il a dit qu'il croyait encore au travail de conviction et de confiance avec les soignants. Donc, il a un message très clair qui a été passé hier à l'occasion de la conférence de presse. Il va écrire effectivement aux soignants aujourd'hui pour leur rappeler l'importance de se faire vacciner, pas seulement pour eux-mêmes, mais pour tout le monde, pour les patients qui sont en phase 2. Vous avez des patients qui sont hospitalisés, non pas pour la Covid-19, mais pour d'autres pathologies.
Évidemment, il faut les protéger pour éviter qu'ils puissent être contaminés à la Covid-19 parce que souvent, c'est des patients qui sont plus vulnérables que les autres.
Si la lettre envoyée aux soignants ne suffit pas, qu'est-ce qu'on fait ?
D'abord, moi, je veux bien qu'on envisage tous les scénarios, mais il ne faut pas toujours se projeter dans le cas où ça ne fonctionnerait pas. On peut espérer qu'il y ait un ressaisissement.
Penser qu'une lettre du ministre va suffire à balayer les doutes, les réticences ?
Je vais vous dire, il y a eu un message très clair qui a été passé hier par le ministre de la Santé et d'ailleurs le Premier ministre. Il y a des voix dans le monde de la santé, dans le monde de l'hôpital qui se sont exprimées. Je veux dire, c'est important aussi. Je pense que ça aussi, ça parle aux soignants. On va faire en sorte que la confiance, la responsabilisation fonctionnent. Évidemment, tous les scénarios restent sur la table si jamais on devait considérer que c'est nécessaire.
C'est-à-dire ? Oui.
Vous savez bien qu'il y a plusieurs possibilités. Régulièrement, on m'interroge sur ce sujet-là. Aujourd'hui, on fait le pari de la confiance et du ressaisissement d'une partie des soignants. Parce qu'il faut toujours dire qu'il y a une partie. Il y a beaucoup de soignants qui se sont fait vacciner. Il y en a probablement qui vont encore se faire vacciner dans les jours qui viennent.
Est-ce que vraiment l'obligation est sur la table, là ?
Tout est sur la table.
Tout est sur la table, par principe. Certains des soignants, Gabriel Attal, expliquent leur réticence par le fait que c'est le vaccin AstraZeneca qui leur est proposé, dont l'efficacité face au Covid est légèrement inférieure aux deux autres vaccins proposés en France. Est-ce que vous pourriez leur proposer de passer aux autres vaccins ?
Là-dessus, moi j'entends des doutes qui ont pu exister ces dernières semaines ou ces derniers mois. Il y a des études scientifiques internationales qui ont été diffusées ces dernières semaines. Je pense notamment à une étude écossaise qu'on appelle en vie réelle. C'est-à-dire que c'est une étude qui a été faite sur la base de, je crois, 600 000 personnes qui avaient reçu le vaccin AstraZeneca et qui montre qu'il est d'une remarquable efficacité.
Mais légèrement inférieure aux deux autres.
Quasiment aussi efficace sur les formes graves que les autres.
On est en première ligne, on doit avoir le meilleur vaccin.
Évidemment, Marc Fauvel, mais il ne vous aura pas échappé que notre campagne vaccinale, en France comme dans tous les pays du monde, elle repose sur plusieurs vaccins, sur plusieurs laboratoires. Il n'y a pas un laboratoire qui est capable aujourd'hui de fournir tous les pays pour toute leur copie.
Et pourquoi eux ne peuvent pas avoir le choix, ces soignants, s'ils veulent se faire vacciner avec le Pfizer ?
Vous savez qu'aujourd'hui, on sait que le Pfizer, le Moderna sont recommandés le plus pour des personnes qui sont très âgées. Évidemment, ni la France, ni aucun pays dans le monde ne dispose à date de suffisamment de doses de ces vaccins, de ces laboratoires pour vacciner tout le monde. Donc, il y a une priorisation évidente. Mais encore une fois, les études scientifiques qui ont été diffusées ces derniers jours, ces dernières semaines, montrent que vis-à-vis des formes graves, le vaccin AstraZeneca est aussi efficace que les autres.
Au-delà de la question des soignants, Gabriel Attal, quand on regarde les chiffres de vaccination chaque semaine, on voit qu'il y a un trou. Toutes les semaines, le dimanche, on ne vaccine quasiment pas aujourd'hui en France. Ça fait plus de deux mois que la campagne de vaccination a débuté. Pourquoi on ne vaccine pas le dimanche ? On ne sait pas faire ou on n'a pas les doses ?
Non, là-dessus, j'entends cette question qui m'a été posée à plusieurs reprises. Le ministère de la Santé avait eu l'occasion de répondre. On reçoit des doses. Il y a une dotation ensuite qui est faite entre départements. Et dans les départements, il y a une répartition pour la semaine qui est faite aux différents centres de vaccination. Après, les centres de vaccination s'organisent. La plupart du temps, c'est vrai que le choix qui est fait, c'est de concentrer les vaccinations sur les cinq premiers jours. Mais ce que je veux dire, c'est que si les vaccinations avaient été faites sur l'intégralité de la semaine, il n'y aurait pas eu plus de doses sur la semaine qui auraient été injectées.
C'est une question d'organisation.
C'est une question de doses, en partie. Parce que dimanche, c'est aussi le jour où peut-être on a un peu plus de temps pour les faire vacciner.
Oui, bien sûr. C'est aussi, vous savez qu'il faut mobiliser des soignants pour réaliser les vaccinations, en tout cas sous supervision médicale pour un certain nombre d'entre eux. Et donc, ce que je vous dis, c'est que les doses arrivent progressivement de plus en plus. On voit bien que ça augmente. La cadence augmente. Les chiffres ont été donnés hier par le Premier ministre. Et donc, là, qu'est-ce qui va se passer ce week-end ? Parce qu'on a reçu des doses supplémentaires. Parce qu'il y a des doses qui étaient dans des stocks, notamment le vaccin AstraZeneca qu'on va pouvoir aussi utiliser. On va avoir un week-end de mobilisation générale sur la vaccination.
Donc, vous allez pouvoir observer qu'y compris le samedi, le dimanche, on est capable de vacciner largement. Et évidemment, c'est ce qu'attendent les Français.
Je donne un exemple.
Chez moi, dans ma circonscription, j'ai été député, je suis pour l'instant au gouvernement des Hauts-de-Seine. Il y a une dotation pour le week-end de 6 000 doses. Et dans le centre de vaccination de ma circonscription, ici, les Moulineaux, il y a plusieurs centaines de doses qui vont pouvoir être injectées en plus ce week-end. Et oui, il y a une mobilisation générale. Les élus vont être très mobilisés. Les pompiers vont être mobilisés. Les soignants vont être mobilisés. Parce qu'encore une fois, on est dans une course contre la montre. Et il y a énormément de Français qui attendent encore de pouvoir être vaccinés, qui sont sur des listes d'attente.
Et c'est important de leur montrer que quand on a suffisamment de doses, on est capable de les appeler, de leur dire, voilà, vous êtes sur liste d'attente. On a des doses supplémentaires qui sont arrivées. On vous propose de vous faire vacciner ce week-end. Le Fil Info à 8h41 avec Stéphane Milhomme.
Et on vous retrouve dans un instant, Gabriel Attal.
Et cela fait un an et demi que le pape François n'a pas quitté le Vatican. Son avion s'est envolé il y a maintenant une heure. Direction l'Irak, c'est une première pour un pape. Une visite à haut risque de quatre jours entre les violences récentes et la crise sanitaire. Bernard Laporte, convoqué depuis une demi-heure au ministère des Sports, le président de la Fédération Française de Rugby, doit s'expliquer. Après la contamination au coronavirus de plus de la moitié du 15 de France, y a-t-il eu infraction à la bulle sanitaire imposée aux joueurs ? La Fédération est accusée de négligence.
Vaccinés 30 millions de Français avant l'été avec ce pari du Premier ministre, d'ici la mi-mai, nous devrions avoir vacciné au moins 20 millions de personnes. Jean Castex annonce l'envoi de 135 000 nouvelles doses dès cette fin de semaine pour les 23 départements prioritaires. Alerte cyclonique maximale demain en Nouvelle-Calédonie. La sécurité civile met en garde la population en raison du passage du cyclone Iran. Il est déjà synonyme de rafale de vent de 170 voire 240 km heure.
France Info Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Un retour à une vie plus normale dans 4 à 6 semaines, ça nous amène autour du 15 avril. C'est ce que vous avez déclaré cette semaine après le Conseil des ministres.
Pourquoi vous faites nom de la tête quand Salia dit ça ? Non, je penchais la tête. Ah, vous penchiez la tête, excusez-moi, j'avais mal lu. Oui, bien sûr, moi je vous écoute, Salia, mais j'avais cru voir une opposition de Gabriel Attal.
Du coup, j'ai une précision à vous demander, ça voulait dire quoi, une vie plus normale ?
Ce que j'ai dit, c'est qu'on est dans une course de vitesse avec la vaccination, que ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'on vaccine les personnes les plus vulnérables parce que c'est celles qui, aujourd'hui, sont le plus hospitalisées. Et aujourd'hui, les Français vivent avec des restrictions qui sont difficiles, notamment le couvre-feu à 18 heures, dans certains départements, des mesures qui vont encore plus loin, pour éviter que les hôpitaux soient totalement débordés et pour garantir qu'on puisse toujours accueillir des malades à l'hôpital.
Donc plus on fera baisser la pression sur les hôpitaux, plus on se donne une chance de pouvoir desserrer un certain nombre de contraintes et de restrictions. Alors votre calendrier, c'est 4 à 6 semaines ? Et ce que je veux dire, c'est important de le dire aussi, parce que c'est important que les Français voient qu'il y a des progrès, c'est que le fait d'avoir démarré la vaccination et d'avoir vacciné déjà plus de 3 millions de personnes, fait qu'aujourd'hui, on commence à observer des effets de la vaccination sur le virus. On voit qu'il y a moins de contamination dans les EHPAD, qui sont tous les résidents des EHPAD qui l'ont souhaité ont pu être vaccinés, c'est 80%.
Il y a un taux d'incidence chez les personnes très âgées qui diminue, alors que la moyenne nationale a plutôt eu tendance à augmenter. Et donc on voit qu'il y a de premiers effets. Et donc ce que j'ai dit, c'est qu'on peut espérer, parce qu'on va beaucoup vacciner en mars et début avril, on peut espérer que peut-être dès la mi-avril, on puisse desserrer un certain nombre de contraintes.
C'est quoi desserrer un certain nombre de contraintes ?
Je veux dire, je ne peux pas ici faire des annonces. Ce que j'essaye, c'est de donner un horizon par rapport à ce que nous disent aussi certains épidémiologistes la semaine dernière.
Vous mesurez aussi le risque de vos propos, c'est celui de susciter un espoir qui serait peut-être annulé dans quelques semaines par une nouvelle flambée de l'épidémie.
Évidemment, mais je pense que c'est important.
Jusqu'ici, le gouvernement s'était gardé de donner des dates précises à chaque fois qu'on interroge Olivier Véran ou Jean Castex. Le jeudi soir, en conférence de presse, ils disent bien, pas de date, on ne peut pas, on gère semaine après semaine. Là, vous fixez une fenêtre à un mois et demi, ce qui semble à la fois tout proche et très lointain.
Mais d'abord, ce n'est pas une date, c'est un horizon. Je n'ai pas annoncé de réouverture à telle date. Deuxième chose, Jérôme Salomon avait eu l'occasion de faire une interview dans le JDD dimanche dernier. Il a lui-même parlé d'un horizon autour du mois d'avril, du mois de mai pour desserrer progressivement des contraintes.
Pardon, mais desserrer, ça veut dire quoi ? Réouverture des restaurants, réouverture des musées, par exemple, c'est quoi ?
J'entends cette question parfaitement. Et je sais qu'à travers vous, c'est les Français qui attendent de pouvoir revivre le plus normalement possible, qui ont hâte de pouvoir revivre plus normalement qu'ils ne vivent aujourd'hui. Ce que je veux dire, c'est que d'ici à cet horizon, il y a des semaines de gros temps qui nous attendent, des semaines de remous. On voit que la situation est tendue à l'hôpital, qu'elle est tendue dans les contaminations. Donc évidemment, aujourd'hui, je ne peux pas vous faire d'annonce sur tel lieu va pouvoir ouvrir ou le couvre-feu, à tel moment, va pouvoir être desserré. Ce que je veux dire, en revanche, c'est qu'on progresse grâce à la vaccination.
Et ça, c'est important de le dire. C'est important aussi de mettre en avant ce qui permet d'être optimiste. Moi, je crois beaucoup à ça. Et deuxièmement, c'est que d'ici à cet horizon, évidemment, il faut une mobilisation absolue. Parce qu'encore une fois, l'épidémie a réaccéléré ces dernières semaines, que c'est très tendu à l'hôpital, que nos soignants font face à des malades qui arrivent dans les services de réanimation.
Et que chacun, individuellement, dans nos comportements, dans notre vie quotidienne, en réduisant les contacts au maximum, en faisant très attention, en s'isolant dès qu'on a le moindre doute et pas en attendant, et pas au moment d'avoir le test positif ou d'avoir des symptômes. Donc, quand on a un doute, il faut s'isoler, puis ensuite lever le doute. Si on fait tout ça, on est capable de tenir ensemble et de maîtriser cette épidémie jusqu'au moment où la vaccination aura suffisamment d'impact.
Dans ce retour aux jours meilleurs, qui, espérons-le, arriveront le plus tôt possible, Gabriel Attal, est-ce qu'il y aura nécessairement un pass sanitaire ? On sait qu'une réunion a été organisée ces derniers jours à l'Élysée pour tenter d'en fixer les contours. Et à quoi ça pourrait ressembler ? D'abord, on parle d'une feuille de papier, on parle d'une application sur les téléphones portables. Quelle forme ça pourrait prendre ?
Il y a différentes formes possibles. D'abord, s'il y a eu cette réunion, c'est parce que précisément, on anticipe. Ce qu'on souhaite, c'est que dès que ça sera possible, dès qu'on aura cette possibilité, on puisse alléger un certain nombre de restrictions et rouvrir un certain nombre de lieux. Mais pour ça, il faut anticiper, il faut se préparer. Ce que je veux dire ensuite, c'est qu'il y a eu énormément de travail qui a été mené par mes collègues du gouvernement avec les différents secteurs. Ça fait des mois que Roselyne Bachelot travaille avec les acteurs de la culture sur des protocoles sanitaires qui pourront être mis en place.
Et tout le monde n'est pas d'accord. Il y a des restaurateurs qui disent « Moi, je ne suis pas là pour faire la police. Je ne vais pas vérifier le portable de chaque personne qui rentre. »
Mes collègues de Bercy travaillent avec les restaurateurs, les bars, les salles de sport, les discothèques pour là aussi travailler à des protocoles sanitaires. Ma collègue des sports, Oksana Maraciné-Anou, travaille avec les acteurs du sport là aussi pour préparer des choses. Donc c'était important que les membres du gouvernement qui travaillent tous avec différents secteurs se retrouvent autour du président de la République, du Premier ministre, pour mettre un peu tout ça en commun et voir finalement c'est quoi les règles ou les protocoles un peu transversaux qu'on peut avoir dans un moment où on se dit qu'on pourra alléger un certain nombre de choses. Il peut y avoir des outils ensuite.
Effectivement, un pass sanitaire, c'est un outil possible qui permettrait par exemple, rien n'a été acté ou décidé, mais on regarde les différentes pistes de travail qui permettraient d'attester pour accéder à un certain nombre de lieux que vous êtes, entre guillemets, protégés. Soit que vous avez réalisé un test qui est négatif très récemment, soit éventuellement que vous avez été vacciné, soit d'autres éléments qui permettraient de tracer vos contacts si jamais on identifiait qu'il y avait eu une contamination dans le lieu au moment où vous y étiez. Voilà, comment est-ce que...
Ce pass sanitaire, Gabriel Attal, est-ce qu'il aurait un caractère obligatoire ? Pour pouvoir aller au musée, au restaurant, au cinéma ou que sais-je.
On est dans un moment d'anticipation et de travail. Il n'y a pas de décisions qui ont été prises. Ce qu'il faut, c'est anticiper et prendre les décisions pour le bon moment.
Mais la piste, du coup, la piste obligatoire...
Je vous dis qu'aujourd'hui, il n'y a pas de piste privilégiée, qu'il y a un travail qui est mené, qui contient compte d'un certain nombre de choses. Et ce travail va se poursuivre, évidemment. Encore une fois, malheureusement, l'heure n'est pas, dans les toutes prochaines semaines, à rouvrir un certain nombre de lieux ou desserrer des restrictions. On est les premiers à le regretter, mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas anticiper pour la suite.
Gabriel Attal, il y a la crise sanitaire et il y a aussi la crise économique. L'épargne des Français pourrait atteindre 200 milliards d'euros à la fin de l'année, selon la Banque de France. Des élus de gauche proposent une taxation exceptionnelle sur ceux qui ont le plus épargné pendant la crise. Qu'en pense le gouvernement ?
Il y a une position qui est constante de la part du gouvernement, c'est qu'on ne souhaite pas augmenter les impôts et les taxes. Même si elle est exceptionnelle, cette taxe ? C'est constant depuis le début du quinquennat. On a même fait le choix de les baisser et on va continuer à le faire, notamment sur les tranches de la taxe d'habitation qui sont encore assujetties à la taxe d'habitation. On l'a baissé pour plusieurs tranches sur l'impôt sur le revenu, on va baisser sur l'impôt qui pèse sur nos usines et la production. Tout ça, on va continuer à le faire.
Comment vous allez profiter de cette épargne des Français qui va atteindre 200 milliards d'euros ? Comment inciter à la consommation, à l'investissement ?
C'est un message qu'on adresse aux épargnants depuis le début.
Est-ce qu'il pourrait être envisagé de faciliter le système de donation entre les générations pour que les plus âgés puissent donner avec des exemptions d'impôts, des réductions d'impôts, une certaine somme, pour que cet argent, encore une fois, soit réinjecté dans l'économie ?
Moi, je n'ai pas connaissance de décision en ce sens à ce stade. Maintenant, par principe, on peut réfléchir à tout, sauf, encore une fois, parce que ce n'est pas notre cadre de travail à une augmentation des impôts. Je pense que c'est important d'être clair sur ce point, parce qu'on a pu voir par le passé qu'à l'issue de certaines crises, l'ardoise était réglée par une augmentation des impôts. Je pense que les Français ont aussi connu ça. Et donc, il faut être très clair sur le fait que notre engagement et l'engagement du président de la République, c'est que nous n'augmenterons pas les impôts pour solder cette crise.
Il est 8h50, le fil info, Stéphane Milhomme, et on poursuit juste après avec le porte-parole du gouvernement.
Et les chauffeurs de VTC, les livreurs à vélo, pourront voter l'année prochaine aux élections professionnelles. C'est une information France Info. Le gouvernement y est favorable. Jusqu'à présent, ces livreurs ou chauffeurs se regroupent dans de simples collectifs. Cela empêche de négocier avec les plateformes qui les utilisent. Olivier Véran veut écrire aux kinés, aux sages-femmes, aux médecins, les inciter encore plus à se faire vacciner. Seuls 30% l'ont fait. Pour le ministre de la Santé, ce combat contre le virus, ils le mèneront encore mieux s'ils sont vaccinés.
Sur France Info, Thierry Amourou, du syndicat national des professionnels infirmiers, estime que les médecins sont surtout méfiants par rapport au vaccin AstraZeneca, qui n'est pas assez efficace à ses yeux. On fait du foot pour les supporters. Il faut écouter les supporters. Le nouveau président de l'OM, Pablo Longoria, le dit en exclusivité sur France Info. L'Espagnol de 34 ans a officiellement remplacé le contesté Jacques-Henri Hérault il y a maintenant quelques jours. Il affiche des ambitions autant sportives que financières pour le club de foot de l'Igien. Et puis un discours fleuve devant 3000 députés en Chine.
Le Premier ministre Li Keqiang annonce des objectifs prudents pour cette année, au moins 6% de croissance et une hausse de 6,8% du budget militaire.
Les impôts des Français n'augmenteront pas, c'est ce que vous venez de nous dire, Gabriel Attal, il y a quelques instants. En revanche, ce qui va changer pour des centaines de milliers de chômeurs, c'est ce qu'ils touchent à la fin de chaque mois, en raison de l'entrée en vigueur de la réforme de l'assurance chômage que le gouvernement a présentée cette semaine. Tous les syndicats, aujourd'hui, sont contre cette réforme. Écoutez par exemple ce qu'en dit le leader de la CFDT, Laurent Berger, cette semaine sur France Info.
Est-ce que c'est le moment de faire une réforme qui fera des économies sur le dos des chômeurs ? Alors qu'on ne sait même pas au 1er juillet quelle sera la situation du chômage, cette réforme est injuste, incohérente, déséquilibrée, anachronique, et donc elle n'a pas lieu d'être.
A partir du 1er juillet prochain, Gabriel Attal, plus de 800 000 chômeurs vont voir en moyenne leurs allocations baisser d'un peu plus de 20%. Est-ce que vous êtes sûr que vous irez au bout de cette réforme ?
D'abord, vous savez, depuis le début de cette crise sanitaire, on a précisément montré que notre engagement, c'était de travailler pour que des personnes ne soient pas pénalisées injustement par cette réforme. 20% de moins pour 800 000 personnes. Elle a été retardée à plusieurs reprises. Il y a eu un travail de discussion, de concertation avec des partenaires sociaux. J'entends qu'à la fin, certains s'opposent quand même à la réforme. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a eu des discussions avec eux et un travail pendant 6 mois.
Il y a eu une adaptation de la réforme, pas uniquement sur la date de l'entrée en vigueur qui a été reportée, mais aussi sur le fait qu'on ne touche pas à la durée à partir de laquelle tous ont accès à l'allocation chômage qui est maintenue à 4 mois, sur le fait que la dégressivité des allocations pour les salaires les plus élevés ne prendra effet qu'au 9e et non plus au 7e mois, sur le fait qu'on revoie la règle de calcul pour y mettre un niveau plancher et sur le fait que le système de bonus-malus qui avait été annoncé prendra effet plus tard.
Ce que je veux dire maintenant, Marc Fauvel, c'est que moi j'entends que la période actuelle, la crise sanitaire et la crise économique, nous fassent revoir un certain nombre de chantiers. Est-ce que ça veut dire qu'il ne faut plus porter de réformes et plus porter les réformes qui avaient été prévues ? Je ne le crois pas. Quand on parle du système d'assurance chômage, il y a un certain nombre de choses auxquelles on veut répondre.
Vous avez sans doute lu l'interview de l'homme qui a fabriqué cette réforme auprès de Muriel Pénicaud dans la première partie du quinquennat et qui dit aujourd'hui qu'il ne faut pas la faire, cette réforme, aujourd'hui avec la crise qu'on a. Les chiffres que j'ai donnés tout à l'heure ne sont pas ceux des centrales syndicales. Les 840 000 demandeurs d'emploi qui vont perdre 20% en moyenne de leurs allocations, ce sont les chiffres de l'unédic, c'est-à-dire l'organisme qui les verse à ces 840 000 là, qui vont perdre 100, 200 euros à la fin de chaque mois.
Quand on se souvient par exemple de la polémique au début du quinquennat sur les 5 euros d'APL qui avaient été rabotés chaque mois, Gabriel Attal, vous n'êtes pas en train de vous dire que vous faites une erreur politique qui risque de plomber la vie de ces gens-là et la fin du quinquennat ?
J'entends ce que vous dites, Marc Fauvel. On a montré encore une fois depuis le début de cette crise que pour tous les Français les plus précaires, et notamment les demandeurs d'emploi, on prenait toujours les décisions nécessaires pour les protéger. Je vous donne un exemple sur les chômeurs en fin de droit qui normalement ne devraient plus, selon les règles, pouvoir percevoir leurs allocations au chômage parce qu'ils sont arrivés en fin de droit. On a systématiquement décalé la date de la fin de leur droit pour qu'ils puissent continuer à percevoir leur droit. On l'a fait à chaque fois et on l'a encore annoncé, Elisabeth Borne l'a annoncé il y a quelques jours, pour un mois supplémentaire.
Donc on a toujours pris ces décisions-là. Ensuite, moi je pose la question, est-ce qu'on considère que le problème qui était observé depuis des années et dénoncé depuis des années, y compris par des syndicats, sur le recours abusif à des contrats très courts et précaires, est-ce qu'on considère que ce problème n'existe pas ? C'est un autre point de la réforme, c'est la taxation des CDD et c'est pour l'année prochaine. Ça fait partie de la réforme.
Sur le point précis sur lequel je vous interroge là.
Est-ce qu'on considère, Marc Fauvel, que le fait qu'il y ait aujourd'hui des inégalités qui font que pour deux personnes qui ont travaillé à mi-temps, selon que vous ayez une personne qui a travaillé à mi-temps, c'est-à-dire la moitié de la journée, chaque jour de la semaine, et l'autre qui a travaillé la moitié des jours de la semaine, toute la journée, il n'est pas la même couverture.
Tout ce que vous dites est parfaitement exact, Gabriel Attal. Ça n'empêche pas la réalité de ces chiffres-là et la réalité que vont vivre toutes ces personnes à partir de cet été.
Ce que je veux dire ensuite, c'est que, évidemment que cette réforme, elle ne peut pas être décorrélée de toute l'action qui est menée pour la relance économique et pour la création d'emplois en France. Et que dans l'entre-deux-vagues, comme on dit, en tout cas à l'été dernier et à la rentrée de septembre-octobre, en tout cas, je crois qu'on parle du troisième trimestre, la France a été un des pays d'Europe qui a connu le taux de croissance le plus élevé. C'est reparti très vite, c'est reparti très fort, plus de 18% de croissance.
On a un plan de relance qui est en train de se déployer dans un certain nombre de secteurs, qui permet la création d'activités, qui permet la relance de l'économie. Donc moi, j'entends qu'on se projette au 1er juillet en se disant que la situation économique n'aura pas changé. Mais vous-même, vous ne savez pas ce que sera la situation économique en juillet ? Oui, mais on s'est toujours adapté, Estalia Braclia, à la situation donnée à un moment donné. C'est aussi pour ça qu'on prolonge les droits. Elle ne changera plus, cette réforme. Elle ira jusqu'au bout, en tout cas. Mais on va mener cette réforme, évidemment, parce qu'elle est nécessaire.
Maintenant, je redis qu'on s'est toujours adapté à la situation sociale dans notre pays et à la situation vécue par des Français dans un moment de crise qui est extraordinairement difficile. C'est une réforme de gauche ? C'est une réforme, en tout cas, d'équité pour les exemples que je vous donnais tout à l'heure. Quand on travaille le même nombre d'heures dans la semaine que son voisin, juste par réparti les mêmes jours de la semaine, mais qu'on n'a pas la même couverture chômage, je pense que ça se justifie.
Vous avez répondu à tous les autres points de la réforme, mais pas à la question que je vous pose sur les 800 000.
Non, mais c'est une réforme qui est globale, avec un certain nombre de mesures, Marc Fauvel. Et puis surtout, moi, j'entends qu'on donne un nombre de chiffres de personnes qui sont demandeurs d'emploi aujourd'hui, en se projetant sur ce que ce sera dans trois ou quatre mois. Encore une fois, je pense qu'il y a une mobilisation collective pour donner des perspectives à tous les Français, évidemment, qui cherchent du travail.
Gabriel Attal, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a annoncé avoir appelé Nicolas Sarkozy cette semaine, après sa condamnation à trois ans de prison, dont un ferme pour corruption et trafic d'influence. Est-ce que c'est gênant qu'un ministre appelle à un ancien président condamné à de la prison ferme pour corruption ?
Franchement, ce qui est important, c'est que tous les membres du gouvernement, et c'est le cas, respectent une décision de justice. Et c'est le cas. Il n'y a pas de commentaire à faire sur une décision de justice. Après, chacun est évidemment libre dans son intimité et dans sa vie privée.
Est-ce qu'Emmanuel Macron va continuer à consulter Nicolas Sarkozy, comme ça a été le cas régulièrement ces derniers mois ?
C'est un ancien président de la République. C'est évidemment normal qu'il puisse y avoir des échanges avec un ancien président de la République.
Même s'il a été condamné ?
Enfin, je veux dire, il a été condamné. Il y a un processus judiciaire qui se poursuit. Je crois qu'il a interjeté à Pell. Tout à fait. Et donc, voilà. C'est un ancien président de la République qui a eu une expérience, une expérience des crises, qui puisse être consultée. Ça me semble évidemment légitime.
Merci Gabriel Attal. Merci. Porte-parole du gouvernement, invité ce matin de France Info.
Gabriel Attal