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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 26 novembre 2022 10 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsJusticeÉducation & recherche

Soupçons de financement illégal - McKinseygate : que risque vraiment Macron ?

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:02OuverteÉludée

    Sophie, est-ce que tu peux vulgariser ce que vient de dire ce monsieur ?

  • 6:45OuverteRéponse directe

    Mais est-ce qu'il risque vraiment quelque chose ? Emmanuel Macron qui bénéficie de son immunité présidentielle ?

  • 8:07OuverteRéponse directe

    Maïlis, toi, tu t'es déjà intéressée, au-delà de la chronique judiciaire, au rôle que les cabinets de conseil jouent dans la conduite des affaires de l'État.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:10InvitéChiffre
    « les services de McKinsey, dans le cadre de la stratégie gouvernementale de gestion du Covid, ont coûté plus de 12 millions d'euros à l'État »
  • 4:21InvitéChiffre
    « son implication dans la gestion de la réforme des APL a coûté aux contribuables 4 millions d'euros »
  • 8:11InvitéChiffre
    « McKinsey n'a payé aucun impôt sur les sociétés en France entre 2011 et 2020, malgré un chiffre d'affaires de 329 millions d'euros la même année »
  • 8:49InvitéChiffre
    « Ils ont empoché 117 millions d'euros en six mois seulement, en 2022 »
  • 9:04InvitéChiffre
    « 131 millions d'euros les six premiers mois de 2021 »

Temps de parole

  • Invité43 %
  • Invité 219 %
  • Invité 315 %
  • Invité 413 %
  • Présentateur7 %
  • Présentateur 22 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

On parle maintenant d'un sujet qui va faire couler beaucoup d'encre et de salive. Aujourd'hui, le quotidien Le Parisien a annoncé qu'une enquête judiciaire a été ouverte et vise Emmanuel Macron au sujet du financement de sa campagne, avec en toile de fond les liaisons troubles qu'il a pu avoir en tant que candidat à la présidente de la République avec l'entreprise du Conseil McKinsey.

0:26
Invité

Alors Nadia, dans cette affaire, tout commence par ce qu'on a appelé le McKinsey Gate en pleine campagne électorale en vue de la présidentielle de 2022. Une commission d'enquête sénatoriale avait été mise en place et disons pour l'objectif était d'évaluer le rôle des cabinets de conseil auprès des services de l'État. Et dans le cadre de cette commission, Karim Tathédine, directeur associé senior McKinsey France en charge du pôle service public, il répondait aux questions de la présidente de la commission, Eliane Assassi, et il s'est littéralement effondré, perdu dans une sorte de langage technocratique creux. On se remémore ce moment gênant en regardant.

Vous nous avez dit tout à l'heure que votre valeur ajoutée, c'est de réaliser des expertises sur des enjeux complexes. C'est ce que vous nous avez dit dans vos propos. Alors, je sais bien que le métier d'enseignant est un métier très difficile, notamment dans ce moment de crise épidémique avec la Covid-19, mais je pense justement qu'ils ont démontré que c'était des experts en matière d'enseignement. Or, vous avez obtenu un contrat d'un montant de 496 800 euros pour, je cite, « évaluer les évolutions du métier d'enseignant ». Vous pouvez nous dire à quoi aboutit cette mission ? Oui, bien sûr, madame la rapporteure.

Nous avons été sollicités dans le cadre du contrat cadre de la DITP par le ministère de l'Éducation et par la DITP. Et notre rôle a été d'accompagner la DITP pour organiser un séminaire qui était prévu par le ministère en lien avec le centre d'organisation internationale pour réfléchir à quelles étaient les grandes tendances des évolutions du secteur de l'enseignement, quelles étaient les évolutions aussi attendues du marché d'enseignant, et à ce titre, quelles pouvaient être les réflexions autour du métier d'enseignant. Nous avons accompagné la DITP dans cette réflexion.

Et nous travaillons maintenant, madame la rapporteure, depuis une vingtaine d'années aussi, sur l'analyse de l'évolution des systèmes d'éducation. Oui, je trouve que cette réponse est un peu imprécise, quand même, parce que c'est un sujet qui pourrait être un sujet d'ampleur. Et le contrat n'est quand même pas... C'est une somme assez conséquente, quand même. Donc, ça aboutit à quoi, précisément ? Ça a conduit, madame la rapporteure, à l'ensemble de travaux qui ont été réalisés avec à la fois la DITP et l'université de l'éducation.

Donc, il s'agissait, d'une part, de travaux de benchmarking, de comparaison, de quelles avaient été les évolutions faites par l'ensemble de pays européens pour anticiper les évolutions du métier d'enseignant. Bien analyser également quelles étaient les évolutions des systèmes éducatifs, notamment de pilotage du système éducatif dans l'ensemble des pays européens. Et donc, réfléchir à un certain nombre de thèmes de réflexion qui étaient prévus pour la tenue d'un séminaire avec les responsables d'enseignants qui étaient prévus en février 2021, madame la rapporteure. Donc, il y avait des responsables, des enseignants qui collaboraient ?

Oui, madame la rapporteure, mais je n'ai pas directement piloté ces travaux. Je pilote l'ensemble du secteur et j'ai des collègues qui sont spécialistes de ces problématiques d'évolution de l'enseignement, madame la rapporteure.

3:59
Présentateur

D'accord. Merci. Sophie, est-ce que tu peux vulgariser ce que vient de dire ce monsieur ?

4:04
Invité

Ah non, j'en suis bien incapable. Réfléchir sur la réflexion, c'est trop difficile pour moi. En tout cas, progressivement, après ce moment gênant, l'opinion apprend que les services de McKinsey, dans le cadre de la stratégie gouvernementale de gestion du Covid, ont coûté plus de 12 millions d'euros à l'État, que son implication dans la gestion de la réforme des APL a coûté aux contribuables 4 millions d'euros. Et surtout, on s'intéresse à Karim Tachédine, qui est une vieille connaissance d'Emmanuel Macron. Les deux hommes avaient travaillé ensemble dans le cadre de la commission Attali et Tachédine bossait comme un bénévole commissionné par McKinsey.

La commission Attali pour la libération de la croissance française, qui préconisait déjà un certain nombre de mesures, comme la fin du monopole des taxis et en filigrane l'ubérisation de l'économie. Alors, quand Macron arrive au ministère de l'économie, ben, revoilà Tachédine, qui vient le conseiller, toujours missionné par McKinsey, toujours à titre bénévole. C'est le même modus operandi qui sera utilisé quand Tachédine et d'autres cadres de McKinsey rejoindront la campagne Macron de 2017 avec armes et bagages, Tachédine se servant même de son adresse professionnelle pour échanger dans ce cadre pourtant strictement politique, dans le cadre d'une opération de conquête du pouvoir.

Toutes ces choses, on les a sues au premier trimestre de cette année dans le cadre de ce qu'on appelait le McKinsey-Gate, qui n'a à l'époque eu aucune conséquence réelle, puisque Macron a été réélu. Mais voilà, aujourd'hui, on apprend qu'il existe assez d'éléments justifiant l'ouverture d'une information judiciaire pour financement illégal de campagne et favoritisme. Alors, que dit le communiqué du parquet qui suit les révélations du Parisien ? Il dit qu'en réalité, il s'agit de trois procédures.

Premièrement, une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale aggravée visant le groupe McKinsey, dont on avait appris suite au mensonge de Tachédine devant la commission d'enquête du Sénat qu'en réalité, il ne payait pas ou presque pas d'impôts en France. Deuxièmement, suite à plusieurs signalements d'élus et de particuliers, une information judiciaire a été ouverte cette fois-ci le 20 octobre 2022, donc il y a un mois environ, au sujet des comptes de campagne 2017 et 2022 d'un candidat.

Emmanuel Macron n'est pas nommément cité par le communiqué du parquet qui évoque des comptes de campagne non conformes et une minoration d'éléments comptables portant condition d'intervention des cabinets de conseil. Et troisièmement, suite à plusieurs plaintes d'élus et d'associations, une information judiciaire a été ouverte des chefs de favoritisme et de recel de favoritisme. Bref, la coupe est pleine et les prochains jours pourraient bien nous en dire plus.

6:45
Présentateur

Mais est-ce qu'il risque vraiment quelque chose ? Emmanuel Macron qui bénéficie de son immunité présidentielle ?

6:50
Invité

Jusqu'au jour où il quittera l'Élysée, il ne risque rien. Et après, étant donné qu'il est plus jeune que Jacques Chirac et plus jeune que Nicolas Sarkozy, qui, à la suite de leur présidence, se sont transformés en justiciables toujours devant les tribunaux, peut-être qu'effectivement, il pourrait avoir quelques déconvenus après 2027, d'autant plus que certaines rumeurs affirment qu'il serait peut-être candidat à l'élection présidentielle de 2032, genre, façon Poutine-Medvedev.

Bref, globalement, en l'état actuel du droit français, il n'y a pas grand-chose à craindre en tant que président de la République, puisqu'on se rappelle que, justement, la demande de commission d'enquête sur les Uberfights, qui était faite par la France insoumise, était bloquée par les préventions des députés macronistes et LR, qui estimaient que mettre en cause le président de la République sur des faits qui datent d'avance en accession à la présidence de la République, c'était déjà remettre en cause le principe d'irresponsabilité du chef de l'État. Alors, c'est notre République, ce sont nos institutions.

7:52
Présentateur

D'accord. Donc, il marchera peut-être avec un bracelet électronique, comme son ami, après la fin de ce mandat. Maïlis, toi, tu t'es déjà intéressée, au-delà de la chronique judiciaire, au rôle que les cabinets de conseil jouent dans la conduite des affaires de l'État.

8:07
Invité

Oui, je voudrais juste rebondir sur ce qu'a dit Théophile sur McKinsey. Au printemps, une enquête a été ouverte par le Parquet national financier parce que McKinsey n'a payé aucun impôt sur les sociétés en France entre 2011 et 2020, malgré un chiffre d'affaires de 329 millions d'euros la même année. Donc, il y a une enquête préliminaire en cours. Donc, voilà les gens qui prennent des décisions, qui ont une influence croissante sur les décisions publiques. Et comme l'a pointé Eliane Assassi, ces cabinets de conseil, en plus de gagner énormément d'argent du Trésor public, ils prennent de plus en plus de décisions. Ils ont empoché 117 millions d'euros en six mois seulement, en 2022.

Dans l'ordre, c'est Capgemini, Soprasteria et McKinsey qui ont été les plus présents. Et alors, ça représente une légère baisse, donc 131 millions d'euros les six premiers mois de 2021. Mais bon, on voit bien que tout ça est assez stable, que leur présence est bien assise dans les milieux de pouvoir. Ces cabinets de conseil, ils ont mené 2300 missions sur le premier semestre 2022 au ministère de la Transition écologique, de l'intérieur, de l'économie et des finances, dans leur 2300 missions sur des sujets aussi variés que la fusion des hôpitaux.

Par exemple, c'est McKinsey qui a conseillé au gouvernement de fusionner deux hôpitaux pour créer le grand hôpital de Saint-Denis avec des suppressions de lits et qui a conseillé la formation de ces méga-hôpitaux qui arrivent et qui font de plus en plus partie de notre culture de la santé. Voilà un petit peu la place qu'ils occupent. Avec cette information judiciaire, peut-être que tout ça va être remis en cause. En tout cas, pour l'instant, ils sont bien là. Et ils remplacent nos hauts fonctionnaires qui sont payés par nos impôts aussi.

10:07
Présentateur

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