Mémona Hintermann : comment changer son regard sur les animaux
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
J'écoutais avec passion ce que tu racontais. Après L'OEil de Pierre vient le Pop. C'est Emilie... - E.Tran Nguyen: Ce qui pop, ce sont les animaux qui sont des stars comme les autres.
Vous connaissez cet alpaga de 6 ans qui vit en Australie et qui est suivi par 150 000 personnes sur Instagram. Il y a aussi Pokee, un hérisson. - G.Montagné: Oh! - E.Tran Nguyen: Il partage sa vie avec un chat.
Il fait du skate. Il sait même lire. - A.-E.Lemoine: Là, il conduit. - G.Montagné: Il va bouffer la page. - E.Tran Nguyen: Il y a le chat star.
C'est Sukiicat, avec 2 millions d'abonnés sur Instagram. Il fait du paddle ou s'énerve contre le poisson de l'aquarium de la maison. Des animaux considérés comme des membres de la famille, selon leurs propriétaires.
On suit leurs aventures qui nous font sourire, qui nous surprennent. Il y a le duo Olie et Monday. Elle nous montre comment elle arrive à le dresser et à faire des choses incroyables avec lui.
Elle était venue sur le plateau nous faire une démonstration. - G.Montagné: Je ne savais pas. - A.-E.Lemoine: Tu veux bien chercher un coussin pour Bernard? - J'espère qu'il va le faire.
Sur le canapé! Vas-y, mon bébé. - A.-E.Lemoine: Il sait ce que c'est qu'un coussin?
Qu'un Bernard? Il est tellement gros, ce coussin! - Voilà. - A.-E.Lemoine: Merci. - E.Tran Nguyen: Incroyable.
Derrière ces duos, il y a des liens à part qui sont souvent sous-estimés et moqués entre les hommes et les animaux. Il y a de l'amour entre eux. Ce sont des liens comparables à ceux qu'on peut tisser avec les membres d'une famille.
Entre nous, petite confidence. J'ai du mal à l'accepter mais je vais vous le dire: ma mère parle de son chihuahua comme de sa fille. C'est donc ma soeur.
Je vais vous la présenter. Elle a 8 ans. C'est les posts qu'elle fait sur Instagram à son anniversaire. - P.Lescure: Il y a un truc! - A.-E.Lemoine: Il y a un truc. - E.Tran Nguyen: Ce qui m'a rassurée, c'est quand j'ai vu la star D.Moore venir avec son chihuahua sur le plateau.
Elle ne s'en sépare jamais. Elle en parle comme de sa compagne. - D.Moore: C'était ma compagne dans le tournage.
G.Montagné chante. - E.Tran Nguyen: 1 Français sur 3 dort avec son animal de compagnie.
Un animal de compagnie est très bon pour la santé. Une vétérinaire en a fait un livre. Il n'y a pas que les femmes.
Il y a aussi J.-P.Rouve avec Gtro, qui l'accompagne partout et qu'il considère comme l'homme de sa vie. - M.Bouhafsi: Il y a l'homme de votre vie, Gtro. - J.-P.Rouve: Il fait du basket.
Il fait plein de choses. Il tient bien la route. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, M.Hintermann, grande reporter de guerre, écrivaine et assistante d'un vétérinaire, votre fils, qui voulait devenir journaliste avant de trouver sa voie.
C'est lui, le petit garçon qu'on voit en photo sur la couverture de ce livre. Il est aux côtés d'un énorme chien, un bouvier, qui était tout pour lui. Si on fait bien attention à la photo, on lit dans les yeux de ce petit garçon une immense tristesse.
Pourquoi? Il savait que ce trajet en train était probablement le dernier qu'il ferait avec son chien. - M.Hintermann: C'est une histoire vraie.
Ce petit garçon, c'est Julien. Je suis avec lui dans un train entre Genève et Zurich, où habitait sa grand-mère. A la descente du train, on allait remettre ce grand chien qui, d'après le papa de Julien, n'avait pas de place à Paris.
On ne doit pas choisir un animal trop gros et trop grand ou qui ne nous convienne pas. - A.-E.Lemoine: C'est de cette douleur qu'a germé la vocation de Julien.
A l'époque, vous n'aviez pas conscience de l'importance de la présence d'un animal dans la vie d'un enfant. - M.Hintermann: J'étais une vraie idiote.
Avec quelques excuses...
Je viens de l'île de La Réunion. Chez nous, à La Réunion, à mon époque, on était tellement pauvres, toutes couleurs confondues, qu'il n'y avait pas déjà de quoi nous nourrir. Comment avoir un chat ou un chien? - G.Montagné: C'est un endroit que j'adore, La Réunion.
On y a été il n'y a pas longtemps. Ils chantent. - A.-E.Lemoine: C'est le duo auquel on ne s'attendait pas. - M.Hintermann: Merci. - A.-E.Lemoine: Vous avez longtemps été confrontée, dans l'exercice de votre métier, à la guerre et à la mort.
Très longtemps, vous n'avez pas compris l'émotion de ceux ou celles qui venaient de perdre leurs animaux de compagnie comme sur le plateau de "C à vous" avec Mika ou B.Montiel. - B.Montiel: J'aimais beaucoup ce chien.
Il était avec moi tous les jours. Je suis un solitaire. C'est d'une intelligence et d'une beauté...
Je ne regarde plus les images. Je ne m'en suis pas remis. - Mika: Quand elle est partie, on savait que c'était le moment.
Derrière les yeux, il n'y avait pas la même charge électrique. On a tous l'impression qu'on a honte de parler de nos chiens, même si on aime souvent nos chiens plus que des personnes. - A.-E.Lemoine: Vous comprenez ces réactions? - M.Hintermann: Que c'est vrai!
Dans la clinique, j'ai pris conscience de ce monde de dehors. Le journalisme me mène à tout. J'ai rencontré des gens...
C'est une sorte d'immersion. J'ai pu rencontrer des gens, dans un endroit à huis clos, où ils se sont exprimés. Je les voyais dans la rue, ils n'en parlaient jamais.
Là, j'ai vu un avocat et une docteure en mathématiques qui pleuraient. Elle m'a dit: "Quand mon mari est mort, j'ai eu beaucoup de peine. Si Léon meurt avant moi, je ne sais pas ce que je deviendrai." Il y a toute une société qu'on ne voit pas avec des bouleversements radicaux sur l'importance de ces liens.
C'est auprès de Julien que je l'ai appris. - A.-E.Lemoine: C'est l'objet de ce livre, "Nos animaux nous réparent". - L.Amar: On y découvre le nombre incroyable de suicides chez les vétérinaires.
Les vétérinaires se suicident 3 à 4 fois plus que le reste de la population. - M.Hintermann: Ils ont une potion magique sous la main, dans une petite armoire verrouillée.
Les gens de la sécurité se suicident beaucoup. Les jeunes vétérinaires se rendent compte que ce n'est pas le boulot qu'ils auraient aimé faire. C'est très dur.
Ils bossent beaucoup. On fait la leçon à Julien tous les matins. On l'appelle à 2h... "Il ne faut pas te lever.
Attends que les autres fassent leur boulot." C'est un amour dévorant. J'ai peur de la question du suicide. - P.Lescure: Gilbert, vous avez, un peu comme votre fils, découvert les animaux chez votre grand-mère, à la campagne, dans l'Allier.
Il y a les lapins, les poules et les chiens. En 1981, vous êtes l'invité de "30 Millions d'amis". Vous veniez de rentrer des Etats-Unis avec une nouvelle chanson et un chien. - Comment imaginez-vous votre chien? - G.Montagné: Je l'imagine pas.
Je le vois à ma façon, avec mes mains. Je vois ses oreilles, ses moustaches... - P.Lescure: Il s'appelait Clover.
Aujourd'hui, vous en avez encore? - G.Montagné: Non.
Tous mes chiens, c'était pas du tout des guides. C'était moi qui les guidais. Ils étaient sympas!
Un jour, je rentre d'un club en Floride où j'avais joué. Il était à peu près 2h du matin. On venait d'avoir un chien à la SPA américaine.
Je rentre et j'appelle "Bogey?" Je me dis qu'il dort. Je claque des doigts et il fait rien.
On a découvert que ce chien était sourd profond. Sourd de chez sourd! Avec moi, ça pouvait pas trop coller.
Moi, j'adore la communauté des gens malentendants. C'est pas des conneries! Avec les malentendants, je m'entends super bien. - A.-E.Lemoine: Il pouvait pas répondre à votre appel et, avec vous, c'était compliqué. - G.Montagné: Les chiens guides, c'est merveilleux.
J'ai un ami qui a un chien...
Ce chien vient 2 fois par an. Il lui dit: "Viens, on va chez Gilbert." Je te promets qu'il s'arrête devant la porte.
Comment c'est possible? - M.Hintermann: Je te crois.
Ils ont d'autres liens, d'autres sens de l'univers. C'est une histoire de dingue. Il faut admettre ça. - A.-E.Lemoine: Et il faut lire votre livre.
Je vous l'offre, Gilbert. "Nos animaux nous réparent". - M.Hintermann: Gilbert, je vous ai rencontré la 1re fois il y a presque 50 ans.
C'était à Bourges, pour le 1er festival de musique de Bourges. Vous étiez là. Vous m'aviez donné une force incroyable.
J'arrivais de mon île natale. Je trouvais qu'il faisait froid. Je trouvais qu'il n'y avait pas de repères.
Je me suis dit que si un homme qui ne voit pas
Xavier Bertrand