Immeuble effondré à Marseille: l'interview intégrale du maire, Benoît Payan
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Nous sommes en direct avec le maire de la ville. Bonsoir, Benoît Payan. Merci d'être avec nous en direct.
Je voudrais que nous prenions le temps de revenir sur les événements dans un instant. Mais d'abord, où en est-on ce soir à 18h30 ? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire ?
On a entendu la procureur nous parler de 8 à 9 personnes recherchées. On a, au moment où on parle, 8 personnes dont on est sans nouvelles, qui habitaient le 17 rue de Tivoli. Probablement une neuvième dont on n'a pas de nouvelles qui habitait le 19 rue de Tivoli.
On reste très prudent, 8, 9. Les secours sont évidemment actifs sur le terrain. Ce qui a évolué dans les dernières heures, c'est que les chiens ont pu intervenir.
Même si ça reste difficile pour eux, puisque vous le savez, un incendie d'une ampleur très peu connue, c'est-à-dire avec une intensité de chaleur très peu connue sur site, en ville, s'est déclaré dès cette nuit. Donc, empêchant le travail des chiens, commence doucement, doucement à diminuer. Les chiens sont là, mais la chaleur est encore trop grande.
Donc, les chiens ne s'approchent pas vraiment des lieux les plus sensibles et les plus critiques. Et puis, il y a aussi, maintenant, le travail des femmes et des hommes qui sont sur site. On a identifié les poches, les endroits où pourraient se retrouver des survivants.
On garde encore un espoir. Il est petit, mais on veut garder l'espoir. Et c'est pour ça qu'on se bat.
Et donc, des femmes, des hommes, les chiens, et on enlève gravat par gravat pour aller rechercher des survivants. Au moment où je vous parle. Vous avez, au moment où nous parlons, tous les moyens techniques dont vous avez besoin.
Tout est engagé ? Tout est engagé. Et la ville de Marseille, le bataillon des marins pompiers, a évidemment l'ensemble de la palette de toute la technique la plus moderne qui existe sur la planète pour faire ça.
On est allé des drones jusqu'aux sondes, jusqu'aux moyens mécaniques, humains, techniques, chimiques. Tout est mis en place. Tout est mis en place pour qu'on puisse essayer de retrouver des personnes vivantes.
Mais encore une fois, je vous le dis, cette explosion qui a été une déflagration d'hier soir dans le quartier a provoqué l'effondrement d'un immeuble, le 17, et tout de suite après, dans les minutes qui ont suivi, en sous ces gravats. Donc il faut imaginer ce que c'est. Un incendie qui prend sous des gravats qui forment un four, qui forment une chape.
Et donc des températures qui se sont mises à grimper avec une rapidité absolument extraordinaire ont empêché ce qui se fait classiquement dans l'intervention tout de suite d'humains, de chiens qui nous permettent dans un premier temps de regarder ce qui se passe. Là, il a fallu prendre beaucoup de temps. Et puis surtout, imaginons l'endroit, il est difficile d'accès.
Il y a autour du 17, d'autres immeubles qui ont été affectés, abîmés. Le 15, on en a eu...
Oui, parce que la rue, elle est étroite. Enfin, nous, on est juste ici. Toutes les rues sont étroites.
C'est un quartier extrêmement résidentiel où les rues sont étroites. C'est un quartier où les rues sont très étroites. Et donc, on est en plein cœur d'un îlot extrêmement étroit.
Le 15 qui est à côté du 17 a commencé tout de suite à bouger puisque le 17 a emmené dans sa chute une partie du 15. Et nous, dès 4h du matin, on a eu les alertes d'un 15 qui allait probablement aussi s'effondrer. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ?
À ce moment-là, on ne prend pas de risque pour les pompiers. Et on est obligé de les dégager. Et on met des moyens techniques pour arroser.
Et on vous l'a expliqué, il faut arroser avec parcimonie, avec intelligence. On ne peut pas mettre n'importe quel produit chimique. Pourquoi ?
Parce que ça tuerait ou noirait les éventuelles personnes qui sont encore survivantes. Quand le 15 s'effondre sur le 17, il rajoute une nouvelle chape de béton. Et donc, ça renforce encore cet effet absolument terrible de chaleur absolument incroyable.
Les flammes n'étaient pas rouges, elles étaient bleues. Et donc, vous devez imaginer la violence avec laquelle tout ça s'est passé et tout ça se passe. C'est-à-dire qu'à ce moment précis, ça définit une zone d'exclusion, j'allais dire, pour les secours ?
Non, parce qu'on a toujours fabriqué un dôme d'eau, c'est technique, mais pour nous permettre quand même, pierre par pierre, à commencer à retirer les...
À aucun moment, le site n'a pas été en action. À aucun moment, on n'a pas été en action. Les hommes ou les machines, les pelleteuses ont tout le temps été en action.
Il n'y a pas de moment où les secours se sont arrêtés. Il n'y a pas eu une minute où les secours se sont arrêtés. On a fait avec.
Il y a des moments où, quand un immeuble s'effondre, oui, bien sûr, on se retient. Mais tout de suite, on a placé, et même avant l'effondrement, on a tout de suite placé des enjambles pour pouvoir continuer à envoyer de l'eau. Et donc, on a vraiment fait extrêmement attention.
Et dans le même temps, on avait, évidemment, 5 personnes en urgence relative, une autre personne très âgée à l'hôpital, qui était dans une situation, évidemment, critique parce qu'elle était complètement perdue. Et puis, dans le même temps, il y a 32 immeubles autour à évacuer. La ville de Marseille s'est occupée de 200 personnes au moment où je vous parle.
Ce travail de référencement des bâtiments à évacuer, des gens à évacuer, il s'est fait immédiatement ? Pardon pour la simplicité de cette question, mais c'est simple à faire de dire à des gens en pleine nuit, non, il faut partir ? Ce n'est pas simple à faire.
Vous, vous pouvez rester ? Ce n'est pas simple à faire. On ne réveille pas les gens pour leur dire qu'ils peuvent rester.
On réveille les gens pour leur dire qu'ils doivent partir. Ce n'est pas simple à faire, mais il faut le faire. Parce qu'on ne prend aucun risque et on ne peut prendre aucun risque.
Tous les immeubles du côté impair de cette rue, à partir du 11 ou du 9, ont été évacués. Tout le côté impair a été évacué. Rue Abbé de l'Épée, puisque ce sont des cours intérieurs aussi.
Rue Abbé de l'Épée, donc celle qui a reçu la partie arrière du 17, a aussi été évacuée. Et puis, au fur et à mesure de ce qui s'est passé, au fur et à mesure où on a senti que ça bougeait, on évacuait les immeubles. Donc, c'est 33 immeubles évacués au moment où je vous parle.
C'est 200 personnes prises en charge dans la nuit. Est-ce qu'on peut écarter ce soir, au moment où nous parlons, M. le maire, des risques d'effondrement des bâtiments qui sont à côté ?
Non, on ne peut pas écarter de risques. Ça n'existe pas. Le risque zéro n'existe pas.
Ce que je peux vous dire, c'est qu'on est dans un quartier où les structures bâtimentaires sont des structures solides. Ça n'a rien à voir avec le drame qu'on a connu à la rue d'Aubagne. Pour autant, les Marseillais sont touchés, ils sont affligés.
Et vous savez, on a été traumatisés par ce qui s'est passé. Je suis arrivé tout à l'heure, ils n'ont tous parlé de la rue d'Aubagne. Même si ça n'en a absolument rien à voir, c'est une explosion.
Et on aura, et la procureure de la République et la police judiciaire vont nous dire ce qui s'est passé. C'est une explosion qui a créé, qui a fabriqué cet effondrement, qui a provoqué cet effondrement, qui a provoqué d'autres effondrements. On n'est pas du tout sur de l'habitat insalubre.
On a à Marseille, et on les chasse et on les pourchasse, des gens qui sont des marchands de sommeil. Pardonnez-moi, je vais aller au bout de cette logique qui loge des gens dans des immeubles. Et qui sèment la mort.
Là, on est sur un accident terrible, tragique, mortel. Et on a des marins-pompiers extraordinaires, on a des services de la ville extraordinaires. Il reste 50 personnes ce soir qui n'ont pas de solution de relogement.
La ville de Marseille va les reloger, on va les reloger à l'hôtel. La ville de Marseille les prend en charge. Et puis ensuite, dès qu'on le pourra, ce soir personne.
On recommencera doucement, immeuble par immeuble, diagnostique comme de la dentelle, à regarder qui peut regagner son appartement. Qui sont les gens qui vivent dans cette rue ? Qui sont les gens qui vivent dans ces quartiers ?
Il faut le préciser pour les gens qui ne sont pas de Marseille. Mais ce sont des Marseillais et des Marseillais. Là, à 1 km, il y a le Vieux-Port.
On est tout au bord de la mer, on est en plein cœur de cette ville. C'est vraiment un quartier ultra résidentiel. La procureure disait, il y a des gens...
C'est un quartier populaire et résidentiel. C'est un quartier historique de Marseille, c'est un vieux quartier de Marseille. On est en haut de la Cannebière, on est à 250 m du Vieux-Port.
On est à côté de la Plaine, du Cours Julien. Et donc, c'est un quartier historique de cette ville, où il y a du Trois-Fenêtres Marseillais. C'est une spécificité de l'architecture marseillaise, mais en très bon état.
Ce sont des immeubles pour lesquels on n'a jamais eu...
On regardait avec les marins-pompiers, en 3 ans, il n'y a pas eu une intervention de difficulté de structure. Il n'y a pas eu un seul signalement sur aucun des...
Sur le 17, bien sûr, sur le 15, sur le 19, sur aucun de ces immeubles. Il n'y a eu quoi que ce soit. Donc, on est vraiment sur un phénomène d'explosion qui a provoqué cette chute, cet effondrement dans un quartier, évidemment, qui est un quartier tout à fait tranquille, un quartier qui vit, un quartier qui bouge, un quartier jeune.
Et on a des voisins ici. Vous savez, on est...
J'ai entendu dans les journaux que c'était le quartier de la Plaine. On est à côté de la Plaine, c'est le Camas ici. Mais on n'est pas loin non plus de la rue d'Aubagne, qui est à quelques centaines de mètres à vol d'oiseaux d'ici.
Et puis, les marseillaises et les marseilles sont attachés à leur ville. C'est ce qui fait qu'il y a beaucoup de réactions, c'est qu'on est en plein centre-ville. On a revécu ça.
Justement, pour avoir des immeubles rapprochés, c'est qu'on est en centre-ville, sinon c'est du pavillonnel. Alors, M. Payon, j'ai eu beaucoup de témoignages depuis qu'on est arrivé cet après-midi ici, des gens qui se demandent quand est-ce que je vais pouvoir retourner dans cette rue.
Certains nous ont dit tout à l'heure au micro de BFMTV, « Est-ce que je pourrais récupérer mes animaux de compagnie ? » Mais c'est normal, c'est des questions aussi simples que ça, mais qui sont importantes pour ces gens. Ce sont des questions légitimes.
Mais d'abord, moi, ce qui m'intéresse, c'est la sécurité de ces gens. Et donc, même si certains veulent retourner chez eux, on ne va pas mettre leur vie en danger pour pouvoir retrouver des effets personnels. Par contre, ce soir, évidemment, personne ne peut rentrer chez lui. 150 personnes ont retrouvé le moyen de se reloger dans des familles ou chez des amis.
Les 50 personnes dont je vous parlais seront à l'hôtel. Et dès demain soir, on va retrouver, on va regarder, appartement par appartement, qui peut récupérer des affaires ou qui peut se réinstaller chez lui. Mais nous, aujourd'hui, au moment où je vous parle, il y a des gens, au moment où je vous parle, il y a des gens qui sont accompagnés et qui peuvent, en fonction de là où ils habitent, même si ça a été évacué, qu'ils peuvent retourner chez eux avec les marins-pompiers, avec la police.
Ils sont accompagnés de marins-pompiers et de police. C'est évidemment une charge de travail pour nous. Mais justement parce qu'on comprend que ce sont des situations humaines, parce qu'on comprend que ce sont des situations de vie.
Une vieille dame qui vient nous dire, ce matin, j'ai été évacuée, je veux récupérer mon chat. Elle est perdue. Bon, eh bien, on l'accompagne avec la police, avec les marins-pompiers.
Et quelquefois, elle peut le faire. Selon où ça se trouve, on ne peut pas mettre sa vie en danger, ni celle des marins-pompiers, pour quelque raison que ce soit. Je voudrais revenir sur ce qui s'est passé la nuit dernière.
C'est à 1h47 que cette explosion a eu lieu, selon les informations que nous avons aujourd'hui. Vous, j'imagine que vous l'avez appris très, très vite. Il s'est passé quoi dans votre tête ?
Vous vous êtes dit quoi au moment où vous avez eu ce coup de fil ou ce message s'est passé comment, d'ailleurs ? Des souvenirs, des souvenirs. C'est mon adjoint, Omarin-pompier, qui m'a appelé en me disant « Il y a cinq minutes, les services de secours et d'incendie viennent de recevoir un appel.
Un immeuble s'est effondré en centre-ville. » On ne sait pas plus. Je me suis rendu sur place, je n'habite pas très loin, je suis descendu tout de suite.
Il y a eu des images qui viennent dans la tête quand on est marseillais. Justement, on pense au pire parce qu'on a déjà vécu des drames. Il y a eu huit morts dans l'effondrement de la rue d'Auban.
Il y a eu huit morts dans l'effondrement de la rue d'Auban, dans des conditions qui sont tragiques, qui sont terribles et qui nous ont profondément marqués. On arrive sur site, il fait nuit. On a évidemment les secours qui sont là.
Les secours sont arrivés dans les cinq minutes. C'est-à-dire que dès l'appel, dans les cinq minutes, les premiers pompiers étaient sur place. Tout de suite, l'ampleur du drame a été prise en compte.
Et donc, un périmètre de sécurité a été mis en place par la police nationale, à qui je veux rendre hommage, par la police municipale, par les pompiers. 100 pompiers dans la demi-heure. Une centaine de policiers nationaux, 75 policiers municipaux, les services de la ville, l'ADPGA.
J'ai fermé un gymnase. L'ampleur du drame a été clair pour tout le monde tout de suite ? Tout de suite, tout de suite.
J'ai demandé à ce qu'on arme un gymnase tout de suite. J'ai ouvert une cellule psychologique tout de suite. Dans la demi-heure, on a ouvert la crèche et l'école d'à côté.
Pour que justement, on savait que des familles pouvaient se manifester. Même s'il est une heure et demie du matin, à ce moment-là, deux heures du matin. On sait que les gens dorment.
On sait qu'il y a des victimes qui potentiellement peuvent descendre. Il peut se passer quoi que ce soit. Donc on a fait des lieux spécifiques pour chacune des caractéristiques de victimes. parce que ce sont des humains et que c'est ce qui m'importe et que c'est ce qui nous importe.
Vous savez, les Marseillais, on a été vraiment impactés par tout ça. Bon, on est là et on ne s'est pas arrêtés pour eux, pour essayer maintenant. Et parce que c'est ce que j'ai dans la tête, Jean-Baptiste Boursier.
Et je vous demande de le comprendre. Je suis obnubilé par la recherche d'éventuels survivants. Et c'est tout ce qu'on fait aujourd'hui.
Est-ce que le recensement a été simple à faire ? On sait que la procureure nous a dit que des proches se sont manifestés. Comment ça s'est passé ?
Ce sont des situations difficiles que je ne veux pas forcément vous décrire comme ça et que je ne veux pas décrire comme ça. Mais il y a des gens qui se sont manifestés ce matin. D'autres très tôt, d'autres un peu moins tôt.
Venant, disant, j'ai mon fils qui habite là. Moi, j'ai eu à faire face à cette situation. Je ne veux pas aller plus loin.
Vous me posez la question. Vous imaginez ce que ça veut dire pour ces personnes-là ? Pour moi, ce n'est pas le sujet, mais pour ces personnes-là.
Donc il faut les prendre en charge tout de suite. D'autres, on n'a eu pas de famille se manifestant, mais on savait que les gens habitaient là. On a recoupé tous nos fichiers.
Avec les impôts, moi j'ai surtout regardé si j'avais des enfants inscrits à l'école. Et on continue de rechercher. On a regardé tout ce qui pouvait se passer.
Et en recoupant les fichiers, en comptant le nombre d'appartements, en sachant à peu près qui est là, on sait, au moment où je vous parle, qu'on a huit personnes qui manquent à l'appel. Huit et potentiellement une neuvième personne sur les meubles d'à côté. Et potentiellement une neuvième sur le 19.
On a vu les pompiers passer derrière vous tout au moment où vous parliez, parce qu'en fait, ça se passe juste ici. Il y a presque quelque chose d'irréel. Et en fait, est-ce que vous réalisez ce qui se passe ?
Parce que c'est à 100 mètres d'ici. Et en passant, on a vu la fumée, on a vu les gravats qui fumaient encore, on a vu les véhicules extraits des décomptes. Vous savez, la ville de Marseille a la spécificité d'avoir des marins-pompiers qui sont des militaires.
C'est la seule ville en France avec Paris qui est sécurisée par le plus grand bataillon de la marine française. Et la spécificité, c'est que c'est le maire de Marseille qui dirige les opérations de secours. Donc par la force des choses, je n'ai pas le choix.
Je dois réaliser ça. Et c'est pour ça que je me suis rendu tout de suite sur les lieux. Et c'est pour ça que je n'ai pas bougé d'ici.
Et je ne peux pas bouger d'ici parce qu'il faut être à l'avant-poste et parce que c'est mon rôle d'être auprès des Marseillaises et des Marseillais. Donc bien sûr que je réalise que c'est terrible, c'est violent. On n'est pas forcément préparé à ça.
Vous savez, dans la nuit, quand on m'a fait prendre des décisions qui ne sont pas des décisions très simples à prendre. Par exemple ? Par exemple, quand ça menace de s'effondrer, on doit prendre des choix et on doit faire des choix.
Lesquels ? Est-ce qu'on évacue ? On n'évacue pas ?
Qui ? Quand ? Comment ?
Qu'est-ce qu'on fait pour les pompiers ? Quels risques qu'on prend ? Et ce n'est pas le moment d'en parler.
Il y a eu une enquête ouverte et donc on fera les choses dans la tranquillité et dans la sérénité. Mais c'est ainsi. Je suis maire de Marseille.
J'assume mes responsabilités. Il y a cet aspect antinomique qui est, j'allais dire, extrêmement violent. C'est qu'en fait, c'est une course contre la montre et en même temps, il faut prendre le temps de ne pas mettre en danger les secours puisque vous l'avez décrit vous-même, le site est extrêmement particulier.
Comment vous gérez ça ? Avec la plus grande difficulté, mais avec la plus grande technicité, je vous le disais, on a le plus grand bataillon, on a la plus grande unité de la marine française avec les moyens techniques les plus développés du pays. Et donc les drones, les chiens, les sondes, les éléments chimiques, les éléments mécaniques...
Ils nous servent en permanence. Là, vous êtes ici devant les deux postes de commandement. Ils nous permettent d'avoir en permanence une vision de ce qui se passe, c'est-à-dire des foyers qui partent et qui repartent, de l'avancée de ce qui peut se passer.
Tous les immeubles aux alentours sont sous télémètre, c'est-à-dire qu'on regarde en permanence, on a des vigies dans chaque immeuble, on a installé des télémètres dans chaque immeuble qui nous permettent de dire ce qui bouge et ce qui ne bouge pas. Chaque minute, on peut avoir un immeuble qui bouge. Quand on a un immeuble qui bouge, on prend la décision de retirer les hommes.
Et on attend. Et on y retourne. Et c'est en fait un balai incessant, une course contre la montre incessante.
Et tout est dosé. À 50 litres près, on fait une erreur ou on n'en fait pas une. Et donc, moi, j'ai envie de leur rendre hommage.
Et on doit leur rendre hommage. Vous savez, Marseille, ils sont fiers d'eux. Ils sont fiers de leurs pompiers, de leurs marins-pompiers.
Et on a de quoi. Est-ce que ces marins-pompiers ont été engagés sur des théâtres de séisme ? Est-ce qu'ils ont déjà connu ce type de situation ?
Qui, ici, ont été engagés déjà à la rue de Bagne. Et évidemment, on a beaucoup de marins-pompiers quand on a des séismes qui sont sollicités. Le gouvernement français sollicite souvent le bataillon des marins-pompiers pour se projeter sur des théâtres d'opérations extérieures.
Quand il y a des tremblements de terre, des séismes, quand il y a des effondrements ou quand il y a des catastrophes naturelles très fortes, le bataillon est sollicité parce qu'il a une expertise, une force, une puissance à nul autre pareil dans le pays. Donc, pour nous, c'est une vraie chance. Un vernis mot, M. le maire.
Quelles sont les prochaines échéances ? La montre tourne, je le disais, il est bientôt 19h. D'ailleurs, on aura un point presse des pompiers qui nous en diront plus dans quelques instants.
Qu'est-ce qui va se passer là ? On continue les recherches. Il reste un espoir, il est infime, mais il existe.
Il est là de retrouver des vivants. Et c'est ce qui m'intéresse. Et donc, la course contre la montre, c'est pour essayer de sortir des personnes encore vivantes des décombres.
Ça va être difficile, mais c'est ça l'enjeu. Et c'est pour ça qu'on s'est battus toute la nuit. Et c'est pour ça qu'on se battra.
Merci beaucoup, Lona Payan. Merci d'avoir été avec nous, direct sur BFM TV.
Benoît Payan