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InterviewOn n'est pas couché· 28 septembre 2014 6 minContradictoirePortrait personnelInstitutions & électionsEurope & internationalDéfenseSolidarités & famille

Bernard Kouchner: "La gauche pensait que j'étais un traître..." #ONPC

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse partielle

    Nicolas Sarkozy, on nous avait annoncé un homme apaisé, serein, sans esprit de revanche, sans colère. Est-ce que c'est ce que vous avez vu à la télévision l'autre soir ?

  • 1:44FerméeRéponse directe

    Aujourd'hui, à trois, vous regrettez d'avoir accepté ?

  • 1:54RelanceRéponse directe

    Comment ça, ça m'étonnerait pas que je recommence ? Il vous redemande de retourner au gouvernement ?

  • 2:28OuverteRéponse directe

    Marc Ousner, quand tu dis que le clivage gauche-droite est élimé comme un vieux tapis qui aurait trois siècles. Nicolas Sarkozy à la télévision sur France 2 dimanche dernier, c'est ce qu'il a dit, il parle comme vous. Moi, je me demande si ce discours, ça n'accrédite pas et ça ne fait pas monter le fameux UMPS de Marine Le Pen, de dire il n'y a plus de gauche et il n'y a plus de droite.

  • 3:13OuverteRéponse directe

    Alors, mettre la droite et la gauche ensemble, pourquoi pas, mais est-ce que vous attendiez à avoir si peu de marge de manœuvre ?

  • 4:04OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous comprenez que l'opinion ait pu être étonnée ? Vous qui vous êtes toujours battu pour, effectivement, en dénonçant les tirants, les dictateurs, les populations qui souffrent dans le monde entier, quand vous nous dites un jour que finalement vous regrettez qu'il y ait eu un secrétariat d'État au droit de l'homme, que c'est une erreur.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23Invité politiqueFait
    « La gauche n'avait pas accepté, oui Laurent, n'avait pas accepté. »
  • 3:31Invité politiqueFait
    « Le droit d'ingérence, ce n'est pas d'intervenir, de bombarder, de s'en aller, ce n'est pas ça du tout. »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « J'ai dit qu'il ne fallait pas de secrétariat d'État au droit de l'homme parce que sinon il faut démissionner tous les jours. »
  • 4:40Invité politiqueFait
    « Mais je pense qu'en effet c'était une erreur. »
  • 5:12Invité politiqueFait
    « J'ai eu plusieurs occasions de partir. »
  • 5:35Invité politiqueFait
    « Je ne peux pas supporter le discours de Grenoble, ce qu'il a dit des Roms, etc. »

Temps de parole

  • Bernard Kouchner71 %
  • Invité14 %
  • Présentateur12 %
  • Invité 23 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Nicolas Sarkozy, on nous avait annoncé un homme apaisé, serein, sans esprit de revanche, sans colère. Est-ce que c'est ce que vous avez vu à la télévision l'autre soir ?

0:11
Bernard Kouchner

Je n'ai pas vu la télévision parce que j'étais en Allemagne et je n'ai vu que des extraits. Mais il ne m'a semblé pas comme vous le dites. Oui, ça c'est sûr. Bon, mais c'est comme ça qu'il est toujours. À quoi on s'attendait ? Ça vous a surpris qu'il revienne ? Moi pas.

0:23
Invité

Vous expliquez d'ailleurs dans le livre qu'on vous en voudra toujours, à gauche, d'avoir accepté d'être ministre. C'est un peu moins vrai maintenant. C'est vrai ? Oui. À cause de ce qui se passe dans le gouvernement gauche actuel ?

0:33
Bernard Kouchner

Non, parce que je pense. Alors là, je vais m'adresser à notre politologue de service.

0:37
Invité

Ah ben non, ne le rebranche pas, merde. C'est qui, c'est moi ? Je m'adresse à toi. Ah. Non, non, j'écoute, écoute, écoute.

0:42
Bernard Kouchner

Alors, moi je croyais qu'il était prévoyant la crise, parce que j'avais beaucoup, beaucoup, beaucoup voyagé, que je savais comment les autres se comportaient, comment ils travaillaient par rapport à nous. La crise, la grosse crise économique que nous avons travaillée. Bon. Je pensais qu'il fallait pour ça un programme de réforme à la France qui ne pouvait être fait que dans une certaine unité nationale. Je parle pas de l'extrême gauche, c'est de l'extrême droite. Non. Mais ensemble, sur un programme. Je voulais pas écarter définitivement la droite de la gauche. Je sais que ça existe, bien entendu. Mais je pensais qu'il fallait une unité nationale.

J'avais fait un livre pour le dire avant la campagne que j'ai faite pour la gauche. Et lorsqu'on a, Sarkozy a demandé, le président Sarkozy a demandé que 6 d'entre nous, socialistes, gagnent son gouvernement, j'ai accepté au nom de cette idée. Je me suis peut-être trompé, je le regrette, mais je me suis pas trompé complètement. Pendant 2 ans, ça a été tout à fait formidable et il y a eu des réformes. Après, la gauche n'avait pas accepté, oui Laurent, n'avait pas accepté. Et la droite, la gauche pensait que j'étais un traite et la droite, que je faisais pas partie du clan.

1:44
Présentateur

Aujourd'hui, à trois, vous regrettez d'avoir accepté ?

1:47
Bernard Kouchner

Non, parce que je suis assez fou. Oui, ça m'étonnerait pas que je recommence, mais ça m'étonnerait. En fait, ça m'étonnerait pas parce que le réflexe...

1:54
Présentateur

Comment ça, ça m'étonnerait pas que je recommence ? Il vous redemande de retourner au gouvernement ?

1:57
Bernard Kouchner

Non, il me remandera jamais. Mais non, j'ai dit très clairement que je pensais et je pense toujours. C'est pas moi qui demandera, d'ailleurs je sais pas si je serai président. Pas sûr du tout. Mais ce que je crois, c'est que maintenant encore, il est possible de faire une unité... Et d'ailleurs, on le voit bien dans la guerre, une unité nationale indispensable. Jamais la gauche ne fera passer des réformes dures, jamais la droite ne les fera passer non plus.

2:21
Présentateur

Mais c'est ce qu'il dit, Sarkozy.

2:21
Bernard Kouchner

Est-ce que c'est possible que, oui ou non, on joue pas à la guerre civile en France ? Mais c'est ce qu'il dit, Sarkozy. Et que, oui ou non, on puisse quand même se mettre d'accord sur un minimum.

2:28
Présentateur

Marc Ousner, quand tu dis que le clivage gauche-droite est élimé comme un vieux tapis qui aurait trois siècles. Nicolas Sarkozy à la télévision sur France 2 dimanche dernier, c'est ce qu'il a dit, il parle comme vous. Moi, je me demande si ce discours, ça n'accrédite pas et ça ne fait pas monter le fameux UMPS de Marine Le Pen, de dire il n'y a plus de gauche et il n'y a plus de droite.

2:46
Bernard Kouchner

Oui. Dans la mesure où il y a des combats partout, et en particulier à l'UMP, ou comme la gauche ne parle pas d'une voix unique, je pense que ça fait monter, hélas, Marine Le Pen. Ça, c'est sûr.

2:56
Présentateur

Donc il faut arrêter de dire ça. Il faut arrêter de dire il n'y a pas de gauche, il n'y a pas de droite.

2:59
Bernard Kouchner

La seule façon d'arrêter, de mon faible point de vue, c'est de dire sur un programme de réformes claires, avec, je ne sais pas, cinq réformes, six réformes précises. Oui, mettre la gauche et la droite ensemble pour cela, ça ferait du bien et ferait baisser.

3:13
Invité

Alors, mettre la droite et la gauche ensemble, pourquoi pas, mais est-ce que vous attendiez à avoir si peu de marge de manœuvre ?

3:19
Bernard Kouchner

Je n'ai pas eu toute la marge de manœuvre que je voulais, ce n'était pas facile, mais franchement, dans les deux premières années...

3:24
Invité

Ce n'est pas le sentiment qu'on a eu. Après, c'est presque sur le cas le plus emblématique, la Libye.

3:29
Bernard Kouchner

La Libye, le cas le plus emblématique. Le droit d'ingérence dont vous me parlez tellement, je le décris beaucoup dans ce livre, merci de le rappeler, eh bien, le droit d'ingérence, ce n'est pas d'intervenir, de bombarder, de s'en aller, ce n'est pas ça du tout. Le droit d'ingérence, ça comporte un minimum de respect des droits de l'homme qu'on impose. Et on est en permanence dans une politique internationale qui exige les droits de l'homme. On ne l'a pas toujours, bien sûr, je ne suis pas naïf, mais on essaie. On prépare ça.

Et après, il fallait évidemment s'inquiéter de l'environnement de la Libye et ne pas laisser les gens tout seuls avec le résultat qu'on connaisse, c'est-à-dire une dispersion des groupes islamistes.

4:04
Invité

Est-ce que vous comprenez que l'opinion ait pu être étonnée ? Vous qui vous êtes toujours battu pour, effectivement, en dénonçant les tirants, les dictateurs, les populations qui souffrent dans le monde entier, quand vous nous dites un jour que finalement vous regrettez qu'il y ait eu un secrétariat d'État au droit de l'homme, que c'est une erreur. Quand on vous a vu obligé de ne rien dire, qu'on reçoit effectivement Kadhafi, Bachar el-Assad, etc. À un moment où vous ne dites pas, mais je n'ai rien à faire dans ce gouvernement, je renie même mes propres idées, mes idéaux.

4:30
Bernard Kouchner

Non, pas du tout. J'ai dit qu'il ne fallait pas de secrétariat d'État au droit de l'homme parce que sinon il faut démissionner tous les jours. Donc on a supprimé le secrétariat au droit de l'homme. Ce que j'ai demandé, c'est tout. Voilà. Mais je pense qu'en effet c'était une erreur. Me méfiant, j'ai peut-être eu tort car je vous l'ai dit, il y a eu deux ans de coopération et de travail commun avec Nicolas Sarkozy que je ne regrette pas du tout. Et ni la présidence européenne, ni la façon dont nous avons quand même arrêté les troupes russes avant Tbilisi, tout ça, c'était pas mal. Bon, eh bien je pense qu'on pouvait... Quelle était la question ? J'ai oublié.

5:06
Invité

À un moment vous n'avez pas dit quand même, j'aurais dû démissionner. Non, j'aurais dû partir. J'ai fait ça. J'ai eu plusieurs occasions de partir.

5:12
Bernard Kouchner

Je suis parti en écrivant une lettre que je tiens à votre disposition, celle-là aussi vous pouvez la lettre. L'élu, monsieur le président, je vous fais une lettre. Je vous fais une lettre. Ah non, lui ne demandez pas de chanter, il adore ça Bernard Kouchner. Dommage, hein. Lui, il dit qu'il n'a jamais reçu la lettre. Ah bah oui, évidemment, parce que je disais, je ne supporte... Mais non, c'est pas lui qui l'a dit, c'est Claude Guéant. Bon, pas pareil, justement. Et donc je disais simplement, je ne peux pas supporter le discours de Grenoble, ce qu'il a dit des Roms, etc. J'ai compris que l'ouverture était terminée, je ne ferai pas de scandale et je m'en dirai.

Voilà, j'ai dit ça, et il le sait très bien. Et d'ailleurs, j'ai la lettre. J'étais assez gentil pour ne pas la publier, mais si vous y poussez, je peux le faire.

Bernard Kouchner: "La gauche pensait que j'étais un traître..." #ONPC — Bernard Kouchner · Pourquijevote