"C'était une action très forte" : André Lefranc, de l'association des producteurs de lait indépendants
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:38OuverteRéponse directe
Quels souvenirs est-ce que vous gardez de cette action ?
- 1:09OuverteRéponse directe
Cette action, elle a vraiment eu un écho dans tout le pays. Vous pensez que ça a quand même permis de faire évoluer certaines choses ?
- 2:04OuverteRéponse directe
Sur le prix, à l'époque, les éleveurs réclamaient un prix de 40 centimes le litre de lait. Aujourd'hui, ce prix est atteint, mais les charges ont aussi augmenté.
- 2:37OuverteRéponse directe
Est-ce que les lois EGALIM, ça a été une vraie avancée ?
- 3:09OuverteRéponse directe
Selon vous, est-ce qu'il faudrait repenser l'agriculture dans la Manche ?
- 4:02OuverteRéponse directe
Dans la Manche, est-ce que ce serait envisageable de passer de la monoculture à un équilibre plus global ? Qu'est-ce qu'il faudrait changer, selon vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28PrésentateurChiffre
« Plus de 2 millions de litres de lait avaient été déversés dans un champ. »
- 2:04PrésentateurFait
« Sur les banderoles, les éleveurs réclamaient un prix de 40 centimes le litre de lait. »
- 2:21Invité politiqueFait
« Si on avait la même augmentation ou si on avait le cours du lait était indexé aussi rapidement qu'en fonction des coûts de production que le pétrole, on n'en serait pas là. »
Temps de parole
- Invité politique67 %
- Présentateur23 %
- Présentateur 25 %
- ?5 %
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Ici Cotentin, premier sur l'actu locale dans la Manche, ici matin. 7h44, l'invité d'ici Cotentin ce matin à Manchois, l'ex-président national de l'APLI, l'association des producteurs de lait indépendant. Bonjour André Lefranc.
Bonjour.
Alors demain, plusieurs dizaines d'agriculteurs vont traverser la baie du Mont-Saint-Michel avec une brique de lait géante, une action symbolique. Au même endroit où il y a 17 ans tout pile, l'APLI avait mené une opération coup de poing qui avait marqué les esprits au moment de la crise du lait. Plus de 2 millions de litres de lait avaient été déversés dans un champ. Alors André Lefranc, à l'époque, vous avez coordonné ce mouvement. Vous réclamiez un prix juste pour vivre de votre travail. Quels souvenirs est-ce que vous gardez de cette action
? C
'était une action très forte. En fait, les producteurs ont été juste avoir fait la grève chez nous
en
jetant notre lait. Et puis en fait, c'est vrai que médiatiquement, on jetait notre lait dans nos fermes. Mais l'épandage du lait, en fait, a fait bouger au niveau médiatique et tout. Enfin, on a eu un impact très fort. Mais on n'a pas forcément changé tout le contexte, par contre, pour autant.
Oui,
c'est ce que j'allais vous demander. Cette action, elle a vraiment eu un écho dans tout le pays. Vous pensez que ça a quand même permis de faire évoluer certaines choses ?
Ça a permis, en fait, aux agriculteurs déjà de voir qu'on pouvait se regrouper comme avoir des actions fortes et qu'ils puissent se faire entendre. Maintenant, il y
a
eu beaucoup de choses de mise en place après, comme les OP, toutes ces choses-là, qui ont pris beaucoup d'énergie aux agriculteurs, mais qui n'ont pas forcément encore changé le système. Après, à l'intérieur de l'appli, on a créé aussi une marque de lait, donc la marque des producteurs de lait,
qui
permet aujourd'hui,
même
si ce n'était pas ce qu'on voulait en premier, mais on voulait une régulation européenne, un prix du lait. Mais ce qui adhère à la marque Fair France, un lait équitable, permet aujourd'hui d'amener une rentabilité qu'on n'arrive pas à avoir sur le prix du lait vendu.
Et
justement, sur le prix, à l'époque, sur les banderoles, les éleveurs réclamaient un prix de 40 centimes le litre de lait. Alors aujourd'hui, ce prix, il est atteint, mais entre-temps, il
y
a les charges aussi qui ont augmenté.
Oui, oui. Si on avait la même augmentation ou si on avait le cours du lait était indexé aussi rapidement qu'en fonction des coûts de production que le pétrole, on n'en serait pas là.
Oui.
7h46, l'invité de la matinale d'Issicotentin, André Lefranc, ex-président de l'appli. Et alors pour vous, est-ce que, par exemple, les lois EGALIM, ça a été une vraie avancée
? C
'est beaucoup de travail, mais en fait, ça ne donne pas vraiment du pouvoir aux producteurs et ça n'a pas changé les choses. Quand on voit toute l'énergie qui est mise en place, ça n'apporte pas grand-chose encore. Pour défendre le revenu des producteurs, c'est vrai qu'ils vivent encore pire aujourd'hui avec
les
problèmes climatiques.
C
'est vrai que les agriculteurs sont aussi victimes de la sécheresse. On en a beaucoup parlé cet été, avec un plan d'aide aussi qui n'a pas convaincu les syndicats récemment. Selon vous, est-ce qu'il faudrait repenser l'agriculture dans la Manche
?
Il faut repenser l'agriculture au niveau France, au niveau européen. C'est-à-dire qu'il faut arrêter aussi de faire de la monoculture. C'est l'industrie qui a poussé l'agriculture aussi à avoir moins d'arbres,
à
avoir des productions des porcs dans une région, du lait dans une autre. Et en fait, pour l'équilibre du climat, on s'aperçoit qu'il faut respecter une nature. Et puis dépendre, en fait, si on a des animaux, on a moins d'engrais. Et du coup, on a un équilibre naturel qui se fait. En fait, les agriculteurs, ils ne demandent pas des aides, de vivre des aides.
Ils
voudraient vivre dignement de leurs fruits du travail et avoir un prix qui couvre leur coût de production.
Et ça, justement, cette question de passer de la monoculture à un équilibre plus global. Dans la Manche, est-ce que ce serait envisageable ? Qu'est-ce qu'il faudrait changer, selon vous
? Il
faut changer. Le prix du lait, il n
'est
pas non plus à l'agriculture de vivre. Et c'est vrai que les agriculteurs sont tellement endettés qu'il faudrait que, déjà, ça
puisse suivre
les coûts de production. Et après, le système, nous, personnellement, sur notre ferme, on est passé en bio. Après, ça, c
'est
aux agriculteurs de... Il faut leur donner le pouvoir de pouvoir passer en... en changer leur façon de faire sur les fermes.
Oui,
c'est le message, j'imagine, que vous allez faire passer demain, donc 17 ans après l'action qu'on évoquait tout à l'heure. Qu'est-ce que c'est le but de cette brique de lait géante ? Qu'est-ce qu'elle représente
?
Après, justement, elle représente déjà la seule marque qui existe, au nom, qui est gérée que par des agriculteurs.
Il
n
'y a
pas d'industriel à la tête de cette gestion. Donc, c'est un complément de revenu pour les fermes laitières.
Et
le fait de la transporter, c'est un peu comme un clin d'œil aussi. Le fait d'avoir épandu le lait il
y
a 17 ans,
on
fait voir que nous, agriculteurs, on était capables de se regrouper et de mettre des choses en place. Et pourtant, les bâtons dans les roues étaient là.
Et
donc, on invite vraiment les gens à pouvoir venir.
Et
notre traversée avec la brique géante finira au Festival Carameux, puisque c'est sur notre ferme et que c'est juste à côté.
Et
ça permet aussi d'avoir un côté festif, de retrouver, de regrouper après tous ces combats.
Bien sûr. Et donc, le rendez-vous, c'est 13h45 demain, c'est ça ?
13h45 au départ du Mans. Et on va arriver à 17h à la ferme Carameux pour le fester,
un
côté festif, où les éructeurs vont se retrouver. Ça permet,
parce
que là, on a des éructeurs des Danois, des Belges, des gens de l'Est, du Sud-Ouest, de toute la France, qui ont énormément été actifs au moment de la grève du lait et qui vont se retrouver aussi pour pouvoir passer à un côté festif et se retrouver, parce que ça fait 17 ans quand même qu'on a fait ce combat
et
qu'on n'a pas forcément tout changé encore.
C'est entendu. Merci beaucoup André Lefranc d'avoir été notre invité ce matin.
Merci. Bonne journée.