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interviewRMC (sur YouTube)· 18 septembre 2023 8 min

Alain Juppé s'exprime sur l'immigration et la situation à Lampedusa

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

je voudrais quand même commencer par ce qui est aussi une forme de continuité ce qui se passe à Lampedusa ces images ces images de Lampedusa qui depuis une semaine vit une crise majeure avec des embarcations qui arrivent sur ces côtes plus de migrants qu'il n'y a d'habitants sur cette île et tous les hommes politiques à la fois européen des différents pays mais aussi des institutions européennes qui s'y succèdent en faisant appel à une forme de solidarité l'avenir de l'Europe se joue à l'anpedouza 1 dit la présidente de la Commission européenne est-ce que est-ce que finalement c'est un échec de 40 ans qui ne sait pas gérer comme vous le savez je suis aujourd'hui membre de conseils constitutionnel et donc je suis astreint de voir de réserve il y aura peut-être dans les semaines ou les mois qui viennent d'une loi sur les migrations et cette loi des migrations pourrait venir devant le Conseil constitutionnel donc je ne vais pas entrer dans le débat politique simplement deux ou trois remarques première remarque le problème il est devant nous tant que des jeunes africains et africaines ou venant d'autres régions du monde ne trouveront pas d'emploi chez eux vivront dans la misère ils essaieront de venir chez nous et donc la vraie solution c'est à dire attaquer le problème à la racine c'est-à-dire de lutter contre les inégalités et de rétablir des conditions de développement chacun a envie de vivre au pays et si on part c'est pas force d'une certaine manière alors quand j'ai dit ça j'ai pas la solution c'est un défi majeur c'est un défi pour l'Europe je pense que l'Europe devrait être beaucoup plus audacieuse dans la conception d'un grand plan de partenariat et d'investissement avec les pays africains plus solidaires il y a 4 milliards ça c'est le deuxième aspect 4 milliards d'abricains probablement d'ici la fin du siècle si le taux de natalité reste ce qu'il est au Niger je crois que c'est 7 enfants par femme voilà et ça changera avec le développement économique et puis ma deuxième remarque c'est qu'il n'y a pas de réponse à ce problème majeur qui est devant nous et qui va être aggravé par le changement climatique bien entendu puisque aux migrations économiques vont s'ajouter les migrations climatiques il n'y a pas de réponse purement nationale regardez le brexit monsieur Boris Johnson avait expliqué au Britannique qu'il allait reprendre le contrôle de sa politique d'immigration il y a deux fois plus d'arriver je crois que c'est le chiffre à peu près en Grande-Bretagne aujourd'hui que lorsque la Grande-Bretagne était membre de l'Union européenne et donc il faut faire jouer la solidarité romaine il faut aller plus loin dans la définition d'un cadre européen c'est en cours il y a un texte qui a été approuvé je crois par le Conseil des ministres et qui est en cours mais c'est vrai que on a quand même un sentiment d'inefficacité et de décalage entre la théorie et la pratique c'est d'ailleurs ce qui est très frappant aussi à travers votre livre c'est qu'on se rend compte qu'il y a des difficultés auxquelles vous vous heurtez ou malgré des bons sentiments il y a des moments de très grandes violences je pense notamment sur ces questions d'immigration à ce que vous ce à quoi vous aviez dû faire face en août 96 avec la fameuse église Saint-Bernard qui avait été occupée on a retrouvé les images des images elle pourrait être aussi aujourd'hui c'est à dire de cette question de la confrontation vous dites dans votre livre que vous ne regrettez pas qu'il fallait être ferme il faut être ferme naturellement il faut enfin je vais pas m'engager dans le débat politique je viens de dire que je ne le ferai pas j'ai fait ces considérations il faut faire preuve effectivement l'autorité mais moi je conteste l'idée que les politiques sont totalement impuissants c'est un des messages de mon livre je fais un appel à l'engagement politique je reste confiant dans l'avenir je passe mon temps à expliquer à mes auditoires que c'était pas mieux avant et que donc il faut se donner les moyens de progresser donc je pense qu'il y a des solutions j'entendais tout récemment je crois que c'était sur vos antennes Patrick Stefanini qui connaît très bien ces questions et qui expliquait que la Grèce avait obtenu des améliorations parce qu'elle a mis en place un système qui permet de traiter les demandes d'asile à la frontière et non pas à l'intérieur du pays donc il y a des solutions il faut simplement les étudiants ensemble et agir ensemble en effet vous gardez une très haute estime pour les hommes politiques qu'ils sont souvent caricaturés toujours mais est-ce que cette optimisme n'est pas une forme de naïveté naïf vous savez je connais ces problèmes peut-être beaucoup mieux que ceux qui mettent j'étais pendant 12 ans mère de 18e arrondissement et c'est pas simplement la place du Tertre elle a du Juno c'est la Goutte d'Or j'ai passé des heures et des heures en discussion avec des associations de la Goutte d'Or et Bordeaux n'est pas peuplé exclusivement de riche propriétaire viticole il y a aussi des quartiers politiques de la ville et des quartiers difficiles donc je connais ces problèmes je les ai vécus au contact de mes concitoyens je pense simplement que CD aux pessimisme aux déclinisme expliquer que tout est foutu et que nous sortons de l'histoire ça ne sert à rien ça simplement le moral des peuples et au contraire il faut redonner une perspective et une espérance aux Français et vous parlez d'ailleurs à l'instant de Bordeaux on sent que ça a été aussi une des souffrances le moment gilets jaunes où vous vous retrouvez face à votre ville de Bordeaux qui dont le centre-ville est parfois saccagé samedi après samedi pour les mouvements pas les mouvements des gilets jaunes et là vous avouez une forme d'incompréhension vous dites qui sont ces gens oui c'est vrai c'est vrai parce que Bordeaux avait la réputation d'être une ville tranquille c'était pas uniquement une réputation c'était une réalité et tout d'un coup elle devient l'épicentre de cette quasi insurrection j'ai vu samedi après samedi dans le PC de la Berry les choses se déroulaient dans les quartiers de la ville alors j'ai essayé de comprendre pourquoi on m'a expliqué que c'est parce que Bordeaux avait trop bien réussi car c'était trop embellie qu'elle était devenue trop attractive et que donc elle suscitait des frustrations ou des jalousies dans son environnement je pense qu'il faut absolument éviter d'antagoniser comme on essaie de le faire aujourd'hui les métropoles et puis les villes moyennes ou les espaces ruraux c'est dans la complémentarité entre les deux quand on verra des solutions et le rayonnement Le rayonnement Le rayonnement de Bordeaux a profité à l'ensemble de la Gironde à part peut-être certains territoires c'est qui aurait été un peu oublié mais globalement ça profitait la Gironde donc essayons de chercher là encore c'est c'est bon message aussi non pas l'affrontement mais le partenariat et la collaboration j'avais créé par exemple avec Libourne qui est une commune assez proche de Bordeaux une sorte de contrat de coopération qui nous a permis de marquer des points oui mais là encore pardon votre réponse montre que vous dites une antagonisons pas mais le problème n'est pas d'antagoniser le problème est le sentiment d'être exclu le sentiment tous ceux qui nous expliquent que les métropoles ont été trop loin et bénéficie trop de l'attention des pouvoirs publics je voudrais rappeler pourquoi on a fait des métropoles parce qu'il y a 30 ou 40 ans c'était Paris et le désert français les grandes métropoles ont réussi Nantes Montpellier l'archipel français ce sont des formules un petit peu faciles et alors la vie est là je suis pas le français qu'est-ce qu'on fait moi ma réponse elle consiste à trouver des solutions positives et les solutions positives c'est faire bénéficier les territoires des villes moyennes et les territoires ruraux de la prospérité vous répondez ce que vous avez fait mais moi je vous dis ce que eux ont ressenti quand ils arrivent dans le dans les vieux c'est pas une raison pour renoncer à développer des politiques de partenariat ils ont mal compris personne et je cherche la réponse la réponse c'est pas de dire oui ça va pas on va continuer à se friter les uns contre les autres mon message aussi c'est la recherche de la modération aujourd'hui on est en permanence dans l'hystérie l'injure la violence verbale et parfois physique ça ne mène à rien et je défends la tête selon laquelle la modération c'est beaucoup plus difficile que les que de monter aux extrêmes et vous estimez d'ailleurs que c'est une des grandes difficultés de notre époque réussir à se faire entendre quand on est modéré je suis modéré vous êtes mou et la modération apparaît comme dans la décision c'est tout à fait différent je vous conseille la lecture de cette excellente ouvrage d'un de vos confrères qui s'appelle Jean-Pierre baume qui s'appelle le courage de la nuance et il montre qu'il y a une forme de radicalité dans la modération je suis un radical de la nuance et c'est ce que j'ai essayé de faire