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interviewLCI· 21 juillet 2023 25 min

La prise de parole d'Emmanuel Macron avant le Conseil des ministres

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Emmanuel Macron

Madame la Première Ministre, Mesdames et Messieurs les Ministres, merci d'être là ce matin. Lorsqu'il y a un peu plus d'un an, j'ai décidé de nommer Elisabeth Borne Première Ministre de notre pays. J'avais conscience qu'il s'agissait là pour simplement la deuxième fois dans l'histoire de notre République d'un choix fort, pas simplement symbolique, mais du respect d'un engagement et avec une signification particulière pour notre nation. Et depuis plus d'un an, sous l'autorité de la Première Ministre, plusieurs gouvernements ont ainsi pu avancer et mettre en oeuvre le programme sur lequel j'avais été élu par les Françaises et les Français en 2022.

Vous avez traversé les budgets, une réforme des retraites, des textes importants en matière d'énergie, d'économie, puis, j'y reviendrai, mise en oeuvre la feuille de route des 100 jours sur laquelle nous étions collectivement engagés. C'est pourquoi j'ai choisi la continuité et l'efficacité pour les temps qui viennent et qui s'ouvrent devant nous. Et en confirmant, réaffirmant avec clarté ma confiance à la Première Ministre, celle-ci a fait le choix de me proposer huit nouveaux ministres que je remercie pour leur engagement et leur présence autour de cette table aujourd'hui.

Ce faisant, je veux exprimer mes remerciements chaleureux envers les huit ministres qui ont quitté leur fonction et ont agi sans relâche depuis le printemps 2022 pour certaines et certains, depuis mai 2017 pour d'autres. Je veux dire ici ma profonde reconnaissance à toutes celles et ceux qui s'engagent. Croyez bien que je mesure le travail et le nombre de sacrifices que cela représente, mais notre pays le mérite.

L'engagement collectif dans lequel nous nous inscrivons, c'est celui que j'ai pris vis-à-vis des Françaises et des Français il y a maintenant un peu plus d'un an et au fond, en continuité depuis maintenant près de six ans, avec un cap, avec des chantiers que nous avons mis en œuvre et ensuite des chantiers qui nous attendent. Le cap est clair et simple. C'est celui de l'indépendance du pays pour pouvoir consolider un modèle plus juste. L'indépendance de la France, c'est son indépendance économique, industrielle, énergétique, militaire, géopolitique. Il n'y a pas de politique qui tienne si nous ne sommes pas indépendants.

Et évidemment avec cette indépendance, j'y reviendrai, c'est l'indépendance financière. Et c'est seulement en produisant davantage, en bâtissant et consolidant cette indépendance que nous pourrons continuer d'avoir un modèle social qui est parmi les plus généreux du monde, mais en le rendant plus juste, c'est-à-dire en corrigeant les inégalités de départ, plutôt qu'en venant les corriger a posteriori. Et par l'école, la santé, réussir à baigner ces cap, ces objectifs, qui ont présidé aux quatre grands chantiers que nous avons lancés, au fond, qui reste depuis six ans, mais que nous avons intensifiés ces derniers mois. Celui de la réindustrialisation et du plein emploi.

Et sur ce volet, nous avons d'abord des résultats, très clairement. Par les réformes entreprises depuis six ans, le chômage continue de baisser, malgré les difficultés. Nous avons créé 1,7 million d'emplois, dont plus de 100 000 dans l'industrie. Nous avons rouvert et nous continuons de rouvrir des usines, là où nous enfermions depuis des décennies. Ce n'est pas Dunkerque qui dira le contraire, lui qui a vu une usine de batterie électrique en plus de 3 000 emplois sur son propre territoire, ou le ministre du Travail qui a vu en Ardèche un laboratoire de médicaments se rouvrir.

Et donc nous réindustrialisons, nous avons passé les textes, là aussi, avec le projet de loi pour l'industrie verte qui vient décliner en France une stratégie européenne que nous avons voulu, alors que les Américains redoublaient d'efforts sur ce volet. Et c'est cette stratégie que nous allons continuer de déployer, celle aussi que nous avons bâtie en matière de plein emploi avec des réformes importantes et qui continue avec France Travail après la réforme de l'indemnisation chômage.

Sur ce volet, je vais ici réaffirmer que la conviction, les principes qui nous guident, c'est que nous croyons au travail et au mérite et que ces principes sont fondamentaux, il ne faut jamais les oublier, et c'est ceux qui permettent de rendre la France plus forte. Et donc, durant ces dernières semaines et ces derniers mois, nous avons continué sur ce volet de passer des textes, de prendre des décisions et d'avoir des résultats très concrets. Le deuxième grand axe, c'est celui, je disais, des progrès. Et le progrès, nous le bâtissons en rendant nos services publics plus efficaces, en permettant d'investir dans nos citoyennes et nos citoyens et de mieux corriger les inégalités de départ.

Et c'est surtout autour de l'école et de la formation et de la santé que nos efforts se portent. Là aussi, nous avons continué d'avancer ces derniers mois avec des annonces et des réformes lancées très importantes en matière d'éducation. Je ne serai pas ici exhaustif, mais du pacte enseignant en passant par la réforme du lycée professionnel, des annonces fesses en termes d'orientation, nous avons posé les jalons d'une transformation profonde de notre système scolaire. Accueillir plutôt à la maternelle, continuer de faire l'effort pour nos compatriotes qui sont dans les milieux les plus défavorisés, comme nous l'avons fait sur les CPCE1, en le faisant là aussi dès la maternelle.

Renforcer les évaluations, mieux accompagner les élèves qui commencent à décrocher pour qu'en CM2, tout le monde sache lire, écrire, compter. Renforcer les efforts en sixième, améliorer l'orientation dès la cinquième par cette journée d'orientation. Inclure le sport et la culture à l'école dès le plus petit âge. Faire la réforme du lycée professionnel qui attendait depuis des décennies, là où un tiers de nos lycéens passent par cette filière, où le nombre de décrocheurs, comme le nombre de sans-emploi malgré les diplômes, bat des records malgré les efforts des enseignants et l'engagement des familles. Sur tous ces volets, nous avons, je crois, posé les bases. Il y aura un immense travail.

La rentrée va permettre d'avancer avec, entre autres aussi, des aménagements que j'ai demandé pour l'organisation du baccalauréat et l'amélioration de Parcoursup, deux sujets essentiels dont nous avons encore vu l'importance ces dernières semaines. En matière de santé, là aussi, les bases ont été posées. La stratégie a été présentée en début d'année. Beaucoup de choses ont été faites. Le service d'accès aux soins sera généralisé d'ici la fin de l'année. Et au fond, le cap est là pour nos compatriotes. Trouver un médecin pour les plus de 600 000 Françaises et Français qui, étant âgés ou en infection de longue durée, n'en ont pas aujourd'hui, d'ici la fin de l'année.

Et permettre d'avoir des urgences désengorgées pour la fin de l'année prochaine, ce qui est la mise en œuvre de notre plan, je dirais, plus largement déclinée, avec un immense travail de mise en œuvre. Et un été, j'y reviendrai, qui sera difficile. Au-delà de ça, tout le sujet du progrès a été décliné durant ces dernières semaines par la Première ministre avec les ministres compétents, qu'il s'agisse de la ruralité, des quartiers les plus sensibles ou de nos territoires ultramarins qui ont fait l'objet de décisions importantes ces derniers jours. Le troisième grand axe, c'est celui de la planification écologique.

Notre pays, comme d'ailleurs toutes les grandes nations, a à faire face à une transition parce que les conséquences du modèle productif mondial ont déréglé la planète avec les conséquences que nous connaissons et que nous sommes en train de vivre. Et il y a à la fois l'urgence et la préparation du long terme. L'urgence, je dirais que nous l'avons travaillée ces derniers mois, ces dernières années, avec la sobriété énergétique qui a fait l'objet d'une grande mobilisation et d'un sens citoyen de nos compatriotes remarquables. Et nous allons continuer d'avancer sur ce volet.

Nous avons pu annoncer durant ces 100 derniers jours le plan eau, qui va permettre justement, qui a permis des premières décisions, mais qui va nous permettre de préparer cet été, parce que la sécheresse sera un élément décisif. Sur le sujet de la planification écologique et de la transition de notre modèle, nous avons aussi passé des textes importants. Trois. L'un pour déployer plus vite de l'énergie renouvelable, l'autre pour déployer plus vite du nucléaire, avec des annonces ces derniers jours des deux réacteurs à buger, ce qui finit de mettre en oeuvre les six réacteurs nouveaux que nous avons décidés.

Et trois, un texte de loi qui se finalise, pour verdir plus rapidement notre industrie. Donc nous avançons à marche forcée. A la fin de l'été, avec la Première Ministre et les ministres compétents, nous présenterons dans sa complétude la planification écologique pour le pays qui touchera tous les secteurs, mais qui donnera de la visibilité en termes de changements, en termes d'investissements, et qui a été le fruit d'un très gros travail des derniers mois.

Ce travail français, il est complété par une action européenne que nous avons conduite, celle de notre stratégie pour réduire les émissions d'ici 2030 et atteindre la neutralité carbone en 2050, et d'un engagement de la France à l'international, qui nous a fait accueillir ici même, il y a quelques semaines, un sommet pour réformer la finance internationale et permettre de lutter tout à la fois contre la pauvreté et les conséquences du réchauffement climatique. Puis le quatrième axe que nous avons poursuivi, c'est celui de l'ordre républicain. Et là aussi, nous avons continué d'avancer à marche forcée. Ces dernières semaines ont permis de compléter notre dispositif.

Là où nous avions pris une loi de programmation pour le ministère de l'Intérieur permettant de déployer les engagements budgétaires inédits, les créations de postes nouvelles, le pacte passé avec nos forces de sécurité intérieure, mais aussi nos sapeurs-pompiers, pour améliorer les équipements, permettre de mieux travailler, de plus déployer sur le terrain. Ces dernières semaines ont permis d'adopter tout à la fois un texte attendu pour nos armées, la loi de programmation pour la période à venir, à l'issue de laquelle nous aurons, par les deux lois de programmation votées, doublé le ministère des Armées et son budget.

Nous n'avons pas attendu la guerre, mais la nation française, pour se protéger, se projeter face aux nouveaux risques, fait un choix massif et clair. Et nous avons adopté une loi de programmation en matière de justice, qui là aussi vient conduire à un investissement inédit de la nation, qui avait déjà été commencé à partir du premier quinquennat, mais plus de magistrats, plus de personnel des greffes et personnel administratif, un investissement dans la pénitentiaire, avec de nouvelles places de prison, mais aussi des réformes profondes au service de nos compatriotes et d'une justice plus efficace, plus rapide, plus proche.

Et vous le voyez, ceci pose les jalons de cet ordre républicain auquel nous croyons. Et ceci vient montrer, si besoin en était, que nous servons tous aujourd'hui une action qui a des bases solides et sur laquelle nous avons avancé à marche forcée durant l'année qui vient de s'écouler. Et quand j'entends tous les commentaires qui expliqueraient que le gouvernement ne pourrait plus passer des lois, dans l'année qui vient de s'écouler, plus de lois ont été passées qu'il y a six ans. Plus. Plus ont abouti par des CMP conclusives et donc des accords.

Et lorsqu'il a fallu simplement utiliser la Constitution pour passer des lois nécessaires au pays, comme la réforme des retraites, malgré les engagements des oppositions constructives qui, à la fin, hésitaient à voter, nous l'avons fait parce que nous utilisons la Constitution avec exigence, respect, mais détermination. Et donc, oui, le pays avance avec un cap, indépendance et justice, avec ces quatre chantiers sur lesquels nous avons bâti une action résolue et sur lesquels nous continuerons d'agir. Alors, l'été qui est là va conduire à répondre à quelques urgences. D'abord, les suites des émeutes de juillet. Il faudra continuer d'être aux côtés des maires.

Je félicite le gouvernement d'avoir su faire voter cette loi de réponse en urgence qui a été attendue et qui permet d'aller plus vite sur les procédures et d'accompagner mieux nos élus. Et donc, il faut continuer d'être aux côtés des maires qui ont vu leur mairie, leur école, leur gymnase, des infrastructures essentielles parfois être endommagées ou brûlées pour reconstruire, fonctionner le plus rapidement possible, continuer de soutenir et être aux côtés de nos forces de l'ordre pour que le calme tienne.

Et j'ai eu l'occasion de les féliciter lors du 13 et 14 juillet et poursuivre dans le calme et l'indépendance qui convient le travail de la justice mais qui a su se montrer implacable dans les jours et les semaines qui ont suivi ces émeutes. Et il nous faut aussi continuer le travail auprès des enfants, des familles qui sont les plus précaires pour que justement l'été fasse l'objet des accompagnements nécessaires et aussi que nous puissions accompagner vers la culture, le sport, l'éducation en préparation de la rentrée, les enfants et les adolescents qui doivent l'être. Et il nous faut évidemment préparer la rentrée scolaire dans les bonnes conditions.

Deuxième grande urgence de l'été, ce sera la sécheresse. Dans beaucoup de nos territoires, nous avons mis en place un plan pour ce faire. Nous nous souvenons de l'été dernier qui avait été inédit à cet égard, mais il conviendra d'accompagner les territoires les plus fragilisés. Il convient aussi d'accompagner nos agriculteurs qui cumulent des difficultés à la fois liées à cela et selon les secteurs l'attaque, si je puis dire, du mildiou chez les uns ou d'autres difficultés chez les autres.

Mais nos agriculteurs, en particulier nos éleveurs, nos viticulteurs et nos maraîchers, nous le savons, méritent tout notre soutien dans l'été en plus de la préparation d'une loi d'urgence et d'orientation pour l'avenir agricole. Le troisième volet, c'est de continuer à être celui du pouvoir d'achat avec des prix de l'énergie qui monteront cet été, même s'ils montent beaucoup moins vite et moins fort que chez nos voisins. Et enfin, le quatrième sujet d'attention sera celui des urgences et de l'accès à la santé. Nous le savons dans la période que nous vivons.

Il faudra plusieurs années pour que les réformes structurelles soient pleinement déployées, mais il faudra continuer d'être vigilant sur certains services d'urgence en consolidant les mesures que nous avions prises l'été dernier et qui, je crois, étaient les bonnes et en étant vigilant pour chaque territoire. Au-delà de ces quatre sujets d'urgence d'été, la rentrée qui est devant nous va se structurer autour de quelques grandes thématiques au-delà de la poursuite des travaux sur les quatre grands chantiers que j'évoquais.

D'abord, la nation française, nation sportive, va rentrer dans une ère où il faut projeter le pays, qui est d'ailleurs un moment toujours de joie, de fierté et d'organisation collective, parce qu'il faut bien accueillir, bien sécuriser, et je sais que ça mobilise tout le gouvernement. Nous allons en effet dès septembre accueillir la Coupe du monde de rugby et les nations du monde entier pour un événement qui, sur près de deux mois, va se décliner. Et nous rentrerons dans la phase finale de la préparation des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Nous sommes quasiment à un an, jour pour jour, de cet événement inédit.

Et ces événements qui vont scander de septembre à juin 2024 la vie de la nation, juillet 2024, la vie de la nation, c'est une manière aussi de projeter le pays vers une fierté inédite. Et de l'école à la culture, à la vie de tous nos territoires, mais aussi en engageant notre tourisme, notre gastronomie, nos artisans, en nous préparant de manière très rigoureuse en termes de sécurité, tous les départements ministériels seront mobilisés. Et je vous en remercie. Mais nous devons être exemplaires, mais en même temps donner cette fierté, cet espoir au pays.

Ensuite, nous aurons, dès la rentrée, à préparer en quelque sorte le pays pour un cadre exigeant et l'ordre en matière de finances publiques. Dès la rentrée avec la Première ministre, les ministres compétents, nous aurons à faire le tour de toutes les ambitions qui sont les nôtres, de l'écologie à l'école, la santé et tous les départements ministériels.

Mais nous allons pleinement décliner la stratégie de finances publiques qui seule nous permet d'être forts, c'est-à-dire celle qui, de manière crédible, donne le chemin d'un début de remboursement de la dette, de la poursuite de la baisse des impôts et d'une gestion raisonnable de nos déficits, parce que c'est ce qui donne de la crédibilité à la France en Europe et nous permet de poursuivre la stratégie qui est la nôtre depuis six ans d'une France revenue au cœur du continent européen et qui sait bâtir une Europe plus souveraine, plus unie, plus démocratique. Cet agenda de la Sorbonne, c'est celui que nous avons conduit, qui a permis des réformes profondes.

La France ne peut le conduire que si elle est crédible par ses réformes et son sérieux. Et donc, ce chantier, nous aurons à le mener dès la rentrée et nous mettrons d'ailleurs autour de la table toutes les forces politiques pour partager à la fois nos contraintes, parce que ce sont celles de la nation et trouver les bons compromis. Nous aurons évidemment la planification écologique qui va structurer l'agenda de rentrée. Nous aurons la question de l'immigration qui va structurer nos travaux de rentrée et sur laquelle nous aurons à travailler avec toutes les oppositions constructives et républicaines.

Le gouvernement a engagé une réforme importante avec un texte solide qui répond de manière pragmatique à beaucoup de sujets, mais j'aurai l'occasion d'y revenir. Je souhaite qu'on avance avec méthode sur ce sujet et avec efficacité. Et nous aurons à apporter les réponses profondes aux émeutes que le pays a vécues au début du mois de juillet. Car au-delà des réponses d'urgence, nous voyons bien à travers les crises que le risque de fragmentation, de division profonde de la nation est là. Et il y a un besoin tout à la fois d'autorité, de respect, d'espérance légitime. Et c'est une réponse complète et profonde qui se joue à l'échelle de la nation qu'il nous faut bâtir.

Il m'appartiendra de l'exprimer. Plusieurs travaux ont été demandés par la Première ministre et moi-même à plusieurs d'entre vous pour tirer les leçons de ce qui s'est passé et apporter des réponses en profondeur. Mais cela structurera aussi nos travaux de rentrée. Et au fond, derrière tout cela, c'est bien cette indépendance et cette justice que j'évoquais. Mais c'est notre capacité collective à apporter une réponse française aux inquiétudes et aux défis du moment. Et cette réponse, elle doit être humaniste. Elle passe par de l'exigence, de l'autorité, de l'ordre. Elle passe aussi par une volonté d'émanciper, de continuer à forger les citoyennes et les citoyens.

Par l'éducation, la culture, par aussi des familles que nous venons aider, accompagner, aussi parfois taillés, pour que l'éducation se fasse parce que ce n'est pas à l'école de tout faire. Cette ligne est celle que nous poursuivrons, vous l'avez compris à la rentrée. Enfin, un mot de méthode avant de céder la parole à Madame la Première Ministre. Ce projet, ce cap et ces éléments de rentrée, nous aurons collectivement à les servir d'abord avec exigence et exemplarité. Je le dis parce que dans le moment que vit la Nation, il est attendu des membres du gouvernement cela, d'être à la tâche au service d'un projet collectif et au service des Françaises et des Français.

Vous êtes regardés dans tous les détails, si je puis dire, de votre action, de vos expressions, de votre vie et ce que nous devons au pays, c'est d'agir, d'expliquer, de répondre et de le faire toujours avec la plus grande dignité parce que c'est le respect que nous nous devons et que nous devons à nos compatriotes. Et dans des temps où la violence langagière, parfois les comportements inappropriés prennent trop de place dans la vie publique, il est attendu du gouvernement de la France d'être exemplaire et de rendre les Françaises et les Français fiers. Donc faisons-le. Ensuite, il est attendu de la collégialité.

J'ai eu l'occasion de le dire, il n'y a pas de réussite individuelle s'il y a des échecs collectifs. Et donc, c'est un projet cohérent et ensemble que vous devez servir autour de la Première Ministre. Ensuite, j'attends de vous de l'efficacité. Une bonne partie de la crise démocratique qu'on commente, elle est liée au fait que les décisions n'arrivent pas suffisamment vite dans la vie de nos compatriotes et qu'entre le moment où le problème est là, qu'on lui apporte une réponse, qu'on annonce quelque chose. Quand il se passe des mois ou des années pour que la vie change, les gens ont perdu le fil et ils ont perdu la confiance avec.

Et donc, nous devons redoubler d'énergie pour que l'efficacité soit là, que la vie change en vrai et que par les décisions qui sont les vôtres, le commandement que vous menez de vos administrations, vous puissiez mettre en oeuvre les décisions que nous prenons. Ce qui suppose que conformément à la Constitution, les ministres dirigent leurs administrations. Être ministre, ça n'est pas parler dans le poste. C'est mettre en oeuvre des décisions qui correspondent à une stratégie décide, une politique que mène la Première ministre et sur la base des arbitrages qui sont pris et des décisions que vous prenez, que ce soit mise en oeuvre. et donc il faut diriger les administrations.

C'est indispensable jusqu'au plus près du terrain, administration centrale et administration locale et plus on déconcentre, plus on met les décisions au service là aussi du terrain, plus on a des résultats propres. Puis enfin, vous devez mener ce travail en lien avec les parlementaires. La Première ministre y reviendra et beaucoup d'attention pour les parlementaires, de la majorité mais aussi des oppositions pour bâtir des majorités sur votre texte et avec les élus sur le terrain et le travail avec en particulier les maires est indispensable pour que la politique du gouvernement puisse être tout à la fois efficace et comprise.

Et c'est pourquoi je poursuivrai aussi avec ardeur dans les prochains mois cette méthode nouvelle que nous avons bâtie il y a un peu plus d'un an, celle du Conseil national de la refondation et sur beaucoup de chantiers ministériels, je relancerai dès les premiers jours de septembre ces changements de méthode en particulier en matière de santé et d'éducation pour remettre le cœur de la décision au niveau local avec les acteurs de terrain qui veulent être en charge de ce qu'ils font et pas simplement des gens qui reçoivent des instructions.

Et tout aussi vrai qu'il faut commander sur des choses simples qui doivent relever un ministre ou autre, il faut donner des orientations claires et ensuite laisser les gens faire sur le terrain avec intelligence et souplesse. C'est cet équilibre qu'il nous faut retrouver et que la République a parfois perdu. Et donc, c'est cette méthode que j'attends de vous.

Voilà, Madame la Première Ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, ce que je voulais vous dire en ouverture de ce Conseil pour à la fois défendre la cohérence de l'action conduite ces derniers mois sous l'autorité de la Première Ministre avec vous tous pour essayer de donner tout à la fois un cap et quelques axes d'urgence et quelques éléments de méthode. de la Première Ministre

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