Climatisation : le dilemme face aux épisodes de fortes chaleurs
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
6h57 sur France Culture et c'est l'heure de votre humeur du jour. Guillaume, et ce matin, faut-il climatiser sa mère ? Oui, comme vous y allez, mais c'est effectivement un dilemme. Un dilemme pour tous ceux qui ont la chance d'avoir un vieux père, une vieille mère, une vieille tante. Faut-il installer la clim chez eux ? Vous savez, il faut négocier. L'appareil fait un bruit d'avion à réaction. Il faut percer un mur, condamner une fenêtre. Les voisins ne vont pas aimer. Le froid rend malade. Te dit ta mère. Il y a le prix, l'encombrement, la consommation électrique. Et puis, l'achat du climatiseur, puisque la revente de climatiseurs est devenue un sport national.
C'est un peu comme chasser le dahu. Faut-il ou non acheter une clim ? Ce n'est pas du tout comme faut-il ou non acheter un thermomix. Faut-il privilégier le court terme ou le moyen terme ? On sait bien sûr que la clim participe au réchauffement climatique. A moyen terme, donc, ça aggrave. Mais à court terme, ça améliore. Et si on ne survit pas au court terme, à quoi ça sert de préserver le moyen et long terme ? Et puis, il n'y a plus prosaïque. Cela vaut-il la peine d'investir pour quelques jours ? C'est bientôt la fin. Mais la fin de quoi ? La fin de la canicule ou la fin du monde ? Jadis, on se disait qu'on pouvait bien supporter une semaine de chaleur.
Mais chacun sent que ces quelques jours pourraient devenir des semaines. Voir la norme. La climatisation est un pisalé, c'est entendu, elle ne règle rien, elle déplace la chaleur dehors. Mais il y a plus, il y a ce bourdonnement, ce bourdonnement qui pourrait bien devenir le véritable bruit de fond de notre époque. Un ronronnement permanent qui dit que nous avons cessé d'habiter le climat de nos parents. Avec chacun qui regarde son thermomètre, je l'ai regardé. Cette nuit, c'est devenu l'objet le plus politique. Il affichait entre 30 et 32 degrés dedans et 30 et 32 degrés dehors. Jadis, on se demandait comment on pouvait vivre avec une température nocturne de ce type. Ça existait ailleurs.
Et bien maintenant, ça existe chez nous. Un moment où on comprend que le mot « été » est désormais de plus en plus déplacé. Pour parler de la saison que nous traversons, puisque cette saison, ça ressemble à une saison en enfer. Les Matins de France Culture Sous-titrage Société Radio-Canada