Le plan d’Emmanuel Macron pour relancer le nucléaire - C à vous - 10/02/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:10FerméeRéponse directe
D'abord, c'est le président ou le candidat qui vient de parler ?
- 1:42OuverteRéponse directe
Il insistait surtout sur la réduction du nucléaire à 50% de la production électrique en 2017.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:10PrésentateurFait
« Il s'agit de répondre à l'explosion attendue de nos besoins dans les 30 ans à venir. »
- 1:27PrésentateurChiffre
« 50 parcs éoliens en mer en 2050 »
- 1:47PrésentateurFait
« la fermeture programmée de 14 réacteurs, ce qui avait été voté en 2009 »
- 1:59PrésentateurFait
« il a autorisé la vente à General Electric des activités nucléaires d'Alstom »
- 3:29PrésentateurChiffre
« Le grand carénage, le programme de prolongation de vie des réacteurs au-delà de 40 ou 50 ans, c'est 50 milliards d'euros »
- 3:38PrésentateurChiffre
« Les 6 EPR annoncés par Emmanuel Macron, EDF, va les facturer 50 milliards »
Temps de parole
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À deux mois tout juste du premier tour, Emmanuel Macron a donc présenté un plan de relance du nucléaire. D'abord, c'est le président ou le candidat qui vient de parler ? Le candidat, puisque pas grand-chose ne se passera dans les deux mois que ce plan ne sera mis en œuvre que s'il est réélu et que s'il est battu, il sera entièrement réécrit par celui ou celle qui lui succédera. Il s'est même permis tout à l'heure de critiquer les programmes concurrents qui voudraient sortir du nucléaire, ce qui selon lui n'est pas sérieux. Il a enfin terminé sur sa vision de la France en 2030. Donc c'était bien, oui, un discours de candidat.
Le plan Macron consiste à commander à EDF six nouveaux réacteurs EPR avec une option pour huit autres. Voilà, c'était attendu, mais c'est un choix stratégique majeur. Voilà près de 20 ans que la France n'a pas de lancée de nouvelle centrale. Flamanville, qui est toujours en chantier, et si le pays est toujours le champion mondial de l'atome, avec une électricité nucléarisée à 70%, il le doit à des usines vieillissantes, construites entre les années 70 et la fin des années 90, des réacteurs que le chef de l'État voudrait prolonger au-delà de 50 ans d'âge, à chaque fois qu'il est possible, plus aucune fermeture, donc contrairement à ce qu'il était prévu.
Il s'agit de répondre à l'explosion attendue de nos besoins dans les 30 ans à venir. On en a déjà parlé ici, comme l'électricité va remplacer progressivement les carburants dans les transports et aussi dans l'industrie via la production d'hydrogène, d'où le choix de relancer à la fois le nucléaire et les éoliennes en mer. C'est l'autre grande annonce de l'après-midi, 50, pas 30, 50 parcs éoliens en mer en 2050. C'est une sorte de en même temps énergétique. C'est un revirement de son quinquennat. Oui, Emmanuel Macron avait le nucléaire timide en 2017.
Il insistait surtout sur la réduction du nucléaire à 50% de la production électrique avec la fermeture programmée de 14 réacteurs, ce qui avait été voté en 2009. Comme ministre de l'Économie, il a autorisé la vente à General Electric des activités nucléaires d'Alstom, celles qui vont maintenant revenir à EDF. Et comme président, il a enterriné la fermeture de Fessenheim, qui aurait pourtant pu rendre encore quelques services, 2% de la production électrique française. Aujourd'hui, Emmanuel Macron explique ce coup de frein par le contre-coup de Fukushima.
La décennie passée a été marquée par un doute international sur le nucléaire. Une période de glaciation suite, évidemment, aux terribles événements à Fukushima. Certaines nations ont fait des choix radicaux dans cette période, de tourner le dos au nucléaire. La France n'a pas fait ce choix. Ce que nous avons à bâtir aujourd'hui, parce que c'est le bon moment, parce que c'est ce qu'il faut pour notre nation, et parce que les conditions sont maintenant réunies, c'est la renaissance du nucléaire français.
La renaissance renouait le fil de la grande aventure du nucléaire civil français, a encore dit Emmanuel Macron, en citant l'inspirateur, le général de Gaulle, face à Jean-Pierre Chevènement, l'ancien maire de Belfort et ancien ministre qui buvait du petit lait, et aux employés qui fabriquent les turbines Arabel, celles qui vont équiper les futurs EPR. Première mise en service en 2035. Ce sont des investissements colossaux. Pharaoniques. Vous allez voir, valser les milliards. Le grand carénage, le programme de prolongation de vie des réacteurs au-delà de 40 ou 50 ans, c'est 50 milliards d'euros.
Flamanville, le premier EPR qui sera mis en service l'an prochain, si tout va bien, ce chantier interminable aura coûté près de 13 milliards. Les 6 EPR annoncés par Emmanuel Macron, EDF, va les facturer 50 milliards. Et côté renouvelable, les 7 projets en cours d'éoliennes en mer, en attendant les autres, sont évalués en tout à une trentaine de milliards. Mais tout cela sera versé, évidemment. En tout cas, cela se mérite au grand débat présidentiel à venir. Quoi qu'il en coûte, nucléaire d'Emmanuel Macron, merci beaucoup Patrick.