L'invité politique Sud Radio - Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation Nationale et fondateur du « think tank » Laboratoire de la République est notre invité politique
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Questions et réponses
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- 0:35FerméeÉludée
Pourquoi exclure la LFI et le RN de vos universités d'été ?
- 1:35OuverteRéponse directe
Le débat d'hier donne-t-il les grandes lignes de la campagne ?
- 2:35FerméeRéponse directe
Soutenez-vous Édouard Philippe aujourd'hui ?
- 3:39RelanceRéponse directe
Faites-vous le lien entre le débat d'hier et les propositions d'Édouard Philippe sur la concurrence chinoise ?
- 5:39OuverteRéponse directe
La Chine nous a-t-elle 'pillé' comme le disent les Français ?
- 6:54OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que la 'data' que vous évoquez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueFait
« Je n'ai jamais été excluant, mais c'est dans d'autres enceintes. »
- 0:53Invité politiqueFait
« L'objectif, c'est surtout de voir quel serait un projet de société pour 2027 qui ne serait pas un projet extrémiste, mais qui transformerait réellement la France. »
- 1:01Invité politiqueFait
« Il y a un socle de valeurs qui ne sont pas celles de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen. »
- 1:57Invité politiqueFait
« C'est-à-dire d'abord parce qu'il n'y a pas forcément tous les candidats présents hier. »
- 2:06Invité politiqueFait
« Puis troisièmement, parce que comme il s'agit d'une invitation du MEDEF, c'est forcément, et c'est normal, très centré sur les questions économiques. »
- 4:35Invité politiqueFait
« Bien sûr. »
- 4:37Invité politiqueFait
« Je pense que les idées doivent être à la fois cohérentes entre elles, c'est-à-dire que ce ne sont pas des idées séparées, et en même temps, elles doivent être précises pour être rapidement applicables une fois qu'un président ou une présidente serait élue. »
- 4:51Invité politiqueFait
« Celle-ci, à mon avis, est une bonne idée. »
- 5:19Invité politiqueFait
« Nous avons, au cours des décennies récentes, été beaucoup trop candides par rapport aux enjeux de concurrence. »
- 5:51Invité politiqueFait
« J'ai toujours pensé ça, d'ailleurs. Je n'ai jamais été dans un enthousiasme excessif sur cette question. »
- 6:35Invité politiqueFait
« C'est aussi pour ça que je prône la recréation d'une data, ce que j'appelle une data plus. »
- 9:12Invité politiqueFait
« Oui, il faut évidemment des priorités. »
- 9:30Invité politiqueFait
« Il y a le projet qui s'appelle France 2030, qui n'est pas rien et qui aboutit à certains résultats, mais ce n'est encore pas à l'échelle. »
- 11:14Invité politiqueFait
« Non, le niveau scolaire est hétérogène. »
- 13:37Invité politiqueFait
« Bien sûr, mais je suis complètement d'accord avec vous. »
- 14:28Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, ce qui est catastrophique, c'est qu'on a 1,6 enfants par femme en moyenne. Ça se dégrade année après année. »
- 14:35Invité politiqueChiffre
« Mais le désir d'enfants, c'est 2,3. »
- 15:16Invité politiqueFait
« C'est la régionalisation de la santé. »
- 15:36Invité politiqueChiffre
« Vous savez que notre santé, c'est 80% de la prévention, 20% du curatif. »
Temps de parole
- Invité politique67 %
- Présentateur32 %
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Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoze. Et l'invité politique à 8h16 sur Sud Radio, c'est Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'Éducation nationale, président du Laboratoire de la République. C'est son cercle de réflexion, en anglais on dit un think tank. Bonjour M. Blanquer, merci de nous consacrer du temps. Vous êtes donc à Sens où vous organisez ces universités d'été. Alors vous réunissez en ce moment même lors de vos universités d'été plusieurs personnalités comme Sébastien Lecornu. Alors il y en a beaucoup, je ne vais pas toutes les citer. Édouard Philippe, François Hollande, Xavier Bertrand. Mais d'entrée de jeu, vous excluez la LFI et le RN. Pourquoi ?
Ils ne sont pas dignes du débat ? Si, ils sont bien sûr dignes du débat.
Je n'ai jamais été excluant, mais c'est dans d'autres enceintes. L'objectif, c'est surtout de voir quel serait un projet de société pour 2027 qui ne serait pas un projet extrémiste, mais qui transformerait réellement la France. Alors ça ne veut pas dire que les gens qui viennent ici sont tous du même avis. Il y a des points de vue même très différents. Mais disons qu'il y a un socle de valeurs qui ne sont pas celles de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen. Donc c'est normal de ne pas être avec eux. En revanche, on a des occasions de débattre chez vous, par exemple, ou dans différents médias.
Mais là, il s'agit vraiment de dire que le sujet ne doit pas être un sujet de personne, vu les enjeux énormes pour le pays, mais un sujet d'idées et de projets très concrets pour vraiment remettre la France sur les rails en mettant certains thèmes vraiment en haut de la pile. L'un d'entre eux, c'est la revitalisation du territoire qui est le sujet clé dont on va parler au cours de ces deux jours.
Est-ce que précisément, avant d'évoquer cette revitalisation du territoire, qui est évidemment un élément clé, dont on a un peu parlé d'ailleurs lors du débat hier, mais d'abord votre regard sur le débat d'hier, est-ce qu'on a là les grandes lignes de la campagne qu'on va vivre pour les huit prochains mois ?
En partie, oui, mais pas complètement. C'est-à-dire d'abord parce qu'il n'y a pas forcément tous les candidats présents hier. Ensuite, parce que les formats ne permettent pas toujours d'aller au bout des idées. Puis troisièmement, parce que comme il s'agit d'une invitation du MEDEF, c'est forcément, et c'est normal, très centré sur les questions économiques. Donc je pense que ce qu'on a eu hier, c'était notamment quelque chose d'assez intéressant et assez complet sur les enjeux économiques. Mais il y a évidemment d'autres enjeux, par exemple géopolitique, et puis bien entendu tous les enjeux régaliens de la France qui ne peuvent pas être approfondis dans un cadre comme celui-là.
En revanche, sur le plan économique qui est essentiel, des choses très importantes ont été dites en effet.
Alors justement, Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'Éducation nationale et président donc du Laboratoire de la République, vous soutenez Edouard Philippe aujourd'hui ?
Non, pas spécialement. Il est invité, je l'apprécie beaucoup et je le considère digne d'exercer la fonction, mais aujourd'hui je ne suis pas en soutien d'un candidat puisque précisément le but est de dire, il faut un projet de société. Ne parlons pas d'abord des personnes, il est légitime que des candidatures s'expriment, mais pour quoi faire ? Qu'est-ce que nous voulons au service de notre pays ? Et donc c'est ça qui est traité au cours des deux jours qui viennent à Sens. Et d'ailleurs, ce n'est pas pour rien qu'on a choisi la ville de Sens, il y a bien des raisons.
D'abord parce qu'elle est emblématique de ce territoire qu'on a revitalisé, si vous voulez, avec de belles réussites et aussi des ambitions, mais aussi parce que nous voulons montrer qu'il y a la nécessité de rassembler aujourd'hui les Françaises pour des enjeux comme ceux-là. Et vous voyez, le slogan c'est « faire sens ensemble ». C'est presque une définition de la République. On a besoin en France aujourd'hui d'être un peu moins dans le conflit.
Justement, si on fait le lien entre le débat d'hier et certaines propositions qui ont été faites, je pense à celle d'Edouard Philippe justement, concernant peut-être les règles commerciales et la concurrence évidemment chinoise. Et si on fait un lien avec la revitalisation nécessaire de notre territoire, est-ce que la proposition d'Edouard Philippe, vous la reprenez ? Est-ce qu'elle vous paraît en tous les cas une bonne piste de travail ? Même si, pour le moment, c'est un peu le sentiment qu'on a. C'est qu'on a l'impression qu'il y a des idées qui sont sur la table. On attend de voir exactement, concrètement, comment tout cela pourrait se traduire.
Mais concernant cette idée, il explique qu'à chaque fois qu'il y a un partenariat avec des Chinois et qu'il y a un investissement à l'étranger, il pourrait y avoir une forme de réciprocité qui pourrait s'appliquer dans notre territoire en France. Voilà quelque chose, en tous les cas, qui parle. Je pense aux gens qui nous écoutent. Est-ce que vous reprendriez cette idée-là ?
Bien sûr. Je pense que les idées doivent être à la fois cohérentes entre elles, c'est-à-dire que ce ne sont pas des idées séparées, et en même temps, elles doivent être précises pour être rapidement applicables une fois qu'un président ou une présidente serait élue. Celle-ci, à mon avis, est une bonne idée. Tout ce qui va dans le sens de la réindustrialisation de la France va dans le bon sens. Tout ce qui va dans le sens aussi d'une vision qui nous protège par rapport à la concurrence déloyale dans le monde, notamment vis-à-vis de la Chine et des États-Unis, est très important.
D'où l'importance d'avoir des règles françaises d'une part, européennes d'autre part, qui nous permettent d'être dans de la compétition loyale à l'échelle mondiale. Et c'est le genre de choses que nous prenons, évidemment, au laboratoire de la République. Nous avons, au cours des décennies récentes, été beaucoup trop candides par rapport aux enjeux de concurrence. Il est largement temps de réindustrialiser la France. Certaines choses ont bien commencé, d'ailleurs.
Vous faites référence, par exemple, à notre façon d'aborder la Chine, il y a 25 ans, en disant « faut y aller, c'est formidable, faut aller investir là-bas ». Résultat, on s'est un peu tout fait piller, pardon de le dire comme ça, mais c'est un peu le sentiment que les Français ont.
– Oui, oui, ils ont raison. J'ai toujours pensé ça, d'ailleurs. Je n'ai jamais été dans un enthousiasme excessif sur cette question. Alors, il fallait aller en Chine. Certains l'ont fait et l'ont fait de manière pertinente, mais il ne fallait pas le faire n'importe comment. Et surtout, il fallait rester vigilant sur les stratégies industrielles, c'est-à-dire qu'on ne devait pas perdre des capacités à faire et on ne devait pas se laisser doubler. Or, aujourd'hui, si vous regardez où en est la Chine, elle est extrêmement avancée, compris sur les enjeux de transformation écologique, d'électrification du territoire. La France garde de très solides atouts.
Je pense à son énergie nucléaire, je pense à sa capacité de formation des ingénieurs, à toute une série d'atouts que nous avons. Un territoire fabuleux. Maintenant, le moment est venu d'avoir une grande stratégie type 1958, si vous voulez, et c'est aussi ce que nous prenons. C'est aussi pour ça que je prône la recréation d'une data, ce que j'appelle une data plus, c'est-à-dire une capacité à réinvestir sur tout le territoire de manière équitable, de façon à ce que, à la fois, le renouveau de l'agriculture et le renouveau de l'industrie soient à la base de la prospérité dont on a besoin. Et c'est possible, c'est une question de volonté politique, mais aussi de rassemblement.
Jean-Michel Blanquer, peut-être qu'il faut rappeler à nos auditeurs ce qu'est la data, parce que j'imagine que vous faites allusion à l'exemple américain. On peut le raconter peut-être pour expliquer, parce que c'est un élément qui permet des très grands investissements et c'est ce qui structure un pays. Mais comment ça marche ? Est-ce que vous pourriez nous l'expliquer ?
Ça fait référence à la fois à la France des années 60 et aux États-Unis et à la Chine d'aujourd'hui. À la France des années 60, parce que la data, à l'époque, a été vraiment un instrument d'investissement sur le territoire et, je dirais, presque de complicité entre l'État et les acteurs locaux pour que des grandes industries se déploient, dans les grands domaines que j'ai cités d'ailleurs, comme le nucléaire ou, par exemple, l'aéronautique. Des sujets qui, parfois, ont été, dans un cadre français, c'est parfois déjà dans des cadres d'alliances industrielles européennes. Les deux sont possibles.
Et puis, comme vous le disiez, aux États-Unis, vous avez des agences, notamment dans le domaine de la sécurité, qui littéralement arrosent le monde économique sur des grands projets. On a besoin aujourd'hui aussi de motiver la France sur des grands projets. Je pense, par exemple, au canal, à toute la politique que nous devons avoir, de canaux fluviaux, que ce soit au nord avec le Havre-et-Paris et le canal vers le nord, ou que ce soit au sud entre Marseille et Lyon.
Nous avons besoin, à la fois, d'avoir une vision pour la France qui s'accompagne de transformations écologiques, d'où l'importance du fluvial et du ferroviaire, et qui s'accompagne aussi de projets qui vont créer de l'emploi, de la richesse.
Justement, sur ce point, Jean-Michel Blanquer, j'entendais lors du débat hier Raphaël Glucksmann dire qu'on passe notre temps à faire du saupoudrage sur la réindustrialisation et sur la revitalisation des territoires. Donc, c'est totalement lié. On est dans le sujet dont vous parlez, qui est l'objet de vos universités d'été de ce week-end. On fait du saupoudrage, on ne fait pas de choix. Et par exemple, il citait la filière bois, évidemment l'écologie.
Est-ce que vous êtes partisans aussi que peut-être ce pays se décide à tracer une ligne et à dire, voilà, on choisit deux, trois, quatre grandes lignes d'investissement qui vont nous permettre d'être les meilleurs, au moins à l'échelon européen ?
Oui, il faut évidemment des priorités. Parfois, elles existent un peu. Il ne faut pas non plus caricaturer la situation présente. Par exemple, si vous voyez ce qui s'est fait en matière de batteries électriques récemment avec l'installation d'une grande usine dans le Nord, etc. Donc, il y a des domaines qui ont été définis. Il y a le projet qui s'appelle France 2030, qui n'est pas rien et qui aboutit à certains résultats, mais ce n'est encore pas à l'échelle. Donc, en effet, il faut des grandes priorités, dont certaines sont incontournables parce qu'on ne peut pas être mauvais. L'exemple typique, c'est évidemment l'énergie. Il se trouve que la France est bonne là-dessus.
Elle peut être encore meilleure, que ce soit au titre du nucléaire ou au titre de certaines énergies renouvelables, à condition que ce soit bien fait. Mais en tout cas, il est évident qu'on peut être une grande puissance énergétique, ce qui a beaucoup de sens dans un monde en deuxième lieu. Ce qui est très important, ça va être l'arrivée de la révolution de l'intelligence artificielle qui elle-même suppose de l'énergie propre, ce que nous sommes capables de faire. Donc déjà, sur ces deux enjeux, on ne peut pas être à la traîne. Il se trouve que sur l'enjeu du numérique, on a pris du retard, mais on a encore quand même quelques atouts.
Donc il faut faire levier avec ces atouts-là et avoir une vision de la société qui prenne en compte l'intelligence artificielle, à la fois sur le mode offensif, c'est-à-dire être bon dans le domaine. On a des acteurs comme Mistral qui peuvent nous permettre de l'être. Et puis sur le mode défensif, c'est-à-dire défendre nos libertés, éviter d'entrer dans un monde déshumanisé, tenir compte de l'IA dans les évolutions du système éducatif et de la vie de nos enfants. Tout ceci, ça compose un véritable projet de société. Nous avons des transformations gigantesques devant nous. Elles peuvent aller vers le très négatif ou vers le très positif selon le projet politique qui va les canaliser.
Jean-Michel Blanquer, pour terminer, parlons un petit peu de la rentrée parce que vous êtes ancien ministre de l'Éducation nationale et pour beaucoup de Français, vous restez en mémoire comme quelqu'un qui a osé parler vrai au sein d'un ministère qui n'était pas toujours réformable et facile à manier. À deux jours de la rentrée, ça fait partie des annonces et des axes de travail d'Édouard Geffray. Il en fait une des priorités. Est-ce que vous diriez que le niveau scolaire en France est mauvais comme lui ?
Non, le niveau scolaire est hétérogène. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Si nos auditeurs regardent autour d'eux, ils auront sans doute tous des exemples d'écoles, de collèges ou de lycées qui vont mal et d'autres qui vont bien. Donc là aussi, on a une grande hétérogénéité territoriale et sociale. Et donc, si vous regardez par exemple la Bretagne, sur le plan scolaire, elle va bien. De façon générale, il y a une frange ouest de la France qui va plutôt bien sur le plan scolaire. Il y a d'autres endroits, notamment dans les grandes métropoles, qui vont mal et qui s'est lié aussi à beaucoup de phénomènes de société qui entourent l'école, pas forcément à l'école elle-même.
Donc non, je ne pense pas qu'il faut dire des choses trop générales sur l'école. Il faut faire attention. Et par contre, il y a évidemment...
Quand vous dites d'autres phénomènes, Jean-Michel Blanquer, vous pensez à quoi ? Vous pensez aux périphéries, vous pensez donc peut-être à l'immigration et donc à une intégration qui est difficile ?
Bien sûr, les ratés de l'intégration d'une part, les phénomènes de violence et de drogue d'autre part, tous ces sujets-là viennent percuter l'école. Et c'est évident que ça n'est pas facile et qu'il y a des pays où il y a moins ces phénomènes et donc c'est plus facile pour l'école. Il faut le dire clairement. Mais il y a aussi ce que l'école doit faire. Et puis n'oublions pas que l'éducation, ce n'est pas seulement l'école, c'est évidemment la famille. C'est aussi tout ce qu'on réussit à faire dans les temps de l'enfant en dehors de l'école.
Et là aussi, le projet de société, il doit être sur ce qu'on fait pour la culture, le sport, le contact avec la nature, des enfants pendant non seulement le temps scolaire, mais surtout en dehors du temps scolaire. D'où les différentes choses que j'avais pu faire aussi comme ministre de l'éducation, mais aussi des sports et de la jeunesse, c'est-à-dire ce qu'on a appelé les vacances apprenantes, le plan mercredi, toutes ces choses qui vont dans le bon sens, mais qui doivent aller beaucoup plus loin dans les temps à venir.
L'actualité... Sur le plan. Sur le plan. Juste une chose, sur l'actualité, sur le plan de l'éducation, c'est aussi malheureusement beaucoup de fermetures de classes et notamment dans les petits villages, et on est très écoutés dans les territoires. Pourquoi n'a-t-on pas un choix fort en matière de préservation des classes, quitte à ce qu'elles soient moins nombreuses ? Pourquoi ce choix systématique de dire « il y a un seuil en deçà duquel on ne descend pas » et malheureusement, vous savez ce qui se passe. On vous parlait de revalidisation au sein de vos universités d'été.
Lorsqu'il y a une fermeture des classes, après derrière, ce sont des parents qui s'en vont, ce sont des villages qui sont désertés et c'est une spirale en réalité et qui est très mauvaise.
Bien sûr, mais je suis complètement d'accord avec vous. Et d'ailleurs, vous noterez que lorsque j'étais ministre de l'Éducation nationale, on a fermé le moins possible d'écoles en milieu rural et j'ai toujours tenu le discours de la revitalisation des villages et des petites villes. Parfois, la démographie, malheureusement, est tellement désastreuse actuellement que ça conduit à des fermetures inévitables, il faut le reconnaître. Mais néanmoins, on doit avoir... C'est ça le volontarisme dont je parlais tout à l'heure. On doit avoir des stratégies complètes pour un territoire. Bien sûr, on en manque.
Et c'est pour ça que j'ai fait tout ce que j'ai pu lorsque j'étais ministre de l'Éducation sur ces questions. Les uns et les autres peuvent regarder. Sur le plan rural, on a fait des choses. Mais il est évident que ça va au-delà de l'éducation. C'est-à-dire que c'est des stratégies territoriales où vous vous dites réindustrialisation, renouveau de l'agriculture, renouveau des services publics, présence de l'école qui soit attractive pour des jeunes ménages qui, du coup, auront des enfants. Aujourd'hui, ce qui est catastrophique, c'est qu'on a 1,6 enfants par femme en moyenne. Ça se dégrade année après année. Mais le désir d'enfants, c'est 2,3.
Donc, qu'est-ce qu'on fait pour atteindre le 2,3 ? Pour que, tout simplement, les jeunes couples aient le nombre d'enfants qu'ils souhaitent avoir parce qu'ils auront un cadre agréable. Le logement, par exemple, on a une immense crise du logement. Alors que vous avez des logements et des commerces qui ferment dans les petits villages, c'est vraiment un crève-cœur. Donc, ce n'est pas en ayant une politique du laisser-faire que les choses vont s'améliorer. C'est en ayant une vision pour le territoire. Et c'est ce qu'on va prôner. En ayant une vision pour le territoire, tous les sujets viennent avec. L'économie, l'école, la santé, bien sûr. Et le pouvoir d'achat. Et le pouvoir d'achat.
Donc, on va prôner, par exemple, pour vous donner un exemple.
Et bien sûr, le pouvoir d'achat. Et on termine avec ça, Jean-Michel Blanquer, allez-y.
C'est la régionalisation de la santé. Une des propositions qu'on va faire aujourd'hui.
On en a parlé sur cette antenne, cette semaine.
D'ailleurs, Xavier Bertrand fait partie des personnes présentes. C'est un ancien ministre de la Santé, il en dira un mot aussi. Mais c'est régionalisation de la santé, c'est-à-dire donner cette responsabilité aux régions et avoir une politique de prévention. Vous savez que notre santé, c'est 80% de la prévention, 20% du curatif. Or, nous mettons tout l'argent sur le 20%. Merci. Comment demain, on peut avoir de la médecine et des infirmiers au plus près des gens ? Ça fait partie, évidemment, des enjeux majeurs.
Merci infiniment, Jean-Michel Blanquer, de nous avoir accordé du temps. Et bonne université d'été du côté de Sens. Vous êtes ancien ministre de l'Éducation nationale et président du Laboratoire de la République. À suivre les infos, il est 8h32. Buon harmée, c'est Wednesday,
ao et les infos qu'il y avait. C'est parti. C'est parti. C'est parti. Bah, vous sebagai la nature qui en est ce sens de trois ans. Télé, c'est parti.