Rentrée parlementaire de Marine Le Pen : le discours en intégralité
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Mes amis, chers Steve, chers Bruno, chers élus, mes chers compatriotes, Vous savez combien je tiens à prendre la parole devant vous, ici, à Hénin-Beaumont, à chaque rentrée. Il y a des rendez-vous qui ne se manquent sous aucun prétexte, et indéniablement, je renoncerai à celui-ci pour rien au monde. Vous aura permis de vous reposer, de vous ressourcer au contact de vos familles et de ceux qui vous sont chers. La dureté des temps que nous traversons rend ces moments plus que jamais infiniment précieux et nécessaires. Alors j'en suis certaine, autant que je l'espère, vous avez su cultiver ces liens personnels, ces liens du quotidien, qui contribuent à donner du sens à nos vies.
Je vous en dis, chers amis, je vais être fidèle à moi-même et vous dire sans phare ce que je ressens. Le rôle d'un responsable politique n'est pas de colporter des paroles faussement réconfortantes. Cette rentrée, je l'aborde, nous l'abordons tous avec une particulière gravité à la mesure de la crise politique actuelle. J'y reviendrai. Pour nombre d'entre vous, pour des millions de nos compatriotes, la situation que nous traversons est bien souvent à la source d'une indignation et d'une exaspération légitime.
Nul ne peut ni ne veut se reconnaître dans le pathétique spectacle offert par les partis macronistes et alliés qui prétendent gouverner la France depuis les dernières élections législatives en juillet 2024. Nul ne peut se réjouir de l'état de la démocratie et des institutions françaises qui, à force d'avoir été foulées au pied par Emmanuel Macron et ses alliés depuis 2017, sont aujourd'hui fragilisés comme jamais.
Et nul ne distingue aujourd'hui comment les responsables de cette gabegie honteuse pourraient prétendre y mettre un terme, alors qu'ils ont été à l'origine, en croyant sans doute en bénéficier, des désistements et accords qu'ils ont conclus en juillet 2024 pour empêcher le peuple d'être justement représenté à l'Assemblée et le pays d'être gouverné. La situation est aujourd'hui en vérité d'une tragique simplicité. La France est en état d'asphyxie démocratique, à un point que nous n'avions jamais connu sous la Ve République.
Et en huit ans, cette crise de la représentation, cette absence de légitimité politique structurante organisée par les partis du système n'ont fait que s'aggraver, plongeant la nation entière dans l'incertitude et l'angoisse. Cette crise n'est pas tombée sur le bon peuple de France comme une pluie de criquets ou un déluge biblique. Cette crise a été provoquée et alimentée par le Président de la République, Emmanuel Macron, et par tous ceux qui l'ont servi depuis huit ans. Ils en ont été les concepteurs, ils en ont été les architectes, et aujourd'hui, ils en sont les pathétiques acteurs.
Il y a un an, j'évoquais devant vous l'interminable attente qui avait été infligée aux Français pour nommer Michel Barnier au poste de Premier ministre. Deux mois de pseudo-suspense honteux, imposés aux citoyens comme une bravate supplémentaire, comme pour leur signifier qu'ils n'avaient d'autre choix que de se soumettre aux caprices d'un président infantile en mal d'attention et de reconnaissance. Deux mois d'attente pour trois petits mois de mandat, marqués une fois de plus par la négation des oppositions, la volonté de matraquer fiscalement les Français, le refus du compromis, la brutalisation du Parlement.
Il y a un an déjà, cette façon de se jouer des électeurs au mépris de l'attente d'un cap, d'une direction donnée au pays et à ses acteurs économiques, avait été perçue à juste raison comme un piétinement de l'esprit de responsabilité et de civisme, qui en tout cas, je le crois, est supposé guider les décideurs politiques dignes de ce nom.
Il y a un an, déjà, l'aspect soi-disant ingouvernable de la France et de cette Assemblée avait été mis par l'exécutif sur le compte de la versatilité et de l'inconséquence des électeurs, alors que ce n'était que le résultat de petits arrangements politiques mitonnés par tous les partis du système, coalisés pour faire barrage à l'expression démocratique du peuple souverain. Ils ont communié dans la volonté de sacrifier la démocratie au profit de leurs intérêts. Des représentants de la droite, comme M. Wauquiez, se sont fait élire grâce au désistement de l'extrême-gauche. Des représentants du parti présidentiel, comme M.
Philippe et Attal, ont appelé à voter pour le Parti communiste et la France insoumise. Des représentants du défunt nouveau Front populaire ont fait voter pour des macronistes, comme Mme Borne, pourtant promoteur de la réforme des retraites. C'était il y a un an. C'était hier. Et depuis un an, tous ces mêmes partis se sont succédés à l'Élysée pour quémander qui Matignon, qui un ministère, qui un secrétariat d'État, pour négocier des pactes de non-censure fondés sur de petites ententes de circonstances qui nous ont rappelé les pires heures de la Quatrième République. Emmanuel Macron incarnait depuis 2017 le pire des propositions de la gauche et de celles de la droite.
Depuis 2024, il s'est entouré, au sein même de son gouvernement, de ses pires représentants, cela même que le général de Gaulle surnommait en son temps les trottes menus de la décadence, insoucieux de toute autre chose que de leur carrière personnelle. Nous avons vu au cours de l'année écoulée le résultat de cette politique du pire. Une action publique qui, vidée du principe même de légitimité démocratique, se trouve réduite à une pantomime où les éléments de langage le disputent au coût de communication et aux annonces vides de sens.
Des opérations place nette où l'on disperse les narcotrafiquants pendant 48 heures pour feindre d'avoir rétabli l'ordre, au projet d'introduire l'écriture inclusive sur le fronton du Panthéon, rien ne nous aura été épargné. C'est un piteux spectacle. Le résultat, c'est un pays à l'arrêt, c'est-à-dire en déclin par rapport à tous ces voisins et partenaires qui, en Europe et dans le monde, bâtissent et investissent pour leur avenir.
Le résultat, c'est un effondrement accéléré de nos finances publiques avec une dette quasi hors de contrôle et des taux d'intérêt qui sont désormais comparables quand ils ne sont pas supérieurs à ceux de l'Italie et de la Grèce, hier présentés comme les hommes malades de l'Europe. Aujourd'hui, l'homme malade de l'Europe, par leur faute, c'est la France. Le résultat, c'est un bourbier économique qui dissuade les entreprises d'investir et les empêche de réussir, comme nous le montrent chaque semaine les fermetures d'usines et les chiffres records des faillites, et qui, par là même, privent les salariés de toute perspective d'ascension sociale par le travail.
Une société d'hyperprécarité où se multiplient les renoncements aux soins médicaux, aux repas, au chauffage, sans même parler des vacances, bien souvent ramenées au rang de luxe. Le résultat, c'est une situation sécuritaire et migratoire qui échappe plus que jamais au contrôle du gouvernement. Tous les records en la matière ayant été battus chaque année depuis 2017. banlieues sont désormais de plus en plus de villes moyennes, comme désormais de plus en plus de villes moyennes qui étaient hier encore épargnées, comme nos frontières. Elles sont devenues dans le même temps des zones de non-souveraineté et des zones de non-France.
L'information, d'ailleurs, n'est pas encore parvenue aux oreilles de M. Dupont-Moretti. Manifestement trop occupée par les représentations de son spectacle autobiographique, il serait bon, je crois, de lui faire parvenir cette information pour lui éviter de se ridiculiser par ses déclarations sur le sentiment d'insécurité. Le résultat, c'est une France déconsidérée sur la scène internationale, observée avec stupeur ou mépris, c'est selon, par nos partenaires européens, les Etats-Unis et bien sûr par les marchés financiers censés financer à crédit cette interminable kermesse.
Le résultat, enfin, c'est un dégoût et une colère populaire qui ne mine pas seulement nos institutions, mais notre vie démocratique elle-même. Car c'est dans l'action commune, dans la participation active des citoyens aux affaires publiques que se fonde la démocratie, comme le disait Anna Arendt en 1958. Or, c'est précisément l'inverse qui se produit aujourd'hui. La voix populaire est bafouée chaque jour et la Macronie est bafouée, la Macronie et ses alliés ne fonctionnent que pour et par eux-mêmes dans la préservation, vous l'avez bien vu, égoïste et puérile de leurs petits équilibres et de leurs petits avantages ou de leurs grands avantages, d'ailleurs.
Les Français ont été réduits au rang de spectateurs impuissants de ce théâtre d'ombre, ils en souffrent. Et nous, dirigeants patriotes et gardiens de la souveraineté populaire, nous en souffrons avec eux. Voilà le bilan de l'année écoulée. Un effondrement démocratique, économique, budgétaire et sécuritaire. Cet effondrement ne relève pas d'une appréciation subjective du réel, il est documenté chaque jour dans toutes les statistiques publiques. Et c'est de cela que M. Macron, Bayrou ou Retailleau nous parlent comme d'un trésor qu'il nous faudrait impérieusement préserver en votant pour leur maintien au pouvoir.
C'est cet effondrement économique et social qu'il nous demande, qu'il demande au peuple français de considérer comme de la stabilité. C'est cette situation d'asphyxie démocratique avec un gouffre de plus en plus abyssal entre les aspirations majoritaires de la population et les politiques qu'il conduise, qu'il nous présente comme la seule voie possible. Vous savez, ces politiques qu'il prétendent mener lorsqu'il n'ont que ce mot à la bouche en responsabilité, je crois pour ma part que la seule chose dont il soit responsable, c'est cette course à l'abîme qui est en train de conduire notre pays au déclassement et à l'effacement.
Je fais la promesse que jamais nous ne nous soumettrons à un chantage à la compétence et à la responsabilité opérées par des incompétents et des irresponsables. Je crois pour ma part que l'urgence nationale exige que soit mis un terme au plus tôt à la fuite en avant de ceux qui ont placé la septième puissance mondiale au banc des classements internationaux en matière budgétaire, migratoire, économique, industrielle, agricole, éducative ou technologique. Voilà la conception que je me fais du rôle que les Français par leurs 11 millions de suffrages ont donné aux députés du Rassemblement National il y a un an.
Aucun d'entre nous n'acceptera de jouer les figurants d'un petit théâtre parlementaire où les jeux de posture et les médiocres invectifs tiendraient lieu de débats démocratiques. Aucun d'entre nous n'acceptera de céder au piteux chantage du vote de confiance initié par le Premier ministre qui semble d'ailleurs très surpris de son peu de succès. Je voudrais donc rappeler à M. Bayrou en passant qu'il est parfaitement logique que la représentation nationale en tant qu'émanation des Français soit sur ce point en parfait accord avec eux. Elle lui accorde aussi peu de crédit que le peuple lui-même. Je voudrais aussi lui dire qu'il a commis en réalité la même erreur que M. Barnier.
Il a cru que les élus du Rassemblement National étaient comme eux prêts à sacrifier les Français pour protéger leur place leur mandat. Clairement il a cru que nous ne prendrions pas le risque d'une dissolution sachant qu'en raison de la scandaleuse décision me frappant d'inéligibilité avec exécution provisoire je ne pourrais peut-être pas me représenter. à lui et aux autres je dis écoutez-moi bien nous ne sommes pas comme vous notre boussole n'est pas et ne sera jamais notre intérêt personnel notre boussole c'est l'intérêt de notre pays et de notre peuple et nous ne les sacrifierons jamais à notre confort personnel ou à notre carrière.
je suis prête à sacrifier tous les mandats de la terre pour vous empêcher de massacrer les français avec vos politiques absurdes et vos pseudo économies injustes et toxiques. Je vous le redis de la manière la plus claire qui soit aucun d'entre nous n'acceptera de prolonger la course folle dans laquelle le premier ministre a engagé le pays. Aucun d'entre nous enfin n'acceptera de placer au-dessus des intérêts supérieurs de la nation la préservation de son intérêt. Notre devoir aujourd'hui est de réconcilier les aspirations du peuple et les politiques conduites par le gouvernement de la France pour qu'enfin enfin revivent les principes de souveraineté populaire et de légitimité démocratique.
Notre devoir est aujourd'hui de réclamer avec force une alternance aussi rapide que possible parce qu'il y a urgence. Notre devoir est enfin de proposer un chemin de redressement aux millions de Français qui observent avec colère et parfois désespoir leur pays. La France et les Français sont en état de détresse démocratique. Il est de notre devoir de leur rendre leur espoir, leur confiance et leur fierté et nous y sommes pleinement prêts.
Naturellement, j'aurais préféré ne pas avoir à rappeler aujourd'hui de telles évidences mais force est de constater que notre conception de la responsabilité politique et de la légitimité démocratique qui me paraît pourtant relever du plus élémentaire bon sens doit sonner comme une doctrine exotique voire subversive aux oreilles de tous les partis du système en place. Je n'oppose pas la crise démocratique que je viens d'évoquer à la crise budgétaire qui occupe légitimement le débat public depuis plusieurs mois. C'est même tout l'inverse. La première est la source de la seconde. Ces deux crises sont des sœurs jumelles.
C'est parce que les aspirations majoritaires de la population en matière d'immigration, d'insécurité, de dépenses publiques et de souveraineté ont été bafouées depuis des décennies que nous sommes aujourd'hui dans l'impasse budgétaire. Avant toute chose, je voudrais commencer par clarifier une fois de plus un point essentiel. Contrairement à ce qu'affirment les représentants de l'exécutif, M. Macron, Bayrou, Retailleau, toujours les mêmes, personne au Rassemblement national ne conteste l'état dramatique de nos comptes publics.
Personne au Rassemblement national n'entend mettre la poussière budgétaire sous le tapis d'une dette publique infinie ni y répondre par le matraquage fiscal comme la gauche mélanchonisée. Nous ne balayons pas d'un revers de main l'impérieuse nécessité d'engager au plus tôt un redressement d'ampleur de nos finances dépensées depuis des décennies dans des politiques inefficaces et toxiques. Et je ne laisserai personne répéter que nous faisons preuve sur ce sujet comme sur d'autres de désinvolture ou d'inconscience alors que nous sommes le seul mouvement politique à avoir lancé l'alerte avec constance sur ce sujet et le seul à n'avoir aucune responsabilité dans ce désastre.
Aussi, quand j'entends M. Retailleau, ministre impuissant de la minorité présidentielle, macroniste parmi les macronistes, répéter à l'envie que nous serions socialistes, comme ceux qu'il a fait élire par ailleurs il y a un an, il me prend quand même l'envie de lui rappeler quelques vérités premières. Ce n'est pas nous qui avons préféré gaspiller des dizaines de milliards d'euros en bouclier tarifaire sur l'énergie par pur dogmatisme plutôt que de revenir sans dépenser un euro sur les stupides mécanismes de prix européens qui ont fait flamber les prix énergétiques.
Ce n'est pas nous qui avons porté l'aide publique au développement versé par la France au plus haut historique de 15 milliards d'euros par an pour le plus grand bonheur de la Chine, de l'Algérie ou des Comores qui pour l'un nous concurrencent et pour les autres nous insultent copieusement. Ce n'est pas nous qui avons sacrifié notre industrie nucléaire décarbonée, peu chère, souveraine en préférant verser des dizaines de milliards d'argent public aux industriels chinois et aux fonds anglo-saxons qui profitent du déploiement des énergies éoliennes et solaires sur notre sol. Un scandale d'État que le gouvernement de M.
Bayrou voulait être aggravé en programmant par décret 300 milliards de dépenses publiques pour ces énergies intermittentes et non souveraines.
Décret heureusement bloqué grâce à la mobilisation du Rassemblement national vous savez cette politique cette politique totalement folle dénoncée d'ailleurs par le haut commissaire à l'énergie atomique qui aboutira au doublement de la facture d'électricité des français facture qui augmentera encore avec le bradage sous la pression de l'Union européenne d'un tiers de la production des barrages hydrauliques français financés par les contribuables depuis des décennies au profit une fois de plus des spéculateurs privés qui pourront s'enrichir en revendant au prix fort aux consommateurs une électricité pour laquelle ils n'avaient pas investi un seul euro.
Ce n'est pas non plus nous qui avons choisi de faire bénéficier de notre modèle social le monde entier en offrant tous les soins médicaux aux clandestins ou en donnant le droit à des étrangers retraités sans qu'ils aient jamais cotisé en France de bénéficier d'une allocation de retraite payée par les contribuables français.
Ce n'est pas non plus nous qui envisageons tranquillement d'imposer une surtaxe de 5% sur tous les contrats d'assurance pour payer les destructions liées aux émeutes qui deviennent par ailleurs un sport national selon leur devise à eux les racailles cassent les honnêtes Jean-Pet qui avons choisi de déverser chaque année des milliards d'euros dans des politiques de la ville qui consistent bien souvent à arroser avec les impôts de la France qui bosse le sable du narcotrafic du communautarisme et du clientélisme. La liste des gabegies est infinie. Je pourrais la poursuivre pendant de longues minutes voire de longues heures. Mais rassurez-vous je vais vous épargner ce pensum.
La vérité c'est que notre mouvement politique joue depuis des années concernant ses folles dépenses le rôle de lanceur d'alerte. Pas M. Bayrou qui quant à lui a voté et fait voter par les députés de son mouvement tous les budgets déficitaires des dernières années après avoir fait élire on ne l'oubliera pas Emmanuel Macron. à l'Assemblée lors de chaque campagne électorale nous n'avons eu de cesse de proposer des mesures d'économie sur les dépenses toxiques.
De budget en budget nous avons répété qu'il était illusoire de prétendre résoudre l'équation budgétaire de notre pays sans s'attaquer aux quatre grands tabous que sont l'immigration le train de vie de l'État les fraudes de toute nature sociale, fiscale à l'importation les ententes et j'en passe et la contribution de la France à l'Union Européenne. Si nous nous distinguons radicalement du consensus des partis du système ce n'est pas quant à l'ampleur de l'effort à réaliser c'est sur les moyens à mobiliser pour y parvenir.
Et précisément il y a dans les quatre tabous que je viens d'évoquer des dizaines de milliards d'économies annuelles et structurelles c'est-à-dire pérennes à réaliser sans spolier ni les entreprises ni les salariés ni les retraités. Voilà ce qui serait la priorité d'un gouvernement responsable et soucieux du bon emploi des deniers publics. Un gouvernement qui contrairement à nos dirigeants actuels n'aurait pas créé en huit ans autant de dettes publiques qu'au cours des cinquante dernières années. Car le constat est sans appel. la France est déjà le pays le plus fiscalisé au monde avec des prélèvements obligatoires qui avoisinent chaque année les 45% du PIB.
Les salariés, les entreprises, les ménages sont aujourd'hui privés de l'oxygène qui leur permettrait par l'investissement et par la consommation de concourir à la croissance et à la prospérité nationale. Le poids des dépenses contraintes logements, énergie, alimentation, santé, assurances, mutuelles a en outre explosé au cours des dernières décennies avec une accélération spectaculaire depuis 2017. C'est pour cela qu'il est aussi impensable que moralement honteux d'envisager une nouvelle saignée fiscale et sociale.
Et d'ailleurs, les dérapages budgétaires sans précédent des trois dernières années avec un écart tout de même de 50 milliards d'euros entre les prévisions de déficit de Bercy et le déficit effectif l'an dernier ont démontré que le levier fiscal à force d'avoir été actionné ne fonctionnait tout simplement plus. Nous en sommes arrivés au point où toute hausse des taux d'imposition non seulement n'entraîne plus de hausse des rentrées budgétaires mais détruits de l'activité économique. Ce n'est plus un levier fiscal, c'est un éteignoir. Alors que depuis cinq ans, l'inflation flambe, les salaires, eux, stagnent.
Des millions de Français, je le répète, renoncent désormais qui a des soins médicaux, qui a des repas. Rares sont ceux qui sont épargnés aujourd'hui par la réalité et ne subissent pas l'angoisse de l'appauvrissement et du déclassement. Dans ce contexte, l'urgence n'est donc évidemment pas de taxer plus encore les travailleurs et les producteurs de notre pays, sauf à vouloir accélérer sa désertification économique et l'exil des entreprises et des cerveaux.
Ce qui est urgent, c'est de relancer la production et le travail en baissant les normes qui asphyxient nos entreprises et la fiscalité sur la production la plus absurde qui soit puisqu'elle pèse sur l'activité avant même que le moindre bénéfice ait été réalisé. L'urgence n'est donc pas d'imposer aux actifs la suppression des jours fériés, c'est-à-dire le rétablissement des jours de corvée tout en augmentant comme si cela ne suffisait pas l'impôt sur le revenu puisque c'est ce que fait le gouvernement en n'indexant pas son barème sur l'inflation.
Ce qui est urgent, c'est de créer les conditions d'une hausse des salaires, notamment en mettant un terme dumping salarial alimenté par l'immigration massive et incontrôlée. L'urgence n'est pas non plus de monter les générations les unes contre les autres en faisant porter aux retraités, pardon, aux boomers. Il paraît que c'est plus chic. La culpabilité de la dette publique passée. Ce qui est urgent, c'est de renouer avec des dirigeants politiques qui assument leurs erreurs et leurs responsabilités devant les Français et remettent en cause les dogmes et les errements qui nous ont conduits dans cette situation. Je crois qu'ils sont incapables d'opérer ce changement de logiciel.
J'en veux pour preuve les propos de M. Bayrou lui-même quand il affirme doctement après 50 ans de carrière politique où il aura cautionné toutes les erreurs des gouvernements successifs que notre dette aurait été consommée par les Français, présentée comme une masse de jouisseurs impécunieux. Mais dire cela, ce n'est pas seulement commettre un abus de langage, c'est faire un véritable affront au peuple tout entier, auquel M. Bayrou s'apprêtait à infliger avec le budget présenté cet été, je le rappelle, 20 milliards d'impôts supplémentaires. Nous avons dit dès 2017.
L'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron n'a en rien constitué le début d'un soi-disant nouveau monde, mais bel et bien le début de la fin du monde ancien. La crise budgétaire structurelle que nous traversons est la conséquence de la poursuite et même de l'accélération par Emmanuel Macron de toutes les erreurs économiques et politiques des 40 dernières années, plus que jamais rejetées par la majorité des Français. Ce sont ces quatre tabous qu'il faut faire tomber pour que la France se relève. L'immigration, d'abord. Depuis des années, les rapports publics et privés s'accumulent évaluant les dépenses liées à notre politique migratoire à plusieurs dizaines de milliards d'euros.
En 2022, nous avions précisément chiffré l'impact de nos choix politiques, par exemple, le choix de mettre des conditions de durée de travail avant de bénéficier de certaines prestations. Eh bien, déjà à l'époque, c'était 20 milliards d'économies par an. Et je ne parle même pas des pertes de PIB liées à l'arrivée sur notre sol chaque année de 500 000 étrangers. L'égo, peu ou pas qualifié, dont seulement 10% de travail, mais qu'il faut loger, instruire, former, soigner et pour beaucoup, soutenir financièrement. C'est cet argent qu'il faut aller chercher, pas celui des Français. Deuxième tabou, les dépenses publiques toxiques.
Mais nous avons là aussi présenté un contre-budget précis et chiffré, identifiant 4 milliards d'économies à réaliser rapidement sur les innombrables agences et opérateurs de l'État. Nous avons aussi demandé que soit mis un terme au déversement d'argent public sur les énergies intermittentes, solaires et éoliennes, avec 6 milliards versés cette année et 8 milliards de prévus l'an prochain. C'est cet argent qu'il faut aller chercher, pas celui des Français. Troisième tabou, notre contribution à l'Union européenne. En 8 ans, la contribution nette de la France a été multipliée par plus de 3, dépassant les 10 milliards d'euros.
Et ils veulent encore augmenter notre versement à Bruxelles de 6 milliards en 2026 et encore de 3 de plus en 2027. Mais personne n'a sérieusement envisagé la possibilité de suspendre cette hausse. Même devant les trahisons et échecs de Mme von der Leyen, du Mercosur à l'accord commercial scélérat, conclu pendant l'été avec les États-Unis, personne n'a songé à mobiliser ce levier pour d'un même geste, redresser nos comptes et réaffirmer notre souveraineté. L'européisme est devenu une véritable religion et gare à celui qui oserait blasphémer en mettant en cause la rationalité, le sérieux et les résultats de la commission de Mme von der Leyen.
C'est cet argent qu'il faut aller chercher, pas celui des Français. Dernier tabou, la lutte contre les fraudes. Là aussi, nous avons présenté un plan documenté et chiffré permettant de recouvrer plus de 15 milliards d'euros chaque année en sanctionnant enfin le travail dissimulé, la fraude à la TVA, la fraude sociale, les ententes, les fraudes aux importations, notamment alimentaires, et les diverses fraudes commises par les acteurs financiers, commises même parfois avec la complicité de Bercy, comme pour la taxe Koum Koum.
Depuis 8 ans sur ce sujet, absolument rien n'a été réalisé, absolument aucune volonté politique résolue n'a été manifestée, alors que c'est un véritable FBI de la lutte contre la fraude dont aurait besoin notre pays pour arrêter ce vol en bande organisée. C'est cet argent qu'il faut aller chercher, pas celui des Français. Les postes d'économie que je viens d'évoquer représentent plusieurs dizaines de milliards d'euros d'économie chaque année sans avoir pris un euro d'impôt supplémentaire aux Français.
Comment osse-t-il encore dire au peuple dans ce contexte que la seule solution face à toutes ces gabegies, à toutes ces absurdités économiques serait de les faire payer, encore payer, toujours payer ? La vérité, c'est que les Français ne peuvent plus supporter le fardeau des folles des idéologies ou des lâchetés de ceux qui prétendent les gouverner. Car notre déficit et notre dette aujourd'hui, 3 400 milliards d'euros, ne sont rien d'autre que la somme de toutes les lâchetés et de tous les renoncements renoncements de leurs dirigeants des quatre dernières décennies. Et le pire, c'est que pour retarder le moment où le macronisme sera enfin écarté des affaires de l'État, M.
Bayrou et ses amis voulaient faire payer les Français, comme je vous l'ai rappelé, en augmentant les impôts de 20 milliards. Mais pour le coup, c'était la triple peine. Plus d'impôts, encore Bayrou, et toujours Macron. Ce prix, ce prix, les Français refusent de le payer. Et nous refusons qu'ils le paient. L'équation est aussi simple que cela. A force de refuser toute remise en cause du logiciel qui nous a placés dans la crise actuelle, démocratique, économique et budgétaire, ils sont en train de tuer à la fois les contribuables, l'économie, nos institutions et notre démocratie.
Voilà pourquoi Emmanuel Macron et l'ensemble de ceux qui l'ont servi depuis 2017 sont indubitablement les architectes et les artisans de la profonde crise que nous traversons. Voilà pourquoi l'urgence n'est pas de perpétuer par l'abstention ou la complaisance le mandat et les pouvoirs de ce gouvernement. Ce dont la France a besoin, c'est d'être immédiatement remise en mouvement. Si les 18 mois qui nous séparent de la prochaine élection présidentielle devaient être consacrés à la poursuite de ces jeux de posture politiciennes et à la procrastination, ce serait à la fois une folie et un déshonneur sans parler des risques sur la capacité de notre pays à financer ses besoins d'emprunt.
Ce dont notre pays a besoin, c'est d'une alternance pragmatique et déterminée. Maintenant, le Rassemblement national, je le répète encore, est plus que jamais prêt à assumer cette immense et haute responsabilité. Un an d'avance pour l'alternance, voilà une immense chance pour la France. Si notre mouvement incarne aujourd'hui la voie du redressement, c'est précisément parce que ces quatre tabous que j'ai évoqués et qui sont autant de chaînes privant la France de l'élan dont elle a besoin, nous sommes les seuls à être déterminés et préparés à les briser. Ce n'est qu'en les brisant que nous pourrons rétablir la paix fiscale, budgétaire et sociale.
Sans cela, nous serons condamnés chaque année à supporter les coûts drabeaux uniques au choix sur le remboursement des médicaments, l'assurance chômage ou la rémunération du travail. Car en l'État, le modèle économique et budgétaire de la nation n'est tout simplement plus soutenable. C'est à nous qu'il appartiendra de résoudre ce problème qui, à force d'avoir été nié depuis des décennies, est devenu existentiel pour notre pays.
Il y a une certaine logique, vous en conviendrez, à ce qu'en démocratie, le fait de ne pas entendre le peuple, finisse par produire une succession de crises, comme autant de voix qu'on a refusées d'entendre, comme autant de paradoxes que le personnel politique a choisi par un mélange d'incompétence et d'accommodement déraisonnable de laisser irrésolu. Emmanuel Macron a placé la France en situation d'asphyxie démocratique. Il a fait du berceau de la République une post-démocratie. Cette démocratie, ce gouvernement, du peuple, par le peuple, pour le peuple, comme le dit l'article 3, sans doute le plus beau de notre Constitution, nous avons le devoir de les restaurer.
Nous sommes les seuls à pouvoir, je le crois, et même à désirer le faire. Je vois cette perspective comme un immense espoir pour la France et les Français, car les maux de la France sont indéniablement graves, mais leurs remèdes sont parfaitement connus. en faisant de nous le premier groupe politique à l'Assemblée, mes chers compatriotes, vous nous avez fait un honneur. Vous nous avez aussi donné des devoirs. Je les mesure à chaque instant. Il y a trois ans, nous étions six députés. Il y a deux ans, 89. Aujourd'hui, avec notre allié, Éric Ciotti, nous sommes 140.
Les années qui viennent de s'écouler nous ont permis d'acquérir une vision encore plus précise, encore plus étayée des voies et moyens qui nous permettront de redresser la France, des mesures que nous pouvons, dès maintenant, sans attendre la prochaine présidentielle, mettre en œuvre pour commencer cette grande entreprise. Nous avons l'immense chance d'avoir, en la personne de Jordan Bardella, un futur Premier ministre pugnace et talentueux, prêt à prendre la tête de main de notre gouvernement. Nous avons l'immense chance de compter dans nos rangs des dizaines de députés capables, s'il le faut demain, d'appliquer en tant que ministre les textes qu'ils ont élaborés au Parlement.
Nous avons l'immense chance d'avoir avec nous la force, la créativité et l'énergie du peuple de France. Vous êtes, mes chers compatriotes, nos millions d'espoirs. Et ces millions d'espoirs, nous continuerons à tout faire pour nous en montrer dignes. Le 8 septembre, au soir, demain, le président de la République devra tirer les conséquences du vote des députés. Il m'apparaît aujourd'hui inenvisageable qu'à tout le moins, il ne rappelle les Français aux urnes pour désigner une nouvelle assemblée. La décision lui appartient.
Mais si le président décide de gagner du temps et de nommer un nouveau Premier ministre, il faut que ce dernier ait bien conscience que nous resterons inlassablement les avocats des intérêts de la France et des Français. sans prise en compte de ses aspirations, il sera lui aussi censuré. Nous connaîtrons très certainement le même jeu de posture qu'en juillet 2024, de nouveau, ils tenteront de s'entendre, de se coopter, de museler la démocratie. J'ai trop d'expérience politique pour les croire capables d'autre chose.
Mais j'ai trop d'expérience politique et trop de foi dans le peuple de France pour penser que vous pourriez aujourd'hui ne pas surmonter les barrières qu'ils tenteront de mettre en travers du chemin de redressement que vous désirez pour notre pays. Aussi, mes chers compatriotes, je suis prête à me remettre avec tous nos députés, avec tous nos candidats entre vos mains. Si le peuple est à nouveau appelé aux urnes, il sera l'arbitre et le juge de paix qui permettra à la nation de retrouver espoir et confiance. C'est à vous qu'il appartiendra de lancer l'alternance dont la France a besoin.
C'est à vous qu'il appartiendra de donner à notre majorité, à notre pays, pardon, la majorité patriote qui l'attend depuis de si longues années. C'est à vous qu'il appartiendra de relever les drapeaux de la démocratie, de la République et de la souveraineté qui ont été foulés au pied par l'ensemble du système politique français avec tant de cynisme et de désinvolture. C'est vous qui pourrez faire cela demain avec nous car vous en avez comme nous, avec nous, le courage et la détermination. Ensemble, nous le ferons. Mes chers compatriotes, plus que jamais, que la France, son peuple et sa liberté soient nos boussoles dans les semaines et les mois qui s'annoncent.
ce sera la clé demain de nos plus belles victoires. Gardons les yeux fixés sur l'avenir et sur nos immenses possibilités. Chers compatriotes, au lait cœur, nous avons un pays à rebâtir. Les prochaines semaines, les prochains mois seront décisifs. Je compte sur vous et vous pouvez compter sur nos députés, sur Jordan, sur moi-même, sans faille et sans faiblesse jusqu'à la victoire. Vive la République ! Vive la France !
Marine Le Pen