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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 19 septembre 2017 7 minContradictoireActualité / polémiqueLogementÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Cédric Van Styvendael (Housing Europe) : "Le ministre du budget veut faire les poches du mouvement HLM"

Au micro : Jean LémarieSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:38OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qui permettrait à l'État de compenser la baisse des APL ?

  • 0:44FerméeÉludée

    Allez-vous baisser les loyers HLM ?

  • 1:14RelanceRéponse partielle

    Pourquoi fragiliser les ménages plutôt que les HLM ?

  • 2:09OuverteRéponse directe

    Combien avez-vous à perdre dans cette histoire ?

  • 3:11OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça menace directement ?

  • 5:01FerméeRéponse directe

    Le gouvernement est convaincu que vous avez les moyens de faire un effort. Combien avez-vous dans vos caisses ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00InvitéChiffre
    « Il me manque entre 1,5 milliard et 2 milliards d'euros et je vais essayer de le prendre sur les APL. »
  • 2:18InvitéChiffre
    « nous, on a à perdre aux environs, c'est ce qui est annoncé par le gouvernement, de l'ordre de 2 milliards, entre 1,5 milliard et 2 milliards. »
  • 3:26InvitéChiffre
    « On parle de supprimer 80% de cette capacité d'investissement, soit dans la production de logements, soit dans la réhabilitation. »
  • 4:20InvitéFait
    « C'est exactement ce qu'a fait Thatcher il y a 30 ans. Right to buy, donc on permet à tous les locataires d'acheter. »
  • 4:30InvitéChiffre
    « On diminue en 15 ans de 75% le stock de logements sociaux. »
  • 4:57InvitéChiffre
    « 33 000 logements produits en 2010 en Angleterre. Cette année, 960. »
  • 5:17InvitéChiffre
    « Cette trésorerie, aujourd'hui, elle est estimée aux alentours de 5 à 7 mois de fonctionnement. »
  • 5:39InvitéChiffre
    « notre encours actuel, c'est 140 à 150 milliards d'euros. »

Temps de parole

  • Invité78 %
  • Invité 219 %
  • Présentateur3 %

3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Présentateur

La veille des annonces du gouvernement sur le logement. Votre invité Jean-Lémarie est une figure du logement social.

0:16
Invité

Bonsoir Cédric Van Stivendel. Bonsoir. Vous présidez Housing Europe, la fédération européenne du logement social. C'est 23 millions de logements dans plus de 20 pays en Europe. Demain, le gouvernement va donc dévoiler sa stratégie, son plan pour le logement. Et on sait déjà qu'il veut vous mettre à la diète, vous les organismes HLM. Pour résumer, il veut vous pousser, même vous forcer à baisser les loyers. Qu'est-ce qui permettrait à l'État de couper et donc de compenser la baisse des APL, les fameuses aides au logement ? Allez-vous baisser les loyers HLM ? Alors, écoutez, pour l'instant, on est dans une pratique de la négociation qui nous surprend beaucoup.

Donc, il ne s'agit pas ce soir de prendre des engagements sur est-ce qu'on va baisser ou pas les loyers. On entend un gouvernement qui nous dit, j'ai un problème de budget. Il me manque entre 1,5 milliard et 2 milliards d'euros et je vais essayer de le prendre sur les APL. Le problème, c'est que s'il le prend sur les APL, on va se retrouver avec des ménages qui sont déjà extrêmement fragilisés, qui vont l'être encore plus. Pourquoi ? C'est peut-être vous qui allez être fragilisé et pas ces ménages ? Pour l'instant, on parle de diminuer les APL. On ne parle pas encore de diminuer les loyers. Diminuer les loyers, ça suppose une loi, ça suppose des mesures législatives.

Donc, moi, j'attends de voir comment le gouvernement va être capable de proposer ça. Pour l'instant, on nous dit qu'il va falloir faire des remises sur quittances. Vous voyez, si on pouvait baisser les loyers, je suis certain que peut-être qu'il s'attaquerait également aux loyers du privé. Or, c'est extrêmement difficile. Donc, pour l'instant, il se retourne vers le monde du logement social. Sur un jeu de dupe, y compris pour les locataires, puisque ça ne va avoir aucun impact sur leur vie quotidienne, sur leur pouvoir d'achat, sur leur reste à vivre, ça va être une mesure neutre, transparente. Simplement, ce sera un très bon exercice budgétaire pour le gouvernement actuel.

Et c'est ce qui nous paraît aujourd'hui extrêmement inquiétant. Bien sûr, on doit être ministre du budget, mais on est aussi ministre des Français et aussi des Français les plus fragiles dans notre pays aujourd'hui. Combien avez-vous à perdre dans cette histoire, vous, les organismes HLM, Cédric Van Stievendel ? Écoutez, nous, on a à perdre aux environs, c'est ce qui est annoncé par le gouvernement, de l'ordre de 2 milliards, entre 1,5 milliard et 2 milliards. Déjà, de manipuler des sommes comme ça en 15 jours, sans qu'on sache très bien quels sont les tenants et les aboutissants, c'est colossal. Les discussions de cet été, c'est quand même assez drôle.

Généralement, le gouvernement, il commence par annoncer des sommes très très importantes pour voir un petit peu comment l'opinion publique réagit. Puis ensuite, il revient à des mesures un peu plus raisonnables. Là, on nous annonce à l'été, moins 5 euros sur les APL. Il y a un coup de rabot, quoi. Et là, on est passé à 50 ou à 60. Ce n'est plus un coup de rabot, c'est un coup de sabot qu'on nous met au niveau du monde du logement social. Et donc, on a 2 milliards à perdre. Et ce n'est pas 2 milliards juste une année.

C'est chaque année que l'exercice va se renouveler, puisque ces baisses de loyers qu'on va nous demander de les faire, on va les retrouver dans nos exercices financiers chaque année. Donc, ce sont des sommes considérables qui vont nous empêcher de faire correctement notre travail. Alors, c'est ça que je voudrais comprendre. Qu'est-ce que ça menace directement ? Ce que ça menace directement, c'est notre capacité à réinvestir les résultats de notre exploitation annuelle, la différence entre les loyers et ce que l'on dépense. Cette différence, aujourd'hui, elle ne rémunère pas l'actionnaire. Elle est réinvestie dans la production ou dans l'entretien du patrimoine.

Et aujourd'hui, on parle de supprimer 80% de cette capacité d'investissement, soit dans la production de logements, soit dans la réhabilitation. C'est colossal. Il n'y a pas de mesure, quoi, si vous voulez. On ne dit pas comment est-ce qu'on va faire pour optimiser les plans de financement des opérations, pour continuer à développer avec des nouvelles ingénieries financières. Non, non, on y va très brutalement, sans avoir de mesures en face qui viennent compenser. L'État nous parle de... Ce n'est pas ce que dit l'État. L'État dit que vous pourrez emprunter plus facilement, donc pour continuer à développer vos programmes.

Il dit également que c'est peut-être l'occasion pour vous de vendre davantage de logements HLM à leurs occupants. Il veut vous stimuler, finalement, là. Alors, il veut nous stimuler, mais c'est un gouvernement qui se prête en jaune et qui mobilise de vieilles idées. On a fait ça il y a 30 ans au Royaume-Uni. Je suis président de la Ousine Europe, donc je suis avec beaucoup d'attention. Vous avez un regard européen sur le secteur. Oui, alors pas forcément le meilleur, etc., mais j'ai quand même un regard. C'est exactement ce qu'a fait Thatcher il y a 30 ans. Right to buy, donc on permet à tous les locataires d'acheter. On diminue en 15 ans de 75% le stock de logements sociaux.

Dans le même temps, on diminue les subventions au monde du logement social en matière de production. Donc, fragilisation des opérateurs, report de la production uniquement sur un tissu associatif fragile qui n'a pas su répondre au développement du Royaume-Uni et de l'Angleterre. Et je vais très vite parce qu'on a peu de temps. Aujourd'hui, 2010 en Angleterre, on baisse les aides à la personne. On les refonde. Qu'est-ce qui se passe ? 33 000 logements produits en 2010 en Angleterre. Cette année, 960. Cédric Van Stievendel, le gouvernement est convaincu que vous avez les moyens de faire un effort. Il est allé regarder dans vos comptes.

Combien avez-vous dans vos caisses, vous, le mouvement H&M ? Écoutez, on a une espèce de mythe sur la trésorerie du monde du logement social. Cette trésorerie, aujourd'hui, elle est estimée aux alentours de 5 à 7 mois de fonctionnement. D'accord ? 5 à 7 mois de fonctionnement, cette trésorerie, ce n'est pas simplement notre argent. C'est aussi celui des locataires et c'est notamment l'ensemble des dépôts de garantie. Par ailleurs, on a des mesures de sécurité bancaire qui font que, pour anticiper une remontée des taux, notre encours actuel, c'est 140 à 150 milliards d'euros. Une grosse partie de cette DEX est indexée sur l'inflation et sur les évolutions de l'environnement financier.

Donc, on est aujourd'hui sur des taux extrêmement bas. Moi, j'ai pris mes fonctions il n'y a pas si longtemps que ça. J'ai pris mes fonctions en 2009. On empruntait à 4%. Aujourd'hui, on emprunte à 1, 1,5%. On est obligé d'anticiper des variations importantes de mouvements financiers. Donc, vous dites qu'on n'est pas si riches que ça. C'est ça que vous nous dites ce soir. Je ne dis pas qu'on n'est pas si riches. Je dis qu'effectivement... Parce qu'il y a l'idée qu'il y a un trésor caché du mouvement HLM. C'est ça qui est derrière. On peut sembler comme étant un secteur sur lequel il y a des possibilités d'optimisation financière. On est prêt à les discuter.

On n'est pas prêt à se faire faire les poches par le ministre du Budget. Cet argent, c'est aussi celui des locataires. Nous, on interpelle les pouvoirs publics en disant est-ce qu'on peut se remettre tous autour de la table ? Bercy, mais aussi le ministre de la Coalition des Territoires. Parce que dans 5 ans, quand il faudra faire le bilan et qu'on n'aura plus produit de logements sociaux, qu'on n'aura pas réhabilité, qu'on n'aura pas répondu aux défis de la consommation énergétique, ce sera l'ensemble de ces ministres qui seront responsables et pas uniquement celui du budget. Cédric Van Stivendel, président de Housing Europe, invité de l'Interview ECO. Merci à vous.

6:46
Présentateur

Merci. Et merci Jean-Lémarie, l'Interview ECO à retrouver sur FranceInfo.fr. Merci.