L'interview politique d'Anne Hidalgo
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, merci beaucoup d'être ce matin sur LCI. Merci à vous, merci Elisabeth Martichoux. Vous êtes précisément candidate dans le 11e arrondissement pour être élue ensuite maire de Paris. Donc, prolongez votre mandat. Il se trouve qu'en pleine campagne municipale survient cet enjeu de santé publique majeur, la lutte contre le coronavirus. Le gouvernement agit, on l'entend tous les jours, mais le rôle des maires est important. C'est ce qu'a martelé l'ancienne ministre et candidate à Paris également, Agnès Buzyn, depuis quelques jours.
Alors vous, Anne Hidalgo, comment est-ce que vous accompagnez la population, les parisiens, les parisiennes, dans les crèches, dans les EHPAD, auprès des personnes isolées par exemple, qui sont âgées ? Qu'est-ce que vous faites ?
D'abord, sur une épidémie comme celle qui s'annonce, il y a une organisation militaire qui est mise en place. Le préfet de police est celui qui commande l'ensemble des décisions qui viennent du ministère de la Santé. Le maire, la maire que je suis, participe deux fois par jour à des points de crise avec les autorités sanitaires et le préfet de région. Et évidemment, j'ai aussi mis en place une cellule de crise quotidienne où nous travaillons sur deux grands axes. Le premier, informer la population en relayant tous les messages gouvernementaux vers la population dans nos crèches, nos EHPAD, nos écoles, partout. Vous avez écrit aux parents d'élèves, par exemple, des écoles ? Bien sûr.
Et d'ailleurs, je n'ai pas attendu les décisions qui ont été prises par la suite. Mais j'avais obtenu du ministère de la Santé que l'on puisse effectivement dire et prévenir les parents dont les enfants revenaient des zones à risque qu'ils pouvaient à ce moment-là mettre en place une sorte de quarantaine. En tous les cas, on a écrit, on a prévenu, on a réuni absolument toutes nos équipes parce que c'est vrai que le rôle d'une mairie, c'est d'être au quotidien dans la vie de chacun des habitants
et depuis la naissance jusqu'au grand âge. Et le grand âge. Les personnes isolées, par exemple, qui sont particulièrement sensibles. Est-ce que vous les repérez ? Est-ce que vous avez la possibilité d'aller les visiter, entre guillemets, pour leur transmettre justement l'information ?
D'abord, ça existe déjà, vous le savez, on a la chance à Paris d'avoir un dispositif très performant auprès de nos aînés qu'on a mis en place d'ailleurs à l'occasion des canicules. Un dispositif qui permet d'activer, d'appeler les personnes à leur domicile. Nous avons un système de portage de repas aussi. Nous avons des lieux pour nos aînés où on peut aussi les réunir. Et évidemment que tous ces lieux sont des lieux de vie qui servent à la fois à l'information, mais aussi à la protection de toutes ces populations. Et je pense bien sûr aux populations les plus fragiles.
Et puis on a un sujet sur lequel évidemment on travaille avec l'État, qui est la question des personnes très précaires, des personnes à la rue, la question des mineurs isolés étrangers, qui est aussi évidemment une préoccupation puisqu'on a une trentaine de jeunes qui arrivent chaque jour à Paris. Et là aussi c'est la ville qui les accueille dans une permanence d'accueil où elle est chargée de vérifier leurs droits, leur situation.
C'est un sujet de préoccupation parce qu'effectivement ce sont des personnes très mobiles. Le musée du Louvre a fermé hier, le personnel a fait valoir son droit de retrait. C'est un musée national. Est-ce que les musées de la ville de Paris, est-ce que vous avez entendu dire que les personnels aussi voudraient suivre cet exemple ou pas ?
Alors on a avec nos personnels fait, mis en place un comité d'hygiène et de sécurité qui s'est réuni la semaine dernière pour regarder tous les sujets. Le Louvre est un des établissements qui accueillent plus de 5000 personnes par jour. Donc la jauge des 5000. C'est juste le musée le plus visité du monde. Voilà, c'est le musée le plus visité au monde, ce qui n'est pas le cas de nos autres musées. On a un sujet, mais qu'on est en train de travailler évidemment avec les partenaires sociaux, qui est la Tour Eiffel, mais la Tour Eiffel n'est pas un lieu confiné. Il y a les ascenseurs, mais disons que c'est un lieu qui est vraiment à l'air libre.
Donc pour l'instant, pas question de fermer par exemple l'accès ? Non, mais ce sont des sujets sur lesquels nous travaillons évidemment. Ce que je voulais dire aussi, c'est qu'en fait, les maires prennent les décisions à partir des préconisations aussi qui leur sont données par la Direction Générale de la Santé et relayées par le préfet de zone. Et je pense qu'il faut être très sérieux et très responsable. Très sérieux et très responsable et très honnête aussi. Qu'est-ce que vous voulez dire par là ? C'est-à-dire que dans la période de crise dans laquelle nous entrons, chacun doit être à sa place et ne pas se substituer aux autres.
J'ai entendu des propos qui m'ont un peu choquée de Mme Buzyn expliquant que si elle était maire, elle saurait quoi faire. On en est très heureux.
Je pense que si elle avait... Alors elle disait, moi j'étais ministre de la Santé, je sais gérer des crises. Oui. J'ai entendu, tout le monde n'a pas cette expérience. J'ai celle-là. Je peux m'en prévaloir.
Je sais la faire. Peut-être qu'elle est mal à l'aise parce qu'elle n'est plus dans la position qui lui permettrait de gérer cette crise. Mais je pense qu'il faut ne pas faire de politique politicienne sur cette question du coronavirus. Nous sommes dans une organisation qui est dictée par le niveau national. La direction générale de la Santé, par bien sûr le ministre de la Santé. Et en dessous, ce sont les préfets de zone qui coordonnent et qui organisent avec l'appui des maires qui sont en première ligne de front avec des services municipaux et vis-à-vis de l'information que l'on donne mais aussi de la protection des populations plus fragiles.
Donc ce que vous voulez dire, c'est que le maire, même le maire de Paris, n'est pas décisionnaire, ne peut pas prendre des décisions tout seul. En tous les cas, ce serait dangereux.
Ce serait très dangereux si le maire de Paris s'amusait à prendre des décisions tout seul sans en référer à cette chaîne de commandement. Vous savez, j'ai vécu beaucoup d'épreuves dans ce mandat de maire. J'ai vécu les attentats et je sais à quel point l'unité de commandement et la relation très forte qui doit exister entre l'État et la maire de Paris doit être quelque chose qui ne suppose pas qu'il y ait la moindre feuille de papier à cigarette qui vienne se glisser là-dedans. Je sais que c'est crucial, cette unité de commandement, ce respect du rôle de chacun pour prendre les bonnes décisions et protéger les populations.
Et moi, la seule chose qui m'importe, c'est de protéger les Parisiennes et les Parisiens.
Pas de polémique et vous vous rappelez au passage que vous avez l'expérience requise en cas de crise, contrairement à ce que...
Là, j'en ai vécu un certain nombre.
Juste une question, tiens, le semi-marathon de Paris a été annulé. C'est vrai qu'il y en a beaucoup qui l'ont regretté. Annulé ou reporté ?
Annulé, mais on verra après combien de temps la crise sanitaire va durer. J'espère qu'on pourra le refaire, mais vous savez, ce sont des grandes organisations. Pourquoi il a été annulé ? Il n'est pas un milieu confiné, mais il y a beaucoup, beaucoup d'internationaux qui viennent. Et donc, c'est la dimension internationale qui a prévalu sur le semi-marathon.
Donc, le report n'est pas évident à ce stade. Confiner les transports, et surtout le métro, les bus aussi un peu, forcément, mais surtout le métro. C'est un sujet d'inquiétude aujourd'hui pour tous ceux qui le fréquentent.
Oui, d'ailleurs, c'est un sujet que j'ai vraiment posé tout de suite dans les réunions que nous avons eues avec le préfet, les préfets et l'Agence régionale de santé. Et je pense qu'il faut rassurer et très vite avoir une doctrine. Nous ne sommes pas encore dans la phase où l'épidémie se propage complètement. On n'est pas au stade 2, pas au stade 3. On n'est pas encore au stade 3. Mais je pense qu'évidemment, c'est vrai que le métro, les transports en commun, ce sont des lieux confinés. Il faut bien sûr prendre toutes les précautions.
Je le redis, c'est vrai qu'en se lavant les mains, en étant vraiment très précautionneux dans les contacts que l'on peut avoir pour ce qui est des opérateurs, et je pense à la RATP, en mettant en place un nettoyage vraiment très, très strict en permanence, les barres pour s'accrocher, etc. On peut bloquer, on peut freiner la propagation du virus. Nous ne sommes pas encore dans la phase 3. Mais évidemment, j'imagine, et on en discutera avec les autorités nationales et le préfet de zone, la question des transports en commun se posera. Mais regardons ce qui s'est passé en Italie. Le fait d'avoir fermé les transports en commun n'a pas freiné la progression du virus.
Et par ailleurs, les remettre en fonctionnement est quelque chose de très difficile une fois que vous les avez arrêtés. Donc ce sont vraiment des décisions qu'il faut prendre, mesurer avec beaucoup, beaucoup de sérieux et de responsabilités.
Anne Hidalgo, on va parler de la campagne. Elle est impactée, d'ailleurs. Bon, vous pouvez, vous ne serrez plus les mains. Voilà, c'est ça.
Et on donne l'exemple parce que je pense que, je le dis aux Parisiens, j'étais sur les marchés hier et je leur disais combien je regrettais de ne pouvoir leur serrer la main ou de les embrasser. Mais je pense qu'il faut qu'on soit tous responsables et qu'on donne l'exemple. Donc c'est une drôle de campagne de ce point de vue parce que c'est vrai qu'une campagne, les 15 derniers jours dans lesquels nous sommes, c'est une vraie ligne droite dans laquelle il y a un impact très fort de cette crise du coronavirus.
Oui, et on ne sait pas comment ça va évoluer. Pour l'instant, stade 2 et on en est là des premières précautions. Vous n'annoncez pas davantage pour Paris à ce stade.
Non, nous travaillons vraiment à la protection des populations. Vous savez, je peux dire aux Parisiens qu'ils ont la chance d'avoir un service public avec des gens très, très dévoués, avec des personnels extraordinaires. Nous avons aussi beaucoup, beaucoup de gens qui viennent au chevet des plus fragiles, je pense notamment nos aînés. Nous avons des services à domicile.
Anne Hidalgo, on vous a entendu sur ce point. Je voudrais qu'on parle de la campagne parce que c'est aussi très important l'élection des maires des grandes villes, notamment Paris. Paris est en dépôt de bilan. Je ne sais pas à quoi correspond cette phrase qui n'a aucun sens.
C'est Agnès Buzyn qui l'a dit. Écoutez, je...
Paris est en dépôt de bilan. Je pense... 6 milliards de dettes et l'accusation de faire encore un milliard de dépenses non financières à ce stade.
Qu'est-ce que vous vous demandez ? Madame Buzyn vient d'un gouvernement qui, je crois, a laissé filer la dette, les dépenses publiques, tout en ne maintenant pas d'ailleurs le service public au niveau auquel on pourrait s'y attendre. « Regardons ce qui se passe dans les hôpitaux publics. Regardons la situation des hôpitaux publics. » Je pense que, voilà, peut-être est-elle pas très bien placée pour donner des leçons en matière de bonne gestion. Une chose est sûre, c'est que ce mot-là n'existe pas. Il ne correspond à rien. Donc, soyons sérieux, honnêtes et responsables. Ce sont trois mots qui comptent beaucoup pour moi, y compris dans le débat. Alors, pas de...
Les collectivités territoriales, vous savez, sont soumises à une double règle d'or. Elles ne peuvent pas présenter des budgets en déficit, contrairement à l'État. Et la deuxième règle d'or des collectivités territoriales, c'est qu'elles ne peuvent pas emprunter, si ce n'est pour investir. Elles ne peuvent pas emprunter, par exemple, pour payer les salaires des fonctionnaires. Donc, il y a ces deux règles d'or qui sont posées. Et Paris est une ville très bien gérée. Endettée ? Très bien gérée. Je viens sur la dette dans un instant. Très bien gérée. Qui est reconnue d'ailleurs par toutes les agences de notation.
Qui est même reconnue par le gouvernement, puisque nous sommes une des villes qui a contractualisé avec le gouvernement sur sa bonne gestion. Et parce que nous sommes dans une perspective de désendettement de la ville, qui est bien inférieure à ce qui est imposé par l'État aux collectivités. Alors, pardon. Endettée, 6 milliards d'euros. L'État impose aux collectivités d'avoir 12 ans maximum de désendettement. Nous sommes à moins de 9 années de désendettement. Qu'est-ce que nous avons fait pendant mon mandat ? Premièrement, nous n'avons pas augmenté les impôts. Engagement que j'ai pris auprès des Parisiens, que je tiens.
Vous avez augmenté les droits de mutation ? Non, non, non, pas du tout.
Nous n'avons pas augmenté les impôts, si je parle de la taxe d'habitation et la taxe foncière. Évidemment qu'il y a des recettes qui font vivre la ville. Et ces recettes-là ont été dynamiques. Nous n'avons pas augmenté les frais de fonctionnement de la ville. Nous avons augmenté de 0,5% sur toute la durée de mon mandat les frais de fonctionnement de la ville.
Rachida Dati dit hier, les frais de fonctionnement, il y a de l'opacité. Je ferai un audit. On ne sait pas du tout ce que dérange la maire.
Vous savez, vu le nombre de contrôles de la Chambre régionale des comptes que nous avons eus, il n'y a vraiment aucune opacité. Donc nous n'avons augmenté que de 0,5% sur toute la durée du mandat les frais de fonctionnement de la ville. Deuxièmement, nous étions à un moment où il fallait investir. Et j'assume l'investissement. J'assume de l'investissement pour faire des crèches, pour faire des écoles, pour faire des gymnases, pour faire un nouveau musée, pour faire du logement social, 40 000 logements sociaux. Vous assumez d'avoir augmenté la dette pour investir ? Oui, je l'assume surtout à un moment, Mme Martichoux, où l'argent était peu cher sur les marchés.
Et je pense que c'était de bonne gestion de pouvoir emprunter. De façon raisonnable, parce que je vais vous donner ce chiffre-là, nous avons autofinancé, c'est-à-dire sans recours à l'emprunt, autofinancé 76% de notre investissement à Paris. Nous avons bien géré. C'est une ville qui aujourd'hui a une vraie dynamique.
Vous prévoyez combien d'investissements sur la prochaine mandature ?
Je vais présenter tout à l'heure le plan d'investissement. Nous serons autour de 8 milliards d'investissements sur la prochaine mandature. Nous étions à environ 10 milliards. Et exclusivement financés par de l'autofinancement. Nous allons continuer à investir sur la transition écologique, sur la solidarité. Des économies, nous en avons fait beaucoup, mais pas de façon, je dirais, pas le coup de rabot que certains voudraient toujours faire. Nous avons fait beaucoup d'économies. Vous savez, 0,5% d'augmentation des frais de fonctionnement d'une ville comme la nôtre, alors que nous avons été très impactés par la baisse des dotations de l'État.
Nous avons eu, en fait, sur toute cette mandature, pour donner les grands chiffres, 8 milliards le budget annuel de la ville de Paris, environ 10 milliards d'investissements de la ville de Paris sur cette mandature. Et nous avons... Donc, vous nous annoncez 8 milliards d'investissements pour votre prochain mandature. Nous avons eu 4 milliards de moins de dotation de l'État ou de ponction de l'État. Et je peux vous dire que gérer comme nous l'avons fait, avec un service public que nous n'avons pas dégradé, que nous avons soutenu, maintenu, parce que nous avons continué à faire attention aux Parisiens. Je pense aux classes moyennes et je pense aux plus fragiles. Nous avons une bonne gestion.
Nous en sommes fiers et nous l'assumons.
Alors, quelques questions, pardon, des réponses extrêmement claires pour des sujets très compliqués. Vous aviez dit en 2014, au lendemain de votre élection, la priorité, ma priorité, c'est le logement. Le prix du logement a flambé. 250 000 personnes sont en attente de logement social. Oui ou non, vous allez pouvoir, dans les 6 ans à venir, faire baisser les prix du logement à Paris. Il y a un article des Echos encore ce matin. 11 000 euros le mètre carré moyen à Paris.
D'abord, ça, c'est sur le marché. Est-ce que vous serez en mesure de le faire ? Oui, avec différents outils. D'abord, ça, c'est sur le marché privé. Nous avons financé et construit 40 000 logements sociaux sur ces 6 dernières années. Ça veut dire qu'en tout, à Paris, il y a 550 000 personnes qui vivent à Paris parce qu'elles ont un logement, un prix abordable. C'est ça, la définition du logement social. Qu'est-ce qu'on va faire ? Encadrement des loyers. Encadrement des loyers. Oui, vous maintenez. Évidemment qu'il faut le maintenir. Ensuite, nous mettons en place une structure... Ça n'a pas empêché la flambée des prix. Pas du tout. Il y a une augmentation de 34 %.
Quand il a été mis en place, il a freiné. Vous savez que ça a été annulé, supprimé, puis revenu. Donc, quand c'est en place, ça marche. Donc, nous le maintenons. Ensuite, une société immobilière, public-privé, que la ville va capitaliser avec 1 milliard. On va chercher en tout 3 milliards du public, 3 milliards du privé. Avec cela, nous allons lever 20 milliards d'euros pour créer du logement pour les classes moyennes, c'est-à-dire du logement à louer avec des prix inférieurs de 20 % au prix du marché. Et puis, un autre élément qui pèse sur le prix de l'immobilier, Airbnb, évidemment qu'il faut une régulation de Airbnb si on veut faire baisser les prix du logement à Paris.
On y reviendra mercredi soir au cours du débat. Vous aurez l'occasion. Encore deux questions. Rachida Dati vous passe devant. Deux sondages confirment qu'elle est à 25 et vous à 24. Cette dynamique Dati, vous la regardez, vous la voyez passer devant vous. Moi, je regarde évidemment ce qui se passe.
Je regarde ce qui se passe dans cette campagne.
Est-ce que vous vous sentez déstabilisée par ces sondages ?
Je regarde les sondages pour ce qu'ils donnent comme indication. Et puis surtout, je propose un projet aux Parisiens. Je leur dis que dans ce projet, il y a, c'est vrai, résolument... Comment vous expliquez cette dynamique Dati ? Je vais vous le dire. Je pense qu'il y a une envie, en tous les cas chez beaucoup de Parisiens, de ne pas s'arrêter sur ce chemin-là. Nous avons engagé la transition écologique énergétique. On n'en a pas parlé dans votre émission ce matin. Pourtant, c'est quand même un sujet crucial. Ce que nous faisons aujourd'hui, c'est pour que nos enfants puissent vivre demain, vivre mieux, mieux respirer dans la ville.
Il faut continuer, pas de retour en arrière possible là-dessus. Je souhaite une ville mixte, une ville dans laquelle les classes moyennes aient leur place, les catégories populaires aussi, pas de retour en arrière possible là-dessus. Et je pense que les Parisiens auront à se déterminer par rapport à ces deux projets qui sont... Je pense que dans ce que Rachida Dati est en train de dire, il y a quand même des sujets d'inquiétude pour beaucoup de Parisiens. Il y a aussi un sujet d'inquiétude de voir qu'elle est soutenue par toute la famille Le Pen. Et ça, c'est pas... Ça, c'est Jean-Marie Le Pen qui lui a dit. Ça, c'est pas l'histoire de Paris, ça.
Par ailleurs, il y a un candidat à tremblement national. C'est Jean-Marie Le Pen qui a dit qu'il voterait Dati.
Absolument. Ça vous choque ? Ça ne m'a pas échappé. Ça veut dire qu'il y a dans ce projet-là quelque chose qui ne ressemble pas, qui n'est pas dans l'histoire de Paris. Paris est une ville qui est une ville ouverte au monde. Bien sûr, c'est une ville qui a subi beaucoup d'épreuves, qui doit se relever en permanence. Mais surtout, attention au piège de ce retour en arrière. Quand on entend parfois certains populistes, on a l'impression que demain, on vivra mieux avec eux. Regardez ce qui se passe partout sur la planète. Partout où les populistes passent, on ne vit pas mieux.
C'est la démocratie qui régresse. Rachida Dati, la candidate souhaitée par Jean-Marie Le Pen, et la candidate de la réaction. Encore un mot, Anne Hidalgo. C'est ce que vous dites. C'est vous qui l'interprétiez. Je traduis votre pensée, plutôt votre expression sur LCI ce matin. Le gouvernement a recours au 49.3, l'article 49.3, pour faire adopter sa réforme des retraites. Un mot du timing et du principe ? C'est extrêmement dangereux.
C'est incompréhensible. Le pays a besoin d'apaisement. Le pays a besoin de dialogue. Et on en sait quelque chose à Paris, parce que toutes les semaines, depuis plus d'un an, nous avons des manifestations qui impactent la tranquillité de notre ville, qui impactent la qualité de vie des Parisiennes et des Parisiens, et qui impactent l'économie de Paris. On a besoin d'apaisement. Le 49.3 est vraiment une mesure qui n'apaise pas, qui va reprovoquer de la colère, reprovoquer des manifestations, alors que le dialogue est indispensable. Le 49.3 n'est pas un outil... Je ne suis pas parlementaire et je ne suis pas dans ce débat-là.
Mais le 49.3 n'est pas un outil qui permet à la démocratie et à la République de se conforter. C'est un outil qu'on utilise quand on n'a pas de majorité. Ce n'est pas un outil qu'il faut utiliser quand il y a encore de l'espace de dialogue. Je vais vous dire, le 49.3 n'existe pas dans les municipalités. J'en suis particulièrement heureuse.
Merci Anne Hidalgo d'avoir été ce matin sur le plateau d'LCI. C'est à vous Pascal.
Anne Hidalgo