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interviewPublic Sénat· 8 juillet 2026 21 min

Aleksandar Nikolic : "C'est une cabale judiciaire contre le RN" - Vidéo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Invité

Marine Le Pen a donc fait le choix d'être candidate à l'élection présidentielle 2027 malgré sa condamnation en appel pour détournement de fonds publics. Elle se pourvoit en cassation, ce qui suspend sa peine et elle ne portera pas de bracelet électronique pendant la campagne présidentielle. Alors est-ce un pourvoi pour conquérir le pouvoir ? C'est la question qu'on va poser au porte-parole du Rassemblement National, Alexandre Nicolich. Bonjour. Bonjour à vous. Vous êtes également eurodéputé. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse quotidienne régionale qui est représentée aujourd'hui par Fabrice Vessard-Redon. Bonjour Fabrice. Bonjour Alex.

Rédacteur en chef du bureau parisien du groupe Ebra, c'est-à-dire tous les journaux de l'Est de la France. Alexandre Nicolich, est-ce que c'est une faute morale de Marine Le Pen de se présenter à l'élection présidentielle malgré cette double condamnation ?

0:56
Aleksandar Nikolic

Alors juste si on rappelle les faits, il s'agit d'une différence de point de vue sur l'utilisation de collaborateurs. Il y avait une enveloppe qui était destinée à des députés pour embaucher des collaborateurs. C'est ce que moi, en tant que député européen, je peux vivre. Et là, ce qui est reproché aux collaborateurs, c'est d'avoir parfois fait du travail national alors que pour le Parlement européen, les collaborateurs ne doivent faire que du travail européen. Travail parlementaire.

Donc quoi qu'il arrive, il n'y a pas eu, contrairement à ce que certains peuvent dire, effectivement d'enrichissement personnel, Marine Le Pen n'a pas pris un centime dans cette affaire, ou d'emplois fictifs, ses collaborateurs ont travaillé. Après, elle est donc... Maintenant, la cassation va juger et le temps de la procédure, évidemment, Marine Le Pen redevient innocente. C'est ce qu'il faut aussi préciser. Donc, on a vu que les peines sont plus minimes que les réquisitions et que ce qui avait été décidé en première instance. Ça montre aussi que notre défense, eh bien, montre que les éléments, les accusations se démontent les uns après les autres.

Mais quand même, Marine Le Pen a souvent...

2:06
Invité

– Marine Le Pen, justement, politiquement, a souvent défendu la probité des élus. Une justice ferme, exemplaire, quand on a été condamné en première instance en appel pour détournement de fonds publics, comment on peut se présenter au suffrage des Français ?

2:19
Aleksandar Nikolic

– C'est ce que je vous dis. Marine Le Pen a toujours dit que quand on vole de l'argent, et là, en l'occurrence, je le répète, il n'y a pas d'enrichissement personnel, pas d'emploi fictif. Après, ce sont des débats... – Non, mais il y a un vol d'argent public selon la justice, selon la Cour d'appel. – C'est ce que je vous répète. Déjà, elle est présumée innocente tant que la Cour de cassation n'aura pas jugé. Mais ce que je vous répète...

2:41
Invité

– Alors, le pourvoi va être déposé.

2:42
Aleksandar Nikolic

– Ce que je vous répète, c'est qu'il n'y a pas eu d'argent qui a été volé. Cet argent a été destiné à des députés européens qui devaient embaucher les collaborateurs. La différence, elle est sur le point de vue du travail que devaient faire ces collaborateurs. – Alors, la justice estime que l'argent du Parlement européen a été détourné. – Maintenant, juste, si vous permettez, voilà, on a beaucoup parlé de cette affaire. On parle encore, évidemment, depuis hier soir, évidemment, et c'est normal, puisque Marine Le Pen s'est annoncée candidate, et on parle justement de cette décision judiciaire. Mais je pense que...

3:18
Invité

– Et on va en parler pendant toute la campagne présidentielle, sans doute, de cette affaire ?

3:21
Aleksandar Nikolic

– Non, j'espère surtout qu'on va parler de fond et qu'on va parler de ce qui intéresse les gens. Enfin, vous savez, il y a 77% des Français qui pensent que l'avenir sera moins bien que le présent. Il y a eu 33 pays qui ont été testés. On est le peuple, malheureusement, qui est le plus pessimiste. Ça, c'est la conséquence de politiques, de choix, qui font que les Français ont le sentiment, à juste titre, de vivre un déclin sur beaucoup de sujets. Donc, ça va être important, justement, que cette campagne aille sur le fond, parce que ce serait...

Notre victoire serait un grand changement, une évolution positive, une renaissance dans l'histoire de la France contemporaine, qui serait très importante.

3:59
Invité

– Et justement, Marine Le Pen l'a dit hier sur le plateau de TF1, les Français auront le dernier mot. Ça veut dire que c'est aux Français de trancher cette affaire au final ?

4:05
Aleksandar Nikolic

– Mais maintenant, c'est très clair. Oui, maintenant, les Français pourront voter pour la candidate qui est favorite à l'élection présidentielle, qui forme un duo complémentaire avec Jean-Anne Marder, et ils pourront choisir ce qu'ils souhaitent pour le futur sur le fond. Et c'est pour ça qu'on fait de la politique, qu'on défend des idées. Je vois que certains vont peut-être essayer d'alimenter cette affaire, parce qu'ils sont disqualifiés sur le fond. François Hollande n'avait pas pu se représenter après son mandat.

Les LR ont participé au gouvernement macroniste et donc sont associés à cet échec sur tous les sujets, sur la sécurité quand on regarde les chiffres globalement, sur le déclin économique, sur la dette qui n'a fait qu'augmenter, sur le déficit public qui bat des records. On a la pire trajectoire économique européenne. Tous ces sujets-là, c'est ce qui concerne les Français, qui les inquiètent.

4:55
Invité

Mais les Français auront le dernier mot ? Ça veut dire que c'est aux Français, finalement, de trancher une affaire judiciaire ?

5:01
Aleksandar Nikolic

Non, les Français auront le dernier mot pour choisir ce qu'ils veulent voir appliquer dans leur vie. Ça fait des années et des années que les Français souhaitent, à 80%, que la justice au moins là, si c'est à 80% qu'on freine grandement l'immigration ou même qu'on fasse un moratoire sur l'immigration dans certaines enquêtes d'opinion, que les Français veulent qu'on baisse les impôts. On est le pays de l'OCDE où la fiscalité est la plus importante. C'est ce qui fait que nos entreprises sont en difficulté. C'est ce qui fait que les classes moyennes souffrent dans ce pays. Sur ces sujets-là, les Français, ils veulent une vraie rupture et donc ils pourront choisir.

Ils pourront choisir enfin un programme et un projet qui correspond à leurs attentes et qui nous attendent depuis des années et des années et qui ne voient pas arriver malgré parfois certaines promesses de certains candidats qui les ont trahis.

5:47
Présentateur

Fabrice ? Moi, je voudrais qu'on parle une seconde, enfin une minute, de ce qui s'est passé après le jugement hier. C'est-à-dire la réunion, la rencontre, Bardella, Le Pen, l'entourage. Vous en viez parti ?

5:59
Aleksandar Nikolic

J'étais pas présent sur le moment. Mais vous vous êtes tenu au courant, j'en doute pas. Je revenais du Parlement, mais oui.

6:05
Présentateur

Tout ça pour décider qu'à 20h, Marine Le Pen annoncerait qu'elle serait candidate à cette élection présidentielle. Vous aviez l'opportunité hier après-midi de choisir entre deux candidats. Vous faites partie des rares parties qui ont un plan A et un plan B. Le plan B, B comme Bardella, est très haut dans les sondages, vous le savez. Qu'est-ce qui a fait que le parti, et Marine Le Pen elle-même, a plutôt choisi la personne qui venait d'être condamnée et qui va devoir faire campagne avec cette affaire, parce qu'elle va durer malgré tout, c'est ce qu'on disait à l'instant, plutôt que celui qui est le plus haut dans les sondages et finalement assez rassembleur.

6:43
Aleksandar Nikolic

On a les deux personnalités qui sont les plus hauts dans les sondages. Jordan Bardella et Marine Le Pen, c'est les deux personnalités politiques qui sont les plus hauts dans les sondages. Ce duo-là… Vous n'aviez pas plus de chance avec Jordan Bardella qu'avec Marine Le Pen ? On a remporté beaucoup d'élections successives, même si on avait gagné les européennes, et assez largement, des scores qu'on n'avait pas vus depuis des dizaines d'années. Sur les élections législatives, une union qui ne correspondait pas à un fond idéologique, mais juste à une opposition à nous, nous a empêchés de franchir ce palier pour avoir la majorité. Mais on était quand même le parti qui arrivait en fait de ce que…

Pourquoi plutôt Le Pen que Bardella ? Ce que je vous réponds, c'est que ce duo comme ça fonctionne très bien. Et donc, on avait annoncé effectivement que Marine Le Pen, et il faut être cohérent, Marine Le Pen serait candidate si elle était en mesure de se présenter. La sanction judiciaire aujourd'hui lui permet de se présenter puisqu'il n'y a plus d'inéligibilité. Ces 15 mois sont déjà passés. Et pour vous répondre plus précisément, vous savez Marine Le Pen, c'est une femme qui a une résilience incroyable. Marine Le Pen, elle a subi un attentat à 8 ans où elle a vu l'appartement familial exploser.

Ensuite, quand elle était encore enfant, elle a subi un harcèlement scolaire, parfois d'une grande violence. Tout ça, elle l'a supporté. Elle a dû, vous savez, exclure même son père pour l'intérêt justement du mouvement et des Français aussi, et d'une forme de cohérence idéologique à un moment. En 2017, tout le monde la croyait enterrée. Beaucoup de vos confrères disaient qu'après le débat de 2017, Marine Le Pen ne se relèverait pas. Donc elle a souvent été victime ? Ce que je veux vous dire, c'est que Marine Le Pen, elle fait preuve d'un courage, d'une résilience, d'une femme d'État au regard de son histoire. Et ça, ça compte.

On a vu tellement de politiques, je viens de vous le dire, qui ont parfois trahi leurs électeurs parce qu'ils n'ont pas eu ce courage d'assumer leurs idées. Marine Le Pen, du fait de son histoire, du fait de ce courage, quoi qu'il arrive, et elle le prouve encore là. Ces accusations infondées ne lui font pas peur et elle est prête, encore une fois, à défendre les Français avec un grand courage pour aller sur le fond et enfin pouvoir appliquer nos idées.

8:58
Invité

– Alors, sincèrement, Alexandre Nicolich, sincèrement, est-ce qu'au sein du Rassemblement National, certains ont actuellement des doutes sur ce choix de Marine Le Pen d'être candidate malgré sa double condamnation ou est-ce qu'il y a une unanimité derrière cette décision ?

9:10
Aleksandar Nikolic

– Mais on s'est pour beaucoup engagé à l'arrivée, justement, de Marine Le Pen. Moi, j'ai adhéré en 2013, vous voyez, c'était pas longtemps après l'élection présidentielle de 2012, la première candidature de Marine Le Pen. Ce que Marine Le Pen a porté, justement, comme engouement, ce qui a fait que le Rassemblement National soit aussi haut, fait qu'on a une confiance absolue en son courage. Et ce que je vous disais, le fait qu'elle se relève toujours, qu'on se dise, cette femme est sûre, cette femme assumera toujours, quelles que soient les difficultés, ce qu'elle porte depuis des années, eh bien, ça nous pousse tous, évidemment, à un soutien total. Et elle a ce duo avec Jordan Bardella.

– C'est quoi ça ?

9:53
Invité

C'est un culte de la personnalité de Marine Le Pen qui va au-delà de condamnations judiciaires ? Car la campagne, elle va être difficile avec ce qui s'est passé.

10:00
Aleksandar Nikolic

– Je vous ai répondu précisément sur… – L'état d'esprit au sein du parti. – Non, mais en quoi elle avait cette force, ce courage de femme d'État. Mais moi, je suis assez convaincu qu'on fait de la politique quand on s'engage, ce n'est pas juste comme ça, ou pour avoir des postes, surtout au Rassemblement National. Nous, à l'époque, on va se parler un peu franchement, c'était inimaginable. Nous, quand on s'engage, c'est évidemment pour espérer voir nos idées s'appliquer et qui sont majoritaires dans l'opinion.

Et je pense que c'est important qu'on revienne à ça, parce qu'on ne peut pas se dire, évidemment, dans un environnement très médiatique, on est obsédé par les petites phrases, obsédé par les petites histoires politiques. Mais vous savez, je vous parlais de cette inquiétude en l'avenir des Français. Mais les Français, moi, je rencontre parfois sur les marchés hauts, ils nous disent, vous êtes mon dernier espoir, je vais partir sinon, je ne supporte plus. Et face à ça, justement, on a… – Alors, il y a une question que je vous pose. – On sait que Marine Le Pen, elle ne faiblira pas et elle aura ce courage-là, oui.

10:59
Invité

– Alexandre Nicolich, il y a une question que se posent les Français dans ce calendrier de la campagne présidentielle qui est lancée, et un premier déplacement de campagne de Marine Le Pen aujourd'hui dans la commune de La Flèche, mais dans les mois à venir, si jamais la Cour de cassation rend sa décision pendant la campagne présidentielle et que Marine Le Pen perd en cassation, c'est-à-dire que la Cour valide l'arrêt de la Cour d'appel de Paris, et donc la condamnation à un an de prison sous bracelet électronique, ça veut dire que Marine Le Pen devra porter un bracelet pendant la campagne, pendant la fin de la campagne.

11:29
Aleksandar Nikolic

– Je répète que je suis convaincu que pour une différence de point de vue seulement, et donc aucun enrichissement personnel, pas d'emploi fictif, je suis convaincu que Marine Le Pen sera innocentée. D'ailleurs, pour les mêmes faits, vous avez François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon, je crois que Jean-Luc Mélenchon, d'ailleurs les poursuites ont été abandonnées pour des faits qui sont très semblables.

11:55
Invité

– Et des sommes moindres également.

11:56
Aleksandar Nikolic

– Peut-être des sommes moindres, ils avaient moins d'élus, mais les reproches qui sont faits au Rassemblement national, c'est-à-dire le travail des collaborateurs sur des choses nationales également, il est aussi reproché à d'autres mouvements politiques. Je suis convaincu que pour cette différence de point de vue, la Cour de cassation ne va pas écarter définitivement, ne va pas écarter la principale favorite à l'élection présidentielle.

12:19
Invité

– Vous êtes convaincu, Marine Le Pen a dit, nous verrons si jamais elle perd en cassation, mais quand même c'est un scénario, elle pourrait être obligée de porter un bracelet dans la fin de campagne présidentielle. – La Cour de cassation, la moyenne…

12:29
Aleksandar Nikolic

– On a l'impression que le RN nie cette hypothèse. – Quand on se pourvoit en cassation, en général, la Cour de cassation joue à près 12 ou 18 mois de moyenne. – Donc vous jouez la montre. – Non, je ne vous la montre, je vous dis que vraisemblablement, on verra s'il y aura une exception pour Marine Le Pen. Peut-être que ce serait même mieux qu'il y ait cette exception parce que ça permettra de montrer que les faits reprochés étaient totalement infondés sur un détournement, par exemple, d'argent public comme ça peut être dit par certains médias et certains qui suivent cette affaire sans s'intéresser aux faits précis.

– On a l'impression ce matin que le bracelet électronique n'est plus un sujet. – Puisqu'elle ne le portera pas, puisque le pourvoi en cassation casse aujourd'hui, enfin suspend pardon… – Non mais y compris dans l'hypothèse qu'évoquait Alexandre.

13:21
Présentateur

– Alors si il faudrait le porter, on a l'impression que ce n'est plus un sujet.

13:24
Aleksandar Nikolic

– Mais ce n'est plus un sujet. – Alors que ça peut en être. – Elle ne le portera pas, évidemment, et que sur les deux options pour nous les plus probables, c'est-à-dire soit une cour de cassation qui décidera avant l'élection présidentielle d'acquitter Marine Le Pen, soit après, si la cour de cassation juge, après l'élection présidentielle, cette histoire ne concernera pas l'élection présidentielle.

13:51
Présentateur

– Est-ce qu'à un moment, au RN, vous avez considéré que les électeurs peuvent voter pour quelqu'un qui porte un bracelet électronique ?

13:56
Aleksandar Nikolic

– Mais je vous le dis, Marine Le Pen avait dit que si elle portait un bracelet électronique, elle ne se présenterait pas. Elle ne portera pas un bracelet électronique. Elle n'avait pas dit ça juste pour un symbole. Elle avait dit ça parce qu'elle se disait qu'elle ne pourrait pas aller sur le terrain, elle ne pourrait pas aller faire campagne avec un bracelet électronique. Or, une des principales qualités de Marine Le Pen, c'est justement ce lien avec le peuple français et elle ne pouvait pas faire campagne sans avoir ce lien physique.

14:21
Invité

– Alors vous ne croyez pas à l'hypothèse du premier scénario, donc d'une condamnation pendant la campagne présidentielle, mais il y a la seconde option, c'est-à-dire que si l'accord de cassation se prononce après l'élection présidentielle, que Marine Le Pen est élue présidente de la République et que Marine Le Pen perd en cassation, elle aura l'immunité présidentielle, elle ne sera pas inquiétée. Mais est-ce qu'on peut imaginer une présidente de la République qui est condamnée définitivement pour détournement de fonds publics ? Ce serait un fait historique en France.

14:45
Aleksandar Nikolic

– Oui, mais je vous le dis, ça n'arrivera pas au regard des faits. Ça n'arrivera pas. – C'est quand même un scénario. – C'est avec des scénarios. – Elle a été condamnée deux fois. – Édouard Philippe a également des procédures. Ce qui est sûr, c'est que Jean-Luc Mélenchon, lui, a été condamné, par exemple, et là, il n'y a pas d'ambiguïté. Il a été condamné pour des intimidations sur les forces de l'ordre et il a été condamné pour diffamation contre un de vos collègues, un journaliste du monde. – Mais avec son dernier collègue,

15:09
Invité

vous n'êtes pas membre de la cour de cassation pour être aussi sûr que Marine Le Pen va gagner.

15:13
Aleksandar Nikolic

Elle a déjà perdu deux fois. – Vous non plus, si je peux me permettre. – On est sur des hypothèses pour l'instant qui sont par définition hypothétiques et donc on ne peut pas savoir en amont quelles vont être les décisions, même si au regard des faits et du dossier qui devient de plus en plus vide et surtout au regard justement des décisions judiciaires qui sont bien moindres à la fois des réquisitions et de ce qui avait été acté en première instance, jugé en première instance, et bien ça montre que nos arguments arrivent à convaincre en tout cas les trois juges qui ont pris cette décision hier et qui permettent à Marine Le Pen de se présenter.

15:55
Invité

– Une question sur la campagne présidentielle qui démarre clairement pour le rassemblement national. Quel message va-t-elle porter aux Français alors qu'elle a défendu une justice ferme, la probité et l'exemplarité ? Est-ce que vous reconnaissez quand même que cette campagne va être plus compliquée après ces condamnations ?

16:14
Aleksandar Nikolic

– Je pense que les Français qui nous regardent ce matin, ils font vraiment la différence entre un cabal judiciaire qui se base sur une différence de point de vue, sur une situation de collaborateurs parlementaires.

16:29
Invité

– C'est une cabal judiciaire ? – C'est une cabal judiciaire, c'est ce que vous dites ?

16:31
Aleksandar Nikolic

– Oui, bien sûr. Parce que je vous dis, pour des mêmes faits, il n'y a pas le même acharnement pour d'autres mouvements.

16:39
Invité

– Donc on a encore une justice politique qui s'acharnerait sur l'ERN, c'est ce que vous dites ?

16:42
Aleksandar Nikolic

– Je pense qu'il y a une différence de traitement selon effectivement les mouvements quand on regarde l'abandon des poursuites concernant Jean-Luc Mélenchon pour les mêmes faits. Mais après, excusez-moi de revenir à ce qui concerne les gens. Vous me parlez de l'axisme judiciaire. – Oui, le laxisme judiciaire pour la vraie délinquance, pour la délinquance réelle et pas des reproches. – Et pas la délinquance des politiques. – Non, mais pas de différence de point de vue politique. La délinquance qui fait qu'il y a 1200 victimes de coups et blessures volontaires par jour dans notre pays. Le fait qu'il y ait plus de 100, près de 150 agressions sexuelles par jour dans notre pays.

Le fait qu'il y a maintenant près de 3 meurtres par jour dans notre pays et malheureusement on le voit presque quotidiennement où tous les jours on voit des affaires sordides qui peuvent sortir dans la presse. Des chiffres qui ne correspondent en aucun cas à ce qu'on retrouve par exemple dans d'autres pays européens qui pour l'Italie sont par exemple pour une population assez semblable à près de 3 fois moins d'homicides.

17:45
Invité

– On va regarder l'affiche de campagne qui a été publiée hier soir, l'affiche de campagne de Marine Le Pen avec ce titre qui est évocateur, la renaissance pour la France. C'est la renaissance de Marine Le Pen alors qu'elle était au bord d'une mort politique ?

18:00
Aleksandar Nikolic

– Non, mais c'est la renaissance pour la France comme son nom l'indique. Parce que je pense qu'on a besoin de ça. Vous savez, cette morosité qui touche les Français qui, je vous le disais, ont le sentiment à une très grande majorité, 77%, que l'avenir sera moins bien, c'est terrible.

Et au regard de à quel point le monde change, l'intelligence artificielle, sur justement cette volonté d'avoir du beau, comme l'était la renaissance historique après le Moyen-Âge, cette volonté de retrouver la grandeur, cette volonté de faire en sorte de dire aux Français, non, votre avenir ne sera pas moins bien, il sera bien meilleur, on va relancer le pays économiquement, on va l'adapter à des enjeux modernes et on va sortir de la décroissance, de l'idéologie, de la morosité, de ce déclin macroniste sur à peu près tous les sujets.

L'insécurité qui a augmenté, la couverture médicale qui est moins importante, le pouvoir d'achat qui est moins important avec un nombre inégalé d'entreprises qui ont fermé, le prix de l'électricité qui a doublé en 15 ans. Sur tous les sujets, les Français ont des raisons chiffrées et factuelles de se dire « Eh bien, avant, c'était peut-être mieux, eh bien, avec nous, on va faire en sorte que l'avenir sera mieux et de retrouver cette renaissance de l'espoir français ».

19:12
Invité

Dernière question, Fabrice, rapidement, peut-être sur ce ticket gagnant avec Jordan Bardella, qui a été évoqué par Marine Le Pen.

19:20
Présentateur

Oui, est-ce que le fait qu'elle ait redit hier soir, elle présidente, du Premier ministre, c'est une façon de lever les ambiguïtés, éventuellement une rivalité qu'il n'y a plus dans l'adapter ? Beaucoup ont essayé de…

19:33
Aleksandar Nikolic

On n'est pas aux États-Unis, il n'y a pas de ticket en présidentiel en France. Si, mais c'est bien quand même de préciser d'ores et déjà qu'ils vont former un duo pour cette campagne, avec Marine Le Pen, présidente, et Jordan Bardella, Premier ministre, ce sont les deux personnalités politiques préférées des Français, comme je l'ai dit tout à l'heure, et qui portent les idées les plus populaires aujourd'hui dans l'opinion publique. Eh bien, c'est bien que les Français se disent que ce duo avancera ensemble pour faire remporter ses idées et que ce soit acté dès le départ. Ça laisse peu d'ouverture à d'autres partenaires pour une future majorité ?

Écoutez, on a eu un partenaire assez important puisque un des principaux partis historiques, LR, a vu son président nous rejoindre, à l'époque, Éric Ciotti, en 1994, son directeur du mouvement jeunesse, Guilhem Carayon, qui nous avait rejoint, et beaucoup de cadres Les Républicains qui nous ont rejoints, qui sont sincères dans leur engagement et dans leur conviction, puisque vous avez beaucoup d'électeurs aujourd'hui à LR, qui souhaitent justement voter pour nous et se rapprocher parce qu'ils veulent enfin avoir leurs idées appliquées.

20:37
Invité

Merci beaucoup, Alexandre Darny-Colich, d'avoir été notre invité, porte-parole du Rassemblement National et également eurodéputé. Merci beaucoup, Fabrice Vesser-Redon, pour vos questions. Je rappelle que vous êtes rédacteur en chef au Bureau parisien du groupe Ebra.