Caroline Parmentier, députée RN du Pas-de-Calais | La politique et moi
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
En 2018, Marine Le Pen est venue vous embaucher. Vous étiez journaliste. Elle vous a demandé de vous occuper des relations presse du parti.
- 0:45OuverteRéponse directe
La vidéo du chat de Marine Le Pen coincé dans le sapin a fait 4,4 millions de vues sur TikTok. C'est politique selon vous ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Fallait-il dédiaboliser Marine Le Pen ou la normaliser ?
- 2:15OuverteRéponse directe
Vous vous êtes insurgée contre les photos choisies par certains journaux pour illustrer leurs articles sur Marine Le Pen.
- 3:00RelanceRéponse directe
Vous avez repris systématiquement les journalistes qui qualifient le RN d'extrême droite. Est-ce une remise en cause de la liberté de la presse ?
- 3:45FerméeRéponse directe
Vous avez travaillé pour un journal d'extrême droite ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:15Caroline ParmentierFait
« Le Rassemblement National et Marine Le Pen ne correspondent en aucun cas à l'extrême droite. »
- 3:30Caroline ParmentierFait
« L'emploi du qualificatif d'extrême droite par Libération et Le Monde relevait de la liberté d'opinion. »
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-Elle s'est lancée dans la bataille des législatives au dernier moment, mais elle maîtrise parfaitement les codes de la politique, pour l'avoir observée pendant longtemps. Un savoir-faire précieux qu'elle a mis au service de Marine Le Pen, son amie de 25 ans. Générique ... -Bonjour, Caroline Parmentier. -Bonjour, Clément. -En 2018, Marine Le Pen est venue vous embaucher, en quelque sorte.
Vous étiez journaliste, à l'époque. Elle vous a demandé de vous occuper des relations presse du parti et surtout des siennes. Votre rôle ne s'est pas limité à cela.
Pendant 5 ans, vous avez fait un gros travail sur son image. Ca s'est traduit notamment par un nouveau genre de vidéos, postées par Marine Le Pen sur les réseaux sociaux. *Musique douce *-T'es bien, là ?
Hein ? *...
Tranquille ! *...
Mon arbre ! Mon arbre ! Allez, sors !
Sors ! Oh, biquette. *Musique folklorique *...
Marine Le Pen chante. -La vidéo qu'on vient de voir avec le chat de Marine Le Pen coincé dans le sapin de Noël a quand même fait 4,4 millions de vue sur TikTok. Il y a rien de politique.
Ca fait quand même partie de la politique, selon vous ? -Oui, bien sûr. J'ai toujours trouvé...
J'avais envie que les Français connaissent Marine Le Pen comme moi je la connaissais, c'est-à-dire riante, chantante, ayant trois enfants. Il y a beaucoup de choses dans sa vie que les Français ne connaissent pas du tout. Ils la voient comme une femme derrière un pupitre, lors des meetings ou des plateaux télévisés, mais je voulais qu'ils se rendent compte de qui elle était.
Ca a été un peu tout l'enjeu de cette campagne présidentielle 2022, que les journalistes, d'abord, que les photographes, ensuite, que les Français sachent qui est Marine Le Pen réellement. -Il y a eu cet aspect-là sur les réseaux sociaux, mais il n'y a pas eu que cela. Dans le même registre, on a vu Marine Le Pen parler de ses chats et de sa colocataire face à Karine Le Marchand, on l'a vue évoquer la rupture avec son père dans une émission, face à Cyril Hanouna, "Face à Baba", on l'a vue dans une interview avec Magali Berdah, sur YouTube.
On a longtemps parlé de dédiabolisation du Rassemblement National. Fallait-il dédiaboliser Marine Le Pen, ou en tout cas la normaliser ? -Marine Le Pen est aussi une Française comme vous et moi.
C'est quelque chose qui me frappe quand je suis avec elle. C'est quelqu'un de simple, qui a un contact direct avec les gens, qui a de l'empathie. Les habitants de sa circonscription du Pas-de-Calais le savent bien.
Il était important, en effet, que les Français la voient comme ça. -On connaît le slogan de Paris Match : "Le poids des mots, le choc des photos." Ca pourrait presque être votre devise à vous aussi.
Concernant le choc des photos, vous vous êtes insurgée contre les photos choisies par certains journaux pour illustrer leurs articles consacrés à Marine Le Pen. Ca veut dire quoi ? Elles traduisaient un parti pris politique, selon vous ? -Ce n'était pas des photos honnêtes.
Quand je suis arrivée au Rassemblement National en 2018, après que Marine m'ait débauchée, les photos...
On avait coutume de voir des photos de Marine où elle était moche, où elle était parfois affreuse, prise par en dessous, elle faisait peur. Je pense que l'idée, c'était ça, d'ailleurs. Vous savez comme moi que la plupart des gens regardent la photo, lisent le titre de l'article, et puis c'est tout, parfois.
Donc j'ai commencé par parler aux photographes en leur disant : "C'est vous qui avez pris cette photo ? "Vous rentreriez chez vous avec une photo, comme ça, "de votre femme, de votre épouse, de votre belle-mère ? "Vous seriez curieusement reçu." J'ai parlé aux rédactions, aussi.
Je leur ai dit que c'était plus possible, ça me paraissait pas juste. Elle était jolie, blonde, elle avait minci. Je ne voulais pas qu'elle apparaisse comme ça. -Pour le poids des mots, vous avez décidé de reprendre systématiquement les journalistes qui qualifient le RN de parti d'extrême droite.
C'est une bataille sémantique que vous avez d'ailleurs menée avec un certain succès. Est-ce que c'est pas une remise en cause de la liberté de la presse ? -Il faut être juste et il faut être honnête, aussi.
Le Rassemblement National et Marine Le Pen ne correspondent en aucun cas à l'extrême droite, à cette qualification. On connaît la définition de l'extrême droite : antiparlementarisme, contestation des résultats électoraux...
C'est absolument pas ça. J'ai trouvé que c'était une injustice. J'en ai parlé avec l'AFP, notamment. -C'est un combat que Jean-Marie Le Pen avait mené en son temps, bien avant vous, au point qu'en 1996, la justice a estimé que l'emploi du qualificatif d'extrême droite par Libération et Le Monde relevait de la liberté d'opinion, d'analyse et de jugement d'un journal. -D'ailleurs, ils ont continué à le faire. -Vous-même, vous avez pratiqué une forme de journalisme engagé, on va en parler.
Vous auriez accepté qu'un parti politique vous impose une façon précise de le qualifier ? -Non, mais j'aurais écouté ce qu'il avait à me dire. Mon idée n'était pas de les persuader, de les obliger, mais d'en discuter avec eux et qu'ils m'expliquent pourquoi.
Ca n'était plus justifié. Lorsque j'étais journaliste, j'aurais été ravie de parler avec un homme politique de ça, ou avec un attaché de presse. Ca fait partie du métier, aussi, de discuter et d'échanger sur ses vues. -Vous allez me reprendre, si je dis que vous avez travaillé pour un journal d'extrême droite ? -Je récuse cette appellation pour mon journal aussi. -Vous avez fait toute votre carrière au journal Présent, que lisaient vos parents.
Ils votaient pour le Front National. Ils étaient sympathisants ou ils étaient engagés ? -Ils étaient sympathisants. -Vous êtes arrivée comme stagiaire, à 21 ans, et vous êtes restée 31 ans.
C'était un journal sur une ligne proche des milieux catholiques traditionnalistes. Pour vous, le journalisme devait forcément traduire un engagement ? Il fallait défendre des idées ?
Des valeurs ? -Oui. Le journalisme d'opinion m'intéressait.
J'y ai tout de suite vu l'occasion aussi, - comme quoi, il y a quand même un lien - de suivre le Front National et le Rassemblement National. Ca a été ma fonction, en effet, d'aller dans tous les meetings, de les interviewer, dans le plus de conférences de presse possible. Ce petit journal n'avait pas beaucoup de moyens.
C'est comme ça que j'ai rencontré Marine Le Pen, que je ne connaissais pas. -On va évoquer ça dans un instant. Quelles sont vos idées, vos valeurs, que vous avez voulu défendre, à travers ce journalisme d'opinion, comme vous dites ? -Alors, quand j'étais journaliste, encore une fois, je n'écrivais pas que sur la politique.
J'ai fait beaucoup de chroniques cinéma. A une époque, j'allais au cinéma tous les jours. J'écrivais également sur la police.
Et effectivement, sur le Rassemblement National, pour le coup, je me suis tout de suite reconnue dans les idées de Marine Le Pen, parce qu'elle aimait la France et elle aimait les Français. Pour moi, l'engagement politique, c'est de défendre la France et les Français, loin des grandes envolées, des joutes verbales, ou des leçons d'histoire à la sauvette. Je pense que les Français attendent des hommes politiques qui les défendent dans leur quotidien et qu'ils améliorent leur vie quotidienne, voilà. -Ce travail de journaliste vous a permis de rencontrer Marine Le Pen, à l'occasion de la fête BBR, tous les ans, "Bleu, blanc, rouge", la fête du Front National.
Qu'est-ce qui vous a rapprochées, toutes les deux ? -Je l'ai tout de suite trouvée sympathique, drôle, grande gueule, fine dans ses analyses politiques, on avait 2 ans d'écart d'âge, finalement, ce qui n'est pas beaucoup, on était toutes les deux divorcées, on avait toutes les deux trois enfants des mêmes âges. Ce sont des choses qui font qu'on peut se reconnaître.
Elle avait la gentillesse de me dire qu'elle m'avait suivie dans certains articles. Je l'avais énormément suivie. En 2011, quand elle est arrivée à la tête du parti Rassemblement National, il y a eu une scission, dans mon journal, dans mon petit journal, entre ceux qui voulaient rester proche de Jean-Marie Le Pen, qui trouvaient que Marine n'était pas l'avenir, et moi, qui voulais que ce soit Marine.
On s'est bien battues, ça a été assez ardu. Je suis devenue rédactrice en chef. Voilà. -Ca correspond à un certaine réalité.
Pendant vos années de journalisme, vous avez parfois semblé être politiquement plus proche d'Eric Zemmour ou de Marion Maréchal... -Qui existaient peu, à l'époque. -...que de Marine Le Pen.
Vous l'avez critiquée quand elle a écarté son père de l'organigramme du parti. -Très exactement...
Avez-vous vraiment l'article sous les yeux ? -Pas sous les yeux, non. -Je ne l'ai pas critiquée.
Des journalistes l'ont dit. Il m'est arrivé de la critiquer. J'ai dit qu'elle n'avait pas le choix, que c'était terrible, que c'était horriblement pénible, pour une fille, pour nous tous, qui avions beaucoup de respect pour Jean-Marie Le Pen, mais qu'elle n'avait pas le choix.
Sinon, ce serait sans fin. -Est-ce que ce n'est pas l'amitié, plus que la politique, qui vous a poussée à vous engager aux côtés de Marine Le Pen ? -Quand elle m'a demandé de travailler pour elle, j'ai été prise d'une angoisse.
Ce n'est pas mon métier, d'être attachée de presse. J'avais peur de faire des erreurs, voilà. C'est par amitié pour elle que je suis venue, mais par passion, aussi, de ce qu'allait être cette formidable aventure politique.
Ca l'a été et ça continue de l'être. Travailler auprès de Marine Le Pen à la présidentielle est exceptionnel. Je souhaite à tout le monde de vivre cette aventure-là. -Votre candidature aux législatives s'est faite après le second tour de la présidentielle.
Qu'est-ce qui vous a convaincue de passer de l'autre côté du miroir, de devenir une femme politique ? -Le fait d'avoir suivi Marine. Je l'ai suivie dans le Pas-de-Calais.
Elle était députée dans la circonscription du Pas-de-Calais. Je voyais ce que les gens lui disaient. Je l'ai suivie peut-être 10 fois, 12 fois, dans le Pas-de-Calais, dans le cadre de mon métier.
Je voyais ce que les gens avaient à lui dire, ce que les habitants du Pas-de-Calais lui disaient et ce qu'elle leur répondait. Je me suis dit que je pouvais leur apporter quelque chose, que je pouvais travailler pour eux, et que je serais une députée qui essaierait de tenir ses promesses et qui, encore une fois, les aiderait dans leur vie quotidienne. -On va finir par un quiz, un peu différent de d'habitude, un quiz spécial Ch'tis, parce que vous avez été investie aux législatives dans le Pas-de-Calais, mais vos attaches étaient en région parisienne.
L'idée est de savoir si vous vous êtes acclimatée à cette région. On commence par une spécialité locale. De quoi s'agit-il ? -Le potch ! -Oui ! -J'adore ! -Vous avez abrégé le nom.
C'est le potjevleesch. -Oui. Habituellement, on dit "potch". -Vous connaissez la recette ? -C'est trois viandes en gelée : lapin, porc, veau.
C'est très bon avec une salade et c'est excellent avec des frites au maroilles. -Si je vous dis : "Wassingue" ? -Euh...
Oui...
Alors là, vous me posez une colle. -Ah ! -Bien joué !
Aidez-moi. -On va la voir en image. C'est la serpillère, en Ch'ti. -Très bien. -C'était une question-piège. -Je la passe peu. -On termine par une comptine célèbre dans la région.
A vous de la compléter. "Dors, min p'tit quinquin, "min p'tit..." -Le beffroi de Béthune la joue régulièrement.
Dors min p'tit quinquin Min p'tit...
Min p'tit... -Et entre les deux ? "Min p'tit pouchin, "min gros rojin." "Mon petit poussin, "mon gros raisin." Je traduis. -Parfait.
Notez que j'ai su la fredonner. -Parfait ! -Merci d'être venue. -C'est moi qui vous remercie.
SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA
Caroline Parmentier