Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 14 février 2022 37 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleSantéTravail & emploi

Macron : l'imposture du "en même temps" | Julien Rivoire

Source d'origine 1 locuteur

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 100 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22PrésentateurFait
    « Il suffirait de traverser la rue pour trouver un emploi, que les aides et les allocations, les minima sociaux. »
  • 4:08PrésentateurFait
    « Ces multiples déclarations ne sont pas des dérapages, mais bien le produit d'une pensée, d'une politique qui incarne sa classe. »
  • 4:36PrésentateurFait
    « Depuis où on en est, je n'ai pas l'impression que les statistiques nous donnent vraiment l'impression que les choses se soient rangées. »
  • 5:14PrésentateurFait
    « Darmanin accusé de viol et de harcèlement sexuel par plusieurs femmes. »
  • 5:58PrésentateurChiffre
    « moins 28% en moyenne. »
  • 7:47PrésentateurChiffre
    « 5700 lits avaient encore été fermés en pleine crise Covid, au plus fort de l'épidémie, au plus fort là où les nombres de morts étaient les plus élevés. »
  • 9:32PrésentateurFait
    « En 2019, il réintroduit des exonérations de cotisations sociales. »
  • 9:43PrésentateurFait
    « En 2018, il a supprimé le forfait social, qui était une contribution de l'employeur à la sécurité sociale. »
  • 11:33PrésentateurChiffre
    « nous avons dans ce pays un écart de l'espérance de vie entre les cadres et les ouvriers de 6 ans. »
  • 16:37PrésentateurFait
    « la flat tax, la baisse de l'impôt sur les sociétés, la suppression de l'ISF, et puis des niches fiscales en pagaille »
  • 21:47PrésentateurChiffre
    « France Stratégie qui le dit, c'est 40 000 foyers fiscaux, c'est 0,1 % de la population. »
  • 22:55PrésentateurChiffre
    « 59 % de la dette provient des cadeaux fiscaux »
  • 28:22PrésentateurFait
    « on parlait de gouvernement tachiro-trumpiste »

Temps de parole

  • Présentateur76 %
  • Présentateur 224 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Emmanuel Macron, c'est en même temps les inégalités et une politique autoritaire. C'est bon de se souvenir de ces, non pas dérapages, mais de ces déclarations successives sur le hall de gare qui permet, ceux qui ne sont rien, il faut prendre la mesure quand même de cette formulation. Il suffirait de traverser la rue pour trouver un emploi, que les aides et les allocations, les minima sociaux. Ces multiples déclarations ne sont pas des dérapages, mais bien le produit d'une pensée, d'une politique qui incarne sa classe. 5 ans d'Emmanuel Macron. C'est long, hein ?

5 ans que ce haut fonctionnaire, devenu banquier d'affaires, pour revenir dans le public ensuite, a été élu président de la République. Il se faisait passer pour un outsider, un nouveau en politique. De là, il avait aussi promis le renouveau de la classe politique française. Ces 5 années sont presque passées et nous serions bien en droit de nous demander, ces promesses ont-elles été tenues ? Et bien justement, c'est l'heure de faire le bilan. Le bilan d'un quinquennat marqué par le mouvement des Gilets jaunes, les manifestations contre la réforme des retraites et contre la loi Sécurité globale, et aussi la crise du Covid-19.

Après la loi travail, la tentative de réforme des retraites, la réforme de l'assurance chômage, une politique fiscale et sociale toujours plus inégalitaire, dictée par le démon austéritaire de Bruxelles, rarement un président de la République n'avait été aussi contesté dans la rue. Ce bilan, attaque, s'est chargé de le faire. 33 contributeurs, ce n'était pas trop pour le faire bien et dans le détail, sous tous les angles. Santé, sécurité, droits des femmes, droits du travail, fiscalité, chômage, environnement. Autant dire qu'il s'agit d'une entreprise fastidieuse. Le bilan en question, c'est cet ouvrage. Donc, Macron, on fait le bilan, paru aux éditions Les liens qui libèrent.

Et pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir sur le plateau du Média Julien Rivoire. Bonjour Julien. Bonjour. Alors, pour introduire un petit peu ce bilan, il y a deux notions qui l'introduiraient bien, justement ce bilan qui le caractériseraient bien, le résumerait bien. C'est l'accroissement des inégalités et un autoritarisme renforcé. Oui, Emmanuel Macron, c'est en même temps les inégalités et une politique autoritaire.

L'imposture Macron, on avait publié en 2018, et c'est pour ça qu'on fait le bilan, puisque en 2018, au début de ce mandat, on publie un ouvrage qui s'intitule L'imposture Macron, pour dénoncer son discours qui cherchait à nous faire croire qu'en même temps, il mènerait une politique et de gauche et de droite, à la fois sociale et libérale, de défense des libertés publiques. Dès 2018, on pointait les limites de ce discours, et qu'on voit après cinq ans de son quinquennat que la réalité est tout autre.

C'est une politique essentiellement au service des ultra-riches, d'une toute petite minorité de la société qui a été menée, et une politique autoritaire, que ce soit dans la gestion des manifestations, que ce soit dans la multiplication des lois d'exception, une politique autoritaire pour imposer une politique fortement contestée et peu populaire. D'autre part, et il nous semble que c'est important de faire le bilan avant de rentrer dans le détail de ces mesures, de rappeler combien Emmanuel Macron, vous l'avez dit en introduction, elle produit de sa classe, elle produit d'une classe dominante, pleine de mépris et de morgue même vis-à-vis de la majorité de la population.

On rappelle dans cet ouvrage, et c'est bon de se souvenir de ces, non pas dérapages, mais de ces déclarations successives sur le hall de gare qui permet que les gens qui ont réussi, et ceux qui ne sont rien, il faut prendre la mesure quand même de cette formulation, qu'il suffirait de traverser la rue pour trouver un emploi, que les aides et les allocations, les minima sociaux, nous coûteraient un pognon dingue. Ces multiples déclarations ne sont pas des dérapages, mais bien le produit d'une pensée, d'une politique qui incarne sa classe et la politique qu'il mène au service d'une ultra minorité de riches. Pour ce qui est de ce qui coûte un pognon dingue, on y reviendra plus tard.

Parmi les prétendues priorités du quinquennat, il y avait les violences faites aux femmes. Il avait déclaré ça en 2017. Depuis où on en est, je n'ai pas l'impression que les statistiques nous donnent vraiment l'impression que les choses se soient rangées. Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moréty sont tous les deux ministres de l'Intérieur et ministres de la Justice. Que dire de ça ? C'est sur ce sujet, comme sur d'autres, l'illustration, l'imposture de ce « en même temps ». Emmanuel Macron qui déclare grande cause la lutte contre les violences faites aux femmes, grande cause du quinquennat et qui, en même temps, nomme effectivement Darmanin, ministre de l'Intérieur.

Darmanin accusé de viol et de harcèlement sexuel par plusieurs femmes. Dupond-Moréty qui est connu pour ses diatribes anti-féministes. On voit bien que là, il n'y a pas du « en même temps », mais une politique qui tourne le dos à ses déclarations et ses promesses faites au début du quinquennat. Et les faits le démontrent également. Le confinement a malheureusement amplifié les violences faites aux femmes et aucune mesure réelle n'a été mise en œuvre par ce gouvernement. Et puis, que dire de l'égalité professionnelle qui est toujours introuvable ? Aujourd'hui, les femmes sont toujours largement moins bien payées que les hommes, moins 28% en moyenne.

Alors, ça s'explique par des métiers féminins, notamment vis-à-vis dans les secteurs du soin à la personne, qui sont quand même très utiles. Le Covid nous l'a montré, qui sont très faiblement valorisés. Plus de précarité pour les femmes. et donc, globalement, des revenus qui sont beaucoup plus faibles. Il y a ces différentes études qui démontrent aussi que les femmes, depuis la crise Covid, les inégalités hommes-femmes en sont revenues au niveau des années 70. C'est ça. Et alors, on pourra revenir sur l'ensemble des inégalités, mais effectivement, les inégalités hommes-femmes se sont amplifiées. Alors, on pourrait dire que c'est conjoncturel, lié à la crise. Aucune mesure politique.

Et les politiques libérales renforcent ces inégalités professionnelles entre les hommes et les femmes. Alors, bien sûr, la crise peut accélérer, mais c'est d'une manière plus permanente, lié à des politiques structurelles. Avec des prises pour y pallier. Complètement. Alors voilà, nous, on fait le bilan. Mais je le dis aussi, c'est qu'au-delà de faire le bilan dans un ouvrage, je pense que le bilan, il va être aussi tiré dans la rue le 8 mars prochain, avec un appel, et qu'on espère qu'il sera très suivi, à une grève féministe pour l'égalité professionnelle et contre les violences faites aux femmes.

Et que là, on verra dans la rue, quel bilan tirent les mouvements féministes de ce qu'a fait Macron. Justement, puisqu'on parlait de la crise Covid, la crise Covid a révélé un autre désastre d'ampleur. On le savait déjà avant, mais ça l'a mis en exergue. C'est l'État, des services de santé, des services hospitaliers, qui n'étaient même plus capables de prendre en charge les autres malades non Covid. On a sorti beaucoup de sujets là-dessus. En 2020, j'ai lu par exemple que 5700 lits avaient encore été fermés en pleine crise Covid, au plus fort de l'épidémie, au plus fort là où les nombres de morts étaient les plus élevés.

C'est peut-être là où le bilan est le plus catastrophique, si on peut se permettre. En tout cas, on peut se dire que cette politique de santé incarne un politique profondément inégalitaire menée par Emmanuel Macron et ses prédécesseurs. C'est, j'allais dire, dans le logiciel néolibéral que de chercher à affaiblir l'hôpital public et plus globalement la santé publique. Je pense que c'est important de rappeler que la réduction des dépenses publiques s'opère par bien un transfert et une volonté de transfert vers le privé. Petit rappel avant de rentrer dans une précision, c'est qu'on a un service en France, un service de santé, qui est principalement financé par la sécurité sociale.

Les discours néolibéraux depuis une décennie nous expliquent que pour régler le chômage, pour faire face à la compétitivité internationale, il faut baisser le coût du travail via notamment la baisse ou les exonérations de cotisations sociales. Moins de recettes pour la sécurité sociale, créent de fait un trou de la sécu, le fameux trou. Depuis 1994, il y avait une garantie, qui n'était pas toujours tenue, mais en tout cas un engagement de l'État à ce que les mesures prises de baisse de cotisation soient compensées via l'impôt par l'État pour ne pas que ces mesures de baisse de cotisation sociale créent le fameux trou de la sécu.

Ça n'a pas toujours été totalement le cas, mais Macron rompt complètement avec cet engagement de l'État. En 2019, il réintroduit des exonérations de cotisations sociales. Et puis, en 2018, il a supprimé le forfait social, qui était une contribution de l'employeur à la sécurité sociale. De fait, on crée le trou de la sécurité sociale, qui était en train d'être résorbée avant la crise Covid. Or, on a besoin, et c'est une bonne nouvelle, qu'on ait besoin de dépenses de santé. C'est une bonne nouvelle, puisque ça veut dire qu'on a aussi des besoins de prise en charge dans une société où on vit plus vieux. Et on pourrait s'en satisfaire.

Et donc, ça pourrait être un choix politique que de se dire qu'on alloue des ressources, parce qu'on a des moyens dans ce pays, qu'on alloue des ressources pour une santé publique. Les libéraux, ce que je disais au début, c'est qu'ils ne cherchent pas forcément à réduire l'ensemble des soins de santé. Ils cherchent surtout à en marchandiser une grande partie et à créer de fait un système à deux vitesses. Un système de santé publique minimal, dont le périmètre et la qualité se réduisent. C'est l'état de l'hôpital public, notamment.

Et puis, un développement, une amplification, le périmètre qui s'agrandit d'un secteur privé, de la santé, qui va être pris en charge par celles et ceux qui le peuvent, via des mutuelles. Et donc, on a un système profondément inégalitaire qui est en train d'être mis en place, alors mis en place sous les gouvernements Sarkozy, Hollande, amplifié et qui est un système qui perdure avec ce gouvernement Macron. Et effectivement, derrière cette question de santé, qui est un enjeu vital, on voit bien là combien ces politiques néolibérales sont profondément injustes. Quand même, pour rappel, nous avons dans ce pays un écart de l'espérance de vie entre les cadres et les ouvriers de 6 ans.

C'est-à-dire qu'à 35 ans, un ouvrier a une espérance de vie inférieure de 6 ans à un cadre. Un système de santé aussi inégalitaire, c'est-à-dire qui permet surtout à ceux et celles qui ont les moyens de se payer des bonnes complémentaires santé, va sûrement pas corriger cette inégalité d'espérance de vie, mais au contraire, les amplifier.

Justement, les inégalités, on en parle, c'est aussi le gros défaut du bilan d'Emmanuel Macron parce qu'on parlait tout à l'heure de ces phrases méprisantes, mais on évoquait aussi en introduction la réforme de l'assurance chômage, il y a eu la hausse de la CSG, la volonté de réformer les retraites, les différentes lois de travail qu'il y avait déjà eu avant, sous Hollande, puis qui a été amplifiée sous sa mandature. Là aussi, c'est un désastre. C'est un désastre ? C'est un désastre annoncé en tout cas. C'est un désastre annoncé et qui se vit aujourd'hui au quotidien par un grand nombre de salariés, de précaires.

C'est toute une conception de l'emploi et même du rapport au travail qui est mis en œuvre par Emmanuel Macron et par le macronisme. C'est-à-dire que le droit social n'est plus là pour protéger les individus des aléas de la vie, mais il y a une conception très individualiste qui consiste à penser que nous sommes acteurs de nos vies, responsables de notre situation. C'est une rhétorique très libérale. Très libérale. Macron emploie tout le temps. Tout le temps et que nous serions complètement libres, de toute façon, de travailler dans les conditions telles qu'elles nous sont imposées, avec les contraintes du métier telles qu'elles sont. C'est pour ça qu'il aime tant l'auto-entrepreneuriat.

Bien sûr. Et le gouvernement Macron a eu de cesse de développer cette politique. Symboliquement, dans les discours, je l'ai évoqué précédemment. Et puis, très concrètement, c'est la réforme de l'assurance chômage qui se vit là très concrètement pour des dizaines de milliers de personnes avec un calcul des droits qui est bien sûr défavorable aux allocataires, avec un durcissement du seuil d'accueil de 4 mois à 6 mois pour accéder aux allocations qui pénalisent de fait les plus précaires.

Et puis, sur la retraite, effectivement, une tentative, alors qu'il y a un vieux projet libéral qui n'appartient pas qu'à Macron, de mettre la main sur cette manne financière pour aussi privatiser de fait et marchandiser un choix et revenir sur un choix politique dans notre société, de mutualiser, de socialiser cette solidarité entre les générations. C'est d'essayer de mettre en place un système, effectivement, qui va pénaliser les personnes aux carrières courtes, les femmes, principalement. C'est un système sur lequel on a réussi par la mobilisation à mettre un coup d'arrêt.

Mais nous savons d'ores et déjà que c'est là, pas dans le bilan, mais dans les perspectives pour Emmanuel Macron et qu'il va falloir construire une mobilisation informée sur le fait que notre système de répartition est viable aujourd'hui. On n'a pas le temps aujourd'hui de développer, mais il y a un certain nombre de rapports, y compris officiels, qui le montrent. Et que le système tel qu'est proposé, qui est dans les cartons du macronisme, est la retaite par points, qui, sous prétexte d'être plus justes ou égalitaires, est de fait très pénalisante pour toutes les carrières heurtées, les carrières les plus précaires, celles et ceux qui sont déjà dans leur vie active en difficulté.

Entre la retraite et le chômage, il y a aussi ceux qui ont des boulots non... Ceux qui font l'objet de CDD d'usage, par exemple ceux qui travaillent dans l'hôtellerie, la restauration, ce qu'on peut appeler aussi les intermittents de l'emploi, parce qu'ils ne sont pas sous le régime de l'intermittent. Ils n'ont pas de régime spéciaux comme les intermittents du spectacle, mais ils ont aussi un travail discontinu.

Oui, oui, ils pourraient payer la facture, sachant que derrière, et c'est un peu comme sur la santé, son modèle vise aussi à niveler par le bas cette solidarité intergénérationnelle, tout en favorisant, y compris via des exonérations fiscales, en favorisant le recours à l'assurance privée pour celles et ceux qui ont les moyens. Donc on a toujours ce système, ce double système, un minimum insuffisant pour la majorité est libre à celles et ceux qui ont le plus de revenus, y compris qui sont favorisés, on va y venir, tu parles à la fiscalité de Macron, de se tourner vers le privé pour garantir une retraite plus favorable.

Oui, alors justement, là c'est là qu'on va attaquer le vif du sujet de sa politique fiscale. Il met la pression sur les classes populaires, sur les travailleurs précaires, quels qu'ils soient, les retraités précaires aussi, avec la hausse de la CSG, la réforme des retraites qui est toujours dans les cartons.

Et en même temps, on a des avantages fiscaux qui ont été votés pendant tout le quinquennat, la flat tax, la baisse de l'impôt sur les sociétés, la suppression de l'ISF, et puis des niches fiscales en pagaille, évidemment c'est lui qui était à l'initiative du CICE, puis il y a toutes les autres niches fiscales problématiques, comme la niche COPÉ, on y reviendra, qui sont tout autant de manque à gagner pour l'État. C'est une politique qu'on pourrait qualifier d'inégalitaire. – Oui, très inégalitaire, le bilan est là, c'est l'aspect du bilan, je pense, le plus connu, peut-être, de Macron, le plus emblématique, le président des riches, c'est le président des riches.

– C'est aussi des revendications des Gilets jaunes, justice fiscale. – Tout à fait, on l'a retrouvé… – C'était très prégnante dans les mouvements à l'époque. – On l'a retrouvé très rapidement, alors de fait, parce qu'il ne s'en est jamais caché, qu'il allait mener une politique pour les ultra-riches, en essayant d'habiller tout ça et un petit enrobage, en nous expliquant que tout cela allait bénéficier à tout le monde via le ruissellement magique, qui allait permettre à l'ensemble de la population de bénéficier de ces cadeaux faits aux ultra-riches.

On a vraiment un réel, une politique très cohérente, encore une fois, chez Macron, de soutien aux revenus financiers, avec un triptyque, baisse de l'impôt sur les sociétés, qui permet aux entreprises, notamment aux grandes entreprises du 440, de verser davantage de dividendes. La mise en place du prélèvement forfaitaire unique, qui permet aux bénéficiaires, justement, de ces revenus financiers, de ne plus être soumis à un impôt progressif mais à un impôt forfaitaire, et donc de payer moins d'impôts sur le revenu via cette mesure. Et puis enfin… Parce que, pardon, je te coupe, mais la flat tax, c'est un peu l'effet pervers, sans doute, prévu par Emmanuel Macron, dans le sens voulu.

C'est qu'on remarque que maintenant, que les patrons d'entreprises ne se payent plus nécessairement en salaire, mais justement, en revenus boursiers ou financiers, parce que, il vaut mieux payer 30% de flat tax que 45% de tranches marginales de l'impôt sur le revenu. Bien sûr.

Ce processus, en tout cas, de financiarisation, y compris des revenus des grands dirigeants, n'émerge pas ou n'apparaît pas avec Macron, mais est favorisé, est facilité par Emmanuel Macron qui, troisième mesure, au-delà du PFU, et ça va dans le même sens, avec une suppression de l'ISF, remplacée par un impôt sur la fortune immobilière, mais qui, de fait, exonère, encore une fois, les ultra-riches bénéficiant de ces revenus fiscaux, de la finance, exonérant de la solidarité nationale et donc, leur permettre de faire sécession vis-à-vis de la société en ne payant pas leur juste part d'impôt.

On a là, vous l'avez dit en introduction, un président qui vient aussi d'un certain milieu, banquier d'affaires et donc, qui est nourri par ce capitalisme financier pour lequel il a mené une politique. L'ISF est emblématique. On le savait, il le savait, ça serait peu populaire, mais il le fait pour marquer une orientation politique, compris parce que ce n'est pas tel qu'il était, même de son point de vue libéral, une ressource qui était telle qu'il devait absolument faire ce cadeau-là. Les cadeaux du PFU ou de l'impôt, la baisse sur l'impôt sur les sociétés sont plus importantes.

Mais l'ISF est emblématique de ce qu'il voulait dire et de ce qu'il voulait faire et de ce qu'il nous envoyait, enfin, ce qu'il renvoyait à l'ensemble de la société. Les libéraux, effectivement, tu parlais de ruissellement. Ces avantages fiscaux étaient censés aussi supposer motiver l'investissement, etc. Là aussi, en fait, ce bilan-là, il est aussi désastreux parce que, en fait, ce n'est même pas nous qui le disons, c'est France Stratégie dans un rapport qui explique que ce soit en termes de départ de missiles fiscaux et aussi bien d'investissement. Les effets escomptés par Emmanuel Macron, en tout cas, ceux qui prétendaient vouloir voir naître, n'ont pas lieu.

En fait, il y a l'investissement nord par pas, les domiciles fiscaux continuent de s'en aller. France Stratégie, le rapport de France Stratégie est assez clair là-dessus. C'est ça. On reprend le rapport de France Stratégie parce que c'est important. Ce n'est pas une officine d'attaque. Les services même du gouvernement font le bilan de cette politique du ruissellement qui était une fable. Une fable que l'ensemble des économistes sérieux pouvaient déjà dénoncer en 2017-2018.

Là, les faits sont têtus comme disait l'autre et on voit bien que cette politique ne mène à rien, n'est pas efficace d'un point de vue économique, en tout cas, par rapport à ce qui avait été promis, si ce n'est effectivement de favoriser l'enrichissement de quelques-uns qui bénéficient. France Stratégie qui le dit, c'est 40 000 foyers fiscaux, c'est 0,1 % de la population. Prenons la mesure d'une politique favorable à 0,1 % de la population française. On a là, effectivement, une politique qui n'a pas d'effet escompté promis pour une classe dominante qui est bien servie.

Emmanuel Macron avait affirmé lorsqu'il avait mis en place cela, c'est toujours l'imposture Macron dans ses œuvres, qu'il regarderait les effets et qu'il corrigerait sa politique si les effets escomptés n'étaient pas au rendez-vous. Le rapport France Stratégie est sorti, Emmanuel Macron n'est jamais revenu sur ses politiques et annonce d'ores et déjà que dans son programme à venir, il ne remettra pas en cause la politique fiscale qu'il a mis en œuvre.

Pourtant, vous évoquez dans le bouquin un rapport du Comité pour un audit de citoyens de la dette publique qui estime que 59 % de la dette provient des cadeaux fiscaux parce que c'est aussi ça qu'un jour, on nous parle tout le temps de la dette sans arrêt de la dette. Les politiques en termes de services publics auxquelles on a affaire sont des résultantes de la rhétorique austéritaire de Bruxelles, de l'Allemagne, etc.

Donc, 59 % de la dette provient des cadeaux fiscaux et Philippe Léger qui est économiste atterri estimait, il disait qu'on ne peut pas faire d'estimation exacte mais que le manque à gagner en termes de recettes fiscales provoquées par les niches fiscales donc le CICE, la niche COP, pourrait s'estimer autour de 100 milliards d'euros par an et d'ailleurs, on rappelle encore que Macron est l'artisan du CICE, alors cette dette-là serait facile à résorber si on faisait un petit peu le boulot d'aller chercher l'argent de là où il se trouve. ce qui n'est pas fait. Ce qui n'est pas fait.

Première chose à rappeler sur la dette parce qu'on a le discours et là, ça va revenir très fort, y compris dans la campagne sur, vous comprenez, il faut mener une politique de bon père de famille, discours à la fois erroné en termes économiques, un peu patriarcal sur les bords avec le modèle du bon père de famille, erroné parce que l'État peut s'endetter de manière continue, il fait rouler sa dette. Ce n'est pas comme un ménage puisque l'État a priori est comme une entreprise, ce n'est pas comme une entreprise puisque l'État a a priori une vie perpétuelle. La première chose à rappeler c'est que la dette c'est positif, il y a une bonne dette.

On a besoin de s'endetter pour mener des investissements, on a affaire à des enjeux environnementaux majeurs, climatiques et on a besoin pour financer la bifurcation écologique et sociale de mener des investissements importants et donc de s'endetter. Ça c'est une chose. Puis ensuite il faut regarder effectivement quelle est la part et comment on peut comprendre l'endettement. Est-ce que l'endettement s'explique par des investissements pour des hôpitaux, des écoles, pour la bifurcation écologique et sociale ou est-ce que la dette s'explique par des recettes qui ont été supprimées, une baisse des recettes et ou par des taux d'intérêt trop élevés.

Bon, ce que, alors c'était en 2014 mais aujourd'hui on pourrait faire le même travail puisqu'au moment de la crise grecque le collectif pour un audit citoyen de la dette dans lequel l'attaque était très investie a effectivement estimé et pas estimé c'était à partir de rapports de la Cour des comptes notamment, etc. que la dette à l'époque était constituée ou en tout cas s'expliquait à 60% environ par des baisses de recettes.

C'est la même chose sur la santé on l'a vu tout à l'heure c'est-à-dire qu'il y a toujours cette politique libérale qui consiste à baisser les recettes pour ensuite nous dire que les caisses étaient vides et donc que nous ne pouvions pas mener une politique sociale et solidaire. En fait j'ai même son objectif de résorber la dette ça aussi ça ne sera jamais atteint puisque en fait la dette continue de se creuser à cause des cadeaux fiscaux qu'il fait sans arrêt depuis le début de son quinquennat.

Alors en partie il y a une autre partie de dette qui s'explique 59% en 2014 là il faudrait faire ce travail justement mais il faudra aussi attendre un peu et on aurait besoin de plus de transparence notamment sur toutes les aides qui ont été déversées sans aucun contrôle et aucune conditionnalité sociale ou économique mais on a vu que l'État et on ne remet pas en cause que l'État a justement pallié pendant la crise Covid aux déficiences du marché c'est bien la preuve qu'on a besoin d'une intervention publique et que l'économie ne peut pas se résumer à l'autorégulation magique du marché.

Fermons la parenthèse donc sur la dette qui vient il y a une partie qui va s'expliquer par la dette dite Covid liée aux deux années qu'on a pu vivre et puis une partie de la dette effectivement qui se constitue par des cadeaux fiscaux faits aux plus riches et c'est presque le double effet qui se coule de la dette en plus parce que ces plus riches bénéficient davantage de ressources via des exonérations fiscales ressources qui vont pouvoir lorsque les taux d'intérêt vont augmenter faire fructifier sur des marchés financiers qui vont prêter aux États qui sont obligés de se financer sur les marchés financiers.

On est dans un système qui est effectivement totalement injuste et inefficace pour répondre aux urgences de l'heure qui sont sociales et écologiques. Pour finir l'autre volet important en tout cas l'autre aspect important de la présidence Macron c'est pour mettre ça à côté du néolibéralisme mais aussi l'autoritarisme. On se souvient des violences qui avaient déjà eu lieu pendant les manifestations des cheminots les grèves des cheminots les grèves perlées de 2018 alors ça a été encore bien plus exacerbé sous les gilets jaunes on se souvient des mutilés gilets jaunes perdu des mains des yeux etc.

Il y a eu la loi Asile et Immigration il y a eu la loi Sécurité Globale il y a eu sa gestion de la crise Covid aussi où d'un côté il parlait sans arrêt de responsabilité individuelle la rhétorique libérale l'éternelle rhétorique libérale et en même temps une espèce de gestion qui visait à essayer de cajoler au maximum les anti-masques à l'époque c'était des anti-masques ce terme était même sorti à l'époque on parlait de gouvernement tachiro-trumpiste quel constat vous faites vous attaque de cette gestion autoritaire de l'État ?

On a un néolibéralisme ultra-autoritaire qui ne s'arrête pas aux frontières de notre pays on a un néolibéralisme aujourd'hui qui a failli à construire un projet enviable et à avoir l'adhésion large de nos concitoyens en France mais ça se retrouve dans d'autres pays et que l'arme de la répression est utilisée dans un certain nombre de pays on pourrait développer et vous avez très bien noté combien la succession des lois d'exception la répression des mouvements sociaux la dissolution maintenant d'associations ou les menaces on pense aux sites d'informations d'entrée voltée etc.

Donc on a un dispositif ultra-autoritaire est-ce que c'est du tachiro-trumpisme je me méfie toujours des analogies c'est un peu provocatrice c'est volontaire mais non non mais c'est pour marquer effectivement qu'on a un néolibéralisme on n'a pas un libéralisme qui serait en même temps économique et politique garantissant les droits et les libertés publiques on a effectivement un néolibéralisme ultra-autoritaire après Macron n'est pas Trump parce que sinon on met où Zemmour voilà c'est pas exactement forcément les mêmes bases sociales etc.

et j'espère que Macron ne restera pas dans l'histoire comme Thatcher et c'est à nous de faire en sorte que Thatcher qui a réussi quelque part son coup de force est d'imposer la contre-révolution néolibérale même si Macron nous a fait mal et on l'a vu avec le bilan les mouvements sociaux ont mis des coups d'arrêt c'est les gilets jaunes c'est aussi le mouvement contre les retraites qui est un marqueur de l'impossibilité pour l'instant des néolibéraux à complètement imposer leur modèle ici en France et donc Macron n'est pas Thatcher en ce sens où il n'a pas réussi à défaire le mouvement ouvrier et a complètement imposé la contre-révolution néolibérale c'est à nous mouvements sociaux en lien avec les mouvements syndicaux etc à construire la résistance pour faire échouer son entreprise et faire en sorte qu'il ne reste pas dans l'histoire au-delà de la petite provocation du petit mot valise provocateur dans les débats à gauche on dit souvent que Macron flirte avec l'extrême droite en tout cas avec les milieux conservateurs aujourd'hui on a quand même peut-être qu'on pourrait aussi appeler un chat un chat et dire qu'il a gouverné aux portes de l'extrême droite ou dans l'antichambre de l'extrême droite et qu'aujourd'hui on a quand même deux candidats d'extrême droite Marine Le Pen Eric Zemmour qui sont à 15% peut-être l'un des deux sera au second tour donc après avec le report de voix on ne sait pas du tout à quel niveau Emmanuel Macron et Marine Le Pen ou Eric Zemmour est-ce que la politique d'Emmanuel Macron n'a pas permis cette conjoncture politique celle à laquelle on a affaire maintenant au lendemain à la veille pardon de l'élection présidentielle évidemment Emmanuel Macron par ses choix politiques par son entourage je pense notamment à Jean-Michel Blanquer on n'a pas parlé d'éducation mais on aurait pu en dire beaucoup Darmanin voilà il y a un certain nombre de tristes personnages qui participent du fait de faire sauter les digues Sarkozy en son temps avait aussi fait sauter un certain nombre de digues là on a un gouvernement qui par des lois par des discours continue à sauter ces digues et quelque part à dérouler le tapis rouge à l'extrême droite bien sûr pour des jeux des calculs politiques bien sûr qui jouent un jeu très dangereux l'extrême droite on s'en souvient on le sait au Brésil avec Bolsonaro combien ça ça libère des énergies violentes et de haine et qui sont qui se retournent toujours contre les mouvements sociaux et les organisations syndicales donc c'est une menace aujourd'hui que l'amplification du poids de l'extrême droite dans notre société y compris de ces groupes violents et militants de l'extrême droite et Emmanuel Macron et son gouvernement ont une responsabilité évidente dans la situation politique de ce pays pour conclure si Emmanuel Macron venait à être réélu en mai 2022 à quoi petit faut-on s'attendre est-ce que ça va être pire encore quel cauchemar évidemment on n'a pas envie de se réveiller fin avril avec un deuxième mandat d'Emmanuel Macron on voit pourtant tous et toutes là vu de la dynamique de campagne que le barrysant pour l'instant tombe plutôt à droite alors après rien n'est jamais joué on sait que si Emmanuel Macron ou Valérie Pécresse je veux dire c'est le même agenda politique et je parle pas de Zemmour ou de Le Pen qui partagent de fait les mêmes politiques et les mêmes options ultra-libérales et violentes on sait bien que ça sera du travailler plus avec une remise en cause des retraites que c'est la fin d'une en tout cas la volonté de mettre à bas les statuts et les protections sociales encore plus de briser l'ensemble des collectifs et des solidarités après rien n'est joué rien n'est joué dans les semaines qui viennent c'est à dire que alors nous pour nous Attaque on est là pour les mouvements sociaux on mènera pas campagne sur la présidentielle mais on aspire à avoir un printemps des luttes et des mobilisations avec un agenda qui est important et qui est en train de se construire le 8 mars j'en ai parlé le 12 mars avec des mobilisations pour le climat le 17 mars avec une mobilisation qui vient d'être appelée par les organisations syndicales pour les salaires et le pouvoir d'achat avec une journée de grève le 19 mars une manifestation contre le racisme etc.

donc on va avoir des mobilisations importantes au mois de mars qu'il faut qu'on réussisse qu'on amplifie c'est la réponse des mouvements sociaux à la tonalité politique de ce pays pour faire en sorte que les vraies questions l'urgence écologique sociale démocratique soient au cœur des débats publics pour qu'on fasse avancer aussi nos idées nos alternatives nos propositions et puis écoutez si au mois de mai la traduction politique dans les urnes confirme je veux dire l'ascendance d'une politique ultra-libérale on sera encore là on sera là pour défendre nos conquis sociaux contre leur projet de retraite etc.

et bien sûr que les choses ne sont jamais données d'avance Emmanuel Macron ni personne ici ne pensait voir les gilets jaunes émerger en 2017 et donc la colère c'est ça et la colère sociale est forte dans ce pays on sait très bien qu'un deuxième mandat d'Emmanuel Macron ou de ces concurrents de ces faux concurrents ultra-libéraux ne va résoudre aucune des questions qui ont été posées par les mobilisations qui ont marqué ce quinquennat Merci beaucoup Julien Révoire Merci à vous merci aux médias C'est grâce à vous citoyens qui financez le média que nous pouvons vous proposer ce genre d'émission où nous pouvons inviter des experts des intellectuels ceux qui donnent une autre voix que celle de la doxa néolibérale c'est grâce à ça que j'ai pu interviewer Julien Révoire d'Attaque sur le bilan d'Emmanuel Macron qui n'est pas bien reluisant pour que le média puisse continuer à vous proposer ce genre de sujet ces interviews puisse vous proposer des enquêtes commenter l'actualité sous un autre angle vous pouvez nous financer vous pouvez aller sur le site lemédiatv.fr et devenir sociaux vous abonner faire un don merci beaucoup merci beaucoup vous abonner

37:00
Locuteur

vous abonner vous abonner