Elisabeth de Fontenay : "Je n'ai jamais accepté de traiter mon frère comme un cas clinique"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Quelle est cette différence qui vous sépare lui et vous ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Vous avez choisi de poser votre regard au fond de ses yeux à lui, pourquoi ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Vous écrivez qu'il manque la subjectivité à votre frère, pouvez-vous préciser ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Pourquoi n'avez-vous jamais accepté de le traiter comme un cas clinique ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Vous parlez de son absence d'empathie, comment l'avez-vous vécu ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre sur lui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Elisabeth de FontenayFait
« Il a été un enfant différent et il reste un adulte et un vieil homme différent. »
- 5:00Elisabeth de FontenayFait
« Il manque ce sur quoi j'ai beaucoup travaillé toute ma vie pour moi probablement à cause de lui il lui manque la subjectivité la conscience. »
- 9:00Elisabeth de FontenayFait
« Le mal dont il pâtit c'est l'innocence ils ignorent la malveillance le mensonge la dissimulation. »
- 13:00Elisabeth de FontenayFait
« Mon frère n'est plus ce qu'il était depuis l'âge de 17 ans. »
- 15:00Elisabeth de FontenayFait
« Je n'ai jamais rien entendu d'autres que psychose infantile ce qui ne veut pas dire grand chose. »
- 19:00Elisabeth de FontenayFait
« La perfection de la langue la perfection de la syntaxe le choix des mots est quelque chose de tellement important. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
bienvenue dans la deuxième partie de la grande tablée dans l'actualité des idées aujourd'hui la quête d'un ailleurs inaccessible avec notre invité la philosophe élisabeth de fontenay pour gaspard de la nuit qui paraît chez stock elle vient de recevoir le prix femina essai pour ce livre cette autobiographie de son frère comme elle l'appelle auquel elle prête sa voix une fraternité retrouvée par l'écriture pour celles dont le travail était traversé jusqu'ici par la question juive et la condition animale bonjour elisabeth de fontenay movie quelle est cette différence qui vous sépare lui et vous eh bien il a été un enfant différent et il reste un adulte et un vieil homme différent différentes qui différent de moi bien sûr mais différent de tous les autres on va de beaucoup d'autres statistiquement et il manque ce sur quoi j'ai beaucoup travaillé toute ma vie pour moi probablement à cause de lui il lui manque la subjectivité la conscience ce soir la bosnie les dires je visite la possibilité de dire tu vois là la différence entre nous et quand on peut dire jeu quand on peut dire tu quand on peut avoir cette subjectivité on peut aussi raconter sa vie et regarder à l'intérieur de soi vous avez donc choisi de poser votre regard au fond de ses yeux à lui il est beaucoup question de vos regards réciproques dans ce livre de cette différence il vous est arrivé de ne pas vouloir la voir de détourner le regard oui bien sûr bien sûr de même que de même que lui détourne le regard quand il se regarde dans la classe je crois que ce qui lui manque c'est le stade du miroir pour parler comme comme lacan et c'est vrai que je me suis dit tournée lui parce que eh bien j ma vie à conduire à mener et et mes parents s'occuper de lui et puis ensuite tu as ensuite quand le dernier de mes parents est mort ces retombées si j'ose dire sur moi j'ai été chargé de lui et à ce moment là la responsabilité écrasante et et le malheur sont tombés ce moment et je n'ai plus je n'ai plus pu l'abriter dans une dans mon exception splendide de des philosophes il a fallu que je fasse face à son à son existence à son absence de réponse à son absence d'empathie à beaucoup de choses qui me faisait beaucoup souffrir parce que ne jamais accepter de le traiter comme un malade j'ai jamais faite psychanalyse donc je n'ai pas interrogé ma relation avec lui et j'ai toujours traitée comme quelqu'un de normal c'est à dire en faisant des scènes en anglais quand il ya des choses qui me plaisait pas qui était dangereuse et je n'ai jamais comme un cas clinique ça je ne pouvais pas je n'ai pas les moyens je ne suis pas médecin je sais pas et soignante je sais pas un devis voilà et j'ai toujours été partagée entre tout certaine est exaspération de son état et une très grande pitié et un très grand amour et souvent quand on rudoie l'autre c'est aussi parce qu'on espère au fond une réaction c'est exactement ça j'ai toujours espéré de lui une réaction et jamais je n'ai obtenu sauf de réaction pour se conformer à ce que sa mère lui avait appris de bouffe nabeul de poly de sociable de courtois et là il y faisait un effort chaque fois que je lui remet à fait remarquer quelque chose il fait un effort mais je porte sur toutes les questions en rapport avec la réalité se passe rien elle vous racontait comment plus jeunes à y avait là peut-être la peur ou la crainte qu'il vous ralentissent vous vous étiez une fonceuse et il fallait accélérer donc pas trop regarder la différence de l'autre de votre frère et comme en hausse il est devenu quand vous avez pris conscience de votre différence de sa différence à lui un empêcheur de tourner en rond il y a eu de l'agacement ya eu de la colère aussi face à cette absence d'affect cette apparente froideur son indifférence vous écrivez le mal dont il pâtit c'est l'innocence ils ignorent la malveillance le mensonge la dissimulation il réagit depuis si longtemps comme une victime le mal dont ils pâtissent et l'innocence ski très particulier dans cet ouvrage qui est pas vraiment un essai même s'il vient de recevoir le prix femina essai c'est un document c'est une autobiographie de votre frère c'est que vous ne nous met pas cette différence vous lui donnez pas un nom précis alors qu'on a tellement l'habitude et de diagnostiquer et d'étiqueter ces différences parce que ça nous rassure aussi mon frère mon frère à 89 ans et à l'époque de son enfance de son adolescence l'appli catherine heuzey pas de techno stick très clair et je n'ai jamais rien entendu d'autres que psychose infantile ce qui ne veut pas dire grand chose psychose infantile mais il n'est pas autiste encore qu'ils s'accouplent avec la réalité que face ressembler à un autiste mais il n'est pas autiste il n'est pas non plus complètement délirant il a été un peu délirant mais très très peu donc moi je ne sais pas comment nommer j'ai demandé est de beaucoup de mecs sains personne ne m'a répondu vous allez demander à des médecins et vous avez aussi fouiller dans les tiroirs de vous par will avéré il y avait rien retrouvez les d'y aller les diagnostics possible les feuilles médical psychose infantile c'est quoi c'est une maladie oui c'est une maladie c'était on parlait de l'adresser frais ni à ces termes pour dire que vous ferez réfère est un schizophrène peut être qu'ils le seraient devenus je ne sais pas s'il n'avait pas été traitée par des neuroleptiques en suisse les nuls les pics qui l'ont complètement hébété mon frère n'est plus ce qu'il était depuis l'âge de 17 ans voilà mes psychose infantile c'est aussi un état qui pourrait être transitoire donc c'est aussi un espoir c'est peut-être cette différence dont on pourrait sortir peut-être est-ce que votre mère elle a beaucoup vécu avec cet espoir là celui du déclic celui de la guérison non mais elle a beaucoup vécu avec l'espoir d'une amélioration par exemple à l arrivée n'est pas dans une ferme en suisse une femme quitte qui dépendaient de l'établissement psychiatrique où il avait été elle a beaucoup rêvé de l'installer à la campagne dans une ferme et c'était un thérèse tout à fait fou donc elle elle délire est un peu sur son amélioration sur sa capacité de vivre autonome mais jamais je crois que jamais un à penser à une guérison je pense que sa différence était trop ancien pour qu'elle puisse penser à une guérison je pense qu'il a été là je ne peux pas je peux pas le dire je pense qu'il a été un enfant qui ne s'oublie pas alors pas une guérison est peut-être pour lui la possibilité d'être autonome pour lui la possibilité à un tout petit peu plus normale dans un monde disons le franchement elisabeth de fontenay qui a beaucoup de mal à faire une place à la différence à la normalité à tous qui dévie un tout petit peu de la norme ce frère vous l'avez renommée gaspard aujourd'hui vous livrer votre secret tout en cherchant à percer son mystère il est en apparence écrivez-vous absent à lui même mais que se passe-t-il dans dans ce monde dans son monde de quoi est-il peuplé et quelle est sa place dans notre monde à nous c'est aussi ça que vous cherchez en tentant de l'écrire en tentant de le raconter vous êtes convaincu aujourd'hui qu'il a un monde intérieur bien à lui je veux être convaincu que glam en intérieur mais je n'ai aucun moyen de le savoir aucun moyen de le prouver je sais qu'il n'est pas une forteresse vide j'ai trouvé trop connu enfant avec des avec des fantasmes avec des avec délire et puis là trou de 2 stéréotypie peau qu'il n'y a rien derrière mais encore une fois n'étant ni médecin ni psychothérapeute je ne peux pas induire la moindre sens de saumon à l'intérieur mais je forme la conjecture qu'il y a à mon intérieur qui était pas possible qu'il n'y ait rien puisque aussi bien on a compris peu à peu que chez les animaux eux-mêmes y avait un monde intérieur est ce qu'on peut appeler ça un monde intérieur je ne sais pas un monde heidegger a dit que les animaux étaient des êtres sans monde je crois qu'il s'est beaucoup trompé sur ce point et je fais un petit passage petit analogie très prudente entre mon frère et certains animaux et je pense qu' il ne peut pas ne pas avoir du soc derrière une direction des du désir du désir meurtri désir qui ne peut pas s'exprimer mais du désir pur est le fait qu'il ait fait de psychothérapie appris à l'âge de 15 ans cliquot thérapie qu'à libérer complètement sa sa parole ne parlait pour ainsi dire pas montre bien que que les choses ne sont pas simples et de ce point de vue là j'ai une reconnaissance est perdue pour les travaux de mode mannoni qui a tout fait pour psychanalyse et aux psychothérapies le tract pour faire écho thérapie de d'enfants anormaux d'enfants rires et comme on disait et il n'a pas eu affaire à elle il est trop vieux pour cent mais les travaux de one man au nikki qui met en cause les évaluations les tests les tests jambes des ciments et qui dit que derrière la respiration il y a de l'inhibition et que l'aération est parfois parfois à symptômes c'est quelque chose qui me qui m'a beaucoup apporté dans l'écriture de ce livre qui est pas beaucoup porter pour présumer du sens sens à sa vie parce que vous avez évoqué déjà les neuroleptiques ya eu là quasi vraiment une camisole chimique pour lui quand il a été interné et c'est vrai qu'il y a une vieille de nombres polémique controverse entre la psychanalyse la psychiatrie et la neurobiologie notamment aujourd'hui sur les causes et la manière de peut être remédié à cette différence avec derrière tout ça une culpabilisation des parents et surtout des mères d'enfants différents d'enfants autistes derrière aussi cette notion de psychose infantile mettre des mots sur des univers sur des sentiments auxquels on n'a pas accès c'est aussi la démarche qui a suivi sandrine bonnaire à l'occasion de la réalisation d'un documentaire autour de sa soeur lourdement handicapée elle s'appelle sabine c'est le titre de ce film extrait sa ville - tu vas partir en vacances bruit tu vas aller où je sais pas encore on sait pas qui va l'île d'oléron comment tu le sais je sais pas toi tu n'as pas bien quoi et on m'a dit que tu avais essayé de passer par la fenêtre tu me racontes ça je me suis pas fait faillite jeter par la fenêtre je regardais à la fenêtre comme ça donc a pas eu envie de jeter par la fenêtre non qu'il a fait une fois ça un jour je me suis déjà jeté par la fenêtre c'est vrai que c'est un mode qu'elle connaît c'est un mode de communication qu'elle a déjà employé donc de lui faire comprendre un petit peu d'où est-ce que ça provient et comment est-ce qu'on peut exprimer les choses de façon différente voilà c est ce que c'est un peu contradictoire parce qu'elle s'exprime quand même très très bien elle sait ce qu'elle veut ce qu'elle veut pas et en même temps elle va passer par une défenestration pour exprimer le souhait de partir en vacances c'est quand même elle est quand même dans un passage à l'acte aussi souvent et ça se fait partie de son moyen de communication c'est à dire qu'effectivement au niveau de la parole il ya une facilité à parler à dire les choses mais en même temps le seul moyen que trouve pour bien marquer les choses et faire en sorte je vais dire quelque part que les gens s'intéressent encore plus à elle c'est de passage à l'acte il forme d'écriture quel langage avez vous choisi de vous dire que si j'avais pu parler le confrère comme ça en attendant une bonne herbe 1 par l'inter j'aurais été très heureuse parce que c'est ça une vraie communication même si passage à l'acte et est complètement terrifiant évidemment je n'ai jamais connu ça et sans avoir réponse à tout parce qu'on voit aussi l'intermédiaire le la soignante qui traduit aussi c'est ça le fasse entier ça du coup pour raconter votre frère avoue qu'elle n'engage qu'elle syntaxe avez vous choisi la plus classique possible parce que c'est la seule façon pour moi de décrire et parce que la perfection de la langue j'espère j'espère que ma langue est parfaite peut-être que je me vante est ce que l'interdiction de la langue a été une chose très importante pour mes parents mon père était avocat y lisait ses plaidoiries à ma mère et quant à ma mère qui était d'origine juive russe et qu'ils avaient fait il ya des nez à odessa méga fait ses études en france la perfection de la langue la perfection de la syntaxe le choix des mots est quelque chose de tellement important que cette manière de lui rendre hommage que décrire le mieux possible alors ne pas se laisser aller au moindre familiarité donc j'ai choisi une manière d'écrire pour une fois très très convenue mais aussi un peu chaotique et je revendique ce chaos non parce que je suis une diderot sienne et que diderot adorait chose les textes fait de pièces de morceaux la bigarrure comme il disait et ensuite parce que parler de mon frère ça ne peut être que chaotique ça ne peut pas être un discours suivi systématique unifiée quelque chose de discursif donc j'ai j'ai fait des petits paragraphes un peu disparates puisque j'ai alterné des paragraphes de philosophie l'histoire l'histoire de la psychiatrie l'histoire du nazisme de réflexion philosophique personnelles sur des cartes des citations d'althusser de marguerite duras c'est tout ça est très chaotique n'est peut-être pas le mot battrai encore une fois très très disparates et gelé voulu comme ça je ne pouvais pas le faire autrement et je suis très reconnaissante à mon éditeur d'avoir accepté ce livre sous cette forme est très reconnaissante aussi au prix femina au jury du prix femina d'avoir donné un prix un livre qui j'ai quand même assez bizarre chaotique aussi et la mémoire et c'est un livre de souvenirs donc un oui un livre qui fonctionne par bribes par l'agm en voilà elisabeth de fontenay c'est lui-même qui lui fait défaut c'était aussi une entreprise que vous avez entamé mais quitte est une entreprise risquée puisque il vous fallait combler cette absence sans le réduire sans l'enfermer est ce que vous avez eu peur de le trahir oui bien sûr que oui et encore maintenant je j'ai le sentiment de ne divulguer à secret est de faire commerce de ce secret voilà je suis tu je me sent très coupable je me suis toujours senti très coupable vis-à-vis de lui parce que j'ai le sentiment d'avoir tout prix avoir tout pris et en même temps je ressemble beaucoup j'ai beaucoup de déficience sont semblables aux siennes mais que tout même julie et tout prix et j'étais un peu le fils mes parents quelque sorte et cette probabilité originaire originaire nom puisqu'il est né après moi n'est pas originaire ce n'est pas le péché originel c'est quelque chose qui est très ancien ce double et sacre en la culpabilité commercial de ce livre sauf que c'est un partage aussi écrire un livre et en parlant de votre culpabilité vous enlevez aussi peut-être un peu de culpabilité chez ceux qui se sont retrouvés ou qu'ils ont ressenti les mêmes situations que vous parce que vous parvenez à mettre des mots sur des sentiments des émotions que beaucoup cache où se cache cette culpabilité ce secret que vous avez peut-être le sentiment de trahir vous le manifester par ce choix que vous avez fait de changer son prénom et vous l'appelez donc gaspard c'est le titre de l'ouvragé gaspard de la nuit et vous lui rendez à la fin sa véritable identité son vrai prénom parce que vous n'avez plus peur qu'on puisse le reconnaître aussi et vous n'en tirez pas votre frère dans cet ouvrage c'est pas un tombeau littéraire c'est vraiment un ensemble de fragments destinée et vous l'écrivez à l'inscrire plus lisiblement dans la communauté des hommes si je tiens finalement à laisser une trace de ton prénom c'est qu'après que nous aurons l'un et l'autre disparu sans descendance notre nom et nos prénoms survivront un temps dans le clair-obscur des bibliothèques qui sont les seuls tombeau d'où il arrive parfois qu'un lecteur vous fasse revenir c'est une entreprise plein de vie en fait merci molde elisabeth de fontenay à travers ce livre cette histoire de votre frère je lui racontais vous essayer d'éclairer sa nuit à lui c'est un soin qui n'a pas accédé à la possibilité ordinaire est prodigieuse de dire je ecrivez-vous et en parlant de lui vous parler de vous à quel moment vos biographie se rejoignent ou se sont-elles rejoindre dans vos vies quand est-ce que vos vies se sont vraiment croisés je pense que son existence différentes a été présente dès mon choix de la philosophie est constamment présente dans mes à gradation philosophique et politique aussi du reste c'est à dire que je me suis toujours regardé à droite garder à gauche et c'est pas tout ce que je veux dire la la la la droite et la gauche dans mon discours là maintenant mais je me garde se garder de tous les excès en particulier d'excès du côté de l'animal isme je ne suis pas animalis je ne suis pas antispécistes je considère qu'à une cinglante et humaine que l'être humain est un être doué de la double articulation de la parole et que même mon frère qui alertent un être dépourvu mais qui n'en n'est pas dépourvue du dos parce que quand il quand il s'exprime parfois il est très très syntaxique tous les êtres même les sourds mais comme disait descartes même les mêmes les fous même les mêmes les sous qui sont privés de toute rationalité sont dispose en quelque sorte cette double articulation du langage du langage humain et par conséquent mon frère mon frère m'a aidéà à la fois à m'intéresser aux animaux puisque je ne demandais quel était son monde et je réfléchissais sur les monts des animaux je ne conseillerais pas que les animaux étaient son monde et d'autre part il m'a permis de ne pas dériver dans ce que dans ce concept anti spécisme qui est très à la mode aujourd'hui et contre lequel je me bats même si je peux donner l'impression de lâcher la cause animale je ne la lâche pas du tout mais je ne dis je pense que si on ne se remet pas conscients de la différence humaine on ne peut pas se sentait responsable des animaux les animaux ne sont jamais responsables publics ce soir sauf les maires dorpe qui bien entendu est ce qu'on peut appeler ça la responsabilité ne sais pas où ils vont raconter ce déplacement paradoxal comme vous le nommez elisabeth de fontenay vingt ans après le silence des bêtes votre votre ouvrage phare vous rapprocher son silence à celui de l'animal mon attention à l'histoire immémoriale du pâtis errani mal à trouver son origine dans une méditation sur le quasi mutisme de mon frère il vous a appris le silence il vous a appris aussi la vulnérabilité est peut-être la sensibilité de l'autre la sensibilité de l'autre c'est à dire que la sensibilité à l'égard de l'autre la sincérité l'un de l'autre j'espère j'espère qu'il m'a un peu enseignée ça encore que je me reproche beaucoup de comportement un peu un peu rude avec lui mais en tout cas c'est sûr que j'étais constamment dans toute ma vie ma pensée sensibles à l'avenir habilités des vivants des vivants ce qui veut pas dire que toute vie soit égal non bien sûr c'est ça c'est ça qui est important mais vulnérabilité des vivants v de ceux qui ne sont que vivent petit peu d'espoir il pourrait se faire comme mon frère ne soit que vivant je ne crois pas mais il pourrait se faire une joie que vivant il ya des cas la logique terrifiant qu'on ne connaît pas qu'on cache ou vraiment un enfant ou un être adulte ne nous donne aucun signe de sens et bientôt même si on est si on a l'air d'être que vivant on reste quelqu'un de vulnérable qui mérite le respect absolu et ça c'est une parole politique que je prononce puisque le fait qu'en france on s'occupe tellement mal des autistes que tous les parents d'autistes mettent leurs enfants en belgique c'est quand même un signe extrêmement inquiétant de notre culture notre civilisation alors on parle beaucoup du bien-être animal y est vous pensez que lui si on fait ce rapprochement entre les silences vous pensez qu'il a eu une bonne vie maintenant non non je pense qu'ils arrêtent une bonne vie s'il vivait avec moi mais je peux pas vivre avec lui non je pense pas qu'il a une bonne vie et la meilleure vie possible car ma mère a trouvé une institution aux merveilleuses où on le garde est engagé la même institution de l'adolescence à la vieillesse c'est que je te très important ça mais je ne concerne pas qu'il y ait une belgique le bungee non il a je crois que la ligne ne sais pas ce que c'est qu'être heureux c'est parce que c'est ici c'est ce que c'est d'être content mais pas si c'est parce que c'est être heureux est ce que ça veut dire qu'il est malheureux ah c'est une bonne question sera une très bonne question il est malheureux dans certains cas quand je me dispute avec lui et que je suis très en colère il vient se réconcilier parce que ses portes pas il est très malheureux il est content quand on s'est renseigné sur la vie vous raconter cette scène de votre père critiquant la manière dont il se met à table et comme d'habitude il marmonnait quand votre père me disais quelque chose une fois il a répliqué me répondit rien il se taisait mais une fois il a répondu d'une voix très forte laissez moi vivre et vous dites ce cri aurait dû être le commencement d'une véritable existence pourquoi n'at-on rien attendu de ce cri pourquoi est ce qu'on l'a laissé mourir mais en même temps le cri on a laissé mourir le cricri ouvrir enfin bien sûr parce que mes parents étaient des bourgeois de des années les années 50 et qu' il n'y avait pas de culture de tout petits qu'analytique que la psychanalyse elle même était encore exceptionnel l'accord n'avait pas encore vu ses fidèles et ils ont eu je pense jeu mais je reconstruis là ils ont je pense peur de deux filets de venir s'ils se mettent à parler parce qu'il sait bien parler beaucoup quand il a fait cette analyse cette fête tricoter rapides et ils ont eu peur de la violence qui pouvait se réveiller en lui et je crois que tout le monde a fait tous les gens dans leur cas on fait le même la même erreur à l'époque ça va faire appel à ces fameuses neuroleptiques cccc premier neuroleptiques miraculeux qui étaient des athées assommoir durable le sommer pour la vie elisabeth de fontenay vous raconter comment sa présence sa simple existence vous a ouvert les portes d'une philosophie critique adorno horkheimer quelle part du vivant qu'est l'humanité ces philosophes ont aussi réhabiliter vous racontez vos principes ceux qui vous ont guidé à travers lui dans gaspard de la nuit cette philosophie que vous voyez que vous vivez - comme une fuite vers des concepts vers des idées abstraites plutôt que comme un mode de dévoilement personnel à ce sujet je voulais vous faire entendre la voix d'alexandre jollien philosophe auteur de la sagesse espiègle il est infirme moteur cérébral il l'a écrit dans trois amis en quête de sagesse il témoignait de l'importance de la philosophie dans sa vie dans une émission hors champ sur france culture c'était en 2010 call j'ai dit à mes parents je buvais parce que j'étais d'aia je suis touchée d'être ici avec vous par ce qui a déterminé à boma vaughan sur ces deux rencontres étaient aussi deux circuits de minuit l époque vous pouvez pas lire des livres je voyais des philosophes par des deux dj set ya aussi déclare chez donc mon premier contact et la pilosité quelques lignes mais surtout la télévision et c'est là que j'ai pris conscience d'une vocation la philosophie pouvait donner sens à l'épreuve et aimé par amp et une confiance absolue j'étudie d'action repliés aujourd'hui grâce au 10 janvier ça fait presque peur de voir à quoi ça touche des rencontres c'est pour ça je crois de moins en moins la maîtrise de la vie je crois que la vraie maîtrise et se défaire de l'idée d'une maîtrise de la vie s'abandonner mais sans résignation c'est à dire tous mettra ne pour aller mieux mais être détaché du résultat ça m'appartient pas de guérir mais b sur médard faire quelque chose peut-être la maîtrise est beau ce qu'ils disent la maîtrise et se défaire dans la maîtrise alors ça ça me plaît beaucoup est ce que pour vous la philosophie vous a aussi permis de lâcher prise j'ai toujours essayé de me faire servir à la philosophie au lâcher prise au dessaisissement au dévoilement au dévoilement mais c'est pas la même chose d'événements et quand même on dévoile une statue on enlève le lot le rideau qui la cache le désaisissement c'est c'est tout de même de ceux de se défaire de ses de ces deux langages tout fait de ses épines ont tout fait voilà c'est peut-être que c'est ça l'esprit critique mais l'esprit critique n'ont pas la maîtrise du discours de l'autre des autres mais l'expliqué tic comme les agissements de tout ce qui en soi est drôle de ce qu'on appelle la philosophie la doxa l'opinion commune le pignon de même se dessaisir feu et de se dessaisir de la maîtrise qu'on croit avoir parce qu'on écrit bien aussi j'avais une dernière question à vous poser sur le regard que les autres ont pu porter toutes ces années sur ce frère quand il n'était pas loin pour ceux qui l'ont connue vous raconter ce sentiment de honte aux qui aussi qui a pu vous habitez à côté de la colère à côté de l'agacement comment vous expliquer aujourd'hui que notre société est tellement de mal à accepter la différence parce que la société dans laquelle nous vivons et c'est une société de compétition de le libéralisme vous voyez bacrot pour lequel j'ai beaucoup de sympathie mais le modèle macron fait que le modèle macron fait que toute personne qui ne gagnent pas pas bien sa vie qui n'est pas conforme au modèle social et et diminuer et rejeter tout nous tous nous porte à rejeter ce qui ne réussit pas dans la vie est ce que ça tient pas aussi de quelque chose qui serait la peur je vous dis que la peur est ce que ça tient pas aussi d'une peur dans cette différence de l'autre est-ce qu'il ne nous fait pas peur et bien sûr bien sûr et je raconte dans ce livre commandé des gens d'une petite commune de l'environnent paris on on fait tout nous campagne pour empêcher que une maison pour les capter sa salle et j'explique ces braves gens qui étaient pas des gens méchants ne supportait pas de voir des êtres différents des êtres qui leur semblait monstrueux parce que qui semblait absente du jugement du sens et voilà leurs gardes vous savez moi je pas le soin donné parce que mon regard sur mon frère est parfois très cruel mais très très très dur je vais pas de leçon à donner mais n'empêche que si on regarde mon frère un peu de travers je deviens absolument féroce je peux faire des scènes épouvantables en public donc c'est très compliqué c'est à dire une défense farouche de sa différence et en même temps une compréhension du fait qu'on supporte mal cette différence aujourd'hui gilbert jean votre frère vit à toulouse près toulouse vous lui avait apporté ce livre non vous ne le ferai pas non ça ne sert à rien mais elle n'est pas comme la soeur de son bonheur parce que ça lui dira rien merci beaucoup elisabeth de fontenay
Françoise Gaspard