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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 24 juin 2026 21 min

"À l’école, on n’avait pas la clim, on fermait les volets et voilà" (Éléonore Caroit)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour madame la ministre. Bonjour. Soyez la bienvenue.

Vous partez dans quelques heures, je crois, au Climate Resilience Finance Summit qui aura lieu à Londres. Il va évidemment être question du climat, de ses répercussions sur l'économie surtout et de savoir si on est bien sûr adapté ou pas. La pourquoi la France paraît tellement en retard vis-à-vis de de la canicule de ces épisodes de chaleur ?

On les subit plus qu'on les a anticipé et préparé alors qu'on avait été prévenu. Alors, il y a deux choses. Il y a le changement climatique qui existe alors même que certains pays le nit.

Rappelons-nous de Donald Trump par exemple qui parlait de climate change and rappelons-nous de certains dirigeants qui aujourd'hui pensent que cela n'existe pas et que c'est une lubie. Donc la France le sait et non seulement la France le sait mais elle est leader en matière de diplomatie climatique. D'ailleurs, la référence, ce sont les accords de Paris qui, comme leur nom l'indique, ont été signés ici à Paris et nous sommes extrêmement vocaux et puis aussi capable d'entraîner des pays dans ces discussions qui ont un un impact direct sur le climat, notamment avec la ratification du traité sur la haute mer parce que le plus grand capteur de carbone au monde, ce ne sont pas comme on l'a pensé pendant un temps les forêts, c'est les océans.

Donc lorsque l'on s'attaque à ces sujets là qui peuvent sembler pour certains éloignés ou peu importants, la France est là et la diplomatie française en matière de climat est vraiment à la pointe. Maintenant votre question, on le sait, on le sait, on est prévenu, on a fait les accords de Paris, on a parlé du changement climatique et pourtant nous ne sommes pas adaptés comme certains autres pays, plus au sud peut-être, l'Espagne, l'Italie le sont davantage. Alors déjà, vous dites "Nous ne sommes pas adaptés." Nous avons un certain nombre de structures et d'installations qui justement nous permettent de résister.

Il est vrai que nos constructions n'ont pas tout été rénové. Il y a eu un effort justement pour la rénovation thermique des bâtiments qui a été entrepris avec des politiques publiques qui vont dans ce sens. Tout le monde ne l'a pas fait, cela coûte de l'argent.

Cela n'a pas toujours été simple à mettre en œuvre mais la France a anticipé cela. Et lorsqu'on parle d'adaptation au changement climatique, il faut savoir que ce sont des phénomènes qui évoluent constamment. C'est-à-dire que les températures que l'on a aujourd'hui, on a des moyennes qui sont les plus fortes enregistrées, les plus élevées enregistrées depuis que l'on mesure la température.

Donc on voit bien qu'on est face à quelque chose d'anormal. Mais aujourd'hui, vous parlez de climat, tout le monde parle de climat. Moi, souvent euh je me bats pour pouvoir parler de climat à la radio, à la télé parce que ce n'est pas le sujet du jour.

Or, le climat, c'est le sujet du jour tous les jours, les 365 jours de l'année, car en fait, c'est un phénomène en profondeur qui affecte toutes les activités humaines. Maintenant, il y a un débat en ce moment en France sur comment est-ce que l'on adapte nos modes de vie à ces très fortes chaleurs que nous sommes en train de subir, à cette précise vague de chaleur. Mais il y a pas que ça.

Vous avez des fortes pluies, vous avez d'inondation, vous avez énormément de phénomènes qui doivent nous rappeler tous les jours l'importance d'agir sur le long terme, sur les causes. Et sur cela effectivement, il y a des bâtiments qui doivent être climatisés, mieux isolés surtout. Il y a des habitudes à prendre.

Moi, je je lisais par exemple que que une personne faisait un jogging sous 40°gr ou qu'une autre ou que les personnes doivent s'hydrater. Il y a aussi des une éducation, je pense, à faire à ce climat. Euh pour quelqu'un qui comme moi, a grandi euh dans les Caraïbes, je peux vous dire qu'il y a des choses qu'on sait tout simplement parce qu'on a vécu avec et maintenant en France, il va ça va falloir l'apprendre, je pense.

La climatisation, vous avez euh prononcé le mot Sébastien Chenu, député Ren du Nord, vice-président de l'Assemblée nationale, a défendu le plan climatisation proposé par Marine Le Pen. Il était sur France Info ce matin. Ce plan, ce serait de climatiser évidemment l'ensemble des bâtiments publics de notre pays, les ÉPADes, les écoles, les bâtiments qui reçoivent du public.

Ça se fait pas en 6 mois. Moi, j'ai regardé le rapport Pisani en réalité dit avec un fond climatisation, un fond climatisation qui permettrait d'isoler et d'adapter. Alors, c'est pas pareil que si c'est un logement pour des particuliers qui ont besoin d'un climatiseur ou si c'est effectivement un ÉPAD.

Et donc ce rapporté dit il faut 20 milliards d'euros déjà dans ce fond. Si on climatisait l'ensemble de l'Île-de-Fance, tous les bâtiments publics, tous les bâtiments industriels et cetera, et bien la température sur la ville de Paris augmenterait d'un demi degré mais sauverait un nombre de vie incroyable. Madame la ministre Éléonore Carois, est-ce que vous êtes d'accord avec ce plan climatisation voulu lancé par le RN ?

Moi, je je suis assez choquée en fait par ces propos lorsque je pense parce que j'ai siégé à l'Assemblée nationale avec ce député Ren et avec d'autres députés RN et j'ai vu à quel point ils se sont systématiquement et méthodiquement opposés à toutes les mesures qui permettent d'agir sur le phénomène profond qui aujourd'hui cause ces énormes vagues de de chaleur. Qu' s'agisse des qu' s'agissent des normes environnementales. Enfin en réalité à chaque fois qu'il était question de traiter le problème à la source ils ont dit non.

Et maintenant qu'il voit que les Français se préoccupent de de ce qui est en train de se passer parce qu'on le ressent physiquement, etth bien, ils arrivent avec un plan climatisation. Moi, je ne suis pas contre la climatisation. Je pense que dans certains endroits, surtout ceux qui accueillent du public, il faut climatiser.

Il faut climatiser avec des climes qui ne euh génèrent pas euh des gaz refroidissants qui polluent davantage. Il faut le faire avec intelligence, il faut fermer les volet. Moi, moi je suis d'accord avec le fait qu'il faut climatiser intelligemment.

Mais vous savez aujourd'hui les endroits les plus frais à Paris sont souvent les bâtiments osmaniens où vous avez des pierres qui retiennent la fraîcheur. Ce sont aussi comme je vous disais ces habitudes qui permettent aussi de fermer tout simplement les volets lorsque vous avez de la chaleur, ce que l'on fait en Espagne, ce que l'on fait en Italie, ce que l'on fait dans tous les pays chauds. Donc devenir et sortir de son chapeau un soi-disant plan de climatisation généralisé alors même que évidemment la climatisation ces consommateurs d'électricité c'est ça envoie des gaz à effet de serre. tu as tout un certain nombre de c'est un peu trouver une solution opportuniste et facile pour un parti qui encore une fois, rappelons-le, mais je invite chacun et tous ceux qui nous écoutent aujourd'ui aller le vérifier, ont systématiquement voté contre les les lois et les mesures qui permettaient justement de prévenir ces phénomènes.

Mais vous m'avez dit, vous venez de me dire la climatisation c'est consommateur d'énergie, mais l'objectif justement pour lutter contre le réchauffement climatique, c'est de lutter contre les énergies fossiles, pas forcément de de dépenser moins d'énergie qui est issue du nucléaire ou du photoltaïque. En fait, il faut trouver un équilibre, c'estd que vous avez en France un très bon mixte énergétique, notamment parce que nous avons du nucléaire, mais aussi parce que nous avons des énergies renouvelables. Et lorsque aujourd'hui vous parlez d'électricité et que vous pensez que vous pouvez résoudre cette question des vagues de chaleur que nous subissons et du réchauffement climatique tout simplement en mettant en branchant des climes du nucléaire, c'est un peu ce qui nous ce qui nous veulent nous faire croire, c'est une utopie.

Aujourd'hui, il faut aussi passer par une forme de sobriété. Il faut passer par des habitudes, il faut changer nos modes de vie. Ce sont des changements profonds et de sortir encore une fois de son chapeau un plan climatisation parce que nous avons fait des choix politiques au cours des dernières décennies de maintenir une énergie nucléaire alors que certains s'y opposaient et surtout de faire un mixte intelligent avec du renouvelable.

Je trouve encore une fois que c'est un peu se payer de la tête des gens. Mais est-ce que justement c'est par le problème de cette sobriété de cette volonté de sobriété qui fait qu'on n'est pas adapté encore une fois qu'on n pas peut-être assez rénové qu'on a pas mis de la climatisation sans qu'elle soit généralisée ? Je vous ai bien entendu, mais au moins dans les hôpitaux, dans les transports, dans les écoles par exemple, est-ce que c'est pas justement le le l'éner de la guerre ?

Est-ce qu'il a pas été là ? Est-ce qu'on est trop été dans la sobriété ? La la sobriété est toujours une bonne chose dans la matière et vous savez ce qui ce qui va le plus nous aider en réalité sur le long terme, c'est d'avoir des espaces verts, c'est d'avoir des lieux qui ne sont pas goudronnés, c'est d'avoir des lieux où l'on peut vivre justement sans être dépendant, sans être branché en permanence, sans utiliser de l'électricité et qui nous permettent en réalité d'être des espaces vivables.

Et encore une fois, vous parlez avec une ministre qui est carïbéenne, qui a grandi dans un endroit où il faisait déjà ses températures il y a 20 ans et je peux vous dire que à l'école, on avait pas la clim pourtant on fermait les volets et on et moi j'ai fait toute ma scolarité. J'ai eu mon bac et on l'a fait comme cela. Donc je dis pas que c'est la solution.

Me prenez pas mais ce que je veux vous dire c'est que la solution ce n'est pas de mettre la clime à 17°gr ou 18°gr partout parce que ça n'est que c'est une solution temporaire dans les endroits les plus difficiles et j'entends très bien les maîtresses, les parents d'élèv même j'ai des enfants donc je je et je mesure très bien ce que c'est mais mais je peux vous dire qu'il y a aussi un changement de mentalité et que cela passe aussi par une prise en compte de ce qui est en train de se passer là les voilà ils sont fermés mais ça ne change pas grandchose là. Mais oui, mais là aujourd'hui, on est en train de vivre une vague exceptionnelle qui fait que tout le monde tout à coup se réveille sur un problème qui est un problème de long terme parce que le la hausse des température, ce n'est pas que aujourd'hui au mois de juin qu'on la voit. Et donc vous voyez bien que ce qu'il faut c'est adapter, rend enfin mieux protéger, mieux isolé.

Ça veut dire des travaux qui sont coûteux. Lorsqu'on fait ma prime rénove par exemple et qu'on incite les Français à rénover et bien on les incite justement à faire ce type de travaux. Moi, j'ai j'ai fait des travaux chez moi.

Je peux vous dire, j'ai pas mis la clim, mais euh j'ai fait euh de la double paroie, du double vitrage, ça vous coûte assez cher. Heureusement qu'on a justement des soutiens du gouvernement euh pour faire ce ce type de travaux. Mais en réalité, c'est ce type d'action qu'il faut mener.

C'est pas sortir encore une fois de manière très opportuniste et en totale contradiction avec tout ce qui a été voté par ce parti à l'Assemblée. Euh une idée de climatisation généralisée. La justice, j'ai écouté Gérald Darmanin qui était l'invité de ses news hier soir, le ministre de la justice qui affirme que des erreurs ont été commises dans l'affaire Liana.

Je pense qu'on a traité cette plainte ce que je disais voilà il y a 15 jours, comme une plainte ordinaire. Donc on a pris le temps, trop de temps et on a fait des erreurs factuelles, elles sont nombreuses dans la gendarmerie comme auprès du parquet. Et puis ben évidemment, on n pas su protéger cette petite fille dans la chaîne judiciaire enquêteur de gendarmerie et magistrats.

Est-ce que ces erreurs graves auraient pu être évitées si la hiérarchie de la gendarmerie nationale et si la hiérarchie de la justice avait pu remarquer que des gens et ça peut tout à fait arriver dans un monde humain font des erreurs ? Pourquoi on n pas su remarquer qu'il y avait ces erreurs ? Et puis il a un deuxième problème, c'est y a-t-il d'autres dysfonctionnements ailleurs ?

Y a-t-il d'autres affaires Rosa Eliana ailleurs ? Alors ce matin, on a appris via le service police justice d'Europein que les magistrats contestaient les conclusions du rapport d'inspection. Il contestait le fait de désigner des bouc émissaires euh en l'occurrence la la magistrate du tribunal d'Oche.

Ils sont ils se sont regroupés dans une boucle le WhatsApp et envisagent différentes différentes actions. Que ce soit une tribune, que ce soit une journée justice morte et même peut-être de bloquer la boîte mail du ministère de la justice. Est-ce que c'est la réponse qu'on attendait des magistrats ?

Moi, je peux pas m'empêcher de me mettre à la place de la famille de la jeune Liana et puis surtout de tous ceux qui l'ont connu et de toutes celles et ceux qui ont découvert cette situation. Effectivement, ce n'est pas un cas isolé. Effectivement, il y a un certain nombre de plaintes, on l'a vu, qui doivent être traités.

Je pense qu'il faut prendre ce problème avec tout le sérieux, tout toute la enfin toute l'importance qu'il revit aujourd'hui encore une fois comme citoyen, pas comme je vous parle pas comme ministre sur ce que les magistrats répondent et sur comment eux perçoivent cette cette réponse à ce à cette tragédie. Je je comprends qu'il puisse se dire il y a un dysfonctionnement majeur, ce ne sont pas quelques personnes qui sont mises en cause. Et là, c'est une question interne à la justice et puis les faits seront établis.

Et je pense qu'il faut une réponse forte, une réponse euh à la hauteur des événements et que ce que nous dit aujourd'hui le garde des saut, c'est que il prend cette question extrêmement au sérieux et elle est à la hauteur des événements là avec des sanctions, une loi intégrale qui sera examinée à l'automne. Il faut, je pense que un choc numérique aussi, vous voyez, il y a il y a il y a toujours quelque chose lorsqu'on a lorsqu'on a une situation comme celle-là et qu'on prend qu'on réalise collectivement qu'il y a un problème majeur, qu'il faut traiter absolument dans l'urgence, euh la tentation est évidemment de faire une loi et il y a probablement des choses qui doivent être mieux réglementées, mieux légiférées. Cette loi intégrale qui contient 68 dispositions, il semblerait qu'une bonne partie d'entre elles sont déjà dans des décrets.

Il faut une meilleure coordination. Il faut que ces lois justement soient mieux appliquées. Il faut surtout que la justice tire les conséquences de ce qui vient de se passer.

C'est c'est ce qu'on doit à la famille de la victime et c'est do les magistrats notamment. Ah bah les magistrats mais surtout l'organisation du pouvoir judiciaire. C'est-à-dire que si à un moment donné, vous avez un pouvoir en France qui permet soit par un certain nombre, une série, une succession d'erreurs humaines involontaires, mais en même temps le fait qu'elles existent montre bien qu'il y a un certain nombre de défaillances dans le système, et bien vous devez en prendre acte et répondre à cela.

Répondre certes par la voie législative et c'est ce qu'on fait en général en France. On se dit un problème, on fait une loi. Mais généralement ça ne suffit pas, on fait une loi.

Mais il faut aussi s'assurer que cette loi soit appliquée et que cette loi réponde réellement euh au aux questions qui se posent et à cette et à la gravité de de ce cas qui, s'il est extrêmement rare, n'est pas un cas. Pour la première fois, un cas d'ébola a été diagnostiqué en France chez un médecin qui revenait de la République démocratique du Congo, qui est frappé par une importante épidémie en ce moment. La France est le premier pays hors d'Afrique dans le cadre actuellement de cette épidémie hein a confirmé qu'un cas a été diagnostiqué sur son territoire.

Il en a été question au conseil des ministres. Écoutez mot de Brégon la porte-parole du gouvernement. Sur la question d'Ébola.

Euh je n'ai pas davantage de précision et d'informations à vous donner euh suite au communiqués de presse qui je crois a été communiqué pendant le conseil des ministres et donc les autorités sanitaires auront l'occasion euh voilà de euh revenir euh vers vous en tout cas de détailler plus amplement la situation. Le ministre de la santé suit évidemment la situation avec la plus grande vigilance. En tout état de cause cette situation est sous contrôle.

Sous contrôle on peut être rassuré. Éléonore Carois. Je comprends que l'on puisse s'inquiéter justement du fait qu'il y ait un cas un cas en France, mais effectivement, il faut raison garder.

C'est-à-dire que on n'est pas du tout sur une épidémie qui serait comparable à celle du Covid-19 en terme de rapidité de la propagation. Ce ne sont pas les mêmes délais d'incubation. Donc, il faut pas transposer ce que l'on a vécu il y a quelques années et qui est vraiment très frais dans nos mémoires à tous par rapport à ce qui est en train de se passer.

On est en train de parler de environ 1000 cas en RDC alors que cela fait déjà plusieurs semaines que cette épidémie a lieu. Donc vous voyez un peu la différence par rapport notamment à la à la pandémie de de Covid-19 et 250 décès sur la RDC et l'Oganda. En revanche, c'est une maladie qui effectivement est extrêmement euh dangereuse et qu'il faut surveiller très exactement. et et c'est important de le faire parce que vous voyez les les maladies, les épidémies ne connaissent pas de frontière et c'est pour cela que nous avons de la surveillance partout euh à travers le monde grâce à des réseaux de scientifiques qui travaillent ensemble, grâce à ce que nous finançons en matière de de développement et en matière justement de de d'aide publique au développement qui est si décrié notamment parfois par certains dans cette antenne de vos invités hein, pas pas vous évidemment et je pense que c'est important de le dire, c'estàdire que si on ne contrôle pas ce qui est en train de se passer en Afrique Si on ne regarde pas comment ces épidémies évoluent, et bien on n'est pas capable de détecter notamment comme on l'a fait aussi rapidement la présence d'un cas qui arriverait sur le sol français.

Mais concernant les bolas et puis on va venir à l'aide publique au développement juste après, mais concernant là ce cas des bolas, vous nous confirmez qu'il y a bien une enquête pour regarder s'il y a pas des cas contact possiblement les isoler et cetera. Tout est, comme l'a dit la porte-parole du gouvernement, tout est en train d'être mis en place avec énormément de précautions et d'attention euh justement pour éviter qu'il y ait une propagation. Et c'est pour ça que je je j'invite chacun à faire preuve à la fois de de ne pas paniquer justement, de rester de rester calme et serein parce qu'on ne peut pas comparer à ce que l'on a vécu évidemment il y a quelques années.

Alors juste vous avez évoqué le la fameuse APD, aide publique au développement. la qui est très convroversé comme on le sait mais la France préside actuellement le groupe des sep pays les plus riches du monde. Il y avait le sommet du G7 qui s'est tenu donc en France la semaine dernière mais elle ne elle consacre à peu près moins de 0,5 % de son PIB à cette APD et en plus chaque dépense doit être justifiée, validée, ne pas impacter les Français.

On est donc un membre du pays de de G7, on est membre permanent du conseil de sécurité de l'ONU. Comment est arrivé dans dans cette situation où un pays aussi important perd le sens de euh ben finalement de cette solidarité internationale qui est la et l'importance que cela a et vous ne l'avez rappelé ? Alors ça je m'y attendais pas du tout comme question parce qu'en général quand je suis sur votre antenne ou d'ailleurs à peu près partout dans les médias, on me reproche que la France investisse dans le développement et aujourd'hui la France est le 5e bailleur mondial en matière de développement.

Est-ce que l'on fait un impact ? Par exemple, c'est la France notamment qui a soutenu le docteur Membé euh qui euh découvert justement ce virus Ébola pour parler de de ce cas précis. Mais à travers le monde, partout.

J'étais hier euh à l'Institut Pasteur euh que nous appuyons aussi qui est une fondation privée mais que nous appuyons euh qui permet euh de travailler au plus près du terrain justement pour découvrir ces maladies. Ça c'est qu'un exemple. La santé, on pourrait parler de nutrition avec ce que la France a fait en matière de nutrition.

On est présent évidemment c'est une part. On est présent mais de moins en moins et c'est je vous pose la question et vous pouvez être étonné mais c'est un des objectifs et ça a été rappelé la semaine dernière c'est pour ça la part des pays du G7. Donc si on en fait partie, si on est censé être un des pays du G7, là les sommes baissent, elles sont contrôlées.

Mais en fait en fait ça me ça me fait enfin je vous disais ça comme ça, mais ça me fait plaisir que vous me posiez la question en ces termes parce qu'en général il y a une suspicion en tout cas dans le traitement médiatique qui est fait de cette question et puis surtout vous avez des femmes et des hommes d'extrême droite qui tapent sur la à longueur de journée en disant ça ne sert à rien, mieux vaut investir. D'ailleurs, c'est une c'est un vieux slogan en cor dans le Zambais et cetera et je vous en passe pour vous dire qu'on devrait pas le faire. Moi je pense qu'on devrait le faire, qu'on doit le faire, que c'est essentiel, que c'est le peut-être une des politiques publiques les plus importantes que l'on est.

On le voit d'ailleurs avec le cas de la santé, mais évidemment que chaque euro des Français dépensé doit être contrôlé. Donc c'est normal que la soit évaluée et puis chaque euro des français que l'on dépense doit être dépensé là où il a le plus d'impact. Et c'est pour ça notamment que la France dans le cadre de ces travaux du G7 a présidé des des groupes de travail sur la réforme de l'architecture du développement pour qu'au lieu de faire beaucoup de petits projets entre guillemets des des interventions ponctuelles ici et là on puisse mettre ensemble nos efforts et nous assurer que tout l'investissement que l'on fait a un véritable effet de levier et atteint les populations les plus vulnérables.

Et puis surtout, et je conclai par cela, ça a un impact pour les Français parce qu'encore une fois, si vous investissez dans la santé, dans l'éducation, donc elle est utile, cette fondamentale, elle est nécessaire et il faut qu'elle soit faite et là je reprends mes détracteurs. Est-ce que vraiment voilà, est-ce que on en a on en constat de moins en moins d'argent, donc est-ce que vraiment on devrait continuer ? Pourquoi c'est important de continuer ?

C'est fondamental de continuer. On consacre de moins en moins d'argent parce qu'aujourd'hui on est dans une période euh de contrainte budgétaire que tous les les budgets publics ont été réduit et c'est normal que le budget de mon ministère donc euh des affaires étrangères soit également réduits. Maintenant, il faut faire attention parce que nous avons des engagements internationaux.

Je vous disais, on reste le 5e bailleur. On reste un pays qui est extrêmement présent et dont la présence est reconnue comme telle. et puis non seulement par ce qu'on finance mais par les le savoir-faire de nos entreprises, le savoir-faire de nos chercheurs, toute l'expérience qu'on a cumulé au cours de ces années en la matière, on reste extrêmement important et puis ce travail de de réforme de l'architecture du développement pour être chaque fois plus efficace parce que c'est ce qu'on demande à toutes les politiques publiques que d'être contrôlé et d'être véritablement efficace.

Éonor Carois, vous êtes ministre délégué aux affaires étrangères. Vousz vous étiez il y a quelques jours encore au Liban euh et vous avez vous-même décrit la situation comme volatile bien sûr après l'accord qui a été signé entre enfin qui est on passe d'être négocié entre les États-Unis et l'Iran. Ça inclut évidemment le Liban.

Le cesser le feu entre guillemets est plus que fragile. Qu'est-ce que en tant que ministre délégué aux affaires étrangères, qu'est-ce que vous demandez ? Qu'est-ce que vous réclamez et sur quoi vous allez être particulièrement attentif ?

Alors là, pour faire le lien avec votre question précédente, ce qui est intéressant, c'est que j'y suis allée non pas seule, mais je suis allée avec une ministre britannique et avec une ministre euh du Qatar. Et la raison pour laquelle on y a été à trois, ce qui est un format assez inédit, surtout dans un pays en guerre, je vous laisse imaginer ce que ça a été pour nos équipes que de coordonner ce déplacement, c'est parce que justement on veut que notre action humanitaire, notre action dans le développement soit le mieux coordonnée possible, c'est-à-dire qu'elle réponde aux attentes du gouvernement libanais. C'est on investit là où ils ont identifié les besoins les plus pressants et on le fait de manière coordonnée pour justement avoir ces effets de levier.

Et évidemment que moi j'ai appel à un cesser le feu mais surtout à une paix durable. À une paix durable qui passe évidemment par non seulement la signature d'accord mais leur mise en œuvre parce que pendant que j'étais au Liban, j'ai pu constater que malgré la signature de l'accord et bien les bombardements ne cessaient pas surtout dans le sud du pays. Mais la voix de la France elle porte encore, elle est entendue.

Absolument. surtout quand la France arrive à embarquer avec elle d'autres pays qui sont des pays importants, des pays qui ont une force. Oui, on a besoin d'être plusieurs finalement.

Mais on a toujours besoin d'être plusieurs parce que plusieurs on va plus loin et on est plus efficace et on est plus crédible. Et puis la France justement, elle défend cette idée du multilatéralisme. Elle est pas dans une hégémonie, dans des décisions qui sont prises seules et dont on sait parfois pas où elles vont et qui n'ont d'ailleurs souvent pas les résultats escomptés.

Merci beaucoup Éléonore Caroa.