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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 3 avril 2024ContradictoireMixteJusticeSécuritéÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

"Un acharnement judiciaire" à l'encontre du RN: l'interview en intégralité de Louis aliot

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Vous avez des nouvelles de Jean-Marie Le Pen ?

  • 1:00FerméeRéponse directe

    Vous irez au tribunal en septembre ?

  • 2:00RelanceRéponse directe

    Faire de la politique, oui, mais pour qui ?

  • 3:00FerméeRéponse directe

    Vous connaissiez les règles du jeu ?

  • 4:00RelanceRéponse partielle

    Vous dites que vous avez été élu depuis, mais vous n'aviez pas été jugé, si ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous estimez aujourd'hui que vous n'y arrivez pas sur la sécurité ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Louis AlliotFait
    « C'est un homme qui a son âge et qui est fatigué, mais qui est maintenant sous un régime de protection juridique. »
  • 2:00Louis AlliotFait
    « Il y a deux statuts, un qui est plutôt à Bruxelles, un qui est plutôt un attaché local. »
  • 4:00Louis AlliotFait
    « Ça fait maintenant presque 10 ans que cette enquête se déroule. »
  • 6:00Louis AlliotFait
    « On a trouvé beaucoup d'argent. Donc, beaucoup d'argent, ça veut dire beaucoup de trafic. »
  • 7:00Louis AlliotPromesse
    « Il faut donner le droit à la police municipale de pouvoir verbaliser les consommateurs, ce qui n'est pas encore le cas. »
  • 8:00Louis AlliotFait
    « Il y a un certain nombre d'informations qui circulent. Et il faudra quand même regarder si ces informations ne sont pas arrivées. »
  • 9:00Louis AlliotFait
    « C'est un aveu de faillite. On fait faillite, on ne peut rien faire, donc on laisse courir. »
  • 10:00Louis AlliotPromesse
    « Il faut taxer les profits qui sont immoraux. »
  • 11:00Louis AlliotFait
    « On a le plus mauvais gouvernement de toute l'histoire de la Ve République qui a augmenté les déficits. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Il est 8h32 sur RMC et BFM TV. Bonjour Louis Alliot. Bonjour.

Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le vice-président du Rassemblement National, vous êtes maire de Perpignan. Perpignan, c'est la plus grande ville sous pavillon RN.

C'est d'ailleurs pas une ville tout à fait sûre. Hier, vous avez accueilli une opération Place Net XXL. On va y revenir dans un instant.

Le 1er mai, vous accueillerez le traditionnel Rassemblement du RN qui a choisi de se passer cette année à Perpignan. Je voulais d'abord savoir si vous aviez des nouvelles de Jean-Marie Le Pen. – Écoutez, oui, j'en ai.

C'est un homme qui a son âge et qui est fatigué, mais qui est maintenant sous un régime de protection juridique. Et ce sont ses enfants qui participent à la gestion de ses affaires. – Ces trois filles qui participent désormais à la gestion de ses affaires, il a été mis sous une forme de tutelle allégée, de pré-tutelle en quelque sorte, de tutelle lorsqu'on est conscient et qu'on décide quand même de préparer la suite.

Ça se passe également comme ça aussi pour le RN parce qu'il y était normalement, vous le savez, comme vous d'ailleurs et comme Marine Le Pen, convoqué au tribunal en septembre. Il ne sera sans doute pas en état d'y aller ? – Je pense que le tribunal devra prononcer effectivement une mesure constatant qu'il ne peut pas ni se rendre, ni témoigner, ni participer à ce procès. – Vous irez vous ? – Oui, bien sûr. – Vous faites partie des 27 personnes qui sont visées par cette enquête, soupçonnées d'avoir mis en place un système de rémunération.

Au fond, c'est la même question qui s'était posée avec François Bayrou et le Modem, c'est la question de la rémunération de personnes qui ne travaillent pas directement pour les parlementaires européens, qui travailleraient plutôt pour le parti, mais qui seraient payées par l'argent de l'Union européenne. Vous en dites quoi ? – C'est un débat qu'on va pouvoir maintenant avoir devant les juges pour savoir quel est réellement le statut d'un attaché parlementaire.

Il y a deux statuts, un qui est plutôt à Bruxelles, un qui est plutôt un attaché local. Et tout reste à savoir maintenant à partir de quel moment on est un attaché parlementaire et le travail que l'on doit faire. En général, un attaché parlementaire d'un député, il fait de la politique.

Il ne fait pas le jardin, il ne fait pas les grillades, il fait de la politique. Et donc on amènera un certain nombre d'éléments pour prouver que ces attachés parlementaires faisaient de la politique. – Faire de la politique, oui, mais pour qui ? – Pour le député. – Pour le député ou pour l'Union européenne ou pour les questions européennes ? – Pour le député.

Un député n'est pas un fonctionnaire européen. Un assistant n'est pas un fonctionnaire européen. Les partis politiques en France, ils sont régis par l'article 4 de la Constitution.

Ils sont reconnus. Et c'est à ce titre-là d'ailleurs que quand vous êtes élu député européen, vous devez vous rattacher à un parti politique. En l'occurrence, j'étais rattaché à l'époque au Front National.

Et à ce titre-là, vous bénéficiez d'assistants parlementaires qui font de la politique. C'est-à-dire à la fois certains directement du travail de l'institution parlementaire, et puis d'autres qui gèrent votre agenda, qui gèrent la presse, qui… – Mais visiblement, il y a deux visions qui s'opposent à faire ça. J'ai bien compris que c'était votre vision.

C'est d'ailleurs la vision que vous auriez pu plaider en France, avec le système français. Mais pour l'Union européenne, ils n'ont pas l'air d'être tout à fait d'accord avec votre vision. – Oui, mais comment peut-on imaginer que les assistants parlementaires en France sont régis par un régime, et que les mêmes assistants parlementaires à l'Europe, qui est une émanation de… – Vous connaissiez les règles du jeu ? – Non, pas celle-là, parce que c'est très flou.

Vous savez, les règlements intérieurs, d'ailleurs, ont évolué depuis, et ça a été reprécisé. Mais la règle, elle est simple, et notamment à l'Assemblée nationale française, quand vous êtes assistant parlementaire, vous faites du travail parlementaire et politique. Mais le parlementarisme, le travail parlementaire, c'est de la politique.

Ce n'est pas que du juridique. – C'est aussi une question sur la manière dont on utilise ou alors dont on voit l'Union européenne en pleine campagne aujourd'hui. Cette question quand même de savoir que vous êtes désormais, vous, Marine Le Pen, le Rassemblement national et 25 autres personnes, donc vous serez jugé. – Oui, mais les Français ne sont pas dupes.

Ça fait maintenant presque 10 ans que cette enquête se déroule. 10 ans, vous vous rendez compte ? – Ce sont des faits qui remontent à la période 2004-2016. – Exactement, et ça ne m'a pas empêché d'être élu successivement député national et maire, parce que je pense que les Français ont compris qu'aujourd'hui, il y avait un acharnement judiciaire à l'encontre d'un certain nombre de personnalités, et tout est bon pour nuire à l'intérêt de ces gens-là.

Nos attachés parlementaires ne se sont pas enrichis, je ne me suis pas enrichi de l'argent de l'Europe pour ces attachés parlementaires. – Il n'y a pas d'enrichissement, ce n'est pas sur des faits d'enrichissement personnel. – Travailler pour un député ou des députés à l'action d'un député, c'est-à-dire à la politique, et ça on devra le dire devant les tribunaux. – Vous dites que vous avez été élu depuis, tout à fait, mais vous n'aviez pas été jugé, si, et ça fait partie. – Ça n'a jamais fait, les journaux, ça en sont fait les gorges chaudes, le journal local en a fait la une, pour vous dire que les Français sont quand même assez détachés de ces choses-là. – Vous avez encore lu en préparant cette interview, vos opposants commencent déjà à dire, mais s'il est accusé, jugé, et qu'il n'a plus le droit de se représenter, est-ce qu'il démissionnera ? – Écoutez, on verra bien, mais il y a un appel, si je suis condamné en première instance, il y aura un appel, et on va se battre.

Et je ne pense pas d'ailleurs que je serai condamné, mais ça c'est à titre personnel, mon cas personnel, qui se détache un peu du reste des cas. Mais vous savez, les mêmes adversaires appartiennent à des formations politiques qui ont soutenu, par exemple, M. Alain Juppé, qui siège au Conseil constitutionnel, et qui pourtant, lui, a été condamné pour emploi fictif.

Nous, ce ne sont pas des emplois fictifs. – Donc vous estimez que là, c'est de l'acharnement ? – Complètement. – Louis Alliot, vous êtes le maire d'une des grandes villes, la plus grande sous-pavillon RN, je le disais, qui reste une ville très peu sûre, en tout cas l'une des moins sûres de France, d'après les différents baromètres.

Le classement du Parisien, par exemple, fait de Perpignan, même si elle a légèrement quand même remonté dans le classement des villes les plus sûres, elle reste quand même 96e sur 119. Vous aviez fait de la sécurité et de la propreté, mais de la sécurité, votre priorité. Est-ce que vous estimez aujourd'hui que vous n'y arrivez pas ? – D'abord, il y a plusieurs classements.

Le Parisien ne tient pas compte de la nature de la ville, du nombre d'habitants, etc. – C'est sur les villes de plus de 50 000 habitants, en effet, ce classement. L'île est considérée comme la dernière de ce classement, je précise les choses.

Paris est à la 103e position, donc derrière Perpignan. Marseille aussi derrière, non, Marseille juste devant 116e, pardon. – C'est pour vous dire. – Donc vous êtes à peu près dans le même bateau que Marseille. – Je veux dire, les gens préfèrent vivre à Perpignan qu'à Marseille ou à Nîmes.

Nîmes est devant nous, alors qu'aujourd'hui, on est obligé, il y a des morts pratiquement tous les mois, et il y a des forces supplémentaires qui sont obligées d'aller rétablir l'ordre. Non, nous, et d'ailleurs, le classement du Figaro nous donne un certain nombre d'items pour l'année 2023 qui vont dans le bon sens. Et d'ailleurs, le procureur de la République, lors de la rentrée judiciaire cette année, a annoncé le chiffre de moins 10% de la délinquance sur la circonstitution de Perpignan.

On part de très haut, on y a mis des moyens considérables, on a embauché plus de 40 agents de police supplémentaires, on a mis de la police de proximité, on a remis de la police dans les rues, on a créé des groupes d'action pour aller gêner les dealers, ce qui a des conséquences quand même importantes sur ces groupes-là. Bref, on a mis des moyens qui ont un coût financier. Et ce coût financier, malheureusement, il n'est pas compensé par des dotations de l'État.

Peut-être que l'État devra aussi se pencher sur les villes comme les nôtres, qui font des efforts considérables sur la sécurité, mais qui ne bénéficient pas de crédits supplémentaires pour faire face à cela. Et on va revenir sur la question des coûts tout à l'heure, puisqu'il y a ce déficit et que les collectivités locales pourraient être mises à nouveau à contribution. Louis Alliot, hier, Perpignan, est l'une des villes qui a accueilli une nouvelle opération, comme on les appelle, opération PlaceNet, opération PlaceNet XXL.

Est-ce que vous avez un premier bilan et est-ce que ça a été efficace ? Alors, ça s'est fait sur des acquisitions judiciaires. Donc, il y a des enquêtes en cours.

La seule chose qu'on peut dire aujourd'hui, c'est qu'on a trouvé beaucoup d'argent. Donc, beaucoup d'argent, ça veut dire beaucoup de trafic. Peu de produits.

Il faudra se demander pourquoi, ce jour-là, il y avait peu de produits. Et donc, le résultat est plutôt positif. Et on a vu à l'œuvre, et c'est ça qui est important dans ce genre d'opération, moins la communication dans un certain nombre d'endroits par un certain nombre de ministres.

Là, il n'y avait pas de ministres, mais police nationale, police municipale et institutions judiciaires. Vous l'aviez demandé, cette opération PlaceNet ? Est-ce que vous faisiez partie ?

Est-ce que vous étiez volontaire ? Non. Moi, j'avais été volontaire pour faire venir un escadron de gendarmerie pour prêter main forte aux forces de police.

Ce qui avait été fait. 80 gendarmes vous ont été octroyés et ils sont sur place de manière pérenne. Depuis, ils sont partis à Nîmes.

Comme c'est plus grave à Nîmes, ils sont partis à Nîmes, on ne les a plus. Mais comme on a rétabli un certain nombre de situations plutôt tranquilles, même si le trafic de drogue est endémique, il faut quand même le dire, on s'en sort mieux que d'autres. Mais ces opérations PlaceNet, elles montrent l'étendue des dégâts, tout simplement.

Elles montrent l'étendue du trafic. Elle ne dit pas assez, et là, je rejoins ce qu'a dit le ministre de la Justice sur votre antenne. – Éric Dupont-Moretti, qui était à ce même micro la semaine dernière. – Elle ne montre pas assez la responsabilité du consommateur de stupéfiants.

C'est-à-dire que celui qui met sa petite dose de coq ou celui qui se fume un joint, il est, qu'on le veuille ou non, le complice d'un certain nombre de choses qui se passent dans nos rues, de morts quelquefois, mais aussi de drames humains, de misères humaines, de cas psychiatriques de plus en plus avérés chez les plus jeunes. Et tout cela, il faut quand même que l'on responsabilise les gens. Sinon, nous n'y arriverons pas. – Vous faites référence à cette phrase d'Éric Dupont-Moretti qui disait que le joint du samedi soir avait le goût du sang séché sur le trottoir.

Est-ce que vous estimez qu'au-delà de la dénonciation, il faut aller plus loin dans la condamnation ? – Dans la condamnation du consommateur, ça me paraît évident. Maintenant, il faut aller, j'allais dire, à la chasse au consommateur qui n'est pas faite du tout pratiquement.

Et je pense que les policiers en sont bien conscients. Il faut donner le droit à la police municipale de pouvoir verbaliser les consommateurs, ce qui n'est pas encore le cas. – La police municipale n'est pas autorisée. – Elle peut arrêter le dealer, mais elle ne peut pas intervenir, elle ne peut pas verbaliser.

Et les AFD, les amendes forfaitaires, on devrait pouvoir le faire. Et puis, je pense que ce dont nous souffrons, c'est d'un manque de communication sur les conséquences de l'usage du stupéfiant. Quand je vois le débat aujourd'hui sur la légalisation, par exemple, – Pour vous, c'est une question de santé également ? – C'est d'abord une question de santé publique, de trafic, de criminalité, bien sûr.

Mais aujourd'hui, c'est une question de santé publique. Les cas aujourd'hui de psychiatriques dans nos rues explosent. C'est directement la cause d'un usage de stupéfiants, tous les stupéfiants.

Parce que vous avez les stupéfiants que l'on connaît, puis vous avez des stupéfiants qui arrivent sur le marché qu'on ne connaît pas, qui arrivent de je ne sais où. – Et vous faites quoi là-dessus à Perpignan ? Est-ce que vous ouvrez des unités ?

Est-ce que vous accompagnez ? – Vous savez, on est des associations qui elles-mêmes tentent de faire face, mais c'est énorme si vous voulez. C'est comme si vous vidiez un océan à la petite cuillère.

Il nous faut maintenant des moyens d'État, une communication d'État. Il faut aller dans les écoles, il faut ouvrir des lits psychiatriques. Je veux dire, il y a beaucoup de choses à faire qui ne sont pas faites.

On s'est beaucoup acharné, à juste titre, sur le tabac. On a beaucoup fait sur l'alcool. Je pense que maintenant, il est temps de faire sur la drogue, qui est le fléau numéro un aujourd'hui pour l'avenir de notre jeunesse. – Louis Alliot, deux points encore sur cette question, sur ce qui se passe dans les prisons.

Je voudrais vous interroger dans un instant sur les nouvelles directives. Mais d'abord, vous avez quand même dit cette phrase, si j'ai bien entendu. Vous avez dit, on a trouvé beaucoup d'argent, mais pas beaucoup de drogue.

Et vous avez dit, il faudra d'ailleurs se demander pourquoi il n'y en avait pas tant ce jour-là. Qu'est-ce qu'il faut comprendre ? Est-ce que ça veut dire que vous vous demandez s'il n'y a pas eu des complicités ?

Est-ce qu'ils étaient au courant ? Est-ce qu'ils avaient planqué la marchandise ? Moi, j'ai bien écouté ce qu'ont dit les magistrats de Marseille, je crois, ou de Nice, sur… – Les magistrats de Marseille. – De Marseille, sur la complicité qu'il pouvait y avoir désormais entre un certain nombre d'agents de l'État, sans… – Ils ont même parlé d'une forme de corruption… – Vous savez, ces opérations-là… – Corruption passive, on peut dire. – Moi-même, en tant que maire, je n'étais pas au courant.

J'ai été mis au courant il y a 48 heures. Et je ne savais pas quel quartier. Donc, mais quand vous mettez des centaines d'agents sur le terrain le jour J, le matin, pour aller faire une opération, il y a un certain nombre d'informations qui circulent.

Et il faudra quand même regarder si ces informations ne sont pas arrivées. – Vous soupçonnez potentiellement une forme de complicité, active ou passive, de la part peut-être des forces de l'ordre ? – Écoutez, à Perpignan, je n'en ai pas été témoin, mais les propos de ce magistrat, de ce procureur à Marseille, j'allais dire… – Ce procureur de Marseille qui l'a donc dit sur RMC, il était mon invité il y a trois semaines. – Ils ont grandement inquiété, ont beaucoup choqué.

Et je dois dire qu'à Perpignan, nous avons une chaîne de commandement direction de la police nationale, procureur, et avec nous désormais, et qui sont vraiment sensibilisés sur le sujet, et qui ne laissent rien passer. Donc si ça se passe, je pense que ça sera durement sanctionné. Mais pour l'instant, rien ne me permet de vous dire que ça s'est passé. – Il s'agit de Nicolas Besson, procureur de Marseille, qui était effectivement à mon micro il y a trois semaines.

Louis Alliot, étonnante clémence du gouvernement face aux divers petits trafics en prison, mais par faute de moyens, et ils le reconnaissent eux-mêmes. Les téléphones portables sont officiellement interdits, mais largement répandus. Les stupéfiants sont parfois retrouvés en cellule.

Ces téléphones servent aussi parfois, depuis la prison, à gérer des trafics en dehors de la prison. Et un décret est en préparation pour alléger les sanctions contre ces deux points, les téléphones portables et les stupéfiants, faute de personnel suffisant, nous dit-on, pour engager des poursuites disciplinaires. Est-ce qu'au fond, cette honnêteté, dans un sens, de reconnaître qu'ils n'ont pas les moyens de faire face, est-ce que cette lucidité, vous vous dites, bon, au fond, faisons comme ça, ou est-ce qu'il faut encore serrer la vis ? – C'est un aveu de faillite.

On fait faillite, on ne peut rien faire, donc on laisse courir. C'est à peu près le même schéma qui fait que, comme il n'y a plus de place de prison, eh bien on ne met pas en prison, on laisse en liberté, on condamne au moins, où on trouve des condamnations secondaires, et tout ça me alimente l'insécurité, le sentiment d'insécurité, la délinquance, et le sentiment surtout d'impunité. Parce qu'une fois qu'un dealer a été arrêté 15, 20 fois au même endroit, et qu'il ne va pas en prison, eh bien ça lui laisse à penser que, finalement, le trafic est autorisé. – C'est un projet, un projet de décret.

Est-ce que vous nous dites qu'il ne faut pas publier ce décret, mais en même temps... – Il ne faut pas le publier, il faut donner des moyens. – Et en même temps, quand ça ne marche pas, quand on n'y arrive pas à un moment, le reconnaître... – Ah bien alors, où vont les prisons ?

Laissons partir tout le monde, au moins ça réglera tous les problèmes. – On n'est pas là quand même. – Oui, d'accord, mais si on en est là, puisque un endroit fermé, contrôlé, surveillé, fouillé, aujourd'hui, vous avez de la drogue, des téléphones, et tout ce qui va avec, ce qui est quand même absolument incroyable. – Et elles sont en plus surpeuplées, on manque de places de prison.

Je veux dire, c'est un état de faillite de l'institution judiciaire avec un manque de moyens, alors qu'il faut quand même le dire, moi je le vois à Perpignan, les procureurs font leur travail, sérieusement, mais quelquefois, il manque tout simplement de moyens. Il peut y avoir des juges qui sont des juges laxistes et qui remettent en liberté des gens qu'on arrête, ça existe. Mais à mon avis, ce n'est pas la norme aujourd'hui.

Tout le monde a pris conscience de la gravité de la situation et du basculement possible d'un certain nombre de villes. – C'est d'accord basculement ? – Ça veut dire des villes qui échappent à tout contrôle, comme l'on voit dans certains pays d'Amérique du Sud, et des narcovilles, et là, ni la police ni la justice n'arrivera à faire son travail pour en arriver à des situations extrêmes, comme au Salvador, où vous avez vu que le président lui-même… – Là, vous agitez quand même, il y a quand même une marge. – Oui, heureusement.

Mais vous savez, on peut y arriver très vite, parce qu'il y a tellement d'argent… – Ces opérations placettes en sont une des réponses. – Oui, oui, mais il y a tellement d'argent en jeu que je pense que les actions de la police aujourd'hui, de la douane, de la justice, services fiscaux, ne sont rien par rapport à l'immensité de la corruption et de l'argent de ce trafic-là. Par exemple, vous avez des points de deal à 60 000 euros jour.

Comment vous voulez que des gamins qui dealent dans la rue ou qui chouffent dans la rue et qui sont payés des centaines d'euros, des milliers d'euros, puissent demain retrouver le chemin du marché du travail ? C'est impossible. – Louis Alliot, Bruno Le Maire a tiré le signal d'alarme sur la question des déficits.

Il y a plusieurs réponses qui sont sur la table, notamment la question, certains, y compris la présidente de l'Assemblée nationale, disent qu'il faudrait taxer les super profits. Gabriel Attal, lui, parle de rente. Bruno Le Maire, lui, dit pas question, ne touchons pas, n'augmentons pas les impôts.

Quelle est votre position, Louis Alliot ? – Il faut taxer les profits qui sont immoraux. – C'est quoi les profits immoraux ? – Ceux qui ont été faits, par exemple, sur le dos de la crise, tel que l'on a connu pendant le Covid, c'est-à-dire que pendant que l'État souffrait, pendant que l'État a mis à disposition de l'argent pour permettre à les entreprises de survivre et à la population de vivre, certains se sont enrichis, mais durablement et d'une manière très importante.

Cela, à mon avis… – Vous pensez à quoi ? Vous pensez au domaine de l'énergie ? – Oui, l'énergie, par exemple. – Pour vous, c'est immoral ? – Honnêtement, c'est immoral.

Quand vous voyez aujourd'hui les difficultés de plus en plus de nos concitoyens, les difficultés des classes moyennes, et quand vous voyez comment se porte la bourse aujourd'hui et un certain nombre de grosses entreprises, notamment de l'énergie, qui font des super profits, oui, c'est choquant, et oui, je pense qu'il faut les taxer. Pas d'une manière définitive, pérenne, mais au moment où on peut le faire, il faut le faire, parce que les gens ne comprennent plus comment ça fonctionne, plus ça va mal dans le peuple, et plus en haut de la société, ça s'enrichit. Cet écart-là n'est pas moral. – Et à l'inverse, réduire les allocations chômage, à la fois dans le temps et dans le montant ? – Moi, je ne crois pas que les chômeurs abusent de la situation.

Il y a peut-être quelques tirs au flanc. Il y a, c'est vrai, des places de travail qui ne trouvent pas preneur. Mais mettons en adéquation les formations avec précisément les besoins du marché du travail, et vous verrez qu'il y a un certain nombre de gens qui retrouveront le chemin de l'emploi.

Aujourd'hui, il y a une inadéquation, et il y a, on le voit bien, des carences dans certains métiers. Eh bien, je pense que c'est sur ça qu'il faut travailler, plutôt que de pénaliser systématiquement les chômeurs qui, à mon avis, au regard de la situation, n'abusent pas tant que ça quand même. – Et sur l'objectif, Louis Alliot, qui forcément, dont dépendent ces poches dans lesquelles on va essayer de trouver des sous, l'objectif, c'est de repasser sous la barre des 3% de déficit, est-ce que ça vous paraît un objectif nécessaire ?

Ou est-ce que vous dites, bon, allez, ce n'est pas la priorité ? – Non, mais ils ont laissé filer. Écoutez, on a le plus mauvais gouvernement de toute l'histoire de la Ve République qui a augmenté les déficits, qui a augmenté… – Dans un contexte particulier. – Oui, d'accord, mais c'est toujours un contexte, mais il fait la leçon quand même.

C'est toujours le contexte, mais il fait la leçon aux autres. Moi, je ne les trouve pas très bons en matière d'économie. Et surtout, ils sont en train de menacer les collectivités, d'aller chercher de l'argent dans les collectivités, qui ne sont que pour 8% sur la dette de l'État.

Et donc, je leur dis de faire très attention, parce que nous sommes, nous, en situation très fragile. S'ils aggravent les ponctions sur les collectivités territoriales, et notamment sur les communes, les maires que nous sommes, nous serons obligés de réduire le service public, y compris la sécurité, mais y compris la culture, le sport et le reste. Et ça, évidemment, il faut l'éviter à tout prix. – Louis Alliot, maire de Perpignan, vice-président du RN.

Merci d'avoir répondu à mes questions ce matin. Il est 8h52 sur RMC BFM TV. – Sous-titrage ST' 501