Les générations sont-elles irréconciliables ? - avec François Hollande
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
chers amis sans plus tarder je vous propose qu'après un générique on se retrouve avec notre invité politique de ce jour exceptionnel ce sera l'ancien président de la République François Hollande générique [Applaudissements] [Musique] [Musique] [Applaudissements] bonsoir à tous et à toutes bienvenue sur votre site bonsoir bonsoir à toutes et à tous extraordinaires merci à toutes et à tous d'être là vous êtes extrêmement nombreux à nous suivre pour cette émission exceptionnelle de backside spécial 50 ans de libération on est en partenariat on est dans l'empire Richelieu de la Sorbonne là où tout a commencé mai 68 finalement il y a 55 ans je l'ai déjà fait la blague en début d'émission mais tu n'étais pas là tu vois chers amis nous avons l'immense plaisir ce soir d'accueillir notre invité politique dans cette émission bonsoir François Hollande bonsoir merci d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de bexit je pouvais pas aller sur Tik Tok donc je suis allé sur c'est sympa d'être là c'est les 50 ans de Libé François Hollande vous sonner de la première fois que vous avez lu l'idée oui je me souviens bien sûr parce que je suis plus vieux que les autres donc je me souviens du journal lui-même c'est-à-dire il y a 50 ans j'ai acheté l'ibé qui n'était pas le Libé d'aujourd'hui qui était imbibé beaucoup plus à gauche je ne sais pas mais révolutionnaire c'était ça l'idée qui avait été fondé par la gauche pour les tarenne qui avait envie de pas simplement de transformer ou de changer mais de bouleverser le monde et ensuite je me souviens de ce qui a été l'évolution de l'idée qui est correspondue d'ailleurs à ce qui a été l'évolution de de tous ces mouvements nés de Mai 68 qui sont allés jusqu'à soutenir François Mitterrand en 1980 absolument vous êtes ancien président de la République je le disais est-ce qu'on doit vous appeler monsieur le Président pendant toute l'interview non vous faites exactement Monsieur Hollande Monsieur Hollande je peux répondre à la question bon bah très bien très bien François Hollande écoutez un de vos anciens Premier ministre avait parlé de gauche j'irai conciliable il se trouve que toute la journée ici dans cet amphi et dans l'amphi Descartes côté libération en a parlé de ce sujet des gauches irréciemment on avait envie dans cette émission de parler avec vous plutôt des générations irréconciliables point d'interrogation y a-t-il des générations irréconsiables y a-t-il un conflit de génération en prenant l'exemple de sujets d'actualité je pense par exemple à la réforme des retraites on a vu la dernière la récente réforme des retraites engagées par le gouvernement d'Élisabeth borne a donné naissance à une énorme mobilisation notamment de beaucoup de jeunes est-ce que est-ce que vous avez entendu des jeunes se plaindre des vieux boomers qui auraient eux qui auraient eu un un système de sécurité sociale protecteur alors que les jeunes eux doivent hacker vous l'avez entendu ça François Hollande d'abord je n'ai jamais pensé que les gauchers étaient tirés conciliables et je ne pense pas davantage que les générations soient irré-conciliables parce que l'enjeu de la politique c'est précisément de réunir malgré les clivages malgré les contradictions malgré les conflits c'est de réunir autant de citoyens que possible pour aller vers un destin commun donc si partez de l'idée que les gauchies étaient irrégonciliables c'était donc que la gauche ne pourrait jamais accéder aux responsabilités et si on était sur l'idée de génération irréconsciliable ça voudrait dire que il y aurait pour la jeunesse une fatalité de ne jamais pouvoir elle-même se faire entendre puisqu'il faut savoir que les plus de 50 ans sont trois fois plus nombreux que les moins de 30 ans donc il faut réconcilier les générations on n'a pas le choix c'est ce que vous dites donc il faut réconcilier les générations ça veut pas dire d'effacer des responsabilités il y a une responsabilité de la génération des boomers donc la mienne une responsabilité qui est de non pas simplement sur la question des retraites de la protection sociale parce que ça c'était quand même des acquis qui devaient se transmettre qu'ils doivent se transmettre mais plutôt une responsabilité climatique c'est-à-dire cette génération a pensé que il y aurait par le progrès scientifique par la croissance une solution pour lutter contre le réchauffement climatique et elle a pris conscience beaucoup trop tard que c'est responsabilités surtout celles qui n'ont pas été prise donc j'ai entendu beaucoup de la génération la vôtre c'est-à-dire de dire mais pourquoi n'avez-vous pas plutôt eu cette volonté de mettre en œuvre des politiques différentes de celles que vous avez engagées peut-être parfois pour de bons motifs la croissance pour lutter contre le cheval mais sur ce point-là je vois que vous êtes pressé on a plein de questions à vous poser vous ce point là il faudrait pas non plus il y aurait que la génération des boomers elle a aussi subi des crises elle a aussi subi des épreuves elle a aussi été victime du chômage d'une forme de paupérisation elle a été victime aussi du sida elle était victime de beaucoup d'épreuves sauf que pour la génération d'aujourd'hui elle est pas soumise à des crises elle est soumise à un changement complet de modèles parce que il y a un sentiment d'anxiété qui est que le monde court à sa perte ce qui est quand même suscite un engagement beaucoup plus profond n'hésitez pas à rapprocher votre micro pour qu'on vous entende bien et compris sur internet mais on vous entend bien jusqu'à présent usules il y a aussi peut-être une question de conflit génération sur le maintien de l'ordre non c'est oui bah oui bah alors moi je pensais par exemple à toute une génération qui est rentrée dans le militantisme au moment de la loi travail et qui s'est pris le maintien lors de ce moment-là depuis ça a été évidemment de pire en pire et bon il y a eu un rapport à la police qui est clairement on se scandait tout le monde déteste la police à l'époque encore plus maintenant et il y a eu un rapport vous-même vous avez essayé il y a eu la faire Théo vous êtes allé voir Théo et vous êtes heurté aux réactions des syndicats de police j'ai l'impression qu'aujourd'hui les syndicats de police sont de plus en plus fort enfin vous êtes heurté ça ça l'a fait mais ils ont réagi ça que je veux dire aujourd'hui j'ai l'impression que ils ont une main encore plus ferme sur ce qui peut se décider ou non place Beauvau d'où le notamment depuis l'éviction de Christophe Castaner et et ça dans une ça aussi ça contribue à créer une voilà une fracture aussi entre toute une génération le 06 certains groupes sociaux qui ont l'impression que la police est contre donc que l'État est contre eux et comment on fait société avec ça comment reconstruire un lien et qu'est-ce qu'on fait aussi des syndicats de police qui à l'occasion peuvent peut-être un petit peu y aller un peu fort quand il manifeste devant l'Assemblée nationale etc alors comme président au moment où il y a eu les attentats et notamment ceux de janvier 2015 j'ai été dans les rues de Paris défilé avec des chefs d'État du gouvernement ce qui est assez exceptionnel des défilés de chef d'État des défilés contre les chefs d'État et de gouvernement mais les défilés de chef d'État gouvernement c'est assez rare et là les policiers étaient applaudis étaient applaudis bien sûr et donc c'est un contexte oui c'était un contexte il y avait donc une confiance mais on va pas attendre qu'il y ait des attentats pour créer de l'unité comment on fait en temps ordinaire mais c'était déjà important que dans cette période là bien sûr il y a une confiance parce que elle était nécessaire par rapport à la police ensuite vous avez évoqué des des événements des épreuves des drames et j'en ai connu dans ma fonction présidentielle et notamment la fertéo la météo c'était un jeune qui avait été violé par un par des policiers au moment d'un contrôle et je suis allé il y avait pas de doute sur la responsabilité donc je suis allé sur auprès au chevet de de ce policier au milieu de sa famille non de Théo de Théo ça vous avez justement été reproché ça m'a été reproché mais j'aurais pu aller au chevet je suis allé aussi aux chevets de policiers qui ont été hélas touchés par les attentats mais sa famille était là la famille m'avait dit vous savez on n'est pas tout blanc nous égards on n'est pas tout blanc mais nous on accepte pas que on puisse être violenté comme mon fils l'a été mais vous comprenez que les jeunes s'associent assez haut donc c'était très important que le Président de la République à l'époque puisse par une action qui était pas simplement symbolique qui était aussi politique bien sûr près de ce jeune bien sûr ensuite il y a des rapports qui se sont dégradés avec la police je veux pas qu'on mette en cause la police en tant que tel c'est aussi ce qui commande la police c'est ce qui c'est pour ça et les syndicats qui dans au ministère de l'Intérieur sont souvent cogérants voilà je crois que c'est ça on l'accepterait d'ailleurs nulle part ailleurs donc au ministère de l'Agriculture aussi peut-être mais quelquefois ça pourrait être pour de bons motifs mais là il y a une espèce de protection de l'institution il est clair que la police mérite d'être respectée quand elle fait son travail et mérite d'être mise en cause pour certains d'entre eux lorsque il y a des attaques qui sont inacceptables il y a une question de génération qui est intéressante parce que Mai 68 qui a donné naissance à libération par son mouvement justement de libération d'une genèse une contre-culture c'était aussi dans un rapport à l'autorité on a l'impression alors peut-être que c'est un défaut d'ailleurs de de la jeunesse on a l'impression que que les boomers ils ont pu profiter de cette liberté y compris dans la remise en cause de l'ordre établi là où des jeunes d'aujourd'hui on la trouille d'aller manifestations on la trouille d'essayer on la trouille vous pouvez comprendre ce conflit de génération là il y avait un bordel acceptablement je vous pose la question donc moi j'étais très jeune dans mes 68 enfin faut pas penser 68 ça a été un moment d'embrassade avec les forces de police de fusion entre les manifestants et les forces de l'ordre il y a eu hélas des blessés il y a eu vous avez vu ces images il y a eu des pavés qui ont été lancés il y a eu des répressions policières assez importantes mais il y avait un préfet de police donc beaucoup on saluait son rôle s'appelait Maurice Grimaud qui a fait en sorte qu'il n'y ait pas de de mort même si il y en a sans doute eu mais des morts pendant les événements de 70 ensuite on a connu d'autres manifestations où ça a dégénéré donc faut pas croire que c'est récent il se trouve que aujourd'hui il y a une défiance plus grande à l'égard de la police absolument en 68 on appelait CRS SS il faut quand même se souvenir aussi militarisé le robotisation de la police quand même oui il y a eu conso-arme moyen dans le maintien de l'ordre qu'il n'existait pas à cette époque et c'est vrai que il y a une espèce de de surprotection et de et d'armes qui peuvent être parfois agressives il y a un sujet aussi qui a été abordé aujourd'hui au cours de la journée par pour les 50 ans de l'idée c'est la question de la radicalité la radicalité à gauche notamment toi Thomas tu voulais nous parler de la différence entre radicalité et extrémisme qui n'est pas tout à fait la même chose oui parce que on confond souvent les les deux choses et notamment s'agissant de l'environnement puisqu'on parle de génération la jeunesse à votre époque un petit peu à mon époque parce que moi aussi je fais partie des vieux soyez pas désagréable [Rires] je suis un tout petit peu plus jeune que vous mais à peine donc libération à des fiches je suis moi-même fichier fichier vieux non mais ce qu'on appelait radicaux à l'époque les jeunes radicaux dans les années 60-70 même 80 vous voulez faire la révolution la jeunesse elle était séparée entre ceux qui voulaient faire du fric et ceux qui voulaient faire la révolution d'évolution des révolutions violentes ils étaient révolutionnaires vous avez parlé de de libération en 1973 était un journal qui voulait vraiment renverser le pouvoir renverser l'état renverser les institutions et aujourd'hui quand on parle de radicaux de la jeunesse les jeunes d'aujourd'hui quand on les taxe de radicaux ils demandent simplement qu'on écoute les scientifiques en fait ils sont beaucoup plus raisonnables ils demandent que on est une action radicale mais ils ne sont pas des extrémistes est-ce que vous appréhendez les choses comme ça et est-ce que vous faites partie de ceux qui déploraient que les jeunes aujourd'hui soient radicaux et et soit dans la désobéissance civile grâce au maximum un abribus ou François Hollande on crève une vieille pas une méga bassine par exemple de radicalité quand il y a une planète qui n'est pas maîtrisée qui se réchauffe à leur même que il y a une énième action de beaucoup d'États je comprends cette radicalité elle est même nécessaire cette radicalité elle est radiquée d'être la conscience elle est radicalité de l'engagement après les formes de de l'action radicale peuvent être plus ou moins pacifiques ou violente mais je ne condamne pas les occupations lorsque il y a le sentiment que si elle ne se font pas et bien un projet peut se réaliser alors qu'il est contraire aux objectifs par exemple de l'accord de Paris sur les engagements climatiques Notre-Dame-des-Landes finalement c'était une radicalité à l'époque quand vous étiez président vous déploriez que ça soit que ça soit occupé il y avait des dépenses de l'ordre qui surveillaient je le développer parce que finalement et finalement ils avaient raison je le déplorer parce que j'avais pensé que en faisant un référendum sur Notre Dame des Landes pour consulter la population j'imaginais que si le référendum était positif c'est à dire que l'aéroport était considéré comme d'utilité publique et bien ceux qui manifestaient ne le feraient pas non ça n'a pas suffi c'est-à-dire que c'est pas une radicalité qui va vers l'expression du suffrage et une radicalité qui est celle d'abord une radicalité de conscience il se place pas dans le champ démocratique alors après faut aussi quand même faire attention quand il y a des détériorations d'oeuvres d'art c'est arrivé très peu souvent quand il y a une mise en cause de de ce qui a pu être un moment un équipement il faut quand même faire attention parce que c'est toujours la même chose comment on réconcilie comment on fait que un mouvement radical puisse emporter à la fin une adhésion majoritaire c'est ça le sens de la politique c'est on peut être radical dans l'expression mouvement dans la volonté de faire changer les choses et faire en sorte que ça débouche politiquement je vais prendre juste un exemple si vous rappelez du Larzac le Larzac c'est une occupation peut-être par les paysans contre l'implantation d'une base militaire donc on est dans les années 70 et il y a un mouvement qui est très radical et grande manifestation un peu comme Notre Dame des Landes ou ailleurs grande manifestations des dizaines de milliers de personnes François Mitterrand à l'époque premier secrétaire du Parti socialiste il venait d'être candidat à la présidentielle il avait été battu en 74 il se dit tiens je vais aller à cette grande manifestation il y a reçu avec des huets on lui demande de sortir il y a des milliers de personnes qui l'empêchent d'accéder les les responsables de du mouvement disent bon il faut l'évacuer l'évacue et quelques années plus tard 1980 c'est l'élection de François Mitterrand qui fait qu'il y a pas de Larzac donc c'est toujours la même chose on peut avoir un mouvement un moment minoritaire en point mouvement qui va être dans des formes radicales et il faut au bout du compte il y a une traduction politique il faut qu'il y a un vote il faut qu'il y ait un changement qui s'opère par les voies démocratiques mais d'ailleurs Alexandra tu m'arrêtes si j'ai une bêtise mais tout à l'heure le rang berger à ce même dans ce même amphithéâtre Laurent Berger ancien patron de la CFDT disait qu'il fallait être radical aujourd'hui patron de la CVT encore pendant quelques semaines et c'est vrai ça ça m'a marqué parce que Laurent Berger c'est donc patron d'un syndicat réformiste on souvient qu'il était plutôt ok pour le projet de réforme des retraites du premier mandat d'Emmanuel Macron la réforme à points et et là il a été il s'est il s'est soulevé de réforme des retraites et là au débat que j'animais avec sur le travail sur le thème du travail il a conclu en disant qu'il fallait plus de radicalité et ça m'a marqué parce que je me souviens qu'il y a pas longtemps François Ruffin à lui a dit lui que il voulait qu'on le considère davantage comme un socio-démocrate donc est-ce que les est-ce que les lignes sont pas les lignes se brouillent totalement quand on quand on entend un Laurent Berger dire prenez la radicalité et un Ruffin prôné l'associal démocratie vous êtes plus retour Laurent Berger ou je crois davantage à Laurent Berger que à Ruffin sur ce cette question là pourquoi parce que en tant que syndicaliste il est dans son rôle d'être radical sur un certain nombre de revendications y compris de pouvoir dans l'entreprise y compris de ne pas accepter la réforme des retraites et d'en proposer une autre il est radical parce que c'est son devoir de l'aide pour garder la confiance du mouvement social mais il sait bien qu'à la fin il faut qu'il négocie et ce qui a coûté à Laurent Berger c'est de jamais pouvoir négocier de ne pas être invité à la table d'être d'une certaine façon écartée lui a pu penser mépriser c'est ça le problème c'est que l'action collective elle doit servir à un moment un débouché pour pour Laurent Berger le débouché n'est pas politique c'est pas de gagner les élections il est syndicaliste son débouchés c'est d'être dans une négociation qui va offrir de nouveaux droits aux travailleurs et quand tu as Rufin si il se dit social-démocrate bienvenue au club mais je crois pas que ce soit là c'est plus une posture il essaie de donner mais je peux la comprendre parce qu'il a finalement intégré que si la gauche devait être majoritaire un jour c'est pas simplement en étant sur une posture de radicalité faut aller chercher tous les électeurs qui ont besoin d'avoir confiance de d'avoir un programme qui soit à la fois de changement mais mes crédible donc il est parfaitement conscient et je le rappelle pour gagner l'élection présidentielle faut pas faire 25% ou 30%, pour faire un peu plus de 50%. au second tour parce que pour être présent il faut être généralement au second tour c'est rare de devenir président sans être passé par le professionnel mais que par ailleurs les gens ont un comportement politique très très affirmé très ancré moi je vois des jeunes avec qui je parle au quotidien qui sont contre les inégalités qui ne prennent pas l'avion qui se démènent pour faire en sorte vraiment d'avoir une justice sociale même qui sont cohérents avec le discours qui porte contrairement à certaines personnalités politiques et moi la question que j'ai envie de vous poser ce soir c'est est-ce que vous lorsque vous étiez président de la République vous l'avez entendu ce désir de démocratie qui se ne s'exprime pas par le vote qui ne s'exprime plus par le vote et si aujourd'hui vous étiez président de la République est-ce que vous envisagerez de changer les institutions et pourquoi pas une nouvelle république d'abord heureusement que la démocratie ne se réduit pas au vote qu'on peut faire des choix de citoyens autrement que d'aller se rendre au bureau de vote pour choisir le président ou les députés et qui a mille façons de faire de la politique sans pour autant aller ou adhérer une formation politique ou aller voter exemple on fait de la politique quand on porte une revendication même minoritaire et qui va demain devenir peut-être une réforme exemple il n'y aurait jamais eu le mariage pour tous s'il n'y avait pas eu des mouvements qui s'étaient créés qui s'était mobilisés pour arriver à ce changement même si au bout du compte il a bien fallu que je sois élu président de la République pour que ça se fasse mais même élu président de la République s'il n'y avait pas eu ce mouvement là ça ne se serait pas fait de la même manière aujourd'hui sur le climat le fait qu'il y ait des jeunes qui se mettent en mouvement qui fasse parfois des actions qui peuvent personnellement me heurter d'une manière ils alimentent la conscience il provoque des prises de décision qui ne se feraient pas s'il n'était pas dans ce mouvement et c'est pour ça qu'on peut avoir des engagements minoritaires on peut avoir des combats mais à un moment il faut faire ensemble c'est ça qui va faire la différence et si on se réduisait simplement à défendre chacun sa revendication sans lui dire aux autres sans penser que ce que défendent les autres peut être aussi intégré dans un programme global alors à ce moment-là la politique serait à mon avis perdu et les institutions alors les institutions telles qu'elles sont aujourd'hui pour vous sont en capacité de prendre en compte ce désir de démocratie je pense que il faut faire beaucoup plus de démocratie citoyenne au sens d'associés les Français et même les résidents un certain nombre de décisions qui les concernent localement sur les conventions citoyennes je trouvais que c'était une formule qui avait pu valoir et qui peut se reproduire sur les grands sujets des débats citoyens peuvent être organisés on peut faire c'est pas si simple plus de référendum tout ça il y a pas besoin de changer la Constitution pour y parvenir c'est la pratique c'est la pratique si on veut changer la Constitution il y a deux il y a deux réformes possibles l'une qui peut séduire mais qui est à mon avis ne serait pas admis par le peuple français c'est de revenir à un régime parlementaire et de faire en sorte que la proportionnelle et que on se retrouve un peu dans des situations comparables à ce qui existe en Europe très difficile parce que l'élection du Président de la République universel est tellement installé et donne une une vraie liberté aux citoyens public voudrait pas changer de pouvoir choisir son son dirigeant donc ça dirigeante et l'autre système l'autre système si on veut que le Parlement on joue tous en rôle c'est le régime présidentiel c'est-à-dire on supprime le Premier ministre bien c'est à peu près fait mais c'est pas tout à fait fait c'est-à-dire que on reste dans une fiction on reste dans une espèce de fiction de régime par ailleurs on a une de libération sur le 49.3 dans un régime présidentiel il y a il y a plus de 49,3 il y a plus de dissolution et regardez ce qui se passe aux États-Unis même si c'est pas facile pour Biden mais pour faire passer son budget il est obligé de faire un compromis avec le Congrès américain il faut préciser quand vous dites régime présidentiel c'est un régime ou le président la tête de l'exécutif est séparé hermétiquement de l'Assemblée parce que souvent quand on diriger présidentialiste c'est un régime ou l'exécutif de la République et le Parlement joue beaucoup plus important on l'a vu aujourd'hui etc alors puisqu'on puisque libération c'est aussi de la culture on va retrouver le musicien le DJ toxic Avengers qui est avec nous en visio qui va nous voilà qui est à côté de Simone salut vous êtes super bien installé salut toxic salut Simone qu'est-ce que je voulais dire vous allez nous interpréter on va regarder une vidéo de vous qui interprétée du coup le morceau bien cordialement toxique juste je crois que toi tu as une histoire personnelle avec libération des premiers enfants conçus par l'idée presque s'il y avait pas eu l'idée j'aurais pas été là moi c'est alibé mon nom qui était rédaction des sports d'Albi c'est un hasard du coup que je sois là ce soir mais effectivement c'est plutôt bien ben voilà un bébé Libé qui aujourd'hui donc est musicien tu as écrit bien cordialement une une chanson de ton dernier album que que qu'on peut retrouver sur toutes les bonnes plateformes c'est dans l'ADN de la musique que tu as envie de faire de faire des chansons engagées merci merci beaucoup tu es toxique merci Simone et on va écouter tout de suite bien cordialement et on va réagir ensuite toujours avec notre invité politique François Hollande a tout de suite [Musique] madame Monsieur Actuellement en recherche d'emploi suite à une année sabbatique je vous fais part de mon désintérêt total pour le poste de chef de projet à pourvoir dans votre entreprise pour moi c'est plus qu'un rêve de travailler dans une entreprise dont je n'ai jamais entendu parler comme la vôtre vous trouverez en pièce jointe mon CV dans lequel je me suis inventée des expériences ainsi qu'une année sabbatique qui était en fait une année où j'ai vécu en jogging parce que j'ai fait un burn-out carabiné dont je n'arrive pas à sortir la raison pour laquelle je candidate est simple j'arrive en fin de droit et je n'aurais bientôt plus d'argent ni d'appartement chez de nombreux impayés et je me nourris exclusivement de fromage blanc que j'achète chez Aldi dans mon appartement mal isolée je ne mets plus le chauffage parce que c'est trop cher et je squatte le wifi de mes voisins [Musique] je n'ai aucune ambition particulière si ce n'est celle de travailler le moins possible pour un maximum de blé je souhaite négocier avec vous une dizaine de semaines de congés payés parce que j'estime que travailler c'est fatiguant et moyennement épanouissant contrairement à ce que j'ai mis dans mon CV je ne parle pas un mot d'espagnol je sais à peine commander une bière et demander l'addition [Musique] la dimension humaine de votre entreprise m'angoisse fortement en général quand on met dans une annonce que les qualités humaines sont primordiales cela signifie que les salaires sont très faibles et le management violent j'ai hâte de démarrer chaque jour de la semaine en prenant le métro pendant trois quarts d'heure dans le doux parfum de sueur d'ail et de goudron je me languis de découvrir mes nouveaux collègues avec qui je m'efforcerai de parler politique sur des sujets clivants comme le burkini l'immigration ou le talent relatif je vois que vous avez une salle de pause avec un baby-foot c'est vraiment super pour se détendre entre deux réunions où je ferai semblant d'écouter malgré tout je risque de peu m'en servir étant donné que je souhaite travailler de chez moi dans une tenue décontractée et aux horaires qui m'arrangent chez le profil idéal pour échouer avec panache gaspiller vos budgets dans le cadre de mission que je ne maîtrise pas en choisissant des prestataires chers et incompétents [Musique] [Musique] je ne compte pas spécialement venir à votre séminaire d'entreprise je me ferai porter pâle parce que je n'ai pas très envie de passer 72 heures avec Bernard de la compta [Musique] je crois fermement au moment de qualité professionnelle et suis certaine que vous apporterez une réponse positive à ma candidature bien cordialement [Musique] [Musique] [Musique] [Musique] merci beaucoup pour cette interview de musical c'était toxique Avengers à retrouver sur son album Guess futur tout de suite Adventures le bébé libération qui sont forts quand même ils sont très talentueux les bébés et c'est toxic Avengers également qui a composé l'exceptionnel musique du générique de l'émission backset voilà bien cordialement du dernier album de Toxic Avenger qui parle du travail qui parle de cette relation complexe au travail là aussi il n'y a-t-il pas un conflit de génération dans le rapport au travail dans ce que dans ce qui explique cette chanson dans ce qu'on entend peut-être de beaucoup de jeunes qui voudraient travailler moins et mieux plutôt que d'aller chercher la croissance toujours la croissance qu'est-ce que vous en pensez François Hollande ah oui il y a une évolution du rapport au travail contestablement mais c'est pas non plus nouveau il y a des il y a des cycles comme ça 19ème siècle la Fargue gendre de Karl Marx avait écrit un livre sur le droit à la paresse en disant si on sortir de la lignation de l'exploitation si on veut donner finalement du pouvoir à des ouvriers qui sont aujourd'hui tout à fait relégués il faut leur donner du temps c'était la revendication du temps puis ensuite même ce qu'on évoque libération ses origines 68 68 c'est métro boulot dodo qu'on veut plus qu'on veut plus comme si c'est qu'on refuse et qu'est-ce qui se passe aujourd'hui et c'est ça qui est intéressant et qui doivent donner peut-être espoir à votre génération c'est que le rapport de force entre le travail et le capital est en train de se modifier sur un point c'est à dire que lorsque y compris quand j'étais Président il y avait un chômage de masse élevé et donc le rapport de force des salariés ou des entrants dans le sur le marché du travail était relativement déséquilibré aujourd'hui les entreprises et c'est pour ça que le texte est tout à fait pertinent les entreprises font un effort tout à fait artificiel pour attirer des jeunes venez chez nous il y a une politique de ressources humaines il y a des rapports au travail différents mais il y a une exigence maintenant pas simplement de salaire il y a une exigence de sens cette qualité et de qualité de vie les employeurs sont pas forcément sur tous les types de d'activités tous les types de travailleurs mais sur sur en tout cas pour les jeunes générations plutôt qualifiées formées il y a un rapport de force qui est aujourd'hui favorable à la jeunesse il y a aussi une différence Malek en fonction des des zones dans lesquelles on habite oui il y a aussi la la discrimination j'ai envie de dire en fonction de l'adresse avant tout pour parce que Alexandre tout à l'heure parler de transparence je veux l'être aussi parce que j'ai reçu des petits messages en me disant ah mais tu as déjà rencontré François Hollande oui c'est pas un secret on s'est déjà rencontré ça a été ma première campagne présidentielle en plus la votre monsieur le Président et je vous avais déjà parlé des quartiers populaires quand on s'est prévu et c'était ce dont je voulais parler aujourd'hui il s'était porté vers le bulletin Hollande massivement 2012 Emmanuel Macron a cherché à faire de même aussi en parlant de libération des énergies startup nation au final on a vu ce que ça a donné alors des milliers d'emplois uber Burt ça très bien mais rien d'autre si il y a eu un rapport Bordeaux qui a été commandé ça c'est bien qui a été travaillé avec les acteurs de terrain mais qui a été enterré aussitôt qu'il est arrivé et je me suis mis à lister tout à l'heure toutes les problématiques qui a chez moi mais aussi dans plein d'autres quartiers populaires partout dans toute la France et en réalité c'est des problématiques qu'on trouve dans toutes les villes de France mais qui sont accentuées dans les quartiers populaires on peut parler emploi durable et emploi qui payent correctement on en parlait logement transport disparition des services publics école qui souffrent hôpital aussi les assos les associations sportives dans les quartiers qui font un travail extraordinaire et qui ont été plantés par la fin des contrat aidé d'Emmanuel Macron l'insécurité qui a subi par les habitants mais aussi les violences policières qui sont commises les policiers qui salissent l'uniforme et tout ça tout ça cumulé on se dit bah l'État les choses ne font que s'aggraver d'année en année donc monsieur le Président deux questions en une la première est-ce que vous pensez que la génération actuelle de nos dirigeants politiques est capable de répondre aux attentes des jeunes aujourd'hui des quartiers populaires qui ont des attentes différentes déjà 5 10 15 ans et la deuxième question quel est pour vous dans ces quartiers là dans ces territoires là la priorité aujourd'hui vous avez raison d'insister sur le fait que dans une génération il y a des situations différentes on parle de la jeunesse en tant que tel non il y a des jeunesses il y a une jeunesse qui va bien peut-être qui négociera bien son entrée sur le marché du travail compte tenu de ce que je disais une autre qui pourra trouver du sens dans ce qu'elle pourra accomplir et puis il y a une jeunesse qui même si vous faut pas rentrer dans trop de caricatures qui se vit encore discriminé reléguer empêché ça veut pas dire qu'il y a pas d'entrepreneuriat dans les quartiers il y en a beaucoup ça veut pas dire qu'il y a pas des réussites il y en a ça veut pas dire qu'il y a des parcours qui peuvent être d'excellents mais globalement c'est le sentiment que ça se répète et ça se reproduit moi je pense que la grande question c'est le fait que aujourd'hui dans les établissements scolaires de ces quartiers là c'est les mêmes populations que l'on trouve on parle de mixité sociale c'est fini la mixité sociale dans un grand nombre de locarnis populaires et quand il y a pas de mixité sociale il y a pas il y a pas l'échange il y a pas il y a pas le la compréhension d'un destin commun il y a pas l'idée que on va pouvoir avoir le même avenir on est donc dans une situation différente ce qui fait que certains même mais ça me choque disent les Français tellement ils se sentent loin encore du du de ce que l'école qui a toujours été le facteur majeur d'intégration et de promotion peut produire donc pour moi la première et ça reste toujours parce que j'étais déjà sur cette ligne là la première priorité c'est l'école quand je dis l'école c'est aussi jusqu'à l'université et au-delà si on fait une réforme des lycées professionnels ou c'est pour envoyer dans les mêmes filières les mêmes jeunes et on sait bien lesquels on va renvoyer sans avoir la culture générale qui est indispensable pour pour évoluer pour connaître des mobilités je pense qu'on va accentuer encore le phénomène de la relégation par ailleurs il y a les on a beaucoup moqué les contrats aidés on a beaucoup dit ça sert à quoi les emplois jeunes ces formules mais bien ça permettait à des associations tout simplement de faire un travail dans le quartier et donc quand on a détruit ça ça veut pas dire qu'il faut pas faire des rénovations de de logement et et le programme en rue mais ce qui était essentiel dans ce qu'on devait faire c'était la vie dans les quartiers et donc d'être capable d'aider les associations et moi je pense qu'il y a plein d'associations parler des engagements tout à l'heure il y a plein d'associations qui font de la politique bien sûr pas pour aller aux élections et présenter des livres avec beaucoup de jeunes notamment ceux qui veulent changer leur vie et la vie des autres dans les quartiers un des marqueurs pour un des marqueurs de la gauche historiquement on en a parlé tout à l'heure c'est pour rebondir sur cette question du travail c'est en effet de donner alors soit les 35 heures pour Lionel Jospin quand il arrive au pouvoir il se dit voilà ça c'est un marqueur fort d'ailleurs les remontées de terrain sont assez folles c'est les gens sont contents dans les faits des socialistes ça ça fait un vrai gouvernement socialiste bon voilà Mitterrand Bloom etc c'est à dire en gros abaisser le temps de travail donc renchérir le coup du travail vous avez choisi une politique plutôt de de l'offre donc qui suppose qu'on ne renchérise pas trop le coût du travail est-ce que aujourd'hui le le le on va dire le déclin de l'intérêt peuvent avoir les gens aussi pour ces travaux mal payés etc et pas aussi dû au fait que c'est mal payé et que notre modèle repose sur le fait que c'est mal payé et que ça marche comme ça et que pourquoi vous n'avez pas renchéri plutôt le coût du travail les employeurs auraient encore moins ah ben non mais ils sont jamais contents quand on fait ça de toute façon chômage très élevé ou la compétitivité était très dégradée ou même si on relance parce que ça a toujours été ce qu'a fait la gauche historiquement elle a toujours relancé la consommation la demande et c'est bien et puis l'offre qui correspond à cette demande elle est pas adaptée et donc on va les jeter des produits étrangers donc il faut que il faut qu'il y ait des entreprises qui soient compétitives est-ce qu'elles sont compétitives simplement en baissant le cours du travail non il faut bien qu'elles investissent il faut bien qu'elles aient de la technologie pour bien qu'elle recherche développe etc mais je pense que pour revenir au temps de travail oui ce que vous avez là c'est même au-delà c'est même comment on fait société comment on est on est ensemble quoi se sentir mal payé etc c'est se sentir maltraiter quand tu as fait les 35 heures est-ce que les gens étaient spécialement contents compliqué à la fois content d'avoir récupéré du temps et ils étaient aussi bouleversés parce qu'il fallait changer complètement l'organisation de l'entreprise et c'était d'ailleurs ce qu'on veut pas contents non non il y avait des patrons qui sonneront qui sont servis pour modifier l'organisation et augmenter la productivité le patronat est plus souple et donc ça saute pas toujours aux yeux mais je oui parce qu'il s'adapte aussi ils sont pas ils sont sous contrainte aussi et aujourd'hui il y a une revendication qui revient qui avait un peu disparu qui est la semaine des quatre jours et donc beaucoup dans le chat qui en parlent effectivement alors là le temps de travail n'était plus tout à fait à l'agenda il n'est pas de la même manière c'est pas on va passer des 35 heures ou 32 heures puis après au 28 heures comme s'il y avait un mouvement général la CGT réclame toujours le 32 heures la CGT est réclame tout c'est son c'est son dos c'est son rôle mais là c'est plutôt est-ce qu'on peut pas vivre différemment est-ce que on est forcément obligé d'aller passer toutes ces journées aux travaux on l'avait vu avec le télétravail etc donc je pense que cette idée des quatre jours alors après est-ce qu'on compense les 35 heures sur 4 jours c'est ça les 35 heures sur 4 jours ou pas ça va être et ben qu'est-ce que c'est c'est la négociation dans l'entreprise c'est pour ça qu'il faut des syndicats forts parce que c'est eux qui vont porter un moment ou un autre cette revendication donc la CFDT parce que vous avez dit la seule jeter bon de façon mais la CFA d'entreprises c'est la CGT qui va être porteuse de ça et qui signe des accords d'ailleurs et qui signe des accords contrairement à ce qu'on imagine autant la cggestion signe pas des accords nationaux mais l'ancien plein au niveau des entreprises et moi j'ai toujours favorisé la négociation l'autre sujet qui a beaucoup été à l'ordre du jour aujourd'hui à l'occasion des 50 ans de libérer vous vous en doutez bien c'est l'avenir de la gauche l'avenir de la gauche est-ce que je peux me tourner vers toi Thomas et te demander vous vous êtes revendiqué de la social-démocratie lorsque vous avez présidé la République est-ce que tu peux nous dire ce qu'est le haut landisme politique [Rires] ah bah c'est une tentative de sociale démocratie le problème de social-démocratie en France c'est que l'associal de démocratie c'est un contrat c'est une façon de gouverner avec les syndicats et c'est un contrat entre les travailleurs le patronat et l'État et François Hollande et fait partie de cette gauche qui préfère le compromis à l'affrontement et qui préfère le contrat au combat le problème qui a eu François Hollande mais qui a eu tous ceux qui prenaient la social-démocratie en France c'est que c'est que c'était social démocratie sans bras puisque il n'y a que 8% de syndiqués et que les syndicats n'ont pas beaucoup de pouvoir et c'est alors il va sûrement et donc voilà la social démocratie l'associal démocratie on l'a souvent assimilé à un centre gauche parce que parce que c'était plutôt des modérée parce que quand on cherche le compromis on est considéré comme étant modéré alors que quand on prône l'affrontement on a l'impression d'être radical c'est une impression je trouve ça très dommage parce que le compromis est souvent plus compliqué à trouver plus long à fabriquer mais plus solide et plus porteur de progrès à long terme donc on peut faire de la radicalité avec du compromis c'est pour ça qu'il faut découpler la radicalité de l'extrémisme et bon mais la question elle doit être posée plutôt à François Hollande de me poser une question qui nous écoutent et que Thomas Legrand voilà il est vrai que là on a quand même remarqué que depuis le mois de janvier il y a un regard un regain très très fort dans le dans la confiance de syndicats il la CGT enfin de nombreux nombreux nouveaux adhérents et nouveaux nouvelles adhérentes et puis bah du coup ça me donne envie de vous poser la question vous auriez fait quoi à place d'Emmanuel Macron pardon c'est une bonne question c'est une bonne question mais peut-être voulez-vous répondre à la question de Flora que j'ai complètement jumper je suis désolé c'était la bonne question j'aurais fait ni cette réforme ni ce rapport avec les syndicats c'est-à-dire que c'était contraire au principe de la société démocratie non pas qu'il faille pas faire de réformes des retraites dire non non c'est un sujet tabou on doit jamais y toucher parce que on va vivre comme ça et vous avez vous-même non moi j'ai même sous ma présence c'est une réforme des retraites mais il faut qu'elle soit juste il faut pas que ça passe par là je reporté et il faut que ce soit compensé par des efforts notamment des entreprises et des hauts patrimoines c'était ça une idée possible pour la réforme des retraites tout en disant si on vit plus longtemps on va être obligé de cotiser plus longtemps ça c'est sûr ou de cotiser davantage il faut cotiser sans doute davantage employeur comme salarié c'est le fondement même de du système de répartition donc voilà j'aurais fait j'aurais pas fait cette réforme parce que j'en ai fait moi-même une différence et j'aurais été dans une négociation de toute façon avec les syndicats même si on n'est pas d'accord mais la CFDT notamment mais la CGT était dans la même disposition à une ligne rouge et au-delà de la ligne rouge tout est négociable il y avait sans doute des choses qui ont été négociées c'est ça la social-démocratie c'est la négociation c'est le contraire démocratie c'est pas simplement une méthode même si ce qu'a dit Thomas Legrand est tout à fait juste c'est pas simplement la méthode du compromis c'est un objectif de de société longtemps c'est ça qu'elle apparaît aujourd'hui un peu comme une vieille lune donc pour ça qu'il faut conquérir d'autres espaces longtemps la social démocratie c'est identifié à la sécurité sociale c'était quand même un acquis important cet identifié à la redistribution fiscale c'est aussi un moyen important et c'est identifié un rapport de force dans l'entreprise aujourd'hui elle a la social démocratie un enjeu beaucoup plus lourd qui est de réussir par ses moyens par sa méthode la mutation climatique c'est ça le grand enjeu c'est qui va être le mieux placé politiquement pour réussir le grand mouvement qui est de toute façon inévitable et peut-on le faire dans l'année négociation comment on fait et bien l'associal démocratie là elle retrouve un peu de sa jeunesse c'est-à-dire il faut faire le compromis entre capital et travail pour savoir comment ça va se passer il faut faire le compromis entre les générations pour savoir qui va faire l'effort le plus important les plus âgés ou les plus jeunes et il va falloir faire un compromis aussi citoyen qui doit être associée à ces décisions ou pas et deuxièmement la sociale démocratie aujourd'hui elle a plus d'atouts parce que la planification redevient un instrument tout à fait essentiel en matière énergétique en matière écologique on peut plus faire confiance au marché ou seulement au marché donc le rôle de l'État est immédiatement réinvesti donc on a à la fois par la sociale démocratie un rôle de l'État qui doit être essentiel que j'appelle l'état non plus Providence comme c'était le cas pour la première étape de l'associal démocratie mais l'État garant je dois garantir qu'on va bien atteindre les objectifs climatiques et je dois bien garantir qu'on va le faire dans la justice et c'est ça l'État garant et donc je le fais à travers la planification je le fais à travers un système de redistribution de pouvoir et de richesse et je le fais à travers le compromis et donc je crois à l'avenir de la social démocratie pourquoi parce que si c'est le marché on voit bien que le marché ne peut pas résoudre même par les prix la question climatique si c'est le tout état on voit bien que ça se passera nécessairement dans les entreprises ou dans la société donc l'État ne peut pas de ce point de vue avoir la réponse unique et donc je pense que c'est justement le système social-démocrate qui est le mieux placé vous croyez à la social le principe peut-être qu'il y a aussi un besoin d'incarnation Alexandra tu voulais en parler oui je c'est vrai que Bernard Cazeneuve qui a été votre votre premier ministre pendant 5 mois je crois à la fin de mandat et est en train on est en train de se prépositionner se prépositionner pour peut-être 2027 est-ce que alors il a beaucoup de qualité Bernard cazeneuvin c'est vrai mais est-ce que vous pensez que c'est celui qui peut pousser les jeunes dans les dans les bureaux de vote ça a l'air de l'étrangement j'imagine qu'il nous écoute et il a tant fébrile il est sur twitch non non mais oui alors que je sais extraordinaire on dit il faut changer les institutions il faut essayer d'avoir une conception élevée de la politique et on est qui va être candidat d'un mouvement qui n'existe pas une sociale démocratie qui n'est pas reconstituée et d'une gauche qui est éparpillée et soumise à une forme de radicalité quelle est la quelle est la solution la solution elle est pas aujourd'hui personnelle on est à 4 ans de l'élection présidentielle la solution c'est si on veut être dans une démocratie il faut qu'il y ait des forces qui animent la démocratie il faut qu'il y ait des parties il faut qu'il y ait des organisations qui concourent à l'expression du chômage qui donne envie d'adhérer de délibérer de choisir de choisir des candidats de choisir les programmes de d'aller en contact avec tous les mouvements qui aujourd'hui ont pas forcément envie de s'engager mais qui ont envie de transmettre leur espérance ou leur radicalité s'il y a plus d'organisation politique c'est le cas aujourd'hui il y a pas de partie majoritaire ça n'existe pas renaissant c'est même pas né donc ça pouvait il a pas pu venir ce soir tant pis pour lui il y a les vers c'est 10000 adhérents le PSC 20000 et il a raison Laurent Berger quand il dit toutes les organisations syndicales ou même la seule organisation de la CFDT fait plus que tous les adhérents des partis politiques quel est le seul parti qui est aujourd'hui est constitué qui est représenté sur le terrain qui agit et qui se pose pas la question de savoir qui va être l'incarnation c'est le rassemblement national alors on va nous on va dire il y a plus de parties c'est formidable je vois que la gauche dit il faut réfléchir une candidature unique de la gauche pourquoi pas comment on va le désir on va pas quand même faire voter les gens vous rendez compte pour faire voter les citoyens faut pas exagérer on fera une coopérative on fera un conseil des sacs formidable conseil des sages pour une grande organisation qui se veut en rupture donc tout le monde dit pas ça un plan assez il faut un plan il veut d'abord faire un programme commun il a raison comme au bon vieux temps et ensuite une primaire mais de du casting de la personne qui irait portait ce programme donc une primaire qui ne porte pas une politique mais oui mais la condition préalable c'est qu'on recrée des organisations politiques pas des nébuleuses pas des arrangements et des combinaisons des organisations politiques et de droite vous devez avoir un parti de droite il est pas là vous êtes au centre vous devez avoir un parti du centre vous en avez plusieurs qui n'existe pas et donc et donc si on veut la social démocratie mais il faut il faut créer avec le Parti socialiste avec tous ceux qui le voudront avec des forces qui peuvent s'y adjoint il faut créer d'abord l'organisation mais avec qui dedans avec un programme avec des élus avec des adhérents avec avec grand mouvement populaire en faveur de la social-démocratie je vous avoue c'est pas même le Front national n'a pas d'adhérent c'est-à-dire qu'il y a plus de il y a plus très peu il y a plus de parties de parties de masse comme comme le Parti socialiste a pu l'être parti soci j'avais été un grand parti de masse mille adhérents à un moment si on n'a pas cette logique là si on n'est pas dans cette conception de la démocratie alors on est uniquement dans les questions de personnalisation et on est toujours dans l'idée qu'il va y a surgir quelqu'un qui va trouver la solution mais non il faut pas penser qu'il y aura quelqu'un qui viendra surgir pour trouver la solution comme il y a eu le précédent public c'est le problème c'est pas le problème de la Cinquième République tous les présidents de la République hormis Macron tous les présidents de la République ont été un moment ou un autre chef d'imparti et ils se sont toujours portés au contact des citoyens au nom d'un parti politique ils ont toujours été désignés par leur parti politique par une primaire ou pas et il y a toujours eu ce mouvement là depuis 2017 cette volet en éclat donc tout le monde se dit bah ce que Macron a fait je peux le refaire suffit de déclarer candidat je fais un micro parti je fais un appel et se retrouver dans je ne sais quelle formule non il faut recréer les conditions des partis politiques il y a qu'en France qu'on a ce problème là regardez partout d'ailleurs ça va pas bien la démocratie bah non partout ailleurs il y a une vague de populiste qui qui submerge de droite ou d'extrême droite en Europe aux États-Unis et ailleurs mais ailleurs il y a quand même des partis politiques au Royaume-Uni ils ont eu le brexit ils ont quand même deux partis politiques qui se font une alternative l'un par rapport à l'autre en Allemagne en Italie il y a des partis politiques il y a qu'en France où il y a plus de partis politiques sauf qu'il y a une extrême droite qui a un niveau élevé elle est pas un niveau très élevé par rapport à d'autres pays mais qui du coup pourquoi il y a plus politique eux-mêmes ont déposé leur propre bilan quand vous déposez votre bilan vous dites vous savez je ne veux plus être un parti généralement les gens n'adhèrent pas ça c'est rare quand même ils viennent vous voir il y a des gens qui qui quelquefois de disent qu'est-ce que je peux faire pour faire de la politique à laquelle porte je peux faire je peux frapper je dis vous pouvez frapper aucune porte puisqu'il y a plus de maison mais c'est ça le problème pour reconstruire des maisons on a on a on a retrouvé la photo Malek on a une archive le placard archives qui montre une photo de toi en 2012 avec un que tu as surpris surprise ça va arriver ça va arriver voilà comment il est beau c'était au Bourget c'était au Bourget c'est la finance c'était toi j'ai chanté j'ai chanté la Marseillaise juste derrière François Hollande et ouais gros souvenir non j'ai bien merci d'avoir parce que c'est un bruit de couloir que j'ai entendu tout à l'heure le fait que Jean-Luc Mélenchon est refusé de venir avec nous ce soir pour débattre avec vous vous l'avez un petit peu confirmé et je trouve ça dommage Jean-Luc on aurait été très content de t'accueillir et j'aurais été ravi de te laisser ma place juste on doit reconstruire donc des familles François Ruffin se dit sauce sociale démocrate est-ce que on accepte François Hollande mais François Ruffin à la table de la discussion pour reconstruire une famille avec Bernard Cazeneuve avec François Hollande est-ce qu'on accepte Bernard casse [Rires] [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] je vais répondre on accepte tous ceux qui veulent venir si on commence à écarter à exclure mais comment voulez-vous comment voulez-vous être 50% et un peu plus donc on commence à se refermer pour vous donc la nuit pêche c'est bien pour vous faut que les gens de la nups soient dans le mouvement bien sûr je vais pas commencer à dire on a commencé le débat sur les gauchers si je dis les gauches sont irréconscients bah c'est fini on arrête donc vous êtes favorable je sais pas une liste commune de la nuit place par exemple à ce qui est des des compétitions entre les familles de la gauche pour le rassemblement ensuite ça a toujours fonctionné comme ça que François Mitterrand a été élu au premier tour avec un candidature commune de la gauche non non mais il a été élu sur un programme commun avait été déchiré c'est la gauche était divisée il a gagné et l'extrême droite couper aussi il y a peut-être ça qui rend la chose urgente c'est pas le patch c'est tous les dirigeants de gauche aujourd'hui moi-même j'ai été élu en 2012 il y avait une extrême qui était déjà forte j'ai été candidat il y avait Mélenchon qui était candidat il y avait même Eva joli qui était candidat et ça n'a pas empêché la victoire au contraire ça la permise la victoire parce que ça permet au deuxième tour d'avoir la dynamique nécessaire le Front populaire vous pensez qu'avec une seule liste au Front populaire mais non il y avait la SFIO il y avait le Parti communiste il y avait les radicaux et c'est ce qui a permis la victoire donc il y a toujours eu la nécessité de partir différemment parce qu'on pense pas forcément tous la même chose on peut avoir un programme commun à la fin il faut se souhaitable mais il faut d'abord reconstituer des familles et aller drainer le maximum d'électeurs pour avoir une majorité à la fin et le problème du rassemblement national je sais pas si elle sera au second tour et finalement son score de premier tour quand on regarde historiquement sur ces dernières années son score de premier tour n'a pas été particulièrement en hausse elle a fait 18% elle fait 18% en 2012 elle a fait un peu plus de 20% en 2017 et 21 ou 22 en 2022 elle est pas forcément dans une situation extrêmement favorable en revanche au second tour elle ne crée plus la répulsion et donc la mobilisation contre elle et donc penser que on va arriver au second tour même avec une candidature unique de la gauche en fait face à Le Pen et qu'on va gagner non on va gagner que si on est capable de convaincre que c'est pas simplement un risque de prendre le peintre c'est une chance de prendre la gauche c'est une espérance on on pourra pas gagner sur simplement la peur il faut gagner sur l'idée que ça peut être une nouvelle étape dans la construction du pays Thomas surprends mais non non j'ai toujours une question à poser mais non non je suis étonné que vous réclamiez finalement le retour à ce qu'il a disparu sans qu'on ait eu l'explication exacte pourquoi ça a disparu parce que comment ça reviendrait si on ne sait pas exactement pourquoi ça a disparu parce que les partis politiques ils sont créés vous disons créer des parties mais ils sont créés Renaissance c'est un parti qui est qui a été créé personne n'y va mais il a été créé le Parti socialiste il existe toujours il y a des structures il a des locaux personne n'y va mais il existe pourquoi personne n'y va attends il y a une renaissance du Parti socialiste quand même un peu en ce moment depuis la nuit oui et euh François Hollande vous pouvez avoir une boutique si vous mettez rien devant la boutique pourquoi les gens rentreraient le problème il y a plus d'idées c'est ça c'est le travail ça s'appelle le travail c'est-à-dire il faut bâtir des programmes faut aller chercher des idées nouvelles il faut rencontrer les associations les syndicats les gens qui bougent les radicaux tout ce qu'on veut mais pourquoi ce travail ne se fait pas ce travail n'est pas fait parce que regardez ce qui se passe qui qui produit une idée là aujourd'hui prenons le cas d'aujourd'hui heureusement passer la journée à le faire ce qui s'est passé ici regardez ce qui s'est passé à l'Assemblée ah oui non oui c'est quoi l'image de la politique qui vont convaincre une partie du pays de se dire bah là il y a peut-être quand même une solution il y a peut-être une espérance il y a peut-être une attente que qui correspond à ce que moi vous auriez aimé par exemple sur la réforme des retraites que la gauche soit capable non seulement de se poser mais la qui n'a pas été capable de faire ça soit capable de proposer une alternative crédible mais l'ont proposé on sait pas le risque 162 ans qu'ils ont ils ont tout ce qu'il faut pour supprimer la loi mais il y a pas de d'ailleurs démocratie parlementaires on ne peut renverser un gouvernement que quand on a une heure en Allemagne c'est le cas que quand on a une alternative de oui si vous préférez on arrive plus à créer la gauche n'arrive plus à créer ce mécanisme qui lise alors qui dit oui avec avec plusieurs projets puisque il s'agit pas de faire un grand un grand rassemblement comme vous l'avez dit mais au moins sur la réforme des retraites l'opposition pouvait être commune entre tous les entre tous les parties de gauche mais chaque partie devait avancer sa propre réforme être capable de dire voilà ce que je fais si j'étais au responsabilités du pays c'est pas tout à fait ce que pensent les autres et alors c'est la différenciation sinon il faut faire un parti unique mais c'est pas le cas même de la nupcesse donc à partir de là puisque chaque partie doit afficher ce qu'il pense sur chaque sujet les retraites l'Europe la question du climat comment on fait donc c'est le rôle de chaque partie mais si maintenant plus personne ne veut l'exercer si on attend l'élection présidentielle en se disant il y aura bien quelqu'un qui qui surgira qui nous sauvera mais non il y aura personne donc il faut absolument faire ce travail il y a pas de politique sans travail il y a pas de politique sans démarche il y a pas de politique sans mouvement il y a pas le podictions idées ça n'existe pas ou alors on est dans dans une confumérisme le plus absolu et on espère qu'il y aura il y aura un individu qui viendra nous donner un peu de d'espérance le moment venu non ça ne se passera pas donc il faut travailler donc si vous avez peut-être du temps à perdre venez alors je sais pas où vous allez parce que pour l'instant il va falloir vous proposer une organisation parce qu'il faut une organisation il n'y a pas de politique d'organisation ça veut dire que va y avoir beaucoup de choses à lire dans les pages ID de libéralisation profitez de l'abonnement spécial backset qui ne dispose que jusqu'à demain jeudi midi après il y en aura plus 10 balles seulement pour 6 mois d'abonnement à Libération franchement profitez-en il va se passer plein de trucs dans les six prochains mois ce serait con de passer à côté de ça merci François Hollande merci d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de batterie merci beaucoup merci à toutes et à tous d'avoir suivi cette émission merci je vous rappelle que maxi est rendu possible que par vous que par vos dons j'en suis navré mais c'est comme ça les jeunes doivent financer eux-mêmes leurs propres émission politique alors que les vieux ils ont la téloche tant mieux pour eux tant pis pour nous on a besoin de votre pognon les amis n'hésitez pas à faire des dons sur Kiss kissbank on va y arriver à financer cette saison j'y crois à mort merci à toutes et à tous n'hésitez pas j'en profite pour remercier les équipes de libération avec qui on a monté cette très belle émission merci beaucoup Johan et Maud merci beaucoup à mes coproducteurs et journalistes François Quentin Laurent merci beaucoup à gozi qui s'occupe de la Real avec l'ensemble du matos c'est eux qui ont font tout ça en une seule journée merci à Cardell et son équipe merci à la Sorbonne qui nous accueille ici et merci beaucoup à toi le public c'est la fin de cette émission [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] [Musique]
François Hollande