"Je me suis glissée dans une malle de costumes pour partir avec elle", raconte la fille de Joséphine Baker dans un livre
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:16OuverteRéponse directe
Pourquoi vous l'avez écrit ? Pourquoi vous avez ressenti ce besoin de l'écrire ?
- 0:56OuverteRéponse directe
Et alors elle était comment ? Ce qu'on ne connaît pas d'elle, que vous seulement vous avez vu
- 1:42OuverteRéponse directe
Vous dites qu'elle était sévère, c'est-à-dire ?
- 2:24OuverteRéponse directe
Vous vous dites qu'elle n'a adopté que deux filles et qu'en tant que fille, vous aviez des rapports peut-être encore plus privilégiés avec elle. C'est quoi ce que vous avez écrit, raconté et que vos frères ne connaissaient pas ?
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Ce livre, vous dites que vous avez mis du temps à l'écrire. L'envie de l'écrire est arrivée finalement tardivement. Pourquoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21InvitéFait
« la question intemporelle que l'on m'a posée pendant toutes ces années, c'est comment était-elle comme maman ? »
- 0:47InvitéFait
« je me suis attelée à la tâche et j'ai décidé d'écrire à mon tour la maman que j'ai eu la chance d'avoir. »
- 1:04InvitéFait
« c'était la femme dans son intimité. »
- 1:10InvitéFait
« c'était celle qui arrivait à n'importe quelle heure, de n'importe quel endroit et qui se précipitait sur nous pour nous embrasser »
- 1:23InvitéFait
« très sévère au niveau de l'éducation proprement dite, comme on élevait les enfants dans les années 60 »
- 2:41InvitéFait
« ce que mes frères ne connaissaient pas, c'est cette intimité que j'avais avec maman. »
- 3:06InvitéFait
« une fois, je me suis glissée dans une de ses mâles de costume, que la mâle avait été refermée. »
- 4:07InvitéFait
« quand maman est morte, moi, j'ai fermé une porte. C'est-à-dire que j'ai vécu jusqu'au Panthéon. »
Temps de parole
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Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bienvenue sur votre radio locale en Dordogne. Ce matin,
on
reçoit la fille de Joséphine Baker qui vient d'écrire un livre sur sa maman. Elle est votre invitée, Louis de Bergevin. Bonjour Marianne Bouillon-Baker. Bonjour. Je suis la fille de Joséphine Baker. C'est donc le nom, le titre de votre livre. Pourquoi vous l'avez écrit ? Pourquoi vous avez ressenti ce besoin de l'écrire
? Eh
bien parce que la question intemporelle que l'on m'a posée pendant toutes ces années, c'est comment était-elle comme maman ? Parce qu'on l'a beaucoup décrite comme résistante, comme défenseuse des droits civiques. Mais comme mère, mes deux frères ont écrit des livres, mais c'était juste effleuré comme sujet. Donc je me suis attelée à la tâche et j'ai décidé d'écrire à mon tour la maman que j'ai eu la chance d'avoir.
Et alors elle était comment ? Ce qu'on ne connaît pas d'elle, que vous seulement vous avez vu
? Eh
bien c'était la femme dans son intimité. C'était celle qui arrivait à n'importe quelle heure, de n'importe quel endroit et qui se précipitait sur nous pour nous embrasser, qui congédiait le personnel qui s'occupait de nous pour nous avoir tout à elle. Et c'était une mère tendre. Et puis surtout avec, bon, très sévère au niveau de l'éducation proprement dite, comme on élevait les enfants dans les années 60, mais de l'autre côté excessivement tendre, cherchant toujours un rapport charnel avec nous, parce qu'en fait c'est ce qui lui manquait le plus dans sa vie.
Donc
très proche de vous. Vous dites qu'elle était sévère, c'est-à-dire ?
Ah
bah écoutez, par exemple, à l'époque, lorsque maman était dans une pièce avec un autre adulte et qu'on voulait accéder à la pièce, on frappait à la porte et on attendait qu'on nous demande d'entrer, avant d'entrer dans la pièce par exemple. On pouvait rester deux heures à table sans piper mot. D'ailleurs, lorsqu'on était considéré assez grand pour pouvoir dîner à la table des adultes, on avait un comportement exemplaire. Et ce n'est que sur la permission de nos parents que nous avions le droit de sortir de table, par exemple.
Alors, vous l'avez dit, il y
a
plusieurs livres qui ont été écrits sur Joséphine Baker. Vous vous dites qu'elle n'a adopté que deux filles et qu'en tant que fille, vous aviez des rapports peut-être encore plus privilégiés avec elle. C'est quoi ce que vous avez écrit, raconté et que vos frères ne connaissaient pas ?
Alors, ce que mes frères ne connaissaient pas, c'est cette intimité que j'avais avec maman. C'est une série d'anecdotes. Parce qu'en fait, moi, depuis toute petite, je tenais absolument à être avec elle. Et lorsqu'elle partait en tournée, maman,
c
'était pendant deux, trois mois. Et dès que j'ai eu 4-5 ans, je me suis vite rendue compte que ses absences étaient répétitives et puis surtout très, très, très prolongées. Et je ne voulais pas la laisser partir. Donc, par exemple, j'ai raconté qu'une fois, je me suis glissée dans une de ses mâles de costume, que la mâle avait été refermée. Et qu'heureusement, à l'époque, il y avait des porteurs qui prenaient les gros bagages pour les mettre dans un wagon particulier dans le train. Et il a entendu qu'on tapait parce que je commençais à étouffer dans la mâle. Et on m'a sorti de là. Et je me suis retrouvée dans les bras de maman qui m'a évidemment emmenée avec elle.
Donc, j'ai passé vraiment ma toute petite enfance à beaucoup voyager avec elle. Ce que mes frères n'ont pas eu le loisir de faire. Mais le fait d'être une fille aussi, ça a beaucoup joué. Nous partagions la même salle de bain. Nous avions des histoires de filles à nous raconter. Ce que mes frères n'ont pas eu.
Ce livre, vous dites que vous avez mis du temps à l'écrire. L'envie de l'écrire est arrivée finalement tardivement. Pourquoi
? Ce
n
'est
pas l'envie d'écrire.
C
'est que je ne pouvais pas. Vous savez, quand maman est morte, moi, j'ai fermé une porte. C'est-à-dire que j'ai vécu jusqu'au Panthéon. Alors, ça fait une cinquantaine d'années.
Jusqu'à sa panthéonisation ?
Voilà. Je ne parlais pas d'elle. Jamais. Jamais. Les gens au travail, mon cercle plus élargi ne savait pas du tout que j'étais sa fille. Je ne parlais jamais d'elle parce que c'était trop douloureux. C'était quelque chose que je n'arrivais pas du tout à vouloir exprimer. Les seuls moments où j'en parlais, c'était avec mes frères. Et là, c'était un petit peu difficile parce qu'elle me manquait trop et puis que j'ai dû construire ma vie de femme toute seule. Imaginez un peu. Elle n'a jamais été là lorsque j'ai eu mes enfants, lorsque je me suis mariée. Enfin bon.
Et
tous ces moments si précieux, sans elle, m'étaient insupportables. Donc, je ne parlais pas d'elle. Voilà. Jamais. Et puis, un jour, il y a eu la panthéonisation. En
2021.
Voilà. Et mes frères m'ont un petit peu poussé en avant en me disant qu'il était temps que moi aussi, je sorte du silence et que je m'exprime à mon tour. Voilà. Alors, ils m
'ont
un peu poussé.
Voilà. Et c'est pour ça qu'est sorti ce livre Je suis la fille de Joséphine Baker. Ce livre que vous avez écrit Marianne Bouillon-Baker et que vous allez d'ailleurs dédicacer. samedi, donc demain et après-demain, ce week-end, au Château des Milan. Vous viendrez présenter et dédicacer ce livre. Merci beaucoup Marianne Bouillon-Baker d'être venue ce matin sur l'antenne d'ici Périgord.
Mais je vous en prie. Bonne journée à tous.
Interview à retrouver sur ici.fr et sur l'application.