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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 16 octobre 2023 22 min

Jordan Bardella : "Les enseignants ont une cible sur la tête"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-10, le président du Rassemblement National, également tête de liste RN pour les prochaines élections européennes. Question, réaction au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Jordan Bardella, bonjour.

0:24
Jordan Bardella

Bonjour, merci de votre invitation.

0:26
Présentateur

Et bienvenue à ce micro. Trois jours après l'attentat terroriste d'Arras qui a coûté la vie au professeur de lettres Dominique Bernard, trois ans jour pour jour après l'assassinat de Samuel Paty, lui aussi tué par un terroriste islamiste, une minute de silence sera respectée aujourd'hui à 14h dans les collèges et les lycées de France. Quels mots avez-vous ce matin pour les millions d'enseignants et d'élèves qui retournent en classe alors que l'un des sanctuaires de la République, l'école, a de nouveau été frappé ?

1:00
Jordan Bardella

D'abord, j'aimerais exprimer toute ma solidarité à l'égard de la famille de Dominique Bernard qui a été lâchement assassinée à Arras dans le Pas-de-Calais il y a quelques jours. Ma solidarité la plus totale avec le corps enseignant, la communauté éducative et évidemment avec ses élèves. Cette énième attaque islamique sur le sol français, elle intervient dans un contexte extrêmement singulier puisque nous sommes, vous l'avez rappelé, trois ans jour pour jour après l'assassinat, dans les mêmes conditions, avec le même mode opératoire de Samuel Paty et au moment où, de par le monde, des leaders de groupes terroristes comme le Hamas appellent au djihad international.

L'école est devenue une cible. Elle est devenue une cible parce qu'elle est le symbole de tout ce que combattent et de tout ce que détestent les frères musulmans et les fondamentalistes islamistes. Elle est le creuset de notre civilisation et le lieu où s'émancipe l'individu et où rayonne le savoir. Les enseignants ont une cible sur la tête, aujourd'hui dans notre société, comme d'innombrables professions. les journalistes, comme tous les français, qui, depuis maintenant plusieurs années, doivent affronter une menace terroriste.

Et permettez-moi de mettre d'emblée les deux pieds dans le plat parce que je suis un petit peu lassé de venir attentat après attentat sur tous les plateaux de télévision, venir dire la même chose, déplorer les mêmes morts, déplorer les mêmes failles, déplorer les mêmes modes opératoires. Et ensuite, il ne se passe rien. Rien, madame. C'est ça le vrai sujet. Après le Bataclan, il ne s'est rien passé. Après Charlie Hebdo, il ne s'est rien passé. Après Nice, il ne s'est rien passé. Après Saint-Étienne-du-Rouvray, il ne s'est rien passé. Après Samuel Paty, il ne s'est rien passé. À chaque fois, les mêmes défaillances. À chaque fois, le temps de recueillement. Et puis ensuite, rien.

2:45
Présentateur

On est encore sur le temps de recueillement et on est encore sur le choc. Jordan Bardella, pardon d'y revenir. Gabriel Attal a appelé à renforcer la sécurité dans les établissements scolaires. Elisabeth Borne a annoncé que le pays avait été placé en urgence attentale au niveau le plus élevé du dispositif Vigipirate. En même temps, on ne va pas mettre un policier devant chaque salle de classe. Ce serait philosophiquement impensable et sur le plan des moyens, impossible. À moins que vous nous disiez ce matin qu'il faut changer les choses, qu'il faut protéger militairement les écoles. Qu'est-ce que vous dites concrètement sur ce qui se passe ?

Parce que quand vous dites aujourd'hui les enseignants sont devenus des cibles...

3:24
Jordan Bardella

Oui, discutez avec beaucoup de maires, madame. Il y a beaucoup de maires, pas seulement les maires du Rassemblement National qui sont extrêmement inquiets aujourd'hui de la sécurité aux abords des écoles. Et la réalité, c'est que, étant donné qu'on refuse des frontières au niveau national, on est en train de démultiplier les frontières partout dans notre société. Ce sont les vigiques, ce sont les caméras de surveillance, ce sont les portiques de sécurité à l'entrée des écoles. On peut traiter la conséquence. Moi, j'aimerais traiter la cause.

Et la réalité, encore une fois, je suis désolé de le rappeler, c'est que cette famille dont est issue le terroriste qui a assassiné Dominique Bernard n'aurait pas dû être sur le territoire français. Et moi, je suis un peu fatigué, si vous voulez, de voir qu'à chaque fois qu'on a ce type d'événement, de drame dans notre société, c'est de la faute de personne. Ce gouvernement a érigé l'irresponsabilité en méthode de gouvernement. Ce n'est pas de la faute de M. Darmanin. Il nous explique qu'il a tout bien fait. Ce n'est pas de sa faute. Le président de la République nous explique que ce n'est pas de sa faute. Ce n'est pas de sa faute.

Et il va même jusqu'à nous dire que maintenant, il va falloir expulser les étrangers radicalisés. C'est la même déclaration, la même déclaration, madame, qu'a fait le ministre de l'Intérieur le 18 octobre 2020 après l'attentat après l'attentat contre Samuel Paty. Vous avez demandé

4:34
Présentateur

quelques heures à peine après l'assassinat de Dominique Bernard. Vous avez demandé la démission de Gérald Darmanin. La majorité vous a reproché votre indécence à vous précipiter de cette manière dans le règlement de compte politique. C'est le porte-parole de Renaissance qui dit ça. Vous avez enfreint l'unité nationale en déclarant deux heures après l'assassinat, il faut la démission tout de suite de Gérald Darmanin.

4:57
Jordan Bardella

L'unité nationale, madame, face au terrorisme, il l'a faux. Moi, l'unité nationale, je la fais avec le peuple français, je la fais avec les victimes du terrorisme, je la fais avec la communauté éducative, avec le personnel de l'éducation nationale, mais je ne la fais pas avec des gens qui refusent d'assumer leurs responsabilités.

5:13
Présentateur

Vous demandez toujours ce matin la démission de Gérald Darmanin.

5:15
Jordan Bardella

Quand on a multiplié les failles sécuritaires, morales, politiques, je peux vous refaire le bilan de M. Darmanin, l'imam Ikouissen il y a quelques mois dont on disait public numéro 1 au regard de la doctrine qu'il portait qui devait être expulsée, on l'a perdu dans la nature. Les migrants accueillis de l'Ocean Viking il y a quelques mois qu'on a perdu dans la nature. L'affaire du Stade de France, l'affaire Lola, l'affaire Samuel Paty...

5:40
Présentateur

Tout ça, c'est la faute de Gérald Darmanin ?

5:41
Jordan Bardella

Quand on est responsable de la sécurité des Français, madame, et qu'on refuse d'expulser des gens qui sont étrangers sur notre sol, qui sont radicalisés, qui ont un lien objectif avec l'idéologie des frères musulmans, on porte une responsabilité dans le climat de violence. Je pense qu'en politique, il faut assumer ses responsabilités. Donc vous lui redemandez

5:59
Présentateur

ce matin ?

6:01
Jordan Bardella

Quand on a failli, on s'en va. Le 15 avril 2017, madame, vous avez interrogé, le 20 avril, pardonnez-moi, sur France 2, vous avez interrogé Marine Le Pen sur les multiples attentats que nous avions connus. Marine Le Pen vous a répondu la chose suivante. Tous les fichiers S, tous les étrangers qui ont un lien avec l'islamisme doivent être expulsés. Pourquoi on ne le fait pas, madame ? Donnez-moi une seule bonne raison. de conserver sur le territoire de la République française des gens qui sont de véritables bombes humaines.

6:30
Présentateur

Pour respecter l'état de droit, Jordan Barbella, ou la loi, tout simplement. Là, c'est ce que vous répondrez, Gérald Darmanin, s'il était là, c'est qu'il est en train de préparer une loi pour changer les choses et pour expulser de manière plus facile. Et il vous appelle d'ailleurs à la voter, cette loi.

6:43
Jordan Bardella

Oui, voyons, madame. Il y a eu 273 français qui sont morts sous les balles ou les lames du terrorisme islamisme. Ça fait des années, pardon de le rappeler, que nous réclamons l'expulsion des fichesses étrangers. Vous êtes sur le sol français. Vous êtes accueillis par la générosité, la bienveillance du peuple français. Vous avez un lien avec l'idéologie islamiste. Vous devez être renvoyés dans votre pays d'origine. Il y a 4000 individus qui sont fichesses, qui sont de nationalité étrangère. Ils doivent être sans délai expulsés. Nous devons fermer toutes les mosquées radicales qui pullulent sur l'intégralité du territoire français.

Et nous devons, à l'égard d'organisations d'officines islamistes comme les frères musulmans, les dissoudre ou les considérer comme organisations terroristes comme le cancer impérable.

7:23
Présentateur

Je vous entends. Donc, soyez cohérent. Le projet de loi immigration lève la protection et permet d'expulser des étrangers délinquants ou suspectés de radicalisation. Et ce matin, Emmanuel Macron précise qu'il demande de passer au peigne fin le fichier des radicalisés expulsables.

7:38
Jordan Bardella

Vous dites... Excusez-moi, madame, sauf votre respect. À partir du moment où vous êtes arrivé sur le sol français, même si vous êtes arrivé avant l'âge de 13 ans, c'est l'article 631 alinéa 3, du code d'entrée des étrangers sur le sol français, si vous portez atteinte à la sûreté de l'État, que vous avez un casier judiciaire long comme le bras et que vous menacez la cohésion nationale, vous pouvez être expulsé. On parle d'une famille qui, d'abord, si notre programme avait été appliqué, n'aurait pas pu demander l'asile en France. La famille a demandé l'asile en 2008. L'asile a été débouté en 2014.

Cette famille est restée sur le territoire français alors même que le père a été condamné pour violence conjugale, le grand frère est lui en prison incarcéré pour avoir attenté à la sûreté de l'État pour un projet d'attentat déjoué contre l'Élysée et le petit frère manifestement rôdait le même jour que ce terroriste dans un lycée voisin. Donc, il faut arrêter avec cette générosité sans aucune mesure et sans aucune limite et remettre de l'ordre dans notre politique d'immigration. Si on ne remet pas de l'ordre dans notre politique d'immigration en décrétant notamment un moratoire, nous allons connaître d'autres drames.

8:43
Présentateur

Gérald Darmanin récuse l'idée de faille des services de renseignement. Il salue, je le cite, les courageux agents de la DGSI qui déjouent un attentat tous les deux mois. Éric Dupond-Moretti disait hier sur France Inter il y a 43 attentats qui ont été déjoués et je n'ai pas entendu M. Bardella dire « M. le ministre de l'Intérieur vous nous avez protégés ». Que répondez-vous à ce point-là ?

9:10
Jordan Bardella

M. Dupond-Moretti devrait plutôt nous éclairer plutôt que de commenter l'intégralité de mes déclarations sur la manière dont ce terroriste a pu communiquer avec des islamistes radicalisés dans les prisons françaises. Premièrement. Deuxièmement, Madame, Monsieur, on ne remet pas en cause le travail des services de renseignement. Si vous dites qu'il y a eu des défaillances sur toute la ligne... Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. Si. Non, il y a eu des failles politiques. D'accord ?

Parce que quand le 18 octobre 2020, le ministre de l'Intérieur après l'attentat de Samuel Paty demande l'expulsion des étrangers radicalisés et que trois ans après il y a encore sur le sol français 4 500 étrangers qui sont radicalisés, il y a une faille dans la gestion politique de cette affaire. Je ne remets pas en cause et il faut saluer toujours le travail des fonctionnaires de police, le travail de nos services de renseignement qui, vous avez raison et merci de me permettre de le rappeler, évite un certain nombre d'attentats et fort heureusement. Vous savez que certains

10:02
Présentateur

sont difficilement expulsables. Vous savez que, vous connaissez la réalité, vous êtes député européen, vous connaissez parfaitement la réalité et la réalité qui était que, pour un certain nombre d'entre eux, puisque là on parle d'un Ingush ou d'un Tchétchène, ils sont difficilement expulsables vers la Russie vu les liens qu'on avait avec la Russie, ce qui vient d'être cassé ce week-end, mais jusque-là c'était le cas. Vous savez que c'est facile de dire qu'il faut les expulser immédiatement, mais dans quel pays, vers quel pays ? Vous connaissez la réalité géopolitique.

10:31
Jordan Bardella

En l'occurrence, dans le cas d'espèce vers la Russie, mais si nous organisons le traitement de l'asile dans les ambassades et consulats des pays de départ, c'est-à-dire qu'on ne prend aucune demande d'asile sur le territoire français. Je vous rappelle qu'il y a 130 000 demandes d'asile qui ont été faites, on a passé tous les records d'immigration avec M. Macron et que précisément, deux tiers de ces personnes-là sont déboutées du droit d'asile parce qu'ils ne viennent pas de payer en guerre et la France a le record européen en matière d'exécution d'OQTF, c'est-à-dire concrètement que tout le monde rentre en France mais personne ne sort.

Si on organise le traitement de l'asile dans les ambassades et consulats des pays de départ, il n'y a plus lieu de se poser la question. Maintenant, vous avez raison, il faut faire un bras de fer diplomatique avec les États d'origine et en l'occurrence, il y a un certain nombre de leviers. Les transferts de fonds privés, l'aide au co-développement public est donnée à ces États et évidemment, les laissés-passer consulaires qui doivent permettre de faire pression pour permettre à ces pays-là de récupérer leurs indésirables.

11:20
Présentateur

On va passer au standard d'Inter. On nous attend. Lucas, bonjour, bienvenue. Oui, bonjour. Vous êtes prof en lycée pro.

11:28
Invité

Oui, je suis prof en lycée pro et je voulais apporter mon témoignage. Je ne sais pas s'il y a des lacunes au niveau du ministère de l'Intérieur. Après, pour ma part, j'estime que la justice ne fait pas directement son travail. Je vous explique ma situation. Il y a à peu près deux ans, peu de temps avant l'anniversaire de Samuel Paty, j'ai été victime de plusieurs messages du même personnage de menace de mort concernant mes enfants où il menaçait de venir chez moi. Il disait qu'il connaissait mon adresse et qu'il allait venir me faire la peau et mes gosses. Et puis, ça fait deux ans et depuis deux ans, je n'ai pas de nouvelles. J'ai été faire mon dépôt de plainte.

Moi, j'habite en zone gendarmerie. Donc, la gendarmerie a transmis en zone police et puis, je ne sais même pas si la personne a été entendue. Donc, voilà, c'est là-dessus que j'entends que je voulais témoigner en disant que c'est bien. Madame la ministre, Madame Borne dit qu'elle va nous protéger. Nous, les profs, si les faits mettent aussi longtemps à nous protéger, je ne sais pas comment on va faire.

12:34
Présentateur

Et vous avez peur d'aller enseigner ?

12:37
Invité

Là, je suis devant mon établissement. On va se réunir avec les collègues pour discuter de la situation. Oui, clairement, je ne vais pas dire que j'ai peur parce que j'aime mon métier. Oui, il y a une certaine appréhension et on voit bien que les visages des collègues sont tendus quand même. Merci, Lucas. Merci, Lucas. J'ai une dernière chose parce que là, c'est bien, on va se réunir ce matin pour en discuter, pour voir comment on va faire avec nos lèvres. Mais moi, j'ai ma fille de 14 ans hier qui m'a posé la question « Papa, est-ce que tu penses que tu peux mourir toi aussi au travail ? » Qu'est-ce que je lui réponds moi, ma fille ?

13:12
Présentateur

Merci, Lucas. Merci, Lucas, pour ce témoignage. Et la journée va être dure aujourd'hui pour vous et pour vos collègues et pour l'ensemble de la communauté éducative. Merci encore d'avoir témoigné au micro d'Inter. Jordan Bardella, un mot ?

13:32
Jordan Bardella

D'abord, monsieur, je voudrais vous souhaiter bon courage comme à l'ensemble de vos collègues. La France est ce pays où en 2023, on peut mourir d'enseigner, mourir d'être prof parce qu'on a le malheur aux yeux de certains de faire son travail. Et pour une raison très simple, c'est que depuis plusieurs années dans notre société, on n'a pas voulu voir. Voilà. On a caché le mal. On a étouffé un certain nombre d'affaires avec l'idéologie du pas de vague. Inutile de vous rappeler que Samuel Paty n'avait pas été entendu, qu'un certain nombre de voix se sont élevées.

Je pense à Didier Le Maire, ce professeur de lycée de Trappes, qui lui aussi avait sonné le toxin sur sa situation, sur les menaces qu'il recevait. Et donc, je pense qu'il faut aujourd'hui mener une guerre et être implacable à l'égard de cette idéologie, protéger ceux qui enseignent dans notre société et renforcer les sanctions contre tous ceux qui menacent ou qui décideraient de toucher à un enseignant de la République française.

14:27
Présentateur

Parlons maintenant, si vous le voulez bien, de la situation au Moyen-Orient. Israël semble sur le point de déclencher son opération d'ampleur dans la bande de Gaza et exhorte les Gazaouis à fuir vers le sud. Est-ce que vous appelez ce matin à une riposte proportionnée de la part de l'État d'Israël, à respecter le droit international national humanitaire comme le demande la France ou vous pensez que Benjamin Netanyahou au fond peut frapper aussi fort qu'il peut et qu'il veut ?

14:50
Jordan Bardella

Je crois qu'Israël a vécu à la fois son septembre et son Bataclan et qu'Israël ne peut pas ne pas riposter. La réponse d'Israël elle est légitime mais elle doit être le plus ciblée possible en respectant évidemment le droit international, en protégeant les populations civiles et à l'évidence avec pour seul objectif d'éradiquer les terroristes du Hamas qui utilisent aujourd'hui la population civile qui est prise en otage par les terroristes du Hamas comme des boucliers humains. Les repères du Hamas sont sous les mosquées, sous les écoles, sous les hôpitaux.

Il y a des roquettes qui sont tirées depuis les bâtiments et je crois qu'aujourd'hui cette organisation que la gauche se refuse à décrire comme terroriste est devenue probablement la pire ennemie de la cause palestinienne.

15:35
Présentateur

Beaucoup d'Israéliens même de droite estiment que la responsabilité de Benjamin Netanyahou est grande dans ce qui s'est passé. Vous le jugez responsable aussi ?

15:43
Jordan Bardella

Je pense que cette réponse appartient et appartient seule au peuple israélien, aux responsables politiques israéliens. Moi, mon rôle c'est de protéger le peuple français comme responsable politique français de l'importation sur notre sol d'une idéologie, celle du Hamas qui est déjà présente dans nos banlieues.

16:00
Présentateur

On vous entend dénoncer le Hamas depuis le début, depuis une semaine, le Hamas soutenu par l'Iran et par la Syrie de Bachar el-Assad. Ça n'a pas toujours été le cas, Jordan Bardella. On se souvient en 2015 de Marine Le Pen qui appelait, je la cite, à faire une grande coalition avec Bachar el-Assad. La ligne du RN a changé ?

16:15
Jordan Bardella

Non, madame, l'histoire est complexe. L'affaire syrienne comme l'affaire libyenne sont des affaires qui sont propres à la Syrie et à la Libye et qui, à cette époque, dans les dictatures qui étaient celles de Kadhafi et de Bachar el-Assad, faisaient face à un ennemi qui était l'idéologie islamiste qui avait déclaré une guerre à la France. Vous avez raison de rappeler que le Hamas est soutenu aujourd'hui par un certain nombre de pays, au premier desquels le Qatar et l'Iran et je crois que la responsabilité de ceux qui nous ont gouvernés est d'avoir déroulé pendant de nombreuses années de manière très concrète et de manière fiscale le tapis rouge aux investissements de Qataris en France.

16:54
Présentateur

Jordan Bardella, vous demandez le gel des aides européennes au territoire palestinien. Joseph Borrell, le chef de la diplomatie de l'UE disait la semaine dernière que leur suspension punirait l'ensemble du peuple palestinien, porterait atteinte aux intérêts de l'UE dans la région et ne ferait qu'enhardir davantage les terroristes. Suspendre les aides c'est jeter encore davantage les populations palestiniennes dans les bras du Hamas.

17:22
Jordan Bardella

La bande de Gaza est aujourd'hui sous la coupe du Hamas. Qui peut croire que par un euro des 75 millions d'euros de subventions qui viennent d'être annoncés par l'UE n'ira dans la poche d'une organisation qui n'est pas seulement une organisation terroriste qui est aussi une organisation mafieuse et qui depuis plusieurs années détourne l'aide européenne. Vous avez vu ces clips de propagande du Hamas où on voit les terroristes islamistes utiliser les canalisations qui ont été financées par l'argent du contribuable et de ceux qui nous écoutent ce matin pour les transformer en requêtes à lancer sur Israël.

Je pense que la solidarité doit se mettre en place au niveau régional et que dans le cas d'espèce la France doit peser de tout son poids en matière diplomatique pour éviter l'embrasement dans la région en appelant notamment ses alliés historiques comme le Liban à la retenue.

18:06
Présentateur

Puisqu'on parle d'union nationale un mot sur ce qui s'est passé en Moselle vendredi en marge d'une visite d'Olivier Véran on voit dans une vidéo votre porte-parole le porte-parole du Rassemblement National Laurent Jacobelli s'en prendre à un député renaissance un député de la majorité qui s'appelle Belkir Belhadad et il lui dit Rakaï joue pas ta Rakaï M. Belhadad va déposer plainte c'est à l'évidence dit-il une injure publique enfin un élu mais il y a aussi une dimension de provocation et d'incitation à la haine et il voit dans le mot Rakaï une référence voilée à ses origines Laurent Jacobelli a-t-il failli ?

18:39
Jordan Bardella

ce propos est évidemment maladroit mais connaissant très bien Laurent Jacobelli je peux vous assurer qu'il n'y a absolument aucun sous-entendu c'est une bisbille picro-colline entre deux députés dont la tension a monté sur des sujets qui sont purement locaux parce que je crois que ce député en marche est assez proche d'une députée d'une élue de la NUPES dans le département de la Moselle qui elle aussi a refusé de qualifier le Hamas de mouvement terroriste et donc il y a eu

19:08
Présentateur

ce qui n'était pas son cas à lui

19:09
Jordan Bardella

qui a eu une petite bisbille

19:10
Présentateur

c'est racaille je ne veux pas ta racaille

19:13
Jordan Bardella

oui il y a une dispute c'est un mot que je n'aurais pas utilisé qui est maladroit Laurent Jacobelli le regrette mais enfin si la foudre s'abat sur un député du Rassemblement National parce qu'il a utilisé le mot racaille

19:22
Présentateur

à l'endroit d'un élue de la République pas en général

19:25
Jordan Bardella

oui d'accord les deux se sont pris la tête en revanche j'ai vu la France Insoumise condamner très durement ce mot racaille et j'ai un peu le sentiment que la France Insoumise est un peu plus dure avec le mot racaille qu'avec les agissements terroristes du Hamas

19:38
Présentateur

la Pologne vous étiez déçu par les résultats on a appris hier soir que l'opposition centriste pro-européenne a donc remporté la majorité parlementaire et mette fin donc ces élections à 8 ans de gouvernement nationaliste et populiste de Kaczynski déclaration de Donald Tusk hier la Pologne a gagné la démocratie a gagné nous les avons chassés du pouvoir c'est la fin de cette mauvaise période des réactions

20:01
Jordan Bardella

vous ne me regardez avec un sourire comme si j'étais polonais ou comme si je devais pleurer toutes les larmes de mon corps pas du tout mais dans la il y a monsieur l'eurodéputé monsieur l'eurodéputé

20:11
Présentateur

il y a une vague populiste et on vous a interrogé vous vous réjouissiez de la victoire de Mélanie en Italie est-ce que vous déplorez la victoire des pro-européens

20:21
Jordan Bardella

question cache réponse cache je ne suis pas polonais je me réjouis que la Pologne et la Hongrie aient refusé pendant plusieurs années des vagues migratoires sur leur territoire ce qui probablement leur a évité beaucoup de problèmes depuis 2015 et si c'est le choix des polonais et bien c'est le choix des polonais je suis démocrate dans les victoires comme dans les défaites

20:40
Présentateur

jeudi 5 dernière question plusieurs policiers ont décidé alors qu'ils étaient en fonction et en uniforme de prendre des photos avec vous Jordan Bardella la préfecture a décidé d'ouvrir une c'était dans le puits de Dôme d'ouvrir une enquête administrative pour ce qui apparaît être une rupture du devoir de réserve des fonctionnaires Gérald Darmanin a jugé que ce comportement était très choquant et a demandé à l'administration de prendre des sanctions est-ce que les policiers ont le droit de montrer une opinion politique dans le cadre de leur fonction réponse non a dit le ministre

21:20
Jordan Bardella

on va pas jeter au pilori des fonctionnaires de police qui dans le cadre d'un déplacement ont sollicité des photos encore une fois j'essaie d'être extrêmement lucide est-ce que si ces fonctionnaires de police avaient pris une photo avec monsieur Attal par exemple une enquête administrative aurait été diligentée par le ministre de l'Intérieur j'en suis moins sûr

21:38
Présentateur

merci le président du rassemblement national merci 8h46 sous-titrage Société Radio-Canada