Baccalauréat : le cri d'alerte d’un professeur de physique-chimie à Elisabeth Borne !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Vous avez écrit à la ministre de l'éducation nationale parce que vous nous dites que vous n'avez jamais mis autant de zéro. Qu'est-ce qui s'est passé ? Le sujet qui a été proposé aux élèves était relativement obscur.
Les élèves ont pas forcément compris les réponses qui étaient attendues de la part de de l'évaluation et en fait ben ils se sont vraiment ils n'ont pas réussi à à mettre en en valeur leur leur capacité. On se retrouve avec des notes qui sont extrêmement mauvaises. Je me retrouve avec 12 % de 0 12 % de 0, c'est un record pour vous ? 8 % de de 1 Ouais.
Donc on se retrouve avec une moyenne de de 5,7 sur 20. Ouais. J'ai j'avais honte de rendre de telles notes et ça me met en colère.
Alors, j'imagine parce que j'ai bien conscience que une telle moyenne ça peut pas refléter le niveau de c'est une filière d'élèves sanitaires et social par sont c'est très majoritairement féminine. Et ceux élèves qui sont studieuses, elles sont appliquées, on les a on les a préparé toute l'année à ce baccalauréat et une telle moyenne ça reflète pas leur niveau. Alors vous allez m'expliquer question c'est quand même vous allez m'expliquer en quoi cette épreuve était manifestement trop dure.
Qu'est-ce qui s'est passé d'abord ? Elle consistait en quoi cette épreuve ? C'était pas inintéressant, c'était sur le tabagisme.
H mais en fait, il y a beaucoup de questions qui portaient par exemple sur le programme de première. Alors, c'est vrai que sur dans les textes, on nous dit que on leur demande de revoir le programme de première et de terminale, mais on sait très bien que les élèves vont quand même prioriser le programme de terminale parce que bon Ouais. Mais voilà.
Et donc, c'était quoi les questions qui portaient sur le programme de première ? les cours qu'ils avaient fait un an plus tôt, c'est ça des questions de chimie, des questions sur la radioactivité, des questions sur de thermodynamique. Hm hm.
Voilà. Mais les élèves ont été déstabilisés par le fait d'aller euh chercher des des connaissances aussi anciennes et il y en a un certain nombre qui se sont découragés qui ont même pas attaquer le sujet puisque parce qu'ils avaient pas pu bajoter ça. Après bon, la question qu'on a envie de se poser, c'est est-ce que c'est normal qu'un professeur dise que après tout si les cours datent d'il y a plus d'un an, ils peuvent pas s'en souvenir les élèves ?
Ben comme vous dites, on parle un peu de bâchotage, c'est-à-dire que ben sur la fin de l'année terminale, on révise quand même l'année qu'on qu'on vient de passer. Euh c'est à ça qu'on les prépare. Euh les les connaissances sans piles, mais il y a des oublis.
Oui, c'est assez naturel. H et euh bon euh c'est assez naturel, ça c'est normal, hein. Moi le premier, il y a un certain nombre de notions de physique chimique, j'ai oublié.
Après, ça fait un peu plus de 20 ans, donc j'ai une meilleure excuse, c'est sûr. Mais au-delà de ça, vous avez parlé de questions obscures. Vous avez dit que vous avez eu honte.
En quoi les questions étaient obscure ? Elles amenaient pas forcément en tout les élèves ont pas vu ce qu'on attendait d'elles, voyez. Et elles amenaient pas forcément les les élèves à exprimer pleinement leur ce qu'elles avaient pu les progrès qu'elles avaient pu faire dans l'année.
C'està-dire donnez-moi un exemple concret par exemple sur ces questionsl on parle de radioactivité. Les questions étaient mal posées au sens que voilà, ça permettait pas. Bon, vous avez écrit en tout cas la ministre de l'éducation nationale, est-ce que vous avez eu une réponse ?
Pas encore, mais bon, le courrier n'est parti que mardi donc peut-être qu'elle elle travaille. Voilà. Qu'on dit vos autres collègues.
Vous étiez pas le seul correcteur, j'imagine. Non, c'est ça. Il y avait il y avait un accord.
Tout le monde était un peu était un peu effrayé de de rendre de telles notes. C'est des élèves qu'on a préparé pendant 3 ans 3 années lissées à cet examen. C'est jamais satisfaisant pour un correcteur de mettre des notes aussi passes.
Hm hm. Donc ça j'imagine évidemment que personne ne met des mauvaises notes par plaisir. Qu'est-ce qui se passe une fois que le correcteur a donné une note entre 0 et 1 ?
C'est quoi la suite ? Est-ce que il y a une commission par exemple à l'échelle de l'académie qui dit bon c'est trop bas, on va la remonter. Il y a des commissions d'harmonisation effectivement, mais euh ça s'est passé dans une autre filière en filière scientifique.
Le projet là aussi de physique était tellement difficile que il a fallu remonter les notes et revoir le barem. Ouais. Ici pour une raison que j'ignore, le barem a pas été revu et les notes sont restées en l'état.
Donc ça veut dire que chez vous en tout cas dans ça veut dire que chez vous en tout cas dans le finistère ceux qui ont eu zé ou 1, ils ont gardé 0 ou 1 à leur note de bac qui a été annoncé hier. C'est ça. Alors, c'est pas que dans le finistère puisque le sujet était national, donc c'est au niveau national que que ça a été un échec.
En fait, le sujet est mixé, la note est mixée avec une note de biopathologie humaine et où là les moyennes étaient bonnes, elle était autour de 13 ou 14. Donc finalement, ça faisait une note qui était pas trop catastrophique pour les élèves et heureusement ça les a pas empêché pour la plupart d'avoir l'examen. Alors bon, maintenant je vais poser une ou deux questions qui fâchent aussi parce que c'est bien que vous puissiez être là aussi pour y répondre.
Vous connaissez les idées reçues. On dit que le bac, on le donne à tout le monde. Aujourd'hui, on l'a toujours dit, on le disait à l'époque où je l'ai passé, on était à 85 % à peu près de réussite hier.
Est-ce que vous pouvez comprendre que certains parents qui vous écoutent soient choqués d'entendre un professeur dire "Le bac était trop dur, il fallait remonter les notes" ? Le fait de dire que il faille remonter les notes, ça me choque. Le fait que je sois amené à mettre des zéos et des 1 et que la moyenne soit de 5, c'est ça moi qui me choque.
Où est l'école de la confiance ? Où est la l'émission de l'école ? C'est aussi d'apporter confiance en soi.
C'est aussi la motivation qu'on est censé apporter. Et là, on casse quelque chose. La dernière note sur laquelle les élèves vont quitter leurs années lycées, c'est un zéro en physique.
Ça c'est pas acceptable. C'est d'autant moins acceptable qu'il y a tout un discours sur le fait qu'il faut rapprocher les filles des carrières scientifiques. Ouais.
Et on leur colle à zéro. Alors ça en terme d'éloignement on a gagné. Écoutez, merci en tout cas d'avoir témoigné ce matin sur moi c'est le sujet qui était mauvais voyez c'est pas les élèves.
H Merci d'avoir témoigné en tout cas sur Sud Radio. Vous aurez pu le dire d'ailleurs Olivier Cuson. Je rappelle que vous êtes prof de physique chimie membre du syndicat sud solidaire dans le Finistère.
C'est quoi la suite pour vous d'ailleurs ? Vous êtes pas encore en vacances ? Si c'est voilà c terminé depuis hier soir.
Il y a le repêchage pour les élèves mais je suis pas convoqué au repêchage cette année. Donc pour moi c'est des vacances. Écoutez, bonnes vacances.
Pourquoi pas dans leère ou alors ailleurs ?
Élisabeth Borne