Le Pen, Jubillar... se dirige-t-on vers une justice spectacle ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
0826 300 300 amis auditeurs, on est ensemble jusqu'à 13h, ça c'est le programme pour tout l'été. Vous nous suivez également sur le site sudradio.fr, sur les réseaux sociaux bien sûr, l'application évidemment au standard entre midi 30 et 13h. Vous avez la parole, vous réagissez, vous nous interpellez. Le sujet vous avait fait énormément réagir là, il y a quelques minutes on s'interrogeait sur ces 730 000 élèves qui ont passé le baccalauréat. Ils sont en train de recevoir les résultats, alors on espère bien sûr pour eux que ce seront les meilleurs résultats possibles, qui plus est avec une mention, c'est toujours chic sur le bac d'une mention, c'est déjà pas mal.
Mais rappelez-vous de ce ministre de l'éducation nationale, Edouard Geffray, qui avait tapé du point sur la table et qui avait dit « oui, sauf que moi je vais être beaucoup plus sévère sur les fautes d'orthographe, sur les fautes de grammaire, bref, sur les fautes en général, et je suis, pour qu'on enlève des points quand il y a trop de fautes dans la copie. » Oui, sauf que ça ne s'est pas du tout passé comme ça, en réalité il n'y a pas eu de consigne officielle, et donc qu'est-ce qui s'est passé ? Il n'y a pas eu de changement, d'où la question qu'on se posait, et qu'on vous pose à nouveau entre midi 30 et 13h, est-ce qu'on va donner le bac à une génération d'illitrés ?
Vous êtes peut-être parents, vous êtes peut-être grands-parents, vous avez vu des copies qui sont quoi ? Allez, à peine corrigées par les professeurs, vous avez aussi vu des élèves qui écrivaient n'importe comment, qui ne lisaient même plus, avec des fautes absolument délirantes dans les copies. Je suis sûr que ça vous est arrivé, passez-nous un coup de fil, 0826 300 300, midi 30, 13h, et on s'interrogera sur cette question, sur ce bac qui est en train d'être délivré à 730 000 élèves, est-ce qu'on est en train de le donner à une génération d'illitrés ? Mais tout de suite, on va s'interroger sur l'actualité du moment.
Et le débat du moment, c'est cette justice, cette justice qui a connu notamment un retournement hier dans l'affaire Cédric Jubilard, on en a beaucoup parlé sur cette antenne, et une conférence de presse qui a eu lieu à 13h, que vous avez pu suivre en direct sur Sud Radio, et elle a eu quand même des airs de conférences de presse un peu spectacles, avec des annonces là aussi et des déclarations un peu spectaculaires, et quand on tire un peu le fil de cette pensée, on s'aperçoit que dans l'affaire Liana, là aussi on a d'une certaine manière ouvert les entrailles de la justice, on se souvient, et on va assister dans une heure, une heure et demie, à une décision importante qui aura forcément des conséquences politiques dans l'affaire de Marine Le Pen et de ses assistants parlementaires européens, et on va se demander ce matin, et ce midi plutôt, si on ne se dirige pas vers une justice spectacle.
Bonjour Maître Julia Courvoisier.
Bonjour Maxime.
Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, vous êtes avocate au Barreau de Paris, et c'est vrai qu'on a eu envie de vous inviter, parce que vous avez été une des premières avocates à réagir, je ne sais pas quel mot on va utiliser, mais allez, de manière un peu stupéfaite, à ce que vous avez pu observer hier durant la conférence de presse, notamment de Maître Pierre de Buisson et de son père dans l'affaire Delphine Jubilard, commençons peut-être par ça, qu'est-ce qui vous a étonné en tant qu'avocate, qu'est-ce qui vous a surpris, vous, dans la conférence d'hier ?
Alors, ce qui m'a surprise d'abord, c'est qu'à l'heure actuelle, M. Barrella n'a pas fait d'aveu, il a fait des confidences à ses avocats. Il faut quand même bien dire que tout ce qui se dit et s'écrit entre un avocat et son client est soumis au secret professionnel, c'est l'article 2 du règlement international des avocats, et ce secret professionnel est protégé par la Constitution indirectement, mais aussi par la CEDH, c'est un droit fondamental. Le client fait des confidences à son avocat, et son avocat ne peut pas les révéler, sauf pour l'exercice de ses propres droits de la défense.
Donc, à l'heure actuelle, il ne s'agit pas d'aveu, parce qu'ils ne sont pas faits devant la justice, il s'agit de confidence que les avocats de M. Jubilard ont rendu public dans le cadre d'une conférence de presse qui, effectivement, m'a étonné, parce que, par ailleurs, ce que l'on sait, c'est que la justice n'était absolument pas au courant.
Et ça, c'est en effet le parquet de Toulouse qui l'a signifié après dans un communiqué de presse, en insistant sur un point que lui, et pour l'instant le parquet, n'avait reçu absolument aucun document. C'est à ça que vous faites allusion ?
Exactement.
Est-ce qu'on ne peut pas aussi se poser la question, maître Julia Courvoisier, qu'en réalité, médiatiser une telle affaire, c'est dans l'intérêt des avocats, c'est dans l'intérêt du client, c'est aussi dans l'intérêt, on va dire, je ne sais pas si c'est dans l'intérêt général, mais en tout cas, c'est dans l'intérêt du dossier qu'on ait tout d'un coup ces déclarations spectaculaires ?
Alors, ce qu'il faut bien savoir, c'est que lorsque l'on est avocat et que l'on parle dans la presse, ce n'est pas pour ses propres intérêts, et je vais être très claire et peut-être un petit peu cinglante, mais ce n'est pas pour se faire de la pub, pour donner une visibilité à son cabinet, mais à l'exercie de sa profession.
Vous, vous avez eu l'impression d'assister à ça, maître, hier ?
D'une manière générale, il y a certains confrères qui sont très à l'aide avec les conférences de presse dans leur cabinet, très régulièrement, dans tous les dossiers dans lesquels ils s'interviennent.
Et ça, c'est gênant pour votre profession ?
Moi, je trouve que c'est gênant pour les clients et pour le dossier. Alors après, pour ma profession, évidemment, parce que je pense que ce n'est pas comme ça, mais ça, c'est un avis personnel, qu'on exerce sa profession. Mais c'est surtout que lorsqu'un avocat est en exercice, il s'exprime uniquement pour les intérêts de son client et pas dans les siens. Moi, la question que je me pose, c'est quel est l'intérêt de M.
Jubilard de s'exprimer dans la presse par le biais d'une conférence de presse de ses avocats, alors que par ailleurs, il parle de ses enfants et que je pense, moi, effectivement, à ses enfants qui, hier matin, en prenant leur petit campflex avant d'aller au collège ou à l'école, ont appris que leur père reconnaissait avoir une responsabilité dans la mort de leur mère. Et que, pour l'instant, on ne sait toujours pas où sont les ossements de Mme Jubilard parce que, pour l'instant, la justice n'est au courant de rien officiellement.
Est-ce que c'est quelque chose, aujourd'hui, qu'on peut empêcher ? Maître, on va rester encore quelques instants sur la conférence de presse d'hier, mais est-ce que c'est quelque chose qu'on peut empêcher quand on voit notamment, on va dire, la hargne avec laquelle les médias se précipitent sur ce type de dossier, quand on voit le nombre de sollicitations, quand on voit l'appel de la lumière qui peut toujours être, on va dire, une tentation chez les avocats ?
Alors, d'abord, on a des règles déontologiques qu'on doit respecter. Après, comme dans tout, c'est comme les règles de droit pénal, elles sont sanctionnées qu'une fois qu'elles sont violées. Est-ce qu'on peut s'empêcher ? Bien sûr qu'on peut s'empêcher. Et je vais vous le dire clairement, vous le savez, j'interviens dans le dossier de Liana du côté de l'attente et je refuse de parler aux médias du dossier. Donc, c'est tout à fait possible de le faire. Il suffit de dire correctement aux journalistes, pour l'instant, ça n'est pas le temps, de discuter publiquement d'un dossier.
Et puis, en fait, la tempête médiatique, elle passe deux, trois, quatre jours et puis parce que l'actualité apporte d'autres choses et donc, ça passe. Donc, je crois qu'il faut une prise de conscience collective de la façon aujourd'hui dont on a de traiter ces dossiers. Du côté des avocats, du côté aussi des magistrats, des policiers, parce que tout fuit dans la presse. Et puis, du côté aussi parfois des partis civils qui s'expriment aussi tout le temps. Donc, la question aussi se pose de parler. Mais le silence, ce n'est pas un refus de s'expliquer médiatiquement. C'est aussi prendre son temps et ne pas alimenter quelque chose qui, parfois même, a un côté malsain.
Moi, j'étais dérangée hier de cette conférence de presse.
Mais alors, qu'est-ce qui vous a gêné ? Parce que c'est vrai que sous le coup peut-être de l'émotion et on va dire de la température des dernières nouvelles, parce que tout était extrêmement brûlant hier. L'information datait du petit matin. On a eu une succession de révélations tout au long de la journée. Cette conférence de presse a quand même été assez spectaculaire. On a pu la suivre ici en direct sur Sud Radio. Vous, qu'est-ce qui vous a frappé ? Parce qu'on a eu plusieurs choses. On a eu l'expression « crime compassionnel » qui est venue à un moment dans la discussion.
On a eu l'affirmation que l'enquête avait été bâclée, qu'il y avait eu visiblement des actes de torture sur Cédric Jubilard, parce que celui-ci était à l'isolement et sous traitement médicamenteux. Vous, c'est quoi ? C'est tout ce champ lexical ? C'est toutes ces explications qui vous ont frappé ? Ou c'est, on va dire, un contexte général ?
Alors, la première chose qui me choque, c'est la violation du secret. Ça, c'est la première chose. Et ensuite, c'est cette mise en scène un petit peu de l'avocat qui a réussi à faire émerger une vérité que personne n'avait réussi à faire émerger avant. Bien sûr que le travail de l'avocat... Bien sûr. Il faut bien entendre. L'avocat, dans ce genre de dossier, peut amener son client à voir les évidences et à reconnaître des faits qu'il refuse d'accepter depuis des années. Ça, c'est un beau travail. La question, c'est comment on s'en sert en tant qu'avocat ? Ce qu'il faut bien savoir, c'est que je n'ai pas apprécié la comparaison avec les terroristes ayant été avocat
de participe dans le dossier des attentats
du 13 novembre 2015. C'est quand même un petit peu dérangeant. Il y a eu une comparaison
entre Cédric Jubilard, la nécessité qu'il soit mis à l'isolément et la comparaison avec Salah Adeslam. Absolument.
Voilà. On n'est pas au café du commerce quand on est avocat. On pèse un petit peu ces mots. Le crime passionnel, on en a reparlé récemment dans l'affaire de Marie Trintignant. Aujourd'hui, on ne peut plus parler de crime passionnel. Je veux bien qu'on défende. Mais enfin, c'est un terme qui aujourd'hui, on est d'un avis général. Le crime passionnel, c'est je l'ai tué parce que je l'aimais. Voilà. Donc, ça, ça m'a dérangée. Le fait qu'il était indiqué qu'il avait l'obligation de prendre des traitements, c'est matériellement faux puisque si je ne m'abuse, il n'a pas été placé en hospitalisation sous contrainte.
Donc, là encore, quand on est détenu, même si ce n'est pas forcément respecté, on a quand même des droits fondamentaux. On ne vous médicamente pas contre votre volonté si vous n'êtes pas dans un cadre médical très particulier. Donc, tout ça, si vous voulez, les révélations d'une lettre qui existe, qui n'existe pas et on parlait le corps, ça sera plus tard. Je me suis dit, là, on est avocat ou on ne l'est pas.
Je ne vais pas vous demander de faire ce que vous reprochez à vos autres confrères, maître Julia Courvoisier, en rappelant que vous êtes avocate au barreau de Paris. Néanmoins, il y a ce, on va dire, quand vous évoquez ce risque-là de l'être qui existe, qui n'existe pas, etc., beaucoup ont évoqué en réalité le fait que tout ce spectacle, et croyez-moi, je le mets avec des guillemets, participait aussi à un profil de l'accusé pour l'instant qui pouvait paraître parfois manipulateur. Tout ça participe aussi à ce qu'on peut redouter vis-à-vis de cet accusé-là ?
Alors, moi, je ne connais pas le dossier. Il y a certains avocats de partie civile qui l'ont dit, notamment mon confrère Borat Batik qui est l'avocat des petits enfants. Moi, je ne suis pas interview dans le dossier, donc je n'en sais rien. Peut-être, peut-être pas. Sur le principe d'évoluer dans ces déclarations et de reconnaître très certainement une évidence, ça, c'est une bonne chose. En revanche, la forme est quand même particulièrement, j'ai envie de dire, pour moi, j'ai qualifié ça de cirque médiatique.
De cirque médiatique, il faut être évidemment extrêmement prudent.
Et on peut, évidemment, quand on commence une conférence de presse en évoquant les victimes, moi, je vous dis, moi, j'ai pensé à ces gamins et à la sœur et aux amis et aux parents qui, le matin, prennent leur déjeuner, leur petit café et ont des notifications sur leur portable. Je lui ai dit, je lui ai dit, je lui ai dit, je lui ai dit, mais vous imaginez, et là, ça fait 48 heures, on n'a toujours rien. Et je vais vous dire quelque chose. Si le président de la cour d'assises avait été informé hier matin, à 8 heures du matin, aujourd'hui, à midi 15, des fouilles seraient déjà organisées.
Donc, en plus, on n'a pas fait ça forcément dans l'ordre. Maître Julia Courvoisier, vous restez avec nous, avocate au barreau de Paris. On marque tout simplement une très courte page de publicité et je vous propose également, après, d'élargir le sujet. On sait évidemment, parce que c'est l'actualité, focalisée sur ce qui s'est passé dans l'affaire Jubilard, mais l'impression de justice spectacle, elle va peut-être avoir lieu d'ici une heure, alors qu'on attend le jugement de Marine Le Pen dans l'affaire des fameux assistants parlementaires européens.
Et puis, on a eu aussi l'impression avec l'affaire Liana, tout d'un coup, qu'on ouvrait les entrailles de la justice en pointant du doigt ici et là, en parfois demandant des choses qui paraissaient impossibles. Là aussi, je veux vous entendre, Maître Julia Courvoisier, vous restez avec nous. On se retrouve dans une poignée de minutes sur Sud Radio. A tout de suite. Et pour ceux qui sont déjà à table, bon appétit. D'ici un quart d'heure sur Sud Radio, on reviendra sur ce sujet qui vous a beaucoup fait réagir ce matin, entre midi 30 et 13h, c'est la France au bout du fil. On dialogue, on discute ensemble. Est-ce qu'on est en train de donner le bac en réalité à une génération d'illettrés ?
Parce qu'on se rappelle du ministre de l'Éducation nationale qui avait tapé du poing sur la table en disant « dis donc, il y a des fautes dans les copies. Est-ce qu'il a donné des consignes ? » Absolument pas. Il y a même des correcteurs qui ont dit « de toute façon, on n'aurait pas respecté la consigne parce que si vous voulez, ce n'est pas parce qu'il y a quelques fautes que ça change le sens non plus. » Oui, d'accord. Mais pour les élèves du bac, quand ils se rapprochent de l'université et donc du monde professionnel, ça peut poser un problème.
Tiens, vous êtes parents, vous êtes professeurs, vous êtes grands-parents, vous avez des élèves, vous avez un fils, des filles, des petits-fils, des petites-filles, vous avez déjà vu leur copie, vous avez eu envie d'avoir un infarctus. Tout ça est normal, vous voulez témoigner, vous nous appelez au 0826 300 300 pour le moment alors qu'il est midi 20 sur Sud Radio. On poursuit la conversation avec vous, Maître Julia Courvoisier. Merci d'être resté avec nous. On se pose la question depuis le début de notre conversation sur ce risque qu'on se dirige en réalité vers une justice spectacle.
Alors ça a été le cas et vous l'avez largement, vous avez eu l'occasion de défendre votre thèse pendant les longues premières minutes de notre conversation avec l'affaire Jubilard où vous avez critiqué presque un cirque médiatique mais ce que le cirque médiatique maintenant autour des affaires judiciaires quelles qu'elles soient n'est pas la norme, Maître.
Parce que quand on voit ce qui s'est passé dans l'affaire Liana avec en plus des politiques qui s'en mêlent, quand on voit ce qui va se passer d'ici une heure et demie au tribunal de Paris, au palais de justice de Paris avec la décision concernant Marine Le Pen et sa capacité ou non à se présenter à la candidature pour aller conquérir l'Elysée, est-ce que ça n'est pas la norme cette justice spectacle, Maître ?
Alors d'abord si je peux me permettre l'affaire Marine Le Pen et Rassemblement National c'est un petit peu différent parce que quand même il est question de démocratie derrière. Donc je trouve que la justice spectacle dans ce genre de cas même si je la dénonce tout le temps c'est quand même un petit peu différent et au contraire il faut parler de ces affaires politico-financières pour bien comprendre l'enjeu. Moi ce qui me dérange c'est que ça alimente une défiance et une incompréhension pourquoi ?
Parce que ceux qui sortent dans la presse ce ne sont pas des dossiers dans leur totalité ce sont des informations qui sont souvent très bien retransmises mais je veux dire elles ne sont pas forcément complètes on n'a pas le contexte et puis ce qui m'ennuie avec la justice spectacle c'est que en fait derrière on a quasiment plus la justice judiciaire n'est quasiment plus audible quand je vois dans l'affaire du petit Louis et je comprends la douleur de cette famille une maman qui vient immédiatement réclamer l'abrogation l'excuse de minorité voyez ce que je veux dire laisser du temps au temps laisser du temps à ces familles pour faire l'ordre de l'éducation
sur ce que vous dites Mme Julia Courvoisier à l'instant en rappelant que vous êtes avocate au Barreau de Paris est-ce qu'il n'y a pas aussi là quelque chose de l'ordre du ressentiment vis-à-vis de la justice qui a peut-être dans de trop nombreuses affaires à l'occasion de trop nombreux dossiers donné la sensation de ne pas être assez réactive de ne pas être assez sévère
alors bien sûr ce qu'il faut quand même savoir c'est que tous les ans la justice pénale aura à peu près un million de décisions ce qui est quand même énorme alors la plupart ce sont oui ce sont des petites décisions au quotidien mais si vous voulez une condamnation judiciaire c'est quand il y a eu un débat où toutes les pièces ont pu être débattues où les témoins ont pu venir les experts ça c'est important c'est ça qui fait la beauté de notre justice donc si vous voulez cette surmédiatisation crée une incompréhension un manque de conscience et crée la colère en plus les règles de droit pénal et de procédure pénale sont de plus en plus compliquées on a des réformes tous les trois matins parce que nos hommes politiques à chaque fois qu'ils arrivent sur le terrain ils veulent réformer la justice pénale donc ça ne cesse de changer on a des juridictions qui sont à bout de souffle parce qu'il n'y a pas assez de greffiers il n'y a pas assez de magistrats il n'y a pas non plus assez de policiers vous ne faites pas partie
des personnalités de la justice Julia Courvoisier qui en réalité comment on pourrait dire ça qui balaient d'un revers de main le manque de moyens au sein de la justice aujourd'hui parce qu'on a entendu ceux qui disent quand même il y a eu des moyens débloqués aujourd'hui vous dites encore c'est encore une préoccupation du quotidien il suffit d'aller dans certains tribunaux de France pour voir qu'on est à la ramasse
mais c'est une préoccupation du quotidien là ce matin je parlais avec un de mes clients qui a mis 10 ans avant d'être jugé 10 ans je veux dire c'est 10 ans il n'y a pas deux mots pour dire ça c'est une préoccupation du quotidien bien sûr qu'il y a eu des moyens supplémentaires on ne peut pas le nier les chiffres disent qu'il y a eu des moyens supplémentaires ce n'est pas suffisant il y a eu une explosion des plaintes pour agression sexuelle une explosion des plaintes pour notamment des vols notamment dans Paris je veux dire à un moment donné ces plaintes là il faut les traiter s'il n'y a pas plus de personnel ou si l'augmentation du personnel ne se corrèle pas avec l'augmentation de ces plaintes il y aura toujours un delta et le delta il est au préjudice de celui qui dépose plainte
et dans cette décision puisqu'on partait certes d'abord de l'affaire Jubilat on est allé ensuite vers ce qui va se passer non mais c'est très intéressant parce que ces affaires ont quand même un point commun elles sont sous le feu elles sont sous les projecteurs médiatiques en réalité donc tout le monde y va de son commentaire que ce soit sur les plateaux télé dans les journaux concernant l'affaire Marine Le Pen il y a aussi une question que j'aimerais vous poser on a eu le débat tout à l'heure Maître est-ce qu'on peut encore aujourd'hui par contre critiquer des décisions de justice j'ai l'impression que quand on n'est pas d'accord même les politiques quels qu'ils soient d'ailleurs de gauche de droite d'extrême droite d'extrême gauche dès qu'ils critiquent une décision de justice il y a tout de suite toute une profession qui se lève en disant que c'est on fait atteinte on porte atteinte à une profession ce serait scandaleux mais après tout on est en démocratie est-ce qu'on peut encore les critiquer ces décisions de justice qu'on trouve parfois abusives trop sévères excessives
alors le code pénal parle de jeter le discrédit sur une décision de justice c'est une infraction je crois qu'elle est très peu utilisée le souci si vous voulez c'est qu'aujourd'hui et je parle de l'affaire Marine Le Pen c'est que d'une part vous avez un certain nombre de commentateurs de chroniqueurs qui n'ont jamais suivi le dossier qui regardent des synthèses de synthèses de synthèses et qui de toute façon ont un prisme politique et viennent dire que la décision qui va être rendue est une décision nécessairement politique donc le problème c'est que là ça ne gêne pas ça n'est pas une critique de décision c'est jeter le discrédit sur l'indépendance et le professionnalisme de la magistrature dans son entier ça ça pose problème si vous voulez tous les jours on peut critiquer des décisions moi j'en critique moi-même puisque il y en a que je n'aime pas des décisions en revanche utiliser une décision de justice pour porter atteinte à l'indépendance de la magistrature et faire le procès de la magistrature en disant c'est nécessairement une décision politique sans s'interroger sur le fond du dossier parce que le jugement de première instance de condamnation de Marine Le Pen il est accessible il est très long il fait plus de 500 pages c'est effectivement très technique mais il faut quand même aller le lire peut-être que si certains l'avaient lu en détail ils auraient peut-être pas forcément changé d'avis ils auraient peut-être un peu moins critique exactement
donc moi c'est ça
qui me pose problème
ça on a entendu et malheureusement je suis sûr que vous serez déçu malgré votre appel à un peu de nuance dans les prochaines heures je ne suis pas sûr que tout le monde sache retenir ses coups comme il se doit surtout quand on voit les enjeux politiques qui sont en jeu avant qu'on se quitte maître Julia Courvoisier j'aimerais encore vous poser une question parce que nous sommes le mardi 7 juillet dans pile une semaine on arrivera au bout du délai qu'avait imposé Gérald Darmanin pour traiter les fameuses 70 000 plaintes suite à l'affaire Liana est-ce que vous vous avez des retours de comment cela se passe dans certains tribunaux dans certains coins de France avec un certain nombre peut-être de vos clients comment vous regardez cette échéance est-ce que vous avez déjà je ne sais pas une forme de préscience vis-à-vis de ce qui va arriver après cette date et de la manière dont cela va être exploité politiquement
alors moi j'ai pu parler à certains policiers dans le cadre de garde à vue pour parfois d'autres affaires le souci c'est que l'étude de ces 70 000 plaintes en souffrance a fait quoi ?
a obligé notamment les policiers mais aussi le parquet à suspendre le traitement des plaintes qui arrivent et des plaintes en cours donc si vous voulez c'est un peu repoussé pour le souci et je me dis quand même que venir se vanter à la télé que l'étude d'un certain nombre a entraîné un certain nombre de personnes en détention provisoire je vous le dis je trouve ça un peu lamentable parce que ça veut dire que de son propre aveu ces plaintes qui sont en souffrance depuis des mois auraient dû donc recevoir des suites beaucoup plus rapides et il aura fallu l'affaire Liana pour faire ce qu'en réalité on devrait faire au quotidien et ce pourquoi le ministère de la justice devrait se battre au quotidien c'est-à-dire donner les moyens et aussi une organisation parce qu'effectivement il n'y a pas qu'une question d'argent il y a aussi une question d'organisation des policiers qui ont un logiciel qui ne marche pas qui est désuet ça a coûté des millions d'euros au ministère de la justice je veux dire on pourrait en parler aussi ça ça aurait dû être fait et ça va recommencer parce que je vous le dis des dossiers comme celui de la petite Rosa il y en a tous les jours des dossiers qui prennent des dossiers qui sont mal orientés c'est tous les jours que ça arrive et c'est pour ça qu'il y a des plaintes qui attendent un an deux ans voire trois ans pour obtenir le premier acte d'enquête parce que ça arrive tous les jours
parce que ça arrive tous les jours et donc il ne suffit pas seulement d'une injonction politique suite à de fait une série défaillante dans un dossier précis qui a ému la France qu'on va résoudre la totalité du problème merci beaucoup maître Julia Courvoisier d'avoir été avec nous ce matin
merci de votre invitation Maxime
au barreau de Paris et merci d'avoir été avec nous parce que je sais en plus que la journée est longue après et qu'on enfile la robe pour aller plaider avec un client donc merci beaucoup d'avoir pris ce temps précieux dans un instant midi 30-13h on dialogue avec vous amis auditeurs c'est le programme jusqu'à la fin du mois de juillet avec ma pomme 0826 300 300 le sujet vous a fait énormément réagir tout à l'heure ces copies du bac qui ont plein de fautes d'orthographe qui sont validées quand même des correcteurs qui vous annoncent bon en gros qu'ils ne vont pas en plus pénaliser les élèves parce que globalement ce n'est pas parce qu'il y a des fautes qu'on ne comprend pas ah d'accord mais est-ce qu'on n'est pas en train pardon je vous pose la question comme ça moi ce midi est-ce qu'on n'est pas tout simplement en train de donner le bac à une génération d'illettrés 0826 300 300 vous venez débattre avec nous vous venez discuter vous venez réagir vous êtes les bienvenus parce qu'on en parle jusqu'à 13h voilà