Michel Barnier à Matignon : épilogue ou nouvelle étape de la crise politique ?
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La nomination puis les premiers pas de Michel Barnier permettent-ils à Emmanuel Macron de reprendre un peu de souffle, de se donner quelques mois et de calmer la crise politique ?
- 1:26OuverteRéponse directe
Un peu d'air mais la crise continue, Julia Cagé ?
- 2:42RelanceRéponse directe
Union des droites, vient de dire Julia Cagé, votre position. Je vous ai vu dire non.
- 4:20OuverteRéponse directe
Et c'est la continuation du macronisme avec un autre visage ?
- 6:37ComplaisanteRéponse directe
Un mot de la gauche, elle ne peut pas rester dans une attitude de blocage absolu.
- 7:48OuverteRéponse directe
Vous y croyez à la rebipolarisation, Jérôme Sainte-Marie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« c'est un peu une mise à l'abri pour Emmanuel Macron, mais ça ne met pas du tout fin à la crise politique. »
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« Emmanuel Macron l'a payé du prix d'une négociation directe avec Marine Le Pen »
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« on se prépare à des moments difficiles avec le budget »
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« c'est relativement dommage qu'Emmanuel Macron n'assume pas ce qu'il est en train de créer lui-même, c'est-à-dire l'union des droites »
- 1:43IntervenantFait
« c'est le retour de la bipartition entre la gauche et la droite »
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« le bloc macroniste et LR réunis avaient la majorité absolue à l'Assemblée nationale »
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« il trahit plusieurs promesses, il trahit la promesse macroniste originelle qui était de faire reculer le Rassemblement national »
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« il y a eu près de 300 triangulaires et en fait beaucoup de désistements du candidat de gauche en faveur du candidat macroniste »
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« Michel Barnier, vous savez, il est au pouvoir depuis 40 ans, en réalité »
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« Michel Barnier, c'est véritablement la concrétisation de ce pouvoir sous tutelle européenne que nous connaissons »
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« Il est au pouvoir aujourd'hui avec le quitus de Marine Le Pen »
- 5:17IntervenantFait
« ce que je lui reproche, c'est son orientation politique »
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« la gauche, comme d'ailleurs la droite classique, sont à des scores électoraux historiquement très faibles. Il faut rappeler quand même 28% »
- 9:07IntervenantFait
« ce qui protège et ce qui enferme à la fois Emmanuel Macron, c'est la Constitution »
- 10:11IntervenantFait
« Il n'y a pas de majorité. Il n'y a pas d'entente. Il n'y a pas de coalition qui forme une majorité de députés »
- 10:53IntervenantFait
« le Parti communiste est arrivé en tête de toutes les élections sous la Vème République, toutes, de 1946 à 1956. Il n'a jamais été appelé à former un gouvernement »
- 11:09IntervenantFait
« le Rassemblement national veuille la proportionnelle pour les prochaines élections, en fasse même une condition »
- 11:39IntervenantFait
« la proportionnelle, par définition, ne donnera plus de majorité absolue à personne »
Temps de parole
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Entrons dans le vif du sujet. La nomination puis les premiers pas de Michel Barnier permet-il à Emmanuel Macron de reprendre un peu de souffle, de se donner quelques mois et de calmer la crise politique ? Jérôme Jaffray.
Écoutez, c'est un peu une mise à l'abri pour Emmanuel Macron, mais ça ne met pas du tout fin à la crise politique. Donc, mise à l'abri pour Emmanuel Macron, c'est-à-dire qu'à la fois il échappe à la censure immédiate qui aurait mis en péril la fonction présidentielle, et c'est sans doute pourquoi Marine Le Pen a accepté de laisser Michel Barnier être Premier ministre, mais Emmanuel Macron l'a payé du prix d'une négociation directe avec Marine Le Pen, en demandant à Marine Le Pen si elle voulait bien, en acceptant son refus de Xavier Bertrand et en attendant son acceptation de Michel Barnier.
Mise à l'abri aussi parce qu'on se prépare à des moments difficiles avec le budget, qu'Emmanuel Macron n'est plus crédible, plus audible pour parler d'une situation extrêmement difficile du pays, donc il laisse ce soin à Michel Barnier qui aura cette tâche. Mais pas fin de la crise politique, parce que cette assemblée telle qu'elle l'est, avec un parti battu et un parti ultra minoritaire qui dirige le pays, le parti ultra minoritaire c'est les Républicains, nous sommes dans une situation politique qui évidemment ne correspond pas à la réalité électorale, sociale, citoyenne du pays, et là il y a un décalage.
Un peu d'air mais la crise continue, Julia Cagé ?
Je pense qu'on est à un moment de grande clarification politique, et d'une certaine manière c'est relativement dommage qu'Emmanuel Macron n'assume pas ce qu'il est en train de créer lui-même, c'est-à-dire l'union des droites, c'est la fin de la parenthèse macroniste, c'est le retour de la bipartition entre la gauche et la droite, ce qui suppose aussi d'ailleurs une remise au travail de la gauche dans l'opposition pour avoir une alternative politique crédible à proposer dans un horizon qui va être plus ou moins court, ça on le verra très bien.
Ce qui est assez étonnant dans l'ensemble de la séquence qui vient de s'écouler, c'est qu'au mois de juin, avant la dissolution, le bloc macroniste et LR réunis avaient la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Qu'Emmanuel Macron n'a pas assumé cette alliance électorale avant la dissolution, qu'il perd cette majorité absolue et que finalement il fait cette alliance électorale aujourd'hui en se mettant entre les mains du Rassemblement national. Et de ce point de vue-là, il trahit plusieurs promesses, il trahit la promesse macroniste originelle qui était de faire reculer le Rassemblement national dont il a fait le lit systématiquement depuis 2017.
Il trahit aussi la promesse qui a été celle du Front républicain qui visait à mettre les forces républicaines au pouvoir et à éviter le danger représenté par le Rassemblement national.
Jérôme Sainte-Marie, Union des droites, vient de dire Julia Cagé, votre position. Je vous ai vu dire non.
Absolument pas. Absolument pas. Je comprends tout à fait la véhémence de la gauche depuis deux mois puisqu'elle doit effacer les traces. Les traces c'est quoi ? C'est une véritable alliance électorale entre la gauche et la Macronie lors des dernières législatives. C'était hier. Il y a eu près de 300 triangulaires et en fait beaucoup de désistements du candidat de gauche en faveur du candidat macroniste, du candidat macroniste en faveur du candidat de gauche. Vous avez vous-même été candidat à Rennes lors des législatives. Absolument. Un quart d'heure, la candidate sortante macroniste s'est reportée sur la candidate de gauche et l'inverse a existé très souvent.
Donc, si on parle de choses concrètes et non pas de projections idéologiques, ce qui compte en politique, c'est quand même largement, en politique républicaine, c'est quand même largement les accords de second tour. Et là, il y a eu, comme d'ailleurs en 2022, la gauche avait fait élire au second tour Emmanuel Macron, aujourd'hui, très concrètement, dans des centaines de circonscriptions, elle a choisi de faire élire ou en tout cas accepter les voix de Macron. Ça, c'est concret, excusez-moi. Et je continuerai. Donc, ça, c'est un vrai problème et c'est un problème qui va être récurrent. Revenons à Michel Barnier. Et qui complique encore la situation politique.
Tout est si bien qu'aujourd'hui, en réalité, on a la... Michel Barnier, vous savez, il est au pouvoir depuis 40 ans, en réalité. Michel Barnier, c'est véritablement la concrétisation de ce pouvoir sous tutelle européenne que nous connaissons. Et donc, effectivement...
Et c'est la continuation du macronisme avec un autre visage ?
Et c'est la tentative de Macron de refaire ce qu'il a essayé de faire en 2016 et en 2007 avec succès. Sauf qu'aujourd'hui, il essaye de prendre des éléments de gauche et des éléments de droite, mais dans une situation parlementaire qui est très compliquée. Il est au pouvoir aujourd'hui avec le quitus de Marine Le Pen. C'est quand même ça qu'il faut dire. Il va y avoir un discours de politique générale.
Après, le discours de politique générale qui va montrer une orientation encore plus à droite, sans doute que pendant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, il va y avoir une censure de la part des partis qui composent le nouveau Front populaire, a priori, si j'ai bien entendu, il n'y aura pas de censure de la part du Rassemblement National. Donc, à partir de là, c'est le Rassemblement National qui fait le choix de la vieille politique portée aujourd'hui par les Républicains et portée par Michel Barnier, puisque vous le reprochez d'avoir été au pouvoir pendant 40 ans. Moi, ce n'est pas ça que je lui reproche. Peu importe l'âge.
On a eu des premiers ministres jeunes qui n'étaient pas forcément meilleurs que des premiers ministres plus âgés. Moi, ce que je lui reproche, c'est son orientation politique. À un moment, il faudrait davantage de justice fiscale, davantage de justice sociale, davantage de justice environnementale et investir véritablement dans l'avenir. Jérôme Jaffray, oui, en termes d'analyse politique, le Rassemblement National a plusieurs problèmes et la gauche n'en manque pas. Le Rassemblement National, son problème, en partie, c'est de se différencier du nouveau Front populaire et de la France insoumise.
C'est en partie pour ça qu'il ne veut pas s'associer à des censures qui aboutiraient d'ailleurs à un blocage total. Mais tôt ou tard, la question évidemment se posera. Il veut éviter le chaos dans le pays, le chaos institutionnel et politique, l'ingouvernabilité absolue, ce qui participe d'une volonté de responsabilisation, de légitimation du Rassemblement National pour éventuellement succéder à Emmanuel Macron quand il y aura une élection présidentielle. Son problème, c'est de ne pas être co-responsable de la politique menée. Et on voit bien que du coup, c'est extrêmement difficile parce qu'un responsable du RN a dit « Rien ne se fera sans le Rassemblement National ».
Mais si rien ne se fait sans le Rassemblement National, le Rassemblement National est co-responsable et à ce moment-là, il portera le bilan. Mais François Hollande l'a dit très clairement ce matin à cette antenne, c'est-à-dire que là, on parlait du discours de politique générale. J'aimerais quand même dire un mot de la gauche parce qu'il n'y a pas de raison que je ne parle que du Rassemblement National. Donc d'un mot, Julia, je ne cèderai pas la parole, je vous en remercie. Un mot de la gauche, elle ne peut pas rester dans une attitude de blocage absolu. Parce que c'est ça qui sert le Rassemblement National.
Annoncer censure automatique et à toute occasion, il faut rentrer dans une logique de compromis et de discussion pour éviter les taux du Rassemblement National sur le pouvoir. Et sinon, vous déséquilibrez rapidement, puis Jérôme Sainte-Marie. C'est ce qu'elle a fait depuis des années, c'est ce qu'elle a fait au cours des derniers mois. Quand il y a le projet de loi sur la fin de vie, par exemple, la gauche participe aux discussions et la gauche vote. Si demain, Michel Barnier décide d'abroger la réforme des retraites, il n'y aura pas de censure de la part de la gauche.
Si demain, par miracle, mais ce ne sera pas le cas, on avait un projet de loi de finances qui réintroduisait véritablement un impôt sur la fortune ambitieux et des investissements dans l'avenir, dans l'école, dans l'éducation, dans la recherche. Vous savez très bien qu'il n'y aura pas d'opposition de la gauche. Ensuite, si vous avez un programme de droite qui est mené, dans un contexte qui va être celui, il faut quand même vraiment le dire, de rebipolarisation de la vie politique entre la droite et la gauche, on ne va quand même pas demander à la gauche de voter des lois qui vont contre les intérêts de la majorité des citoyens.
Donc elle ne le fera pas, mais il n'y a jamais eu de blocage qui a été brandi et menacé. Par contre, ça, c'est ce que fait le Rassemblement National. Vous y croyez à la rebipolarisation, Jérôme Sainte-Marie ? Moi, je ne la constate pas, si vous voulez. Mais enfin, je ne la constate pas encore une fois. On a effectivement un parti qui n'est pas un parti de droite, qui est le Rassemblement National, qui est allié avec une partie de la droite. C'est très clair. Mais là-dessus, Marine Le Pen a été très ferme dans le Figaro. Et de l'autre côté, vous avez effectivement, ce n'est pas, comment dirais-je, le fait que M.
Barnier, qui vient de la droite, soit désormais Premier ministre, enfin le sera, eh bien, ça ne signifie pas que le macronisme est devenu de droite. Le macronisme contient... Il a toujours été de droite. Ah oui, ça c'est compliqué. Donc vous votez pour la... Enfin, ça devient là, c'est très, très, très curieux. Allez-y, Jérôme Sainte-Marie. Ce que je constate par ailleurs, c'est que la gauche, comme d'ailleurs la droite classique, sont à des scores électoraux historiquement très faibles. Il faut rappeler quand même 28%. Lorsque, je vais prendre un exemple, en 2007, la gauche perd les législatives face à la droite menée par Sarkozy.
De mémoire, je parle sous le contrôle de Jérôme Jaffray, je pense qu'elle était à 36%. Et c'était considéré... J'aurais dit 39, mais bon. 39 peut-être. En tout cas, c'était considéré comme une défaite historique. Aujourd'hui, avec 28%, elle a prétendu pendant deux mois vouloir diriger le pays. Tout ça, encore une fois, est un jeu de rôle. Je voudrais insister sur le fait qu'on vit une vraie crise. Une crise qui n'est plus seulement une crise politique ou idéologique, mais une crise institutionnelle. C'est-à-dire que ce qui protège et ce qui enferme à la fois Emmanuel Macron, c'est la Constitution. C'est la Constitution de 1958, ça le protège.
De fait, personne ne va provoquer une crise, comment dirais-je, de type insurrectionnel. Donc, de fait, il est protégé par cette Constitution. Mais en même temps, cette Constitution, qui était destinée à garantir un gouvernement fort, aujourd'hui, place le pays dans une forme d'impasse. Et c'est pour ça que l'opinion réclame, de fait, d'être un gouvernement. Les gens veulent être gouvernés. Et donc, s'opposer à l'idée de constituer dans un cadre républicain un gouvernement est quelque chose qui est très compliqué. J'ai noté par ailleurs l'échec des manifestations de la gauche ce week-end, qui montre bien, encore une fois, que les gens ne veulent pas sortir du cadre institutionnel.
Et c'est pour ça que le Rassemblement National prend la position qu'il prend.
Le temps presse. Peut-il échapper, Michel Barnier, à la censure, en trouvant une majorité durable ? Ou pour le formuler autrement, Jérôme Jaffray, combien de temps ce gouvernement, Barnier, pourrait-il tenir ?
Alors, d'abord, oublions la notion de majorité. Il n'y a pas de majorité. Il n'y a pas d'entente. Il n'y a pas de coalition qui forme une majorité de députés. Donc, la notion de majorité disparaît. Première fois depuis 1962, dans notre histoire politique de la Vème République. C'était le cas du 2022. 2022-2023, il n'y avait pas de majorité absolue. Il y avait quand même une forte majorité relative. On peut rentrer dans la notion de majorité absolue. Il n'y avait plus à avoir censure. Il n'y avait pas de majorité. C'est le cas de 1988 et c'est le cas de 2022. Mais là, franchement, on est en dessous de tout.
En termes de légitimité démocratique, l'argument consistant à dire que la coalition arrivée en tête doit être appelée à former le gouvernement n'est pas en réalité la tradition parlementaire française. Je prends un simple exemple, et je le dis à l'auteur d'une histoire du conflit politique, le Parti communiste est arrivé en tête de toutes les élections sous la Vème République, toutes, de 1946 à 1956. Il n'a jamais été appelé à former un gouvernement. Un mot à Jérôme Sainte-Marie. Ma très grande surprise, que le Rassemblement national veuille la proportionnelle pour les prochaines élections, en fasse même une condition.
Alors on voit bien que la proportionnelle à un tour supprimerait le barrage républicain qui vous a coûté le siège de député que vous espériez le 7 juillet dernier. Mais la proportionnelle, vous nous avez expliqué, le Rassemblement national, qu'il fallait une majorité absolue pour gouverner, que sans majorité absolue, le Rassemblement national ne gouvernerait jamais. Mais la proportionnelle, par définition, ne donnera plus de majorité absolue à personne. Incohérence absolue du RN. Deuxièmement, le RN n'a pas d'allié. Donc à la proportionnelle, vous pouvez arriver en tête. Mais sans majorité absolue, sans allié, vous vous condamnez à l'opposition. Je ne comprends pas. Jérôme Sainte-Marie.
Oui, il y a une demande effectivement traditionnelle du Front national puis du Rassemblement national pour la proportionnelle. Ça correspond... Les arguments de Jérôme Javré sont robustes. Ça peut être une solution pour sortir, encore une fois, du blocage. Puisqu'une proportionnelle permet davantage que malgré tout des alliances. Parce que ce qui bloque beaucoup les alliances dans notre système, c'est le système à deux tours. C'est-à-dire qu'effectivement, vous avez beaucoup de gens... François Hollande l'a dit d'une certaine manière tout à l'heure.
Vous avez beaucoup de députés qui seraient prêts à des formes d'alliances, mais qui sont élus avec, par exemple, à gauche, des voix de la France insoumise. Ce qui ne peuvent pas se permettre, du coup, de sortir de cela. C'était toute la tentative. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'il y a eu des tentatives de créer des unions entre centristes au long de la Ve République. Et ça a toujours échoué. Parce que là... Et ça n'a réussi d'une certaine manière qu'avec Emmanuel Macron. Julien Cagé. Si on revient à l'histoire du conflit politique, la différence entre la Ve République et aujourd'hui, c'est qu'il n'y avait pas d'union de la gauche à l'époque.
Et c'est pour ça qu'on a fait, justement, une union de la gauche pour dépasser et donner la possibilité, justement, dans un nouveau cadre qui est redéfini aujourd'hui politiquement, aux partis qui arrivaient en tête et, en l'occurrence, à un candidat du nouveau Front populaire, de pouvoir tenter sa chance. Ensuite, puisqu'il y a eu cette discussion à ce micro ce matin avec François Hollande, il l'a très bien dit, M. Hollande, sans doute, un gouvernement NFP aurait été renversé. Sans doute. Mais c'était de la responsabilité du nouveau Front populaire, projet par projet.
Et justement, pour voir s'il n'y avait pas une opposition systématique et une censure automatique, d'aller chercher des compromis. D'aller chercher une majorité, par exemple, sur l'abrogation de la réforme des retraites. Et a priori, il y a une majorité sur l'abrogation de la réforme des retraites. D'aller chercher une majorité sur l'augmentation du salaire minimum, sur davantage de justice sociale. Et ça aurait été intéressant, justement, de voir une clarification politique sur tous ces thèmes, y compris de la part du Rassemblement national, qui se prétend souvent, justement, vouloir défendre le pouvoir d'achat des plus modestes.
Et c'est dommage qu'on n'ait pas eu, finalement, cette clarification politique au grand jour, au sein de l'Assemblée nationale, plutôt que de manière secrète dans les bureaux de l'Elysée. Un mot, Jérôme Saint-Marie ? La clarification politique, encore une fois, on l'a eu au second tour. Mais je rappelle simplement que si on parle toujours de la gauche comme le premier groupe à l'Assemblée nationale, c'est vrai, mais ce n'est pas le premier groupe en voie. Ce n'est pas en voie, pas du tout. La gauche était largement devancée. Elle n'est le premier groupe que par l'apport des voix macronistes que vous avez sollicitées.
Merci à tous les trois, Julia Cagé, Jérôme Saint-Marie et Jérôme Jaffray.