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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 26 mai 2016 10 minContradictoireFond programmatiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalTravail & emploiRetraites

Pierre Moscovici

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Bonjour Pierre Moscovici, vous aussi vous trouvez que la France va mieux ?

  • 0:47RelanceRéponse directe

    Elle est surtout plus faible que celle de nos voisins européens.

  • 1:04RelanceRéponse directe

    Donc l'inversion de la courbe s'est faite ?

  • 2:11RelanceRéponse directe

    Mais donc, avec une crispation maximale autour d'une loi dont l'utilité et la légitimité sont fortement mises en cause par les Français, est-ce que cette loi a été exigée par Bruxelles et par la Commission européenne ?

  • 2:29RelanceRéponse directe

    Ce qui est en cause précisément, Pierre Moscovici, ce sont les GOP, les grandes orientations de politique économique qui sont élaborées par la Commission, adressées à chaque pays, mais qui ne sont jamais débattues par les élus, en l'occurrence ceux du Parlement européen.

  • 3:49RelanceRéponse directe

    On peut dire que c'est un type de réforme qui est recommandée et approuvée par Bruxelles.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20Locuteur 1Chiffre
    « Nous avons 1,3%, ça c'est la provision de la commission européenne. »
  • 0:24Locuteur 1Chiffre
    « La commission dit 1,3%, le FMI dit 1,5%. »
  • 0:26Locuteur 1Chiffre
    « Et le gouvernement français 1,5%. »
  • 1:08Locuteur 1Chiffre
    « Nous disons 10,4 l'année dernière, 10,2 pour cette année. »
  • 1:33Locuteur 1Promesse
    « Et en 2017, comme la France y est engagée d'ailleurs, si la politique budgétaire est sérieuse, et elle doit l'être impérativement, parce que ce sont des engagements qui doivent être nuls, la France pourrait enfin descendre en dessous des 3% qui sont prévus par les critères. »
  • 3:04Locuteur 1Fait
    « Quand on compare les différents pays de l'Union européenne, on constate que ceux qui ont fait des réformes du marché du travail, c'est-à-dire ceux qui font en sorte qu'on puisse entrer plus facilement sur le marché du travail, qu'on puisse en sortir avec sécurité, ces pays-là sont ceux qui ont réussi à faire baisser le chômage. »
  • 3:21Locuteur 1Chiffre
    « Et quand on regarde la France, honnêtement, on constate qu'elle est 21e sur 28 en termes de taux de chômage. »
  • 6:03Locuteur 1Fait
    « ils ont mené des réformes très courageuses, réforme des retraites, réforme de l'impôt sur le revenu, création d'une agence indépendante des revenus, mise en place d'un fonds de privatisation et d'investissement. »
  • 6:26Locuteur 1Promesse
    « Dans les prévisions que la commission a données, la croissance devrait revenir en Grèce dès le deuxième semestre de cette année, et être à 3% l'an prochain, à condition que les réformes se fassent. »
  • 6:44Locuteur 1Chiffre
    « nous déboursons, entre maintenant et le mois d'octobre, 10 milliards d'euros qui doivent permettre de donner une bouffée d'oxygène. »
  • 7:56Locuteur 1Fait
    « tout le monde, pour la première fois, a dit oui, il faut alléger la dette grecque. »
  • 9:23Locuteur 1Fait
    « parce qu'on a beaucoup progressé hier, dans un autre conseil, vers un accord de lutte contre l'évasion fiscale, qui pour moi est déterminant. »

Temps de parole

  • Locuteur 175 %
  • Locuteur 225 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le 7-9 de France Inter, première matinale de France, à suivre aussi en vidéo sur franceinter.fr

0:07
Pierre Moscovici

Bonjour Pierre Moscovici, vous aussi vous trouvez que la France va mieux ?

0:12
Présentateur

Quand je regarde les chiffres, la situation s'améliore en effet, elle s'améliore sur le front de la croissance qui est là, qui devrait être autour de... Nous avons 1,3%, ça c'est la provision de la commission européenne. La commission dit 1,3%, le FMI dit 1,5%. Et le gouvernement français 1,5%. 1,5% et je ne suis prêt je pense à réévaluer ma perspective parce que le premier trimestre a été meilleur que ce qui était prévu. Quand ? La prochaine fois, c'est dans 3 mois, mais disons que 1,3, 1,5% me paraît quelque chose d'assez crédible désormais. C'est pas le Pérou, mais c'est une croissance qui maintenant est plus solidement établie, rétablie.

0:47
Pierre Moscovici

Elle est surtout plus faible que celle de nos voisins européens.

0:50
Présentateur

Elle est légèrement plus faible de 0,2 point, mais l'an prochain elle devrait être dans la moyenne avec 1,7%. Donc les facteurs de croissance redémarrent et notamment l'investissement. Deuxième indicateur, c'est le chômage. Je constate qu'il y a eu deux mois de baisse du chômage. Donc l'inversion de la courbe s'est faite ? Ça correspond à ce que sont aussi nos prévisions. Nous disons 10,4 l'année dernière, 10,2 pour cette année. Là encore, c'est pas des résultats miraculeux, mais oui, la dynamique de création d'emplois reprend. Et le chômage devrait baisser en 2016. Pas de manière spectaculaire, mais c'est tant mieux pour les Français. Les choses vont mieux en effet sur ce front.

Enfin, sur le front des finances publiques, les déficits publics français se réduisent. Et en 2017, comme la France y est engagée d'ailleurs, si la politique budgétaire est sérieuse, et elle doit l'être impérativement, parce que ce sont des engagements qui doivent être nuls, la France pourrait enfin descendre en dessous des 3% qui sont prévus par les critères. Tout ça s'adresse à un tableau qui est en effet une situation économique qui s'améliore, mais en même temps, ça ne doit pas laisser penser qu'il y a une cagnotte, ça ne doit pas laisser penser qu'il faut relâcher les efforts, ça ne doit pas laisser penser que les réformes, c'est terminé.

Au contraire, ça doit pousser à des réformes approfondies, qui permettent en effet de faire diminuer le chômage davantage, d'améliorer la compétitivité française, et de faire diminuer les déficits plus bas.

2:11
Pierre Moscovici

Mais donc, avec une crispation maximale autour d'une loi dont l'utilité et la légitimité sont fortement mises en cause par les Français, mises en doute, vous le voyez dans les sondages, vous, je sais que vous la trouvez utile et nécessaire cette loi, mais pour répondre à l'un des arguments de ses opposants, est-ce que cette loi a été exigée par Bruxelles et par la Commission européenne ?

2:33
Présentateur

On prête à la Commission européenne des pouvoirs qu'elle n'a pas, elle en a. Mais quand nous parlons au pays, au gouvernement, nous faisons des recommandations. Ensuite, il revient aux États-nations, au gouvernement, au Parlement, qui sont souverains de se saisir ou non de ces recommandations. Ça n'est pas la Commission européenne qui a obligé à une réforme du marché du travail. En revanche, ce que je crois, sans me prononcer sur cette réforme, c'est qu'il faut être conscient qu'une réforme du marché du travail est absolument indispensable.

Quand on compare les différents pays de l'Union européenne, on constate que ceux qui ont fait des réformes du marché du travail, c'est-à-dire ceux qui font en sorte qu'on puisse entrer plus facilement sur le marché du travail, qu'on puisse en sortir avec sécurité, ces pays-là sont ceux qui ont réussi à faire baisser le chômage. Et que ceux qui se sont refusés aux réformes du marché du travail sont ceux qui ont la moins bonne performance. Et quand on regarde la France, honnêtement, on constate qu'elle est 21e sur 28 en termes de taux de chômage, ça n'est pas quelque chose dont on peut se glorifier.

Et donc, je le dis, sans me prononcer sur cette réforme, sans entrer dans le débat interne français, une réforme est nécessaire, si on veut, à moyen terme, qu'on soit capable de lutter contre le chômage de masse. Si on veut s'y condamner pour l'éternité, restons immobiles.

3:43
Pierre Moscovici

On peut dire que c'est un type de réforme qui est recommandée et approuvée par Bruxelles. Ce qui est en cause précisément, Pierre Moscovici, ce sont les GOP, les grandes orientations de politique économique qui sont élaborées par la Commission, adressées à chaque pays, mais qui ne sont jamais débattues par les élus, en l'occurrence ceux du Parlement européen.

4:01
Présentateur

Mais ne tombons pas dans les fantasmes. Il y a ces grandes orientations et il y a des recommandations annuelles que nous faisons. Et dans les recommandations que nous faisons, y compris cette année, il y a en effet la nécessité de réformer le marché du travail. Mais, je veux le dire ici, parce qu'il ne faut pas tirer sur le pianiste bruxellois, moi j'en ai un peu marre qu'on se rende des fausses, dans tous nos états-nations, des responsabilités qui sont celles du gouvernement sur Bruxelles. Quand une réforme doit être prise, c'est Bruxelles. Non, si cette réforme est prise, c'est parce que c'est l'intérêt du pays et c'est au gouvernement et au Parlement d'en juger.

Mais, je veux dire une chose, c'est que la Commission n'est pas le diable libéral. La Commission propose toujours des solutions équilibrées. Et nous, nous insistons énormément sur la flexibilité, parce que c'est une des caractéristiques. Oui, il faut pouvoir entrer sur le marché du travail. Si personne ne peut y entrer, le chômage ne baisse pas. Mais, en même temps, nous insistons sur la sécurité. Et dans les recommandations que la Commission a données à la France, il y a quelques semaines, nous disons qu'il faut absolument mettre l'éducation au cœur du projet politique.

Et que ce qui permet la sécurité, et des emplois à durée indéterminée, parce que la Commission milite pour les emplois à durée indéterminée, c'est l'éducation, la formation, la formation tout au long de la vie. Et de ce point de vue-là, c'est fondamental que flexibilité et sécurité aillent de pair. Il ne faut jamais l'oublier.

5:18
Pierre Moscovici

La Grèce, Pierre Moscovici, les pays de la zone euro ont accepté hier matin, enfin c'était dans la nuit de mardi à mercredi, de relancer le plan d'aide à la Grèce en débloquant 10 milliards d'euros, dont, je le dis au passage, 7 milliards vont retourner dans les poches des créanciers. Hier soir, le FMI a montré qu'il n'était pas d'accord, a rappelé qu'il n'était pas d'accord avec votre stratégie. Le problème, le plan n'est pas réaliste, dit le FMI, il faut alléger ou ré-échelonner la dette grecque, ce que les Européens refusent de faire. Vous allez rediscuter ?

5:49
Présentateur

Non, il y a eu un accord, j'étais là, je représente la commission, c'était regroupe, j'y ai passé cette nuit d'il y a deux jours, qui est un bon accord pour la Grèce. D'abord parce que les Grecs ont fait des gros efforts, ils ont mené des réformes très courageuses, réforme des retraites, réforme de l'impôt sur le revenu, création d'une agence indépendante des revenus, mise en place d'un fonds de privatisation et d'investissement. Et tout ça, ça doit permettre de créer de la confiance et le retour des investisseurs en Grèce, parce que les Grecs ont assez souffert de la crise. Pas des Grecs.

La confiance des marchés, la confiance des investisseurs, parce que c'est un pays ouvert, et oui, la confiance des Grecs. Dans les prévisions que la commission a données, la croissance devrait revenir en Grèce dès le deuxième semestre de cette année, et être à 3% l'an prochain, à condition que les réformes se fassent. Et dès lors que les réformes ont été faites, oui, nous avons dit que dans le programme d'assistance financière, parce qu'on oublie toujours ça, il y a un programme de 86 milliards d'euros pour la Grèce, nous déboursons, entre maintenant et le mois d'octobre, 10 milliards d'euros qui doivent permettre de donner une bouffée d'oxygène.

Donc 3 milliards seuls vont revenir à la Grèce. De l'oxygène du souffle. Oui, mais il faut aussi que la Grèce soit capable de rembourser ses dettes. Oui, donc donner l'argent pour permettre de rembourser le plancier. Si nous ne le donnons pas, c'est sur le service de la dette que ça pèse, c'est sur le budget grec, et c'est autant pour les services publics en moins. Bon, c'est un vrai bol d'oxygène. Le FMI dit nous ne participerons pas à ce renflouement. Sur la dette, un accord a été trouvé, et tout le monde insiste, et moi aussi, pour que le FMI soit à bord. Et le FMI est partie prenante de l'accord, je le souligne.

Ce que le FMI a dit, c'est qu'il allait prendre sa décision définitive, et ça n'a pas été infirmé hier, à la fin de cette année, sur la base d'une analyse de la dette qui verra si celle-ci est soutenable. Mais le FMI n'a jamais changé de position

7:28
Pierre Moscovici

sur l'idée que ça n'était pas soutenable,

7:31
Présentateur

que la Grèce ne peut pas rembourser le taxe. Oui, mais j'étais là aux côtés de M. Thomson, je connais la position de Mme Lagarde, je l'ai encore vue ce week-end, c'était au Japon, dans une réunion des G7 des ministres des Finances. Le FMI est à bord, c'est fondamental pour nous, et je n'ai pas de doute que le FMI participera avec nous à un mouvement d'allègement de la dette grecque. Car ce qui est important dans cette réunion d'avant-hier, qui ne conclut pas tout, c'est que tout le monde, pour la première fois, a dit oui, il faut alléger la dette grecque.

Il faut faire en sorte de mieux la gérer à court terme, mieux la gérer à court terme, et dès maintenant, et il y a des moyens techniques, je ne vais pas y insister maintenant, qui permettent de réduire ce salaire. Il y a toute une série de modalités qui sont à appliquer par ce qu'on appelle le mécanisme européen de stabilité qui gère cette dette. Je suis confiant que la charge de la dette grecque va baisser, et puis à moyen terme, nous prendrons des mesures qui seront plus ambitieuses, c'est-à-dire d'ici à 2018. Je pense que là, on est vraiment sur le bon chemin s'agissant de la Grèce.

8:25
Pierre Moscovici

Est-ce qu'on peut dire simplement que c'est une position de principe de l'Allemagne, que c'est Berlin qui bloque ? Non, il ne faut pas... Moi, je ne suis pas dans toutes ces oppositions. Quand je suis sur une table... C'est quand même l'Allemagne, et c'est le gouvernement allemand qui, depuis le début, s'oppose à toute idée de rééchelonnement de la dette grecque.

8:40
Présentateur

Le gouvernement allemand, bien sûr, et Wolfgang Schaubbleu sont aussi partie prenante de l'accord, et cet accord comprend, je le dis, un allègement de la dette, et des mesures de gestion de la dette, dès maintenant, qui doivent permettre d'en alléger la charge et les services, et qui doivent redonner des marges de manœuvre à la Grèce. Parce que, ce qui est important dans cette affaire, c'est que ce pays soit capable de se réformer, de retrouver la croissance, et de créer des emplois, tant il y a, c'est vrai, un taux de chômage, notamment des jeunes, qui est massif.

9:05
Pierre Moscovici

Pierre Moscovici, commissaire européen, commissaire des affaires économiques et financières, fiscalité, et douane, ce qui fait un grand secteur, ce qui nous permettra peut-être, si les auditeurs le souhaitent, de parler de la situation des paradis fiscaux. J'en serais très heureux,

9:20
Présentateur

parce qu'on a beaucoup progressé hier, dans un autre conseil, vers un accord de lutte contre l'évasion fiscale, qui pour moi est déterminant. L'Europe doit être le leader, en matière de lutte contre l'évasion, et pour la transparence.

9:34
Pierre Moscovici

Ce sera dans quelques minutes, et dans un instant, la revue de presse. Sous-titrage ST' 501