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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 16 mars 2026 12 min

Municipales : Jean-Philippe Tanguy note une "vraie dynamique" du Rassemblement national au premier tour

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Auditeur

France Inter, la grande matinale, spéciale élection municipale.

0:07
Présentateur

De fait, la grande matinale et le grand entretien XXL se poursuit avec l'autre constat de ce premier tour des municipales, c'est l'enracinement du Rassemblement National, 17 villes gagnées dès le premier tour. Un balotage favorable à Toulon, à Nice. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour, bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter, député RN de la Somme. N'hésitez pas, je vous le rappelle, chers auditeurs, à nous poser vos questions, 0145 24 7000 et sur l'application Radio France. Jean-Philippe Tanguy, tout simplement, d'abord, quel bilan est-ce que vous tirez de ce premier tour pour votre formation pour le Rassemblement National ?

0:48
Jean-Philippe Tanguy

Effectivement, un très fort enracinement à ces 23 maires qui ont été élus finalement ce matin au premier tour pour le Rassemblement National. et une forte présence au deuxième tour sur la quasi-totalité du territoire. C'est aussi un changement puisque le Rassemblement National pouvait être fort dans certains secteurs de la France et un peu absent d'autres. Aujourd'hui, on est présent quasiment partout et présent dans des futures oppositions, des futures victoires pour le deuxième tour. Et puis, c'est quand même aussi, je vous le dis, un fort enracinement dans la ruralité.

C'est plus difficile à lire, évidemment, mais il ne faut pas oublier que dans beaucoup de communes rurales, par exemple dans la Somme, où il y a presque 800 communes, où il n'y avait qu'une seule liste au premier tour, je ne vous cache pas qu'il y avait évidemment beaucoup d'adhérents Rassemblement National.

1:31
Auditeur

Sauf que vous voyez, Jean-Philippe Tanguy, la mécanique qui est en train de se mettre en œuvre. Il y a quelques instants, à votre place, Manuel Bompard continuait d'évoquer ce qu'il appelle un front antifasciste. Est-ce que vous ne craignez pas que, comme au moment des législatives en 2024, entre les deux tours, une mécanique se mette en place, un front anti-Rassemblement National se mette en place et vous empêche de confirmer ce qui apparaît effectivement comme des bons résultats de premier tour ?

1:54
Jean-Philippe Tanguy

On voit bien que l'excédémeau de M. Bompard vise à cacher ses propres problèmes. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, c'est elle et fille qui est rejetée par une majorité de Français, une majorité de la gauche aussi, pour des raisons très hypocrites, parce que les communistes et les écologistes n'ont rien à envier sur le programme aux Insoumis. Donc tout ça est très hypocrite et c'est parce que les socialistes et leurs alliés veulent sauver des postes. Ce n'est pas du tout pour sauver je ne sais quelle valeur républicaine, ils n'en ont rien à faire, quand il faut sauver leur propre siège à d'autres élections.

Donc non, je ne suis pas très inquiet parce que aussi la qualité de nos têtes de liste sur le territoire permet au contraire de montrer que cette histoire d'antifasciste est complètement grotesque. J'ai même vu que M. Apathy, qui est un adversaire historique, enfin en tout cas un journaliste opposant au Rassemblement National, a déclaré hier dans les médias que c'était complètement grotesque de dire qu'il fallait un front antifasciste contre le Rassemblement National.

2:42
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, vous faites de bons résultats, vous gardez des villes que vous aviez déjà, vous en obtenez de nouvelles, plutôt des petites villes ou des villes moyennes. Vous comptiez beaucoup sur Toulon où votre candidate Laure Lavalette est en balottage favorable, plus de 12 points devant la mer sortante. Mais si on additionne le score de ses deux adversaires, ce n'est pas gagné pour elle.

3:05
Jean-Philippe Tanguy

Ah mais de toute façon, c'est que là, mais gagner une élection, mais en tout cas, il y a une vraie dynamique. Bon, hier, on gagne quand même en alliance Nice, enfin en tout cas, il y a aussi une très bonne position à Nice. Oui, ce n'est pas gagné encore. Non, ce n'est pas gagné, mais je veux dire, il y a 12 points d'avance, donc il n'y aura plus que quelques villes moyennes. Mais il y a une vraie dynamique, il y a un vrai débat, voilà. Est-ce qu'aussi cette droite, parce que là, en l'occurrence, c'est M. Estrosi et la droite centriste à Toulon, va retourner à ces vieux démons, d'en appeler au soutien de la gauche et tout trahir pour essayer de sauver leur poste ? C'est intéressant.

Vous voyez, hier, M. Sarkozy, à Menton, a raconté absolument n'importe quoi. C'est-à-dire que pendant des semaines, Louis Sarkozy disait, oui, cette vieille droite ringarde qui crie au fascisme, surtout à n'importe quoi. Hier, il a fait pareil. Bon, donc finalement, Louis Sarkozy finit comme l'UDF ou les macronistes.

3:49
Auditeur

C'est un peu pathétique. Vous citez la droite. Jordan Bardella, le président du Rassemblement National, hier soir, dans son discours, a tendu la main à ce qu'il appelle la droite sincère. C'est quoi la droite sincère, Jean-Philippe ? C'est tout simple.

4:01
Jean-Philippe Tanguy

C'est la droite qui ne s'est pas compromise avec le macronisme, voire la gauche, pour continuer.

4:05
Auditeur

Donc c'est qui, par exemple ?

4:06
Jean-Philippe Tanguy

Ce n'est pas forcément des endroits très connus. Non, mais parce qu'à Reims, par exemple, nous sommes deuxième et il y a une liste d'hiver droite qui fait un bon score. Donc ça, c'est la droite sincère. C'est une droite d'opposition. À Marseille, par exemple. Vous n'avez pas l'air content de ma réponse.

4:20
Auditeur

Est-ce que Martine Vassal, c'est la droite sincère ? Comment ?

4:22
Jean-Philippe Tanguy

Est-ce qu'à Martine Vassal, à Marseille, c'est la droite sincère ? Eh bien, on va voir quel choix est fait. Est-ce qu'elle choisit de sauver le macronisme à 12% à Marseille ? Ou est-ce qu'elle choisit l'intérêt des Marseillais ? Avec Franck Alizio, qu'elle connaît bien, parce que Franck Alizio vient du RPR. Donc, Mme Vassal, si vous voulez. Bon, elle en était quand même à faire barrage au Rassemblement National au nom du maréchal Pétain. Donc, si on en est là avec la droite... Mais donc, vous lui tendez la main ce matin à Martine Vassal ? Oh, bah, de toute façon, c'est fait. Je crois que Franck Alizio lui a tendu la main pendant toute la campagne.

Donc, je vous dis, c'est au nom de ce refus de la main, d'accepter le travail avec Franck Alizio, que Martine Vassal a fait son dérapage sur la devise de Pétain. Parce que moi, je suis un peu fatigué, on s'est couché tous très tard. Travail chez Amie Patrie. Oui, mais j'ai pas envie de la prononcer, moi.

5:09
Présentateur

Je n'ai pas particulièrement non plus. Non, non, je le sais, mais vous êtes journaliste. Moi, je suis politique. On ne peut pas ne pas parler de Paris, évidemment, où votre candidat, Thierry Mariani, a fait 1,6%. Comment vous qualifiez sa performance ?

5:24
Jean-Philippe Tanguy

C'est-à-dire que Mme Cnafot a fait un mensonge auprès des électeurs leur disant qu'il fallait, comment dire, diviser les patriotes pour faire gagner la droite à Paris. Bah, elle a divisé les patriotes et elle va faire perdre la droite à Paris. Donc, c'est de la faute des autres. Mme Cnafot, c'est la faute d'Hidalgo. Donc, c'est de la faute des autres. Non, mais j'ai pas dit que... Thierry Mariani a fait une campagne formidable. Non, mais écoutez, monsieur Duhamel, je n'ai pas dit ça. Mais je reprends ce qui a été dit comme argument. Est-ce que Mme Cnafot a dit, il ne faut pas voter pour M. Mariani, il faut voter pour moi, et comme ça, la droite va gagner ? Oui ou non, elle l'a dit.

Une fois qu'elle a menti aux électeurs, maintenant, elle va faire perdre Mme Dati. Voilà, donc elle a menti. Nous, on n'a jamais menti. On a dit, il faut des électeurs, il faut une représentation patriote à Paris. Mais elle avait fait pareil à la présidentielle, en faisant, avec M. Zemmour, en voulant faire élire M. Mélenchon deuxième tour, faisait passer M. Mélenchon deuxième tour. C'est toujours la même stratégie avec Reconquête. C'est l'union des droites, et à la fin, c'est la victoire du PS.

6:08
Auditeur

Ça finit donc à 1,6% pour votre candidat. Un électeur du RN, il fait quoi au second tour à Paris ? Je rappelle qu'on a appris tout à l'heure que Sarah Cnafot était en mesure de se maintenir au second tour. Il fait quoi, l'électeur RN à Paris ?

6:21
Jean-Philippe Tanguy

Il fera bien ce qu'il veut, mais je pense qu'il fera barrage à la gauche, vu que la gauche à Paris est une gauche irresponsable, multipliant les impôts, l'enfer pour les entreprises.

6:31
Présentateur

Et c'est quoi faire barrage à la gauche, en l'occurrence ? C'est voter Rachida Dati ?

6:35
Jean-Philippe Tanguy

Je pense que nos électeurs feront bien ce qu'ils veulent. Vous savez, nous, on est pour la liberté des électeurs, mais je pense qu'ils en tireront les conséquences. Quand on vit à Paris, quand on voit, c'est même pire que les socialistes, puisque c'est les communistes et les verts qui font la loi. Mais vous, vous seriez électeur à Paris, vous voteriez pour qui au second tour ? Moi, j'ai toujours fait barrage à la gauche à Paris.

6:55
Auditeur

Mais donc Sarah Cnafot ou Rachida Dati ? Comment ? Vous voteriez Sarah Cnafot ou Rachida Dati ?

7:00
Jean-Philippe Tanguy

Ah bah, ça sert à rien de voter pour Sarah Cnafot.

7:02
Présentateur

Je crois que c'est clair.

7:03
Jean-Philippe Tanguy

Donc voilà, c'est assez clair.

7:05
Présentateur

Alors, Lyon, autre ville symbolique. Votre candidat, là, n'est pas en mesure de se qualifier au second tour. Qui opposera ce second tour ? Le maire écologiste sortant Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas. Alors que la candidate insoumise a proposé une fusion au maire sortant. Qu'est-ce qu'il fait ? Là encore, même cas de figure, les électeurs RN à Lyon, il fait barrage à la gauche en votant pour Jean-Michel Aulas ?

7:29
Jean-Philippe Tanguy

Et ils sont libres, nos électeurs sont libres. M. Dupalais, hier, qui a fait un bon score pour Lyon, a bien redit la liberté de nos électeurs. Ça, c'est un peu facile, Jean-Pierre Toguay,

7:38
Auditeur

quand on est au lendemain du premier tour dans une grande ville comme Lyon.

7:42
Jean-Philippe Tanguy

Non, c'est pas facile, M. Duhamel. Non, on est pour la liberté de nos électeurs. On l'a toujours été.

7:45
Auditeur

Ça a toujours été notre position. Donc, ça veut dire que Grégory Doucet ou Jean-Michel Aulas, c'est la même chose à Lyon ?

7:50
Jean-Philippe Tanguy

Non, c'est pas que c'est la même chose. Moi, on pense, évidemment, le plus grand mal de M. Doucet, mais les électeurs ne suivent pas les consignes. Et d'ailleurs, ils ont raison de ne pas le faire. Donc, nous, on le dit pour toutes les élections, en démocratie, les gens sont adultes, ils n'ont pas besoin d'une nounou, ils savent très bien quoi faire

8:03
Auditeur

s'ils ont envie de faire barrage à la gauche. Si on prend un peu de recul sur ces résultats de premier tour, Jean-Philippe Tanguy, et on en parlait tout à l'heure avec non seulement François Hollande, mais aussi Manuel Bompard, ce qui apparaît malgré tout, c'est une percée de la France insoumise dans un certain nombre de communes. Comment est-ce que vous analysez ces scores de LFI, alors que vous avez fait partie, vous, au Rassemblement National, de ceux qui ont mené une campagne très dure contre Jean-Luc Mélenchon et contre les arguments insoumis utilisés pendant cette campagne de premier tour ? C'est très simple, on utilise des arguments durs,

8:36
Jean-Philippe Tanguy

non pas parce que les insoumises sont inefficaces, mais parce qu'ils sont, on estime, dangereux pour la France. Donc nous, si on pensait que la stratégie de M. Mélenchon ne faisait pas de voix, on ne la combattrait pas de manière aussi frontale. Est-ce que c'est une surprise pour vous de voir ce score ? Non, ce n'est pas du tout une surprise. Déjà, si on prend l'échelle de la France, il ne faut pas non plus exagérer, c'est quand même très limité à certains territoires ou à certaines villes, mais dans ces villes, effectivement, ça peut être impressionnant, voire inquiétant.

Je pense à Roubaix, où notre candidate Céline Saïa a fait une campagne très courageuse, très difficile, et on voit bien que c'est la faillite du centre. C'est la faillite du centre ou du centre droit qui, malgré ces fortes compromissions avec le clientélisme à Roubaix, est dépassée par des forces qui sont dangereuses pour la République. Donc vous voyez comme quoi, faire des compromissions et faire du clientélisme électoral à Roubaix ou ailleurs, ça amène à la victoire de l'original, à savoir les insoumis.

9:21
Présentateur

Vous êtes aussi l'acteur de cette polarisation avec ce cordon sanitaire que vous avez repris à votre compte pour bloquer la France insoumise. Vous faites partie de cette stratégie ?

9:31
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais nous on assume totalement que ce sont des gens dangereux pour nos territoires, par la politique qu'ils revendiquent, par un certain nombre de slogans qu'ils revendiquent, par des jeux de mots et un humour scandaleux.

9:42
Présentateur

Oui, mais vous semblez déplorer la faillite du centre. C'est vous qui polarisez les débats ?

9:46
Jean-Philippe Tanguy

Ce n'est pas que je la déplore, c'est que vous et la France insoumise ? On l'avait analysé, on l'avait anticipé. À Roubaix, on connaît bien, avec Sébastien Chenu dans le Nord, on l'avait dénoncé au régional où le régime sortant avait des politiques clientélistes avec un certain nombre d'associations qui ne méritent pas le terme d'association, qui sont dans le communautarisme le plus anti-républicain. Mais à la fin, c'est toujours l'original qui gagne, malheureusement, y compris dans le pire. Nous, on est très inquiets pour un certain nombre de territoires qui sont des territoires perdus pour la République, ce qui avait été théorisé par Marine Le Pen depuis très longtemps.

Et c'est grave, et ça a passé aussi à Marseille, parce que je trouve que ce qui s'est passé à Marseille, c'est-à-dire des bureaux de vote qui ouvrent à 8h30 au lieu de 8h, où il manque des bulletins, et tout le monde trouve ça parfaitement normal, et personne ne dit rien, alors que c'est le maire sortant qui est responsable. Monsieur Payan...

10:32
Auditeur

Je crois, Jean-Philippe Tanguy, que là, s'il y a des plaintes, il y en a, elles sont examinées...

10:37
Jean-Philippe Tanguy

Elles sont examinées depuis très longtemps à Marseille, et ça donne toujours lieu à rien du tout. Donc hier soir, hier matin, il y a des bureaux de vote qui n'ont pas été ouverts à l'heure par la municipalité de Monsieur Payan, et il s'appelle, soi-disant, républicain. Avec des républicains pareils, on n'a pas besoin d'un soumis à Marseille.

10:50
Auditeur

Juste sur la ville de Roubaix que vous évoquiez il y a un instant. Vous avez effectivement une candidate qui est aux alentours de 12%, qui est donc en capacité de se maintenir. Là encore, si on a bien entendu pendant la campagne Jordan Bardella qu'il souhaite faire barrage à l'extrême-gauche, est-ce que ça veut dire qu'à Roubaix, face à David Guéraud qui, lui, est en tête avec 47% des voix, est-ce que ça veut dire qu'il faut que le candidat, la candidate du Rassemblement National se désiste pour faire barrage ?

11:18
Jean-Philippe Tanguy

Absolument pas. Se désister, c'est une insulte aux électeurs. Pardon, Mme Saïa, pendant toute la campagne, a appelé au Rassemblement des Bonnes Volontés. Je constate que les autres ne veulent pas parce qu'en fait, ils ne veulent pas faire opposition aux Insoumis sans fiche, ils veulent sauver leur siège. Mais il est hors de question de se désister parce que c'est méprisé à la démocratie. Et vous le savez, M. Duhamel, on l'a dit aux élections législatives. On a dit que quand nos adversaires se désistaient pour faire battre le Rassemblement National, c'était le mépris des électeurs. Donc on ne va pas changer d'avis. On ne change pas d'avis.

Par contre, on est évidemment disponible pour le Rassemblement pour faire barrage aux Insoumis quand ils peuvent gagner. Mais j'ai l'impression que nos adversaires ne veulent pas tendre la main. Ils veulent seulement sauver leur siège. Mais c'est parce qu'ils ne sont pas sincères dans leur combat. Moi, je le vois à Amiens où M. Djanlis, hier, a proposé le Rassemblement de toutes les listes avec Damien Toumi à Amiens. Puis finalement, dans la soirée, il a changé d'avis et il demande que tout le monde se désiste pour sauver son siège. Donc tous ces gens sont un peu pathétiques.

12:10
Présentateur

Merci, Jean-Philippe Tanguy. Merci à vous. Bonne journée. Au micro de France Inter, ce matin, Brice Teinturier est en train de s'installer.