VIDÉO - Dix ans de l'attentat de Nice : "J'ai découvert ce que veut dire silence de mort", se souvient Christian Estrosi
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13OuverteRéponse directe
Où et comment avez-vous appris ce qui se passait ce soir-là sur la promenade des Anglais ?
- 1:19OuverteRéponse directe
Comment vous avez compris réaliser l'inconcevable ?
- 1:59OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous ressentez à ce moment-là précis ?
- 3:17OuverteRéponse directe
Est-ce que vous savez par exemple si vos proches sont en sécurité ?
- 4:11OuverteRéponse directe
Cette émotion est-elle toujours aussi présente aujourd'hui Christian Estrosi ? Est-ce qu'elle est la même ?
- 5:05FerméeRéponse partielle
Vous n'avez jamais trouvé le courage de venir jusqu'à ce jour ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« au moment même où le barbare engageait sa course au folle à partir de l'hôpital de l'Anval »
- 1:44Invité politiqueFait
« ça ne peut pas se faire tout seul, qu'il doit y avoir des complices »
- 2:04Invité politiqueFait
« Une horreur au fond de moi-même, surtout qu'il ne m'a pas fallu plus de 5 minutes pour me rendre dans le PC de l'hôtel de ville »
- 2:24Invité politiqueFait
« et qui aujourd'hui encore font que m'arrive au milieu de la nuit de me réveiller et de revoir ces images au fond de moi-même »
- 3:20Invité politiqueFait
« La première chose que j'ai le devoir de faire c'est d'abord de m'occuper de l'état de la ville »
- 4:27Invité politiqueFait
« pendant dix ans je les ai portées, pendant dix ans j'ai partagé »
- 5:55Invité politiqueFait
« de trouver l'unanimité pour qu'elles choisissent elles-mêmes plutôt que la précipitation »
- 7:30Invité politiqueFait
« et puis d'un coup je découvre au moment où il n'y a plus que des cadavres recouverts de draps sur la promenade des Anglais ce que veut dire l'expression silence de mort »
- 8:15Invité politiqueFait
« oui naturellement c'est bien pour cela qu'on est toujours à la recherche »
- 8:41Invité politiqueFait
« mais je les réclame aussi et d'ailleurs nous nous étions constitués partie civile nous-mêmes Ville de Nice à l'époque »
- 9:10Invité politiqueFait
« avec la même douleur que la première commémoration »
- 9:54Invité politiqueFait
« qui a été même projeté sur le Corcovado à Rio de Janeiro notre ville jumelle »
Temps de parole
- Christian Estrosi80 %
- Présentateur20 %
≈ 0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Dix ans après l'attentat de la promenade des Anglais à Nice, notre émission spéciale se poursuit ce matin avec l'invité de la rédaction Jolie Munch, Christian Estrosi. Bonjour Christian Estrosi. Bonjour. Vous étiez à l'époque non pas maire mais adjoint en charge de la sécurité. Où et comment avez-vous appris ce qui se passait ce soir-là sur la promenade des Anglais ?
D'abord sur la promenade des Anglais où je me trouvais et où je venais de quitter la fin du feu d'artifice pour me rendre auprès d'une célèbre terrasse niçoise où je devais saluer l'artiste Bono qui se trouvait là pour le saluer dans notre ville ce soir de fête. Et au moment même où le barbare engageait sa course au folle à partir de l'hôpital de l'Anval, la direction de la police municipale me signalait ce véhicule fou qui rentrait dans le périmètre en dehors et qui commençait sur le trottoir sud de la promenade des Anglais à effectuer son massacre tel qu'aujourd'hui chacun le rappelle et le remémore à chacun.
On l'imagine à ce moment-là les informations sont assez partielles, ça vient de se produire. Comment vous avez compris réaliser l'inconcevable ?
J'ai compris que nous étions confrontés à un événement qui ne pouvait relever pas simplement d'une folie mais de quelque chose de très structuré, de très pensé. Alors la première chose qu'on se dit c'est que ça ne peut pas se faire tout seul, qu'il doit y avoir des complices. En même temps tout de suite on me dit il se passe des choses à la quartière, il se passe des choses, il se passe la sénat.
Vous cherchez à comprendre, mais qu'est-ce que vous ressentez à ce moment-là précis ?
Une horreur au fond de moi-même, surtout qu'il ne m'a pas fallu plus de 5 minutes pour me rendre dans le PC de l'hôtel de ville qui était à côté pour qu'on me transmette les images qui me venaient du centre de supervision urbain et qui était insoutenable et absolument insoutenable et qui aujourd'hui encore font que m'arrive au milieu de la nuit de me réveiller et de revoir ces images au fond de moi-même et hélas elles ne me quitteront jamais mais en même temps je savais que j'avais le devoir de porter à la fois des victimes, de porter des intervenants, d'être aux côtés des policiers, des soignants et qu'il fallait à ce moment-là se concentrer sur une seule chose c'était organiser la cité et surtout essayer de savoir s'il y avait des risques de généralisation dans la ville d'autres complicités qui pouvaient prolonger cette tragédie en dehors de la promenade des Anglais.
Et au-delà de l'élu, comment le niçois, mari, père de famille perçoit les choses au plus profond de lui-même à ce moment-là ? Est-ce que vous savez par exemple si vos proches sont en sécurité ?
La première chose que j'ai le devoir de faire c'est d'abord de m'occuper de l'état de la ville c'est mon devoir la deuxième c'est de téléphoner à mes deux grandes filles dont je ne sais pas ce soir-là où elles sont et je suis rassuré parce qu'elles étaient à l'extérieur de Nice sur l'école niçoise et ensuite d'aviser mon épouse qu'allait apparaître sur tous les écrans de France ce qu'il se passait à Nice et que naturellement j'étais en situation d'agir sans être une victime directe.
En juillet 2017, dans ce même studio on vous a senti encore très affecté au bord des larmes cette émotion est-elle toujours aussi présente aujourd'hui Christian Estrosier ? Est-ce qu'elle est la même ?
il m'arrive de me retrouver chaque année à cette confrontation avec la commémoration de rassembler les familles pendant dix ans je les ai portées pendant dix ans j'ai partagé il y a des gens qui viennent pour des commémorations puis il y a ceux qui ont été en charge jusqu'à ce jour et il m'est arrivé quelquefois dans ce tête-à-tête avec certains qui me racontent chaque victime vivant à sa manière son drame et sa tragédie d'avoir une émotion au fond de moi-même et de me dire que ça pourrait être mon fils, ma fille un de mes proches parce que c'est disant au fond là où certains sont venus certains sont venus pour la première fois hier
Vous n'avez jamais trouvé le courage de venir jusqu'à ce jour ?
Ou j'avais trouvé le courage ou alors tout simplement on commençait à s'y intéresser plus institutionnellement parce que c'était la dixième commémoration personnellement je l'ai vécu pendant dix ans jusqu'à rentrer dans la tête des victimes parce qu'on sait que si on ne rentre pas dans leur conscience on ne peut pas comprendre et ça aussi c'est quelque chose que j'ai appris des victimes psychologiquement c'est quelque chose de très fort de très puissant par exemple le choix de l'oeuvre de fond d'un carreau vous avez vous-même une première idée en disant il va falloir faire un mémoriel comme ceci comme ça puis vous vous rendez compte que elles ne partagent pas toutes le même avis j'ai préféré prendre le temps c'est-à-dire près de cinq ans de trouver l'unanimité pour qu'elles choisissent elles-mêmes plutôt que la précipitation
il est 7h53 sur ICI Azure Christian Estrosi ancien maire de Nice est l'invité d'ici matin à l'époque vous étiez adjoint en charge de la sécurité mais en tant que maire vous avez connu en fait deux attentats qui ont endeuillé Nice le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais et le 29 octobre 2020 l'attentat de la basilique Notre-Dame une attaque au couteau qui a fait trois victimes deux drames comment Christian Estrosi on arrive à surmonter psychologiquement tout ça en étant aux responsabilités
des tragédies j'en ai géré même au-delà de notre propre municipalité en tant que ministre j'en ai géré notamment à l'outre-mer j'en ai géré à l'aménagement du territoire est-ce que c'est la même chose ? lorsque vous allez sur les lieux d'un séisme en Martinique
c'est Nice, c'est votre ville
mais quand c'est dans votre ville et que vous avez une scène de guerre dans votre ville naturellement même si vous avez déjà été confronté dans votre vie à des événements durs et dramatiques qu'il a fallu organiser gérer dans les secours pour moi qui suis né ici vous savez la promenade des Anglais depuis ma naissance en tout cas depuis mes souvenirs les plus lointains je l'ai toujours connu avec des bruits de la vie une voiture deux voitures dix voitures même à trois heures du matin et puis d'un coup je découvre au moment où il n'y a plus que des cadavres recouverts de draps sur la promenade des Anglais ce que veut dire l'expression silence de mort c'est dans sa ville quelque chose de terrifiant et encore une fois ces images pendant dix ans je les ai partagées avec ces victimes et aujourd'hui plus que jamais on a un devoir de transmission vis-à-vis d'elles
vous étiez adjoint au maire en charge de la sécurité justement à propos de la sécurité ce soir-là le maire de l'époque Frilp Pardal a déclaré lors du premier procès dire que tout a fonctionné serait une insulte à la mémoire de ceux qui ont perdu la vie à la mémoire des victimes est-ce que vous êtes sur la même ligne ?
oui naturellement c'est bien pour cela qu'on est toujours à la recherche même si un attentat terroriste est de même nature ou d'autres natures comme les World Trade Center à New York le London Bridge ou le Westminster Bridge à Londres le marché de Noël à Strasbourg
vous comprenez ces victimes qui aujourd'hui réclament des réponses et veulent un procès ?
mais je les réclame aussi et d'ailleurs nous nous étions constitués partie civile nous-mêmes Ville de Nice à l'époque ça nous avait été contesté par le parquet alors que ça avait été admis dans un premier temps
et vous êtes cité comme témoin dans une information judiciaire
qui est toujours en cours nous en avons tous besoin
aujourd'hui tous besoin je voudrais qu'on termine là-dessus Christian Estrosi pour les 10 ans il y a une cérémonie d'hommage donc ce soir place Masséna comment vous appréhendez ce moment ?
avec la même douleur que la première commémoration je vous rappelle que j'avais déclaré la sanctuarisation avec un deuil d'un an sur la promenade des Anglais lorsque nous avons eu la tragédie de 2016 pour la requalifier aujourd'hui elle n'a pas la même configuration j'espérais que ça provoque une certaine résilience et ce que je trouve d'extraordinaire chez les Niçois et chez les Niçois c'est qu'effectivement ils se sont réappropriés comme nos visiteurs dont beaucoup d'ailleurs qui sont des personnalités fortes des chefs d'état des artistes et des hommes des femmes de culture de sport qui ont porté ce high love nice dans le monde entier qui a été même projeté sur le Corcovado à Rio de Janeiro notre ville jumelle nous avons réussi à susciter cette résilience qui montre que nous sommes toujours debout et forts pour dire au terrorisme que quel que soit ce qu'il est tenté de faire un 14 juillet jour d'une fête nationale à Nice et bien nous sommes capables d'être forts parce que nous sommes rassemblés et ce 14 juillet aujourd'hui 10 ans plus tard je pense que nous avons une exigence c'est d'être plus rassemblés que jamais
et ce message vous le passez sur ICI Azur ce matin Christian Estrosi ancien maire de Nice invité de la rédaction bonne journée
merci bonne journée
Christian Estrosi