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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 23 décembre 2024 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Crise politique ou crise de régime ? - C dans l’air - l’invité - 23.12.2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que nous sommes dans une crise de régime ou juste dans une crise politique?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Ca veut dire que nos institutions ne résistent pas à cette nouvelle donne politique?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Ca veut dire que ça peut déboucher sur une crise institutionnelle, sur une colère sociale, sur quoi?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est un homme affaibli? Est-ce que vous pensez que dans le cas d'un échec de F.Bayrou, la question de son maintien à son poste serait davantage posée qu'elle ne l'est aujourd'hui?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous craignez un embrasement social?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00P.DuhamelFait
    « Je ne suis pas spécialiste de la voile, mais de force 7, le maximum. »
  • 3:00P.DuhamelChiffre
    « Il y en a eu 4 en un an. »
  • 5:00P.DuhamelFait
    « Le 9 juin, le risque, c'est d'avoir le Rassemblement national. »
  • 7:00P.DuhamelChiffre
    « Les candidats LR et du socle commun... Ils sont actuellement 4 ou 5. »
  • 9:00P.DuhamelChiffre
    « 9 Français sur 10 qui sont inquiets de la situation économique »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

france.tv access ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue dans "C dans l'air". Mon invité ce soir est P.Duhamel.

Bonsoir. Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes journaliste, essayiste.

Vous avez signé un documentaire sur la dissolution. C'est disponible gratuitement. La France n'a toujours pas de gouvernement.

Il paraît que ça arrive dans l'heure qui vient. Les Français sont plongés depuis juillet dans une sorte de vaudeville politique interminable. Est-ce que nous sommes dans une crise de régime ou juste dans une crise politique? - P.Duhamel: Juste dans une crise politique, mais de dernier stade.

Je ne suis pas spécialiste de la voile, mais de force 7, le maximum. S'il y a une censure rapide, dans les 6 mois qui viennent, du gouvernement Bayrou, on passera à la crise de régime parce qu'il n'y aura plus de solution. - C.Roux: Ca veut dire que nos institutions ne résistent pas à cette nouvelle donne politique? - P.Duhamel: Pour l'instant, elles résistent, mais elles résisteront difficilement à des changements de gouvernement tous les 6 mois.

Il y en a eu 4 en un an. Ce n'est pas le record de la IVe République, mais il y en a eu 4. Vous avez 3 instruments majeurs de la Constitution, le fameux 49-3, la possibilité pour l'opposition de censurer et la possibilité pour le président de dissoudre.

Ces 3 instruments majeurs de la gestion de la politique française par l'exécutif ou par les oppositions sont remis en cause actuellement. On a vu la non-censure, pas de 49-3...

Le président dit: "Je voudrais ne pas dissoudre jusqu'à la fin..." Ca prouve qu'il y a une énorme fragilisation, sinon fragilité, des institutions. - C.Roux: Je voudrais vous faire écouter un témoignage signé par un député Liot.

Il était interrogé par France Inter. ... "Trahison", dit-il. - P.Duhamel: Je partage ce qui vient d'être dit.

Je suis absolument stupéfait de ce qu'il se passe. Je ne m'en suis toujours pas remis. - C.Roux: La dissolution? - P.Duhamel: Oui.

Ca fait depuis le début des années 70 que je regarde et que j'observe, d'une manière ou d'une autre, dans des fonctions différentes, le journalisme, la vie politique des institutions et je n'ai jamais assisté à une telle situation. Je pense vraiment...

C'est la décision la plus invraisemblable et la plus dangereuse de toutes les décisions politiques de la Ve République, quelles qu'elles soient. - C.Roux: Ca veut dire que ça peut déboucher sur une crise institutionnelle, sur une colère sociale, sur quoi?

Quel est le scénario catastrophe? - P.Duhamel: En 97, Chirac, quand il dissout, le risque, c'est d'avoir Jospin.

Le 9 juin, le risque, c'est d'avoir le Rassemblement national. C'était un danger immédiat. - C.Roux: J.-L.Mélenchon fait ce pronostic.

Il dit: "Ca se terminera entre le RN et nous." Il y a cette polarisation de la vie politique. Il y a une forme d'échec du bloc central à travailler ensemble? - P.Duhamel: C'est le risque.

S'il y avait une présidentielle anticipée courant 2025, les candidats LR et du socle commun...

Ils sont actuellement 4 ou 5. Ils ne se seront pas mis d'accord en quelques mois pour avoir un seul candidat. Le risque, c'est la possibilité d'avoir un tête-à-tête.

Chacun veut aller vite parce qu'ils pensent que c'est leur seule chance de gagner. M.Le Pen pense qu'elle gagne face à J.-L.Mélenchon et J.-L.Mélenchon pense que la seule possibilité pour lui de gagner, c'est d'être face à M.Le Pen. - C.Roux: Les 2 jouent un calendrier accéléré.

Je voudrais qu'on parle d'E.Macron, celui qui a pris la décision de la dissolution. On a lu les récits dans "Le Monde" d'un homme assez isolé, d'une ambiance de fin de règne au château...

Est-ce que c'est un homme affaibli? Est-ce que vous pensez que dans le cas d'un échec de F.Bayrou, la question de son maintien à son poste serait davantage posée qu'elle ne l'est aujourd'hui? - P.Duhamel: Ce que l'on sait de son caractère, de sa personnalité et de sa psychologie, ce n'est pas un homme qui pourrait décider à la hussarde de démissionner.

Ce n'est pas du tout le général de Gaulle, qui dit que s'il perd le référendum, il s'en va. Il y a une situation où le Premier ministre, qui sont censurés les uns après les autres...

La prochaine fois, il va nommer qui? B.Cazeneuve?

Si ça ne marche pas, il se retrouve sur le champ de tir et pas du bon côté. Affaibli, évidemment. - C.Roux: Isolé? - P.Duhamel: Les présidents sont toujours isolés, seuls au moment de prendre les grandes décisions, mais là, il est seul presque au-delà de toutes les grandes décisions, un peu dans la vie politique quotidienne.

Il y a une chose que j'ai du mal à comprendre. On parle de toutes les solutions présidentielles anticipées...

Il y a une solution qui n'est pas macronienne, c'est qu'il accepte de bouger un peu sa politique économique et sociale. Son credo est de dire...

Il nomme Barnier pour ça, F.Bayrou pour ça, mais il ne veut pas qu'on touche à ses fondamentaux. - C.Roux: Notamment la réforme des retraites. - P.Duhamel: Pourquoi ne pas accepter de modifier, sinon de fond en comble, mais sur certains points importants, ses fondamentaux.

Pourquoi? Il n'y a pas de raison. - C.Roux: C'est ce qui restera de son bilan. - P.Duhamel: Quand de Gaulle est arrivé en 1958, il a fait l'Algérie indépendante un an plus tard.

Chirac est passé de la gauche du programme commun au centre gauche avec M.Rocard. Tous les grands présidents... - C.Roux: Changent d'avis. - P.Duhamel: Ils peuvent évoluer en fonction des résultats. - C.Roux: Est-ce qu'il peut tenir 3 mois? - P.Duhamel: C'est long.

On va voir ce qu'il se passe... - C.Roux: Ce qu'il se passe, c'est la nomination d'un gouvernement. - P.Duhamel: La suite de la nomination d'un gouvernement où il y aura peut-être 1 ou 2 surprises, mais ce sera une coalition avec plus d'incarnations, des personnalités. - C.Roux: On va en parler dans un instant avec les experts de "C dans l'air".

On attend ce gouvernement aux alentours de 18h30-19h. Tout ça ne se passe pas hors-sol. Il y a un contexte, un climat économique avec une France à la veille d'un hiver budgétaire, avec 9 Français sur 10 qui sont inquiets de la situation économique, le Medef et les syndicats de salariés qui ont envoyé un courrier à E.Macron. - P.Duhamel: C'est un événement assez peu médiatisé alors que c'est un événement majeur.

C'est inédit. - C.Roux: Ils appellent à un cap politique avec des banques françaises dont la note a été dégradée.

Est-ce que vous craignez un embrasement social? - P.Duhamel: C'est très difficile.

J.Fourquet, le grand spécialiste de ces sujets...

Ce serait très prétentieux de ma part de répondre. Ce que je ressens, c'est de l'indifférence totale. C'est ce que je trouve terrible.

On a l'impression que les gens, ça ne les intéresse pas. C'est des histoires parisiennes... - C.Roux: Tout ce qu'on est en train de commenter? - P.Duhamel: Ce n'est pas leur sujet alors que c'est le gouvernement de la République française. - C.Roux: Vous avez l'air dépité. - P.Duhamel: Je suis affligé.

Je suis toujours passionné, mais affligé. Et le fait qu'il ne donne pas le sentiment d'avoir compris le message des Français. Lui d'abord, et le fait que les politiques, pour la plupart d'entre eux, ne sont pas à la hauteur de la crise. - C.Roux: Merci beaucoup. - P.Duhamel: Désolé d'être un peu triste à la veille de Noël.