Depuis le Brésil au G20, intervention du Président Emmanuel Macron sur le développement durable.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
la présidente Van der Leyen vient de rappeler une série d'agendas et de critères auxquels je souscris pleinement. Je veux ici insister sur le fait que, en effet, nous nous sommes engagés lors de la COP 28, d'une part à tripler la capacité des énergies renouvelables, d'autre part à doubler le taux annuel d'amélioration de l'efficacité énergétique d'ici à 2030. Et ces 2 objectifs sont absolument essentiels pour réussir à être sur la route de la neutralité carbone 2050. En parallèle, évidemment, ceci doit être complété par une stratégie nucléaire. Plusieurs d'entre vous l'ont évoqué.
Les rapports, très clairement, du GIEC indiquent qu'il faut une stratégie d'efficacité énergétique, de renouvelables et de nucléaires pour pouvoir obtenir les résultats qui sont les nôtres. Le grand défi des prochaines années, c'est de pouvoir sortir du charbon. Et plusieurs, aujourd'hui, autour de la table, sont dépendants de cette source de production d'électricité. Et donc, il faut investir massivement. Et là aussi, autour de la COP 28, nous avions commencé à mettre en place les mécanismes pour, d'une part, rediriger les investissements nouveaux du charbon vers ou le gaz, qui est l'énergie de transition, ou le renouvelable, encore mieux, et le nucléaire.
Mais il y a tout un travail de la communauté internationale, argent public et argent privé, mobilisant d'ailleurs le FMI, la Banque mondiale et les investisseurs privés, pour convertir les capacités de charbon existantes. Parce qu'on va avoir beaucoup d'actifs qui n'auront plus de valeur dans cette transition et qu'il faut pouvoir convertir pour les pays à revenus intermédiaires et les pays en développement. Et sur le chemin critique qui est le nôtre, c'est une action commune, en plus de tout ce qui a été déjà évoqué, sur laquelle je voulais insister. Ces différents éléments sont clés pour être donc au rendez-vous de la neutralité carbone 2050.
Mais nous savons que la bataille pour réduire nos émissions de CO2 et arriver à la neutralité carbone 2050 est totalement jumelle de la bataille pour la biodiversité. Parce que, d'abord, ce sont des équilibres d'écosystèmes, parce que la biodiversité subit les conséquences du dérèglement climatique, mais parce que nous avons aussi, dans notre bataille pour la biodiversité, des solutions de capture du carbone naturel, dans nos forêts, dans nos océans ou autres. Et donc, j'insiste sur le caractère complètement jumeau de ce combat.
Et je veux ici vraiment dire que, pour nous, le cadre qui a été bâti de Kunming à Montréal est celui qui doit faire froid et sur lequel nous devons, aujourd'hui, délivrer des résultats. Protection des aires marines terrestres, protection des aires marines, pardon, et terrestres, et donc capacité à avoir des stratégies de protection de nos écosystèmes. A ce titre, ça a été dit par plusieurs, dont le président d'Indonésie, Prabowo Suyanto, la question des forêts, des forêts primaires, est clé. Et je le dis ici, président Lula, où vous avez un rôle extrêmement important pour protéger l'Amazonie, et je veux vous en remercier.
La France est aussi une puissance amazonienne avec le territoire guyanais, mais toutes ces forêts primaires, qu'il s'agisse de l'Amazonie, des forêts du bassin du fleuve Congo, des forêts, justement, indonésiennes, des mangroves d'Asie du Sud-Est. On a là un cordon, qui est un véritable trésor, parce que c'est un puits de carbone, mais c'est aussi une réserve de carbone irrécupérable.
Et on a là, dans ces forêts qui représentent à peu près 14% de la surface du globe, à la fois les 3 quarts du carbone irrécupérable qu'il y a sur la Terre, et donc à chaque fois qu'on les brûle ou qu'on les détruit, on libère du carbone qui nous fait reculer de plusieurs cases en matière de lutte contre les émissions de CO2, et on a plus de 90% des écosystèmes des espèces identifiées. Et donc, là-dessus, l'agenda de lutte contre la déforestation et de protection de nos forêts est absolument essentiel.
Et je veux dire que ce qu'on a lancé ces derniers mois avec nos collègues britanniques, plusieurs autres autour de la table, et qui doit aboutir pour la COP de Belém, mais très important, c'est la valorisation de la préservation des forêts, et en particulier d'avoir des crédits biodiversité qui permettent de valoriser cela, et je veux saluer l'engagement depuis plusieurs années sur ce sujet de la Norvège et de l'Allemagne aussi à nos côtés.
Un autre défi, c'est celui des océans, là aussi parce que ce sont des réserves et de capture carbone et de biodiversité, et donc nous devons augmenter notre ambition collective pour protéger et restaurer nos océans, notamment en nous engageant, et je veux ici insister, à la ratification de l'accord sur la haute mer, dit BBNJ. Une des très grandes avancées des derniers mois sous l'égide des Nations unies a été de signer enfin cet accord qui permet de donner des règles pour la haute mer. Il était attendu depuis des décennies. La France aura le privilège d'accueillir la conférence des Nations unies sur les océans.
Je sais combien mon voisin en face, le président Boric, souhaite d'ailleurs accueillir dans son pays, j'y reviendrai dans deux jours, véritablement le pilotage de BBNJ, mais il y a aussi, autour de cette table, plusieurs puissances océaniques. C'est vraiment nous donner des règles pour protéger la haute mer. Si tous autour de la table, on ratifie d'ici juin prochain cet accord, il pourra rentrer en vigueur à partir de juin prochain. Et je pense que c'est un combat très important auquel je vous invite tous. Et puis, le président Corée du Sud l'a évoqué, il y a également la bataille contre la pollution plastique.
A Buzan, il y a un rendez-vous très important pour lutter contre, justement, la pollution plastique. Et je veux saluer votre engagement. Nous devons faire tous les efforts pour aboutir à l'adoption d'un traité international contre la pollution plastique, et cela dès sa production. Parce que nous savons combien la pollution plastique, je dirais que quand elle est déjà en mer, c'est trop tard. Quand elle est déjà déposée dans les décharges près des côtes, c'est trop tard. C'est véritablement une décontamination de toutes nos économies, de l'utilisation du plastique à usage unique et de la production plastique.
Enfin, je voulais insister sur l'agenda polaire aussi, que nous partageons à plusieurs autour de la table. Là aussi, la Norvège a un rôle de leadership, mais il y a plusieurs puissances autour de la table qui ont cet agenda. Et il nous faut, pour véritablement réussir cette transition énergétique et biodiversité, mener sur ce chemin. Tout cela suppose, comme ça a été dit, à la fois des décisions, des investissements publics et privés.
Mais si nous savons nous organiser, c'est tout l'esprit de ce partenariat, de ce pacte de Paris pour les peuples et la planète, nous pouvons articuler un agenda de lutte contre les inégalités, de progrès économique, de lutte pour la biodiversité et contre le réchauffement climatique. Il faut simplement flécher les investissements publics et privés aux bons endroits et réussir sur les 5 à 10 ans qui viennent cette transition. Mais tous ces rendez-vous que j'évoquais et ces choix stratégiques sont clés pour le chemin de notre planète. Merci, Président. Obrigado, Président Macron. Merci, Président Lula. Every problem we are discussing around this table will be made worse over the coming years.
Emmanuel Macron