Cannes : “Il y a peut-être eu trop de films en sélection cette année”
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D'abord une première impression, quel sentiment sur la croisette ?
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Il y avait une ambiance étrange un peu quand même ?
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Laurent, qu'est-ce que vous en avez pensé de cette édition ?
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Est-ce qu'il y avait assez de paillettes ?
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Assez de stars, assez de paillettes ?
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Oui, on peut paraître des enfants gâtés en disant ça, en disant trop de films.
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Encore quelques heures de tapis rouge et de paillettes, ce soir se refermera le festival de Cannes et l'on saura qui décroche la palme d'or, un festival plein de promesses, d'émotions, de retrouvailles surtout après des mois de fermeture des cinémas. Alors on fait nos pronostics ce matin avec trois experts. D'abord je salue Laurent Delmas qui nous a fait vivre cette quinzaine sur Inter. Bonjour Laurent. Bonjour Amélie. En direct de notre studio à Cannes. Juste à côté de vous il y a Christina Piccino, bonjour. Bonjour. Vous commentez le cinéma dans le journal italien et le manifesto et en studio à Paris avec moi Ariel Schweitzer. Bonjour. Bonjour.
Spécialiste du cinéma israélien et vous vous êtes critique au cahier du cinéma. D'abord une première impression, quel sentiment sur la croisette ? La famille du cinéma était heureuse de se retrouver Ariel Schweitzer ?
Oui, surtout après deux ans d'absence de festivals et de salles, on était très heureux de retrouver les collègues et la critique internationale qui a pu enfin se réunir. C'était une édition bizarre.
Il y avait une ambiance étrange un peu quand même ?
Très étrange, d'abord il y avait moins de monde, moins de professionnels d'habitude et puis il y avait des nouveautés, les pass sanitaires et puis aussi un système de réservation des billets en ligne qui n'a pas toujours fonctionné. C'était assez laborieux les deux premiers jours, après ça l'aimait.
Laurent, qu'est-ce que vous en avez pensé de cette édition ?
Oui, je rejoins le beau panorama qu'a fait Ariel avec en plus cette impression parfois étrange et pas si inintéressante que ça ou désagréable que ça de croiser des vrais gens dans les rues de Cannes. C'est-à-dire qu'on croisait des gens avec des bouées, des jeunes filles qui allaient à la plage, d'autres qui en revenaient avec des serviettes mouillées, des cheveux mouillés. Ça on ne le voit pas en mai évidemment pour des raisons de climat et de vacances aussi. Et c'était une dimension finalement pas si inintéressante que ça du festival.
Est-ce qu'il y avait assez de paillettes ? Je vais peut-être poser la question à Christina Piccino.
Assez de stars, assez de paillettes ? Assez de stars, assez de paillettes ? Oui, oui peut-être, je ne sais pas, je n'ai pas trop. Je pense que plutôt il y avait trop de films. Trop de films ? Je ne sais pas s'il y avait assez de stars ou assez de paillettes, je crois qu'il y avait trop de films. Et je pense que cette grande boulimie des films a un peu pénalisé certaines projections, certains films, parce que tout ce que Ariel et Laurent viennent de dire, c'est tout vrai, il y avait moins de gens. Donc les systèmes de réservation alignent, même s'il était compliqué.
Moi je pense que c'est bien, il fallait garder peut-être avec une app qui va un peu simplifier la réservation, parce que là ça aide beaucoup pour l'entrée d'une salle. Mais là, il y avait... Oui, on peut paraître des enfants gâtés en disant ça, en disant trop de films. Mais c'est vrai en même temps, c'est-à-dire qu'il a fallu, alors à la décharge des organisateurs, il a fallu qu'ils gèrent finalement deux saisons en une, c'est-à-dire de montrer quand même, pas tous les films de l'an dernier évidemment, mais quand même un certain nombre, de gérer aussi des films nouveaux bien évidemment qui sont arrivés entre les deux.
Donc au bout d'un moment effectivement, les journalistes, les festivaliers ont été confrontés presque à un trop-plein. Il y a une section qui a été créée cette année, deux sections même, Cannes Premières d'une part pour des films un peu particuliers, et puis même une section environnementale avec cinq films. Alors on nous promet que l'an prochain tout ça sera absent. Voilà, tout reviendra dans l'ordre.
24 films en compétition et Laurent, 7 films français. Il y avait surtout beaucoup de cinéma français en fait cette année en compétition.
Et oui, et d'aucun murmure, et ils n'ont pas forcément tort qu'il y en avait trop. Voilà, ça il faut faire toujours attention effectivement à la dimension internationale de ce festival. Moi je comprends très bien la réaction des journalistes étrangers, et je la partage en disant qu'il faut quand même se méfier du tropisme hexagonal. C'est vrai là aussi, il fallait gérer un trop-plein de films. Mais pour le coup, oui, l'affiche française, aussi belle et aussi intéressante à tel été, mais quand même il y en avait trop, je crois. Oui, et c'est lié aussi peut-être d'une volonté de créer une sorte de monopole. Ah, vous l'avez vu comme ça, vous ?
La concurrence entre les festivals est rude, et il y avait peut-être une volonté d'empêcher certains films de partir dans d'autres festivals.
Alors on va être un petit peu chauveur.
D'après Ariel, le sélectionneur français est sûr de lui, est dominateur. Non, je plaisante, je le charise. Si je peux ajouter une chose, peut-être qu'il y a aussi une volonté de soutenir peut-être le cinéma national en face d'une crise qui a traversé tous les pays dans le monde. Et donc, si l'année dernière, la Mostra de Vénise a été nommée le festival du nouveau départ, qui en fait n'a été pas, parce qu'après on est revenu par un an en confinement, donc avec le cinéma fermé, tout ça. Donc je pense qu'il y a aussi ce côté de soutenir un peu l'économie nationale du cinéma, qui en France, comme partout, a traversé une grosse crise.
Il faut dire aussi qu'en France, on a continué à tourner beaucoup pendant les confinements. Ce n'est pas le cas dans tous les pays. Nous, on a eu une grosse production encore en France, Laurent.
Oui, c'est vrai. Les tournages ont continué. Alors avec des, il faut le dire, des gestes barrières. Il y avait des référents Covid sur chaque tournage. Ça a été très, très, je crois, très suivi, très bien fait. Il y avait non seulement les tournages cinéma, mais aussi, et c'est encore plus important en termes économiques, les tournages télé qui ont continué, parce qu'ils sont beaucoup plus nombreux que les tournages de films, Oui, ça a été une volonté, je crois, à la fois des pouvoirs publics, des maisons de production, de l'ensemble de la filière, de faire en sorte que l'économie, en quelque sorte, continue malgré la crise. Oui, Christina ?
Pardon, aussi en Italie, on a tourné beaucoup, et je pense que le festival de Venise qui va arriver dans un petit moment. La Mostra en septembre, oui. Cette année, c'est très proche. Il y a le même problème, il y a énormément de films italiennes, et j'espère qu'ils ne vont pas tous les prendre, parce qu'enfin, faire un festival avec tous les films italiennes, c'est le même problème que faire un festival avec tous les films français, parce qu'après, il y a aussi un problème des sorties, ils vont sortir tous au même moment, et ça, ce n'est pas bien pour les films.
La dernière palme, c'était en 2019, à Cannes, il y a deux ans, Parasite du Sud-Coréen, Bong Joon-ho, qui pour lui succède ? Christina Pissino, est-ce que vous avez une évidence, un coup de cœur, un choc cinématographique ?
En choc ? Non. Votre palme d'or. Je n'ai pas eu trop de chocs dans cette sélection, mais les films qui m'ont plus impressionnés, qui j'ai beaucoup aimé, c'est sûrement les films japonais, des Amaguchi Ryuzuke et Drive My Car. Celui-là, il m'a vraiment surpris, et puis il y a des autres qui aimaient, les Carax, je l'ai aimé quand même.
Les Oscar Axe, à nette, oui.
Et le Nani Moretti, alors ? Soyons chevins, très bien. Et le Nani Moretti, désolé, mais... Non ? Enfin, je n'ai pas trop aimé, je pense qu'adapter les romans d'un écrivain qui est tellement raciné dans une réalité qui n'a pas trop à voir avec la réalité où a été adaptée, Rome, Cartier bourgeoise, et tout ça, je vois bien qu'est-ce qu'il a essayé de faire, mais moi, je l'ai trouvé un film un peu figé, un peu rigide, pas trop à l'aise par rapport à sa proposition.
C'est marrant parce que Drive My Car, d'Amaguchi, c'est une adaptation aussi de Moura Kami. C'est vrai. Je vais poser la question à vous, Ariel Schweitzer, est-ce que vous avez eu un coup de cœur, un choc, une évidence ?
Oui, d'abord, Memoria, de Apichapong Verasatakul. Oui. Avec Tidane Poulton. J'ai assisté à la séance officielle qui est devenue un moment vraiment magique comme une séance d'hypnose collective. Et on éprouve rarement au cinéma ce genre de sensations. Il y avait une forme de communion extraordinaire du public avec le film. Et c'est vraiment un cinéaste tellement singulier et de le voir célébrer comme ça au Festival des Cannes, c'est quelque chose qui donne beaucoup de l'espoir, de la possibilité du cinéma de se renouveler. J'ai beaucoup aimé l'Oscar Axe. C'est un film qui sort de montagne russe avec des moments extrêmement forts et un moment moins convaincant.
Mais c'est un film extrêmement émouvant. Peut-être le film le plus personnel de l'Oscar Axe. Et puis, j'ai une faible pour le film qui a fait la surprise cette année à Cannes, Compartiment 6, du cinéaste finnois qu'on avait découvert il y a quelques années dans la section Un Certains Regards avec un film qui s'appelle Okimaki. Mais là, il a pris une nouvelle ampleur. C'est un film tourné en Russie. Un voyage en train, c'est ça ? Un voyage en train. Comme Moscou et Mourmansk. D'où est le titre Compartiment 6. Mais qui évoque vraiment la grande tradition des mélodrames russes comme Quand passe les cigognes.
Et je pense que ce film pourrait avoir la palme d'or pour la simple raison qu'il y a de nombreux films qui divisent et qui pourraient diviser les joueurs comme les films de Léos Carax ou comme Mémoria d'Apichapong vers Asatakul. Mais c'est un film qui... C'est un film rassemblaire qui pourrait, d'une manière ou d'une autre, unifier les joueurs.
Et vous, Ariel Schfazer, spécialiste du cinéma israélien, pareil, vous ne me parlez pas de Nadav Lapid, donc le film israélien,
le genou d'Aed. J'adore le film et je crois qu'il va faire partie du palmarès.
C'est un des films les plus politiques, on a dit, de cette sélection.
Il reflète le climat qui régnait en Israël ces dernières années durant, disons, le gouvernement Netanyahou et sa ministre de la Culture, Miri Regev, qui voyaient les artistes israéliens et notamment les cinéastes israéliens comme des cinquièmes colonnes et qui croyaient que la culture et le cinéma en particulier devaient refléter les valeurs de l'État comme la culture est financée en Israël par l'argent public. Il fallait se mettre au service de l'État et il a créé un conflit extrêmement dur avec le milieu du cinéma et cette violence est reflétée d'une manière passionnante dans les films de Nadav Lapid. Il y a une radicalité politique qui est prolongée par une radicalité formelle.
Pour moi, ce film est le prix de la mise en scène ou le prix spécial du jury.
Je voudrais rappeler que le président du jury c'est Spike Lee cette année. Est-ce qu'il faut s'attendre, Laurent, à un palmarès politique ? Parce qu'on a pas mal de films qui sont très politiques dans la sélection.
Oui, alors, au choix, on le craint ou on l'espère. Chacun sa vision. Des choses, effectivement. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'on demande à un jury d'être subjectif. Donc, connaissant Spike Lee, effectivement, la tonalité risque d'être politique. Vous avez raison, il y a un certain nombre de films. On n'a pas parlé, pour l'instant, je rejoins en grande partie mes camarades et je suis un peu désolé de ne pas pouvoir leur dire que ce sont effectivement les films italiens et israéliens qui ont ma faveur. Mais, par exemple, il faut rajouter aussi, par exemple, le film de Serené Brikoff. Serené Brikoff, je ne l'ai pas parlé ce matin. Merci beaucoup. Exactement. La fièvre de Petrov.
Voilà, le film russe qui est éminemment politique sur la Russie de Poutine qui dit des choses très graves, très dures comme l'antisémitisme, l'ultra-violence, le désespoir fondamental. Bon, vraiment, donc, c'est un regard éminemment politique.
Et Serené Brikoff qui n'est pas à Cannes. Il faut rappeler, il est assigné à résidence, il n'a pas pu venir sur la croisette. On a vu son siège vide.
Vous avez tout à fait raison de le signaler parce que ça peut être aussi, en quelque sorte, un plus sur son statut politique, c'est-à-dire récompenser ce film-là. Ce serait aussi récompenser évidemment son auteur et son auteur empêché et son auteur quasi censuré par son pays d'origine. Donc là aussi, ça aurait une très très forte valeur. Il y a même des films comme par exemple le film de Jacques Audiard dont on n'a pas parlé pour l'instant.
Olympiades.
Olympiades. qui montre une France on va dire multiculturelle et qui là aussi dit des choses politiques même si ça n'est pas un grand film politique en soi. Mais donc il y a beaucoup effectivement, il y a beaucoup de récurrences, d'occurrences où finalement, une fois de plus, une fois encore, mais tant mieux, le festival de Cannes c'est d'abord une formidable fenêtre ouverte sur le monde et sur les états du monde. On aurait pu aussi parler du film tchadien, Lingui, qui là aussi est éminemment politique. Bref. Qui lève le tabou
sur l'avortement si on peut en dire quelques mots. Mahamad Saleh Haroun ce réalisateur.
Oui, c'est un réalisateur entre guillemets cannois qui est un grand habitué qui nous avait donné des très très grands films comme Darat ou Un homme qui crie qui lui avait été très spécial du jury. Cette fois, il revient avec une oeuvre qui est sur le fond aussi âpre, aussi forte, aussi rugueuse sur la société tchadienne et notamment sur la société machiste tchadienne et les façons aussi ça c'est très beau dont la société féminine essaye de contourner justement un certain nombre de choses à l'intérieur de ce machisme. Bon, formellement, c'était pas le film le plus réussi de son auteur mais oui, là aussi, effectivement, Spike Lee pourrait être sensible.
D'ailleurs, d'ailleurs, d'ailleurs, il est allé saluer lui-même en serrant la main de chacun des membres de l'équipe du film. Vous savez, Cannes vit de ses petites rumeurs, de ses petits frissons, de ses petits instants, de ses petites photos où tout d'un coup on dira qu'il a serré la main donc bon, on verra bien ce soir s'il donne quelque chose mais en tous les cas, il y a des signes comme ça.
Christina Piccino, un palmarès politique, ce serait une chance ou ce serait dommage selon vous ?
Ça dépend qu'est-ce qu'on entend pour politique si on s'appuie seulement sur les sujets. Pour moi, c'est un peu un dommage parce que je trouve que toute cette question qui a été abordée aussi au niveau d'Oscar ou dans les polémiques qui sont passées aux Etats-Unis dans les derniers mois sous la presse étrangère à Hollywood, je trouve qu'il y a un côté un peu, comment je peux dire, qu'il faut quand même aborder certains sujets et tant en temps, j'ai l'impression que dans les scénarios, certains sujets sont sous-imposés, sont un peu collés et ça ne sortant pas aussi par un travail formel, par une vision politique du cinéma qui pour moi, c'est toujours la chose plus importante.
Je ne pense pas qu'il doit y avoir comme dans les critiques des années 50, une fracture par la forme et les sujets. Je pensais que cette question a été déjà mise à l'arrière depuis longtemps mais d'un coup, les films de Mama Taroum qui sont un cinéaste qui on venait de parler tout à l'heure, c'est un cinéaste qui j'aime bien. Là, moi, je ressens un peu cette question, cette volonté de tout montrer dans un scénario qui d'un coup met tous les éléments, les voisins violents, la religion, tout ça. on peut aborder certains éléments par le cinéma et par un beau cinéma aussi.
Et donc, je suis d'accord avec Ariel pour une fois sur les films de Nadav Lapid qui, ça m'a étonnée parce que moi, j'avais beaucoup aimé son précédent, synonyme. et je vois quand même certains sont proches, mais en même temps, ici, j'ai ressenti soit de la rage et soit vraiment des désespoirs qui sont dans les images, dans sa recherche formelle qui m'a beaucoup intéressée et aussi les films de Brennikoff, en fait, c'est la même recherche qui passe par une tradition du cinéma russe des années 70 et en même temps, des questions, ils questionnt l'aujourd'hui. Je voudrais aussi
qu'on parle de l'ambiance très sombre et très glauque de certains films, notamment Titane de Julia Ducourneau. Ça traduit un état d'esprit dans le cinéma mondial aujourd'hui. Ariel Schweitzer, en quelques mots, il n'y en reste plus beaucoup.
J'ai fait partie des gens qui ont failli quitter la salle. D'accord. Il y en a eu quelques-uns, apparemment. durant la projection. Ceci dit, c'est un film qui a des qualités, mais je ne suis peut-être pas le bon client pour ce genre de film. Laurent,
vous en avez pensé quoi, vous ?
Malheureusement, je ne suis pas un bon client non plus sur ce genre de film. Genre et l'homo, c'est un film de genre. C'est-à-dire que là, il ne faut pas en tirer de conclusions hâtives sur l'état du monde ou l'état de la violence, même y compris de la société française, parce que c'est vraiment, on est dans un presque un exercice de style, dans un genre cinématographique qu'on connaît bien, qui a donné de très très belles choses, qui a donné parfois aussi des impasses justement un peu stylistiques, un peu trop formelles. Bon, voilà, c'est ce qu'on peut se dire.
Merci beaucoup. C'est déjà fini le palmarès du Festival de Cannes. C'est à suivre ce soir. On vous retrouve, Laurent, avec Christine Masson à partir de 19h15 sur France Inter. Je vous dis à tout à l'heure, Laurent. Effectivement, merci beaucoup Christina Piccino d'Il Manifesto d'avoir été en direct de France Inter dans notre studio. Merci à vous, Ariel Schweitzer des Cahiers du Cinéma. Merci. Et un merci spécial à Benjamin Tuo qui a permis cette liaison technique avec Cannes. Très bonne journée à vous.