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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 30 janvier 2020 26 min

Logement à Paris, transports, embouteillages, pollution, plan vélo... Le "8h30 franceinfo" d'Anne Hidalgo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Anne Hidalgo

Bonjour Marc Fovelle, bonjour Renaud Delis.

0:08
Présentateur

Bonjour. 4 millions de Français sont mal logés, rappelle ce matin la Fondation Abbé Pierre dans son dernier rapport. Rien qu'à Paris, entre 500 et 700 enfants dorment chaque nuit à la rue. Que peut faire la maire de Paris ?

0:19
Anne Hidalgo

D'abord, ce que nous avons fait, puisque c'est le logement d'abord, nous avons été une des villes qui a le plus construit, produit de logement et de logement social. Sur cette mandature, c'est-à-dire de 2014 à 2020, avec mon adjoint Yann Brossat, nous avons produit 41 000 logements sociaux. Sur ces 41 000 logements sociaux, un tiers va vers les plus démunis, c'est-à-dire vraiment les personnes soit qui sortent de la rue, soit qui vivent de revenus qui sont des aides publiques. Donc, un tiers va aux personnes qui, par exemple, vivent de leur travail, mais ont des petits salaires et n'arrivent pas à se loger sur le marché parisien, et un tiers pour les classes moyennes.

Mais aussi, ce que nous avons fait, c'est prévenir les expulsions, parce que c'est un sujet énorme. Vous savez, être dans la rue, souvent, c'est quelque chose qui arrive assez vite après un divorce, après un accident de la vie. Et donc, prévenir les expulsions. À Paris, qui est quand même une ville avec 2 200 000 habitants, nous avons diminué de 30% les expulsions locatives, alors que dans le reste de la France, elles ont augmenté sur la même période, sur les 10 ans qui sont derrière nous, elles ont augmenté de 40%. Donc, il y a tout ce travail-là, puis un travail sur l'hébergement. Vous parliez des familles et des enfants à la rue.

Nous avons, chaque nuit, à Paris, 23 000 personnes qui sont logées chaque nuit, et notamment, bien sûr, des femmes et des enfants. J'ai ouvert, il y a plus d'un an, une halte pour les femmes dans l'hôtel de ville. Hier soir, nous avons ouvert aussi, à l'hôtel de ville, une nouvelle salle pour l'hébergement de femmes et d'enfants. Donc, voilà, on met à disposition.

2:10
Présentateur

Ça veut dire, à l'idéalgo, que Paris reste une ville riche, avec beaucoup de pauvres ?

2:13
Anne Hidalgo

Paris est une ville qui, sociologiquement, est composée à 80% de classes moyennes et de catégories populaires. Donc, à 80%, c'est une étude qui vient de sortir de l'atelier parisien d'urbanisme, en appui d'une étude de l'OCDE sur les classes moyennes dans le monde. Et donc, c'est ça, la composition sociologique. Il y a aussi des gens qui gagnent très bien leur vie. C'est vrai que c'est sans doute une des villes où on trouve le plus de personnes payant de l'impôt sur les fortunes. Mais la population, la composition sociologique, c'est 80% de classes moyennes et de catégories populaires.

2:49
Invité

Renaud Dely, vous organisez une nuit de la solidarité, comme l'année dernière, qui vise à compter les gens qui dorment dans les rues de Paris. Est-ce que c'est vraiment utile ? A quoi ça sert de les compter ? Quelles conséquences ça a ?

3:02
Anne Hidalgo

C'est très, très utile. D'abord, c'est une idée qui nous est venue de New York, que l'ancien maire de New York, Bloomberg, avait développée. Ça vous permet d'avoir d'abord un observatoire réel, non contestable des personnes à la rue. Et d'avoir aussi des éléments sur qui sont les personnes à la rue. Par exemple, la première nuit de la solidarité qu'on avait faite il y a trois ans, on a observé que 12% des personnes à la rue étaient des femmes. J'ai eu beaucoup de rencontres avec un certain nombre de femmes SDF. Je pense notamment à Anne Lorient, qui nous a alerté sur cette situation de violence extrême que vivent les femmes.

Et donc, on a ouvert, à la suite de cette nuit de la solidarité, on a ouvert des lieux spécifiques pour les femmes, et notamment celui de l'hôtel de ville. Mais ce que ça nous a permis aussi de faire, c'est de faire venir des Parisiens. Chaque nuit de la solidarité, 2000 Parisiens s'inscrivent, sont bénévoles, se forment. Ce soir, ça va être le cas, dans les mairies d'arrondissement, pendant deux heures, avant d'aller ensuite sur le terrain, rencontrer les personnes à la rue, échanger avec elles. Ensuite, évidemment, ce travail-là, on le traduit en proposition d'action.

Et je pense que c'est extrêmement utile qu'effectivement, on ait toujours conscience qu'une des fonctions d'une grande ville comme Paris, c'est aussi de tendre la main et d'avoir une politique de solidarité extrêmement poussée. 2,3 milliards d'euros sur le budget de la ville de Paris, chaque année vont à la solidarité.

4:33
Présentateur

Au-delà de ces questions d'hébergement d'urgence, Anne Hidalgo, il y a également la question de l'immobilier qui chasse certains Parisiens. Et ça concerne d'ailleurs d'autres villes. Les prix de l'immobilier à Paris sont devenus complètement fous. Il faut plus de 10 000 euros aujourd'hui pour s'acheter un mètre carré. Les loyers également sont très élevés. Est-ce que vous vous fixez aujourd'hui comme objectif de faire baisser ces prix si vous êtes réélu ?

4:52
Anne Hidalgo

D'abord, il y a un marché de l'immobilier qui est effectivement hors de prix. C'est autour de 30 euros le mètre carré en location, 10 000 euros à l'achat. Et sur ce marché de l'immobilier, effectivement, les classes moyennes, les gens qui vivent dignement de leur travail, ne peuvent pas trouver leur place que ce soit en accession ou en location. Vous pouvez agir sur ce marché-là ? Alors sur ce marché, on a agi de plusieurs façons. J'agis d'abord sur l'encadrement des loyers. C'est une mesure pour laquelle je me suis battue. Une mesure d'ailleurs que Cécile Duflo avait prise lorsqu'elle a été ministre.

5:26
Présentateur

L'encadrement des loyers permet de limiter la hausse mais pas de faire baisser les loyers.

5:29
Anne Hidalgo

Bien sûr, mais c'est déjà un élément non négligeable. Et ça marche aujourd'hui l'encadrement des loyers. Et ça marche. Et ce que nous allons faire, une des propositions que je fais avec Anne Bressa, c'est notamment que cet encadrement des loyers, que les Parisiens puissent être accompagnés pour pouvoir exercer leurs droits. Parce que souvent, ils ne savent pas. Ils n'ont pas vu que le loyer, son augmentation n'était pas conforme justement aux règles posées par l'encadrement. Il y a un deuxième sujet qui intervient très fortement sur ce marché privé. C'est notamment Airbnb. Là aussi, je l'ai dit, il faut absolument qu'on réduise le nombre de locations.

Je ferai un référendum avant l'été si je suis réélu en mars prochain pour demander aux Parisiens de fixer aussi les règles du jeu.

6:17
Présentateur

Avec quelles questions poser ? Est-ce que vous êtes pour une interdiction pure et simple dans certains quartiers ? Pour une réglementation plus dure ?

6:23
Anne Hidalgo

Je proposerai une diminution. On va élaborer la question. Mais en tout état de cause, il y aura une diminution du nombre de journées autorisées pour faire du Airbnb à 30 jours environ.

6:33
Invité

Ce sera un référendum consultatif. Il n'a pas valeur légale.

6:37
Anne Hidalgo

Il n'a pas valeur légale, mais j'espère que ça permettra aussi de faire bouger le... Et d'ailleurs, sur le marché privé, juste une proposition aussi que je voulais préciser chez vous. Bien sûr qu'il faut agir pour que les grandes institutions, les banques, les assurances, tous ces grands institutionnels reviennent dans Paris en proposant du logement pour les classes moyennes, c'est-à-dire du logement à moins 20% par rapport au prix du marché actuel. Parce qu'il faut absolument qu'on maintienne dans Paris celles et ceux qui vivent de leur travail aussi. Et ça, c'est quelque chose que nous sommes en train de porter. J'ai proposé que nous créions une société immobilière, publique-privé.

La ville mettra 1 milliard. Nous irons chercher 2 milliards du côté de la Caisse des dépôts et nous lèverons aussi 3 milliards du côté privé. Avec ces 6 milliards de cette société immobilière, nous pourrons avoir environ 20 milliards pour agir sur ce marché-là et permettre aux gens de se loger aussi sur le marché privé et continuer, bien sûr, tout ce que nous faisons sur le logement social. Logement social qui est à 6 euros le mètre carré. Donc ça, c'est un autre marché, mais qui démarre à 6 euros le mètre carré.

7:50
Présentateur

Le gel des loyers, comme le fait Berlin, c'est inenvisageable à Paris ?

7:54
Anne Hidalgo

On n'est pas dans les mêmes cultures, mais l'encadrement des loyers, la solution, la formule que nous avons choisie, je pense qu'elle est plutôt très bonne. Berlin a plus de place que nous. Berlin est une ville qui n'est pas aussi dense. Donc ce sont d'autres réalités. Mais toujours est-il qu'en agissant sur le marché privé, mais aussi en continuant, puisque nous sommes aujourd'hui à Paris, quand même, il n'y a pas beaucoup de grandes villes dans cette situation, à 22,6% de logements sociaux. On était à 13% en 2001.

Donc l'effort que nous avons fait sont des politiques de long terme qui permettent de maintenir des catégories populaires et des classes moyennes dans une ville comme la nôtre, ce que nous avons fait depuis 2001.

8:36
Présentateur

On va évoquer la question des transports dans quelques instants et la situation politique à Paris également avec vous, Anne Hidalgo. D'abord l'essentiel de l'actualité à 8h41, Mélanie Delaunay. Un avion militaire en chemin vers la Chine pour rapatrier les premiers Français de Wuhan. 200 personnes qui ne présentent pas de symptômes de coronavirus vont monter à bord, accompagnées par une équipe médicale. On aimerait connaître lors du départ la façon dont nous serons conduits à l'aéroport, mais on n'a aucune information sur ce vol, explique une étudiante jointe par France Info. Édouard Philippe ouvre cet après-midi la conférence de financement des retraites.

Les partenaires sociaux ont rendez-vous à 15h. Avant toute chose, nous voulons des avancées concrètes sur la pénibilité, les retraites progressives, le minimum contributif, prévient le patron de la CFDT, Laurent Berger. Sur France Info, Jean-Baptiste Lemoyne explique qu'il renonce à briguer la mairie de Biarritz à la demande du patron Emmanuel Macron. Cet effort, je l'ai fait pour résoudre une situation absurde, dit le secrétaire d'Etat aux affaires étrangères. Pas de duel de ministre, Didier Guillaume retire lui aussi sa candidature. Pour eux, ce sera le 50e duel. Dans un tournoi du Grand Chlem, Roger Federer doit affronter Novak Djokovic en demi-finale de l'Open de tennis d'Australie.

Chez les dames, on connaît l'affiche de la finale. L'américaine Sofia Kenin face à l'espagnol Garbine Muguruza. Elle vient de battre la roumaine Simona Alep. France Info, et tout est plus clair. Ami Dalgo, aujourd'hui, quasiment tous les candidats à la mairie de Paris se revendiquent plus ou moins de l'écologie. En quoi vous êtes, vous seriez plus verte que les autres ?

10:06
Anne Hidalgo

Je ne rentre pas dans la question comme ça. Vous savez, j'ai été maire de Paris pendant six ans. J'ai porté une ambition écologique très forte pour notre ville, avec des mesures fortes dont certaines ont beaucoup fait parler, ont même irrité. Je pense notamment à la lutte contre la pollution par notamment la diminution du trafic automobile. Je pense aussi aux pistes cyclables que nous avons mises en place et qui s'avèrent d'une grande utilité, qui aujourd'hui sont plébiscitées. J'ai eu la chance aussi, à l'échelle internationale, en tant que maire de Paris et présidente d'une organisation qui réunissait les plus grandes villes du monde, de porter cette ambition climat.

Et c'est une conviction forte que j'ai forgée depuis longtemps et que je continue à apporter aujourd'hui.

10:55
Invité

Ce bilan écologique, Anne Hidalgo, ce matin, Yannick Jadot, le leader écologiste, il explique dans le Figaro que c'est à vos alliés écologistes qu'on doit ce bilan et qu'ils se sont d'ailleurs battus, vos alliés, pour vous arracher de ces décisions.

11:06
Anne Hidalgo

Vous savez, je suis quelqu'un d'assez déterminé. J'ai eu l'occasion de montrer aussi mes convictions et notamment mes convictions écologiques qui ne datent pas d'hier. Et par ailleurs, le fait d'avoir avec moi des personnalités. Je pense à Christophe Najovski, Célia Bloel, qui étaient, pour Christophe, le tête de liste 2014 des Verts à Paris, qui partent avec moi, qui continuent à travailler avec moi dès le premier tour. D'avoir Jean Jouzel, qui considère que pour porter prix Nobel de la paix, qui considère que pour porter l'écologie, je suis la mieux placée. Voilà, je pense que vous savez, la question de l'écologie aujourd'hui n'est pas une question de parti politique.

11:56
Présentateur

C'est ce que dit aussi Yannick Jadot, pardon de vous interrompre.

11:58
Anne Hidalgo

C'est une question d'engagement citoyen et je suis ravie qu'on soit d'accord.

12:02
Présentateur

Yannick Jadot dit aussi qu'il se retrouve aujourd'hui dans la coalition climat qui est prônée entre autres par Cédric Villani et par David Béliard, le candidat écologiste à Paris. Est-ce que vous êtes en train de vous faire piquer vos alliés naturels, ceux qui d'habitude, en tout cas à la dernière élection, vous rejoignez à l'issue du premier tour, les écologistes ?

12:18
Anne Hidalgo

D'abord, dans une élection municipale, on s'adresse aux citoyens. Et je m'adresse aux Parisiennes et aux Parisiens. Et je sais qu'ils sont très engagés pour l'écologie, qu'ils suivent, ils sont là. Vous savez, sur les questions de vélo ou lorsqu'on a fait nos pistes cyclables, on nous a dit il y a trop de travaux, etc. C'est vrai que c'était impactant, très impactant et que beaucoup de gens n'ont pas compris tout de suite ce qu'on était en train de faire. Mais aujourd'hui...

12:44
Invité

Vous regrettez à ce moment-là ? Vous êtes allé trop fort ? Il y a eu trop de travaux en même temps ?

12:48
Anne Hidalgo

Non, non, je ne regrette pas parce qu'entre agir et ne pas agir, j'ai préféré l'action. Beaucoup de gens disaient la planète brûle et on regarde ailleurs. Non, moi j'ai choisi de ne pas regarder ailleurs. Et ensuite, sur la méthode, vous savez, vous faites ou vous ne faites pas. C'est-à-dire une piste cyclable, si vous repeignez un petit bout en verre sur le trottoir, ça ne gêne personne mais ça ne sert à rien. Si vous faites une vraie piste cyclable et un réseau de pistes cyclables, là, effectivement, ça va être impactant. Mais après les travaux, il y a aussi le plaisir de découvrir et de profiter de sa vie l'autrement. Alors, l'épiste cyclable et la lutte contre la pollution automobile.

13:25
Présentateur

Anne Hidalgo, si vous permettez, je voudrais vous faire entendre ce qu'en dit celle qui porte les couleurs des Républicains face à vous à cette élection municipale à Paris. C'est Rachida Dati. Anne Hidalgo ne veut plus de voiture à Paris. D'accord, mais il y a encore des Parisiens qui ont besoin de leur voiture. Mais ce qu'a organisé Anne Hidalgo à Paris, c'est, je paraphrase un de vos confrères, c'est qu'elle a créé l'embouteillage de nuit. Aujourd'hui, le Nord et l'Est n'ont jamais été autant pollués en raison des embouteillages. Ça vous fait sourire ce que dira Rachida Dati ?

13:52
Anne Hidalgo

Oui, parce que ça, c'est une critique qui avait été faite à Bertrand Delanoé. D'ailleurs, il y avait même un livre d'une de vos collègues, Sophie Coignard, à l'époque où il était maire de Paris. Et la droite parisienne avait dit qu'il avait inventé les embouteillages la nuit. Donc vous voyez, ce n'est quand même pas tout à fait d'aujourd'hui que ce type de remarque.

14:11
Invité

Il y a un rapport qui a été rendu public hier, Anne Hidalgo, qui montre que Paris est la ville de France qui est la plus embouteillée et où les bouchons ont même progressé l'année dernière. 163 heures, je crois, sur les trajets domicile-travail perdus par les Parisiens.

14:26
Anne Hidalgo

Je vais vous redonner les chiffres. À Paris, d'abord, les Parisiens qui utilisent leur voiture pour aller travailler, c'est une personne sur dix.

14:35
Présentateur

Il n'y a pas que des Parisiens à Paris.

14:35
Anne Hidalgo

Les Franciliens qui utilisent leur voiture pour venir travailler à Paris, ce sont deux personnes sur dix. Donc l'essentiel des Parisiens et des Franciliens circule en transport en commun. Donc d'abord, les transports en commun. Ensuite, à Paris, c'est surtout la marche à pied, le métro, etc., qui sont le mode de déplacement privilégié. On a une augmentation extrêmement importante. On a doublé la fréquentation et l'utilisation du vélo dans Paris grâce aux pistes sécurisées. La baisse du trafic à Paris sur le mandat qui est le mien, c'est-à-dire de 2014 à 2020, est de 22%. La baisse du trafic automobile à Paris. La baisse de la pollution est de 15% sur exactement cette même période.

15:22
Invité

Vous voulez supprimer 60 000 places de parking en surface, vous l'avez annoncé il y a quelques jours. C'est presque la moitié des places en surface pour les dépôts de Paris.

15:29
Anne Hidalgo

D'abord, je veux continuer à baisser la place de la voiture à Paris. Soyons très clairs. Paris a été une ville construite dans les années... Enfin, en tous les cas, aménagée dans les années 60, 70, 80 autour de la voiture. Il faut sortir de cette dépendance à la voiture individuelle.

15:48
Présentateur

À quelle échéance ? Votre Paris idéal, dans 10 ans, il n'y a plus de voiture ?

15:50
Anne Hidalgo

On est en train d'aller très très vite et on a une échéance qui est 2024. L'interdiction des diesels. L'accueil des Jeux olympiques et paralympiques qui va nous permettre d'accélérer notamment la transformation de nos infrastructures, des rues, puisque le plan vélo, on va évidemment le poursuivre. Mais aussi, bien sûr, l'interdiction du diesel qui a déjà été voté. Donc oui, on va continuer à diminuer la place de la voiture. D'ailleurs, les Parisiens, qui possédaient environ 60% des voitures en 2001, ne sont plus que 35% à avoir une voiture individuelle. Un mot sur une autre mesure, Annina Gauppard. Ça ne veut pas dire qu'il y a des gens qui n'auront pas besoin de leur voiture.

Il y a des gens qui continueront à avoir besoin d'une voiture. Et pour cela, bien sûr qu'ils pourront continuer. Je pense à des véhicules, bien sûr, électriques, à des véhicules hydrogènes. Mais ce que nous combattons, c'est l'autosolisme. C'est la voiture pour soi, tout seul, alors qu'on peut faire autrement. Et vous savez, beaucoup de gens me disent aujourd'hui, je vous en ai voulu beaucoup, je vous ai beaucoup engueulé quand j'ai vu les travaux et que vous étiez en train de finalement m'empêcher d'être dans ma voiture individuelle. Mais passer au vélo, passer au métro, c'est aussi gagner une liberté. Donc c'est cette liberté-là que je veux proposer aux Parisiens.

17:07
Présentateur

Un mot sur une autre mesure, Anne Hidalgo, si vous le permettez. Vous préconisez la gratuité des transports publics pour tous les jeunes de moins de 18 ans. L'ancien patron de la RATP, Jean-Marc Janayac, vous a taxé des magots sur cette mesure. D'une part, parce qu'elle est aveugle, c'est-à-dire même les enfants des parents très riches en profiteraient. Et d'autre part, parce que les moins de 18 ans, par définition, ils ne conduisent pas de voiture. Enfin, en tout cas, on espère. Et donc, ils ne polluent pas.

17:30
Anne Hidalgo

Je le laisse libre de ces propos. Vous savez, je pense que la gratuité des transports, ça va dans le centre de l'histoire.

17:36
Invité

Pour les moins de 18 ans, ça n'aura aucun impact sur le trafic automobile dans Paris.

17:39
Anne Hidalgo

D'abord, bien sûr que si. Ça veut dire que pour ces moins de 18 ans, les parents vont avoir une mesure de pouvoir d'achat en plus. C'est-à-dire que ça va leur coûter moins cher. Vous savez, quand vous avez un enfant... Même pour des familles qui n'en ont pas besoin. Écoutez, 80% de classe moyenne à Paris... Et 20% ? C'est très bien. D'accord, mais enfin, 80% de classe moyenne et de catégorie populaire, c'est d'abord à eux que je m'adresse. Et vous savez, c'était 350 euros par an pour un enfant de 11 à 18 ans d'avoir sa carte imaginaire. J'ai baissé déjà à cette rentrée à 175 euros le coût pour les familles. Et bien, ça sera zéro demain.

18:20
Invité

L'objectif, c'est la gratuité des transports pour tous ?

18:22
Anne Hidalgo

L'objectif, c'est en tous les cas, vous savez, j'ai pris le sujet en regardant toutes celles et ceux qui n'avaient pas de remboursement de transport. C'est-à-dire tous ceux qui ne sont pas salariés, qui ne sont pas actifs avec des remboursements de transport. Donc, d'abord, ça a été les personnes âgées pour lesquelles j'ai mis en place la gratuité du pass Navigo sous condition de ressources, mais en tenant compte justement des classes moyennes. Ensuite, j'ai souhaité aider les familles et notamment les familles avec des enfants avec des mesures dès la rentrée que nous venons de passer sur les tout-petits et sur les ados où on a ramené à moitié prix.

Et à partir de mars prochain, si les Parisiens renouvellent leur confiance, ce sera effectivement pour tous les enfants. Et je ne vais pas m'excuser de prendre des mesures qui vont permettre aux gens de mieux vivre et de donner des bonnes habitudes. Les bonnes habitudes, c'est de prendre le métro, les transports en commun ou le vélo.

19:14
Présentateur

Moi, les bonnes habitudes que j'essaie de garder, c'est de tenter de lancer les titres à l'heure. La Sératé 8h50 de Mélanie Delonay. 12 milliards d'euros par an à trouver la conférence de financement des retraites commence cet après-midi. Tous les syndicats y seront. Mais nous y allons pour discuter du financement du système actuel, pas du système par points, dit le secrétaire général de la CGT Cheminot sur France Info. C'est la fille du patient âgé hospitalisé dans un état grave à Paris. Un cinquième cas de coronavirus confirmé en France. C'est l'état d'un malade qui se dégrade. Il est aussi en réanimation. En Chine, 170 morts, pas loin de 8000 cas maintenant.

L'Organisation mondiale de la santé appelle le monde entier à agir et convoque une nouvelle réunion de crise aujourd'hui. A Paris, nous avons diminué de 30% les expulsions locatives alors qu'elles ont augmenté de 40% en France ces dix dernières années. C'est ce qu'affirme sur France Info la maire de la capitale, Anne Hidalgo. Les expulsions locatives qui ont atteint un record l'an dernier. Selon le rapport de la fondation Abbé Pierre publié ce matin, 4 millions de personnes victimes du mal logement en France. Après Belfort, l'exploit d'Épinal, nouveau club de 4e division a éliminé une formation de Ligue 1 2-1 contre Lille et une place en quart de finale de la Coupe de France.

Le PSG et Marseille sont aussi qualifiés.

20:27
Anne Hidalgo

France Info, et tout est plus clair.

20:32
Présentateur

Anne Hidalgo, plusieurs patients atteints du coronavirus sont hospitalisés en ce moment à Paris. Vous avez annulé le week-end dernier les festivités.

20:39
Anne Hidalgo

Les associations ont annulé. La ville de Paris n'est pas celle qui a annulé. Ce sont les associations. Évidemment, j'ai respecté leurs décisions.

20:46
Présentateur

Du nouvel an chinois, allais-je dire. Est-ce qu'il y a d'autres événements qui pourraient être supprimés dans les jours qui viennent par mesure de précaution ?

20:54
Anne Hidalgo

La décision sera prise par les associations et en concertation, bien sûr, avec nous et les autorités sanitaires concernant le nouvel an chinois et le grand défilé du 13e arrondissement. Je pense que la décision sera prise aujourd'hui. Il faut faire attention. Il faut un principe de précaution. Ce que me disent aussi beaucoup d'associations, c'est qu'elles n'ont pas tout à fait le cœur à la fête. Mais je ne veux pas anticiper la décision qui doit être prise collectivement et notamment par les associations en lien avec les autorités sanitaires et la ville.

21:28
Invité

Anne Hidalgo, est-ce que vous êtes allée voir le film « J'accuse » de Roman Polonski ?

21:31
Anne Hidalgo

Pas encore, non. Et vous allez le voir ? Je pense que j'irai le voir parce que c'est une histoire évidemment qui m'importe. Et je pense que j'irai le voir, oui.

21:42
Présentateur

12 nominations au César.

21:43
Invité

Ce film a obtenu 12 nominations au César. Marlène Schiappa dit, elle, qu'elle n'applaudira pas l'auteur d'un film qui est accusé de viol. Est-ce que ça vous choque, ces 12 nominations ?

21:51
Anne Hidalgo

Écoutez, je pense qu'il y a d'abord la vie du cinéma et du film et des équipes qui ont constitué ce film et puis des actes qui sont reprochés, des actes graves qui sont reprochés à Roman Polonski. Je ne suis pas juge, je ne suis pas procureur. Je pense qu'il faut aussi que la justice se prononce, dise. Elle s'est prononcée d'ailleurs aussi pour Roman Polonski dans le passé. Voilà, je ne suis pas ici pour commenter des choses sur lesquelles je n'ai d'autre prise que ma conviction de citoyenne. Le mouvement MeToo est un mouvement très important. C'est un mouvement très important qui change la donne, qui change la donne dans beaucoup de milieux.

Le milieu du cinéma, c'est là que ça a démarré, mais on le voit aussi dans le monde du sport. C'est très important que les femmes aient pu avoir cette parole libérée.

22:45
Invité

Et on voit que des associations de femmes sont choquées par ces nominations accordées à Roman Polonski. Ça ne vous choquerait pas qu'ils reçoivent un César dans quelques semaines et qu'ils aillent le chercher sur la scène ?

22:53
Anne Hidalgo

Je n'ai absolument aucun pouvoir sur les nominations et sur l'octroi des Césars. Ce que je sais, c'est que le mouvement MeToo est un mouvement qui a fait changer la donne dans le monde entier et en France aussi. Et c'est tant mieux. Qu'il y ait ensuite, comme dans tout mouvement, des éléments qui soient justes, faux, et que la justice se saisisse et dise le droit. Je suis quelqu'un qui considère que c'est aussi à la justice, à un moment donné, de dire le droit. Très bien. Moi, je ne suis pas là ni pour accuser, ni pour jeter la pierre à tel ou tel. Ce mouvement est un mouvement essentiel qui a changé la donne et qui a libéré la parole des femmes qui avaient besoin d'être libérées.

Parce que le sexisme, le harcèlement, c'est quelque chose qui existe encore dans notre société et qui était quand même un peu mis sous, je dirais, un voile pudique, pour utiliser ce type de mot.

23:52
Présentateur

Encore un mot, Anne Hidalgo. Il nous reste un peu plus d'une minute pour aborder la proposition de l'un de vos concurrents, Benjamin Griveaux, qui a suggéré de déplacer la gare de l'Est à Paris pour créer à la place un immense parc, une sorte de central parc à la française. C'est un peu Monopoly, en ce moment, la campagne municipale à Paris. C'est une bonne idée ou pas ?

24:10
Anne Hidalgo

Être candidat à la mairie de Paris, ça peut donner plein d'idées. Vous savez, on a besoin des gares, on a besoin d'un réseau de mobilité.

24:19
Invité

Il y en a cinq à Paris. Il n'y a pas une ville de la taille de Paris qui ait autant de gares.

24:22
Anne Hidalgo

Oui, mais Paris est une ville qui fait 2,2 millions d'habitants, mais qui a tous les jours 5,5 millions de personnes qui viennent y travailler, la visiter, qui bougent. Parce qu'on est une ville très dense. D'ailleurs, c'est un atout aussi d'être une ville très dense. Et donc, on a besoin d'avoir des lieux qui sont des lieux pour les échanges et les déplacements. La gare de l'Est comme la gare du Nord sont des pôles très importants, bien sûr, pour, je dirais, un trafic international avec le Nord de l'Europe. Mais surtout, essentiellement, pour des déplacements qui sont des déplacements au sein de la région Île-de-France ou dans les régions, avec les régions limitrophes.

Donc, on a besoin de garder les gares. Moi, je préfère qu'on continue à miser sur les transports en commun et notamment sur le train. Pas simplement, d'ailleurs, pour le transport de voyageurs, aussi pour le fret, plutôt que d'éloigner. Puis, je pense à ces centaines de milliers de personnes qui, finalement, seraient obligées d'avoir une connexion à l'extérieur de Paris pour ensuite rejoindre leur lieu de travail. Je pense qu'il y a des choses plus utiles, plus importantes à faire.

25:31
Présentateur

Donc, pas touche aux gares, on l'aura compris.

25:33
Anne Hidalgo

Non, en tous les cas, leur transformation, oui, et on y travaille. Mais vous voyez, moi, j'ai préféré plutôt porter l'accent sur la porte de la chapelle avec un très, très grand projet pour les habitants de ce quartier que j'aime particulièrement.

25:48
Présentateur

Merci à vous, Anne Hidalgo, d'être venue ce matin sur France Info. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France.