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InterviewC à vous (sur YouTube)· 26 juin 2024 13 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsRetraitesSolidarités & familleImmigration & asile

Législatives anticipées : François Bayrou invité de C à vous - C à Vous - 26/06/2024

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous croyez-vous à la possibilité de créer un bloc de ceux que vous baptisez les Républicains de volonté ?

  • 1:51RelanceÉludée

    Pour changer ce système ancré depuis des décennies, c'est quand même court.

  • 2:11FerméeÉludée

    Mais vous continuez à leur dire qu'ils ont le choix entre la peste et le choléra ?

  • 4:59OuverteRéponse directe

    Il y a donc un péril, et c'est au nom de la hiérarchie des périls, qu'une partie de la gauche a décidé de s'allier à LFI pour faire barrage au RN.

  • 6:09OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous répondez à Marine Tondelier ? Vous avez reçu sa lettre d'ailleurs ?

  • 7:19FerméeRéponse directe

    Mais ça veut dire que dimanche, les candidats ensemble ne se désisteront pas pour un candidat du NFP si c'est un Mélenchoniste.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:34Invité politiqueFait
    « J'avais autrefois édité une maxime qui avait fait rire de manière un peu mal intentionnée. J'avais dit « Les partis se tiennent par leur noyau dur ». »
  • 2:46Invité politiqueFait
    « Pourquoi je fais la différence ? Mais peut-être faudrait-il aussi se poser la question de savoir pourquoi des forces politiques, que je considère comme républicaines, sont allées s'installer sous la coupe et sous le joug d'une extrême gauche très radicale, très brutale et très violente. »
  • 3:31Invité politiqueFait
    « Il m'a dit mais je ne dis pas ça parce que politiquement je suis d'accord avec vous. Vous savez comment je m'appelle, dit-il. Et il me dit un non-juif absolument caractérisé et caractéristique. »
  • 4:47Invité politiqueFait
    « Vous avez vu sur les réseaux sociaux cette scène des voisins qui insultent une jeune femme noire. Une aide-soignante. »
  • 6:23Invité politiqueFait
    « Madame Tondelier a apposé sa signature au bas d'un accord qui mécaniquement amène la France insoumise à la responsabilité du pouvoir. »
  • 11:36Invité politiqueFait
    « Et ces 30 ou 40 milliards d'euros, si nous les avions, ça pourrait discuter, ça serait juste. On n'en a pas le premier euro, on l'emprunte. »
  • 11:52Invité politiqueFait
    « Les retraites que touchent les pensionnés aujourd'hui, tous les mois, ces retraites-là, elles sont payées par leurs enfants bientôt et leurs petits-enfants un jour. »

Temps de parole

  • François Bayrou72 %
  • Présentateur12 %
  • Invité5 %
  • Invité 24 %
  • Invité 33 %
  • Invité 43 %

5,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Si on suit le scénario de Patrick Cohen, le 18 juillet, il se pourrait que la présidence de l'Assemblée nationale revienne au Rassemblement national. À moins qu'au lieu de la division actuelle entre trois blocs, il y ait une recomposition d'un bloc central. Est-ce que vous croyez-vous à la possibilité de créer un bloc de ceux que vous baptisez les Républicains de volonté, avant même le premier titre, qui est dans quatre jours ?

0:24
François Bayrou

Je ne parle pas seulement du scrutin pour la présidence de l'Assemblée nationale, qui peut en être une illustration. Mais ma conviction profonde, et pas depuis aujourd'hui, l'engagement de ma vie, c'est qu'il faudra, si on veut que la France retrouve l'équilibre qu'elle cherche parce qu'elle l'a perdu, Il faudra que se réunissent, que se rassemblent des volontés politiques qui apprendront à se respecter et à se comprendre mutuellement. Et vous voyez bien qu'aujourd'hui, il y a un très grand nombre de Français, très grand nombre, qui disent « Mais pourquoi vous n'avez pas fait ça avant ?

» Eh bien, ils ont parfaitement raison de poser la question, parce que notre système politique, les acteurs et les commentateurs, privilégient toujours le plus engagé, radical, brutal, pas quoi. Vous savez, j'avais autrefois édité une maxime qui avait fait rire de manière un peu mal intentionnée. J'avais dit « Les partis se tiennent par leur noyau dur ». Et c'est... Oui, j'ai compris. Voilà. Non, c'est vous qui avez un sourire que je n'ai pas. Mais c'était une... Pour moi, c'est une loi. Et la France, ça pousse toujours à ça. Et la France, ça pousse toujours à ça.

1:51
Présentateur

Pour changer ce système ancré depuis des décennies, c'est quand même court.

1:54
François Bayrou

Il se passe des choses dans les consciences aujourd'hui, je le crois. En tout cas, je pense que nombre de Français commencent à mesurer les risques que nous sommes en train de prendre. Je ne parle pas seulement des risques économiques. Peut-être on en dira un mot plus tard.

2:11
Présentateur

Mais vous continuez à leur dire qu'ils ont le choix entre la peste et le choléra ? Non, je n'ai pas dit ça. Je n'ai pas dit ça. Je n'ai pas dit ça.

2:19
François Bayrou

Je suis exactement sur la même position qu'ont exprimé une trentaine de responsables politiques de gauche très importants. Bernard Cazeneuve, Manuel Valls, Julien Drey, qui est de dire en une phrase, nous ne voterons ni pour un candidat du Rassemblement national, ni pour un candidat LFI.

2:44
Invité

LFI, pas Front Populaire.

2:45
François Bayrou

LFI. LFI. Pourquoi je fais la différence ? Mais peut-être faudrait-il aussi se poser la question de savoir pourquoi des forces politiques, que je considère comme républicaines, sont allées s'installer sous la coupe et sous le joug d'une extrême gauche très radicale, très brutale et très violente, dans ses expressions et dans ses attitudes. Ce qui fait qu'un grand nombre de Français vivent douloureusement les mises en cause, les injures d'ordre raciste. Peut-être que vous en parlerez tout à l'heure, je vais comprendre que vous le diriez. Et j'étais à Pau hier matin, un monsieur est venu me voir pour me dire merci de tout ce que vous faites, si je peux vous aider.

Il m'a dit mais je ne dis pas ça parce que politiquement je suis d'accord avec vous. Vous savez comment je m'appelle, dit-il. Et il me dit un non-juif absolument caractérisé et caractéristique. Et il vivait dans la crainte que des deux côtés, ces questions reviennent au centre des relations personnelles, des cours de récréation. Un de mes amis a rencontré une jeune femme qui pleurait. Et il lui dit pourquoi pleurez-vous ? Elle dit j'ai adopté un petit garçon haïtien. Et je me dis depuis quelques semaines, comment va être sa vie si on recommence à regarder la couleur de la peau ?

Alors ce n'est pas de l'économie, c'est pire, c'est plus profond et c'est plus grave parce que ça touche aux relations personnelles, aux relations de palier. Vous avez vu sur les réseaux sociaux cette scène des voisins qui insultent une jeune femme noire. Une aide-soignante.

4:55
Présentateur

Oui, en lui disant, retourne à la niche, c'est d'une violence inouïe.

4:59
François Bayrou

Tout ça...

5:00
Présentateur

Il y a donc un péril, et c'est au nom de la hiérarchie des périls, qu'une partie de la gauche, de gouvernement, a décidé de s'allier, c'est vrai, à la France insoumise, pour faire barrage au Rassemblement national. Hier encore dans le monde, 220 personnalités politiques de la société civile, parmi lesquelles Raphaël Glucksmann, la ministre Agnès Panné-Runacher, demande qu'aujourd'hui qu'un accord de désistement soit passé avant le premier tour, pour faire barrage au RN le 7 juillet. Et ce matin, sur BFMTV, la secrétaire nationale des écologistes Europe Écologie-Les Verts a été encore plus pressante.

5:35
Invité

J'écrirai aujourd'hui au chef des différents partis de la majorité présidentielle, qui n'a plus de majorité que le nom, j'écrirai à Horizons, à Renaissance, au Modem, à l'UDI, je demanderai même à les voir, parce que je veux qu'ils m'expliquent les yeux dans les yeux, ce qu'ils n'ont pas compris, je veux qu'ils m'expliquent les yeux dans les yeux, pourquoi ils ne font pas la différence entre l'extrême droite et la gauche.

Moi j'en suis atterrée, je pense qu'ils ont perdu leur boussole et que c'est délétère, et donc je leur écrirai, je demande à les rencontrer, et s'ils ne le font pas, j'appelle sincèrement leurs électeurs à faire barrage contre eux, parce que je pense qu'à un moment, leurs électeurs sont plus démocrates, plus républicains et plus humanistes qu'eux.

6:09
Présentateur

– Qu'est-ce que vous répondez à Marine Tondelier ? Vous avez reçu sa lettre d'ailleurs ?

6:13
François Bayrou

– J'ai reçu sa lettre sans doute, parce que j'étais en campagne, donc je ne l'ai pas vue, mais je n'ai pas besoin d'entretien et de conciliabule pour dire ce qu'il en est. Madame Tondelier a apposé sa signature au bas d'un accord qui mécaniquement amène la France insoumise à la responsabilité du pouvoir, puisque leur accord, ça a été répété dix fois par des responsables, c'est que le groupe le plus important désigne le candidat à Matignon. – Ce n'est pas écrit sur l'accord. – En tout cas, c'est ce que Mélenchon dit à toute occasion.

6:53
Invité

– Oui, mais ce n'est pas écrit.

6:54
François Bayrou

– Eh bien, moi, je considère que d'avoir accepté de donner beaucoup plus de circonscriptions, c'est-à-dire un poids prépondérant à ce mouvement-là, ça justifie l'appel que les responsables que je citais, Bernard Casse-Neuve, Valls, etc., ont lancé, ce n'est pas le nini.

7:16
Présentateur

– Ni l'URL, ni la France insoumise.

7:19
François Bayrou

– C'est exactement ça.

7:20
Présentateur

– Mais ça veut dire que dimanche, les candidats ensemble ne se désisteront pas pour un candidat du NFP si c'est un Mélenchoniste.

7:31
François Bayrou

– Le piège un peu politicien qui se tend dans cette affaire. Parce que ça veut dire que si vous commentez en donnant des consignes le mercredi soir pour une élection qui aura lieu dimanche, ça veut dire que vous acceptez la défaite. Et moi, je n'accepte pas la défaite. Je ne crois pas que nous soyons sans ressources et sans recours en face de dérives qui sont, je pense, la négation de ce que nous avons construit en France depuis deux siècles. C'est la négation de tout ça. Alors vous me dites, est-ce que finalement, est-ce que vous ne pourriez pas à l'avance nous signer un papier en disant que vous avez perdu ? Non. Je signe toutes les déclarations de volonté, d'intention, de mobilisation.

C'est ça qui m'importe. Je ne crois pas que la France en soit réduite à ce choix-là. Et peut-être pourrais-je ajouter à l'intention de ces forces qui se drapent de vertu, peut-être pourrais-je ajouter qu'il serait temps qu'elle se distancie, elle, de ce que la France insoumise a introduit dans le débat national. de cette peur, de cette crainte et de ce retour des affrontements tribaux, c'est près, entre eux, ou en tout cas ciblants.

9:00
Invité

Et ça veut dire que vous mettez au même plan LFI et le RN, donc ?

9:03
François Bayrou

Oui. Alors je ne mets pas au même plan, je ne mets pas de signe égal. Mais je dis que le risque que portent l'un et l'autre, exactement comme Bernard Cazeneuve le dit, ce risque-là est également misible et je crois également mortel pour une certaine idée que nous nous faisons de la France.

9:23
Invité

En attendant, hier soir, il y a eu le débat sur TF1 qui réunissait les trois blocs. Le premier, demain, aura lieu celui sur France 2. Hier soir, il y avait Gabriel Attal, Jordan Bardella et Emmanuel Bompard qui ont commencé à détailler une partie de leur programme, notamment sur la question des retraites.

9:37
Présentateur

Nous allons dans un premier temps immédiatement abroger la réforme d'Emmanuel Macron, c'est-à-dire ramener l'âge de départ à la retraite à 62 ans. Et ensuite, avant 2027, déposer une proposition de loi pour ramener l'âge de départ à la retraite à 60 ans.

9:50
Invité

Je souhaite dans un premier temps, si je deviens Premier ministre du pays, que ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans, que dès l'automne, ils puissent partir avec un temps de cotisation de 40 annuités et un âge de départ légal de 60 ans. Au-delà, il y aura une progressivité qui va se mettre en œuvre et qui tournera autour d'un âge pivot de 62 ans et de 42 annuités. Par conséquent, à 24 ans, vous partirez avec 42 années de cotisation, c'est-à-dire 66 ans. Tout ça n'est pas sérieux, tout ça n'est pas crédible, je le dis ici.

Messieurs, aux Français retraités qui veulent conserver leur pension, ne prenez pas le risque d'avoir un système de retraite foutu en l'air, je le dis ici, par des réformes qui le mettraient en très grande difficulté financière. Aux Français qui travaillent, ne prenez pas le risque de voir vos cotisations salariales augmenter pour financer une réforme. Un débat de comptables, loin des enjeux d'un scrutin majeur, ça c'est ce qu'a titré Le Monde. Est-ce que vous avez compris quelque chose hier soir ? Est-ce que vous pensez que les Français ont compris ?

10:45
François Bayrou

Je pense que c'est pire que ça, bien pire que ça, parce que ce sont des affirmations, des déclarations et des promesses qui nient la réalité et que cette réalité-là, elle n'est pas seulement comptablement mauvaise, elle est immorale. Comment se fait le financement des retraites aujourd'hui ? Je l'ai montré dans une analyse du plan. Comment se fait le financement des retraites ? Il se fait par les cotisations salariales, par les cotisations patronales, par les cotisations normales payées par l'État pour les fonctionnaires, plus, pour trouver l'équilibre, 30 ou 40 milliards d'euros d'argent public qui sont payées ou ajoutées par l'État au bilan des retraites.

Et ces 30 ou 40 milliards d'euros, si nous les avions, ça pourrait discuter, ça serait juste. On n'en a pas le premier euro, on l'emprunte. Et donc ça a une signification extrêmement précise. C'est que les retraites que touchent les pensionnés aujourd'hui, tous les mois, ces retraites-là, elles sont payées par leurs enfants bientôt et leurs petits-enfants un jour. Eh bien ceci, aucune famille ne l'accepterait de mettre à contribution ces enfants quand ils travailleront, quand ils gagneront de l'argent, qu'ils auront leur propre charge à assumer, de faire en sorte que c'est eux qui doivent payer ce qu'on a aujourd'hui. Je trouve ce système immoral, je trouve ce système inacceptable.

On ne devrait pas oser, quand on tient des propos comme ceux qu'on vient d'entendre, regarder ces enfants dans les yeux. Parce que, mine de rien, on charge leur sac à dos des retraites d'aujourd'hui. Et ceci a été maintenant reconnu par le corps, comme chacun sait. Et pour moi, c'est une condamnation. Il ne s'agit pas de solidarité, il ne s'agit pas de fraternité, il s'agit de l'inconscience et de l'immoralité de générations qui laissent à leurs enfants la charge qu'ils n'assument pas eux-mêmes. Merci.