Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewSénat (sur YouTube)· 27 mars 2026 28 min

Audition de Danone France

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

installer. On va laisser madame la rapporteur. Donc mesdames et messieurs, mes chers collègues, bonjour à tous.

Je vous propose de poursuivre les travaux de notre commission d'enquête. Nous recevons aujourd'hui les représentants de l'entreprise d'Anonfance, donc monsieur Olivier Pécherot, directeur général, monsieur Cédric Rubau vice-président vente et directeur commercial exécutif. Madame Virginie Surm, directrice juridique et [grognement] conformité et monsieur Jérémy Vanenbrook, directeur la.

J'ai j'ai les bonnes références. Merci madame messieur de votre présence. Alors pour rentrer tout de suite dans le livre du sujet, je vous propose de nous soumettre au je dirais à la règle des commissions d'enquête qui consiste à prêter serment.

Donc pour les personnes qui prendront la parole, je vous invite à allumer le micro qui est devant vous. Il y a un petit voyant rouge qui doit s'allumer. Voilà.

À lever la main droite et à dire "Je le jure." Je le jure. Je le jure.

Merci monsieur, je le jure. Merci. Je le jure.

Merci mesdames messieurs. Euh donc vraiment un grand merci à vous de vous être rendu disponible pour cette audition. Il nous a semblé effectivement important de vous entendre.

Le groupe d'Anon étant l'une des entreprises les plus importantes du secteur agroalimentaire et qui se caractise à la fois par son assise international et par la diversité de de ses activités. Euh dans cette audition, nous attendons que vous nous éclairiez sur un certain nombre de sujets et puis particulièrement sur les modalités d'application de la loi égalime. Nous serons également particulièrement attentifs à la manière dont se sont déroulé les négociations commerciales et à la manière dont elles ont respecté le cadre législatif mais également à à la manière enfin ce que vous pourrez nous dire sur les alliances qui se créent aujourd'hui à l'achat au niveau européen et puis bien sûr nous donner des éclairages sur la construction de vos marges dans un souci vous l'avez compris pour cette commission d'enquête de bonne répartition entre guillemets de de la marge entre l'ensemble euh des acteurs de la de la chaîne de production.

Je vous je me propose de vous laisser d'entrée de jeu la parole peut-être à monsieur Pécherot départ ou vous avez prévu d'être plusieurs à intervenir au départ. Non, juste vous. Donc on va vous laisser la parole si vous le voulez bien monsieur pendant une dizaine de minutes.

Ensuite ce sera madame la réporteur qui vous posera des questions puis on se garde un un temps de de questions euh à la dispositive de nos collègues sénateurs et j'informe notre assemblée que vous avez fait une demande de H clos. Donc nous nous suspendrons entre guillemets le l'audition publique je dirais dans dans 30 ou 40 minutes. Merci.

Donc vous avez la parole monsieur Pécherot, madame la présidente, madame la rapporteur, mesdames et messieurs les sénateurs, je vous remercie de nous donner l'occasion de contribuer à vos travaux sur la question des marges de la chaîne alimentaire en France. Il s'agit pour nous d'un débat essentiel parce qu'il touche au pouvoir d'achat des Français, à la rémunération des agriculteurs, mais aussi et peut-être surtout un enjeu stratégique pour notre pays à savoir la souveraineté alimentaire. Elle est pour nous la capacité d'un pays à garantir dans la durée un approvisionnement en produits sûrs, accessible, de qualité et produit sur son territoire.

Or, cette souveraineté repose sur un équilibre fragile entre plusieurs maillons. La mon agricole d'un côté, l'industrie de transformation de l'autre et enfin la distribution. Or, s'il n'y a pas d'agriculture forte sans industrie fortes.

Et sans industrie fortes, pour transformer, investir, innover et exporter, il ne peut pas y avoir de souveraineté alimentaire durable. C'est précisément le le rôle que joue aujourd'hui Danon en France. Permettez-moi tout d'abord de vous donner quelques éléments pour situer l'activité de Danon en France.

Danon France représente 7 % du chiffre d'affaires du chiffre d'affaires mondial du groupe et réalise 25 % de son chiffre d'affaires en France à l'export, contribuant ainsi positivement à la balance commerciale française. Mais la France est aussi et surtout les racines, le cœur et le visage du groupe d'Anon. Nous sommes d'ailleurs fiers d'être présents dans 94 % des foyers français.

Nous comptons aujourd'hui 25 sites implantés sur le territoire répartis dans se régions françaises dont 13 usines, un centre mondial de recherche à Paris Saclet et au final 8200 collaborateurs en France. Cet ancrage territorial fait de nous un maillon essentiel entre l'amant agricole et les consommateurs. Nous travaillons aujourd'hui avec 1900 exploitations agricoles partenaires dont 1150 fermes laitières situées en moyenne à moins de 60 km de nos usines.

Et ce modèle territorial est au cœur de notre stratégie à vrai dire puisque nous faisons le choix clair de produire, de transformer et créer de la valeur en France. Ainsi, 85 % des produits commercialisés en France par l'entreprise ont été produits sur le territoire français. Cet engagement se traduit d'ailleurs par des investissements importants.

Je vous parle ici de plus de 300 millions d'euros investis depuis 2021 et 300 millions supplémentaires vont être investis d'ici 2027 en France. Et ces investissements vont aller à la RD, à la modernisation de nos sites, mais également dans la transformation du modèle agricole. À titre d'exemple, nous avons investi 48 millions d'euros dans l'agriculture régénératrice et nous souhaitons consacrer consacrer d'ici 2030 à 2030 2 millions d'euros supplémentaires à l'installation des nouveaux agriculteurs.

Ces investissements ont des effets concrets pour la montricole. Nous avons ainsi relocalisé 45000 tonnes de production en France et augmenter notre collecte de lait de 100 millions de litres au cours des trois dernières années. Et nous visons une augmentation additionnelle de 110 millions de litres de lait d'ici 2028.

Dans la filière laitière, nous nous engageons auprès de l'amant agricole à travers des contrats pluriannuels de 5 ans avec les organisation de producteur et le prix du lait payé par Danon a augmenté de près de 30 % entre 2021 et 2024. Autrement dit, notre rôle d'industriel est très clair. Transformer la production agricole française, créer de la valeur dans les territoires et lapporter vers les consommateurs en France comme à l'export.

Mais pour que ce modèle fonctionne, il nous faut un cadre économique cohérent. Et c'est là que se situe aujourd'hui la difficulté car je tiens à l'exprimer devant vous. La France est devenue le pays d'Europe le moins rentable pour Danon.

Notre taux de marge nette a été divisé par 2 en 10 ans et baisse dangereusement d'année en année. Ce qui nous inquiète fortement quant à notre capacité à investir, à rémunérer les agriculteurs, à financer la RED et à maintenir l'emploi en France. Alors, comment en sommes-nous arrivés là ?

Et bien les lois égalim ont été conçues, vous le savez, pour rééquilibrer la chaîne alimentaire et mieux protéger la rémunération des agriculteurs, des objectifs qu'évidemment nous soutenons pleinement. et la sanctuarisation de la matière première agricole et la construction du prix en en marche avant constituent selon nous des avancées importantes. Mais dans la pratique, ce cadre apparaît aujourd'hui fragilisé et ne répond pas toujours aux réalités des négociations commerciales.

Le le paysage de la distribution en fait a profondément évolué avec la montée en puissance des centrales d'achat internationales. Depuis 2025, trois alliances concentrent près de 90 % du marché français de la grande distribution. Et la totalité des volumes de Danon est désormais négociée avec ces centrales d'achat à l'étranger.

Nous constatons ainsi que certains de nos clients peuvent représenter plus de 25 % de notre chiffre d'affaires alors que nous ne représentons souvent que 1 à 2 % du leur dans le meilleur des cas. Et cela se traduit par des négociations particulièrement exigeantes et une pression continue sur les prix. Nous observons aussi dans certains cas des pratiques qui peuvent créer de l'instabilité et je pense à des des référencements rapides, à des réouvertures de négociation après la date après la date légale mais également je pense à à des impayés et on estime cela à un coût de plusieurs dizaines de millions d'euros par an pour Danon.

À cela s'ajoute le poids croissant des services internationaux dont les montants vont jusqu'à dépasser notre budget annuel en RED pour la France et apparaissent dans certains cas disproportionnés. Dans le même temps, nos coûts de production ne cessent d'augmenter. L'énergie évidemment, le transport, les emballages, les matières premières agricoles, tout cela sans que nous puissions répercuter pleinement l'évolution dans nos tarifs.

Et dans ce contexte, la matière première agricole que nous sanctuarisons en amont à travers des contrats pluriannuels n'est pas toujours effectivement protégé dans les dans les négociations avales. Euh ce qui limite notre capacité à répercuter ces coûts. Et d'autres postes de coût comme les éco liées à la gestion des déchets d'emballage représentent désormais un niveau de dépense majeur.

Ainsi, au total, entre 2022 et 2025, nos coûts de production ont augmenté 30 % plus vite que nos prix nets. Et nous faisons donc face aujourd'hui un véritable effet de ciseau qui est une situation qui est absolument inédite et qu'on ne retrouve nulle part ailleurs chez Danon en Europe. Et cette tendance dépasse Danon en France.

Elle concerne en réalité toute l'industrie agroalimentaire française. Certains vous l'ont déjà évoqué lors de précédentes auditions et je le répète ici, contrairement à certaines idées reçues, l'industrie agroalimentaire n'a pas profité de l'inflation alimentaire. Les travaux de l'inspection générale des finances qui ont été publiés en novembre 2022 et actualisé cour en mars 2023 montre qu'elle a d'abord joué un rôle d'amortisseur face à la hausse des coûts.

Au premier semestre 2022, l'excédent brut d'exploitation du secteur a reculé de 16 % par rapport à 2019. En réalité, les industriels ont absorbé une part importante des hausses de coût et ce n'est qu'au second de cette même année que ces coûts ont pu être partiellement répercuté, permettant simplement de revenir au niveau de rentabilité de 2019. Et ce constat, il est en réalité structurel.

Euh une industrie dont la rentabilité se dégrade investit moins et donc innove moins, se modernise moins et finance moins sa transition écologique. Euh et la souveraineté alimentaire à vrai dire elle elle ne disparaît pas brutalement du jour au lendemain. Elle s'érode progressivement et elle s'érode progressivement lorsque l'outil industriel perd en compétitivité.

Et face à ce constat, notre position est simple. Nous ne demandons pas de nouvelles règles. Notre attente est que le que le cadre issu des lois égalimes soit pleinement respecté dans sa mise en œuvre.

L'enjeu est que le droit français s'applique effectivement à tous les produits fabriqués et vendus en France. Quel que soit le lieu des négociations commerciales. Cela passe notamment par la protection effective de la matière première agricole qui est un principe évidemment central des lois égalimes que nous nous soutenons évidemment pleinement.

Et dans ce cadre, nous souhaitons attirer votre attention sur une spécificité du secteur laitier. Les produits laitiers reposent très majoritairement sur des matières premières agricoles françaises collectées localement en France, transformé en France sur des territoires français et destinés pour l'essentiel au marché national. Et la question que l'on se pose est la suivante, c'est est-il cohérent qu'un lait entièrement produit et consommé en France soit négocié à l'étranger ?

Je ne le crois pas. Pour cette raison, nous pensons que les produits laitiers doivent être exclus des négociations commerciales internationales. Cette demande a déjà été formulée devant cette commission par d'autres avant nous si je me souviens bien.

En effet, lorsque ces produits qui sont profondément crés dans les territoires sont intégrés à des négociations conduites à l'étranger, le risque est trop grand de créer des distorsions de concurrence et de fragiliser des filières agricoles et industrielles qui reposent précisément sur cet ancrage territorial. Dans le même temps, la protection de la matière première agricole ne doit pas conduire à ignorer les autres coûts de production, notamment les matières premières industrielles. Et je pense là à l'énergie, au transport, aux emballages.

Leur évolution doit également être prise en compte dans les négociations pour répercuter nos coûts réels. Enfin, ces enjeux ne sont pas seulement français, sont pas seulement nationaux, ils sont également européens. La révision en cours de la directive européenne sur les pratiques commerciales déloyales doit être l'occasion d'encadrer plus clairement les centrales d'achat international et de garantir des conditions de concurrence équitable pour l'ensemble de la filière alimentaire.

En conclusion, mesdames et messieurs les les sénateurs, notre conviction est simple. La souveraineté alimentaire repose sur un un équilibre durable entre agriculteur, industriel et distributeur. Et affaiblir l'un de ces maillons, c'est fragiliser l'ensemble du système.

C'est tout le sens d'ailleurs des lois égalimes. Et chez Danon, nous sommes fiers d'être un acteur industriel français profondément ancré dans les territoires, engagé au côté des agriculteurs et tournés vers vers l'innovation et la transition écologique. Et avec l'ensemble de nos partenaires, nous souhaitons à vrai dire ouvrir une nouvelle ère fondée sur le partage de la création de valeur dépassant une approche centrée uniquement sur les prix avec l'ambition de souveraineté alimentaire que nous partageons collectivement.

Je vous remercie. Merci beaucoup monsieur. Donc la parole à madame la rapporteur.

Oui, bonjour et merci. Merci de ce propos introductif. Donc j'ai noté des choses intéressantes.

Vous nous disiez que le taux de marge avait été divisé par 2 en 10 ans et ça il faut le noter. C'est beaucoup c'est effectivement ce que les industriels nous disent. Bon après, nous ne sommes pas dup et nous savons quand même que pour Danon la enfin que la santé financière de Danon va bien.

Si j'en déduis la distribution des dividendes et cetera ces dernières années, ça a l'air d'aller malgré tout. Mais j'entends bien que qu'il y a une différence entre la France et l'étranger et j'entends ce que vous nous dites sur les sur la répartition la répartition des marges et c'est justement notre sujet. Alors ma première question, elle porte sur un élément que vous nous avez donné en introduction qui était que vous apprêtiez à augmenter votre collecte annuelle de lait.

Alors moi, je n'ai pas bien compris quel était quelle [grognement] en est la raison principale. Est-ce que c'est une relocalisation spécifique en France ou alors est-ce que c'est une augmentation et un développement de nouveaux produits ? Qu'est-ce que qu'est-ce qui motive simplement qu'on puisse comprendre ?

On a eu hier aussi un géant du lait et donc c'est intéressant pour nous d'avoir tous ces son de cloche. Alors on va faire une réponse en temps. Je vais d'abord répondre et ensuite Jérémy va apporter quelques éléments.

Euh tout d'abord en tant qu'entreprise française, nous faisons le choix de la France. D'accord. D'accord. et et et oui, il s'agit pour certains de ces volumes de rapatriement de certaines usines non française vers la France et vers nos sites de production français.

Mais il s'agit également de pouvoir répondre à la demande que nous rencontrons et aux hausses de nos volumes que nous rencontrons actuellement sur le marché français sur plusieurs catégories, sur plusieurs segments, bien évidemment sur les produits laitiers très connus comme les yaourts que nous produisons, mais également afin de soutenir notre croissance dans la nutrition spécialisée qui sont des produits que nous commercialisions en pharmacie et qui sont accessibles sur sur prescription. D'accord. Et donc là c'est quoi ? les des produits enrichis en protéines et cetera.

C'est ça, hein, on est d'accord. Absolument, on est d'accord. D'accord.

On en parlera tout à l'heure parce que j'ai quelques questions à ce sujet aussi. Non, ce qu'on ce qu'on peut rajouter sur ce sujet-là, donc c'est une recherche de plus de 100 millions de litres de lait à horizon 2028, ce qui représente 15 % d'augmentation de notre de notre collecte française. Donc, c'est conséquent. et qui rejoint Olivier.

D'un côté des investissements, donc des des sites qui se développent et de l'autre côté un développement de la croissance du produit fini principalement porté par la protéine aussi dans nos yaourts et des rapatriments de l'étranger qui qu'on qu' qu'on sur lequel on a fait le choix de de d'investir en France. Donc voilà. Très bien.

Je vous remercie. Alors, en 2023, vous vous êtes engagé à réviser à la baisse un certain nombre de prix de vos produits et vous avez vous avez eu une action qui une action d'affichage du prix maximum conseillé. Donc, c'était il y a pas très longtemps hein, c'était il y a 3 ans.

Depuis ça a été un peu abandonné. Alors nous, ça nous intéresse de savoir pourquoi ça a été abandonné. Est-ce que c'était mal pris par les distributeurs que vous mettiez le prix maximum conseillé puisqueen fait quelque part ça ça parle de répartition des marges quand vous conseillez un prix un prix d'affichage c'est ce que fait c'est qu'il patron par exemple qui aussi commercialise des produits des produits laitiers donc expliquez-nous pourquoi vous êtes revenu sur sur votre décision je vous propose de laisser la la parole à Cédric pour répondre à votre question monsieur Merci beaucoup.

Euh alors en 2023, une initiative a été prise de recommander un prix sur les packs de yaourt. Initiative qu'on a eu du mal à mettre en place chez nos partenaires distributeurs euh pour différentes raisons. La première étant et il faut la considérer comme une bonne raison, c'est que la fixation du prix est la responsabilité des distributeurs.

Donc du coup l'accompagnement par un prix recommandé est quelque chose qui mettait une contrainte dans ce prix là. Pour autant, quand on voit l'efficacité qui est celle du prix recommandé que l'on a sur des produits comme vous avez cité, je pense intéressant de continuer dans cette direction à terme. Donc vous allez revenir sur vous allez revenir sur ce sujet ou ça fait partie de différentes options qu'on pourrait investiguer aujourd'hui.

Ce n'est pas à l'agenda de cette année. Mais les distributeurs disaient quoi en fait par rapport à ça ? Quel a été comment ça a été reçu par les distributeurs ?

Parce que quelque part en mettant un prix conseiller, vous faites un peu leur travail de de fixation des prix ou en tout cas vous les aiguillez. Ils peuvent pas non plus si vous écrivez sur un produit prix conseillé 1,20 € sur une brique de lait, ils peuvent pas la mettre à 1,35 €. C'est compliqué. ou en tout cas le consommateur il saura qu'à 1,20 € ils auraient fait leur marge.

Oui, c'est une deux fois raison. Euh le premier c'est qu'il y avait une il y a une forme de contrainte derrière un prix recommandé euh qui du coup sur la fixation du prix en rayon euh intervient et et peut modifier le souhait du distributeur de positionner le prix à son à son souhait. Pour autant, cette initiative, elle est elle a été faite parce que en Espagne, nous procédons avec la même approche sur des produits et avec des bénéfices pour le consommateur et une acceptation extrêmement forte.

Donc, nous avions essayé de mettre en place cette initiative en France. Encore une fois euh elle a pas été portée par le succès. Oui.

Tous les distributeurs l'ont tous vos distributeurs l'ont refusé ou alors certains ont préféré ne pas nous suivre dans cette démarche, d'autres oui et du coup décidé nationalement de mettre fin à cette démarche. D'accord. Oui, certains vous ont suivi quand même.

Pour certains, ça leur convenait que vous mettiez un prix euh absolument. Et alors, excusez-moi, j'insiste un peu, mais vous qu'est-ce qui vous motivait à faire ça ? parce qu'en fait vous empiétez sur euh ce qui normalement est du précarré du distributeur en faisant ça.

Recommander un prix euh est euh dans le le lien qu'on a avec notre consommateur, quelque chose qui fonctionne dans le la valorisation que l'on a du produit. Encore une fois, quand on voit le l'acceptation voir le plébiscite qu'on a pu avoir dans d'autres pays, on trouvait l'initiative intéressante. Après, on a pris euh et les retours euh et les complexités à le mettre en en place sur un marché français peut-être moins prêt à travailler sur cette base là.

H h ben écoutez, je vous remercie, ça nous éclaire. Je peux juste un truc je veux savoir en en Espagne les distributeurs ont ont eu ce même c'est ces mêmes je sais pas comment dire ces mêmes préoccupations ou réticence et voilà ou c'est vraiment quelque chose que vous avez rencontré que sur les distributeurs chez les distributeurs français ? Alors vous noterez que je suis moins expert du marché espagnol.

On s'inspire des des meilleures pratiques qui peuvent être faites en Europe, mais je me permettrai pas de prendre la parole pour ce pays. Néanmoins, c'est une initiative qui en place depuis plusieurs années en Espagne avec des prix ronds posés sur certains packs par exemple qui euh fonctionnent bien. Donc pour moi la les contraintes inhérentes à la distribution sur un prix recommandé ne sont pas en place en Espagne.

D'accord. On sera intéressé d'avoir des retours en Espagne d'ailleurs si vous le faites aussi sur d'autres prix pour savoir si ailleurs il y a des des réticences distributeurs. Merci.

Je j'allonge pas. Alors moi je voudrais vous poser une question sur les marques distributeurs puisque vous fabriquez aussi les marques distributeur j'imagine ou pas du tout ? Pas du tout du tout.

Il y a 0 € de votre chiffre d'affaires. 0 € qui Ah oui, vous ne fabriquez que vos propres marques à l'heure national. [raclement de gorge] D'accord.

Oui, très bien. D'accord. stratégie pleinement assumée.

Oui. Depuis une nombreuse d'années d'ailleurs. Et vous le faites en France et vous faites comme ça à l'étranger aussi ?

Également. Vous êtes le seul industriel à faire ça à votre connaissance ? Je ne sais pas.

Je ne sais pas. À ma connaissance pour l'instant oui mais on va demander à tous les industriels parce que je pensais du coup que tout le monde tout le monde participait à la fabrique. D'autres industriels sur d'autres secteurs de l'agroalimentaire qui font comme nous hein.

D'accord. Ouais ouais très simple que pardon dans certains pays le groupe fait un petit peu de marque de distributeur mais de manière assez résiduelle mais pas en France pas d'accord et votre choix de ne pas le faire c'est pour ne pas avoir de négociations spécifiques avec les distributeurs, c'est pour ne pas développer des produits qui seraient concurrents des votres ? Non non, notre logique c'est que nous sommes des entreprises de marque.

Nous investissons énormément en red avec des produits différenciants. Notre métier et le positionnement de nos produits est extrêmement différent des marques de distributeur. Nous ne souhaitons pas entrer dans ce terrain sur ce terrain là pour de pour de nombreuses raisons et jusqu'à présent cette stratégie a plutôt été porteuse.

Oui. Euh nous nous tendons et nous vous souhaitons rapporter euh beaucoup d'innovation euh et à travers la supériorité de nos produits et euh encore une fois, ce n'est pas dans notre stratégie. Ce n'est pas ce que nous faisons en France et ce n'est pas ce que nous souhaitons faire à terme en France.

D'accord. Et vous le faites pas à l'étranger non plus. Si à l'étranger, vous pouvez le faire à certains endroits anecdotiques.

D'accord. Et vous êtes sollicité, excusez-moi juste pour qu'on comprenne bien. Vous êtes sollicité pour les distributeurs pour en faire ?

Ça peut nous arriver. D'accord. et vous répondez non à chaque fois.

Très bien. Très bien. Alors, je veux bien maintenant qu'on rentre dans la question des conditions de négociation.

Euh est-ce que vous pouvez déjà nous dire si à chaque fois, je crois que vous l'avez dit en introduction, excusez-moi, mais je vais vous demander de le de le redire. Oui. Oui, vous l'avez dit, je l'ai noté.

Vous vous ne négociez que dans des centrales européennes, c'est-à-dire qu'aucun de vos produits n'est négocié en France sur les centrales françaises ou sur la partie française et ce depuis longtemps. Et ce Cédric, tu peux peut-être nous rappeler depuis quand ? Alors, la bascule euh la bascule sur les centrales d'achat, donc ce qu'on appelle en anglais buying group complète a eu lieu euh cette année définitivement hein, avec les intégrations des derniers acteurs français sur les centrales d'achat international.

Donc, depuis cette année, nous sommes en discussion complète sur les centrales d'achat internationales. D'accord. Donc nous déplaçons sur trois différents pays avec les équipes commerciales pour aller faire les négociations avec les trois grandes centrales d'achat.

Absolument. D'accord. Très bien.

Alors, est-ce que vous constatez alors déjà vous don vous avez parlé des centrales d'achat, c'est pareil pour les centrales de services. Vous travaillez là aussi avec les centrales de service liées aux centrales d'achat à l'international et à chaque fois vous négociez et l'achat et le service de vos produits. Oui.

Très bien. Alors, est-ce que à ce titre vous avez constaté dans ces centrales des pratiques qui peuvent vous sembler, je vais pas dire douteuse, mais en tout cas qui vous mettent en difficulté par exemple dans des alignements de conditions ou dans des des négociations spécifiques pour tous les pays et cetera. Est-ce qu'il vous arrive qu'on vous impose des contraintes qui ne vous semblent pas des contraintes acceptables ? il a il a il a pu par le passé euh et dans certains cas euh observer certaines pratiques qui ont pu créer euh des de l'instabilité dans les négociations.

Je pense à certains des référencements rapides, je pense à des réouvertures de négociation après butoire, ce qui n'est pas le cas cette année, je tiens à le souligner, et également dans certains cas des des impaylés. Cette année, nous veillons au grain. Non, je plaisante, c'était une blague. [rires] Non, non, mais effectivement, je crois que cette année tout le monde a signé au premier au 1er mars.

D'accord. OK. Alors, je vous propose que nous basculions notre audition en h closément à votre demande.

Donc, je vais vous demander quelques minutes de suspension pour que les services fassent le nécessaire. Hop.